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17 juin 2011 5 17 /06 /juin /2011 02:03

La chronique de Pierre Ivorra


On connaît maintenant les candidats au poste de directeur général du Fonds monétaire international (FMI). Apparemment, il n’y en a pas un pour sauver l’autre. On connaît ici l’humanité de Christine Lagarde à l’égard des populations du ghetto doré d’Auteuil-Neuilly-Passy. Le Mexicain Agustin Carstens et l’Israélien Stanley Fischer, tous deux anciens directeurs adjoints du Fonds, sont eux aussi formatés tendance libérale. Manifestement, les pays émergents ne sont pas encore en état de proposer ensemble une candidature alternative porteuse de propositions nouvelles d’émancipation du système monétaire international vis-à-vis du roi dollar et de l’emprise de la finance.

Cette situation peut donner le sentiment à tous ceux qui aspirent à un autre monde qu’il n’y a pas de perspective de sortie pour tous les peuples qui souffrent, victimes à différents degrés de la malnutrition, de maladies endémiques, de la pauvreté et du chômage. Il semble qu’on ne puisse échapper à ces programmes d’ajustement qui, sous prétexte de redresser la situation financière de pays d’Afrique, d’Asie, de l’Est européen et même de la Grèce, de l’Irlande ou du Portugal, soumettent encore davantage les peuples à la dictature des marchés capitalistes. Au Brésil, Christine Lagarde a déclaré que « sa candidature s’inscrit dans le courant de réformes initiées par le précédent-directeur général » du FMI, Dominique Strauss-Kahn. Dès que l’on toucherait aux grandes questions économiques et à la monnaie, il semblerait ainsi que la droite et la gauche soient condamnées à pratiquer les mêmes recettes libérales.

D’où la tentation, dans le mouvement altermondialiste, de renvoyer le FMI en enfer. Supprimer le FMI ne permettrait pas – hélas ! – de régler le problème. Le système monétaire international serait encore davantage transformé en une jungle au sein de laquelle la monnaie la plus puissante et la plus prédatrice, le dollar, imposerait toujours et encore sa loi. On ne peut par ailleurs se contenter d’évoquer une vague régulation et une taxation des transactions financières, et laisser perdurer les rapports de forces actuels. On ne le peut d’autant moins que la situation financière de la planète est d’une gravité extrême. Nous sommes au bord du gouffre. Même les agences de notation crient au feu et alertent quant aux risques que fait peser l’énorme dette américaine sur l’équilibre mondial.

Les forces progressistes doivent participer au débat entamé par la Chine et d’autres pays émergents en faveur de la création d’une monnaie de coopération se substituant au dollar. Il ne faut pas supprimer le FMI mais le changer.

 

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Published by bruno fornaciari - dans SOCIAL-ECONOMIE-FINANCES
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BRUNO FORNACIARI

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