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14 août 2017 1 14 /08 /août /2017 09:33

magnifique solo de batterie

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Published by bruno fornaciari - dans DETENDEZ-VOUS EN MUSIQUE
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13 août 2017 7 13 /08 /août /2017 12:19

Sous Trump, l’Amérique raciste défile et défie à visage découvert

LAURENCE MAURIAUCOURT
DIMANCHE, 13 AOÛT, 2017
HUMANITE.FR
Des drapeaux nazis, ouvertement brandis samedi en Virginie : une image qui a fait le tour du monde via les réseaux sociaux.

Des violences entre des partisans de l'extrême droite américaine et des contre-manifestants ont causé la mort d'une, voire trois personnes et fait une vingtaine de blessés samedi à Charlottesville en Virginie. La réaction du président Donald Trump qui a renvoyé les deux camps dos à dos, a suscité de vives réactions, dont celle de l’ex-président Obama. Retour sur les faits.

L’information a ajouté l'indignation samedi : une femme de 32 ans a été tuée lorsqu'une voiture a foncé, volontairement selon des témoins, dans une foule de contre-manifestants venus s'opposer à un rassemblement unitaire de la droite radicale américaine: néo-nazis, suprémacistes blancs, Ku Klux Klan (KKK) jusqu'à la droite alternative ou Alt Right, dont une partie au moins avait soutenu Donald Trump à l'élection présidentielle.

Ce sont même trois morts qui sont dénombrés. "Nous avons des gens qui sont venus ici pour provoquer la confusion, le chaos et le trouble, lesquels ont provoqué trois décès", a en effet déclaré Maurice Jones, directeur municipal de Charlottesville, au cours d'une conférence de presse.

Des affrontements entre manifestants des deux camps s'étaient multipliés avant le rassemblement de Charlottesville, finalement annulé mais trop tard par les autorités de cette petite ville historique de l'est des Etats-Unis.

Donald Trump refuse de condamner explicitement les mouvements d’extrême droite

Le président américain Donald Trump a certes condamné les violences de Charlottesville, mais sans se prononcer sur la responsabilité de l'un ou l'autre des camps en présence. "Nous condamnons dans les termes les plus forts possibles cette énorme démonstration de haine, de sectarisme et de violence venant de diverses parties", a-t-il déclaré depuis son golf de Bedminster (New Jersey), où il passe ses vacances.

En semblant renvoyer dos à dos les deux camps, le président américain a provoqué l'indignation chez les Démocrates mais aussi un malaise chez les Républicains, son propre parti. "La haine et la division doivent cesser, et elles doivent cesser immédiatement", a lancé le président. Interpellé par des journalistes, il a refusé de condamner spécifiquement les mouvements d'extrême droite.

La démocrate Hillary Clinton, battue par Donald  Trump à l'élection présidentielle de 2016, l'a critiqué, sans le nommer. "Chaque minute où nous permettons à cela de se poursuivre par un encouragement tacite ou par inaction est une honte et un danger pour nos valeurs", a-t-elle tweeté.

Le sénateur républicain de Floride, Marco Rubio, est lui aussi intervenu sur Twitter. "Très important pour la nation d'entendre le président décrire les événements de Charlottesville pour ce qu'ils sont, une attaque terroriste menée par des suprémacistes blancs".

Barak Obama cite Mandela

L'ex-président Barack Obama est sorti de sa réserve en citant Nelson Mandela: "Personne ne naît en haïssant une autre personne à cause de la couleur de sa peau, ou de ses origines, ou de sa religion".

Dans la soirée, le ministre de la Justice Jeff Sessions a dénoncé pour sa part "l'intolérance raciale et la haine". Les violences de Charlottesville "trahissent nos valeurs fondamentales et ne peuvent être tolérées", a-t-il dit.

Le FBI, la police fédérale, a d’abord annoncé l'ouverture d'une enquête sur les circonstances dans lesquelles la voiture a foncé sur la foule, tuant la jeune femme et blessant 19 autres personnes. Le conducteur du véhicule a été placé en garde à vue et la police traite les faits comme un "homicide criminel", a déclaré le chef de la police de Charlottesville, Al Thomas. Selon la chaîne de télévision CNN, le suspect, James Alex Fields Jr, 20 ans, originaire de l'Ohio, a été inculpé de meurtre, de blessures et de délit de fuite. Trois autres personnes ont été arrêtées et inculpées.

Témoignages

La vidéo montrant une voiture de couleur sombre percutant un autre véhicule par l'arrière, qui lui-même rentre dans une troisième voiture devant lui, a fait le tour du monde. La voiture responsable de la collision repart alors vivement en marche arrière au milieu des manifestants paniqués.

"On marchait dans la rue quand une voiture, une berline noire ou grise, nous a foncé dessus, elle a percuté tout le monde. Puis elle a reculé et nous a encore heurtés", a déclaré un témoin à l'AFP.

"Une fille au sol a été mutilée. C'était volontaire, ils ont fait exprès de faire marche arrière", a raconté un autre homme qui avait assisté à la scène.

L'annonce de ce rassemblement de mouvements d'extrême droite, qui voulaient dénoncer le projet de démontage de la statue d'un général sudiste et favorable à l'esclavage de la guerre de Sécession, suscitait les plus grandes inquiétudes.

Il se présentait comme l'un des plus importants de cette mouvance politique depuis au moins une décennie avec des centaines de participants, selon les organisations antiracistes.

Dès le début de la journée, de nombreux manifestants arboraient des armes semi-automatiques, comme le permet la loi en Virginie. Et devant de premières échauffourées très violentes, les autorités locales décrétaient l'état d'urgence et l'interdiction du rassemblement.

Drapeaux confédérés et salut nazi

De nombreux partisans de l'extrême droite brandissaient des drapeaux confédérés, que beaucoup d'Américains savent être un symbole de racisme, et certains faisaient le salut nazi.

Les militants anti-racistes agitaient des drapeaux du mouvement Black Lives Matter (BLM), qui proteste régulièrement contre les décès de Noirs victimes d'usage excessif de la force par la police. Ils scandaient des slogans comme "Nous disons non à la peur raciste" ou "Pas de nazis, pas de KKK, pas de fascistes aux USA".

Nazis, go home !

La police a fait usage de gaz lacrymogènes, alors qu'un des contre-manifestants, battu à coups de bâton et de barres en métal, était abandonné baignant dans son sang.

En fin d'après-midi, le centre de Charlottesville était pratiquement désert à part une forte présence des forces de sécurité.

Dans la soirée, le gouverneur de Virginie a attaqué les groupes d'extrême droite. "J'ai un message pour tous les suprémacistes blancs et les nazis qui sont venus aujourd'hui à Charlottesville. Notre message est simple et clair. Rentrez chez vous. Vous n'êtes pas les bienvenus dans cette belle communauté", a-t-il dit.

Si les autorités locales ont finalement fait état d’un bilan de trois morts et 35 blessés, c’est qu’elles y incluent le décès de deux policiers morts dans la chute de leur hélicoptère près de Charlottesville sans qu'un lien explicite avec les affrontements ne soit formellement établi.

Le gouverneur de Virginie Terry McAuliffe en était venu à déclarer l'état d'urgence en raison de la violence des affrontements qui opposaient des centaines de manifestants et de contre-manifestants avant même le début du rassemblement d'extrême droite. Intitulé "Unite the Right Rally", il réunissait des groupes de la droite radicale et identitaire, dont le Ku Klux Klan et des néonazis.

Ces groupes entendaient dénoncer le projet de Charlottesville de déboulonner dans un jardin municipal la statue du Général Lee, un gradé sudiste fervent pro-esclavagiste.

Des centaines de manifestants et de contre-manifestants étaient arrivés dans la matinée à Charlottesville, une ville de l'est de Etats-Unis. Des échauffourées entre les deux camps ont rapidement éclaté, malgré le déploiement de la police anti-émeutes et de la garde nationale.

Des événements prévisibles... 

Le 8 juillet dernier, quelques dizaines de membres encapuchonnés du Ku Klux Klan s'étaient déjà rassemblés dans cette ville décrite comme paisible. Les militants antiracistes se trouvant là furent bien plus nombreux. L’extrême-droite nationaliste, sans aucun doute décomplexée et boostée depuis que Donald Trump s’est installé à la Maison Blanche est apparue davantage rassemblée ce samedi 12 août.

Dans ce contexte, l’on mesure d’autant plus la pertinence du discours prononcé par Angela Davis, lors d’une manifestation féministe et antiraciste, dans les premiers jours après l’élection de Donald Trump.     

(Avec AFP) 

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12 août 2017 6 12 /08 /août /2017 15:49

Déjà pris dans le pot à confiture sur la Libye, la Syrie et l'Ukraine, le parti Ensemble de Clémentine Autain démontre une nouvelle fois dans un communiqué sur le Venezuela sa propension à promouvoir le calendrier impérialisme et fasciste des USA.

