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13 avril 2015 1 13 /04 /avril /2015 13:04

SI C'ETAIT A REFAIRE...

Le cinquantième anniversaire de l'Appel historique de Maurice Thorez et Jacques Duclos a été a donné lieu à de nombreuses cérémonies. Hier soir à Ivry, Gaston Plissonnier a retracé le rôle décisif joué par les communistes dans la Résistance

MERCREDI, 11 JUILLET, 1990

L'HUMANITÉ

DE Paris à Marseille, de Montreuil à Argelès, de Bagneux à Montargis en passant par Bobigny, Romainville et bien d'autres villes se sont tenus de nombreux rassemblements. Après avoir pris la parole à Paris devant l'immeuble ou résidait Jacques Duclos, Gaston Plissonnier était à Ivry, hier soir. Voici les principaux extraits de son discours:

«Il y a 50 ans, le 10 juillet 1940, Maurice Thorez et Jacques Duclos, adressaient - au nom du Parti Communiste - un appel à la résistance au peuple français. Ivry se devait de célébrer cet anniversaire. Maurice Thorez, signataire de l'appel, secrétaire général du Parti communiste, était député d'Ivry. Et votre ville a apporté une participation émérite à la lutte pour la libération.

Notre pays connaissait alors l'une des périodes Les plus dramatiques de son histoire. En moins de 40 jours, l'armée française est en déroute. Il s'en suit une véritable débâcle nationale. Des millions de familles sont sur les routes, fuyant l'avance des blindés et de l'aviation ennemis. Ce désastre a ses origines dans la politique et le comportement des cercles dirigeants de la bourgeoisie durant les années précédant la guerre. Notre Parti, qui avait combattu de toutes ses forces cette politique de trahison et de déshonneur est mis dans l'illégalité en septembre 1939 et frappé par une terrible répression. Ses dirigeants sont pourchassés, ses militants arrêtés par milliers, ses élus destitués, ses journaux interdits.

C'est dans ces conditions qu'en mai-juin 1940, la France est occupée par les armées hitlériennes. Ainsi, la bataille de France a été perdue avant tout pour des raisons politiques. Il importait que notre peuple s'engage dans le combat pour se libérer et participer à l'écrasement de la coalition fasciste.

Deux appels allaient avoir des conséquences décisives:

-- Celui du Général De Gaulle, lancé à Londres le 18 juin 1940, qui demandait aux militaires et aux Français se trouvant hors de France, de le rejoindre.

-- L'autre appel est celui lancé par le Parti communiste français, le 10 juillet 1940. Il est le premier acte sur le sol national appellant à l'union pour la résistance. En dépit des rudes coups de la répression le parti est debout. C'est alors que Jacques Duclos, en consultation avec Maurice Thorez, rédige l'appel historique du 10 juillet. Constatant la honteuse faillite et la trahison de la bourgeoisie dirigeante, l'appel déclarait:

"Notre pays connait maintenant les terribles conséquences de la politique criminelle suivie par les gouvernements indignes, responsables de la guerre, de la défaite, de l'occupation... La France encore toute sanglante veut vivre libre et indépendante, jamais un grand peuple comme le nôtre ne sera un peuple d'esclaves... C'est dans le peuple que résident les grands espoirs de libération nationale et sociale et c'est seulement autour de la classe ouvrière, ardente et généreuse, pleine de confiance et de courage que peut se constituer le front de la liberté, de l'indépendance et de la renaissance de la France".

Jacques Duclos estimait, au tout début, à 250 les militants sur lesquels compter dans la région parisienne. C'était peu, mais quelle richesse! Ces camarades ont fait preuve d'un courage extraordinaire et ont relancé le Parti. Il n'y avait jamais rien d'achevé. En permanence, il fallait combler les vides de la répression, étendre l'organisation, rechercher de nouveaux cadres. Cela a été fait. Un vaste travail de propagande est effectué, l'Humanité clandestine sort souvent. Elle est multipliée des dizaines, même des centaines de fois à travers tout le pays.

A l'automne 1940, le parti constitue l'O S.(organisation spéciale) qui comprend surtout des militants communistes. Les actes de sabotage s'étendant, surtout dans les entreprises et à la S N C F... Cette simple évocation permet de mesurer combien l'appel du 10 juillet a été un moment exceptionnel pour l'engagement des communistes dans la résistance.

