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24 mars 2015 2 24 /03 /mars /2015 12:43

ACCÈS AUX CANTINES

la loi va le garantir

Les députés ont voté jeudi un texte des radicaux de gauche qui interdit l’exclusion des enfants de chômeurs à ce service public.

Si, si, nos élus peuvent encore voter des lois de progrès social, approuvées par l’ensemble des forces de gauche, et boudées par la droite. Tel est le cas du texte soumis au vote des députés par le chef de file des radicaux de gauche, Roger-Gérard Schwartzenberg. Une proposition de loi qui entend garantir l’accès de « tous les enfants » aux cantines scolaires, quand celles-ci existent.

Compétence facultative des communes, la restauration scolaire concerne aujourd’hui dans le primaire environ 80 % d’entre elles, soit « 400 millions de repas servis chaque année dans les écoles, facturés aux parents en moyenne de 2,50 à 3 euros », précise la rapporteure du texte, la députée (PRG) et conseillère municipale de Lyon Gilda Hobert. Problème : régulièrement en France, certaines villes, pilotées par l’UMP en général (Bordeaux, Nice, Meaux, Thonon-les-Bains…), mais aussi plus récemment par le Front national, comme Mantes-la-Ville (Yvelines), tentent de restreindre l’accès de ces cantines aux enfants de chômeurs. Motif invoqué : un trop grand nombre de demandes. Ce fut le cas d’Oullins (UMP, Rhône) en 2009, contre laquelle la FCPE locale dut engager un bras de fer.

Une lutte victorieuse, puisque le Conseil d’État, le 28 septembre 2009, considéra comme « une discrimination » cette « interdiction d’accès au service public de la restauration scolaire d’une partie des enfants ». « Mais il ne s’agissait là que d’une jurisprudence administrative, explique Roger-Gérard Schwartzenberg. Celle-ci aurait pu un jour se retourner. Et surtout, cela obligeait à chaque fois à engager des recours contentieux. La loi se devait d’être plus claire sur le sujet. » C’est chose faite avec ce texte, soutenu par le PS, le Front de gauche et les écologistes. « La France compte 2,7 millions d’enfants pauvres, fils et filles de chômeurs ou de travailleurs précaires. Cela représente un enfant sur cinq dont parfois le seul vrai repas de la journée est celui de la cantine scolaire », appuie le député PRG.

Intervenant au nom des élus communistes, Marie-George Buffet a rappelé que l’exclusion d’enfants de chômeurs des cantines était aussi « une atteinte à l’activité des femmes ». Un argument qui n’a pas convaincu la députée UMP et conseillère municipale de Lyon Dominique Nachury. Fustigeant un « texte d’affichage », la députée a contesté l’idée que la cantine serait un « idéal absolu » pour « l’apprentissage de la qualité de l’alimentation » et « la sociabilisation », toutes les familles ne faisant pas « des repas chips »…

Plus que l’équilibre des repas, c’est en général celui des budgets qui est mis en avant par les édiles qui veulent faire le tri aux portes des réfectoires. En décembre dernier, le maire FN de Mantes-la-Ville, Cyril Nauth, justifiait ainsi son projet de restreindre l’accès des cantines aux enfants de chômeurs : « Quand les deux parents ne travaillent pas, ils ont la possibilité de préparer à manger pour leurs enfants. […] Ça permettra de faire des économies d’argent public »… Une façon de dire, en creux, que certaines familles « profiteraient » du système. Début février, son collègue FN de Beaucaire (Gard), Julien Sanchez, s’était d’ailleurs lancé dans une guerre contre les « profiteurs », ces familles qui ne régleraient pas leurs factures de cantine.

La chasse aux pauvres, nouveau credo du FN ? 

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Published by bruno fornaciari - dans ACTUALITES groupe GDR-CRC
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