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16 juin 2017 5 16 /06 /juin /2017 11:06

Pierre Laurent appelle à empêcher un « hold-up institutionnel »

DIMANCHE, 11 JUIN, 2017
HUMANITE.FR
Pierre Laurent, secrétaire national du PCF, parti crédité de 3% des voix.
Pierre Laurent, secrétaire national du PCF, parti crédité de 3% des voix.

1er tour des élections législatives 2017. Face au score de la République En Marche, le secrétaire national du Parti communiste français adresse un communiqué appelant les électeurs à se mobiliser au second tour pour « résister aux mauvais coups programmés par le gouvernement Macron ».  

Communiqué de Pierre Laurent

Les résultats du premier tour des élections législatives, s'ils étaient confirmés par le second tour dimanche prochain, placeraient l'avenir du pays dans une situation extrêmement difficile, sous la menace d'une Assemblée nationale dominée par les députés d'En Marche ! et leurs appuis venus des Républicains. Un tel résultat plongerait des millions de nos concitoyens dans une véritable « gueule de bois » démocratique.

La mobilisation est nécessaire au second tour pour empêcher ce hold-up institutionnel contre le pluralisme politique de notre pays, et pour résister aux mauvais coups programmés par le gouvernement d'Emmanuel Macron.

Le nouveau record d'abstention est alarmant pour notre démocratie. C'est le premier échec d'Emmanuel Macron. C'est la conséquence de la présidentialisation aggravée de notre vie politique qui dévalorise un peu plus, à chaque quinquennat, l'élection de l'Assemblée nationale. Et c'est l'échec de tous ceux qui poussent à cette présidentialisation forcenée, construisant une représentation politique dans laquelle la majorité des citoyens se reconnaît de moins en moins.

Nous demandons instamment qu'Emmanuel Macron et le gouvernement ré-ouvrent, sans attendre le lendemain du second tour, le débat sur le changement de nos institutions : l'instauration de la proportionnelle à toutes les élections, qui, seule, permet de refléter la richesse et la diversité politiques du pays, ainsi que celle d'un nouveau calendrier électoral, pour redonner à l'élection législative et au Parlement toute leur légitimité et leur importance dans la vie démocratique de notre pays.

Ce record d'abstention est aussi la marque d'une défiance déjà forte à l'égard du nouveau président de la République, contrairement à ce que veut nous faire croire le déferlement de communication médiatique autour de chaque fait et geste d'Emmanuel Macron : seuls 24 % des électeurs l'ont soutenu au premier tour de l'élection présidentielle et il n'a été élu que par la mobilisation d'une large majorité de femmes et d'hommes qui voulait barrer la route de l'Elysée à Marine Le Pen. Les élections législatives ne témoignent d'aucun élan supplémentaire. Ce sont l'abstention et la division de ses adversaires, singulièrement à gauche, qui amplifient les résultats de ses candidats.

La division des forces de gauche se paie en effet très cher. Les forces qui ont soutenu Jean-Luc Mélenchon, se sont retrouvées en concurrence suite aux décisions de la direction de la France insoumise. Elles en subissent toutes ce soir les conséquences. C'est aussi le cas du Parti communiste dont le résultat national est historiquement bas.

La gauche est durement affaiblie et même éliminée dans nombre de circonscriptions. Nous le déplorons, malgré tous les efforts que nous avons déployés pour y remédier.

Ce soir, l'urgence est avant tout à la mobilisation pour relever le défi du second tour, face aux candidats de Macron, des Républicains et du FN, pour faire élire les candidats de gauche encore en lice.

Les candidats d'En marche !, ou les socialistes rebaptisés « majorité présidentielle », sont porteurs du programme libéral du Président. Les candidats des Républicains ne sont pas des opposants, puisqu'ils veulent en pousser les logiques libérales le plus loin possible. Ni les uns, ni les autres ne sont nos candidats.

Nous continuerons aussi à faire barrage, partout où c'est nécessaire, aux candidats du Front national, car nous voulons empêcher leurs idées de haine, de racisme et d'exclusion de continuer à prospérer.

Partout où ils sont encore en lice, nous voulons élire dimanche prochain des députés communistes et Front de gauche, des députés d'autres forces de gauche qui sont prêts à combattre aux côtés des forces sociales, la casse le code du travail par ordonnances, la hausse de la CSG, la diminution drastique des effectifs de fonctionnaires, la remise en cause des services publics, comme des moyens des collectivités locales, la restriction de nos libertés publiques, l'amplification des politiques de soutien à la finance.

Ces candidats de gauche sont présents au second tour en Métropole et en Outre Mer pour gagner dans plusieurs dizaines de circonscriptions, dont une partie sont des candidats communistes. Ils deviennent ce soir les candidats de rassemblement de toutes les forces de gauche pour gagner.

Il ne faut pas laisser le second tour des élections législatives aggraver le fossé démocratique créé. La mobilisation des électeurs de gauche est nécessaire, car c'est grâce à l'abstention massive que la « République En Marche » pourrait obtenir dimanche prochain une majorité absolue et monocolore, qui lui donnerait dès cet été les mains libres pour appliquer sa politique libérale.

Les députés communistes et Front de gauche qu'il est possible d'élire dimanche prochain seront un point d'appui solide pour former un groupe, un gage d'espoir pour reconstruire l'avenir et la gauche ; ce sont des femmes et des hommes que vous connaissez, vous savez leur engagement pour vous défendre, proposer un chemin nouveau à notre société, unir les forces nécessaires. Vous pourrez compter sur eux tout au long du quinquennat, dans les luttes comme à l'Assemblée.

Nos militants vont se réunir lundi soir, en lien avec notre direction nationale, pour évaluer la situation issue du premier tour dans chaque circonscription et faire pour le second tour les choix les plus rassembleurs en fonction des situations de chaque circonscription.

Au-delà du second tour, les communistes prendront toutes les dispositions pour analyser la dernière période, faire le bilan de la situation et prendre de nouvelles décisions pour être à la hauteur des problèmes auxquels notre organisation et l'ensemble de la gauche sont confrontés. A l'évidence, pour ce qui nous concerne, il y a aura beaucoup à repenser en lien avec les adhérent-e-s du PCF, et l'audace devra être au rendez-vous. Un Conseil national de notre parti se réunira à cet effet les 23 et 24 juin prochains.

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Published by bruno fornaciari - dans ELECTIONS PCF
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3 juin 2017 6 03 /06 /juin /2017 06:39

Climat 2016 : Pour que les chefs d’États respectent leurs engagements

 

L'Organisation météorologique mondiale (OMM) a annoncé fin mars une nouvelle augmentation record de la température terrestre pour l'année 2016. Plus 1,1°C par rapport à l'époque industrielle, battant le record de 2015.

 

On a constaté des sécheresses persistantes en Afrique australe (18 millions de personnes en état d'urgence alimentaire). A l'opposé, la Chine a connu de très nombreuses précipitations et des crues d'ampleur exceptionnelle. La banquise de l’Arctique est une fois de plus atteinte et le niveau des mers en hausse.

