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13 septembre 2017 3 13 /09 /septembre /2017 09:55
 
Une candidature à la François Ruffin

Les communistes présentaient une contreproposition, toujours dans cette même 5e circonscription, celle de la candidature d’un salarié d’Ecopla, lutte emblématique de la vallée à l’automne 2016 et au printemps 2017 pour la création d’une SCOP. Ce que ce dirigeant de la lutte avait accepté, à la condition que le PCF, la FI et EELV se retrouvent unis autour de sa candidature. Mais la FI est restée sur son exigence de ralliement. Le candidat qui aurait pu représenter toutes les forces de gauche n’a donc pas donné suite.

Ces discussions de la dernière chance se sont déroulées entre le 8 et le 12 mai, à la veille du dépôt des candidatures qui a eu lieu le 19 mai.

Echanges de courriels sur « la candidature Ecopla », dans la 5e, à télécharger ici

Situation ainsi caractérisée par le responsable local des Verts, dans un courriel daté du 12 mai : « Hier soir, la coordination départementale d’EELV a constaté l’échec d’un rassemblement des principales forces de gauche et écologistes sur la 5e. La responsabilité en revient clairement à FI. Je ne m’étendrai pas sur le sujet, ça laisse un goût bien amer au fond de la gorge. Quand on « pèse » quasi 20%, cela implique de prendre ses responsabilités et rendre les convergences possibles, dans le respect de l’identité et de l’histoire de chacun. C’est un crève-coeur pour nous qui pensions que la candidature de XXX permettrait ici, sur la base de la mobilisation des Ecopla derrière laquelle nous nous sommes tous retrouvés, de dépasser les logiques de repli sur soi ».

Les militants communistes à la porte des entreprises, ici dans la zone industrielle de Jarrie.

Nous ne pouvons pas négocier

Dans les deux circonscriptions du Nord Isère (la 6e et la 10è), les communistes, après s’être réunis le 3 mai, proposaient à la FI une rencontre le samedi 6 mai.

La réponse a été sans ambiguïté :

«  Au niveau local, nous ne pouvons négocier car nous n’avons de mandat pour ce faire. De plus le national nous demande expressément de ne pas négocier au niveau local pour éviter de gêner les négociations nationales. »

Echanges de courriels dans le Nord Isère, à télécharger ici

Dans la 10e circonscription, un communiqué a été envoyé à la presse début mai. Il fait état de la proposition des communistes d’une candidature commune, le titulaire étant membre de la FI. Proposition qui n’a pas reçu de réponse.

Communiqué de presse, 10è, à télécharger ici

Refus également de discuter dans la 4e circonscription, la candidate communiste proposant le rassemblement dès le 24 avril et encore le 10 mai, à la veille du dépôt des candidatures – elles étaient enregistrées à la préfecture entre le 15 et le 19 mai à 18h.

Echanges de textos dans la 4e, à télécharger ici

De l’ensemble de ces prises de contacts se dégage une argumentation constante de la part de la FI partout où des accords pouvaient être trouvés : le ralliement obligatoire et préalable à la bannière de la France insoumise; la signature de la charte de la France insoumise impliquant le renoncement du PCF à une activité parlementaire et un accès au financement public sous le contrôle de la France insoumise; et l’absence de mandat des représentants locaux de la France insoumise pour discuter avec d’autres militants de gauche.

L’ensemble de ces tentatives se concluait par un échange de textos entre Annie David, secrétaire de la fédération communiste de l’Isère et Alain Dontaine, responsable du parti de gauche et de la France insoumise.

« C’est trop tard », indiquait ce dernier à cette ultime proposition de débattre de candidatures communes, notamment dans les trois circonscriptions de l’agglomération grenobloise où le PCF suggérait de discuter d’un accord qui aurait assurément permis la présence au second tour d’un candidat FI, EELV ou communiste dans les trois circonscriptions.

Cet échange a eu lieu le 12 mai.

Le 16 mai, trois jours avant la clôture du dépôt des candidatures, la fédération du PCF publiait une déclaration pour regretter cette situation.

Déclaration du PCF Isère, le 16 mai, à télécharger ici

Le cas El Khomri

Au niveau national, le exemples de refus de candidatures communes par la France insoumise sont légion. Citons celui de la circonscription parisienne dans laquelle se présentait Myriam El Khomri, ancienne ministre de la loi travail, avec le soutien du président de la République, finalement battue au second tour par le député LR qui avait le soutien du Premier ministre.

Caroline de Haas est la militante féministe qui a lancé la pétition contre la loi El Khomri, pétition qui a recueilli un million et demi de signatures l’an dernier. Elle s’est proposée comme candidate de la gauche de transformation et écologiste contre Myriam El Khomri, la ministre de la loi « travail », dans la 18e circonscription de Paris. Tout le monde a dit oui, sauf la FI (voir l’historique des discussions : https://blogs.mediapart.fr/carolinedehaas/blog/130517/lunite-est-un-co…) , c’est son droit.

C. de Haas a été la cible d’insoumis qui ont tenter de discréditer sa candidature en faisant courir le bruit qu’elle aurait soutenu B. Hamon à la présidentielle ( témoignage de Caroline de Haas dans cette vidéo : http://www.regards.fr/web/article/caroline-de-haas-le-ps-n-est-plus-un… ), ce qui est faux.

Le secrétaire national d’EELV, après avoir lancé un appel au rassemblement pour les législatives, a reçu de la FI la même réponse que celle faite au PCF. La réaction de David Cormand montre à quel point cette proposition est inacceptable : « Nous avons reçu une fin de non-recevoir de la France Insoumise puisque son exigence, c’est la soumission » (Libération, 5 mai 2017, « Législatives, pas d’accord national trouvé entre la France insoumise et EELV »).

 

Le bilan : 9 + 1

Dans les dix circonscriptions de l’Isère, sur la bases des résultats du premier tour des législatives, l’addition des suffrages obtenus par les communistes et les candidats de la France insoumise, aurait permis à la gauche d’être présente au second tour dans quatre circonscriptions (2e, 3e, 5e, 9e), cinq si l’on tient compte du score des Verts dans la 1ere.

Il ne s’agit là que d’une simple addition : la dynamique de candidatures communes offrant la perspective de l’élection de plusieurs députés aurait sans aucun doute augmenté ces chiffres tout en faisant reculer l’abstention qui a été, pour le département de l’Isère, de 51,09% le 11 juin, lors du premier tour des législatives.

Dans les dix circonscriptions iséroises, la gauche de transformation sociale n’a participé au second tour que dans la troisième. Le 18 juin, neuf députés LREM ont été élus, accompagnés d’une députée socialiste dans la quatrième circonscription.

 

 
Luc Renaud

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