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23 février 2016 2 23 /02 /février /2016 13:57

L'article publié ici reprend point pour point les thèses et les positions mélenchonistes. Faut-il s'en étonner ? A mon sens, le débat mérite mieux que les affirmations péremptoires, supposées incontestables. En outre les fausses perspectives et le strabisme avec lequel est raconté l'histoire pollue la discussion et stérilise la pensée.
Ainsi, dès l'entrée, l'accusation assène :"En cautionnant une primaire "de toute la gauche", le secrétaire national du PCF prend un risque considérable : celui de soutenir in fine un candidat social-libéral, de précipiter la fin du Front de gauche… "
A moins de ne point entendre Pierre Laurent clamer sur tous les tons que ni Hollande, ni Valls, ni ceux qui participent à l'exécutif gouvernemental ne serait concerné par cette recherche d'une réponse de gauche à la catastrophe annoncée.

Que les points de vue des 3 composantes du FDG divergent n'est pas une révélation.
"l’annonce à la hussarde de la candidature de Jean-Luc Mélenchon", est selon l'article une péripétie mais "c'est Pierre Laurent" qui en d’affirmant son option de la primaire de toute la gauche, fragiliserait le front de gauche. Primaire pour laquelle Pierre Laurent fait des propositions concrètes, sur le contenu d'abord (options, socle commun, plate-forme programmatique), puis ensuite seulement alors, discussion sur les candidatures, qui pourrait déboucher sur une personnalité désignée en commun ou, à défaut, par une primaire.

Dans cet article, il est mis au passif du PCF l'absence "d’accords entre le Parti communiste et le Parti de gauche", qui aurait donné le "coup de grâce" pour le Front de gauche ?

Ainsi on somme le plus gros "contributeur" du cartel de se ranger à l'avis des autres "partenaires" sans coup férir, afin de ne point être accusé de division et de rupture du front, tandis que le "leader" du Front de Gauche se pavane de chaîne de télés en radios pour expliciter sa décision de candidature en solo, avec des journalistes complaisants.

En quoi "ne pas rompre avec les électeurs de François Hollande dans l’espoir de les rallier à une proposition politique vraiment de gauche." fait-il du PCF un soutien aux thèses gouvernementales alors que ses militants, ses députés et sénateurs sont sur la brèche pour les faire échouer ? "la rupture avec les choix gouvernementaux" est actée dès 2012 en ne participant pas au gouvernement tandis que Jean-Luc Mélenchon se voyait premier Ministre.

En quoi "La seconde préoccupation du PCF"..." de ne pas perdre de positions électives" serait-elle contre-révolutionnaire ? Et en quoi une différence de position "aussi variable que les situations locales" à Paris 5 millions d'habitants et Trifouillis-les-Oies serait-elle incompréhensible A moins de définir d'en haut, de la façon dont il faut faire cuire les carottes..Ce que fait allègrement Mélenchon du haut de sa stature de "Commandeur" acquise grâce à l'obligeance de PCF. L'achoppement sur ce point, est mis en exergue par JLM, avec le soutien et la complicité médiatique (on ne compte plus les invitations dans les médias) et la reprise des accusations contre Pierre Laurent, traité tour à tour de "traitre", de "vendu" et de "pleutre". On pourrait mieux faire pour débattre.

Avec le Front de Gauche, le PCF a permis à Jean-Luc Mélenchon de se sortir de 30 ans "socialisme" et d'incarner, grâce à lui et ses militants le candidat à l’élection présidentielle. Choix judicieux mais risqué, comme on en voit les soubresauts aujourd'hui.
"l’annonce de la candidature de Jean-Luc Mélenchon" a surpris tous les partenaires du front de gauche. Cette décision unilatérale, irrespectueuse, est la suite, logique, pourrait-on dire, de la stratégie annoncée dès le 1er décembre 2012 au grand rassemblement de la Bastille à Paris et poursuivit depuis, celle de la division de la gauche et la stratégie du recours, qui a échoué, avec comme conséquences des pertes électorales principalement du PCF, le PG étant inexistant. Les péripéties des discussions entre partenaires pour la désignation des équipes aux municipales et la désignation des candidats aux régionales font grand cas de la virginité révolutionnaire et désintéressée du PG." le coup de grâce"du front de gauche était déjà à l'oeuvre tandis que l'ambition, personnelle de JLM ,est réaffirmée.