D'un journal détenu par un milliardaire comme l'est Libération (propriété de Patrick Drahi, thuriféraire de l'état raciste israëlien), on n'attendra guère de ses journalistes autre chose que les sons de cloche otanesques unanimement répandus dans les médias "libres" français, tant privés que publics. Quotidiennement depuis plusieurs semaines, Libération y va de sa banderille de propagande afin de soutenir l'arrivée au pouvoir au Venezuela d'un régime fasciste. Ce matin (9 août), c'est François-Xavier Gomez qui s'y colle. Il commence par une mise à jour mettant en avant la condamnation par 12 états d'Amérique du Sud de l'assemblée constituante élue le 30 juillet dernier au Venezuela. " Parmi ces pays, on trouve les plus importants du continent : l’Argentine, le Brésil, le Canada, le Chili, la Colombie, le Costa Rica, le Guatemala, le Honduras, le Mexique, le Panama, le Paraguay et le Pérou", souligne François-Xavier Gomez, probablement incapable de comprendre alors le grotesque de cette mise à jour. Reprenons donc sa liste de pays donnant des conseils de démocratie au Venezuela :

- Argentine : la première mesure de son président, Mauricio Macri, fut de revenir sur la loi sur les médias du gouvernement précédent de Cristina Kirchner et de rétablir ainsi la toute-puissance des conglomérats privés ; il applique depuis son arrivée au pouvoir une féroce politique d'austérité pro-patronale, faisant exploser la dette de l'Argentine et la pauvreté ;

- Brésil : l'actuel président, Michel Temer, est en place depuis un coup d'état "institutionnel" contre la présidente légitimement élue Dilma Roussef ; politique ultra-libérale pro-patronale, corruption, etc.

- Canada : caniche des Etats-Unis

- Colombie : caniche des Etats-Unis, assassinats réguliers de journalistes, de militants progressistes et de syndicalistes, découvertes régulières de fosses communes, promotion du para-militarisme d'extrême-droite.

- Costa-Rica : pays sous protectorat étasunien de fait.

- Honduras : innombrables assassinats de journalistes et de syndicalistes depuis le coup d'état de 2009 contre le président Zelaya, appuyé par les Etats-Unis.

- Mexique : fraudes nombreuses lors des dernières élections présidentielles, disparitions, tortures, assassinats, notamment le 26 septembre 2014 de 43 étudiants de l'école normale d'Ayotzinapa venus manifester contre le gouvernement à Iguala.

- Panama : pays sous protectorat étasunien depuis son invasion et son occupation commandées par Bush Sr en 1989.

- Paraguay : son président élu et de gauche, Fernando Lugo, est renversé par un coup d'état "institutionnel" en 2012 ; retour depuis aux politiques néo-libérales les plus agressives.

- Pérou : pays sous protectorat étasunien, l'installation d'une nouvelle base militaire de l'armée étasunienne dans ce pays est annoncée au début de cette année, qui s'ajoute aux sept bases déjà présentes.

On suppose bien qu'avec la mémoire de poisson rouge qui caractérise la plupart de nos journalistes français, François-Xavier Gomez n'a aucune idée de l'absurdité qu'il y a à brandir la condamnation de l'assemblée constituante tout juste élue au Venezuela par douze pays tous marqués par des coups d'états, des assassinats de syndicalistes et une inféodation étroite aux Etats-Unis. Après une telle entrée en matière, on n'est donc guère surpris de voir l'article de Gomez se poursuivre par ces mots : " Le haut-commissaire aux droits de l’homme des Nations unies, le Jordanien Zeid Ra’ad al-Hussein, a dénoncé mardi « une tendance évidente à l’usage excessif de la force à l’encontre des manifestants » au Venezuela. " Après avoir mis en avant douze pays à des stades plus ou moins avancés de dictature bourgeoise et fasciste, François-Xavier Gomez cite donc un ressortissant du Royaume de Jordanie, pays qui, rappelons-le, est une monarchie prétendument parlementaire où le premier ministre est désigné par le roi, les parlementaires révocables par celui-ci ; un pays au sujet duquel un rapport de 2016 d'Humanrights écrit : "Les actes de torture et de mauvais traitement perpétrés par les agents des services de sécurité restent dans la plupart des cas impunis. Les manifestations sont souvent réprimées de manière violente. La liberté d’expression, d’association et d’information subissent de fortes restrictions. En particulier, les expressions critiques à l’égard du roi, des agents de l’État et de l’islam sont passibles de poursuites pénales. "

En somme, ou bien François-Xavier est un épouvantable idiot ou bien il prend ses lecteurs pour des ahuris. En tout état de cause, son article ne sert qu'une seule chose : l'instauration d'un régime fasciste au Venezuela sous supervision de la CIA et, si besoin est, invasion militaire de l'armée étasunienne. Il n'y a cependant là rien d'extraordinaire, répétons-le, car on imagine bien que le milliardaire Patrick Drahi n'a pas racheté Libération pour promouvoir la démocratie, le progrès et la réduction des inégalités dans le monde.

C'est beaucoup plus embêtant lorsque l'on trouve ce type de propagande dans un communiqué du parti Ensemble de Clémentine Autain, supposé faire partie de la France Insoumise, et donc défendre le processus révolutionnaire et constituant en cours au Venezuela. Voici ce qu'il y est notamment écrit :

" Dans une situation économique et sociale chaotique, qui se double d’une insécurité des personnes, le gouvernement Maduro a choisi la fuite en avant dans le seul objectif de se maintenir au pouvoir. Après le désaveu qu’a constitué la victoire de l’opposition aux élections législatives de 2015, et après avoir tenté d’annihiler les pouvoirs de la nouvelle Assemblée, l’élection d’une pseudo Assemblée constituante représente un nouveau coup de force avec un projet de constitution qui remet de fait en cause le principe du suffrage universel, une personne égale une voix. A cette farce électorale, s’ajoute la répression des opposants politiques, les violences quotidiennes contre les manifestants qui ont fait des dizaines de morts et des centaines de blessés, et au mépris même de la constitution chaviste, le refus d’organiser le référendum révocatoire du président, le blocage des élections des gouverneurs prévus en 2016. Le Venezuela n’est plus aujourd’hui un Etat de droit, ce que ne saurait masquer la rhétorique « anti-impérialiste » du gouvernement. "

Ensemble a donc choisi de hurler avec les loups. Ensemble a donc décidé d'appuyer la tentative de coup d'état fasciste menée au Venezuela par le patronat le plus rétrograde, le clergé le plus réactionnaire, la bourgeoisie la plus revancharde et la CIA. Ensemble, prétendu parti progressiste, se place donc du côté de ceux qui, naguère déjà, vilipendèrent le Chili de Salvador Allende et permirent la dictature sanguinaire et ultra-libérale du généralPinochet. Le communiqué d'Ensemble sur le Venezuela fait donc de ce parti un complice objectif des tentatives actuelles de l'impérialisme étasunien et de la bourgeoisie fasciste d'Amérique du Sud afin de ramener le continent aux délicieuses heures des dictatures militaires d'extrême-droite du 20ème siècle. En somme, sous ses jolies couleurs rouge et verte, Ensemble promeut un agenda fasciste en Amérique du Sud et se révèle un vilain sous-marin de l'impérialisme sanguinaire étasunien. A moins de dénoncer ce communiqué qui, d'après certains échos sur les réseaux sociaux, aurait été imposé à ses militants par sa direction, Ensemble doit être promptement banni de la France Insoumise.

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Si je souscris au cadre général de cet article, je ne peux cependant faire mienne sa conclusion selon laquelle " Ensemble a donc décidé d'appuyer la tentative de coup d'état fasciste menée au Venezuela par le patronat le plus rétrograde, le clergé le plus réactionnaire, la bourgeoisie la plus revancharde et la CIA." Il reste qu'avec ce communiqué "Ensemble" affaiblit l'unité progressiste nécessaire aux visées réactionnaires de la droite vénézuélienne et internationale. Il n'est qu'à entendre Donald Trump envisager une intervention militaire.

 

Tous les gouvernements progressistes d´Amérique latine ont une opposition dite de gauche

Reprise d'un article de LGS

Le cyclone médiatique semble s’être éloigné temporairement des côtes vénézuéliennes. Durant les trois semaines précédant l’élection des députés à l’Assemblée constituante, le Venezuela bolivarien a été à la Une de toutes les entreprises de communication internationales.

Ce n’est évidemment pas un hasard : il s’agissait de créer un climat favorable dans l’opinion publique pour justifier un changement de régime par la force. Celui ci n’ayant pas eu lieu, et le Peuple vénézuélien ayant donné une légitimité par les urnes à l’Assemblée constituante, en dépit du boycott de l’opposition et des menaces qui pesaient sur les électeurs, le Venezuela disparaît progressivement de nos médias, laissant la place à l’arrivée de Neymar au PSG et à celle d’un bébé panda au zoo de Beauval.

Comme les nuages se sont désormais retirés (attention tout de même à la queue du cyclone), nous pouvons désormais constater l’ampleur des dégâts laissé par le typhon médiatique au sein de l’opinion publique, et particulièrement parmi les sympathisants et militants de la transformation sociale. Le temps de rétablir la véracité des faits étant bien plus long que celui d’énoncer des mensonges, il restera toujours un doute et une méfiance dès que l’on recommencera à parler du Venezuela bolivarien. Il convient donc de revenir sur la légitimité de certaines sources d’information.

