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29 janvier 2015 4 29 /01 /janvier /2015 08:28

Pierre Laurent entame son tour de France à Marseille

CHRISTOPHE DEROUBAIX AVEC JULIA HAMLAOUI (À PARIS)

MERCREDI, 28 JANVIER, 2015

L'HUMANITÉ

Pierre Laurent : « Nous ne pouvons pas laisser passer des départements qui occupent une part importante des politiques publiques dans les mains de la droite et de l’extrême droite. »

Photo : Boris Horvat/AFP

Le secrétaire national du PCF a débuté son tour des régions prévu jusqu’en juin par un meeting dans les Bouches-du-Rhône, lundi soir. Après la victoire en Grèce de Syriza, l’objectif est plus que jamais pour le dirigeant communiste de rassembler les forces de gauche pour l’alternative à l’austérité.

Marseille, correspondant régional. Des vœux vraiment pas comme les autres. La fédération communiste des Bouches-du-Rhône a transporté sa traditionnelle soirée du dernier lundi de janvier de ses locaux marseillais de la rue de Lyon au Palais des événements du parc Chanot afin de pouvoir y accueillir le premier meeting du tour de France que le secrétaire national du PCF, Pierre Laurent, engage jusqu’en juin. Vingt-quatre heures après la victoire de Syriza aux élections législatives en Grèce. Grâce à celle-ci, les vœux d’espoir de changement ne sont plus pieux. « Aujourd’hui, je ne vous dis pas bonsoir, je vous dis “kalispera”. Je ne vous dis pas espoir, je vous dis “elpida”. Je crois que nous parlons toutes et tous grec depuis hier soir », a lancé Pierre Laurent à la tribune. Pour celui qui préside aux destinées du Parti de la gauche européenne (PGE), ce qui s’est passé à Athènes aura forcément des répercussions : « Cette victoire va libérer des forces qui existent mais qui avaient perdu confiance. L’arc de forces présent la semaine dernière à Paris en soutien à Syriza était inédit (un meeting a notamment réuni des personnalités du Front de gauche, du PS, d’Europe Écologie-les Verts, du monde syndical et associatif — NDLR). Nous avons la capacité de lever des forces nouvelles. » Peu avant, répondant à la presse, il avait évoqué une « obligation, pour se montrer à la hauteur de ce qui est en train de se passer en Grèce, de construire ensemble ».

« Nous avons quelque chose à fêter », a lancé Pierre Dharréville, secrétaire de la fédération du PCF des Bouches-du-Rhône, quelques minutes avant que Pierre Laurent ne prenne la parole, soulevant des murmures d’approbation parmi la foule venue assister au meeting marseillais. Évidemment, la victoire de Syriza en Grèce a alimenté les discussions entre les 700 à 800 participants, tandis que Pierre Laurent, de retour d’une rencontre dans un quartier populaire de Vitrolles, répondait en direct aux questions de France 3. « On ne pourra plus nous dire que nous prenons nos rêves pour la réalité, se réjouit Michel, un militant communiste marseillais. C’est vraiment une bonne nouvelle même si on sait, malgré tout, que le plus dur commence pour le nouveau gouvernement. » À la tribune, Pierre Laurent a également prévenu : « C’est maintenant que la bataille commence. Notre travail premier est d’organiser la solidarité avec la Grèce. » Lors de sa visite à Athènes, la semaine dernière à l’occasion du dernier meeting de campagne de Syriza, le responsable communiste a rencontré Alexis Tsipras, qui lui a confié : « Nous avons besoin de vous pour la victoire et surtout après. » « Nous exigeons le respect du vote des Grecs, a affirmé en retour Pierre Laurent, lundi soir, à Marseille. La dette n’est pas un problème grec, c’est un problème européen. »

« Donner un tour extraordinaire » au Forum européen des alternatives

Chacun avait en tête, également, l’écho et les répercussions que peut avoir cet événement sur la situation en France. Dans l’après-midi, le Front de gauche du centre-ville de Marseille, où il a récolté ses meilleurs scores lors de la présidentielle, a résumé, dans un communiqué, un état d’esprit partagé par le public du soir : « Toutes les forces anti-austérité de gauche et écologistes doivent se rassembler pour construire une alternative politique, sociale et écologique pour notre pays. » Dans ce contexte, le secrétaire national du PCF a appelé à « donner un tour extraordinaire » au grand Forum européen des alternatives, organisé à Paris les 30 et 31 mai prochain, dix ans après la victoire du « non » français au référendum sur le traité constitutionnel européen. « Chaque occasion doit être saisie pour faire grandir le rassemblement », a-t-il ajouté. D’ici là, auront lieu les élections départementales pour lesquelles Pierre Dharréville a donné « le coup d’envoi officiel » de la campagne lundi soir. « Nous ne pouvons pas laisser passer des départements qui occupent une part importante des politiques sociales et des politiques publiques dans les mains de la droite et de l’extrême droite. Mais il ne suffira pas demain de disposer de majorités de gauche, étant donné les ambiguïtés du gouvernement sur les politiques d’austérité », a prévenu Pierre Laurent.

Après cette première étape en PACA, le secrétaire national du Parti communiste doit poursuivre son « tour de France pour aider le peuple français à s’emparer de la politique ». « Il faut que nous soyons en dynamique pour que s’enclenche enfin la convergence à laquelle nous appelons depuis des mois », explique Olivier Dartigolles, le porte-parole du PCF.

La victoire de Syriza en Grèce a modifié la donne

L’objectif est ainsi de multiplier les rencontres avec les personnalités politiques, mais aussi des acteurs des mouvements sociaux et associatifs à l’échelle des territoires. « Je veux aider à des rencontres, contribuer à mettre du monde autour de tables rondes, à bâtir des ruches où l’on se parle, où l’on travaille, où l’on élabore, où l’on se confronte pour anticiper ce que sera le monde », avait prévenu Pierre Laurent, annonçant cette initiative à l’occasion de la conférence nationale du PCF en novembre. Depuis, les attentats à Charlie Hebdo et de la porte de Vincennes à Paris, et la victoire de Syriza en Grèce ont modifié la donne et rendent d’autant plus urgent de renouer avec l’espoir. « Pour l’instant, ce sont l’extrême droite et la droite qui tirent leurs marrons du feu, reprend Olivier Dartigolles. Pour lever l’espoir, il faut à la fois un travail concret sur les solutions anti-austérité et sur le rassemblement pour permettre leur mise en œuvre. » Ce tour de France, qui se poursuivra dès le 4 février dans les Yvelines puis le 12 en Normandie, se veut un point d’appui aux côtés d’autres initiatives comme les Chantiers d’espoir, qui devraient prochainement réunir en région également de nombreux acteurs de cette gauche.

Suite et Fin du tour en Paca. Pour finir la première étape de son tour de France, débuté lundi à Marseille, le secrétaire national du PCF, Pierre Laurent, se rendra cematin à Manosque pour y rencontrer le collectif Réa et les syndicalistes de l’hôpital sur le thème de la santé. Quelques jours après les manifestations du 11 janvier, l’après-midi sera consacré à un débat sur le racisme et le vivre-ensemble à Orange, une ville dirigée par l’extrême droite.

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Published by bruno fornaciari - dans PCF
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