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5 septembre 2011 1 05 /09 /septembre /2011 20:26

Une rentrée placée sous le signe de la régression économique, sociale et démocratique.

Une dramaturgie savamment dosée de la stratégie présidentielle inaugurée par le pacte euro plus, concocté avec la chance­lière allemande, avec la complicité des eurocrates de Bruxelles et de la BCE. Une sorte de mise en scène et en condition de l’opinion qui ressemble furieusement à une préparation d’artillerie lourde. On nous le répète : les engagements pris par le pouvoir au nom du peuple français sont «intangibles», s’agissant des objectifs de réduction des déficits publics. Ils seront inscrits dans la future loi budgétaire qui viendra en débat à l’automne au Parle­ment. Ces coupes claires dans les dépen­ses de la nation, de la Sécurité sociale et des collectivités territoriales «seront tenues quelle que soit l’évolution de la situation économique».

On ne saurait mieux indiquer que la poli­tique mise en œuvre jusqu’ici va connaître une accélération inouïe de sa brutalité et n’est pas décidément faite pour redresser la France, améliorer le sort des ménages, assurer un avenir à la jeunesse, garantir une vieillesse et une fin de vie digne au plus grand nombre. Pis, le premier diri­geant du pays tire un trait sur la crois­sance. Les marchés financiers font de même, dont les chutes et rebonds des cours boursiers coïncident avec l’annonce ou pas de mesures drastiques. Un an après le discours de Grenoble qui donnait le ton d’une nouvelle étape dans la stratégie de division des Français entre eux, l’ampleur atteinte par la crise cet été est utilisée à plein pour arrimer le second étage de la fusée ultralibérale. Le mètre étalon de cette politique antisociale comme jamais, encore salué par l’agence de notation Standard & Poors, est sa «réforme» des retraites.

À cette aune-là, on mesure le pendant autoritaire nécessaire qui s’illustre avec le traitement réservé jusqu’ici à la Grèce, au Portugal, à l’Irlande et qui, avec la com­plicité active de la Banque centrale euro­péenne, risque d’être imposé, avec leur consentement, aux dirigeants de l’Italie et des principaux pays développés du conti­nent. Dont le nôtre. La croissance est en berne. Notre potentiel industriel, de for­mation, de recherche et d’exportation est affaibli par ces choix nationaux et patro­naux. La subordination de l’ensemble de l’action publique aux seuls impératifs de rendement financiers est suicidaire pour le pays. Notre peuple comme ceux d’Europe ne sont pas, là, face à une prise du pouvoir de «l’économique» sur du «politique» qui serait impuissant, mais devant une contre-offensive concertée mêlant gouver­nants, autorités européennes et puissances finan-cières.

Qu’un Jean-Louis Borloo ou un François Bayrou abandonnent leur faux nez «cen­triste» pour se rallier à cette conception de droite de la politique à mener est dans l’ordre des choses. Que Nicolas Sarkozy croit pouvoir pousser son avantage en uti­lisant le chaos ainsi créé pour imposer sa «règle d’or», véritable garrot budgétaire antidémocratique, ne l’est pas moins. Avis à ceux qui, à gauche, en avançant avec plus ou moins de «réserves», ne pour­raient que glisser dans cette direction.

L’heure est, en cet été et avec les trois coups de la rentrée, dont celui de la pro­chaine Fête de l’Humanité, à faire enten­dre la voix de ceux qui, avec le peuple, dans toutes ses composantes, ont intérêt à un changement ambitieux, audacieux et conquérant et veulent en ouvrir la voie n 


 

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Published by bruno fornaciari - dans ACTUALITES
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BRUNO FORNACIARI

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