Depuis quatre mois, une opération de déstabilisation antidémocratique était en cours dans le pays caribéen. Elle s’est accélérée dés que le président Maduro, analysant la crise politique dans laquelle était plongé son pays, décida de redéfinir le pacte social qui unit les vénézuéliens en convoquant une Assemblée constituante. L’opposition vénézuélienne, au nom de la démocratie, décida de boycotter et d’empêcher par tous les moyens la tenue de cet évènement électoral.

Les tenants de la droite internationale ont tous manifesté une solidarité inconditionnelle avec leurs semblables vénézuéliens dans leur tentative de renverser le pouvoir. De Rajoy a Santos, de Uribe a Manuel Valls en passant par Peña Nieto et autres, aucun des dirigeants de droite n’a conditionné son soutien à une quelconque critique de cette opposition, pourtant très peu démocratique. En revanche, dans certains secteurs de gauche, nous avons pu assister à des exercices de funambulisme politique voire à des attaques frontales contre la Révolution Bolivarienne au moment où celle-ci est attaquée de toute part.

La plupart de ces commentateurs, pour critiquer le processus révolutionnaire vénézuélien, sans pour autant devoir puiser leurs références à l’extrême droite, se sont référés aux analyses produites par les membres de Marea Socialista, organisation issue d’une énième scission des partis trotskystes vénézuéliens (1). Ces derniers, pour dépasser le cadre intime de leur organisation, ont lancé un mouvement autodénominé « Plateforme du peuple en lutte et du chavisme critique ». Grand coup de communication, puisque cela laisse supposer qu’ils détiennent le monopole de la critique. Ce qui est évidemment faux. Il suffit, pour s’en rendre compte, de discuter un instant avec n’importe quel militant ou sympathisant du Parti Socialiste Uni du Venezuela (Psuv), ou des organisations de base de la Révolution bolivarienne.

Comme les médias et certains politiciens n’ont cessé de le répéter, ce mouvement compte effectivement 4 des 141 anciens ministres de l’ancien président Chavez (1999-2012). Mais alors, on se demande bien pourquoi la parole de 3% des anciens ministres d’Hugo Chavez pèse plus que celle des 97% restant qui continuent, eux, de soutenir la Révolution (2). Dans ce cas, la légitimité accordée à cette ultraminorité ne semble venir que de leur récente position d’opposant politique.

Cette invocation permanente du « chavisme critique » n’est pas le fruit du hasard. Systématiquement relayé par les médias dominants voire par les leaders de l’opposition, l’éclosion médiatique du « chavisme critique » semble faire écho au mémorandum élaboré en 2006 par l’ancien ambassadeur étatsunien William Brownfield et révélé par Wikileaks trois ans plus tard. Dans la missive envoyée au Département d’Etat, l’ancien ambassadeur faisait état du travail de l’ambassade pour tenter de diviser le chavisme (3). Il semble que les efforts souterrains des Etats-Unis aient porté leurs fruits.

Le Venezuela n’est pas un cas isolé. Tous les gouvernements progressistes d’Amérique latine ont une opposition dite de gauche. Rejeté majoritairement par les Peuples de leurs pays, le Psol au Brésil (1,55%), les Verts en Bolivie (2,69%), le Front de Gauche en Argentine (3,43%), ou encore l’Unité plurinationale des gauches en Equateur (3,23%) ont un écho médiatique sans commune mesure avec leur manque de représentativité populaire.

Et pourtant, des « intellectuels de gauche » jusqu’aux médias dominants, leurs analyses destructrices des processus révolutionnaires sont extrêmement relayées dans les pays occidentaux sans qu’aucun questionnement sur la légitimité de leur point de vue ne soit jamais évoqué. Même si chaque opinion est intéressante pour enrichir le débat, cette question de la légitimité démocratique des sources d’information pose problème (4).

Imaginons un seul instant que le New York Times fasse une double page d’interview de Jacques Cheminade pour dresser un bilan critique des débuts d’Emmanuel Macron à la présidence de la République. Ce qui choquerait ne serait pas tant les propos tenus par le politicien français, mais l’exclusion du même média de personnes considérées comme plus légitime car rassemblant autour d’elles un courant d’idées et une véritable force politique d’opposition. Au nom de quoi se voit-on imposer les Jacques Cheminade vénézuéliens pour décrypter la situation du pays caribéen ?

Lors des élections législatives de 2015 au Venezuela, Marea Socialista et le « chavisme critique » ont présenté 67 candidats à l’Assemblée Nationale (5), ces derniers réalisèrent des scores historique…ment faible, allant de 0,01% à 0,1% (6). Si 99.9% des vénézuéliens (chavistes ou d’opposition) rejettent les analyses et les propositions des membres du « chavisme critique », pourquoi donc cette vision s’impose dans le débat sur le Venezuela au sein d’une partie de la gauche française ? Est-ce parce que cette dernière trouve dans ces critiques qu’elle comprend, une façon de se désolidariser d’une révolution qui lui échappe et dont elle ne mesure pas la portée ?

Cette pensée mi-figue mi raisin consiste à mettre sur le même pied des positions politiques adverses et inégales. Et pourtant, même cette expression idiomatique typiquement française (« mi-figue, mi raisin ») tend à nous faire oublier que la France est un pays de raisin, dont la production est 2000 fois supérieure à la production de figue (7). Tout le monde conviendra que si l’arrêt de la production de figue ne représenterait pas un coup dur à notre économie, celle du raisin, en revanche, détruirait une grande partie de nos campagnes. Il ne viendrait à l’idée de personne de mettre sur un pied d’égalité ces deux productions agricoles. Or, hasard des chiffres, le chavisme compte aussi 2000 fois plus d’électeurs que Marea Socialista et son chavisme critique, et malgré cela la figue molle réussit à se hisser au niveau du raisin.

La pensée « mi-figue mi-raisin », si elle s’adapte parfaitement aux schèmes de pensées intellectuels, est impropre à la prise de décision politique où l’on est élu pour trancher entre des différentes options politiques. Elle est de fait, la meilleure alliée de la droite la plus réactionnaire. Car en se cachant derrière l’illusion d’une troisième voie dans un contexte extrêmement bipolarisé, en invoquant la liberté virtuelle du Peuple de rejeter les deux seules options politiques crédibles qui s’offrent á lui, elle participe en réalité à la justification des stratégies antidémocratiques de l’opposition vénézuélienne.

Cette pensée abonde dans certains secteurs de la gauche d’opposition, éloignés depuis trop longtemps des centres de pouvoir et de prise de décision. Elle est le reflet d’une gauche ONGisée et intellectualisée dont le but n’est pas la prise de pouvoir et le changement social mais la critique permanente des situations présentes. Il n’est donc pas étonnant de retrouver de manière récurrente en France et en Europe, l’argumentation de ces acteurs sans responsabilité politique ni légitimité démocratique.

La plupart des ONGs en « poste » dans les pays progressistes d’Amérique Latine dont le Venezuela ne sont en fait que les porte voix internationaux des thèses de l’opposition, quand ils n’imposent pas l’agenda politique des pays étrangers ou des groupes économiques qui les financent.

Ces organisations séquestrent la parole de catégories sociales, en s’accaparant leur représentation sans aucun contrôle démocratique. Elles donnent ainsi l’illusion de défendre un Peuple ou des segments de la société alors qu’en réalité, elles ne combattent que pour des concepts et des idéaux sans jamais écouter les citoyens ni tenir compte de leurs revendications. Si elles n’ont aucun impact dans les pays sur lesquels elles pondent des rapports, elles sont systématiquement relayées au sein d’une partie de la gauche occidentale, elle-même encore trop refugiée au sein d’associations ou à l’Université.

Si la plupart des ONGs s’opposent aux gouvernements progressistes d’Amérique Latine, c’est aussi sous le coup de deux facteurs. En premier lieu, avec la prise de pouvoir de mouvements populistes, un nombre non négligeable de membres de ces organisations ont été cooptés par l’appareil d’Etat, en raison de la promiscuité entre leur lutte et le projet politique légitimé par les urnes. Certains membres décidèrent alors que l’espace ouvert par le pouvoir était le lieu idéal pour faire avancer leurs idées malgré les contradictions politiques existantes et délaissèrent la critique permanente pour la construction politique. Ceux qui restèrent en marge du nouveau moment politique ont levé le voile sur le rôle qu’ils tenaient au sein du vieux système de caste : celui de corps constitués de la contestation, c’est à dire d’un espace de critiques inoffensives qui permet au système capitaliste d’entretenir l’illusion de la démocratie. Si ce genre de structures peuvent avoir un rôle positif lorsque le pouvoir ne favorise qu’une élite, elles sont totalement inadaptées lorsqu’un gouvernement se tourne vers la défense de l’intérêt général.

En second lieu, on a tendance à oublier que les documents publiés par certaines ONGs sont le résultat d’un travail élaboré par des individus ayant eux-mêmes leurs propres positions politiques dans la société qu’ils sont censés analyser. Par exemple, à l’époque où Robert Ménard ne représentait pas encore l’aile la plus radicale du Front National (8), et où nombre de médias et de politiques se faisaient l’écho des rapports de Reporters Sans Frontières sur le Venezuela, absolument personne ne savait que le correspondant de RSF au Venezuela était un opposant furibond financé par le gouvernement étasunien via la National Endowment for Democracy (NED) (9). Ce genre d’exemple abonde au Venezuela et en Amérique Latine. Et pourtant, une fois passé l’Océan Atlantique, leurs points de vue sont admis avec la plus grande crédulité au nom de la défense de grands idéaux comme la démocratie, les droits de l’homme ou la liberté de la presse (10).

