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28 mars 2011 1 28 /03 /mars /2011 06:43

La démarche du Front de gauche doit devenir le bien commun du plus grand nombre

 

 Le scénario est lancé, les principaux rôles sont déjà attribués, tout semble fin prêt pour que la grande opération politico-médiatique s’engage pour 2012. Pour les tenants du système l’objectif est simple : faire en sorte que rien ne vienne remettre en question les logiques capitalistes que subissent les peuples.

Dans les deux principaux rôles, le sortant et un futur ex-président du FMI, dans le rôle de l’outsider un Front national relooké mais tout autant venimeux.

 

Cet outsider a un rôle essentiel dans le dispositif, transformer la colère sociale en peur de l’autre dans un premier temps, servir de repoussoir dans un second pour assurer la mainmise des marchés financiers sur les choix qui déterminent notre avenir.

 

Comme en 2005 les tenants du système mettront tout en oeuvre pour imposer ce scénario. Face à cette machine qui est déjà en place, où « le citoyen » est cantonné au rang de simple spectateur et ne s’exprime qu’au travers d’un panel de sondés, il est nécessaire de jouer une autre partition. Nécessaire de subvertir cette élection en mettant en musique ce qu’elle s’évertue à passer sous silence : le peuple et ses exigences. Dans le paysage politique le Front de gauche est, depuis les européennes, porteur d’espoir et sa progression aux cantonales conforte une démarche engagée voilà près de trois ans. Il porte une ambition qui n’est ni le simple témoignage d’une radicalité sans perspective, ni de se contenter d’amender à la marge les politiques libérales, mais l’ambition de transformer cette société. Pour autant nos progrès sont insuffisants. Les questions de l’élargissement du Front de gauche et celle de son appropriation populaire sont cruciales et cela d’autant plus dans la perspective de 2012. N’ayons pas l’illusion de croire qu’il y aurait un candidat ou une candidate idéale. Quel qu’il soit, dès lors qu’il deviendra gênant, il sera, soit « censuré » soit « caricaturé ». La campagne du référendum en 2005 a apporté l’illustration que certains ne reculaient devant rien pour faire taire une autre voix. Dans la perspective de 2012 ce qui fera la différence c’est notre capacité, ou pas, à rendre la démarche du Front de gauche le bien commun du plus grand nombre.

Rendre cette démarche populaire, non pas dans un simple soutien ou une accumulation de sigles, mais dans sa construction, dans sa mise en oeuvre. Avons-nous la volonté de le faire ? À écouter les uns et les autres cela ne semble pas faire de doute. Est-ce possible? Il ne faut pas se cacher la réalité, dans notre société, tout pousse à la dépossession, à la délégation de pouvoir. Faire le choix de l’implication et de l’appropriation citoyenne n’est pas le plus facile, mais c’est indispensable pour bousculer l’ordre établi. Et n’en déplaise à certain, à l’image de ce qui se passe sur les bords de la Méditerranée, les peuples peuvent encore changer leur destin. Comment s’y prendre ? C’est toute la question et la difficulté de l'heure. Poussés par un système institutionnel et médiatique qui tend à la personnalisation, le risque est grand de s’y laisser enfermer. Tout y concourt, les médias, la nature des institutions et les habitudes après près de cinquante ans et 8 scrutins présidentiels. Ce système dépossède les citoyens et annihile les exigences de transformation sociale. Avec le temps il est devenu de plus en plus efficace, d’inversion du calendrier en poids grandissant des médias, la place pour porter une autre voix dans le cadre actuel est réduite au bon-vouloir de celles et ceux qui font l’opinion. Il faut déjouer le scénario. Pour y parvenir nous devons nous appuyer sur cinq axes qui en 2005 ont fait notre force : – la clarté de nos choix contre les logiques libérales; – l’exigence de contenu et là, en l’occurrence, le débat sur le contenu d’une alternative liant changements en France et en Europe; – la présence dans la proximité, dans les quartiers, les villages, les entreprises pour porter ce débat; – la préoccupation permanente de la valorisation de ce qui fait notre force et notre richesse : notre diversité; – la volonté de rassembler largement à gauche; À l’initiative pour la création du Front de gauche et sa progression lors des trois derniers scrutins, les communistes ont une responsabilité toute particulière pour la période qui s’ouvre devant nous.

 

ROBERT INJEY, SECRÉTAIRE DÉPARTEMENTAL DU PCF DES ALPES-MARITIMES, MEMBRE DE LA DIRECTION NATIONALE.

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