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2 septembre 2015 3 02 /09 /septembre /2015 09:47

le 5 septembre 2015

Cher camarade Pierre Laurent,

Notre fédération du parti communiste a rendu corps et âmes dans les Deux-Sèvres. Le processus contre lequel je me suis battu et avec d’autres, prévenu et dénoncé, est arrivé à ses fins. Il ne reste plus dans notre département que des individus communistes, sans aucune organisations, cellule ou section. La FD n’est plus qu’un « astre » mort. Le Parti a disparu de tous les radars, laissant quelques « orphelins dont je fais partie.

Je ne t’écrie pas seulement pour te faire part du funeste destin de notre parti dans notre département, où il n’est plus possible à un communiste d’échanger des idées, des expériences, d’élaborer des propositions de suggérer des analyses.

Je me permets de le faire auprès de toi en espérant une écoute introuvable, car il m’est impossible de le faire dans le parti dont je suis membre depuis 1966.

J’en viens au fait. Je me suis ouvert à la politique en 1965 au moment des Présidentielles où François Mitterand « acceptait » sur proposition communiste de devenir le candidat unique de la gauche. Depuis, de nombreux évènements ont marqué les évolutions de la société française.
Le mouvement de 1968 en France, l’ »Eurocommunisme », la période du « Programme commun », la « guerre idéologique », le discrédit du « socialisme » réel et l’écroulement du pays de la « révolution socialiste » , 2005, 2007 et les collectifs anti-libéraux, le Front de gauche. Et nos congrès, notamment le 22e, le 25e, le 34e.

Il nous faut nous l’avouer à nous-mêmes. Bien que la « messe" ne soit pas dite, à ce jour, nous avons échoué dans nos objectifs, et ce n’est pas la santé actuelle de notre Parti Communiste qui viendra contredire la tendance
observée ces dernières années. Notre parti ne semble plus en mesure d’influer suffisamment sur le cours des choses. Il ne fait pas (plus) rêver, il n’offre pas la crédibilité d’une perspective avec lui. La faiblesse des ses effectifs, la marginalisation de ses idées, malgré des efforts louables pour contrecarrer l’ostracisme dont il est victime, les manoeuvres politiques de droite et de gauche, pour l’éliminer, aboutissent à un parti qui, malgré une audience renouvelée, ne parviens pas à émerger, à « emballer » Le parti lui-même devient atone, il est atteint d’anémie. Il n’est qu’à recenser honnêtement les effectifs réels, les « cotisants », les militants pour se rendre compte que de moins en moins de personnes participent à « l’aventure » communiste. Dans le 79 qui compte 380 000 habitants, on ne dénombre, selon les chiffres officiels de la fédération qu’il faut prendre avec prudence, que 130 communistes. soit 0,00035 % ou 3 millièmes. Je t’épargne les commentaires sur l’inactivité d’organisations fantômes. Les récentes consultations nationales du parti qui invitent les adhérents à se prononcer connaissent elles aussi l’érosion du nombre de participants. Un parti en déclin qui semble être dans l’incapacité de renverser la tendance. Quant au « Front de Gauche » il ne doit sa survie qu’au masque à oxygène tendu par le PCF. Le constat est peut-être cruel; mais ni le PCF, ni le Front de gauche, dans l’état actuel ne sont susceptibles d’ouvrir une perspective crédible eu égard à l’expérience historique et récente. N’est-il pas temps de concevoir et de construire autre chose ? EELV qui compte 2000 militants se déchirent et un nombre non négligeable d‘entre eux quittent, sans éclats, le parti. D’autres, partisans d’une alliance pragmatique avec le pouvoir prépare la scission et la recomposition.

Un nouveau parti, démocratique, populaire, abritant tous les courants progressistes qui se fixent l’objectif d’une nouvelle société fondée sur le progrès social, la solidarité, la fraternité la coopération et la paix, le développement des libertés individuelles et collectives, le partage des richesses et l’accès au savoir.
Ce parti qui pourrait se nommer : « les progressistes » doté de statuts alliant liberté individuelle et responsabilité collective, démocratie et l’efficacité, ouverture à la réflexion et à la participation du plus grand nombre, des règles non contraignantes basées sur le volontariat, une « exposition » politique cohérente, une conception horizontale de l’organisation qui donne la priorité à l’action et la réflexion de proximité et de réseau,et une verticalité réduite aux strictes nécessités, etc.. peuvent relancer la mobilisation autour d’un projet partagé avec la construction de ce nouveau parti révolutionnaire populaire et de masse, condition essentielle du « retour » révolutionnaire. Reconquérir les coeurs et les cerveaux, marquer des points visibles face à l’adversaire de classe, imposer des transformations concrètes, laisser des empreintes civilisationnelles indélébiles, irréversibles.
Bref, il est temps selon moi, et la « débandade » de EELV, l’incrédulité des « frondeurs » l’opportunisme réversible du PG, et il faut le dire un certain « effacement » du PCF actuel rendent la question de la transformation du parti révolutionnaire urgente, pour le rester.

Bien à toi fraternellement.

Bruno fornaciari

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Published by bruno fornaciari - dans PCF
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BRUNO FORNACIARI

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