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4 novembre 2011 5 04 /11 /novembre /2011 09:44

 

Jean-Luc Mélenchon

Politique - le 3 Novembre 2011

Jean-Luc Mélenchon dans l'Humanité vendredi: "La démocratie fait peur au marché"


Entretien exclusif du candidat du Front de gauche à l'élection présidentielle de 2012 dans notre édition du vendredi 4 novembre. Du G20 de Cannes à la crise de la dette européenne, jusqu'aux prochaines échéances électorales en France, Jean-Luc Mélenchon revient sur tous les sujets qui font l'actualité dans nos deux pages événement. Extraits.

  • Sur la décision d’un référendum en Grèce: « Je suis consterné de voir que la démocratie pose problème. Un chef de gouvernement Grec annonce qu’il va faire un référendum et les marchés s’écroulent. La démocratie fait peur au marché ! Pour le Front de gauche, la démocratie n’est pas le problème mais la solution. »
  • Concernant le plan européen Merkel/Sarkozy: « Je suis frappé par le contresens économique : une politique d’austérité généralisée conduit à une contraction de l’activité économique. Elle entraîne partout une diminution des recettes fiscales et à une augmentation du chômage, donc à une hausse des déficits des comptes sociaux et des comptes publics, donc le recours à l’emprunt, la dette et le service de la dette. C’est de l’argent gaspillé »
  • A propos du sens du changement proposé pour 2012: « Je suis parfois stupéfait de voir, y  compris à gauche, de la surprise et même de l’inquiétude quant à la proposition d’un SMIC à 1700 euros. Comme si la grande question n’était pas celle de la répartition de la richesse entre le capital et le travail. En quelques années, dix points sont passés des poches des salariés à celles du capital. Cela représente 195 milliards d’euros par an. »  

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SMIC à 1700 Euros

Edit : Doublon

 

SMIC à 1700 Euros

"Comme si la grande question n’était pas celle de la répartition de la richesse entre le capital et le travail."

La grande question est : comment fait-on pour financer le smic à 1700 euros ? Car une telle augmentation entrainera d' autres augmentations. Les mêmes que lors du passage à l' Euro où au bout de 10 ans le peuple Français s' est retrouvé (notamment sur l' alimentaire) à payer 5 fois voire 6,5 fois plus cher ce qu' il payer x Francs il y a 10 ans. Autant alors ajuster les salaires sur l' inflation. Le seul avantage serait de faire augmenter les recettes des prélèvements obligatoires (sécu, chômage, retraite) et de contenir les déficits actuels et à venir de ces branches. Mais pour celà il faut compter sur du plein emploi. Hors avec 25 % de la population sans emploi ou précaire et vivant majoritairement (hors aides sociales) en dessous du seuil de pauvreté, la tache s' avère pour le moins difficile d' autant que le secteur industriel est en déconfiture et que le principal secteur d' activité et est celui des services et de la consommation.

A moins, comme en Chine, d' appliquer un capitalisme d' état (mais autant afficher clairement cette option) il sera difficile de sortir de l' ornière et du défi que constitue l' emploi en ce début de XXIème siècle. D' autant quand le moteur de la consommation est grippé (la Chine dans ce domaine n' étant elle même pas à l' abri d' une déconfiture dans les années à venir).

Plus que l' augmentation du smic, la priorité dans les mois à venir est de réduire la durée légale du temps de travail (au plus à 30 heures hebdomadaires) si l' on veut partager le peu de travail qui reste. Tout en maintenant le smic au niveau actuel et sans aucune compensation aux entreprises. Sauf à revoir les prélèvements fiscaux en fonction des bénéfices et de la taille de l' entreprise. Les moyens informatiques permettent aujourd' hui de créer une juste répartition financière et de palier certains travers (rendus possibles par des opérations comptables de plus en plus opaques).

 

SARKOZY, BERLUSCONI, PAPANDRÉOU… tous cocus de l’euro !

Après les protections douanières, la zone euro a fait sauter la dernière variable régulatrice des équilibres économiques entre Etats: le taux de change des monnaies.
Rien d’étonnant, donc, à ce que les pays du sud s’enfoncent irrémédiablement dans le déficit et la dette, sous monnaie unique, vis à vis de ceux du nord aux monnaies anciennement plus fortes. La variable d’ajustement ayant disparu, le système est en boucle ouverte... D’où la dérive divergente des économies de la zone euro.
Un petit rappel pour la France:
Lorsque s’acheva l’introduction de l’euro, sous sa forme fiduciaire (2002), notre balance extérieure devint pour la première fois globalement déficitaire, de peu en 2003, puis de 5 milliards en 2004, de 24 en 2005, de 30 en 2006, de 42 en 2007, de 56 en 2008, …et nous en sommes à 75-80 milliards prévus pour 2011 !
Devant cet état de fait, les admonestations d’auteurs comme Bayrou (2012, état d’urgence) ou Peyrelevade (France, état critique), qui invitent à imiter l’Allemagne, ressemblent à un aveu d’échec: demander à la Sicile de devenir la Bavière ! Même un Etat unifié depuis des siècles, comme la France, garde encore un important differentiel régional que seule la redistribution nationale permet de compenser.
Les européistes convaincus en appellent donc au fédéralisme, seule solution viable pour continuer dans la même direction. Malheureusement, la route est barrée par les dispositions constitutionnelles de la cour de Karlsrhue qui l’interdisent… L’Allemagne exportatrice veut bien profiter de la consommation européenne captive en euros-marks, mais sans promiscuité excessive.
Impasse, voie sans issue! Voilà ce qu’a dû se dire Georges Papandréou avant de décider de s’en remettre à la décision de son peuple. L’ennui, pour eux comme pour nous, c’est de nous avoir amenés jusque là, sans billet de retour: déjà pointe l’augmentation du taux d’emprunt italien à court terme (6,5% ce matin) dont le défaut serait ingérable par les banques… sans compter le notre.
Et dire que ces apôtres de l’euro-mark comme monnaie unique, de Delors à Strauss-Kahn en passant par Giscard, étaient tous les meilleurs ministres des finances qui soient ! Ça en dit long sur les autres…