 

C'est dans ce moment planétaire préoccupant que le président Trump a décidé, à l'appui des délires du climato-sceptique Scott Pruitt, nouvellement nommé directeur de l'Agence de protection de l'environnement américaine, de réhabiliter toutes les énergies fossiles. Il s'agit d'un véritable camouflet de la première puissance économique à l'Accord de Paris. Vladimir Poutine, lui, se place sur un terrain de concurrence déclarant qu'il est impossible d'empêcher le phénomène et qu'il faut s'y adapter. Des déclarations en contradiction totale avec ses propos lors de la COP 21.

 

En France, la stratégie nationale bas carbone tourne au ralenti et nous accumulons du retard sur l'objectif de réduction par quatre, d'ici 2050, des émissions de gaz à effet de serre.

 

L'ambiance climatique mondiale est donc très inquiétante. Le caractère non contraignant de l'Accord de Paris - que nous avons dénoncé - prend ici tout sa signification. Le PCF appelle les citoyennes et les citoyens à se mobiliser pour rappeler les chefs d’État à la raison et à leurs engagements. C'est une des priorités de l'engagement des communistes pour une nouvelle majorité de gauche sociale, démocratique et écologique.

 

 
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Published by bruno fornaciari - dans ECOLOGIE PCF-FRONT DE GAUCHE
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2 juin 2017 5 02 /06 /juin /2017 13:22

Retrait des USA de l'accord de Paris: Macron doit passer de la poignée de main au poing tapé sur la table!

 

Retrait des USA de l'accord de Paris : Macron doit passer de la poignée de main au poing tapé sur la table ! (PCF)

 

Ainsi Trump, président de la première puissance émettrice de gaz à effets de serre, a donc pris la décision de se retirer de l'Accord de Paris sur le climat. 

Cette décision, au service des climato-sceptiques du monde entier, répond avant tout aux attentes des magnats des multinationales des énergies fossiles américains qui ont financé sa campagne électorale. Les intérêts financiers égoïstes et de court terme sont donc gravement privilégiés au détriment de l'avenir de l’humanité. 

Cet acte très controversé dans son propre pays, par les acteurs de nombreuses sphères de la société, affaiblit considérablement le fragile consensus auquel l'ONU était parvenue en 2015. 

L’aspect non contraignant de cet accord permet donc, comme nous l'avions souligné à l'époque, à un État de se retirer sans aucune contrainte ni sanction. L'absence des Etats-Unis sera particulièrement préjudiciable si l'on veut, à l'échelle de la planète, gagner la course de vitesse engagée contre le réchauffement climatique. 

C'est le vrai visage du capitalisme, du libéralisme, que nous montrent les Etats-Unis de Donald Trump.

Les États-Unis viennent d'ajouter un obstacle majeur à l'émergence d'une vision solidaire du développement humain durable planétaire.

Le président de la République française, Emmanuel Macron, doit passer de la forte poignée de main au poing tapé sur la table, sans attendre. La France doit condamner et rappeler aux Etats-Unis, lors de la prochaine Assemblée générale de l'ONU, les immenses espoirs nés à Paris lors de la COP 21. 

L'intervention des peuples doit reprendre de la vigueur partout dans le monde. 

Les communistes français seront aux côtés de toutes les forces sociales, écologiques et politiques qui, aux États-Unis, se mobilisent pour faire revenir Trump sur sa décision. Le PCF est fortement mobilisé, dans le cadre des élections législatives et le sera encore ensuite, à l'Assemblée nationale, avec les député-e-s communistes et du Front de gauche pour mettre ce sujet à l'ordre du jour.

 

 

 
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Published by bruno fornaciari - dans INTERNATIONAL ECOLOGIE
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2 juin 2017 5 02 /06 /juin /2017 13:18

Commission économique du PCF

« Nous entrons en campagne en soumettant au pays un pacte d’engagements pour une nouvelle majorité. Pour construire la politique et le rassemblement dont la France a besoin, nous nous adressons à toutes les citoyennes et tous les citoyens qui partagent notre ambition, aux syndicalistes, aux militantes et militants associatifs, aux artistes et aux intellectuel-le-s, aux forces du Front de gauche, à la France insoumise, aux socialistes qui veulent retrouver le chemin de la gauche, aux écologistes. Nous leur proposons de débattre de ce pacte d’engagements pour construire le socle d’une nouvelle majorité à l’Assemblée nationale qui soit formée par les forces de la gauche d’alternative ». Ainsi la résolution adoptée par la conférence nationale du PCF définit-elle l’effort engagé en vue des échéances de 2017.

La confrontation des axes de rassemblement proposés par le PCF avec les programmes des différentes forces se réclamant de la gauche d’alternative doit ainsi permettre d’identifier les différences et les points de convergences à partir desquels un effort peut être engagé pour parvenir à surmonter les contradictions qui existent naturellement entre forces politiques différentes. C’est dans cet esprit que la commission économique (1) du PCF a mené un examen du programme de Jean-Luc Mélenchon, dont le détail, exposé point par point au regard des sept axes de rassemblement proposés par le PCF, peut être consulté sur le site de la revue Economie et politique.((http://www.economie-politique.org/93807)2.

La conclusion qui en ressort est que ce programme ne présente pas seulement des divergences et des contradictions avec nos propositions. Sa conception même est fondamentalement contraire à toute perspective de rassemblement à gauche, sa logique est radicalement opposée à ce pourquoi nous combattons.

C’est pourquoi il est logique que les délégués à la conférence nationale se soient prononcée à une nette majorité pour la présentation d’un(e) candidat(e) issue des rangs du PCF plutôt que pour un appel à voter pour Jean-Luc Mélenchon : ils ont ainsi mis en accord le choix de leur candidat avec les orientations politiques décidées par nos congrès.

1. Un programme qui emprunte à L’Humain d’abord

mais c'est pour lui tourner le dos

Le programme de la « France insoumise » est parsemé de mesures empruntées aux revendications du mouvement social ou au programme du Front de gauche mais les dispositions structurantes qui donnaient sa crédibilité sociale, économique et politique à L’Humain d’abord sont systématiquement écartées.

