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30 juin 2016 4 30 /06 /juin /2016 18:19

Unidos-podemos et 2017 : la mauvaise lecture de Jean-Luc Mélenchon.

  • Après le vote majoritaire de la semaine dernière en faveur du Brexit, les élections législatives espagnoles de dimanche soir étaient particulièrement scrutées par toute l’Europe. Notamment par toutes les forces progressistes et anti-austérité.

Passée l’euphorie des premiers sondages sortis des urnes, qui plaçaient (à tort) Unidos-Podemos en deuxième position, est venu le temps de l’analyse.

Présent dimanche soir en Espagne au coté du leader de Podemos Pablo Eglesias, Jean-Luc Mélenchon a dès mardi livré la sienne. Sur son blog, le député européen parle de « l’alliance avec le Parti communiste (qui) semble avoir coûté si cher à Podemos ». Donc, selon Jean-Luc Mélenchon, la seule responsabilité de l’échec électoral de la coalition de gauche serait à mettre sur le dos des communistes. Un peu simpliste.

Plutôt que d’accuser le PC d’être responsable de cet échec, il convient de regarder ailleurs. Non les causes de la stagnation, voire de la baisse de la coalition de gauche (qui a perdu près d’un million de voix) ne sont pas à mettre sur le dos de telles ou telles composantes. Les causes sont beaucoup plus anciennes, beaucoup plus profondes que de simples questions d’alliances. Mais en faisant se parallèle, peut être Jean Luc Mélenchon cherche-t-il à légitimer sa candidature en solo pour la présidentielle de 2017. « Hors cadre de tout parti » comme il a maintenant coutume de le dire. J’y reviendrai un peu plus loin.

Concernant les élections espagnoles, il convient de regarder au cœur même de la législation. En effet, les règles électorales qui structurent la vie politique

Mais de ce résultat peut se tirer un autre enseignement. Les nouvelles formes de parti politique, issues de grandes mobilisations populaires, comme c’est le cas avec Podemos (héritier du mouvement des Indignés) ne sont pas pour le moment la réponse tant attendue par le peuple. Pourquoi ? Plusieurs raisons semblent expliquer cette difficulté à capitaliser sur le plan politique les succès obtenus lors des mobilisations sociales. Podemos, en est l’exemple criant. Lors de cette campagne, le leader Pablo Iglesias a continué d’entretenir le mythe d’un parti hybride, ne se revendiquant ni de gauche, ni de droite. Ce discours, qui vise à séduire le plus grand nombre, ne fonctionne pas. Les électeurs, les citoyens en général ont besoin de repères clairs ! Etre de gauche signifie quelque chose de fort. Et encore plus dans un pays qui a vécu sous un régime dictatorial jusqu’en 1977 !

Favoriser l’émergence des citoyens dans la vie politique est une nécessité. Pour autant, il ne faut pas jeter le discrédit sur toutes les formations politiques sous peine de tomber dans le populisme. Oui, il y a un besoin de renouveau dans la vie politique. Besoin de réinventer la façon de faire de la politique. Oui il faut créer de l’imaginaire. Mais plus que jamais nous avons aussi besoin de forces politiques structurées à l’échelle des territoires. Le Parti communiste espagnol et Izquierda Unida sont de ceux-là. Alors non, Jean-Luc Mélenchon, la défaite d’Unidos-Podemos, n’est pas à mettre sur le dos des communistes. Dire cela est à la fois faux et dangereux. Car si il y une chose que l’on doit retenir de se scrutin, c’est que la coalition entre les différentes forces progressistes et anti-austérité est plus que jamais nécessaire pour construire l’unité populaire. Cette coalition représente pour nous une nécessité impérieuse. C’est à cette seule condition que nous gagnerons le pouvoir.

Ces élections en Espagne, traversées par une grave crise politique, sont pour nous un avertissement. Il faut en tirer tous les enseignements nécessaires pour 2017. Apparemment certains l’ont déjà fait.

Comme je l’exprimais un peu plus haut, Jean-Luc Mélenchon, comparant la situation espagnole et française, écrit sur son blog ne pas avoir de problème d’alliance pour 2017 car « en France, Le PCF a choisi à une écrasante majorité de tourner le dos à ma candidature et de me combattre de pied ferme ».

Là encore, il s’agit d’une affirmation totalement chimérique. Il est toujours étonnant de voir à quel point certains peuvent travestir la vérité avec autant de facilité. Dès le lendemain des élections régionales, de nombreuses forces politiques, dont le Parti communiste français, se sont exprimés en disant qu’il fallait changer de façon fondamentale notre façon de faire de la politique. Après le score record du Front National, rien ne serait plus comme avant. De

Les communistes, fidèles à eurs engagements, ont initié dès janvier une série de débats politiques intitulés les « Lundis de Gauche ». L’objectif ? Créer un débat à gauche sur les enjeux de la période et les grands défis auxquels la France est confrontée. Un débat ouvert à toutes celles et ceux qui souhaitent voir émerger une alternative aux politiques suivies actuellement.

Refusant toutes les invitations à s’inscrire dans un cadre de processus collectif afin de rassembler le maximum de forces progressistes de gauche, il a
préféré la « jouer en solo » et présenter sa candidature au 20 heures de TF1. Donc, comme il le dit si bien sur son blog, nous en prenons « acte ».

Cette candidature a pour unique conséquence de confirmer le scénario écrit à l’avance pour 2017. Accordons-lui une chose, il sera peut être le candidat de gauche en tête le soir du premier tour. Cependant ce n’est pas la bataille du premier tour que nous voulons gagner, mais bien l’élection présidentielle. Et en l’état actuel des choses, nous nous dirigeons vers un second tour entre la droite et l’extrême droite. Un scénario absolument dramatique et mortifère.

Alors non Jean-Luc Mélenchon, notre objectif n’est pas de combattre votre candidature, mais bien de créer les conditions du rassemblement le plus large possible pour gagner en 2017. C’est tout le sens de la démarche que nous avons validée lors de notre dernier congrès. A savoir l’écriture d’un pacte d’engagements communs, qui sera soumis à une grande vocation citoyenne au mois d’octobre. Ce pacte d’encagements communs a pour vocation à

Il faut dès aujourd’hui ne plus gaspiller d’énergie inutilement. Basculer dans du positif, du constructif pour l’avenir. Avec la grande consultation citoyenne, nous allons, durant tout l’été, aller à la rencontre des citoyens et citoyennes pour faire émerger les exigences populaires et ouvrir des solutions face à la crise. Cette grande consultation citoyenne, intitulée « que demande le peuple ? », qui a pour objectif de toucher 500 000 personnes, est un geste politique inédit capable de faire l’événement et utile pour faire grandir un véritable mouvement populaire. Elle fera l’objet d’une grande restitution publique lors de la fête de l’Humanité en septembre 2016 ! A ne manquer sous aucun prétexte !

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BRUNO FORNACIARI

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