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11 septembre 2011 7 11 /09 /septembre /2011 08:40

Maxime Bacquet était le chef de ce groupe. Il a été fusillé. - (dr)

Maurice Rouzier, né en 1937, a enseigné à Niort. Cet adhérent au Parti communiste s'est particulièrement penché sur OS 680 (organisation spéciale) qui a agi à Thouars entre 1941 et 1942. « Ils n'étaient pas tous membres du PCF. Mais il y avait une proximité claire entre les Jeunesses communistes et OS 680. Leurs tracts étaient liés au PC. » Maurice Rouzier espère pouvoir publier un ouvrage sur ce réseau avant la fin de l'année.
Comment est né OS 680 ?

« OS 680 trouve son origine dans un premier noyau de résistants qui a vu le jour à Châtellerault le 18 octobre 1940. À partir de Châtellerault, il va s'étendre à la Vienne, au sud de l'Indre-et-Loire, au Maine-et-Loire et au nord Deux-Sèvres. 0S 680 naît en Thouarsais en février 1941. »
 
'' Ils auraient sans doute tous dû partir ''

Ce groupe oeuvre au sein de l'usine Rusz, qui construit des trains d'atterrissage pour avions et a été réquisitionnée par les Allemands...

« Fin 1939, l'usine Rusz a quitté la région parisienne pour s'installer à Thouars, dans l'orangerie du château. Au sein d'OS 680, il y a donc des ouvriers de la Rusz venant de Paris, comme Jean Brunet, et d'autres comme Maxime Bacquet, le chef du groupe, qui a été directement embauché à Thouars. Il semblerait que les bals clandestins aient été propices au recrutement de ces résistants. D'ailleurs, Maxime Bacquet les fréquentait. On disait de lui qu'il était un remarquable danseur. C'est certainement dans ce cadre que la rencontre se fait avec Jean Richet ou René Drapeau. Ils ont à peine 20 ans. À ce moment-là, ces jeunes ne sont pas dans l'usine Rusz. Ils viendront ensuite. »
Quelles sont les actions menées par OS 680 ?

« En 1941, il s'agit surtout de distributions de tracts épisodiques. Sur un plan militaire, la consigne est de récupérer des armes : revolvers, fusils... En parallèle, les membres d'OS 680 sabotent un peu la production allemande. D'ailleurs, les contrôles allemands augmentent, signe qu'ils se doutaient de quelque chose. Robert Sibileau m'a également raconté un sabotage des bielles de locomotive en introduisant du sable dans la graisse. Classique. La police n'a jamais su si c'était OS 680 ou Résistance-fer. »
 
'' Moments boulimiques ''

En 1942, changement de rythme. Vous parlez de « moments boulimiques »...

« Exactement. En mars-avril 1942, c'est une avalanche de tracts. Ainsi, le 19 avril, Edouard Chénier jette des tracts à l'entracte au cinéma. Dans l'usine, on m'a expliqué qu'il y avait des tracts partout. Puis, Maxime Bacquet apprend que des obus ont été abandonnés sur la route de Thouars à Saint-Généroux dans un taillis. Il donne consigne à René Drapeau, Édouard Chénier et Jean Brunet d'aller dessertir les obus en état de fonctionnement. Le risque de sauter avec était considérable ! Mais ils récupèrent ainsi trente kilos de poudre. OS 680 en gardera une petite quantité (lire ci-dessous). »
C'est un attentat manqué qui précipitera leur perte.

« Le 19 avril, c'est l'attentat manqué contre le transformateur de la gare de Thouars. La police a identifié que la bombe avait été fabriquée dans l'usine Rusz. Certaines de ses pièces ne pouvaient en effet provenir que de là. Ce qui entraîne l'arrestation du 5 juin 42. Tous sont arrêtés sauf Maxime Bacquet. Quand il a su qu'il était convoqué par la gendarmerie suite à l'attentat, il est parti. Ils auraient sans doute tous dû partir. Mais ils étaient confiants, naïfs et fragiles. Certains d'entre eux avaient parlé. »
 
Documents Coll Maurice Rouzier.

en savoir plus

La trajectoire de la poudre

La poudre récupérée par OS 680 sur des obus est ensuite livrée à Niort par Julienne Wadou, agent de liaison d'Emmanuel Durosier qui sera le seul à réussir à s'évader de la prison de la Pierre-Levée à Poitiers. Pour Maurice Rouzier, il est « probable que Durosier amena cette poudre dans le groupe Rol-Tanguy lorsqu'il passa des Deux-Sèvres à la Vienne ».

la phrase

'' J'ai pu toucher à l'humanité des hommes et des femmes d'OS 680. ''

Pour trouver la matière de son livre, Maurice Rouzier a notamment rencontré les familles de plusieurs des membres d'OS 680. « Je dois beaucoup aux familles (*) qui acceptent de me recevoir, de me confier des documents et des photos précieuses. Cela donne une dimension humaine à cette lutte qui me marque toujours beaucoup. »
Maurice Rouzier lance d'ailleurs un appel aux familles des résistants (Richet, Marolleau, Drapeau, Chénier, Turquois) qu'il n'a pas encore pu rencontrer. On peut le contacter par mail : maurice.rouzier@wanadoo.fr
 
(*) Le travail de Maurice Rouzier doit également beaucoup à Jean-Yves Pineau et Jacky Berge, de Parthenay, qui lui ont confié des pièces « essentielles ».

repères

Les condamnations

Condamnés à mort et fusillés le 3 décembre 1942 à 16 h, au camp de Biard à Poitiers : Joseph Berthou, Yves Berthou, Jean Brunet, Edouard Chenier, René Drapeau, Marcel Marolleau, Antonin Revairault, Jean Richet.
Condamné à mort et fusillé le 13 décembre 1943 à Angers : Maxime Bacquet.
Condamnées à mort, puis finalement déportées en Allemagne : Germaine Brunet, Simone Thibault, Julienne Wadou.
Cinq ans de réclusion, déporté : Robert Sibileau.
Un an de prison, déportées : Mathilde Chaignon, Claire Liné.
Six mois de prison : André Forestier.
Acquittés faute de preuve, mais déportés en Allemagne : Marie Berthou, Roger Gaucher, Paul Lagrue, Jean Noé, Simone Violeau.

Acquittés et libérés le 23 décembre 1942 : Martial Coutant, Lucien Jourdain, Jean Pouant.

 

Propos recueillis
par Pierre Calmeilles publiés dans "La Nouvelle Répubique"

Maxime Bacquet était le chef de ce groupe. Il a été fusillé.

 

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Published by bruno fornaciari - dans PCF 79
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