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17 décembre 2011 6 17 /12 /décembre /2011 01:28

Borgel, Lang, Morelle, Boutih... les candidats errants du PS

LEMONDE.FR | 16.12.11 | 17h14   •  Mis à jour le 16.12.11 | 18h33

 

Ils sont candidats aux législatives de 2012, l'ont annoncé et espèrent encore l'être mais n'ont toujours pas de circonscription d'atterrissage.

Ces responsables socialistes ont vu passer la convention nationale d'investiture du PS, le 10 décembre à La Défense, sans que leur sort n'ait été réglé. Confrontés à une fronde locale contre leur parachutage, en butte à un concurrent qui s'accroche, ou peu séduits par les points de chute qu'on leur offre, ils attendent. Quitte à devenir des genres de valets de pique que les dirigeants du parti s'échangent.

Jack Lang, Christophe Borgel, Aquilino Morelle et Malek Boutih en font partie. Pour les cas litigieux comme les leurs, la convention nationale du PS a réservé une dizaine de circonscriptions. Et chargé le bureau national de trancher au plus tard en janvier.

> Duel entre Christophe Borgel et Jack Lang. La 1re circonscription de la Somme, qui couvre Amiens-ouest, devait échoir à Christophe Borgel, secrétaire national aux élections. Mais elle est depuis convoitée par Jack Lang.

L'ancien ministre, 72 ans, avait en effet refusé de se présenter, le 1er décembre, au vote des militants dans une autre circonscription, la 6e à Boulogne-sur-Mer, dont il est député sortant. M. Lang a craint de ne pas emporter le vote des

militants. Ces derniers ont finalement choisi Brigitte Bourguignon, adjointe au maire de Boulogne-sur-Mer. "Le PS se propose de me trouver une autre solution", expliquait M. Lang.

 

C'est en fait la section PS d'Abbeville qui lui a ouvert ses bras. Pour mieux rejeter un autre parachuté, Christophe Borgel.

La 1re circonscription a en effet été gelée par la direction afin de donner du temps à ce proche de Martine Aubry de calmer la grogne que son parachutage avait soulevée. Le premier secrétaire de la section d'Abbeville menaçait d'organiser une manifestation devant le siège du PS contre l'"apparatchik". Le premier fédéral de la Somme, Nicolas Dumont, également candidat à la candidature, s'activait lui aussi en proposant à Jack Lang de venir chez lui et lui offrait d'être son suppléant. Jeune maire d'Abbeville – 34 ans – M. Dumont a sans doute fait le calcul qu'il était plus aisé de succéder à un député de 72 ans qu'à un élu national de 48 ans comme M. Borgel. En réponse, mercredi 14 décembre, Jack Lang a temporisé : "Je prendrai une décision avant la fin de la semaine."


Pour Christophe Borgel, "la chose ne se fera pas". "J'ai le soutien de Martine Aubry et de François Hollande, vu le boulot que je fais", assure-t-il. Il n'empêche : M. Borgel a du mal à se faire accepter. Battu par François Asensi (apparenté PCF) lors des législatives de 2007, puis par Nelly Roland (elle aussi apparentée PCF) à la municipale de Villepinte, il pensait faire son trou cette fois-ci. Ses relations tendues avec Nelly Roland, dont il est l'adjoint, ont eu raison de ses velléités. Le socialiste avait été battu à plates coutures par la communiste en 2007. Le bureau national doit maintenant trancher : peu de doute qu'il appuiera le secrétaire national en trouvant une porte de sortie à M. Lang, qui pourrait être recasé en Gironde ou dans les Vosges, où l'ex-ministre est né.

 

> Aquilino Morelle et l'exil.

 

Le directeur de campagne d'Arnaud Montebourg durant la primaire socialiste s'est fait fort de trouver une circonscription. En 2007, il avait subi une cuisante défaite en Seine-Maritime, où il avait dû s'incliner dès le premier tour devant le communiste Jean-Paul Lecoq. Cette fois-ci, il a voulu une "circo gagnable" : ce n'est que justice après tant d'efforts déployés auprès de son champion, a-t-il estimé. L'ancienne plume de Lionel Jospin à Matignon a d'abord exigé, pour 2012, une circonscription à Paris : "J'y habite", a-t-il justifié. Mais la capitale est très convoitée.

 

La direction du PS a alors avancé l'hypothèse d'une circonscription des Français de l'étranger. Pas question à ses yeux : "Les bonnes âmes ont pensé m'exiler dans des contrées exotiques", a raillé le quadragénaire. La direction lui a depuis proposé de partir dans les Pyrénées-Atlantiques, puis en Gironde ou encore dans l'Isère. "Aucune proposition sérieuse", tranche M. Morelle. "Arnaud a demandé à François Hollande de s'en occuper", assure l'ancien porte-parole de M. Montebourg, en expliquant que c'est de la faute de Martine Aubry – qui le déteste – si rien n'avance.

 

> La guerre entre Julien Dray et Malek Boutih.

 

Dernier pataquès des investitures à Solférino, le cas de l'ancien président de SOS-Racisme, Malek Boutih, qui espère accéder à un poste de député. En vain jusqu'ici. Déjà en 2007, parachuté en Charente, il avait dû affronter la fronde des socialistes locaux puis la candidature dissidente de Martine Pinville, soutenue par les militants locaux. Cette dernière l'avait éliminé dès le premier tour. Cette fois-ci, M. Boutih veut se présenter là où il milite, à Grigny, dans la 10e circonscription de l'Essonne... sur les terres de son ex-ami Julien Dray.

 

Le vice-président du conseil régional d'Ile-de-France annonce d'abord qu'il ne se représente pas. Puis change d'avis, disant en janvier avoir besoin de "réfléchir". La commission électorale gèle la circonscription. Mais, début juillet, M. Boutih se déclare et demande un vote militant. Six mois plus tard, les deux "potes" se déchirent publiquement. Malek Boutih accuse son ancien mentor d'avoir introduit 59 cartes antidatées dans le fichier des adhérents de Morsang-sur-Orge et de Grigny : "Il a cherché à bétonner le vote. C'est un trafic que je ne peux accepter", dit-il.

 

Il écrit à Martine Aubry afin qu'elle saisisse la commission nationale des conflits pour "manipulation du fichier des adhérents". Julien Dray se dit "attristé de voir la dérive et le naufrage d'un individu". Ambiance. Début janvier, les adhérents devraient trancher. A moins qu'au regard des "preuves" de M. Boutih, le bureau national ne décide de "flécher" la circonscription pour un candidat issu de la diversité.

Sylvia Zappi

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