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20 février 2011 7 20 /02 /février /2011 08:32

le 18 Février 2011

événement Agriculture

La filière porcine s’enfonce dans une crise structurelle depuis quatre ans

Le secteur n’a pas attendu la flambée du prix de l’alimentation animale pour être en crise. La surproduction se charge de la mettre à mal depuis quatre ans.

Ils ont manifesté à Lacaune, à Saint-Paul ou encore à Laval. En janvier, ils sont mêmes montés à Paris pour dire leur désarroi : les producteurs de porcs traversent depuis quatre ans une crise structurelle. Alors que près de 65 % du budget d’un éleveur est consacré à nourrir son bétail, la flambée des prix enregistrée sur les marchés mondiaux finit de les acculer. En sept mois, le coût de l’alimentation animale a ainsi augmenté de près de 40 %, sans que le prix auquel leur est payé la viande n’ait évolué en conséquence : 1,35 euro le kilo, affiché ces derniers jours au marché au cadran de Plérin, dans les Côtes-d’Armor. Un prix bien en deçà du coût de production, dénoncent les éleveurs, dont beaucoup n’arrivent plus à faire face. « À l’heure actuelle, nous aurions besoin d’être payés au moins 1,80 euro le kilo pour entrer dans nos frais », estime ainsi Pierre Brosseau, éleveur en Loire-Atlantique et responsable de la commission porc de la Confédération paysanne.

 

Accentué par la fluctuation des cours, le différentiel entre coût de production et prix de vente n’est toutefois pas nouveau. « Voilà vingt ans que le marché européen du porc est en surproduction », rappelle le syndicaliste. Une situation longtemps camouflée du fait d’une consommation de porc boostée par les crises sanitaires qu’ont pu traverser d’autres filières de viande. Mais la vache folle a passé son chemin. Alors que les exportations sont, par ailleurs, devenues plus difficiles, l’excédent de production est, en dix ans, devenu structurel. Dans la filière, la crise s’est installée depuis maintenant quatre ans. Avant même la flambée céréalière, le kilo de porc n’était plus payé que 1,25 euro aux éleveurs, pour un coût de production équivalent, en moyenne, à 1,30 euro le kilo. « Tant qu’aucune mesure ne sera prise pour réguler la production européenne, cette situation perdurera », reprend Pierre Brosseau. « Six porcs invendus par exploitation suffisent à plomber le marché. » Impossible de les garder à la porcherie, quand de nouveaux porcelets y naissent toutes les trois semaines et que les bâtiments ne sont pas extensibles. « Nous sommes bien obligés de les vendre, et ce quel que soit le prix auquel on nous les achète. »

Redéfinir les volumes de production en fonction de la consommation européenne et des exportations réalisables : c’est ce pour quoi plaident de nombreux éleveurs. « Mais l’intérêt de la filière commerciale n’est pas celui de l’éleveur », relève encore Pierre Brosseau, qui note que la tendance actuelle serait plus la réduction du nombre d’éleveurs que celle du nombre de porcs. Alors que la chambre d’agriculture de Bretagne vient de proposer, à chaque éleveur, un audit sur les évolutions possibles de son exploitation, la Confédération paysanne y voit un plan d’encouragement à la cessation d’activité qui ne dirait pas son nom. « ON CHERCHE A LIQUIDER LES PETITS EXPLOITANTS “à l’amiable” », explique Pierre Brosseau. Une liquidation judiciaire s’accompagnerait de facto d’un arrêt de la production. « Or, ce qui les intéresse, c’est de concentrer les élevages, pas de limiter les volumes. »

 

 

Marie-Noelle Bertrand.

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Published by bruno fornaciari - dans PORCHERIE LUZAY-ST VARENT
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