COMMENT EN SORTIR EN DOUCEUR

Toutes les propositions actuelles butent sur l’énormité de la dette à éponger en euros actuels. Comme il apparaît clairement, c’est entre 20 et 4O ans qui seraient nécessaires pour un pays comme la France…
Que dire alors d’un pays comme la Grèce?

La solution consistant à ce que l’Allemagne et ses satellites, comme ils commencent à l’évoquer, reviennent à une monnaie séparée comme le mark, résoudrait tous les problèmes à la fois:
Il est important pour que cela fonctionne que les autres pays gardent nominalement l’euro, mais avec une nouvelle politique monétaire rendue possible par l’absence de l’Allemagne et son orthodoxie héritée de l’Ecole Autrichienne. La dévaluation factuelle de cet euro par les marchés réduirait alors continuellement le service de la dette libellée en euros, débloquant la situation pour les pays méditerranéens et la favorisant encore plus pour l’Allemagne et ses satellites dans leur nouvelle monnaie forte.
Dans ce scenario, il est crucial que ceux qui s’accomoderaient de l’euro-mark actuel (Allemagne, Autriche et, vraisemblablement Pays-bas, Finlande) soient ceux qui sortent de l’euro, pour permettre aux autres pays de retrouver leur souveraineté sur l’euro en redonnant son statut normal à la Banque Centrale (privilège d’émission).
L’euro redeviendrait ainsi une monnaie comme les autres (y compris le dollar), tout en laissant l’euro-mark à ceux qui s’en accomodent.

Le schéma est trés souple: en cas de recours abusif à la monétisation de la part de membres du «Club Med », un pays comme la France pourrait à son tour sortir pour retrouver son franc, qui deviendrait plus fort que l’euro nominal restant, etc.
L’essentiel est de laisser l’euro nominal à ceux qui en ont le plus besoin pour rembourser en euros dévalués.
Le schéma comporte un autre avantage: plus les spéculateurs dévalueraient l’euro nominal restant, plus ils se punieraient eux-mêmes en dévaluant leurs remboursements nominaux dans cette monnaie.
Evidemment, tous les banquiers et rentiers de la planète protesteront à l’encontre de ce schèma, mais c’est la seule issue à l’erreur d’aiguillage historique d’une monnaie unique pour des économies divergentes.
Espérer que ces dernières convergent à terme, c’est attendre le jour où l’économie de la Sicile sera celle de la Bavière!

L’autre solution, préconisée par les européens acharnés, a également sa logique: elle consiste à proner l’abandon total de souveraineté des pays qui deviendraient ainsi les provinces d’une Europe fédérale. On pourrait alors compenser l’économie sicilienne par celles des bavarois au moyen du budget fédéral, comme on le fait aujourd’hui entre la Corse et l’Ile de France au moyen du budget national.
Reste à savoir, outre le fait que l’Allemagne n’est pas près d’y souscrire, laquelle des deux solutions est la plus utopique: la première qui arrête le poison, ou la seconde qui recommande d’en boire toujours davantage…tant qu’il ne nous a pas tués?
Car, si tous les pays étaient d’accord, on aurait déjà un monde fédéral depuis longtemps, ce qui aurait résolu au passage tous les problèmes politiques sous leur forme actuelle… (cf l’attitude d’Israel et des Etats-Unis, suite à la simple reconnaissance de la Palestine par l’UNESCO!)

 

La démocratie fait peur...

Encore une fois adresser des critiques aux marchés comme aux agences de notation ,c'est critiquer des thermomètres ...Ce qu'il ne faut pas faire c'est s'abandonner aux réactions des agioteurs et pour ça il faut que les politiques reprennent leurs prérogatives:émission monétaire ,rachat des dettes par les banques centrales soumises aux volontés politiques et non l'inverse,contrôle de la circulation des capitaux...rétablissement de l'impôt direct (evidemment direct et rétablissant une certaine égalité)......L'Europe n'agira jamais dans ce sens....donc il faut courageusement en tirer les conclusions...

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Published by bruno fornaciari - dans EUROPE
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BRUNO FORNACIARI

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