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29 novembre 2014 6 29 /11 /novembre /2014 15:13

ÉDITION : La Revue du Projet

La Revue du Projet est une revue mensuelle politique de réflexion et de propositions pour la construction d'un projet de transformation sociale. Ouverte, innovante et critique, elle est proposée par le PCF. Elle valorise une discussion "républicaine" exigeante capable de relever la complexité des débats contemporains et implique à ce titre le monde de l'art et la recherche, les intellectuel(le)s comme le mouvement social ou associatif.

Rédacteurs en chef

ARTICLE D'ÉDITION

Édition : La Revue du Projet

Gros appétit démocratique, Gérard Streiff

28 NOVEMBRE 2014 | PAR ANTHONY MARANGHI

On entend dire volontiers que l'actuelle crise démocratique résulterait, entre autres, d'un manque d'intérêt du citoyen, d'une indifférence coupable de sa part pour les affaires de la cité. Le pékin serait passif, point. C'est faux. Les enquêtes d'opinion montrent au contraire « une réelle appétence pour la participation aux décisions publiques ». Singulièrement dans les catégories les plus modestes, les plus critiques sur l'état de la démocratie et les plus en demande de participation.

Malaise, fatigue, désenchantement, l'essoufflement de la démocratie se décline sur tous les tons. Le bilan est lourd : abstention massive, promesses méprisées, pouvoirs confisqués, présidentialisme méthodique, parlement bafoué. Valls cite Bonaparte ou Clemenceau et s'autorise une sortie contre « une intenable reparlementarisation à outrance » On entreprend des réformes, comme celle des collectivités territoriales, on négocie des traités, comme le traité transatlantique, à la hâte, sans concertation aucune. La démocratie se porte mal. Pourtant certains observateurs euphémisent, tel le désinvolte Michel Rocard : « Faiblesse politique de la démocratie ? C'est une constante. Jamais nulle part la démocratie n'a enthousiasmé sauf là où elle manque. » Or s'il est une constante dans toutes les études d'opinion, et depuis fort longtemps, c'est le désir citoyen d'être consulté, de dire son mot, de compter.
Premier élément de cette étude : les Français interrogés expriment une forte demande d’écoute et de prise en compte de leur voix dans les processus décisionnels. Ce qui n’est pas à proprement parler la voie choisie par le pouvoir.
Près de la moitié des personnes interrogées estime ainsi que demander directement l’avis des citoyens avant de prendre des décisions serait la meilleure solution pour améliorer le fonctionnement de la démocratie. Les autres pistes proposées (lutter contre l’influence des groupes de pression, vérifier l’efficacité des lois, chercher des points d’accord entre partis différents, lutter contre les conflits d’intérêts, demander l’avis d’experts) arrivent loin derrière ce qui apparaît aux Français comme un indispensable préalable.
On notera avec intérêt que cet appel à être davantage consulté s’exprime dans toutes les catégories de la population mais est particulièrement présent chez les plus modestes.
Dans le même ordre d’idées, selon la SOFRES, les pouvoirs publics, pour la quasi-totalité des Français, doivent davantage consulter et tenir compte de l’avis des citoyens. Il s’agit même d’une priorité pour 55 % d’entre eux. Là encore, l’attente est particulièrement forte chez les moins diplômés qui ont, davantage que les autres, le sentiment de ne pas être pris en considération dans l’élaboration des décisions publiques.

Voilà qui balaie radicalement les considérations désinvoltes, et trop à la mode, sur la passivité des milieux populaires. Quand on leur demande leur solution préférée pour améliorer la manière dont on prend des décisions, les deux-tiers des Français se disent avant tout en attente d’une consultation directe des citoyens ; seul un quart propose la consultation d’organismes représentatifs (associations, syndicats, patronat…) ; les partisans de cette dernière option se retrouvent singulièrement chez les cadres et les jeunes.
Toujours selon l’institut, ce développement de la participation des citoyens est attendu à tous les niveaux : communes, départements, régions, national, européen. Les sondés veulent des modes d’information et d’expression directe dans des proportions massives : 96 % au niveau des communes, 84 % au plan européen !

