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12 mai 2011 4 12 /05 /mai /2011 07:33

le 10 Mai 2011 Anniversaire D'un 10 mai à l'autre

 

Le succès de la gauche est l’aboutissement d’un long processus politique et social, qui remonte au moins aux luttes de 1968.

Le 10 mai 1981 n’était pas un coup de tonnerre dans un ciel serein, mais l’aboutissement d’un long processus politique et social, qui remontait au moins aux luttes de 1968, voire à celles des années 1960, et aux tentatives de la gauche, dès cette époque, de s’unir aux élections pour leur donner une traduction politique. En 1965, une première expérience d’union de la gauche se soldera par l’échec de la candidature unique de François Mitterrand à l’élection présidentielle. Trois ans plus tard, l’avènement de la plus longue grève de l’histoire du pays, en mai 1968, fait naître une nouvelle donne. « Dans ce mouvement, à l’instar de 1936, les frontières entre social, politique et acteurs sociaux ou politique se trouvent brouillées : d’un côté, engagement massif des travailleurs et, d’autre part, absence d’une issue politique par défaut d’articulation des luttes sociales et de l’union de la gauche » (1), souligne Gérard Alezard, ancien secrétaire de l’UD-CGT de Paris (1966-1982). Il faudra quatre ans à ces forces (PCF, PS, MRG) pour aboutir, en 1972, à la signature d’un programme commun de gouvernement apte à traduire les aspirations démocratiques, économiques et sociales des salariés. Dans le processus qui mène à l’union, les communistes ne compteront pas leurs efforts, et Mitterrand, à nouveau candidat unique de la gauche mais cette fois porté par l’élan du programme commun, ne s’inclinera que d’un cheveu face à Valéry Giscard d’Estaing en 1974. Tentative manquée, mais la gauche prend alors rendez-vous avec l’histoire, en dépit des contradictions et des rapports de forces qui, déjà, traversent son union. La rupture du programme commun, en 1977, cristallise les oppositions entre un PS prétendant incarner une réponse « moderne » aux nouvelles aspirations de la société française à davantage de liberté et d’autonomie individuelles, qui ont éclaté à partir de 1968, et un PCF qui prend ses distances avec retard avec un modèle soviétique déjà sur le déclin. Partant en ordre dispersé aux législatives de 1978, la gauche manque à nouveau la victoire électorale. Mais la machine est lancée et ne s’arrêtera plus, et elle se soldera par l’élection de François Mitterrand, le 10 mai 1981, grâce à l’apport des voix de toutes les composantes de la gauche dont celles, décisives, du candidat du PCF au premier tour, Georges Marchais (15,3 %). S’écrivait alors le début d’une autre histoire, dont les germes étaient eux-mêmes déjà présents dans la précédente : celle de conquêtes sociales donnant enfin droit aux revendications du monde du travail mûries dans le mouvement de 1968 (retraite à 60 ans, 5e semaine de congés payés, semaine de 39 heures), mais aussi, à partir de 1983, celle de la désillusion, avec la victoire de la déferlante libérale que l’affaiblissement du PCF a facilitée.

 

(1) Contribution au colloque des 
20 et 21 mai de la Fondation Gabriel-Péri sur le thème : « Les politiques économiques de la gauche en France (1936-2002) ».

Sébastien Crépel

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Published by bruno fornaciari - dans ACTUALITES
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