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15 novembre 2011 2 15 /11 /novembre /2011 00:22

Nicolas Sarkozy termine son quinquennat comme il l’a commencé.

À peine élu, au printemps 2007, le prési­dent de la République s’était fait le porte-voix 
des dirigeants de l’Union euro­péenne pour effacer le vote des Français qui avaient rejeté le projet de constitution européenne, en mai 2005. Aujourd’hui, c’est le peuple grec qui fait l’objet d’un chantage éhonté et d’une ingérence inad­missible de la part du duo Sarkozy-Merkel. à la proposition de Papandréou d’organiser un référendum sur le nouveau plan d’austérité conditionnant l’aide de l’UE 
à son pays, le président français et la chancelière allemande ont opposé leur prétention commune à en formuler les ter­mes de la question et la date de la consul­tation.

Au mépris et à l’humiliation, s’ajoute une grossière tentative d’enfermer la Grèce dans un faux dilemme: ce n’est pas le plan européen du 27octobre qui serait soumis au suffrage des citoyens, mais le maintien ou non de la Grèce dans la zone euro! En d’autres termes : « Acceptez de nouvelles souffrances ou partez ! » La « résistance » de Papandréou aura été de courte durée. C’est le temps des diktats et des menaces. « Nous ne verserons plus un centime », a déclaré Nicolas Sarkozy au Premier ministre grec. Nous sommes désormais bien loin des professions de foi enflammées en faveur d’une construction européenne facteur de progrès social, de solidarité et de paix. Évanoui le progrès social, quand on pousse des pans entiers de la population grecque dans la pauvreté, quand on coupe dans les retraites et quand on réduit l’accès aux médicaments… Pié­tinée la solidarité, quand le ministre fran­çais des Affaires européennes, Jean Leonetti, déclare 
qu’« on peut se passer de la Grèce ». La paix cède la place aux conflits économiques et aux plans drasti­ques, dignes d’un régime de guerre.

Les destructeurs de l’idée européenne sont au pouvoir, à Bruxelles, Paris et Berlin. Une fois de plus, les eurolibéraux sont pris la main dans le sac. Ils ne supportent rien moins que la démocratie. Que les peuples réclament d’être consultés sur leur propre avenir, et voilà que, d’une seule voix, Nicolas Sarkozy et Christine Lagarde, directrice générale du FMI, parmi d’au­tres, frémissent devant cette outrecui­dance. De son côté, Papandréou découvre bien tard les vertus de la démocratie pour que l’on ne voie pas dans son annonce éphémère de référendum une manœuvre visant à s’extraire de la nasse où il est emmêlé et de son isolement vis-à-vis de ses concitoyens, qui lui reprochent fort justement d’avoir jusqu’à présent accepté tous les plans d’austérité.

Et le monde du travail, les retraités, les jeunes, les familles modestes n’en peuvent plus. On parle d’un cabinet d’union natio­nale en Grèce, 
qui serait plus fort pour tenter de serrer d’un nouveau cran le car­can qui étouffe le peuple grec.

Mais la limite du supportable a peut-être déjà été franchie, et les responsables poli­tiques auront sans doute du mal à éviter de nouvelles élections générales, qui permet­tront d’établir un débat public et l’émer­gence –pourquoi pas ?– d’idées alterna­tives autres que le garrot ou la porte.

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Published by bruno fornaciari - dans EUROPE
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BRUNO FORNACIARI

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