L’étude estime qu’un Français sur cinq a pris part depuis deux ans (on est en juin 2014 donc) à une réunion publique, un débat public ou une conférence de citoyens ; ces personnes semblent en garder le souvenir d’une expérience positive puisque la quasi-totalité serait prête à le refaire. « Ces niveaux de recommandation très élevés, commente la SOFRES, prouvent à nouveau cette forte appétence des Français pour la participation aux décisions qui les concernent ». Elle ajoute que la demande de participation s’exprime d’autant plus fortement que les Français portent un regard sévère sur le modèle politique actuel : ils sont 54 % à juger qu’à l’heure actuelle, la démocratie fonctionne mal dans le pays.
Les plus critiques se retrouvent parmi les catégories populaires, les sondés les plus modestes, les moins diplômés, ceux qui vivent aussi à l’écart des grands centres urbains.
« Cette perception se nourrit entre autres choses du sentiment, très présent dans les discours, du décalage de plus en plus important entre d’une part les citoyens, le « peuple » et d’autre part les décideurs, l’élite, qu’elle soit économique, administrative ou politique. Les Français ont le sentiment que le fossé entre ces deux univers n’a cessé de se creuser entraînant une incompréhension mutuelle, d’où une difficulté pour eux d’appréhender et de consentir à des décisions publiques qui seraient prises sans eux ».
Dans tous les domaines testés (éducation, social, sécurité, santé, logement…), les sondés considèrent à une large majorité qu’ils ne peuvent pas faire entendre leur point de vue dans le processus de décision publique. Les deux secteurs où les Français se sentent le moins sollicités (deux Français sur trois) sont l’économie et l’énergie.
« Une très large majorité n’a d’ailleurs pas le sentiment que les pouvoirs publics aient fait des efforts (ces dix dernières années) pour davantage prendre en compte leur avis. » L’opinion est cependant un peu plus positive concernant le niveau local, où un tiers des sondés note une amélioration.
Est-ce que le développement d’Internet et des réseaux sociaux pourrait permettre de participer davantage ? Les sondés sont partagés à 50/50 sur cette question, les jeunes et les catégories sociales supérieures (CSP) le pensent, les milieux plus modestes ou plus âgés en doutent.
En majorité, les Français jugent que là où ils habitent, la démocratie locale fonctionne bien, et ce constat est partagé aussi bien par les cadres que par les ouvriers. Pour eux, cet échelon local, c’est-à-dire celui des communes (et à l’échelle intercommunale), est vu comme « un espace où ils peuvent plus facilement participer ». Plus on s’élève dans les institutions (département, région, national, Europe), moins ils pensent pouvoir se faire entendre.
La même enquête pointe les souhaits et les inquiétudes des citoyens : attente forte d’informations comme préalable à une participation utile ; sentiment massif (72 %) que dans les débats publics actuels, la décision est déjà prise, l’intervention citoyenne ne servant à rien ; méfiance à l’égard des « experts ».
Le reste de l’enquête sur la modernisation de la vie démocratique est nettement moins pertinent et fait, curieusement, l’impasse sur la pratique de référendum qui, tout de même, en matière de débat public et d’avis citoyen, n’est pas anodine. À ce propos, on rappellera qu’un sondage publié cet été dans l’Humanité indiquait que 69 % des Français voulaient un référendum sur la réforme territoriale.

Forte demande de participation

«Les Français expriment une forte demande de participation : ils attendent d'être plus souvent consultés, écoutés, pris en compte et ce à tous les niveaux de décision. Ce souhait est d'autant plus fort que les Français portent un jugement sévère sur le fonctionnement actuel de la démocratie et se montrent méfiants à l'égard des institutions et du personnel politiques. À ce titre, ils sont donc en attente de garanties d'indépendance et de neutralité, prérequis indispensable à leur participation.
Plus largement s'exprime le souhait d'un renouvellement des formes de la participation et d'accompagnement : par de la pédagogie et de l'information sur les modalités de concertation mais aussi en rassurant les citoyens sur le fait que leur participation aura un effet sur la décision publique.
Autant d'éléments qui passent aux yeux des Français par une meilleure sensibilisation des décideurs à l'écoute et au dialogue avec les citoyens afin de combler le fossé qui s'est creusé entre eux. »
Préface de l'enquête TNS/Sofres pour la CNDP, 12 juin 2014

