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15 novembre 2011 2 15 /11 /novembre /2011 18:44

 

 

Hier, dans ces colonnes ("Libération"), Jean-Claude Gayssot a cru pertinent de publier une tribune ayant pour titre: «Le Front de gauche ne doit pas alimenter la machine à perdre». Dans la mesure où elle s'inscrit dans une campagne menée depuis quarante-huit heures par l'entourage de François Hollande contre Jean-Luc Mélenchon, elle mérite une réponse.

Après les outrances de MM. Moscovici, Montebourg et Lang, Jean-Claude Gayssot rejoint donc cette petite équipe.

J'irai à l'essentiel. Cette tribune est très décevante, car de quoi parle-t-elle au juste ? D'abord, qui est responsable des défaites précédentes ? Qui était donc aux commandes de «la machine à perdre» en 2002 et en 2007, quand le PS a perdu lourdement par deux fois contre la droite ? Jean-Luc Mélenchon? Non, perdu. C'était François Hollande. Le même qui, cette fois ci, selon Gayssot, va faire gagner la gauche. Comment? Sur quelle ligne? Par quelle action magique rompant avec les erreurs passées? Mystère. Il n'y a pas le début d'une réponse à ces questions. M. Gayssot se contente de répéter des affirmations sans démonstrations, comme pour s'en convaincre lui même, assénant que seul François Hollande a «la stature d'un présidentiable», mieux placé pour «rassembler», etc. C'est son droit de le croire. Il reste à le prouver. Lui, écrit cela car il l'a lu dans les sondages. Ces mêmes instituts de sondages qui donnaient Jospin et Royal vainqueurs il y a quelques années. C'est un peu maigre.

On se pince!

Selon M. Gayssot, Jean-Luc Mélenchon serait aussi coupable «d'affaiblir les arguments en faveur des changements nécessaires». On se pince ! Mais où sont «les ruptures» jugées comme indispensables par M. Jean-Claude Gayssot, dans le discours actuel de François Hollande? Nulle part. Et, le problème précisément, est que le candidat socialiste refuse d'en avancer une seule.

A la lecture de cette tribune, on cherchera en vain un argument efficace pour convaincre le peuple de gauche et les abstentionnistes de voter Hollande. Il n'y est pas. On cherchera une idée efficace, prenant la mesure de la crise, pour lutter contre les dégâts de la crise financière qui pourraient avoir une influence sur le candidat socialiste. Aucune.

Résignez-vous! Résignez-vous! N'attendez rien de significatif de la victoire de la gauche en 2012! Voilà comment ce type de contribution nous propose de battre Sarkozy dans quelques mois. Qui y croit ?

Une triste résignation pour la gauche

Cette ligne politique et stratégique, c'est le visage d'une triste résignation pour toute la gauche. Son seul horizon intellectuellement envisageable, c'est un impuissant social libéralisme, voulant «donner du sens à la rigueur» tel que prévient François Hollande. Tout le reste? Les propositions du Front de gauche? Impossible à obtenir pour la gauche. N'y pensez pas. Résignez-vous, vous dis-je. Il ne faut même pas essayer de faire entendre une autre voix, sinon, vous vous verrez accuser de déclencher «la machine à perdre». Parole d'expert pourrait-on dire. En matière de défaite électorale cinglante, Jean-Claude Gayssot en connaît aussi un rayon depuis une dizaine d'années.

Car, en quoi son expérience, son action politique nous aide et nous éclaire? Depuis des années, son bilan politique est aux antipodes de ce que nous proposons. Dans le Languedoc-Roussillon, M. Gayssot où il est encore Vice-Président de la Région, est devenu progressivement la triste caution de tous les renoncements des potentats socialistes, préférant soutenir jusqu'au bout le système pourrissant de Georges Frêche, aujourd'hui disparu, même quand ce dernier mélangeait publiquement provocations vulgaires et saillies xénophobes. En 2009, M. Gayssot a soutenu Frêche contre la liste du Front de Gauche en Languedoc-Roussillon, qui obtint pourtant près de 9% des voix. Il soutint Frêche même contre la liste officielle du PS, qui n'en pouvait plus des délires de l'autocrate.

Faire du ski nautique derrière le pédalo

Ainsi, cette tribune repose sur une imposture. A la lire, on pourrait avoir l'impression que la critique qu'elle porte vient de l'intérieur du Front de gauche. Ce n'est pas le cas. Depuis deux ans, M. Gayssot est hostile au Front de gauche et soutient publiquement François Hollande depuis un an.

Cette résignation caricaturale à accepter la dégénérescence de la gauche, telle que l'a incarnée le «frêchisme», pour quelques sièges de conseillers régionaux est radicalement à l'inverse de ce que propose depuis trois ans le Front de gauche. Elle est la pire ennemie de la gauche car elle créera en 2012 les conditions d'une nouvelle victoire de Sarkozy et la progression du FN.

En définitive, la ligne politique de Jean-Claude Gayssot, c'est se résigner à faire du ski nautique derrière le pédalo d'une gauche en crise. Non merci. Dan la tempête et face à la droite, c'est le risque assuré de la noyade. Ne lui en déplaise, nous voulons mieux pour la gauche, car nous voulons vraiment chasser Sarkozy en 2012. Et si nous sommes nombreux à le vouloir, nous l'obtiendrons.

Contre la résignation, le Front de gauche !

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