Il ne s’agit évidemment pas d’empêcher qui que ce soit de penser ou d’émettre des opinons sur le Venezuela ou sur n’importe quel autre pays, mais de remettre la source de ces informations et de ces critiques à sa juste valeur, en ne sous estimant jamais la capacité des Peuples à juger de leur propre condition, comme ce fut le cas au Venezuela lors du vote du 30 juillet 2017 pour élire les députés à l’Assemblée constituante.

Des électeurs vénézuéliens traversent le Rio Pambo à pied pour aller voter et contourner les barricades que l’extreme droite a construite pour empêcher la tenue du scrutin démocratique

Ainsi, lorsque l’on entend que cette Assemblée constituante où même Nicolas Maduro n’auraient plus de légitimité, comme le clament à l’unisson la droite la plus radicale et un groupe de politiciens déguisés en « intellectuels de gauche » (11), nous sommes en droit de nous demander que représentent, à leurs yeux, les 8.089.320 électeurs chavistes qui se sont déplacés aux urnes pour l’élection des députés à l’Assemblée constituante. L’opposition ayant décidé de boycotter l’élection, le nombre d’électeurs qui ont voté le 30 juillet 2017 l’ont fait pour marquer leur adhésion à la proposition politique du président Maduro. Cela représente 41,53% des inscrits, soit un nombre plus important que celui qui, en 2000, avait entériné par référendum la précédente constitution (30,17% des inscrits) (12). Y a-t-il une légitimité à deux vitesses ?

De nombreux dirigeants de par le monde aimeraient d’ailleurs bénéficier d’un tel soutien populaire et d’une telle légitimité démocratique. Rappelons que les présidents de la Colombie Juan Manuel Santos, de l’Argentine Mauricio Macri, ou du Mexique Enrique Peña Nieto, tous farouches opposants à Nicolas Maduro furent élus avec seulement 24% des inscrits de leur pays. Sans parler de Michel Temer, qui n’a reçu aucun vote populaire pour occuper la présidence du Brésil. Ce n’est pas la cohérence politique qui étouffe les opposants à la révolution bolivarienne.

Pourquoi ceux qui ne reconnaissent pas cette force chaviste ne dénoncent-ils pas alors « l’illégitimité » du président français, Emmanuel Macron, élu avec 43,6% des inscrits, soit un score comparable à la dernière élection vénézuélienne, et sans boycott du vote de la part de ses opposants. Encore une fois, on imagine mal une série de pays, comme ce fut le cas pour le Venezuela, ne pas reconnaître les résultats de l’élection française, et donc le président en exercice, au vue de la « faible » participation ». Dans ce « deux poids, deux mesures », nous voyons bien qu’il s’agit d’une attaque politique qui ne tient pas compte de la légitimité démocratique que confère le Peuple à ses représentants.

Les critiques sur l’illégitimité du gouvernement vénézuélien venant d’une certaine gauche ou d’organisations non gouvernementales nous inquiètent au plus haut point, car elles révèlent avant tout leur rejet de la démocratie et leur incapacité à comprendre les motivations du Peuple dont ils prétendent représenter les intérêts.

Les derniers événements au Venezuela nous forcent à nous questionner sur la place que doivent occuper, dans notre démocratie, les organisations politiques ou certains corps intermédiaires lorsque ceux-ci sont complètement détachés des préoccupations populaires, et ne fonctionnent que par une idéologie totalement éloignée de la réalité sociale. Cela nous interpelle aussi sur le manque de légitimité démocratique de ces organisations lorsque celle-ci prétendent parler au nom de personnes qui, non seulement, ne se sentent pas représentées par ces organisations mais qui, au contraire, légitime le pouvoir que celles-ci prétendent dénoncer. Sur ce point, comme sur beaucoup, d’autre, le Venezuela n’a pas fini de nous inviter à remettre en cause notre propre réalité politique.

Romain MIGUS

Notes :

(1) Tous les trotskystes vénézuéliens ne sont pas alignés sur cette tendance. Ainsi Stalin Perez, cofondateur de la C-Cura, puis de Marea Clasista y Socialista, puis de Marea Socialista, a pris ces distances avec ses anciens camarades et a fondé la Liga Unitaria Chavista Socialista (LUCHAS), mouvement trotskyste critique, mais qui continue de soutenir la Révolution Bolivarienne. On peut d’ailleurs noter que, pour l’arrogance de certains de ses dirigeants, une nouvelle scission est en train de poindre au sein du « chavisme critique ». Affaire à suivre pour ceux qui ont du temps à perdre.

(2) Un nombre très restreint de ces ministres a fait défection dans les premières années du Chavisme rejoignant l’opposition de droite. C’est le cas, de Luis Miquilena, Francisco Uson, Alfredo Peña par exemple.

(3) Voir le mémorandum sur https://search.wikileaks.org/plusd/cables/06CARACAS3356_a.html

(4) En Argentine, le Front de Gauche (3,43%) a appelé à s’abstenir au deuxième tour favorisant la victoire de Mauricio Macri d’à peine 2,68%. Les conséquences néfastes du retour à l’ère néolibéral décidé par ce dernier sont catastrophiques pour le peuple Argentin.

(5) Voir la liste des candidats sur https://www.aporrea.org/poderpopular/a217218.html

(6) Voir les résultats des élections sur www.cne.gob.ve

(7) 3000 tonnes de figues produites en 2016 contre 6.247.000 tonnes de raisins. Voir http://ec.europa.eu/eurostat/fr/home

(8) Selon les mots de Louis Alliot, député et vice président du Front National, voir http://lelab.europe1.fr/Pour-Louis-Aliot-vice-president-du-FN-Robert-M...

(9) Personne sauf peut être Robert Ménard mais ce n’est pas le sujet et les lecteurs du Grand Soir et du livre “La face cachée de Reporters sans frontières” (Aden Editions, 2007). En effet, Thierry Deronne l’avait signalé dans la préface et Maxime Vivas y était revenu dans le texte de son manuscrit.

(10) Point de vue admis aussi dans des organisations internationales. Ainsi l’ONU vient d’emmètre un communiqué assez négatif sur la situation au Venezuela. Cependant, l’ONU n’a envoyé aucun enquêteurs sur place et, de leur propre aveu, ils se sont basés sur les témoignages des ONGs et de celui de l’ancienne procureur de la République, opposante politique de Nicolas Maduro.

(11) Voir « L’appel international à stopper l’escalade de violence au Venezuela », appel disponible sur le portail d’information de la droite vénézuélienne la plus radicale, LaPatilla.com. Coïncidence ? Voir : https://www.lapatilla.com/site/2017/06/06/intelectuales-de-izquierda-d...

(12) 30,17% des inscrits avaient voté en faveur de la nouvelle Constitution, 11,86% s’y était opposé. Le reste s’est abstenu ou a voté nul.

 

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12 août 2017 6 12 /08 /août /2017 09:22

Les communistes Thouarsais s'associent et soutiennent cette démarche des élus territoriaux signataires. Les populations de nos villes et nos villages, les élus municipaux, pour la plupart bénévoles et au service de nos concitoyens, réprouvent des "économies" faîtes sur le dos de ceux qui ont le plus besoin de services publics et de solidarités.

 

Monsieur le président de la République,

Élus communaux et intercommunaux, nous sommes stupéfaits et atterrés par l’annonce de l’annulation des 46,5 millions d’euros de crédits du programme 147 du budget 2017 de l’État non encore engagés au 1er juillet, destinés aux programmes d’actions des associations intervenant, dans le cadre des « contrats de ville », en faveur des populations les plus fragiles du pays résidant dans les quartiers prioritaires de la politique de la ville (QPV).

Ces actions concourent à rétablir l’égalité républicaine par la fraternité solidaire de la nation, s’appuyant sur une stratégie de « cohésion des territoires » à laquelle vous avez choisi de dédier un ministère. Elles se déclinent en programmes vers l’économie et l’emploi, la formation, la lutte contre l’illettrisme, l’éducation scolaire et des temps libres, l’accès aux sports et à la culture, la solidarité, la prévention sanitaire et la santé, le vivre-ensemble dans la cité, les mobilités, la vie sociale de l’habitat, la prévention de la délinquance et des radicalisations, l’accès à la justice et au droit, l’aide aux victimes, la citoyenneté, notamment celle des conseils citoyens, et la démocratie de proximité.

En plein milieu d’exercice budgétaire, les conséquences du décret 2017-1182 du 20 juillet du ministre de l’Action et des Comptes publics, conduisant à la perte de 11 % des crédits découlant de l’engagement contractuel de l’État, peuvent être catastrophiques pour la survie des associations qui garantissent la cohésion sociale, pour les bénéficiaires de leurs actions, et plus globalement pour les 5 millions d’habitants des QPV, ainsi que, par voie de conséquence, pour les populations des territoires urbains qui les abritent.