La Revue du projet, n° 41, novembre 2014

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29 novembre 2014 6 29 /11 /novembre /2014 12:35

Forces productives et rapports de production, Florian Gulli et Jean Quétier

Comment expliquer les grandes transformations historiques ? Sont-elles portées par de nouvelles idées, véhiculées par des groupes sociaux organisés ?

À un certain stade de leur développement, les forces productives matérielles de la société entrent en contradiction avec les rapports de production présents, ou ce qui n’en est qu’une expression juridique, les rapports de propriété, à l’intérieur desquels elles s’étaient mues jusque-là. De formes de développement des forces productives qu’ils étaient, ces rapports se changent en chaînes pour ces dernières. Alors s’ouvre une époque de révolution sociale. Avec la transformation de la base économique fondamentale se trouve bouleversée plus ou moins rapidement toute l’énorme superstructure. Quand on examine de tels bouleversements, il faut toujours distinguer le bouleversement matériel des conditions de production économique, que l’on peut constater aussi rigoureusement que dans les sciences de la nature, des formes juridiques, politiques, religieuses, artistiques ou philosophiques, bref des formes idéologiques sous lesquelles les hommes prennent conscience de ce conflit et le mènent à terme. Pas plus qu’on ne peut juger de ce qu’est un individu d’après l’image qu’il a de lui-même, on ne peut juger d’une telle époque de bouleversement d’après sa conscience ; il faut bien plutôt expliquer cette conscience par les contradictions de la vie matérielle, par le conflit existant entre les forces productives sociales et les rapports de production. Une formation sociale ne disparaît jamais avant que soient développées toutes les forces productives qu'elle est assez large pour contenir, et jamais de nouveaux rapports de production supérieurs ne la remplacent avant que les conditions d'existence matérielles de ces rapports n'aient éclos au sein même de l'ancienne société. L'humanité ne s'assigne donc jamais que des tâches qu'elle peut résoudre car, à y regarder de plus près, il se trouvera toujours que la tâche ne naît elle-même que là où sont déjà présents soit les conditions matérielles de sa résolution, soit au moins le processus de leur devenir.

Karl Marx,
« Avant-propos » de la Contribution à la critique de l'économie politique (1859), Les Éditions sociales, Paris, 2014, p. 63. Traduction de Guillaume Fondu et Jean Quétier.

Pour Marx, si l’on veut rendre intelligible une « époque de révolution sociale », le passage d’un type de société à un autre, il faut partir, non pas des idées ou de la conscience des acteurs, mais de la production matérielle. Les révolutions sociales sont préparées souterrainement par des transformations dans la production, par l’évolution des relations entre « forces productives » et « rapports de production ». Elles ne sont donc pas possibles à tout moment ni en tout lieu. Les conditions objectives ne suffisant jamais, l’action politique conserve un sens ; elle doit se méfier néanmoins de l’aventurisme révolutionnaire qui s’imagine que la transformation du monde n’est qu’affaire de volonté.