"Pierre Laurent s’est engagé dans le processus des primaires de "toute la gauche" proposées par Libération et quarante personnalités, aujourd’hui accepté par le PS, comme une démarche susceptible de favoriser les discussions et les rapprochement à gauche en vue d'éviter le scénario catastrophe droite/FN ou libéralisme /social-libéralisme. La "confiance dans le choix que feront les citoyens de gauche" évoqué par Pierre Laurent met l'accent sur la nécessité du débat, pour avancer, pour construire un rassemblement "au-delà de nous-mêmes"(du front de gauche) et des convaincus, pour dégager une perspective à vocation majoritaire. Mais cette perspective, d'un choix ultime du ou de la candidate ne sied guère à Jean-Luc qui se voit un "destin" personnel" et cette incarnation serait justifiée par le score de 4 millions de voix en 2012. Comme si la situation politique et les enjeux n'avaient pas changé. Selon moi, vous l'aurez compris la candidature de Mélenchon est trop étroite. Et en disant cela je ne remets pas en cause ses qualités personnelles ni son apport passé, ni son potentiel. Car en effet, comme le rappelle Pierre Laurent "si la gauche va à l’élection présidentielle avec un représentant qui défend le bilan du quinquennat actuel, qui est rejeté par les électeurs de gauche, la gauche va être éliminée", et j'ajoute, que si elle y va avec un candidat clivant, brutal, qui n'est pas rassembleur déjà dans son camp, comment peut-on espérer triompher du piège dans lequel le libéralisme voudrait nous voir tomber. En ce sens, à mon avis, "le meilleur d'entre-nous" est aussi le plus mauvais candidat. Et ce n'est pas lui faire offense.

Prêter à Pierre Laurent des intentions électoralistes alors que JLM engage "SA" campagne électorale "sans les partis" est un contre-sens malveillant et trompeur. A aucun moment comme il est dit dans ce papier Pierre Laurent "s’engage à accepter de soutenir un ministre ou un ancien ministre, voire l’actuel président... cela face à la candidature de Jean-Luc Mélenchon" La courte-vue électoraliste décrite ici ne concerne pas le PCF. Ce dernier n'a pas, pour l'heure d'ambition électorale. La seule ambition à laquelle il travaille d'arrache-pied est de créer, malgré les difficultés et elles sont nombreuses, venant de gauche et de droite, les conditions d'un rassemblement indispensable pour changer vraiment et non témoigner peut-être.

"Le corps militant communiste" se mobilise en préparant, dans le soutien aux luttes, en proposant des solutions alternatives, leur congrès début juin, qui marquera on l'espère un renouveau du parti lui-même et de sa feuille de route. Le ralliement à un "candidat social-libéral" comme le laisse supposer cet écrit rocambolesque n'est pas "le pari de Pierre Laurent". En cela,les communistes peuvent être tranquilles. L'appel à Mélenchon pour rejoindre le collectif sera-t-il entendu ? rien n'est moins sûr. Et là encore, cette fausse bonne idée de sa candidature "en dehors" risque, si elle était maintenue, de jouer le rôle de 'l'idiot utile' au mieux et au pire de complicité avec ceux qu'il dit combattre. On ne peut avoir raison seul, comme on ne peut gagner sans le soutien de tous, à gauche.

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réponse à Rody qui m'interpelle

@Rody, j'ai dû louper un épisode. Pour ce qui le concerne P. Laurent n'évoque à aucun moment de se mettre en ligne avec Macron et consort, c'est le contraire, il les considère comme, je cite : "disqualifiés". C'est on ne peut plus clair. Alors pourquoi ce charabia ? Faire croire que son chien à la rage est peut-être une bonne méthode pour justifier l'euthanasie. Mais en politique, il faut se garder de justifier sa position en contraste avec ses propres lubies.
En effet, il est facile de déclarer sa candidature. Clémentine Hautain l'a évoqué, pas P. Laurent. Pourquoi ? pas par incapacité, mais parce que l'heure est à construire l'alternative, le plus largement possible pour gagner et changer cette politique libérale. Notre problème à tous, à toi, comme à moi, n'est pas de savoir quel est celui ou celle qui fera le meilleur score du 3e ou de 4e, en laissant en friche et gâchant les potentiels de rassemblement et de victoire. Que Mélenchon revienne, qu'il défende son point de vue , le programme qu'il propose à tous, qu'il entende les différence que l'on peut rassembler. Non la question d'aujourd'hui n'est pas d'instaurer le socialisme qu'il soit à la Chavez ou cubain. Mais d'inverser la tendance droitière et libérale qu'à emprunter notre société depuis très longtemps, avec tous ceux qui, déçus et mécontents de "l'oeuvre" Hollandaise veulent bien s'associer pour rechercher une base commune sur laquelle nous pourrions nous entendre (donc y compris JLM) pour partir à l'assaut d'une nouvelle société démocratique dans laquelle des mesures anti capitalistes et de progrès pourraient constituer le socle d'un projet gouvernemental à construire avec toutes les forces disponibles.

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Published by bruno fornaciari - dans PCF THOUARSAIS PCF 79 PCF
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