Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog
2 juin 2012 6 02 /06 /juin /2012 06:50

 

Législatives : Martine Aubry fait campagne contre Jean-Luc Mélenchon

Le Monde.fr | 01.06.2012 à 11h21 • Mis à jour le 01.06.2012 à 11h21

 

Par Geoffroy Deffrennes


Martine Aubry lors d'un meeting en soutien à Philippe Kemel, candidat socialiste dans la 11e circonscription du Pas-de-Calais, le 31 mai 2012, à Courrieres.

Martine Aubry l'avait expliqué vendredi 1er juin à un petit cercle de journalistes lillois : "Je vais visiter beaucoup de circonscriptions nordistes, car la présidentielle m'a écartée de la région."

Parmi les dix circonscriptions du Nord-Pas-de-Calais à son carnet de route figure la 11e du Pas-de-Calais, celle d'Hénin-Beaumont, où elle est allée, jeudi 31 mai, sous le signe de la "vérité du terrain". Sans mentionner Jean-Luc Mélenchon, mais en évoquant souvent Marine Le Pen, la première secrétaire du PS a fustigé "ceux qui donnent des coups de menton à la télé".

 

Dès son point presse à Hénin, dans la permanence exiguë de Philippe Kemel, le candidat investi par le PS, elle a sermonné micros et caméras : "Quand j'écoute la presse, j'ai l'impression qu'il n'y a que deux candidats ! On me dit qu'à Paris personne ne connaît Kemel. Mais pourquoi ne pas vous intéresser aux vrais acteurs ? C'est le président de Delta 3, la plateforme multimodale la plus importante au Nord de Paris, 1 000 salariés dans 40 entreprises ! Comme maire de Carvin, son engagement a toujours été l'emploi. Il se passionne à la région pour le dossier de l'apprentissage, après avoir été vice-président chargé des lycées et de la formation !"


"MATCH DES LOSERS DE LA PRÉSIDENTIELLE"


L'instant d'après, la maire de Lille rejoignait Courrières, pour un meeting devant 300 personnes. Philippe Kemel, un économiste, professeur de logistique à l'université de Lille 3, renchérissait : "La circonscription la plus médiatisée de France offre un mauvais feuilleton télé, le match des losers de la présidentielle".

 

C'est le meeting de la réconciliation, tour de force signé Aubry, dans la ville d'Albert Façon, le député qui avait écarté Marine Le Pen en 2007, mais qui avait déposé un recours contre l'investiture de Kemel. Et M. Facon chauffe la salle pour passer le relais à M. Kemel ! Le tout en présence de Jean-Pierre Corbisez, le maire de Oignies, qui lui a ravi avant l'heure la présidence de la communauté d'agglomération Hénin-Carvin. Mais ils sont tous là, unis derrière la première secrétaire, accompagnée des deux responsables des fédérations départementales, Catherine Génisson et Gilles Pargneaux.

Comme pour mieux ressouder ces anciennes communes minières, Martine Aubry joue l'affectif, rappelle sa première visite : "C'était en 1975. Je venais de débuter au ministère du travail et je suis descendue dans un puits de la compagnie de Courrières, à Oignies !" 

 

"MARRE D'ÊTRE MONTRÉ DU DOIGT"


La salle est calme, applaudit sobrement. A la sortie, un jeune Liévinois garde l'anonymat, car il est le... chauffeur d'une des personnalités ici à l'unisson de Martine Aubry. Mais son émotion transparait, quand il évoque la mise à l'écart de "son" député, Jean-Pierre Kucheida, maire de Liévin, exclu du PS pour s'être porté candidat aux élections législatives contre la décision de la direction du parti.

 

Un homme mûr, militant du Parti radical de gauche (PRG), tait aussi son nom car il a "eu des problèmes avec Dallongeville". Il dit "aimer le discours clair et non agressif de Mme Aubry. Hénin en a marre d'être montré du doigt, marre de la présence de tous ces journalistes !"


Non loin, Pierre Gauthiez avance ses cinquante années au PS : " Ce qui nous gonfle, c'est d'entendre les médias parler du 'fief de Marine Le Pen'. Faut-il rappeler ce qu'est un fief ? Elle n'est jamais qu'une conseillère municipale !"

 

 COLÈRE EN PRIVÉ


Nordine Bella, 42 ans, est venu en curieux et simple électeur depuis Noyelles-Godault. "Je voulais découvrir Kemel que je ne connais pas. J'ai ressenti du positif en l'écoutant." Une jeune femme, Emilie Sarabata, s'est déplacée de Liévin, "surtout pour voir Aubry".

 

Sa camarade, Amandine Fluet, 25 ans, plus jeune conseillère municipale socialiste de Courrières, sourit : "Ces discours nous donnent de l'espoir. On sent des élus connaissant les problèmes du territoire."


Martine Aubry n'a jamais parlé de Jean-Luc Mélenchon. Ce n'est qu'en privé, vendredi, devant les journalistes lillois, qu'elle avait avoué sa colère. "Il donne à Marine Le Pen une occasion d'exister. Et à lui-même aussi. Et la presse ne vérifie rien : on ne peut pas dire que l'on vient sauver Hénin alors qu'un sondage montrait que Kemel pouvait gagner avec six points de plus que Mélenchon. Et qui a fait tout le travail à Hénin si ce n'est le maire Eugène Binaisse qui s'est penché sur les dossiers, aidé par mon directeur de cabinet Jean-Marc Germain depuis deux ans !"


Geoffroy Deffrennes

Partager cet article

Repost 0

commentaires

BRUNO FORNACIARI

HPIM3303

Recherche

Texte Libre