Les transformations sociales à la lumière de la dialectique des « forces productives » et des « rapports de production »
L’expression « forces productives » désigne les moyens de production (outils, machines, système de machines), l’ensemble des hommes qui les utilisent, ainsi que les savoirs indispensables au travail (savoir-faire des métiers traditionnels, connaissances techniques et scientifiques). Rapport de l’homme à la nature, la production est toujours et en même temps sociale, rapport des hommes entre eux. Il est impossible de penser la production dans les sociétés humaines sur le modèle du travail de Robinson Crusoé, seul sur son île. Les « rapports de production » désignent donc le type de rapports que les hommes établissent entre eux lorsqu’ils produisent. Il existe par exemple des rapports de production esclavagistes. L’esclave n’est pas un homme libre, il est la propriété d’un maître qui organise son travail et lui fournit ses outils. Le servage, à l’époque médiévale est un autre exemple de rapport de production. Le serf est attaché à une terre et à un seigneur ; il n’est pas libre de les quitter à sa guise. Il est en outre contraint de travailler gratuitement une partie de la semaine pour le seigneur. Le salariat est un autre type de rapports de production. Le salarié n’est pas propriétaire des moyens de production qu’il utilise au cours de son travail. Marx explique que le salarié est néanmoins un travailleur « libre » en ce sens qu’il n’est pas la propriété d’un maître et qu’il s’associe au capitaliste au moyen d’un contrat. Mais la liberté juridique du salarié est en réalité un jeu de dupes dans la mesure où les rapports de production capitalistes le contraignent à vendre sa force de travail pour subsister. « Forces productives » et « rapports de production » n’existent jamais indépendamment les unes des autres. Ils sont nécessairement imbriqués. La production est la mise en œuvre de forces productives dans le cadre de rapports sociaux déterminés, elle s’inscrit donc toujours dans une histoire.
Marx estime que les transformations sociales profondes adviennent lorsque le développement des « forces productives » entre en contradiction avec les « rapports de production ». Ces derniers favorisent d’abord l’essor des forces productives mais finissent toujours par devenir de véritables « chaînes » s’opposant à leur déploiement. À l’aube du capitalisme, écrit Marx dans le Manifeste du parti communiste, « le métier, entouré de privilèges féodaux, fut remplacé par la manufacture. La petite bourgeoisie industrielle supplanta les maîtres de jurande ; la division entre les différentes corporations disparut devant la division du travail dans l’atelier même ». Ainsi, la contradiction évoquée précédemment constitue l’un des facteurs qui entraînent la crise du mode de production féodal : les rapports de production liant les maîtres à leurs compagnons dans de grandes corporations de métiers sont autant d’entraves à la généralisation de la division du travail dans la manufacture, laquelle exige la réunion, la réorganisation, voire la fragmentation, des anciens métiers. La contradiction entre forces productives et rapports de production n’est pas la seule explication mobilisée par Marx pour expliquer la transition entre féodalisme et capitalisme. Dans le Capital, il insistera par exemple sur le rôle joué par l’expropriation violente de la population rurale anglaise au XVe siècle.

