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18 décembre 2013 3 18 /12 /décembre /2013 07:46

Mélenchon veut-il tuer le Front de Gauche ?

En annonçantla suspension provisoire de la participation du Parti de Gauche au Parti de la Gauche Européenne, Jean-Luc Mélenchon aggrave dangereusement la crise entre le PCF et le PG au sein du Front de Gauche. A tel point qu’il est permis de se demander s’il ne veut tout simplement pas la mort du Front de Gauche ? Il paraît a minima peu probable que le FdG soit en ordre de bataille quand arriveront les élections européennes.

La crise a pour origine une divergence stratégique au sein du Front de Gauche et non pas politique. Le PCF ne s’est jamais éloigné ni du programme « L’Humain d’Abord » ni de la lutte contre la politique « austéritaire » du gouvernement. En témoigne d’abordle vote « contre » du volet « recette » du budget 2014 par les députés PCF. En témoigneégalement la campagne sur le coût du capital, contre l’austérité et la hausse de TVAmenée par le PCF par voie de tracts, affiches, vidéos … Enfin,le PCF a également non seulement appelé, mais également fourni le gros du cortège de la manifestation du 1erdécembre pour la révolution fiscale.

La crise est donc stratégique, sur le degré de confrontation avec le PS. Le débat existe au sein du FdG et au sein du PCF. Pierre Laurent a son opinion sur le sujet ; il fut suivi par une très courte majorité au sein du PCF Parisien.Un choix différent a été fait dans plus de la moitié des grandes villes de France.

Mais plutôt que participer sereinement au débat, en cherchant à faire triompher son point de vue par le raisonement et l’argumentation et à rechercher les compromis qui peuvent être trouvés entre partenaires d’accord sur le fond mais divergeant sur la stratégie, JL Mélenchon met de l’huile sur le feu. La méthode est largement contre-productive ; sauf à ce que son but réel soit non pas la construction mais bien l’éclatement du Front de Gauche.

Concernant le vote des communistes parisiens, l’attitude de JL Mélenchon, faîtes de menaces et d’invectives a largement contribué à braquer les communistes« les partisans de l’alliance à géométrie variable se lancent dans d’obscures allées et venues de marchands de tapis entres socialistes et les militants fidèles au Front de Gauche », (le 19/09/2013 par exemple) et a vraisemblablement fait pencher le vote en faveur des communistes parisiens en faveur de l’alliance avec Anne Hidaldo. Le résultat final du vote, 56% en faveur de l’union avec le PS est en effet incroyablement serré pour un scrutin où le secrétaire général du PCF s’est aussi fortement investit, dans un Parti avec un tel passé de « centralisme démocratique ». Il aurait suffit de peu pour faire pencher la balance, un Jean-Luc Mélenchon pédagogue pour expliquer sa position par exemple. Ce fut tout l’inverse.

La manière dont Jean-Luc Mélenchon a appelé à la marche du 1erdécembre pour la révolution fiscale fut également symptomatique d’une incapacité à travailler en groupe.Jean-Luc Mélenchon a annoncé sa marche à la radio, sans en avoir préalablement discuté avec ses partenaires du Front de Gauche. Ceux-ci s’y sont ralliés l’un après l’autre par la suite. Avec pour résultat un manque certain de motivations dans les rangs des alliés du Parti de Gauche, non pas sur le fond politique, mais sur la méthode.

Mais surtout,le retrait, fut-il provisoire, du Parti de Gauche du Parti de la Gauche Européenne en pleine préparation des élections européennes est incompréhensible. En effet, le congrès du PGE a entériné des positions totalement en phase avec celles du Parti de Gauche, de la désignation d’Alexis Tsipras comme candidat à la Commission Européenne àl’adoption de l’Eco-socialisme.De quoi se féliciter pour le PG et lancer une belle et forte dynamique de campagne pour les élections européennes ? Mais non ! Pierre Laurent ayant été ré-élu à la tête du PGE, le PG suspend sa participation, malgré tout le reste. Consternant …

L’argument évoqué à chaque fois par Jean-Luc Mélenchon est « l’image brouillée » par un manque de clarté de la position de Pierre Laurent vis-à-vis du PS, malgré la totale absence de divergence programmatique au niveau national et européen.

On retrouve là très exactement les arguments du NPA pour refuser de s’allier avec le Front de Gauche aux élections présidentielles et européennes. Le Parti de Gauche semble s’enfoncer dans le sectarisme du NPA, j’en suis désolé pour lui.

Mais le Front de Gauche n’est pas le NPA.Il n’a pas son sectarisme et son dogmatisme. Alliance de long court entre plusieurs formations politique, il doit savoir se nourrir des divergences d’analyses et de stratégies, pour construire une union qui le dépasse et le transçande.

Quant on est une force politique qui a vocation à remporter les élections et à gouverner, il faut savoir dialoguer et trouver des compromis au sein de son parti, de son alliance politique, avec ses partenaires. On en est hélas très loin pour Jean-Luc Mélenchon qui perd beaucoup de sa stature « d’ homme d’état » en la matière.

Si Jean-Luc Mélenchon veut transformer le PG en NPA-bis, c’est son libre choix. Mais qu’il ne tue pas le Front de Gauche dans la bataille, par respect pour tous ceux qui ont quitté le NPA pour le Front de Gauche autant que par respect pour les communistes.

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Published by bruno fornaciari - dans ACTUALITES
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