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28 juillet 2017 5 28 /07 /juillet /2017 17:51

« Le courage c’est de chercher la vérité et de la dire», même sur le pactole de Muriel Pénicaud

GÉRARD LE PUILL
VENDREDI, 28 JUILLET, 2017
HUMANITE.FR

Une information révélée par l’Humanité doit-elle être jugé moins crédible a priori que si elle est sortie par le Canard enchainé ou par le Monde ? On peut se poser la question au regard de la discrétion de la presse après la publication de nos informations, hier, sur la manière dont s’est enrichie chez Danone la ministre choisie par Emmanuel Macron pour défaire le code du travail.

La phrase de Jean Jaurès affirmant que « le courage, c’est de chercher la vérité et de la dire » prononcée avant qu’il ne lance l’Humanité ne serait-elle plus d’actualité quand certaines révélations sont faites par …  l’Humanité  ? On peut se poser la question  devant la discrétion de la presse écrite et audiovisuelle, suite aux révélations faites hier par notre journal sur le coup de bourse réalisée par Muriel Pénicaud. Cette vente d’actions succédait à une annonce de « licenciements boursiers » en avril 2013. Le dernier jour de ce mois là, Muriel Pénicaud vendit, à 58,41 euros l’unité, 52.220 actions du groupe Danone dont elle était la Directrice générales de ressources humaines. Ces actions avaient été précédemment acquises à 34,85€ l’unité et c’est le plan de licenciement de 900 emplois dans le groupe Danone qui avait fait monter les actions du groupe en 2013. Le phénomène est connu depuis longtemps au point qu’on qualifie désormais ces effets d’aubaine des « licenciements boursiers » quand une réduction d’effectifs où des délocalisations de productions vers des pays à bas coûts de main d’œuvre fait monter en flèche le cours des actions en Bourse.
Le 30 avril 2013, Muriel Pénicaud a empoché une plus-value de 1 129 034,54€ en donnant un ordre de vente d’actions dont on peut penser que beaucoup étaient des actions gratuites données chaque année aux hauts cadres en fonction des résultats financiers des entreprises. La plus-value correspond grosso-modo à 20 ans de salaire pour un cadre moyen payé 50 000€ par an et la personne qui a perçu cette somme a été nommée ministre du Travail pour continuer le sale boulot de la Loi travail du gouvernement Valls dont Emmanuel Macron a toujours pensé qu’elle n’allait pas assez loin dans la précarisation du code du travail.

« Ce point est extrêmement grave sur le plan éthique », déclare  Eliane Assassi

Alors que le Sénat débattait hier de la nouvelle Loi que porte Muriel Pénicaud pour détricoter encore plus le code du travail, la sénatrice communiste Eliane Assassi avait mille fois raison quand elle a interpelé la ministre sur son coup de Bourse en ces termes :
« La plus-value réalisée s’élève à 1 million cent vingt mille euros. Elle a été réalisée grâce à une flambée boursière en faveur de Danone suite à l’annonce de la suppression de 900 emplois. Ce point est extrêmement grave sur le plan éthique et peut-être sur le plan juridique car de par vos fonctions vous avez organisé ce plan social et en avez  récolté les fruits pour votre profit personnel. De là à parler de délit d’initié, il n’y a qu’un pas à franchir. Cette révélation  est grave sur le plan politique ».
Grave sur le plan politique ?  Pas pour Libération de ce matin qui ignore l’information tout comme le Parisien et son jumeau Aujourd’hui-en-France. Dans la toute dernière question d’une page d’entretien avec la ministre, le Figaro évoque la question qui fâche sans préciser de quoi il retourne et la ministre se justifie en affirment que dans le privé le niveau de sa rémunération « était fixé en toute transparence, avec une part fixe et une part variable différée comme les 200 autres dirigeants de l’entreprise ». Les Echos font une allusion incompréhensible à cette affaire dans leur compte rendu du débat au Sénat. Il n’y avait rien sur le sujet Pénicaud dans les journaux du soir hier sur les télévisons publiques. Si France Info a bien relayé l’information, BFMTV, qui avait d’autres chats à fouetter hier soir, l’a seulement évoquée ce matin au journal de 5 heures. A cette heure là on ne touche pas beaucoup de téléspectateurs.
 
Pourtant, ce sujet est plus important et beaucoup plus scandaleux que « l’oubli » d’appel d’offre dont on accuse par ailleurs Muriel Pénicaud concernant la soirée du ministre Macron à Las Vegas en janvier 2016. Pas aux yeux de nos médias semble-t-il et encore moins de la ministre du Travail dont voici un extrait de la réponse faite à Eliane Assassi :
« La seule chose que je veux dire ici, très fermement  et avec force, c’est qu’il s’agit d’une rémunération  décidée des années avant le plan de départs volontaires qui a concerné 200 salariés chez Danone».
Muriel  Pénicaud ment par omission. Il y avait 900 suppressions d’emplois dans ce plan, dont 200 en France. Et c’est bien l’annonce de ces licenciements dans le groupe qui a fait monter l’action Danone. Au point de pousser la responsable de ce plan à vendre un gros paquet d’actions pour profiter de l’aubaine.
  propos, c’est aussi pour défiscaliser ce genre de plus value que le président Macron et son gouvernement veulent modifier l’Impôt de solidarité sur la fortune (ISF) tandis qu’on augmentera de 1,7%  le prélèvement de la CSG, y compris pour 60% des retraités.

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