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27 avril 2011 3 27 /04 /avril /2011 08:19

Une planète et des hommes

 

Pour le Parti communiste français, qui souhaite un grand débat public, la question de l’avenir du nucléaire ne peut être posée indépendamment de celle de la crise énergétique.

Fukushima a relancé le débat sur l’avenir de la filière nucléaire. Peut-on et faut-il en sortir ? Comment répondre à la crise énergétique ? Une centaine de personnes se sont retrouvées mardi soir au siège du PCF à Paris pour en débattre avec la porte-parole de la CGT énergie, Marie- Claire Cailletaud, le président de Sauvons le climat, Jacques Masurel, le physicien Gilles Cohen-Tannoudji, les députés communistes André Chassaigne et Daniel Paul, et le secrétaire national du PCF, Pierre Laurent.

Peut-on sortir du nucléaire ? Oui répond Jacques Masurel, avant d’inviter à mesurer les conséquences d’un tel choix.

Pour le président de Sauvons le climat, un abandon du nucléaire conduirait inéluctablement à une hausse conséquente du prix de l’électricité. « Il faut s’attendre à une multiplication par 3 », assure-t-il, avant d’alerter sur les conséquences pour les 3,4 millions de ménages qui, en France, connaissent déjà la précarité énergétique et sur l’activité économique.

Du prix de l’électricité dépendent aussi les centaines de milliers d’emplois des industries dites électro-intensives. Autre constat partagé par l’ensemble des intervenants : sur le plan environnemental, un abandon du nucléaire entraînerait un recours accru aux énergies fossiles et donc aggraverait le réchauffement climatique. Le développement des énergies renouvelables, bien que nécessaire, ne peut se substituer au nucléaire ou au pétrole. Intermittence et incapacité de stockage sont leurs principaux handicaps. Indéniablement le nucléaire compte de sérieux atouts. Mais ceux-ci font-ils le poids face au risque de catastrophe ? demandent plusieurs militants communistes qui revendiquent leur opposition au nucléaire.

Revenant sur l’accident de Fukushima, Marie-Claire Cailletaud s’interroge sur les causes. Elle évoque l’attitude de Tepco, l’exploitant de la centrale. Elle rappelle que celui-ci « a par le passé falsifié des données ». Elle s’interroge sur les raisons qui l’ont conduit à attendre vingt-quatre heures avant d’injecter de l’eau de mer dans les réacteurs afin d’empêcher leur fusion : « N’est-ce pas parce qu’une fois noyé d’eau de mer, le réacteur devient à jamais inutilisable ? » Gilles Cohen-Tannoudji s’inquiète aussi de ce qu’il advient, quand « les impératifs de rentabilité supplantent ceux de la sûreté ». Il plaide comme Marie-Claire Cailletaud, pour une maîtrise publique et un contrôle démocratique du nucléaire. Tout comme Pierre Laurent qui exige, au nom de son parti, « un moratoire sur la déréglementation des politiques publiques ». Dans son collimateur, la loi sur la nouvelle organisation du marché de l’électricité qui va pousser EDF dans une logique encore accrue de réduction des coûts. Or, « le nucléaire ne supporte pas le low cost ». En introduisant le débat, André Chassaigne avait souligné combien crise énergétique, crise environnementale, crise économique et sociale sont intrinsèquement mêlées. Pour l’auteur de Pour une terre commune, « le système capitaliste, lui-même, est en cause ».

Comment définir les besoins énergétiques ? Qu’entend-on par droit à l’énergie ? Dans quelle conception de l’économie ? « Le PCF entend porter le débat sur la place publique à l’occasion de l’élection présidentielle », assure Pierre Laurent. Un pas vers « le nouveau mode de développement » qu’appelle André Chassaigne de ses voeux.

 

PIERRE-HENRI LAB

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Published by bruno fornaciari - dans ACTUALITES
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