Les propositions de la « France insoumise » sont ainsi en net recul par rapport aux objectifs sociaux de L’Humain d’abord :

  • la fixation du SMIC à 1 300 euros nets en 2017 remplace les objectifs qui figuraient en 2012 dans L’humain d’abord : 1 700 euros bruts dès 2012, 1 700 euros nets avant 2017. Le PCF propose aujourd’hui 1 800 euros bruts dès 2017 (c’est la revendication de la CGT) et 1 700 euros nets à la fin de la prochaine législature ;

  • « Nous agirons pour éradiquer le chômage » : tel était l’engagement de L’Humain d’abord, qui prévoyait, pour y parvenir, la mise en chantier d’un système de sécurité d’emploi et de formation pour tous (proposition, mise aujourd’hui en forme législative, pour laquelle le PCF a décidé de faire campagne). Dans le programme la « France insoumise », s’il est bien question d’« éradiquer la précarité », l’objectif d’éradiquer le chômage est entièrement absent. Même s’il avance des chiffres impressionnants de créations d’emplois pour la transition écologique, emplois dont la création semble survenir spontanément ou automatiquement, Jean-Luc Mélenchon se borne à se placer dans une logique de « plein-emploi », c’est-à-dire du taux de chômage correspondant à la situation où l’économie est considérée comme étant à l’équilibre. Selon la plupart des études empiriques, ce taux de chômage pourrait être de l’ordre de 7 % en France. Comment peut-on parler d’« éradiquer la précarité » avec plus de 2 millions de chômeurs ? Il est vrai que Jean-Luc Mélenchon propose un « droit opposable à l’emploi en faisant de l’État l’employeur en dernier ressort : en cas de chômage de longue durée, l’État doit proposer un emploi au chômeur en lien avec sa qualification, sur une mission d’intérêt général, dans le cadre d’un service public de l’emploi identifiant clairement chacune des missions ». On reste stupéfait de voir figurer cette proposition dans un programme politique du XXIe siècle. Elle évoque les ateliers nationaux qui conduisirent à l’échec et à la répression du mouvement ouvrier en juin 1848 puis à la perte de la Deuxième République.

Plusieurs mesures de politique économique préconisées par Jean-Luc Mélenchon seraient d’ailleurs de graves obstacles à la réalisation d’un programme de progrès social :

  • c’est le cas en particulier de la « transformation de la CSG et de l’impôt sur le revenu actuel en un nouvel impôt citoyen sur les revenus, garantissant les recettes de la Sécurité sociale et de l’État ». La fusion de l’impôt sur le revenu et de la CSG conduirait à imposer des contribuables jusque-là non-imposables car le premier niveau de la CSG frappe tous les revenus sauf ceux de certaines allocations sociales. Cette idée s’inscrit dans une logique de déresponsabilisation sociale des entreprises et de leur désengagement du financement de la protection sociale. C’est la démarche, déjà largement engagée par Sarkozy puis Hollande, du remplacement des cotisations sociales des entreprises par l’impôt. Un prélèvement fiscal sur les revenus des salariés et citoyens se substituerait au prélèvement sur les profits des entreprises, mettant en cause un des fondements du projet d’Ambroise Croizat. Au contraire, L’Humain d’abord précisait : « loin de toute fusion entre la CSG et l’impôt sur le revenu, nous mettrons en place une nouvelle cotisation sociale sur les revenus financiers afin d’aller vers la suppression de la CSG et l’extinction de toute fiscalisation de la protection sociale » ;

  • au chapitre des ruptures avec l’Humain d’abord figure l’abandon de la proposition d’un fonds de développement économique, social et écologique solidaire européen visant à mobiliser la puissance de création monétaire de la Banque centrale européenne pour financer le développement des services publics.

  • enfin, en ce qui concerne les objectifs écologiques d’un gouvernement de gauche, l’abandon du nucléaire est acté dans le programme de la « France insoumise » alors qu’il ne figurait pas dans L’humain d’abord. Ce choix, reprenant l’hypothèse irréaliste d’un passage à 100 % d’énergies renouvelables à l’horizon 2050, conduirait en fait à brûler davantage de combustibles fossiles, comme l’Allemagne a été amenée à le faire avec le charbon. Il priverait la France des moyens de faire face au défi écologique majeur, le réchauffement climatique. En regard de ce renoncement, les discours de Jean-Luc Mélenchon sur l’« écosocialisme » et la planification écologique donnent une impression d’incohérence.

2. Des logiques contraires à nos objectifs de lutte et de rassemblement pour la transformation sociale

Un trait majeur du programme de la « France insoumise » est l’absence de tout appel à l’intervention populaire pour changer la gestion et les choix stratégiques des entreprises. C’est ce que le candidat avait souligné dans un entretien pour le Patriote de l’Ariège du 16 septembre : « vendredi 9 septembre, je suis allé à un truc qui s’appelle Produire en France... Moi j’ai dit aux patrons qui étaient là « pour tenir les comptes de vos entreprises, vous êtes assez grands, sinon, ce n’est pas la peine de faire patron. Mais moi je vais vous dire ce dont le pays a besoin. Est-ce que vous êtes capables de prendre votre place là-dedans ? … Moi je vous donne de la visibilité, je vous donne de la stabilité et de la sécurité. ». Cela fait écho à sa vision d’une transition écologique dont les créations d’emplois résulteraient automatiquement, comme si les gestions et leurs critères n’y étaient pour rien. On demeure dans la tradition devenue obsolète d’un Etat correcteur des désastres sociaux résultant des choix des entreprises.

Ainsi, la question des pouvoirs sur les entreprises et les banques ne fait pas partie des 10 mesures emblématiques de la « France insoumise ». L’exercice de pouvoirs d’intervention nouveaux des travailleurs, à travers leurs comités d’entreprises et les autres institutions représentatives du personnel, tient une place tout à fait marginale dans la définition de la VIème République que les partisans de la « France insoumise » appellent de leurs vœux.

Diverses propositions peuvent pourtant sembler aller dans ce sens, par exemple l’instauration de « nouveaux droits de contrôle aux comités d’entreprise sur les finances de leur entreprise », celle du « droit à un vote de défiance à l’égard des dirigeants d’entreprise ou des projets stratégique », ou encore d’un droit de veto suspensif des comités d’entreprise contre les licenciements économiques. Mais ces dispositions ont toutes comme point commun de se borner à une contestation des décisions patronales. Elles ne comportent pas de droit d’initiative pour imposer la prise en compte de propositions positives des salariés, ni de possibilité institutionnelle d’obtenir le financement de ces propositions par les banques.

Si donc Jean-Luc Mélenchon entend « soumettre le droit de propriété à l’intérêt général », ce n’est pas sur les luttes et sur la conquête de pouvoirs d’intervention par les travailleurs qu’il compte pour y parvenir. Tout son programme est fondé sur la croyance que la toute-puissance de l’État – et particulièrement de son chef – suffirait à obtenir une autre répartition des richesses, sans changer en profondeur le fonctionnement des entreprises et du système financier.

Ainsi, ses propositions en matière de fiscalité des entreprises sont très imprécises. Les outils d’incitation qui figuraient dans L’humain d’abordmodulation de l’impôt sur les sociétés en fonction de la politique de l’entreprise en matière d’emploi, de formation, des salaires ; rétablissement d’une fiscalité locale sur le capital matériel et financier des entreprises – en sont absents. Du coup, la « révolution fiscale » annoncée tend à se résumer à une progressivité plus forte de l’impôt sur le revenu n’excluant pas, au total, un alourdissement de la ponction fiscale sur les couches moyennes et populaires.

