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4 mai 2011 3 04 /05 /mai /2011 08:14

La possibilité qu'Oussama ben Laden ait été localisé sur la base d'informations obtenues auprès de détenus soumis à des techniques d'interrogatoire "poussées" pourrait bien relancer aux Etats-Unis le débat sur ces pratiques assimilables pour beaucoup à de la torture. La mort du leader d'Al Qaïda a en tous cas permis aux anciens tenants de l'administration Bush de justifier le recours à la torture. (Le fil du jour de la mort de ben Laden ici)

  • Simulation de noyade

L'information décisive qui a permis de remonter la piste de Ben Laden a été fournie par Khalid Sheikh Mohammed, cerveau présumé des attentats du 11-Septembre, a déclaré un ancien responsable de la sécurité nationale. KSM, comme l'appellent les responsables américains, a subi 183 fois la pratique du "waterboarding", une forme de simulation de noyade, a reconnu le gouvernement américain.

Toutefois, ce n'est plus tard, après la suspension de cette technique en raison du vif débat qu'elle suscitait dans l'opinion américaine et internationale, que Mohammed a informé ses interrogateurs de l'existence d'un "courrier" particulièrement proche de Ben Laden, qui permettra, après des années, aux agents américains de remonter jusqu'au chef d'Al Qaïda dans sa résidence d'Abbottabad, au nord d'Islamabad.

Quant à la résidence d'Abbottabad, où Ben Laden a été finalement retrouvé et tué, les autorités américaines n'ont appris son existence qu'en août 2010.

  • Le secrétaire adjoint à la Défense de Bush fait l'apologie de ces méthodes

Le "waterboarding" a été autorisé par l'ancien président George W. Bush, comme d'autres techniques d'interrogatoire comme la privation de sommeil, contre les détenus soupçonnés de terrorisme. Ces méthodes ont été employées dans les prisons secrètes de la CIA hors du territoire des Etats-Unis. Elles ont été suspendues en 2004, après des accusations de torture lancées contre le gouvernement américain.

Les anciens de l'administration Bush se sont empressés de voir dans la mort de Ben Laden le succès de ces techniques. Ainsi Paul Wolfowitz, ancien secrétaire adjoint à la Défense, a-t-il estimé que le succès de l'opération "reposait largement sur certaines de ces politiques controversées. Cela n'aurait pas été possible si nous relâchions les terroristes bon gré mal gré et ne les gardions pas pour obtenir des informations. Certaines d'entre elles ne paraissent souvent pas très importantes, comme le pseudonyme d'un chauffeur, jusqu'à ce qu'on s'aperçoive qu'il joue un rôle essentiel."

  • Objectif: brisé le détenu

Mais d'anciens responsables américains ont retracé une séquence d'événements qui permet de s'interroger sur la part jouée dans ces méthodes brutales d'interrogatoire. Un ancien responsable de l'antiterrorisme a déclaré que la CIA avait cessé de pratiquer des techniques "poussées" sur KSM après 2003. Les premières informations décisives sur le fameux "courrier" parviennent en 2004, selon un ancien responsable de la sécurité nationale ayant connu personnellement le dossier.

Ce dernier ajoute que KSM a continué à parler pendant trois ans après l'arrêt des pratiques controversées et il juge que c'est pendant cette période qu'il a donné des informations sur le messager de Ben Laden. Un autre responsable a confirmé que l'information a été donnée par KSM en 2004, alors que la CIA avait abandonné le "waterboarding" mais pratiquait toujours des techniques physiquement oppressantes.

De son point de vue, partagé par deux autres anciens responsables du renseignement, le principal objectif de ces techniques était de briser la résistance des détenus et elles n'étaient plus employées dès que ces derniers commençaient à parler.

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Published by bruno fornaciari - dans LE SAVIEZ-VOUS
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