Critique des lectures idéalistes des transformations sociales et implications politiques
La contradiction entre forces productives et rapports de production est objective, c’est-à-dire qu’elle échappe en partie aux intentions et aux projets des hommes. La conscience humaine, ses productions intellectuelles et institutionnelles ne constituent pas la source principale des changements sociaux. Marx retrouve ici les analyses de L’Idéologie allemande qui conduisaient à relativiser la force des idées. S’il les répète, c’est parce qu’en matière de « révolutions sociales » les explications idéalistes vont bon train. La bourgeoisie voit dans la Révolution française l’avènement de la philosophie des Lumières. Les contre-révolutionnaires la considèrent comme le résultat d’un complot ourdi par ces mêmes philosophes contre la tradition. Dans les deux cas, l’événement est pensé comme la réalisation d’idées. Le rôle de la production, et de ses contradictions, est purement et simplement ignoré. Ces deux lectures sont superficielles ; le mouvement historique est expliqué à partir des productions idéologiques des hommes comme si ces productions ne devaient pas, à leur tour, être réinscrites dans l’histoire.
Faire de la contradiction entre forces productives et rapports de production le moteur ou, tout au moins, la source des révolutions sociales n’est évidemment pas sans conséquence. D’une part, une telle affirmation doit conduire à ne pas se montrer trop volontariste en matière d’action politique. La révolution ne se décrète pas, elle ne germe pas non plus dans n’importe quelles conditions. Marx lui-même en a fait l’expérience en observant le reflux qui a suivi la période de bouillonnement révolutionnaire de 1848. En cela, le texte peut être considéré comme une réponse à tous les agitateurs « hors-sol » qui, comme Blanqui(1) à l’époque de Marx, s’imaginent pouvoir réduire la question de la révolution sociale à celle de la stratégie menant à la prise du pouvoir. L’action politique ne peut donc pas se dispenser d’une analyse approfondie de la situation sociale, du moment historique dans lequel elle prétend intervenir. Toutefois, affirmer la centralité de la contradiction entre forces productives et rapports de production n’a pas simplement pour Marx une fonction critique. C’est aussi une occasion de mettre en évidence les possibilités de transformation sociale déjà incluses dans le présent. On retrouve là l’idée, déjà exprimée dans le Manifeste du Parti communiste, selon laquelle « la bourgeoisie produit ses propres fossoyeurs ». En insistant sur le rôle du développement des forces productives, Marx ne se livre pas à un plaidoyer en faveur d’une expansion effrénée de la production, comme cela a parfois été affirmé : il insiste dans ce texte sur le lien qui existe entre bouleversements dans la production et bouleversements sociaux. Il serait faux néanmoins de s’imaginer que Marx en conclut que le capitalisme s’effondrera sous le poids de ses propres contradictions. Si « l’humanité ne s’assigne jamais que des tâches qu’elle peut résoudre », c’est bien de tâches qu’il s’agit, d’actions à accomplir. Dire que la sortie du capitalisme est possible, ce n’est pas dire qu’elle est automatique.
En nous faisant entrevoir la contradiction qui existe aujourd’hui entre des forces productives qui permettraient de garantir le bien-être des individus (nous pouvons soigner des maladies graves, nous pouvons partager des connaissances essentielles) et d’autre part des rapports de production dont la seule finalité est de garantir aux capitalistes un taux de profit maximal, le texte de Marx nous donne aussi l’occasion d’envisager un autre mode de production que celui dans lequel nous vivons.

(1) - Louis-Auguste Blanqui (1805-1881) : révolutionnaire socialiste français, partisan d'une insurrection violente menée par un petit nombre d'activistes.

1859, une première étape
sur la route du Capi
tal
À la fin des années 1850, Marx travaille déjà à son grand projet de critique de l'économie politique. S'il n'en est pas encore à expliquer ce qui fonde l'exploitation capitaliste proprement dite, il expose déjà, dans l'ouvrage qu'il publie en 1859, les rouages de l'échange marchand et de la circulation monétaire. Marx entend à la fois mettre en évidence le fonctionnement du mode de production capitaliste et faire la critique des catégories couramment employées dans le discours des économistes de son temps (valeur, marchandise, argent, etc.). Ce projet occupera Marx jusqu'à la fin de sa vie et le conduira à rédiger des milliers de pages, dont une partie seulement sera publiée de son vivant.

La Revue du projet, n° 41, novembre 2014

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29 novembre 2014 6 29 /11 /novembre /2014 12:26

La CGT reste le principal syndicat de la RATP

AFP 28 NOVEMBRE 2014 À 18:33

Le score de la centrale s'est toutefois nettement tassé aux élections professionnelles, tandis que la CFDT est FO sont tombées sous le seuil de représentativité.

La CGT reste le premier syndicat de la RATP, malgré un important recul aux élections professionnelles, devant l’Unsa et Sud, alors que la CFDT et FO ont perdu leur représentativité, selon les premiers résultats publiés vendredi.

Quelque 44 600 salariés de la RATP (métro, bus, tramway, une partie des RER A et B) étaient appelés aux urnes jeudi pour renouveler leurs délégués du personnel. Le vote portait aussi sur les élus des onze comités départementaux économiques et professionnels (CDEP), qui assument à la RATP le rôle des comités d’établissement. Avec 28 880 votants, la participation s’est élevée à 65%.

La CGT reste la première instance représentative du personnel avec 30,4% des voix, loin devant l’Unsa (22,1%), qui recule de 3,6 points, et Sud (15,3%), qui en gagne 1,2. Cependant, le syndicat contestataire enregistre une baisse de 3,5 points par rapport au précédent scrutin de décembre 2010. Les grands perdants restent la CFDT et FO, qui n’ont plus la représentativité acquise quatre ans plus tôt d’une courte tête avec respectivement 10,12% et 10,06%. La chute est lourde pour la CFDT, qui s’écroule à 5,1% et se voit même dépassée par le SAT RATP (5,2%). Force ouvrière échoue de très peu (9,6%) sous le seuil des 10%, au-delà duquel un syndicat est représentatif.