De ce point de vue, on peut caractériser ces propositions économiques comme un programme social-démocrate très étatique, encore plus timide que ceux qui ont échoué à plusieurs reprises contre la crise du capitalisme contemporain, en France (1981-1983) comme ailleurs en Europe ou en Amérique latine.

Mais il y a plus grave. Quand on cherche plus profondément quel pourrait être le facteur sur lequel Jean-Luc Mélenchon compte asseoir la crédibilité de son programme, on le trouve : c’est une forme de nationalisme.

Ainsi de l’insistance sur le protectionnisme, certes qualifié de « solidaire », qui intervient à toutes les pages du programme économique de la « France insoumise ». De façon comparable à ce que portent les forces nationalistes qui montent dangereusement en France comme en Europe ou aux États-Unis en faisant assaut de démagogie populiste, cette insistance revient à poser la France en opposition à un monde dangereux dont il importerait de se protéger par la puissance de l’État national au nom d’un « indépendantisme français ». Les illusions dangereuses de la « démondialisation » ne sont pas loin, au lieu de l’ambition de transformer la mondialisation, présente, elle, dans L’humain d’abord.

Dans ces conditions, dès lors que le contenu du programme comme les justifications théoriques qui lui sont données abandonnent l’inscription d’une politique de gauche dans une cohérence de classe pour se référer désormais à un « populisme de gauche » opposant le « peuple » à une « caste », le recours au vocabulaire et aux thèmes de l’extrême-droite n’est pas très éloigné non plus. Jean-Luc Mélenchon lui-même a eu l’occasion de souligner dans une interview à Médiapart, le 3 juillet 2016, que « Mme Le Pen s’est collée à la distance d’une feuille de papier à cigarettes d’à peu près tout ce que nous disons » sur l’idée d’un référendum sur la sortie de l’UE. A la lumière de cette constatation, on ne peut pas considérer comme un simple dérapage son discours en séance du Parlement européen selon lequel ce sont les travailleurs détachés, et non le capital, qui « volent le pain » des travailleurs sur place. Il prend au contraire un singulier relief au moment où, partout en Europe, nationalismes et tentations autoritaires instrumentalisent les souffrances sociales des victimes de la mondialisation financière et des politiques d’austérité.

L’attitude de la « France insoumise » face aux enjeux européens présente les mêmes dangers : au lieu de lutter contre tout ce qui tend, aujourd’hui, à monter les peuples européens les uns contre les autres dans un contexte de crise dont le « Brexit » et l’élection de Trump nous annoncent qu’il peut engendrer des évolutions incontrôlables, Jean-Luc Mélenchon décrit, là encore, les enjeux dans des termes qui mettent en opposition la France, son peuple, son État, avec l’Europe.

Toute sa démarche stratégique, qui exclut une véritable intervention des citoyens (hormis un référendum du type de celui du « Brexit ») et la construction d’alliances populaires en Europe, est sous-tendue par l'hypothèse que la menace par la France d'une « sortie des traités européens », traduite immédiatement dans de premières mesures de sauvegarde, obligerait l'Allemagne à capituler, ce qui créerait, pense-t-il, les conditions d'élaboration de nouveaux traités européens (plan A). Si cela ne marche pas, alors la France entrerait en guerre économique ouverte avec l'Allemagne en dénonçant tous les traités européens, en développant le protectionnisme et en faisant fonctionner la planche à billets par la Banque de France au service de l’État national (plan B)... tout cela avancé sans dire que l'Europe imploserait mais, au contraire, en tenant des propos vagues et illusoirement rassurants sur « les coopérations avec les autres peuples ».

Ces propositions sont très loin de l'esprit et de la lettre de L'Humain d'abord, malgré quelques emprunts détournés. Le socle de tout le programme de la « France insoumise », c'est la reconquête d'un financement direct de l’État national par la création de monnaie centrale (BCE ou Banque de France), comme dans les années 1960-70, et l'obsession, pour y arriver, de « briser le bloc libéral » de l'Allemagne, en se tenant prêt à sortir de la zone euro et de l'Union européenne elle-même, puisque « le traité (de Lisbonne) ne prévoit pas de sortie de la zone euro sans sortie de l'Union européenne » (Commission européenne - 3/11/2011). Autant d’illusions qui semblent ignorer la responsabilité de Hollande, de Valls, de la direction du PS et des gouvernements nationaux dans la mise en œuvre des options néo-libérales en Europe et en France !

Ce programme, totalement illusoire mais autorisant toutes les démagogies populistes en campagne électorale, concourrait à mettre le feu aux poudres d'une « guerre civile entre Européens » et à l'enfoncement de l'Europe dans le monde au moment même où celle-ci va être prise pour cible par le redéploiement des dominations nord-américaines sous l’impulsion de Trump. Il interdirait de se saisir, à l'appui des luttes, de l'opportunité historique de partager l'énorme capacité de création monétaire de la BCE, infiniment plus importante que celle de chaque banque centrale nationale, pour affronter ensemble les gigantesques défis communs à venir. Cela alors même que des forces très diverses mènent désormais campagne à nos côtés pour que les 80 milliards d’euros que la BCE déverse chaque mois sur les marchés financiers (pour un total cumulé de 1 551 milliards au 10 novembre 2016) soient utilisés pour l’emploi, les services publics, la transition écologique : c’est le sens de notre proposition d’un Fonds de développement économique, social et environnemental solidaire européen.

On s'interdirait de faire jonction avec les pays émergents pour s'émanciper de la domination écrasante du dollar avec une monnaie commune mondiale de coopération.

 
 

3. Des contradictions qui condamneraient à l’impuissance toute politique se réclamant de la gauche

Avec un programme comme celui de la « France insoumise », qui tient pour quantité négligeable la conquête de pouvoirs dans l’entreprise pour y imposer une alternative aux critères de gestion capitalistes, faut-il donc s’en remettre au patronat pour créer les millions d’emplois nécessaires, faire disparaître le chômage, augmenter les salaires, améliorer les conditions de travail, développer les territoires ?

Alors que, sous l’empire des critères financiers, la révolution informationnelle détruit plus d’emplois qu’elle ne permet d’en créer, quelle crédibilité accorder aux promesses de créations d’emplois massives sans de nouveaux critères et de nouveaux pouvoirs des salariés dans les entreprises ? Comment mobiliser ces gains de productivité au service d’un nouveau mode de développement, faisant appel à un déploiement tout à fait inédit des services publics ? Comment réussir la transition écologique ?

Et comment faire reculer le pouvoir des marchés financiers et des institutions qu’ils contrôlent – Commission européenne, Banque centrale européenne – sans mesures concrètes et précises pour réorienter le crédit bancaire en faveur de l’emploi, de la création de richesses dans les territoires et du développement des services publics ?

