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8 janvier 2015 4 08 /01 /janvier /2015 09:53

SOCIÉTÉ

ATTENTAT DU 7 JANVIER 2015

TERRORISME

LIBERTÉ DE LA PRESSE

CHARLIE HEBDO

Pour Charlie Hebdo. La réponse immédiate de la rue, comme une évidence

THOMAS LEMAHIEU, GRÉGORY MARIN ET LIONEL VENTURINI

JEUDI, 8 JANVIER, 2015

L'HUMANITÉ

De nombreux rassemblements, une centaine en tout, se sont tenus hier soir en France, ainsi qu’à l’étranger, pour refuser la barbarie et affirmer les principes de liberté de la presse et de pluralisme face à la violence.

UNE MARÉE HUMAINE A ENVAHI HIER SOIR LA PLACE DE LA RÉPUBLIQUE À PARIS ET DES MANIFESTATIONS SE SONT DÉROULÉES EN FRANCE ET EN EUROPE.

PHOTO PATRICK NUSSBAUM

Comme une évidence. Des rassemblements dans de nombreuses villes de France, ainsi qu’à l’étranger comme Rome, Berlin ou Québec, une centaine en tout, se sont tenus hier dans une réponse immédiate et collective, sans souci d’appartenance, à l’assassinat de journalistes, employés du magazine, et policiers. À Paris, dès 17 heures, c’est la place de la République qui a été choisie, une évidence encore, pour abriter les rassemblements à l’appel de syndicats de journalistes, de confédérations, de partis – à l’exception du FN qui n’appelait pas aux rassemblements –, d’organisations de jeunesse… L’Humanité, comme d’autres titres de la presse, a appelé « l’ensemble des salariés disponibles à participer au rassemblement en hommage aux victimes du massacre », sous la banderole du journal.

« Vous ne nous musellerez pas »

La nuit tombe sur la République, à quelques centaines de mètres du siège de Charlie Hebdo. À 17 heures, hier après-midi, des centaines de citoyens sont déjà massés autour de la bouche de métro. L’appel a circulé sur les réseaux sociaux, bravé la préfecture de police de Paris déconseillant tout rassemblement tant que les trois tueurs sont en fuite. Certains ont imprimé sur des feuilles volantes le slogan « Je suis Charlie », né lui aussi sur les réseaux sociaux, sur fond noir. Des unes de Charlie, bricolées vite fait en pancartes. Des journalistes brandissent leurs stylos ou des feutres de dessin, ajoutant parfois leurs cartes de presse. Du défi dans le geste, « vous ne nous musellerez pas ». Il règne un grand silence sur toute la place. Sidération dans la foule qui gonfle. Beaucoup se racontent l’instant où ils ont appris la nouvelle. Avec qui ils étaient, ce qu’ils faisaient. « Et elle me dit : “Tu as entendu ce qui est arrivé à Charlie ?” » Une retraitée raconte comment elle n’a pas hésité une seconde : « J’achetais très rarement le journal, mais quand on s’attaque à l’humour et à la liberté de la presse, je ne pouvais pas ne pas être présente. » Au fil des minutes, le rassemblement s’étend encore jusqu’à remplir toute la place de la République et déborde sur les avenues et boulevards adjacents. Le silence se rompt subitement. « Charlie, Charlie », scande le rassemblement. « Liberté d’expression », répondent de petits groupes. Et les applaudissements nourris, longs et graves, remplissent la place de la République. Tous, engagés ou pas, syndicalistes ou non, ont exprimé, à l’instar des délégués syndicaux de notre rédaction, SNJ-CGT et SNJ, leur « solidarité avec le personnel de Charlie Hebdo ». Ailleurs dans la capitale, au Palais de Tokyo, des artistes bombent un énorme « Je suis Charlie », affirmation muette de ralliement. Ailleurs en France, c’est la même gravité qui s’impose. À Avignon, une Marseillaise est entonnée place de l’Horloge, « les larmes nous gagnent », twitte un habitant. « Impossible d’accéder place des Terreaux » en raison de la foule, relève un Lyonnais. Dix mille personnes à Lyon, autant à Toulouse ; une présence rare et forte. Dans la capitale, de nombreux responsables politiques sont là, des élus témoignant, écharpe en bandoulière, de la teneur voulue de ce rassemblement. Des responsables syndicaux aussi. À 18 heures, la place est noire de monde, la circulation coupée. Et cette foule toujours grave, dense et unie. Debout.

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Published by bruno fornaciari - dans ACTUALITES
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BRUNO FORNACIARI

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