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8 juin 2011 3 08 /06 /juin /2011 08:32

 

Le pouls de la société pris à cœurs battants lors de la Conférence nationale du PCF.

 

Que ce soit lors 
de l’initiative contre 
la vie chère devant 
le ministère 
des Finances 
ou lors des débats de la Conférence nationale, les délégués décrivent la campagne qu’ils veulent voir menée. Des communistes à l’écoute de la société.

 

Leur Conférence nationale, militante, a commencé vendredi par une initiative sur la vie chère. Une délégation du PCF a remis 25 000 pétitions au ministère de l’Économie. Devant l’immeuble, au micro, les militants se succèdent. Une délégation du Blanc-Mesnil (Seine-Saint-Denis) amène au pot 500 signatures. L’Ariège également. La fédération de ce département où 25 % de la population vit sous le seuil de pauvreté a organisé une vente de cerises à prix coûtant. Laurent, de Dordogne, décrit un territoire où le revenu moyen est de 850 euros. Sa propre grand-mère, quatre-vingt-six ans, doit vendre sa maison. Elle n’arrive plus à joindre les deux bouts et devra emménager dans un studio. La campagne est utile. Elle permet d’entrer en contact avec ceux qui se sont éloignés de la politique. « L’un des symptômes de la paupérisation, c’est l’abstention. »

 

Départ pour Montreuil, le lieu de la Conférence nationale. La plénière est studieuse. À un moment, samedi, les micros se taisent. C’est au tour des militants de se réunir. Pas un ne rentrera chez lui sans avoir pris la parole. Autour des tables, par petits groupes, les militants s’assemblent en « ruches ». Cette campagne sur la vie chère « touche le quotidien des gens », glane-t-on. Les propositions montent : augmentation des salaires, blocage des loyers… « et des charges », la précision est de taille, insiste Pedro, de Loire-Atlantique. Les « camarades proposent de renforcer les services publics, par une nationalisation de l’énergie, de l’eau ». À d’autres tables, on parle du type de campagne présidentielle et législative que les communistes entendent mener avec les autres organisations du Front de gauche. Ils privilégient la proximité, la hiérarchisation des propositions et les propos simples. « On pourrait mener campagne sur quelques points, comme on le fait sur la vie chère. Il faut un travail d’éducation populaire », souhaite Coralie, de la Vienne. Attention à l’entre-soi : « Il nous faut des mots simples, pas de ceux que connaissent les seuls communistes, prévient-elle. Beaucoup de gens ne comprennent absolument pas ce qu’est la planification écologique. » Daniel, de Seine-et-Marne, insiste pour qu’on « défende deux-trois grandes idées », par exemple que « 30 % du PIB va aux revenus du capital, 14 % à la protection sociale », appuie-t-il.

 

Mais de bonnes propositions ne suffisent pas. Comment toucher les citoyens ? « Avec une candidature Front de gauche, il faut rêver pour que les communistes passent dans les médias », lance Rima, de Paris. « Il faut se saisir des murs de la ville », dit-elle. Comment faire venir les citoyens dans nos réunions ? « Il n’y a que les vieux qui viennent dans les débats qu’on organise sur les jeunes », s’amuse-t-elle. Pourtant, les « jeunes tiennent un discours très politique, mais ne font pas le lien avec les partis ». Un chantier à ouvrir. Pierre, du bassin d’Arcachon, emporte l’adhésion : « Il faut partir des luttes. » Car, on touche beaucoup plus facilement les gens « quand il y a une fermeture de classe, ou la renégociation du contrat municipal de l’eau ».

 

Pour les militants communistes, l’Europe sera bien au cœur de la bataille de 2012. « Parce que l’Union européenne est au cœur de choix stratégiques, lesquels privilégient le capital au peuple », affirme Françoise, de l’Essonne. « C’est un débat formidable, indispensable mais exigeant pour relever la tête et construire une autre Europe. Comme en 2005, ce pacte est passé en catimini. Il nous faut le révéler, le mettre entre les mains des citoyens. » Florian, du Doubs, revendique le besoin d’afficher la désobéissance contre les directives européennes en attendant de transformer l’Europe. « De Maastricht à Lisbonne, en passant par le traité constitutionnel européen, les communistes ont construit un projet social alternatif pour l’Europe avec lequel les gens sont d’accord, mais ils nous prennent pour de doux rêveurs, affirme le jeune militant. La désobéissance européenne est le moyen de mettre l’institution en crise et d’avancer. » Les propositions fusent : un salaire minimum européen, une Sécurité sociale européenne et plus largement une procédure de convergence vers le haut, la transformation de la monnaie unique en monnaie de coopération et non de domination au service de la finance…

 

Beaucoup d’interventions ont porté sur le besoin de se démarquer du Front national, qui propose la sortie de l’euro. Dans l’Europe en crise, les peuples se lèvent : le mouvement social en Grèce, le refus des Islandais de payer pour les banques, les euromanifs, et les « indignados » en Espagne.

 

Partout, le mot d’ordre commun est « le refus de l’austérité, mais l’indignation ne suffira pas. Il faut une alternative politique », affirme Jean-Jacques, des Pyrénées-Atlantiques. « La parole de la France est importante en Europe », souligne Pierre, de la Haute-Vienne. « En 2012, si la France remet sur la table le chantier européen, on enclenche un espoir pour l’Europe. » Mais attention : « Les évolutions idéologiques des socialistes ont été rapides en trente ans : la rupture de 1983 a succédé à l’espoir de 1981, rappelle Jean-Jacques. Le Parti socialiste ne conduit pas la même politique avec un Parti communiste fort qu’avec un Parti communiste faible. » Paroles de militants

 

Gaël De Santis et Clotilde Mathieu

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Published by bruno fornaciari - dans PCF
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