A l’inverse, la CFE-CGC, syndicat proche des cadres, réalise un bond de plus de 4 points, passant à 9,3%. Dans le collège dédié à l’encadrement, son score atteint 32,7%, contre 18,3% quatre ans plus tôt. Le SAP RATP arrive en dernière position avec 3% des suffrages exprimés. Les 24 représentants du comité d’entreprise (12 titulaires, 12 remplaçants) seront ensuite élus par les nouveaux membres des comités départementaux économiques et professionnels. La date du vote n’est pas encore connue, a précisé l’entreprise à l’AFP.

Si les élections permettent de répartir les sièges dans les instances de représentation du personnel, elles offrent en outre une photographie des forces en présence dans le cadre des négociations sur les accords d’entreprise. Pour être valides, ces accords doivent être signés par un ou plusieurs syndicats ayant atteint au moins 30% des suffrages exprimés au premier tour. A l’inverse, un accord peut être bloqué par des syndicats totalisant 50% des voix.

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29 novembre 2014 6 29 /11 /novembre /2014 12:22

Les Européens détiennent 2.600 milliards de dollars dans les paradis fiscaux

LES ECHOS | LE 25/11 À 09:43, MIS À JOUR À 09:52

  • Selon une étude, 8% de la richesse mondiale, soit 7.600 milliards de dollars, sont logés dans les paradis fiscaux. Les ménages européens sont les premiers clients - SIPA

Selon une étude, 8% de la richesse mondiale, soit 7.600 milliards de dollars, sont logés dans les paradis fiscaux. Les ménages européens sont les premiers clients.

Quelque 7.600 milliards de dollars, soit 8% de la richesse mondiale, sont détenus par des particuliers dans des paradis fiscaux, affirme une récente étude parue dans le Journal Of Economic Perspectives . Les ménages européens arrivent les premiers avec quelque 2.600 milliards localisés dans des Etats qui mêlent faible fiscalité et opacité financière , affirme le Français Grabiel Zucman, professeur assistant à la London School of Economics.

Derrière eux, les contribuables asiatiques (1.300 milliards) distancent de peu les Américains (1.200 milliards) qui sont suivis par les particuliers dans les pays du Golfe (700 milliards), affirme l’auteur de « la Richesse cachée des nations. Enquête sur les paradis fiscaux » (2013). L’étude ne prend en compte que les actifs financiers et non les biens mobiliers ou immobiliers qui peuvent eux aussi être gardés à l’abri des fisc nationaux.

190 milliards de pertes fiscales

« S’il semble clair que la richesse détenue offshore est en augmentation, la principale incertitude tient à la part qui relève de l’évasion fiscale », indique M. Zucman, selon qui certains contribuables déclarent « en bonne et due forme » leurs comptes en Suisse ou dans les Iles Caïmans. En tenant compte de cette incertitude, M. Zacman estime à « 190 milliards » par an la perte en recettes fiscales essuyée par les Etats, au profit « quasi exclusif » des contribuables les plus fortunés.

Son étude montre également que les multinationales américaines font un usage croissant des paradis fiscaux pour réduire leurs impôts . En 2013, 55% de leurs revenus réalisés à l’étranger étaient localisés dans ces juridictions, notamment au Luxembourg ou à Singapour, contre un peu plus de 20% il y a a trente ans. Cette étude paraît à l’heure où la polémique sur l’optimisation fiscale des grandes entreprises a repris de l’ampleur avec les révélations « LuxLeaks » sur le rôle de plaque-tournante joué par le Luxembourg.