Elles risquent en outre d’entraîner, dans certains territoires, un désengagement de collectivités cosignataires des « contrats de ville » qui accroîtra le danger de rupture grave du climat urbain.

Nous sommes d’autant plus préoccupés que, outre le programme 147, le même décret annule dangereusement les crédits de nombre d’autres missions de l’État indispensables à la prévention de la fracture sociale : l’embauche dans les petites et moyennes entreprises (– 80 millions d’euros), l’intégration et l’accès à la nationalité française (– 40,5 millions d’euros), la police nationale, dont les réservistes volontaires (– 110 millions d’euros), les concours financiers aux communes, dont la « dotation politique de la ville » destinée à soutenir les villes pauvres abritant des populations pauvres (– 209 millions d’euros), l’amélioration de l’habitat (– 130,5 millions d’euros), l’accès au droit et à la justice (– 10 millions), la protection judiciaire de la jeunesse (– 16,8 millions d’euros), l’égalité entre les femmes et les hommes (– 7,5 millions d’euros), la prévention, la sécurité sanitaire et l’offre de soins (– 24,5 millions d’euros), les politiques sanitaires, sociales, du sport, de la jeunesse et de la vie associative (– 69,7 millions d’euros), les services de transport (– 194,7 millions d’euros), la démocratisation de la culture (– 39 millions d’euros).

En cette année 2017, où l’État a chargé le commissariat général à l’Égalité des territoires (CGET) de célébrer le 40e anniversaire de la politique de la ville, nous tenons à vous rappeler que, la seule année, 2005, en quatre décennies où les quartiers populaires ont eu à subir pareil désengagement de la puissance publique, a été celle qui les a vus s’enflammer et connaître les violences urbaines sans précédent qui demeurent dans les mémoires.

Nous vous demandons donc solennellement de faire revenir dans l’urgence le gouvernement sur sa décision d’annulation de ces crédits indispensables à l’équilibre républicain des territoires.

Nous vous prions d’agréer, Monsieur le président de la République, l’expression de notre haute considération.

Les signataires :

Gérard Allard, maire de Rezé, Marie-Hélène Aimable, maire de Bagneux, Catherine Arenou, maire de Chanteloup-les-Vignes, François Asensi, maire de Tremblay-en-France, Françoise Baud, maire de Valenton, Patrice Bessac, maire de Montreuil, Jean-Pierre Bosino,sénateur maire de Montataire, Philippe Bouyssou, maire d’Ivry-sur-Seine, Patrick Braouezec, conseiller municipal de Saint-Denis, Damien Carême, maire de Grande-Synthe, Alain Cazabonne, maire de Talence, Gérard Cosme, maire du Pré-Saint-Gervais, Meriem Derkaoui, maire d’Aubervilliers, Patrick Douet, maire de Bonneuil-sur-Marne, Driss Ettazaoui, conseiller municipal d’Évreux, Patricia Fernandez-Pédinielli, maire de Port-de-Bouc, Michel Fourcade, maire de Pierrefitte-sur-Seine, Patrick Jarry, maire de Nanterre, Jean-Claude Kennedy, maire de Vitry-sur-Seine, Bertrand Kern, maire de Pantin, André Laignel, maire d’Issoudun, Patrice Leclerc, maire de Gennevilliers, Gilles Leproust, maire d’Allonnes, Jean-Michel Longueval, maire de Bron, Françoise Marhuenda, maire des Ulis, J ean-Louis Marsac, maire de Villiers-le-Bel, Christian Métairie, maire d’Arcueil, André Molino, maire de Septèmes-les-Vallons, Jean-Marc Nicolle, maire du Kremlin-Bicêtre,Michèle Picard, maire de Vénissieux, Marie-Line Pichery, maire de Savigny-le-Temple, Gilles Poux, maire de La Courneuve, Bernard Pasciuto, maire de Cournon-d’Auvergne, François Pupponi, député maire de Sarcelles , Marjolaine Rauze, maire de Morsang-sur-Orge, Philippe Rio, maire de Grigny, Clément Rossignol-Puech, maire de Bègles, Christophe Rouillon, maire de Coulaines, Laurent Russier, maire de Saint-Denis, Nicolas Sansu, maire de Vierzon, Renzo Sulli,maire d’Échirolles, Azzédine Taïbi, maire de Stains , Rodolphe Thomas,maire d’Hérouville-Saint-Clair, Frédéric Vigouroux, maire de Miramas,Jean-Claude Villemain, maire de Creil, Marc Vuillemot, maire de La Seyne-sur-Mer, Gérard Weyn, maire de Villers-Saint-Paul.

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Published by bruno fornaciari - dans ACTUALITES PCF THOUARSAIS
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11 août 2017 5 11 /08 /août /2017 11:51

Tandis que le gouvernement et le peuple du Vénézuela fait face aux difficultés économiques et à l'agression des forces réactionnaires du pays et des Etats-Unis, "Ensemble" se positionne en allié objectif des forces réactionnaires, c'est honteux. Les donneurs de leçons de démocratie feraient bien de regarder leurs chaussures, eu égard à la méthode d'intégration du mouvement à la FI. Les forces économiques du patronat vénézuélien, les crimes de cette partie jusqu'au boutistes de la droite revancharde dans les violences caractérisées, s'épargnent, pour l'essentiel de la critique d'"Ensemble". Le peuple de gauche peut, à juste titre, s'émouvoir du lâchage, par cette organisation, d'un peuple qui lutte pour la poursuite de la révolution Bolivarienne et l'amélioration de son sort.

 

 

 

