Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog
13 avril 2011 3 13 /04 /avril /2011 11:58

11 Avril 2011

Scandaleux

 

Après l'annulation d'une interview de Marine Le Pen sur Radio J, la police du PAF joue les outrées. Crédibilité zéro.

 

La polémique remonte au 13 mars dernier.

Un dimanche un peu spécial pour la rédaction de Radio J, « radio de la communauté juive », qui s'apprête à recevoir pour la première fois la présidente du Front national.

Pourtant, la rencontre historique n'aura pas lieu : à la dernière minute, la direction cède au mécontentement de ses auditeurs et substitue Nadine Morano à Marine Le Pen. Pas de gouaille grasse et rauque à l'antenne. Le journaliste Frédéric Haziza, censé mener l'interview, est terriblement déçu. « Je comprends que l'idée ait suscité l'émoi d'auditeurs », mais « je voulais simplement faire mon travail de journaliste », confie-t-il dans la foulée au micro de Pascale Clark sur France Inter, déplorant la décision de sa hiérarchie.

« L'invitation est venue après ses déclarations au Point, où elle qualifiait la Shoah de "summum de la barbarie" », explique-t-il alors, confessant malgré tout s'interroger sur le caractère opportuniste de ce revirement du FN. La réaction de Marine Le Pen, affirmant que des menaces de mort avaient été proférées à la station pour l'empêcher de dire aux juifs de France « qu'ils n'ont rien à craindre du FN, bien au contraire », ne laisse quant à elle que peu de doutes sur le sujet, en pleine campagne pour les cantonales.

Mais poursuivant son entreprise de banalisation, Frédéric Haziza persiste et signe. Non content de s'obstiner à mener, d'ici 2012, cette interview « intransigeante », le journaliste s'est fait fort de saisir le Conseil supérieur de l'audiovisuel (CSA) pour crier à l'injustice. Une démarche couronnée de succès. Dans un courrier daté du 5 avril, le président du CSA, Michel Boyon, sonne les cloches de la direction de Radio J. L'ancien directeur de Radio France, nommé par Nicolas Sarkozy en personne en 2007, lui rappelle avec fermeté qu'elle a ratifié une convention l'engageant « à respecter les recommandations du CSA pendant les périodes électorales ». La rhétorique habituelle s'ensuit : « La règle de l'équité doit être appliquée pour ce qui concerne l'accès à l'antenne des partis non représentés au Parlement », il en va de la « nécessité d'assurer une présentation et un accès équitables à l'antenne pour les candidats et leurs soutiens ». Tout un poème. Voir le président du CSA se faire le chantre du pluralisme pour voler au secours de la présidente du FN, en pleine débandade médiatique il faut bien l'avouer, il y a de quoi se réjouir. Sans doute lui faudrait-il une piqûre de rappel afin qu'il s'émeuve à plus juste titre... La voici : de janvier 2010 à mars 2011, sur les 64 éditions de C politique, débat animé alors par Nicolas Demorand sur France 5, le FN a bénéficié de quatre invitations, contre une seule pour le PCF. Sur le plateau d'Á vous de juger, Marine Le Pen a été conviée à trois reprises sur la même période. Le PCF et le PG étant, eux, relégués aux abonnés absents de l'imaginaire politique d'Arlette Chabot.

Flora Beillouin

Partager cet article

Repost 0
Published by bruno fornaciari - dans MEDIAS et PLURALISME
commenter cet article

commentaires

BRUNO FORNACIARI

HPIM3303

Recherche

Texte Libre