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1 octobre 2016 6 01 /10 /octobre /2016 18:31

1. Autoroutes Si l’état est le pigeon, les usagers sont les dindons !

JEUDI, 29 SEPTEMBRE, 2016

HUMANITÉ DIMANCHE

« L’usage des autoroutes est en principe gratuit. » Le gouvernement devrait relire la loi de 1955 portant sur le statut des autoroutes. Les péages devaient être provisoires… 50 ans plus tard, en 2006, il n’en était plus question. Le gouvernement Villepin vendait les sociétés concessionnaires d’autoroutes (SCA) 14,8 milliards d’euros – notamment à Eiffage, Vinci et Abertis. Pour la Cour des comptes, les bijoux de famille valaient plus 25 milliards. Les contrats de concession, eux, offrent un boulevard aux groupes privés. Chaque nouvelle demande d’investissement de l’État doit être compensée par un allongement de concession ou une augmentation des tarifs. Par exemple, pour installer du télépéage sous prétexte d’écologie, car ça limite les bouchons, les SCA ont lâché 800 millions d’euros… contre un an de rab de concession. Chaque année de péage leur rapporte 2 milliards. Au passage, elles ont supprimé 2 776 postes. Et engrangent 14,9 milliards de dividendes entre 2006 et 2013.

Sous François Hollande, les SCA ont été servies. Elles ont obtenu deux plans de relance. Le premier, élaboré sous Sarkozy, a été signé le 9 avril 2015. Il prévoit 3,2 milliards d’euros payés par les 7 sociétés concessionnaires d’autoroutes sur 21 chantiers. En échange, un allongement de 2,5 ans de leur concession et donc « une douzaine de milliards d’euros de péage », a calculé la CGT. Et qui fait les travaux ? À 50 %, des sociétés de Vinci ou Eiffage… Derrière ce plan, toujours le même credo, les caisses de l’État sont vides. Un grand plan d’investissement va créer de la croissance et de l’emploi.

Mais quelles contreparties ? Dans le document transmis à la Commission européenne, le gouvernement s’engageait à ce qu’il n’y ait pas d’augmentation tarifaire. Pourtant, en février 2016 : + 1,12 %… Pour Raymond Avrillier, qui est allé jusqu’au tribunal administratif pour obtenir les documents, « en plus de l’allongement, il y a eu augmentation tarifaire ». « C’est la preuve qu’il y a eu un arrangement secret entre les ministres et les SCA. Cette affaire est la parfaite illustration de la privatisation de la décision publique », analyse-t-il.

Les concessions sont une délégation de service public, donc soumises à contrôle. Sauf qu’un seul agent suit le dossier à la direction de la concurrence. De quoi ne pas être tatillon. « Les concessions sont incontrôlées du fait de leur durée, mais aussi de l’absence d’analyse de l’économie des contrats », continue Raymond Avrillier.

Après le fiasco de l’écotaxe, fin 2014 les députés y ont mis le nez. 150 socialistes écrivaient à Valls pour qu’il dénonce les contrats. La nationalisation, proposée par les communistes, a bien été examinée. Mais pas adoptée… « La ligne de défense du gouvernement, c’est que la nationalisation coûterait entre 20 et 30 milliards. Sauf que, d’ici à 2032, le gain serait de 40 milliards », explique Patrice Carvalho, député PCF.

Après la fronde des députés, le gouvernement a consenti à passer par un vote du Parlement pour tout allongement des concessions. Du coup, le nouveau plan de relance sera financé par les usagers et les collectivités. « C’est une opération de contournement du Parlement », continue le député. Les chantiers ne sont pas encore arbitrés. Mais, sur 100 euros de péage, entre 20 et 24 euros vont toujours directement dans les poches des actionnaires.

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Published by bruno fornaciari - dans ACTUALITES
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