Il semble un peu bousculé par ses convictions, Pablo Stefanoni, dans l’article qu’il a fait paraître sur le site Nueva Sociedad sous le titre « El retroceso ‘nacional-estalinista’ » (« le recul ‘national-staliniste’ ») et repris sur Mediapart sous le titre « La tentation du national-stalinisme au Venezuela ». Il constate – un peu vite –, juge – un peu trop vite –, mais ne renseigne pas. Le lecteur est trimballé et secoué entre des propos péremptoires qui claquent comme des coups de cravache et ne trouve pas à se raccrocher à une perspective historique, à la profondeur d’une analyse ou à un minimum de prudence intellectuelle. Un tract militant, en somme, que cet article qui ne creuse pas ses propres arguments et apporte un soutien inattendu à la propagande occidentale contre la révolution bolivarienne. Est-ce bien digne de l’ex-directeur de l’édition bolivienne du Monde diplomatique?
Citant, pêle-mêle, la corruption de l’armée, les coupures d’électricité, les pénuries et une violence urbaine incontrôlée, l’auteur prétend mettre en évidence la « dégradation morale du processus bolivarien ». Quel que soit le problème évoqué, le président Maduro en est considéré comme le principal responsable et, si ce dernier accuse les Etats-Unis de mener une guerre économique contre son pays, c’est uniquement parce qu’il est de mauvaise foi et qu’il cherche à détourner l’attention de ses propres forfaitures.  « L’Empire conspire partout, écrit Pablo Stefanoni, mais dans les autres pays de l’ALBA, plus ou moins bien administrés, la nourriture ne manque pas sur les marchés ». A chacun ses responsabilités ! Et pour contrer la sanction de l’électorat, il a inventé l’  « entourloupe » de la Constituante – le texte original dit « la manœuvre », « la maniobra » – afin de neutraliser un Congrès où l’opposition est majoritaire depuis 2015. Une démarche révélatrice de la dérive autoritaire constatée par Pablo Stefanoni qui affirme que « ce n’est pas la première fois, ni la dernière, qu’au nom du dépassement de la « démocratie libérale », on supprime la démocratie avec le libéralisme ». D’ailleurs, selon lui, les signes ne trompent pas: plus le gouvernement bolivarien perd en légitimité démocratique, plus il laisse paraître sa « sensibilité nationale-stalinienne », une tendance de fond qu’illustrerait la fascination du président pour le colonel Kadhafi et sa politique de « remplacement de  la démocratie libérale par un État de masse fondé sur son pouvoir personnel et sur une police secrète efficace ». 
Avant d’avancer dans le débat, il nous semble indispensable de souligner qu’en accablant ainsi le président Maduro, Pablo Stefanoni fait, qu’il le veuille ou non, le jeu de la droite vénézuélienne. En voulant démâter une révolution menée, depuis le début, sous les vents contraires du néolibéralisme, il se place, de fait, du côté des États-Unis – prêts à intervenir militairement comme l’a récemment déclaré Donald Trump – et d’organisations comme la NED qui veillent à ce que le monde reste ouvert à la démocratie de marché, à la démocratie des profits défendue par les rentiers de Wall Street, une démocratie gueulée lors de soulèvements populaires soigneusement préparés et qui, en cas de victoire, est sommée de renier son étymologie.
Alors, prenons un peu de recul.
Lorsque Hugo Chavez arrive au pouvoir, il n’est pas le leader d’un mouvement homogène, tous ses suiveurs ne sont pas convaincus de la nécessité de bâtir un monde plus juste. Comme l’explique Sébastien Ville[1], Chavez est alors entouré de « centaines de petits barons locaux » et de « quelques dizaines de cadres de l’ancien régime » qui l’ont rejoint par opportunisme. « Une partie de la bourgeoisie vénézuélienne » a fait campagne à ses côtés en espérant que ce lieutenant-colonel, une fois élu, s’endormirait dans les délices de Capoue et leur laisserait les mains libres. Une hétérogénéité qui explique l’enlisement des premières réformes de Chavez. Dès le départ, ces « conservateurs incrustés dans la coalition de Chavez […] font inscrire dans la Constitution des dispositions qui font obstacle à la radicalité portée par la population » (Ville). Conscient de cette trahison venant de ses propres rangs, Chavez « se fait voter les pleins pouvoirs en 2001 et décrète 49 lois » ce qui amènera des lock-out patronaux et l’entretien de pénuries organisées, en réalité, par l’opposition patronale. Maurice Lemoine cite le cas des producteurs de lait de l’État de Zulia qui « jetaient dans les rivières, des millions de litres de leur production pour générer la pénurie ». Parions qu’une enquête approfondie multiplierait les exemples de ce type.
Cette guerre du patronat contre la révolution atteint son point culminant en avril 2002, lors du coup d’Etat de Pedro Carmona et de la Fedecámaras (le MEDEF vénézuélien), une opération mise en échec en deux jours grâce à la présence de réseaux chavistes au sein de l’armée.
Contraint de court-circuiter un appareil d’État « complice […] de l’opposition et principal organisateur de la corruption », Hugo Chavez lance alors les grandes missions sociales. Il est indispensable de contourner les instances politiques qui fonctionnent comme des relais irréformables de l’oligarchie. En 2005, par exemple, c’est très consciemment qu’ « il fait appel à la mobilisation populaire [pour] s’opposer à l’inertie des gouverneurs, maires ou ministres chavistes » à travers l’Union Nationale des Travailleurs (UNT).
« Drôle de Président de la République qui en appelle à la subversion de son pouvoir politique », s’exclame Sébastien Ville qui observe, en outre, que c’est la confrontation avec la violence de l’opposition qui provoque la radicalisation du gouvernement. Une situation qui n’est pas sans rappeler le cas de Fidel Castro qui, pris à la gorge dès sa réforme agraire par l’establishment étasunien et voyant son pays ciblé par des attentats et des bombardements yankees, finira par se déclarer marxiste-léniniste. Quand les capitalistes intégristes poussent la gauche à devenir extrémiste…
Mais Hugo Chavez a beau faire, la société vénézuélienne reste gangrenée par une corruption qui va jusqu’à empêcher la mise en application des décrets. Sébastien Ville cite l’exemple des « grands propriétaires [qui] continuent de faire la loi dans les campagnes grâce à leurs milices privées » et, bien entendu, graissent la patte de « certains cadres de l’institution de réforme agraire ». On ne modifie pas un pays en quelques années, on ne fait pas disparaître un système d’allégeances et de passe-droits avec des ordonnances. La population l’a compris et, méfiante devant des cadres intermédiaires de la révolution, elle boude de plus en plus les élections locales. Sébastien Ville rejoint l’analyse d’Allende dans son analyse des réalités politiques :
« L’appareil d’État (échelons locaux compris), construit pour d’autres intérêts que ceux des masses populaires, ne répond pas aux impulsions de Chavez ; il est un nid de corruption et de clientélisme caractéristique de quarante années de ‘démocratie bipartisane’ »
Bilan : Chavez doit admettre que, malgré huit années passées à la tête du pays, il n’est pas parvenu à mettre en œuvre l’ensemble de sa politique.
Quelle solution apporter alors ? La réponse de Sébastien Ville est parfaitement logique: « Il faut […] détruire l’Etat pour construire un nouveau système d’organisation sociale ».
Bâtir un État révolutionnaire à la place de l’État conservateur, dissoudre les réseaux patronaux qui traversent le tissu social et faire le ménage dans les rangs de la révolution bolivarienne car « nombreux sont les affairistes et arrivistes qui ont fait leur nid dans [son] sillage ».
Une solution pas facile à mettre en œuvre. La révolution a-t-elle les moyens de mener cette guerre contre le patronat qui parasite le pays ?
Pablo Stefanoni semble penser que non. Au début de son article, il cite les paroles de Bertrand Russell, qui, dans un livre intitulé Théorie et pratique du bolchevisme, « avait soutenu que le prix des méthodes [des bolcheviques] était très élevé et que, même en payant ce prix, le résultat n’était pas garanti ». Pablo Stefanoni a du mal à croire aux solutions radicales et préfère se tourner vers l’espoir d’une « normalisation démocratique qui inclurait des contenus sociaux et égalitaires ». Facile sur le papier, facile et progressiste, très social-démocrate, c’est-à-dire en bonne conscience qui avale ses propres mots et les trouve exquis. Il n’est sans doute pas dans le tempérament de Pablo Stefanoni de prendre d’assaut une démocratie que Sartre a défini un jour comme « un ensemble de droits formels accompagnés de démentis concrets ». Il nous semble, d’ailleurs que c’est ici qu’on doit chercher la raison de ce billet : dire à la gauche vénézuélienne que la révolution, ça ne vaut pas le coup, que Lénine est mort et que le chavisme est devenu une farce dramatique. Le changement doit se gagner lentement, en travaillant dur et en faisant preuve d’imagination. Mais, surtout, pas de révolution ! Pas de secousse ! Pas d’excès d’autorité ! Et gare au « national-stalinisme » ! « Faisons tout ce qui est possible pour que Caracas ne soit pas notre mur de Berlin du XXIème siècle », conclut Pablo Stefanoni avec une grandiloquence dont il ne perçoit pas le ridicule.
Dans leur livre La deuxième droite, Jean-Pierre Garnier et Louis Janover affirment qu’ « en acceptant de se soumettre aux mécanismes du système électoral, on conforte l’idée qu’il ne peut exister une voie radicale pour sortir du statu quo, on se place sur le terrain choisi par l’adversaire à qui on offre les meilleures armes ». Pour ces auteurs, le système électoral se limite à « envoyer tour à tour au Parlement et au gouvernement des majorités opposées sur la manière de gérer le système capitaliste mais d’accord pour n’en pas toucher les fondements. »
On aurait aimé que le billet de Pablo Stefanoni décrive mieux et plus précisément la réalité sociale et politique du Venezuela, qu’il expose avec une clarté méticuleuse le fonctionnement d’un État capable de tenir tête, sournoisement, à la majorité placée à sa tête par les élections. On aurait aimé qu’il étale sous nos yeux l’anatomie d’un système de clientélisme et de corruption qui donne à la société vénézuélienne son caractère féodal, avec son cortège de potentats capables de traverser toutes les majorités et de détourner la politique à leur profit.
Mais c’est, manifestement, trop demander.
Bruno Adrie
[1] Sébastien Ville, « La révolution bolivarienne du Venezuela », (Actuel Marx 2007/2 (n° 42), p. 71-83)

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11 août 2017 5 11 /08 /août /2017 09:44

 

Venezuela : quand Ensemble de Clémentine Autain hurle avec les loups fascistes  par Disjecta  mercredi 9 août 2017

Déjà pris dans le pot à confiture sur la Libye, la Syrie et l'Ukraine, le parti Ensemble de Clémentine Autain démontre une nouvelle fois dans un communiqué sur le Venezuela sa propension à promouvoir le calendrier impérialisme et fasciste des USA.

D'un journal détenu par un milliardaire comme l'est Libération (propriété de Patrick Drahi, thuriféraire de l'état raciste israëlien), on n'attendra guère de ses journalistes autre chose que les sons de cloche otanesques unanimement répandus dans les médias "libres" français, tant privés que publics. Quotidiennement depuis plusieurs semaines, Libération y va de sa banderille de propagande afin de soutenir l'arrivée au pouvoir au Venezuela d'un régime fasciste. Ce matin (9 août), c'est François-Xavier Gomez qui s'y colle. Il commence par une mise à jour mettant en avant la condamnation par 12 états d'Amérique du Sud de l'assemblée constituante élue le 30 juillet dernier au Venezuela. " Parmi ces pays, on trouve les plus importants du continent : l’Argentine, le Brésil, le Canada, le Chili, la Colombie, le Costa Rica, le Guatemala, le Honduras, le Mexique, le Panama, le Paraguay et le Pérou", souligne François-Xavier Gomez, probablement incapable de comprendre alors le grotesque de cette mise à jour. Reprenons donc sa liste de pays donnant des conseils de démocratie au Venezuela :

- Argentine : la première mesure de son président, Mauricio Macri, fut de revenir sur la loi sur les médias du gouvernement précédent de Cristina Kirchner et de rétablir ainsi la toute-puissance des conglomérats privés ; il applique depuis son arrivée au pouvoir une féroce politique d'austérité pro-patronale, faisant exploser la dette de l'Argentine et la pauvreté ;

- Brésil : l'actuel président, Michel Temer, est en place depuis un coup d'état "institutionnel" contre la présidente légitimement élue Dilma Roussef ; politique ultra-libérale pro-patronale, corruption, etc.

- Canada : caniche des Etats-Unis

- Colombie : caniche des Etats-Unis, assassinats réguliers de journalistes, de militants progressistes et de syndicalistes, découvertes régulières de fosses communes, promotion du para-militarisme d'extrême-droite.

- Costa-Rica : pays sous protectorat étasunien de fait.