On retrouve dans le programme de Jean-Luc Mélenchon diverses propositions « marquées à gauche » comme la lutte contre l’évasion fiscale, l’instauration d’une taxe sur les transactions financières ou la création d’un « pôle public bancaire ». Mais la logique d’ensemble de ces propositions, qui était un point fort de L’humain d’abord, est complètement absente. Il n’est pas question de conquérir des pouvoirs institutionnels concrets sur l’utilisation de l’argent à tous les niveaux, depuis l’entreprise et le quartier jusqu’à l’Europe et aux institutions internationales, pour désarmer les marchés financiers. L’« interdiction des licenciements boursiers », la « limitation des rendements actionnariaux exorbitants », la « modulation des droits de vote des actionnaires selon la durée d’engagement dans l’entreprise », loin de combler ce vide, confirment que les auteurs du programme se contentent de mesures administratives pour limiter les dégâts des gestions capitalistes. On peut douter que cela suffise à « mettre au pas la finance » et à « définanciariser l’économie ».

De façon générale, les propositions de la « France insoumise » touchant à l’argent et au financement de l’économie se caractérisent par un très grand flou.

Il est bien question d’une « politique du crédit sur critères sociaux et écologiques » mais la nature de ces critères sociaux n’est pas explicitée ; surtout, cette mission serait réservée à la Banque publique d’investissement, et non pas assignée à l’ensemble du système bancaire.

On ne comprend pas bien non plus quelle serait l’articulation entre la BPI et le « pôle public bancaire » dont Jean-Luc Mélenchon prévoit la création. Il n’est pas question de nationaliser les deux derniers groupes bancaires privés à base française que sont la Société générale et BNP-Paribas, mais seulement de la « socialisation de banques généralistes » ; proposition d’autant plus énigmatique qu’une autre mesure figurant dans le programme de la « France insoumise » consisterait à « séparer les banques d’affaires et les banques de détail » : que restera-t-il alors comme « banques généralistes » ?

Ces faiblesses soulignent, par contraste, la cohérence d’une stratégie à la fois radicale et réaliste, consistant à s’appuyer, ici et maintenant sur toutes les occasions de conquérir du pouvoir sur l’argent des banques, des entreprises, et sur l’utilisation de l’argent public, afin que ces moyens financiers servent au développement des capacités humaines plutôt qu’à la rentabilisation des portefeuilles financiers et aux stratégies des multinationales. C’est cette cohérence qui fait l’objet du premier axe mis en avant par le PCF pour un rassemblement à gauche. Elle irrigue aussi l’ensemble des propositions que nous mettons en débat pour sécuriser l’emploi et la formation, augmenter les salaires et les minima sociaux, développer les services publics, mettre en place les moyens concrets de lutter contre toutes les discriminations, réussir la transition écologique, changer l’Europe pour pouvoir changer le monde…

Ces axes de rassemblement – contrairement au programme de la « France insoumise » – ne sont pas à prendre ou à laisser mais leur présence dans la bataille qui structure les choix politiques de nos concitoyens – la campagne présidentielle – est indispensable pour redonner à une perspective de gauche la crédibilité qui lui manque aujourd’hui.

Notes

1 Cette note résulte d’un travail réalisé par la commission économique du PCF. Elle a été rédigée par Frédéric Boccara, Gisèle Cailloux, Sylvian Chicote, Yves Dimicoli, Denis Durand, Jean-Marc Durand, Nicolas Marchand, Catherine Mills, Alain Morin, Roland Perrier, Frédéric Rauch, Alain Tournebise

2 Contact : ddurand@pcf.fr

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2 juin 2017 5 02 /06 /juin /2017 12:15

Sur le débat organisé à l'ENS ce jeudi 1er juin

La section PCF5 a été mise au courant fortuitement le 31 mai d'un débat organisé le 01/06 à l'ENS par la radio TrENSmissions, avec divers candidats aux élections législatives dans le 5ème.

La section PCF5 s'est étonnée de plusieurs aspects préoccupants de cette initiative. D'une part, pour la première fois à notre connaissance, le FN est invité à s'exprimer à l'ENS, avec une sélection de candidats qui se réclament, d'une manière ou d'une autre d'une éthique républicaine. Quels que soient les désaccords politiques que notre section peut avoir avec telle ou telle organisation politique dont le (la ) candidate a été invitée à ce débat, nous ne mettons pas sur le même plan ces organisations et le FN, dont la dédiabolisation entreprise depuis plusieurs années a, comme on sait, pu faire illusion à trop de concitoyen(ne)s. Un dirigeant de gauche a même pu adopter une attitude ambigüe devant la nécessité de battre Mme Le Pen le 7 mai. L'ENS peut-elle, sans dommage pour sa réputation, pour son image, laisser inviter dans ses murs, pour la première fois, un représentant du FN, et lui attribuer un certificat de normalité républicaine ? Ne doit-elle pas plus de respect à la mémoire des nombreux Normaliens assassinés pour leur engagement anti-fasciste ?

Un autre élément préoccupant est que la candidate du PCF, Lorraine Questiaux, n'est pas invitée.
Les arguments invoqués par les organisateurs sont de deux ordres pour expliquer ce qui ressemble bien à un écho de la censure officielle organisée par les media publics.

Seul(e)s seraient invité(e)s au débat de ce jeudi 1er juin à l'ENS les candidat(e)s dont les partis auraient obtenu plus de 5% à la présidentielle. Le PCF a soutenu JL Mélenchon. Les 19,5 % que JLM a obtenus le 23 avril seraient-ils la propriété politique du mouvement créé par lui ? Bien malin serait celui qui pourrait affirmer que la contribution de la campagne du PCF (campagne autonome, constructive et critique) au succès de son candidat ne « pèse » pas plus de 5%. Un élément de réflexion est la chute de 7 points, dans les sondages, du mouvement commandé par JLM depuis qu'il a rompu avec le PCF le 04 mai. Manifestement l'invitation au titre du candidat présidentiel JLM de la seule candidate de FI (invitation que la section PCF5 ne conteste évidemment pas), jointe à l'exclusion de la candidate PCF, reflètent une analyse politique discutable et partisane de la part des organisateurs.

La section PCF a été présente et active sans discontinuer dans le 5ème ardt depuis plus de 50 ans. Elle a été la seule organisation politique dans le 5ème à appeler au vote Mélenchon depuis novembre 2016 ; ces trois dernière semaines, des militants FI venant pour la plupart d'autres circonscriptions sont venus aider une FI inexistante dans la 2ème. La candidate du PCF, Lorraine Questiaux, parrainée par plusieurs scientifiques de haut niveau, dont deux membres de l'Académie des Sciences, est une militante féministe infatigable, engagée notamment dans la lutte contre les violences faites aux femmes et contre l'expolitation sexuelle. Sa contribution au débat de l'ENS serait-elle sans intérêt ? S'agirait-il d'un acte de censure du féminisme, en plus de la censure du PCF ?

Nous avons proposé aux organisateurs de réparer l'erreur commise, en invitant Lorraine Questiaux à égalité avec les autres invité(e)s, en distribuant le temps de parole de façon égale entre six particpants au lieu de cinq.

