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4 janvier 2017 3 04 /01 /janvier /2017 17:07

2016 : premier bilan, Gérard Streiff

 

 Dans un des romans de la rentrée 2016, Oscar de Profundis (chez Sabine Wespieser), l’auteure Catherine Mavrikakis imagine le monde vers 2070. La caste au pouvoir, celle des ultra-riches, repliée sur ses terres, prospère ; elle est à la tête d’un État mondial, parfaitement uniformisé, servi par une police également universelle, alors que les pauvres hantent des villes à l’abandon, hordes de gueux vouées à la disparition.
Est-ce qu’on irait vers ça ?
Ou est-ce qu’on retournerait au chaos des années 1930, comme on l’entend dire ici ou là, juste avant la grande conflagration ? Ou encore s’offrirait-on un remake du XIXe siècle, genre Germinal 2.0 ?

Rien de tout cela très certainement. La cata qui semble s’annoncer, celle qu’appréhendent tant de nos concitoyens, ne devrait ressembler à rien de connu mais exacerberait sans doute la crise dans toutes ses dimensions, économiques, sociales, politiques, morales, humaines.

Écrire cela, est-ce céder à un fatalisme morbide ? À un air du temps défaitiste ? Mais comment ne pas y songer quand la (encore) première puissance mondiale vient de se donner comme chef une sorte d’aventurier ? Quand tant de pays d’Europe cèdent aux chants de politiciens irresponsables (Brexit), de démagogues fascisants (Autriche) ou glissent vers la dictature (Turquie) ? Quand des dizaines de milliers de jeunes gens venus du Sud risquent tout, simplement pour tenter de survivre ? Quand des murs s’élèvent un peu partout, en Palestine, en Europe de l’Est, à Calais, au Mexique ? Quand la misère s’installe et qu’on s’y habitue ? Quand une droite française plébiscite un notable qui promet sans vergogne la suppression d’un demi-million de postes de fonctionnaires ? Quand la rage identitaire est un mal qui traverse la planète ? Quand la police des mœurs pointe son groin en Iran, en Pologne, aux états-Unis, en France ?
Alors, oui, on peut se dire que le monde dérive. Que ça tangue grave. Et que ça inquiète.
Oui mais. Dans le même temps, ça résiste, ça crée, ça invente, ça régénère, ça se rebelle, ça tient tête. On a connu en 2016 de beaux moments d’humanité, comme les Jeux olympiques de Rio qui faisaient la nique à tous les fanatiques de la terre. On a vu la campagne de Bernie Sanders aux États-Unis, totalement bluffante, et prometteuse. On a assisté, outre-Manche, au réveil d’un travaillisme populaire et réellement de gauche. On a vibré aux batailles épiques du peuple grec humilié. On a noté que la conscience écologique universelle marquait des points. On a participé ici à un mouvement social tenace contre la loi Travail, mouvement qui laissera des traces. La notion d’engagement a la cote, notamment dans la jeunesse, et on s’en félicite. Le mouvement citoyen, associatif fait preuve d’une belle vitalité. La générosité n’est pas un vain mot pour nos concitoyens. Et puis, cerise sur le gâteau : on nous a dégagé du paysage politique le personnage de Nicolas Sarkozy !
Alors on se dit que « le pire n’est pas sûr », pour citer à peu près Claudel. Que tout est question de rapport de forces. Que de belles batailles nous attendent. Pour ce qui les concerne, les communistes, après un riche débat, ont fait le choix du rassemblement en 2017 (voir le grand entretien).
Le choix 1 retenu par la majorité des votants est celui d'une campagne communiste autonome appelant à voter Jean-Luc Mélenchon, « considérant qu'un rassemblement peut s'opérer avec cette candidature et qu'elle porte une grande partie des propositions de la gauche alternative à l'austérité ». Ce choix indique également que « les communistes poursuivront leurs efforts pour une candidature commune, porteront cet appel en conservant leur autonomie, critique et constructive, travailleront à un cadre collectif de campagne élargi afin d'œuvrer à la construction d'un rassemblement le plus large possible ».

2016 se meurt, vive 2017 ! Et sans plus attendre, au nom de toute la rédaction, bonnes fêtes à toutes et à tous ! 

Gérard Streiff
Rédacteur en chef
de La Revue du projet

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