- Honduras : innombrables assassinats de journalistes et de syndicalistes depuis le coup d'état de 2009 contre le président Zelaya, appuyé par les Etats-Unis.

- Mexique : fraudes nombreuses lors des dernières élections présidentielles, disparitions, tortures, assassinats, notamment le 26 septembre 2014 de 43 étudiants de l'école normale d'Ayotzinapa venus manifester contre le gouvernement à Iguala.

- Panama : pays sous protectorat étasunien depuis son invasion et son occupation commandées par Bush Sr en 1989.

- Paraguay : son président élu et de gauche, Fernando Lugo, est renversé par un coup d'état "institutionnel" en 2012 ; retour depuis aux politiques néo-libérales les plus agressives.

- Pérou : pays sous protectorat étasunien, l'installation d'une nouvelle base militaire de l'armée étasunienne dans ce pays est annoncée au début de cette année, qui s'ajoute aux sept bases déjà présentes.

On suppose bien qu'avec la mémoire de poisson rouge qui caractérise la plupart de nos journalistes français, François-Xavier Gomez n'a aucune idée de l'absurdité qu'il y a à brandir la condamnation de l'assemblée constituante tout juste élue au Venezuela par douze pays tous marqués par des coups d'états, des assassinats de syndicalistes et une inféodation étroite aux Etats-Unis. Après une telle entrée en matière, on n'est donc guère surpris de voir l'article de Gomez se poursuivre par ces mots : " Le haut-commissaire aux droits de l’homme des Nations unies, le Jordanien Zeid Ra’ad al-Hussein, a dénoncé mardi « une tendance évidente à l’usage excessif de la force à l’encontre des manifestants » au Venezuela. " Après avoir mis en avant douze pays à des stades plus ou moins avancés de dictature bourgeoise et fasciste, François-Xavier Gomez cite donc un ressortissant du Royaume de Jordanie, pays qui, rappelons-le, est une monarchie prétendument parlementaire où le premier ministre est désigné par le roi, les parlementaires révocables par celui-ci ; un pays au sujet duquel un rapport de 2016 d'Humanrights écrit : "Les actes de torture et de mauvais traitement perpétrés par les agents des services de sécurité restent dans la plupart des cas impunis. Les manifestations sont souvent réprimées de manière violente. La liberté d’expression, d’association et d’information subissent de fortes restrictions. En particulier, les expressions critiques à l’égard du roi, des agents de l’État et de l’islam sont passibles de poursuites pénales. "

En somme, ou bien François-Xavier est un épouvantable idiot ou bien il prend ses lecteurs pour des ahuris. En tout état de cause, son article ne sert qu'une seule chose : l'instauration d'un régime fasciste au Venezuela sous supervision de la CIA et, si besoin est, invasion militaire de l'armée étasunienne. Il n'y a cependant là rien d'extraordinaire, répétons-le, car on imagine bien que le milliardaire Patrick Drahi n'a pas racheté Libération pour promouvoir la démocratie, le progrès et la réduction des inégalités dans le monde.

C'est beaucoup plus embêtant lorsque l'on trouve ce type de propagande dans un communiqué du parti Ensemble de Clémentine Autain, supposé faire partie de la France Insoumise, et donc défendre le processus révolutionnaire et constituant en cours au Venezuela. Voici ce qu'il y est notamment écrit :

" Dans une situation économique et sociale chaotique, qui se double d’une insécurité des personnes, le gouvernement Maduro a choisi la fuite en avant dans le seul objectif de se maintenir au pouvoir. Après le désaveu qu’a constitué la victoire de l’opposition aux élections législatives de 2015, et après avoir tenté d’annihiler les pouvoirs de la nouvelle Assemblée, l’élection d’une pseudo Assemblée constituante représente un nouveau coup de force avec un projet de constitution qui remet de fait en cause le principe du suffrage universel, une personne égale une voix. A cette farce électorale, s’ajoute la répression des opposants politiques, les violences quotidiennes contre les manifestants qui ont fait des dizaines de morts et des centaines de blessés, et au mépris même de la constitution chaviste, le refus d’organiser le référendum révocatoire du président, le blocage des élections des gouverneurs prévus en 2016. Le Venezuela n’est plus aujourd’hui un Etat de droit, ce que ne saurait masquer la rhétorique « anti-impérialiste » du gouvernement. "

Ensemble a donc choisi de hurler avec les loups. Ensemble a donc décidé d'appuyer la tentative de coup d'état fasciste menée au Venezuela par le patronat le plus rétrograde, le clergé le plus réactionnaire, la bourgeoisie la plus revancharde et la CIA. Ensemble, prétendu parti progressiste, se place donc du côté de ceux qui, naguère déjà, vilipendèrent le Chili de Salvador Allende et permirent la dictature sanguinaire et ultra-libérale du général Pinochet. Le communiqué d'Ensemble sur le Venezuela fait donc de ce parti un complice objectif des tentatives actuelles de l'impérialisme étasunien et de la bourgeoisie fasciste d'Amérique du Sud afin de ramener le continent aux délicieuses heures des dictatures militaires d'extrême-droite du 20ème siècle. En somme, sous ses jolies couleurs rouge et verte, Ensemble promeut un agenda fasciste en Amérique du Sud et se révèle un vilain sous-marin de l'impérialisme sanguinaire étasunien. A moins de dénoncer ce communiqué qui, d'après certains échos sur les réseaux sociaux, aurait été imposé à ses militants par sa direction, Ensemble doit être promptement banni de la France Insoumise