Cette solution a été refusée. On nous propose une participation à des débats ultérieurs avec des organisations dont certaines sont peu sérieuses, voire douteuses, et évidemment avec un temps de parole réduit de moitié.

La section PCF5 appelle tous ceux qui désapprouvent ce traitement inacceptable du PCF à protester auprès de l'ENS, et à soutenir Lorraine Questiaux en votant pour elle le 11 juin.

Paris 5ème, le 01/06/2017

La section PCF du 5ème arrondissement

Informations postérieures : les militanst communistes, avec la candidate PCF Lorraine Questiaux ont diffusé ce tract à l'entrée de l'ENS. L'accueil en a été largement positif, de nombreuses personnes considérant comme nous que l'invitation faite au FN et l'exclusion du PCF de ce débat n'était pas acceptables. La meilleure preuve que ce choix des organisateurs était hautement discutable est qu'à l'intérieur de la salle de nombreuses protestations se sont faites entendre, en particulier contre la présence à la tribune de la candidate FN. Au point que le débat public a été annulé, la salle évacuée, et le « débat » radiodiffusé a eu lieu en privé. La section PCF5 n'est pour rien dans le chahut qui a amené à l'annulaton du débat, elle aurait souhaité un débat qui éclaire le public et les auditeurs. Elle partage et comprend l'indignation des personnes qui se sont manifestées de façon sonore ; les organisateurs n'ont à s'en prendre qu'à eux mêmes pour leur échec à organiser un débat à l'ENS dans des conditions dignes de cet établissement phare de la vie intellectuelle de notre pays.

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1 juin 2017 4 01 /06 /juin /2017 06:10

André Chassaigne. "Je crois, à une aspiration essentielle : l’exigence de remettre l’économie au service des besoins humains"

ANDRÉ CHASSAIGNE
MERCREDI, 31 MAI, 2017
HUMANITE.FR
En tête des plus assidus, André Chassaigne, député communiste du Puy-de-Dôme et candidat aux législatives, qui enregistre 260 présences en commission, 1 600 amendements et 11 rapports rédigés. Photo : Joël Saget/AFP
En tête des plus assidus, André Chassaigne, député communiste du Puy-de-Dôme et candidat aux législatives, qui enregistre 260 présences en commission, 1 600 amendements et 11 rapports rédigés. Photo : Joël Saget/AFP
 au député André Chassaigne, député du Puy-de-Dôme et Président du groupe de la Gauche Démocrate et Républicaine à l'Assemblée qui a adressé la sienne en retour. 
Je tiens tout d’abord à remercier . Les propositions formulées sur le thème de l’emploi sont intéressantes et constituent pour nous une source d’inspiration.
 
Parmi les nombreux sujets abordés, je remarque que plusieurs préoccupations essentielles ressortent, comme la nécessité de partager le temps de travail, de lutter contre la précarisation des emplois, d’inventer un nouveau modèle de croissance, de sortir de la financiarisation à outrance de l’économie, d’aller vers une harmonisation sociale en Europe. Elles répondent, je crois, à une aspiration essentielle : l’exigence de remettre l’économie au service des besoins humains.
 
Nombre de vos propositions font écho à des combats que les députés du Front de gauche ont portés en matière sociale lors de la législature qui s’achève. Notre bilan d’activité en témoigne. J’en citerai quelques-unes : l’abrogation de la loi travail et de la loi Macron, la réduction du temps de travail, la lutte contre le développement des emplois précaires, la sécurité sociale professionnelle, l’encadrement du temps partiel subi qui précarise les femmes, la création de nouveaux pouvoirs pour les élus du personnel, le droit à la retraite à 60 ans, l’augmentation des salaires et l’encadrement des rémunérations des dirigeants, l’interdiction des licenciements boursiers…
 
Sur tous ces sujets, les députés du Front de gauche ont eu la volonté constante d’être les porte-voix des préoccupations du monde du travail en mettant au débat des amendements, des propositions de loi, mais aussi en relayant les luttes sociales et syndicales.
 
Par ailleurs, je note qu’un certain nombre de vos contributions porte sur des enjeux de plus long terme mais au combien essentiels. Elles formulent des orientations pour un nouveau modèle de croissance et dessinent les conquêtes sociales de demain.
 
Plusieurs d’entre vous ont ainsi souligné la nécessité d’engager une transition écologique dans le domaine de l’énergie, des transports et de l’agriculture tout comme l’urgence d’investir dans les services publics (santé, éducation, transport, poste, police de proximité). Ces mesures, qui me paraissent primordiales, pourraient aussi constituer les grandes orientations d’une stratégie industrielle ambitieuse. En plus d’apporter des réponses aux nombreux défis écologiques et sociaux, elles permettraient de créer des milliers d’emplois et de lutter contre le chômage endémique que connaît notre pays.
 
Parallèlement, je crois fortement à l’importance du secteur de l’économie sociale et solidaire pour développer des solutions économiques d’avenir pour nos territoires. Je retiens que plusieurs contributions évoquent cette piste en proposant de soutenir financièrement les associations et en privilégiant la création des coopératives. Il s’agit là d’un enjeu essentiel, tout comme la reconnaissance du droit de préemption pour les salariés, qui en est un levier important.
 
Enfin, la question du revenu universel est également évoquée par plusieurs d’entre vous. Certes, il s’agit d’une idée intéressante, mais elle nécessite d’être largement débattue au regard de son contenu, de son rôle et de son ambition. Cette proposition a néanmoins le mérite de poser le débat sur la place du travail dans notre société et des mutations du monde du travail. C’est pourquoi il est indispensable d’anticiper ces mutations en accordant de nouveaux droits sociaux aux travailleurs : des garanties en termes de continuité du salaire, des droits à la formation tout au long de la vie, des protections contre les licenciements, une allocation d’études et d’autonomie pour aider les jeunes à trouver leur place dans le monde du travail.
 
C’est tout le sens de la proposition de loi que nous avons déposée, avec mes collègues députés du Front de gauche, visant à apporter une sécurité de l’emploi et de la formation.
 
Loin d’être dans une opposition archaïque dans laquelle certains tentent de nous enfermer, les députés du Front de gauche ont toujours été et seront toujours porteurs de politiques de transformation sociale ambitieuses.
 
C’est tout l’intérêt de disposer d’un groupe de députés progressistes à l’Assemblée nationale pour lutter contre les régressions sociales qui s’annoncent.
 
