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30 juin 2011 4 30 /06 /juin /2011 06:05

Le peuple grec est victime d’un inadmissible chantage de la part d’un diabolique trio : le FMI, la Commission de Bruxelles et la Banque centrale européenne. Ces bras armés des rapaces de la finance ne veulent « venir en aide » à ce pays qu’à la condition qu’ils puissent le dépouiller de tout, lui enlever ses emplois, ses services publics, vendre jusqu’à ses plages et son patrimoine historique en lui demandant de se serrer la ceinture à triple tour. Ces bras armés du capitalisme assassinent la démocratie et veulent réduire les peuples à l’état d’esclavage. Ne laissons pas faire ! Un an après avoir expliqué qu’elle n’était pas responsable de la crise, que l’austérité était un mal nécessaire, la haute finance internationale veut ajouter de la super-austérité à l’austérité et vendre à l’encan tout le patrimoine de la Grèce. Ne laissons pas faire ! Au nom de quel principe l’Union européenne doit-elle protéger d’abord les banques en sacrifiant les êtres humains ? Aucun. Par contre, ce qui arrive est le résultat direct des traités qui la régissent, Maastricht et Lisbonne. Il faut donc les changer et établir d’autres règles communes pour les populations et non pour l’argent-roi.  Au nom de quelle logique démocratique la délibération publique dans cette Union européenne est confisquée par des institutions non élues, sourde, inhumaines, antisociales, qui  décident en dehors des peuples et contre eux ? Parce que ce qui se passe en Grèce nous concerne tous, nous devons d’urgence manifester sous de multiples formes notre solidarité avec les travailleurs, la jeunesse, les retraités et assurés sociaux de la Grèce et aussi avec celles et ceux du Portugal, du Royaume-Uni, de l’Irlande et de l’Espagne. Pas une solidarité de principe, pas une solidarité de mots. Une solidarité de classe ! Car pour protéger la classe de la haute finance, les institutions européennes ont déclaré une guerre économique, sociale, politique aux peuples pour préserver les intérêts de l’oligarchie financière et bancaire. Oui. La lutte des classes  n’est pas une invention de révolutionnaires nostalgiques, elle existe, indépendamment de l’idée que l’on s’en fait, s’aiguise et revêt de nouveaux contours.

Ainsi naissent de nouvelles potentialités de rassemblements populaires, larges, incluant de nouvelles fractions de la société. Toutes celles et ceux qui ont cru au rêve d’une Europe protectrice, forte, pour changer la mondialisation, mettant en commun ses moyens et ses atouts pour créer un vaste espace où il ferait bon vivre, où la liberté de voyager et les échanges culturels nous enrichiraient mutuellement, sont plus que déçus par tous les dirigeants politiques qui ne leur vendent que des chimères et les asphyxient. Pire ! En pleine tourmente dramatique, la sainte alliance de la chancelière allemande, du sarkozysme et du capital, refuse de restructurer les dettes. Or, d’autres pays comme le Mexique, l’Argentine, la Russie, ont bien hier restructuré leur dette et ne s’en portent pas plus mal aujourd’hui. Exigeons un audit public, avec participation des organisations syndicales et citoyennes, sur les dettes des Etats. Et au nom de l’efficacité et de la raison, exigeons des moratoires, des annulations, des restructurations de dette avec une implication active de la Banque centrale européenne.

Menons bataille pour que cette même Banque centrale européenne achète tout ou partie des dettes et lance un programme de relance par création monétaire, combinée à une orientation stricte fixée aux banques de produire un nouveau crédit pour de l’investissement social de développement humain, tel que l’éducation, la santé et écologique avec de nouveaux grands projets créateurs d’emplois utiles. On voit bien qu’il est devenu nécessaire de nationaliser une bonne partie du système bancaire pour réorienter les choix économiques et industriels.

Défendre le peuple grec, c’est nous défendre nous-mêmes au moment où la Commission de Bruxelles réclame de la France –dans un document dont la presse parle peu- d’aller plus loin dans la déstructuration de nos systèmes de retraite, de faire de l’emploi flexible la norme, d’abaisser encore les salaires et d’augmenter la TVA. Ce texte appelle : « à rééquilibrer le système de taxations en transférant la taxation sur le travail vers la consommation et l’environnement ». Il se situe dans la droite ligne du « Pacte pour l’euro plus », dont les éléments sont soumis au vote du Parlement européen, en catimini, au milieu de cette semaine, par l’intermédiaire de cinq règlements et d’une directive. Le choix de « règlements » soumis au Parlement européen vise à faire appliquer des lois aux Etats, sans que ceux-ci ne puissent en débattre et voter sur leur contenu dans les Parlements nationaux. (1)

Cette même semaine, le même Parlement européen aura aussi à se prononcer sur le nom du nouveau Président de la BCE. Pour être sûr qu’il servira bien les « rapaces de la finance », est proposé le nom de M.  Mario Draghi qui a cette particularité d’avoir été le responsable de la… Banque internationale Goldman and Sachs. Celle-là même qui met les pays, dont la Grèce, à genoux. Décidément, nous sommes tous des jeunes grecs, irlandais, portugais, espagnols, roumains, anglais, allemands.

Décidément, l’heure est au combat. On ne peut accepter ou laisser faire ce rouleau compresseur contre les peuples et leurs droits humains que constitue le pacte pour l’euro. L’heure est à construire un grand front citoyen progressiste européen contre les forces de l’argent qui détruisent la démocratie et les droits humains. Dans le débat, ce front devrait se fixer l’objectif de débat et de construction d’une autre Europe : l’Europe des travailleurs et des peuples. Réclamons un référendum européen pour la démocratie et le progrès social. Que les démocrates de tous les pays européens s’unissent, se lèvent et reprennent leur destin en main.

 .

(1) Je développe ces éléments dans « Le pacte des rapaces », éditions de l’Humanité (6 euros)

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Published by bruno fornaciari - dans SOLIDARITE INTERNATIONALE
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