Dès lors, l'organisation du Parti, avec bien sûr des vides, couvre l'ensemble du pays. Nombre de ses militants responsables sont déplacés, parce que connus, ils risquaient l'arrestation.

Ainsi Georges Marrane est en zone sud où il déploie une activité débordante. Venise Gosnat réorganise et dirige le parti en Loire Atlantique. (Georges Gosnat, prisonnier de guerre à Rava-Rouska, tente à plusieurs reprises de s'évader de cette forteresse). Les communistes d'Ivry, formés à l'école de Maurice Thorez, ont tenu une place remarquable dans ce combat

Fin 1942-début 1943, naissent les glorieux F.T.P. Fer de lance de la résistance armée, leur exemple a constitué un facteur d'entraînement. La Jeunesse communiste, qui a donné tant de héros - dont le légendaire Colonel Fabien, Guy Moquet, Jean Compagnon d'Ivry - a tenu une place exceptionnelle dans la naissance du F U J P, qui regroupait tous les mouvements de jeunesse.

Notre parti a tenu aussi une place exceptionnelle pour le rassemblement des forces politiques:

-- La fondation du CNR, de concert avec Jean Moulin, chargé par de Gaulle de cette mission.

-- Fin 1942, le Parti adhère au CFLN présidé par le Général de Gaulle et ensuite, début 1944, participe au gouvernement: deux des nôtres sont ministres à Alger: François Billoux et Fernand Grenier. Ils seront plus nombreux après la libération.

Fernand Grenier, puis Waldeck Rochet étaient à Londres. A Alger était le groupe des députés communistes sous la responsabilité de François Billoux. A Moscou sont Maurice Thorez et Arthur Ramette.Le Parti était dirigé en France même par Jacques Duclos et Benoit Frachon, en relation avec Maurice THOREZ.

C'est alors que le Général De Gaulle adresse, le 10 février 1943, au CC, un message hautement significatif rendant un vibrant hommage à l'engagement et aux sacrifices de notre Parti:

"L'adhésion du Parti communiste au Comité National, la mise à ma disposition, en tant que chef des forces françaises, des vaillantes organisations de Francs-tireurs que vous avez constituées et animées, voilà une nouvelle preuve de votre volonté de contribuer à la libération et à la grandeur de notre pays».

Ainsi, le Parti communiste a contribué puissamment à ce que la France soit présente au rendez-vous de la victoire le 8 mai 1945. Ses admirables et nombreux sacrifices lui ont valu le titre glorieux de : "Parti des fusillés".

De nos jours, nous poursuivons le combat émancipateur dans d'autres conditions. Les grandes leçons que l'histoire du Parti nous a légués, ainsi que les valeurs de la résistance nous guident.

-- L'indépendance, la souveraineté, le rayonnement de la France dans le monde, sont notre sens du devoir patriotique. Ce qui fait que nous sommes vivement préoccupés par l'intégration européenne. Nous sommes résolument pour la coopération internationale nous nous opposons aux transferts de souveraineté qui vont aliéner l'indépendance française.

-- De même, s'agissant de la paix, ce bien le plus précieux des peuples, de notre sécurité, de celle de l'Europe, le retour à une grande Allemagne toute puissante au sein de l'OTAN nous inquiète vivement pour le présent et pour l'avenir.

Cette situation exige de sérieuses garanties internationales: la fin des blocs militaires, le désarmement, dont le désarmement atomique.

En célébrant le 50e anniversaire du début de la résistance, nous célébrons aussi le 70e anniversaire de notre Parti.

Ce qui nous conduit à regarder ce riche passé. (le livre de Georges Marchais, "Démocratie" en donne les grands enseignements d'ensemble).

L'histoire montre que le Parti communiste a été la force décisive pour le progrès social et démocratique. Il a tenu avec honneur, courage et lucidité toute sa place dans la résistance. Animés par cette riche histoire, avec toute notre conviction, travaillons à le renforcer, à le rendre toujours plus efficace au service de notre peuple. A l'exemple de ses vétérans et des camarades de la résistance, toutes générations confondues, faisons nôtre la dernière pensée de notre cher Gabriel Péri :

"Et si c'était à refaire, je referais ce chemin".

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Published by bruno fornaciari - dans hommage - souvenir PCF
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