André Chassaigne,
député du Puy-de-Dôme et Président du groupe de la Gauche Démocrate et Républicaine
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1 juin 2017 4 01 /06 /juin /2017 05:59

Derrière les mots creux et le envolées lyriques d'Emmanuel Macron, nombreux ont été ceux qui y ont mis leurs espoirs et leurs refus du "comme avant". Depuis quelques jours la réalité dépasse la fiction. Ce sont bien les mêmes qui opèrent, pour les mêmes, comme les mêmes. L'engouement s'émousse, les doutes apparaissent, les déceptions affleurent. Il est encore temps de contredire le scénario annoncé à force propagande. Se doter de députés de gauche et parmi eux les communistes qui ont fait leurs preuves, capable de porter la voix des travailleurs à l'Assemblée Nationale et de promouvoir des propositions de loi utiles au pays sera une anti-dote au libéralisme ravageur. Il ne faudrait pas que le réveil le 19 juin conduise au rejet de tout, indifféremment, laissant s'infiltrer le pire.

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31 mai 2017 3 31 /05 /mai /2017 17:55
 

 

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Le PCF spolié de son temps d'antenne!
 

Suite au recours déposé par En Marche !, le Conseil constitutionnel s'est réuni pour réexaminer le temps d'expression audiovisuelle des formations politiques lors de la campagne officielle des législatives.

La préconisation du Conseil constitutionnel à l'attention du CSA augmente, à juste titre, le temps de parole, initialement prévu à 7 minutes, des formations représentées à l'élection présidentielle mais ne disposant pas de groupe de parlementaire. Ceci pour réduire l'écart avec le temps accordé au PS et à LR, respectivement 2h et 1h44 pour rappel.

En revanche, cette revalorisation n'est pas préconisée pour le PCF qui s'est vu attribué 5 pauvres minutes pour présenter le bilan de ses parlementaires et le programme de ses 524 candidats et candidates. Le prétexte de cette discrimination est que ce temps de parole a été fixé à l'Assemblée nationale dans le cadre d'une représentation proportionnelle entre les groupes parlementaires. Résultat, le PCF est scandaleusement spolié dans cette mascarade démocratique.

Suite à la décision du Conseil constitutionnel, ce temps d'antenne doit être revu.

André Chassaigne président du groupe PCF Front de Gauche à l'Assemblée nationale en appelle publiquement et par courrier officiel à l'intervention de Claude Bartolone, président de l'Assemblée Nationale et Pierre Laurent, secrétaire national de Parti communiste adresse également un courrier au président du CSA, Olivier Schrameck, pour que ce déni de démocratie soit corrigé sans délai.
 

Parti Communiste français

Paris, le 31 mai 2017.


www.2017.pcf.fr
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31 mai 2017 3 31 /05 /mai /2017 07:13

Législatives 2017 : pourquoi la bonne présidentielle de Mélenchon pourrait ne pas suffire

DÉCRYPTAGE - Si Jean-Luc Mélenchon croit officiellement en la victoire de la France insoumise aux législatives, celle-ci est loin d'être acquise.DÉCRYPTAGE - Si Jean-Luc Mélenchon croit officiellement en la victoire de la France insoumise aux législatives, celle-ci est loin d'être acquise.

Jean-Luc Mélenchon à son meeting à Rennes le 26 mars
Jean-Luc Mélenchon à son meeting à Rennes le 26 marsCrédit : David Vincent/AP/SIPA
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Ludovic Galtier 
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Journaliste RTL

Fort d'un score record au premier tour de la présidentielle (19,58%), Jean-Luc Mélenchon veut se présenter comme la première force d'opposition à Emmanuel Macron. Partant du principe que Les Républicains sont divisés entre les "Macron compatibles" et ceux qui veulent lui imposer leur ligne, que le Parti socialiste est réduit en miettes après la déroute de Benoît Hamon à la présidentielle et que le Front national n'est pas une solution envisageable, le leader de la France insoumise croit qu'un espace politique peut se dégager. "J'appelle tous ceux qui sont prêts à rompre avec le passé à se joindre à la France insoumise dont nous avons fait le mouvement de masse en tête dans tant de villes de notre pays", appelait-t-il le soir du 7 mai, avant de conclure : "Une nouvelle majorité parlementaire est possible autour de nous".

Les sondages, réalisés depuis l'élection d'Emmanuel Macron à la présidence de la République, confirment pourtant que le mouvement de La France insoumise est au niveau national encore une fois au pied du podium, derrière La République En Marche (28%), Les Républicains (20%) et le Front national (19%). Il serait largement distancé (15%) par ces deux derniers alors que Jean-Luc Mélenchon, à quelques centaines de milliers de voix près, avait fait jeu égal avec Marine Le Pen et François Fillon un mois plus tôt.

"Mauvais perdant", invectives... L'image de Mélenchon abîmée

Sa défaite à la présidentielle a été on ne peut plus difficile à digérer. Le candidat, qui a jugé bon de prendre son temps avant de commenter les résultats au soir du premier tour, s'est attiré les foudres de ses détracteurs et des éditorialistes politiques lorsqu'il a refusé de donner une consigne de vote pour le second tour. Emmanuel Macron l'accusait alors de commettre "une faute grave, lourde". Pour Alain Duhamel, "c’est une dérobade" et "une faute politique majeure". Alba Ventura, quant à elle, estimait qu'il "encourage l'abstention". En réponse aux commentaires des acteurs et des observateurs, Jean-Luc Mélenchon avait alors publié une vidéo pour se justifier. "J'irai voter. Je ne voterai pas Front national, tout le monde le sait. (...) Il y a un doute ? Un doute sur quoi ? Sur ce que je pense du Front national ? Mon opinion est affichée sur tous mes habits depuis cinq ans", disait-il en montrant sur son col le triangle rouge qui n'est autre que l'insigne des déportés politiques de la Seconde Guerre mondiale.

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Son image, qu'il avait réussi à lisser pendant la campagne, devenait alors plus dure et les invectives, qu'il avait un temps chassées de son vocabulaire, sont désormais plus courantes. En campagne le 24 mai, Jean-Luc Mélenchon a fustigé Bernard Cazeneuve, qu'il a qualifié de "bedeau du capital et du gouvernement", pour avoir critiqué son choix de ne pas donner de consigne de vote pour le second tour de la présidentielle. "Ce type ose la ramener avec son costume de bedeau. Oui le bedeau du capital et de ce gouvernement ! Qui est-ce qui a tué Rémi Fraisse sauf erreur ? C'est pas moi, non ? Pourtant c'est à moi que cet homme ose venir dire, ce génie, que je n'ai pas su prendre mes distances avec le Front national", a déclaré l'ancien candidat à la présidentielle.

Bernard Cazeneuve a répondu et dénoncé le 26 mai le "discours de haine" et les "accusations abjectes" proférées à son encontre par Jean-Luc Mélenchon, à qui il reproche "une faute politique et morale" pour "ne pas avoir appelé clairement à voter" pour Emmanuel Macron face à Marine Le Pen.

Son parachutage à Marseille sous le feu des critiques

Après avoir été attaqué à Paris, Jean-Luc Mélenchon a affronté une nouvelle vague de critiques à Marseille. Arrivé en tête au premier tour dans la cité phocéenne, il a choisi de se porter candidat à la députation dans la 4e circonscription des Bouches-du-Rhône, celle où règne en maître le socialiste Patrick Mennucci. "Les amis m'ont dit : 'Tu ne peux pas aller dire aux gens [que nous] nous repartons à la bataille, [que nous] nous allons être majoritaires à l'élection législative puis [que] tout le monde y est sauf toi'. On m'a dit : 'Ça ne tient pas debout'", a justifié le leader de la France insoumise sur BFMTV.

