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25 septembre 2016 7 25 /09 /septembre /2016 07:50

Rassembler pour sortir du piège présidentiel

Mon intervention lors du Conseil National du PCF de samedi 24 septembre 2016

Le conseil national doit marquer une étape décisive dans la mise en œuvre de nos décisions de congrès d’une part et la préparation de la conférence nationale du 5 novembre.

Il existe, et nous l’avons rencontré à la fête une prise de conscience qui émerge parmi les électrices et électeurs de gauche que pour résumer : « parti comme c’est, nous allons tout droit à une catastrophe démocratique » : l’élimination de la gauche du second tour de la présidentielle, la victoire de la droite, et l’installation dans l’hémicycle de nombreux députés d’extrême droite.

Cette prise de conscience grandira au fil des semaines jusqu’à l’élection présidentielle.

Il existe aussi une part de cet électorat qui s’il reste comme le montre l’enquête Ifop parue dans l’huma solidement attaché à des valeurs qui ont fondé la gauche, se trouve aujourd’hui désemparé et démobilisé dans la perspective de l’élection, en raison du paysage politique actuel et du fait même de la politique d’un gouvernement qui tourne le dos chaque jour à ses valeurs.

La raison de cette démobilisation est double : il n’existe pas aujourd’hui d’offre politique qui incarne une perspective crédible de changement réel. C’est la question du rassemblement pour mettre en œuvre une politique de progrès qui est posée et à laquelle personne parmi les candidats déclarés ne répond, pas même Melenchon.

Mais c’est aussi la question des contenus qui de mon point de vue est aujourd’hui sous-estimée apparaissant soit comme un obstacle au rassemblement, soit comme inutile au regard du débat idéologique et politico-mediatique qui aujourd’hui passe au second plan la question sociale, la question de la crise du capitalisme, la question de mesures pour sortir de la crise en rupture avec les politiques d’austérité menées depuis 2008.

Nous sommes aujourd’hui les seuls à aborder à la fois la question des contenus en disant qu’il faut radicalement s’attaquer à la finance, à l’austérité,engager la transition écologique, refonder l’Europe et la République et posant dans le même temps la nécessité d’une construction politique de large rassemblement pour enrayer le scenario établi. C’est sur ces deux points décisifs pour une mise en mouvement populaire que nous devons agir dans les semaines qui viennent.

Il est temps que nous passions à la mise en pratique de ce que nous disons et ce d’abord en ouvrant des espaces d’intervention citoyenne et militante sur tout le territoire pour travailler les contenus autour des 5 axes que nous avons mis en débat d’une politique qui renoue avec le progrès social et démocratique et qui fixe une ambition de sortie de crise. Ces espaces doivent être ouverts le plus largement possible.

Nous devons également mettre chacun face à ses responsabilités en commençant par nous même et dire avec force ceci :

Si une candidature de rassemblement n’émerge pas, dépassant très largement le cadre du front de gauche et qui soit en mesure d’enrayer le scenario qui se met en œuvre, il n’y a aucune raison que nous soyons absent de l’élection présidentielle ou que nous rallions une candidature sans pouvoir influer sur ce que dit, fait et propose cette candidature. Quoi qu’il en soit nous serons presents a l’election presidentielle. La candidature de Mélenchon est aujourd’hui celle avec qui nous avons le plus de convergences.

Mais à ce jour beaucoup de points sur le fond et la forme de sa campagne sont inquiétants. Ces inquiétudes sont d’ailleurs partagées par des personnalités qui se rallient à sa candidature faute de mieux comme Yvon Quiniou notamment. De l’abandon de la pertinence du clivage gauche-droite, à l’affirmation du besoin de dépassement de la forme parti, à la question des migrants, de l’Europe, de la finance, sa conception du rassemblement, sa démarche ancrée dans les travers de la Ve République, tout cela empêche aujourd’hui de mon point de vue un soutien.