Il semble un peu bousculé par ses convictions, Pablo Stefanoni, dans l’article qu’il a fait paraître sur le site Nueva Sociedad sous le titre « El retroceso ‘nacional-estalinista’ » (« le recul ‘national-staliniste’ ») et repris sur Mediapart sous le titre « La tentation du national-stalinisme au Venezuela ». Il constate – un peu vite –, juge – un peu trop vite –, mais ne renseigne pas. Le lecteur est trimballé et secoué entre des propos péremptoires qui claquent comme des coups de cravache et ne trouve pas à se raccrocher à une perspective historique, à la profondeur d’une analyse ou à un minimum de prudence intellectuelle. Un tract militant, en somme, que cet article qui ne creuse pas ses propres arguments et apporte un soutien inattendu à la propagande occidentale contre la révolution bolivarienne. Est-ce bien digne de l’ex-directeur de l’édition bolivienne du Monde diplomatique?
Citant, pêle-mêle, la corruption de l’armée, les coupures d’électricité, les pénuries et une violence urbaine incontrôlée, l’auteur prétend mettre en évidence la « dégradation morale du processus bolivarien ». Quel que soit le problème évoqué, le président Maduro en est considéré comme le principal responsable et, si ce dernier accuse les Etats-Unis de mener une guerre économique contre son pays, c’est uniquement parce qu’il est de mauvaise foi et qu’il cherche à détourner l’attention de ses propres forfaitures.  « L’Empire conspire partout, écrit Pablo Stefanoni, mais dans les autres pays de l’ALBA, plus ou moins bien administrés, la nourriture ne manque pas sur les marchés ». A chacun ses responsabilités ! Et pour contrer la sanction de l’électorat, il a inventé l’  « entourloupe » de la Constituante – le texte original dit « la manœuvre », « la maniobra » – afin de neutraliser un Congrès où l’opposition est majoritaire depuis 2015. Une démarche révélatrice de la dérive autoritaire constatée par Pablo Stefanoni qui affirme que « ce n’est pas la première fois, ni la dernière, qu’au nom du dépassement de la « démocratie libérale », on supprime la démocratie avec le libéralisme ». D’ailleurs, selon lui, les signes ne trompent pas: plus le gouvernement bolivarien perd en légitimité démocratique, plus il laisse paraître sa « sensibilité nationale-stalinienne », une tendance de fond qu’illustrerait la fascination du président pour le colonel Kadhafi et sa politique de « remplacement de  la démocratie libérale par un État de masse fondé sur son pouvoir personnel et sur une police secrète efficace ». 
Avant d’avancer dans le débat, il nous semble indispensable de souligner qu’en accablant ainsi le président Maduro, Pablo Stefanoni fait, qu’il le veuille ou non, le jeu de la droite vénézuélienne. En voulant démâter une révolution menée, depuis le début, sous les vents contraires du néolibéralisme, il se place, de fait, du côté des États-Unis – prêts à intervenir militairement comme l’a récemment déclaré Donald Trump – et d’organisations comme la NED qui veillent à ce que le monde reste ouvert à la démocratie de marché, à la démocratie des profits défendue par les rentiers de Wall Street, une démocratie gueulée lors de soulèvements populaires soigneusement préparés et qui, en cas de victoire, est sommée de renier son étymologie.
Alors, prenons un peu de recul.
Lorsque Hugo Chavez arrive au pouvoir, il n’est pas le leader d’un mouvement homogène, tous ses suiveurs ne sont pas convaincus de la nécessité de bâtir un monde plus juste. Comme l’explique Sébastien Ville[1], Chavez est alors entouré de « centaines de petits barons locaux » et de « quelques dizaines de cadres de l’ancien régime » qui l’ont rejoint par opportunisme. « Une partie de la bourgeoisie vénézuélienne » a fait campagne à ses côtés en espérant que ce lieutenant-colonel, une fois élu, s’endormirait dans les délices de Capoue et leur laisserait les mains libres. Une hétérogénéité qui explique l’enlisement des premières réformes de Chavez. Dès le départ, ces « conservateurs incrustés dans la coalition de Chavez […] font inscrire dans la Constitution des dispositions qui font obstacle à la radicalité portée par la population » (Ville). Conscient de cette trahison venant de ses propres rangs, Chavez « se fait voter les pleins pouvoirs en 2001 et décrète 49 lois » ce qui amènera des lock-out patronaux et l’entretien de pénuries organisées, en réalité, par l’opposition patronale. Maurice Lemoine cite le cas des producteurs de lait de l’État de Zulia qui « jetaient dans les rivières, des millions de litres de leur production pour générer la pénurie ». Parions qu’une enquête approfondie multiplierait les exemples de ce type.
Cette guerre du patronat contre la révolution atteint son point culminant en avril 2002, lors du coup d’Etat de Pedro Carmona et de la Fedecámaras (le MEDEF vénézuélien), une opération mise en échec en deux jours grâce à la présence de réseaux chavistes au sein de l’armée.
Contraint de court-circuiter un appareil d’État « complice […] de l’opposition et principal organisateur de la corruption », Hugo Chavez lance alors les grandes missions sociales. Il est indispensable de contourner les instances politiques qui fonctionnent comme des relais irréformables de l’oligarchie. En 2005, par exemple, c’est très consciemment qu’ « il fait appel à la mobilisation populaire [pour] s’opposer à l’inertie des gouverneurs, maires ou ministres chavistes » à travers l’Union Nationale des Travailleurs (UNT).
« Drôle de Président de la République qui en appelle à la subversion de son pouvoir politique », s’exclame Sébastien Ville qui observe, en outre, que c’est la confrontation avec la violence de l’opposition qui provoque la radicalisation du gouvernement. Une situation qui n’est pas sans rappeler le cas de Fidel Castro qui, pris à la gorge dès sa réforme agraire par l’establishment étasunien et voyant son pays ciblé par des attentats et des bombardements yankees, finira par se déclarer marxiste-léniniste. Quand les capitalistes intégristes poussent la gauche à devenir extrémiste…
Mais Hugo Chavez a beau faire, la société vénézuélienne reste gangrenée par une corruption qui va jusqu’à empêcher la mise en application des décrets. Sébastien Ville cite l’exemple des « grands propriétaires [qui] continuent de faire la loi dans les campagnes grâce à leurs milices privées » et, bien entendu, graissent la patte de « certains cadres de l’institution de réforme agraire ». On ne modifie pas un pays en quelques années, on ne fait pas disparaître un système d’allégeances et de passe-droits avec des ordonnances. La population l’a compris et, méfiante devant des cadres intermédiaires de la révolution, elle boude de plus en plus les élections locales. Sébastien Ville rejoint l’analyse d’Allende dans son analyse des réalités politiques :
« L’appareil d’État (échelons locaux compris), construit pour d’autres intérêts que ceux des masses populaires, ne répond pas aux impulsions de Chavez ; il est un nid de corruption et de clientélisme caractéristique de quarante années de ‘démocratie bipartisane’ »
Bilan : Chavez doit admettre que, malgré huit années passées à la tête du pays, il n’est pas parvenu à mettre en œuvre l’ensemble de sa politique.
Quelle solution apporter alors ? La réponse de Sébastien Ville est parfaitement logique: « Il faut […] détruire l’Etat pour construire un nouveau système d’organisation sociale ».
Bâtir un État révolutionnaire à la place de l’État conservateur, dissoudre les réseaux patronaux qui traversent le tissu social et faire le ménage dans les rangs de la révolution bolivarienne car « nombreux sont les affairistes et arrivistes qui ont fait leur nid dans [son] sillage ».
Une solution pas facile à mettre en œuvre. La révolution a-t-elle les moyens de mener cette guerre contre le patronat qui parasite le pays ?
Pablo Stefanoni semble penser que non. Au début de son article, il cite les paroles de Bertrand Russell, qui, dans un livre intitulé Théorie et pratique du bolchevisme, « avait soutenu que le prix des méthodes [des bolcheviques] était très élevé et que, même en payant ce prix, le résultat n’était pas garanti ». Pablo Stefanoni a du mal à croire aux solutions radicales et préfère se tourner vers l’espoir d’une « normalisation démocratique qui inclurait des contenus sociaux et égalitaires ». Facile sur le papier, facile et progressiste, très social-démocrate, c’est-à-dire en bonne conscience qui avale ses propres mots et les trouve exquis. Il n’est sans doute pas dans le tempérament de Pablo Stefanoni de prendre d’assaut une démocratie que Sartre a défini un jour comme « un ensemble de droits formels accompagnés de démentis concrets ». Il nous semble, d’ailleurs que c’est ici qu’on doit chercher la raison de ce billet : dire à la gauche vénézuélienne que la révolution, ça ne vaut pas le coup, que Lénine est mort et que le chavisme est devenu une farce dramatique. Le changement doit se gagner lentement, en travaillant dur et en faisant preuve d’imagination. Mais, surtout, pas de révolution ! Pas de secousse ! Pas d’excès d’autorité ! Et gare au « national-stalinisme » ! « Faisons tout ce qui est possible pour que Caracas ne soit pas notre mur de Berlin du XXIème siècle », conclut Pablo Stefanoni avec une grandiloquence dont il ne perçoit pas le ridicule.
Dans leur livre La deuxième droite, Jean-Pierre Garnier et Louis Janover affirment qu’ « en acceptant de se soumettre aux mécanismes du système électoral, on conforte l’idée qu’il ne peut exister une voie radicale pour sortir du statu quo, on se place sur le terrain choisi par l’adversaire à qui on offre les meilleures armes ». Pour ces auteurs, le système électoral se limite à « envoyer tour à tour au Parlement et au gouvernement des majorités opposées sur la manière de gérer le système capitaliste mais d’accord pour n’en pas toucher les fondements. »
On aurait aimé que le billet de Pablo Stefanoni décrive mieux et plus précisément la réalité sociale et politique du Venezuela, qu’il expose avec une clarté méticuleuse le fonctionnement d’un État capable de tenir tête, sournoisement, à la majorité placée à sa tête par les élections. On aurait aimé qu’il étale sous nos yeux l’anatomie d’un système de clientélisme et de corruption qui donne à la société vénézuélienne son caractère féodal, avec son cortège de potentats capables de traverser toutes les majorités et de détourner la politique à leur profit.
Mais c’est, manifestement, trop demander.
Bruno Adrie
[1] Sébastien Ville, « La révolution bolivarienne du Venezuela », (Actuel Marx 2007/2 (n° 42), p. 71-83)

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10 août 2017 4 10 /08 /août /2017 16:54

La France a le devoir d'enrayer la surenchère à laquelle se livrent Donald Trump et Kim Jung-Un

 

En promettant hier "le feu et la colère, comme le monde n'en a jamais vu jusqu'ici à la Corée du Nord si elle persistait à "proférer des menaces contre les Etats-Unis" - autrement dit si la Corée du Nord continuait de menacer verbalement et non physiquement d'une attaque nucléaire les territoires américains, Donald Trump vient de révéler à quel point il constitue personnellement un danger réel pour la sécurité internationale.
 

Si la seule réponse de l'Administration américaine et de ses alliés de l'OTAN est une frappe dite préventive contre la Corée du Nord alors c'est une confrontation aussi dramatique qu'illégale qui est à l'ordre du jour et qui aura pour le monde entier des conséquences folles.
 

La France, dans ce contexte, se doit de jouer un rôle responsable et de s'activer pour la mise en place de négociations, et non de soutenir les propos d'un Donald Trump qui confond la vie avec un jeu télévisé.Rex Tillerson a avoué le 2 août que l'objectif des Etats-Unis n'était pas "le renversement du régime nord-coréen", alors de quoi s'agit-il ? De mettre l'Asie, et le monde à feu et à sang ?

 

La montée des tensions entre Corée du Nord et Etats-Unis prouve que la politique dite de dissuasion nucléaire est inefficace à enrayer les risques de guerre nucléaire. La véritable et seule solution est l'interdiction totale pour tous les pays des armes nucléaires ainsi que le Traité international adopté par 122 pays membres de l'ONU en juillet y engage les puissances nucléaires officielles et officieuses.

 

Le PCF condamne les tirs d'essais de Pyong-Yang et les menaces américaines qui ont massé en Asie des dizaines de milliers d'hommes de troupe et surarmé la région. Le PCF appelle le gouvernement français à agir sans délai pour mettre un terme à la surenchère verbale et l'escalade militaire entre Nord-Coréens et Nord-Américains, et pour créer les conditions de discussions multilatérales garantissant un cadre commun de sécurité collective en Asie. La France doit, de plus, signer et ratifier le Traité international d'interdiction des armes nucléaires. Le temps de la dénucléarisation globale n'attend plus.
 

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10 août 2017 4 10 /08 /août /2017 12:30
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10 août 2017 4 10 /08 /août /2017 12:29
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10 août 2017 4 10 /08 /août /2017 12:28
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BRUNO FORNACIARI

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