Largement favori selon les sondages, Jean-Luc Mélenchon, qui fustigeait le parachutage "des chefs" cinq ans plus tôt, balaie désormais d'un revers de main ceux qui l'accusent de céder à la facilité. Mais il a trouvé en Patrick Mennucci un adversaire adepte, lui aussi, du verbe haut.

À propos de l'invitation lancée par son adversaire de lui offrir une bouillabaisse, le socialiste ironise : "C'est juste la démonstration qu'il n'a rien compris, parce que la bouillabaisse, c'est un plat de touristes à Marseille. Les Marseillais n'en mangent quasiment jamais". Avant de lâcher : "Jean-Luc Mélenchon fait tout pour passer pour un Marseillais. Bientôt, il va se mettre à jouer aux boules et à boire du pastis. Tout cela est absolument lamentable". Ce duel explosif concentré sur les personnalités pourrait avoir pour première conséquence de faire oublier l'essence de la candidature de Jean-Luc Mélenchon, celle qui lui a permis de s'imposer dans le quatuor de tête à la présidentielle, à savoir son programme, "L'Avenir en commun".

Les candidats pour les élections législatives dans la 4ème circonscription des Bouches-du-Rhône sont Jean Kergomard (DVG), Jeanne Marti (FN), Jean-Victor Shilling-Ford (DIV), Ferdinand Richard (DVG), Martine Carpentier (extrême droite), Nora Ahazzane (DIV), Cyril Bret (DIV), Corinne Versini (REM), Léo Hassan Tahiri (DIV), Lydie Gandon (écologiste), Jean-Luc Mélenchon (FI), Mohamel Naïli (DIV), Gabriel Duplaix (DLF), Selma Boudouaya (DVD), Julie Bouhet-Massiani (régionaliste), Solange Biaggi (LR), Isabelle Bonnet (extrême gauche), Halidi Aboubacar (DVG), Patrick Mennucci (socialiste), Zita Etoundi (DIV).

Pas d'accord national avec le Parti communiste

L'accord entre la France insoumise et le Parti communiste n'aura pas survécu à la présidentielle. Si le parti de Pierre Laurent a été contraint par ses militants de s'associer à Jean-Luc Mélenchon pour l'élection à la fonction suprême, il n'en sera pas de même aux élections législatives. Le leader de la France insoumise impose une "campagne nationale sur un programme national", ce que refusent le Parti communiste et Europe Écologie-Les Verts. Seuls des accords locaux ont été scellés. Si les deux partis en question ne sont plus les poids lourds d'antan, leurs voix pourraient manquer aux 577 candidats de la France insoumise.

Un SMS envoyé par Jean-Luc Mélenchon à Pierre Laurent le 4 mai, révélé par Le Canard Enchaîné, en dit long sur l'état des relations entre les deux leaders nationaux. "Vous créez la confusion dans tout le pays en vous appropriant mon portrait et mon nom sans parler du logo Front de Gauche ! Bravo l'identité communiste ! Tout ça pour après des mois d'injures et manœuvres pour saboter ma campagne (sic). Et vous recommencez ! Vous êtes la mort et le néant. Dix mois pour me 'soutenir', dix minutes pour soutenir Macron. Sans oublier les accords que vous ne respectez pas. J'en ai assez. Je vais donc annoncer notre rupture politique dès mon retour à Paris. Et je vais dire pourquoi." Pierre Laurent, secrétaire général du PCF, espère malgré tout former un groupe parlementaire à l'Assemblée nationale avec "une vingtaine de députés".

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30 mai 2017 2 30 /05 /mai /2017 21:02

Rencontre Macron–Poutine : Passer de l'opération de comm' à une politique de sécurité et de coopération collectives (PCF)

La recherche nécessaire d’un « dialogue exigeant » , voire celle d’un nouveau partenariat avec la Russie, au-delà des intentions, doit se traduire par une véritable implication de la diplomatie française dans des propositions et une politique extérieure portant sur la définition de nouveaux espaces communs de sécurité et coopération collectives, contrecarrant les logiques de guerre et promouvant au contraire la recherche d’une solution pacifique, politique et diplomatique, des conflits.

Or rien, dans les intentions affichées par le président Emmanuel Macron devant Vladimir Poutine, ce 29 mai, ne laisse entrevoir que la diplomatie française s’engagerait dans une telle direction.

S'agissant du conflit en Syrie, comment parler de « relancer une solution politique contre le terrorisme incluant la Russie » quand, dans le même temps, à l'occasion du sommet de l’Otan, c'est d'un engagement direct de l'Alliance atlantiste dans la coalition internationale, sous commandement américain, qui a été décidé ? Et cela, dans un contexte où le Président des États-Unis vient de conclure un accord d’armement avec l’Arabie saoudite de 100 milliards de dollars.

La France devrait notamment prendre ses distances avec la politique nord-américaine et œuvrer à la tenue d’une conférence internationale de l'ONU pour la paix et le développement au Proche-Orient, mettant autour de la table les représentants de tous les pays et forces impliqués dans les conflits dans la région.

S'agissant du conflit ukrainien, comment prétendre relancer la recherche d’un nouveau partenariat avec la Russie et relancer le processus de mise en œuvre des Accords de Minsk tout faisant porter sur la seule Russie l’entière responsabilité de la situation actuelle qui a déjà fait plus de 10 000 victimes ? et en menaçant la Russie de sanctions supplémentaires, comme lors du G7 de Taormina.

Sans dédouaner la Russie de ses propres responsabilités dans ce conflit, force est de constater que les pays occidentaux, États-Unis en tête, portent une très lourde responsabilité dans l’évolution catastrophique de la situation dans l'est de l'Ukraine et dans tout le pays, et dans les relations avec la Russe depuis déploiement des forces de l’OTAN dans son voisinage.

La France se grandirait en recherchant les conditions d’un authentique partenariat avec la Russie pour la sécurité et la coopération collectives en Europe, en rompant avec sa politique interventionniste et militariste déployée dans le cadre de l’Otan et inscrite dans le marbre des traités européens.

Le président Macron dont nulle vision ou ambition neuve de politique extérieure ne transparaît pour l'heure aurait été bien inspiré de plaider pour la proposition adoptée à l'unanimité en février au Parlement français à l'initiative des élus communistes et Front de gauche de l'organisation, sous égide de l'ONU, d'une COP de la finance mondiale, de l'harmonisation et de la justice fiscales.

PCF - Parti Communiste Français,
Paris, le 30 mai 2017

 
 
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Published by bruno fornaciari - dans ACTUALITES INTERNATIONAL PCF
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