Nous ne devons pas seulement appeler à un processus débouchant sur une candidature de rassemblement mais mettre en musique ce processus, fixer un calendrier et une démarche. Pierre l’a fait à la fête et lors de l’université d’été mais nous devons dire aujourd’hui ce que nous pensons possible et aussi les impasses qui se présentent.

La primaire du PS est faite pour que Hollande soit candidat, la démarche des frondeurs aujourd’hui divisés qui plus est est vouée à l’échec, et observons qu’elle vise l’après élections et la perspective de prendre la main sur le PS.

Mélenchon est quoi qu’on en dise en difficulté. Quelle ambition de rassemblement et donc de perspective politique porte sa candidature s’il refuse de discuter avec des forces disponibles sur les contenus et la forme de sa campagne ?

EELV est isolé dans une primaire interne de laquelle sortira une candidature représentant l’écologie politique qui ne fera pas à l’élection présidentielle un score lui permettant de faire vivre l’écologie politique et un parti au delà de l’échéance.

C’est le renoncement à bouleverser le scenario à l’œuvre qui guide toutes ces candidatures. Au fur et à mesure que nous nous rapprocherons de l’élection beaucoup d’hommes et de femmes percevront ces dangers, celui d’une disparition de l’idée de progrès social et démocratique comme perspective politique crédible.

Il nous faut nous adresser à eux en incarnant cette ambition politique, peut être au travers de la mise à disposition d’une personnalité issue de nos rangs et dans la perspective de rassembler tout ceux qui à gauche ne se résignent pas, mais surtout d’un appel qui associe toutes celles et ceux qui veulent sortir de l’impasse et permette de peser sur le débat qui agite aujourd’hui la gauche en le recentrant sur les contenus d’une politique alternative et les conditions pour sa mise en oeuvre.

Cette mise a disposition d’une personnalité et donc du Parti doit se faire dans la plus grande clarté vis à vis de l’électorat de gauche et des communistes. Elle n’a vocation qu’à ouvrir un processus de rassemblement à vocation majoritaire, seule perspective pour déjouer le scenario à l’œuvre.

La candidature de Melenchon aujourd’hui ne rassemble pas les communistes. Nous devons avoir une adresse particulière à JLM sur le sens de sa candidature et les convergences que nous avons avec lui, et aussi avoir un débat profond sur nos divergences et notamment stratégiques qui doivent être levées car aujourd’hui elles le conduisent et nous conduisent dans une impasse.

Nous devons aussi nous adresser aux frondeurs et à EELV pour les mêmes raisons, acter les convergences et dépasser nos divergences stratégiques. La primaire du PS, comme celle d’EELV ne répond pas aujourd’hui à l’exigence d’un rassemblement large. La perspective d’empêcher la candidature de Hollande au travers d’un processus de primaire s’éloigne et risque fort d’être mise en échec.

Tout cela doit se faire de manière publique et transparente.

Dans le même temps donc nous devons sans attendre ouvrir des espaces de débat au travers d’états généraux par circonscription, qui préparent les législatives, élection majeure, et poursuivre peut être sous une autre forme au mois d’octobre la démarche engagée avec la grande consultation.

Il est évident que rien ne nous permet aujourd’hui d’affirmer que notre démarche peut aboutir positivement, même si nous devons aussi être attentif aux éléments positifs de la période, le mouvement social notamment, les différentes enquêtes d’opinion qui montrent que malgré le matraquage idéologique de ces derniers mois, l’idée de progrès social et démocratique, de vivre ensemble sont bel et bien présentes dans notre peuple et parmi l’électorat de gauche.

Mesurons bien que la situation va beaucoup évoluer jusqu’en 2017.

Mais si rien ne nous permet d’être assurés de réussir, c’est pourtant aujourd’hui le seul chemin qui permette de rendre un tant soit peu possible notre ambition politique, ce n’est pas un détail y compris quand on se projette dans l’après séquence électorale.

Sébastien Laborde secrétaire départemental de la Gironde membre du comité national du PCF

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Published by bruno fornaciari
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