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30 décembre 2016 5 30 /12 /décembre /2016 02:45

Ils hébergent des réfugiés : «Comme s'ils étaient de notre famille»

>Société|J.V.|28 décembre 2016, 7h00 | MAJ : 28 décembre 2016, 7h57|6

 Younès, 55 ans, un ancien ingénieur syrien, habite depuis un mois avec ses quatre enfants chez Michel et Maija Benazech

LP/Yann Foreix
 
 
 
 
J.V.
 
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Il n'y a jamais eu autant de Français prêts à accueillir chez eux des exilés. Une démarche complexe mais que l'Etat souhaite amplifier. Rencontre avec une famille qui s'est lancée.

Dimanche, chez Michel et Maija Benazech, la tablée de Noël était immense. En plus de leurs enfants et de leurs petits-enfants, il y avait Younès, un Syrien de 55 ans, et ses quatre enfants, âgés de 11 à 24 ans, qu'ils hébergent depuis un mois chez eux. Ils ont installé la famille à l'étage dans une partie aménagée comme un appartement, avec cuisine et salle de bains indépendantes.

 

Les Benazech font partie des volontaires du programme d'accueil de l'Entraide protestante. Younès, ancien ingénieur en bâtiment qui a d'abord trouvé refuge en Jordanie, a obtenu un visa spécial au titre de l'asile. Il savait, avant de partir, qu'il serait hébergé chez ce couple de retraités normands. «On m'a très bien décrit leur maison, en me précisant que c'était à la campagne», confie-t-il, heureux d'avoir pu bénéficier d'une procédure qui a évité à ses enfants une traversée périlleuse de la Méditerranée.

 

 

Cours de français

 

La première rencontre avec les Benazech a eu lieu à la descente de l'avion. C'est Maija qui est allée les chercher à Roissy. Le maire du village a reçu ses nouveaux concitoyens dans la foulée et aidé à la scolarisation des deux plus jeunes. Farah, 11 ans, a fait sa rentrée le mois dernier dans une classe d'adaptation, et Baef, 14 ans, dans un collège où il alterne deux jours d'apprentissage du français et trois jours de cours classiques. Pour Rama et Sarah, les aînées, majeures, la situation est plus compliquée. «La priorité est l'apprentissage de notre langue», martèle Michel, qui a sollicité l'aide de sa paroisse pour leur trouver des cours à domicile. Il a aussi dégoté une vieille voiture que pourra emprunter leur père. «Nous faisons comme s'ils étaient de notre famille.»

 

Les voisins ne sont, eux, pas tous au courant. «Cela s'était bien passé avec la famille que nous avions reçue l'an dernier, il n'y a pas de raison que cela change», juge, confiant, l'ancien employé de France Télécom.Dans ce village de 400 habitants, plus d'un électeur sur trois a voté FN l'an dernier. Mais selon Franziska Dasnoy, de l'Entraide protestante, ce type d'hébergement est bien accepté. «Il déclenche rarement des réactions d'hostilité. En fait, cela contribue à changer les idées reçues.»

 

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Published by bruno fornaciari - dans SOLIDARITE INTERNATIONALE
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