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19 novembre 2011 6 19 /11 /novembre /2011 00:01

Social-Eco - le 16 Novembre 2011


Modèle social

Le modèle social « insoutenable », selon François Fillon, est pour l’Institut un facteur essentiel de redistribution et de lutte contre les inégalités de revenus dans la population.

 

Dans l’une des études publiées hier dans le cadre de son traditionnel Portrait social de la France, l’Institut national de la statistique et des études économiques (Insee) montre qu’« en 2010, les prestations sociales (prestations familiales, minima sociaux et allocations logement) contribuent pour les deux tiers » à la réduction des inégalités de revenus, alors que les prélèvements n’y concurrent que « pour un tiers ». L’Institut montre ainsi que le rapport entre le niveau de vie moyen des 20 % des personnes les plus aisées (le 5e quintile) et celui des 20 % des personnes qui le sont le moins (1er quintile) est de 
7,2 avant prélèvements et redistribution par le biais des prestations, et de 3,9 % après.

 

Si l’Institut considère que « l’impact redistributif du système socio-fiscal » s’est « peu modifié » entre 1990 et 2010, il reconnaît néanmoins qu’« il s’est légèrement réduit, sous l’effet des différentes mesures qui ont été prises ». Ainsi, « l’impôt sur le revenu est en 2010 à la fois moins progressif et d’un montant relativement plus faible qu’en 1990 : il réduit donc moins les inégalités de revenus ». De même, précise l’étude, « les prestations sociales apparaissent moins redistributives qu’elles ne l’étaient en 1990 ». Merci la droite, pourrait-on ajouter, tant il est vrai que depuis 2002, elle s’est efforcée de limer les dents des impôts sur le revenu et le patrimoine vis-à-vis des fortunes et des hauts revenus. Par ailleurs, l’évolution des prestations 
sociales a été calquée sur celle des prix, alors qu’elle l’était sur les salaires.

 

Au vu de cette étude, on comprend le sens des attaques de François Fillon, lors de la présentation du plan d’austérité pour 2012, le 7 novembre, lorsqu’il a appelé à « refonder notre modèle de croissance », devenu selon lui « insoutenable car depuis trop longtemps tiré par la consommation soutenue par les transferts sociaux ». Au nom de quoi il a annoncé un plafonnement à 1 % de certaines prestations sociales (allocations logement et familiales). Il y a une volonté de mettre en cause le caractère redistributif de notre modèle social, même s’il s’avère limité et perverti par un chômage devenu endémique. Une rénovation s’avère nécessaire, permettant une sécurisation de l’emploi et de la formation.

 

 

Une augmentation des inégalités par le haut


Au vu de cette étude, on peut regretter que l’Insee n’ait pas affiné son analyse. La comparaison des niveaux de vie par quintiles (tranches de 20 %) paraît trop large. L’on s’aperçoit au vu d’un tableau publié (page 79) que le découpage de la population étudiée par déciles (tranches de 10 % de revenus) permet de constater que le niveau de vie de 90 % de la population a reculé ou stagné depuis 1990, seuls les 10 % les plus aisés l’augmentent. Par ailleurs, l’impact de la TVA sur les revenus les plus faibles n’est pas pris en compte.

 

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Published by bruno fornaciari - dans SOCIETE
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