En savoir plus sur http://www.lesechos.fr/monde/europe/0203963970745-les-europeens-detiennent-2600-milliards-de-dollars-dans-les-paradis-fiscaux-1067877.php?xtor=CS1-2&wSWjoH65c6Ub7tdu.99

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Published by bruno fornaciari - dans economie finance
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29 novembre 2014 6 29 /11 /novembre /2014 08:45

Aubervilliers vote un voeu pour la reconnaissance de l’Etat de Palestine

Dans sa séance du jeudi 27 novembre 2014, le Conseil municipal d’Aubervilliers a, à l’unanimité, voté un voeu demandant au président de la république de reconnaître l’Etat de Palestine.

Vœu au Conseil Municipal du 27 novembre 2014

Vœu adressé par le Conseil municipal d’Aubervilliers au Président de la République pour la reconnaissance de l’Etat Palestinien

En s’appuyant sur la légalité internationale notamment la résolution 181 du 29 novembre 1947 de l’Assemblée Générale des Nations Unies qui adopte le plan de partage de la Palestine en deux Etats indépendants.

Ce droit à un Etat souverain pour le peuple palestinien a été reconnu à maintes reprises, par le Conseil de Sécurité de l’ONU. On peut citer les deux résolutions majeures la 242 du 22 novembre 1967 qui condamne « l’acquisition de territoires par la guerre » et demande « le retrait des forces armées israéliennes des territoires occupés en affirmant « l’inviolabilité territoriale et l’indépendance politique » de chaque Etat de la Région, la 1515 du 19 novembre 2003 et la 1860 du 8 janvier 2009 où il réaffirme son attachement « à une région où deux Etats démocratiques, Israël et la Palestine, vivent côte à côte, en paix, à l’intérieur de frontières sûres et reconnues ».

Afin de mettre fin à la colonisation illégale de la Cisjordanie, de son accélération à Jérusalem Est, des offensives répétées de l’armée israélienne sur Gaza, des destructions et des milliers de pertes parmi la population civile, de lever le blocus instauré en 2007, nous appuyons toutes initiatives politiques de nature à répondre aux droits des palestiniens et des israéliens à vivre en paix.

Un premier pas a déjà été salué par notre conseil municipal, de reconnaissance, par la France, de la Palestine comme Etat membre de l’UNESCO et Etat membre observateur de l’ONU, en 2012.

Par la voix du Ministre des Affaires étrangères la Palestine devait être reconnue comme Etat « le moment venu », ce moment, historique, il est aujourd’hui et maintenant.

L’annexion de terres, la poursuite de la construction du Mur, la multiplication de colonies fait partie de la stratégie de l’occupation israélienne de rendre irréversible toute existence d’un Etat viable, avec une continuité territoriale et une souveraineté totale sur les territoires occupés en 1967 avec Jérusalem Est comme capitale.

Dans ce contexte une prise de position forte et déterminée de la France, membre permanent du Conseil de Sécurité de l’ONU et 2ème puissance économique de l’Union Européenne créera comme en 2012, un effet d’entraînement d’autres pays du continent.

L’Assemblée Nationale en débattra le 28 novembre et votera le 2 décembre. Si le vote favorable semble acquis, nous appelons le Sénat qui a inscrit la question à l’ordre du jour du 11 décembre, à confirmer ce vote solennel et à encourager le Chef de l’Etat, à reconnaître au nom de la France, la Palestine comme Etat, rejoignant la liste actuelle des 135 pays.

La Ville d’Aubervilliers, solidaire depuis de longues années avec le peuple palestinien et attachée à la paix et la sécurité de tous les habitants de cette Région, représentée à la Conférence internationale de clôture de l’année de l’ONU pour la Palestine, à Ramallah les 21 et 22 novembre dernier, entretient des liens d’amitié et de coopération depuis plus de 15 ans avec la Ville de Beit Jalah.
Les populations des deux villes se connaissent, se retrouvent souvent. On ne compte plus les échanges de délégations d’élus, d’habitants et de jeunes entre Aubervilliers et Beit Jalah.

Le Conseil Municipal d’Aubervilliers émet le vœu que le Président de la République, Mr François Hollande :

Déclare la reconnaissance officielle, par la France, de l’Etat palestinien. D’appuyer l’initiative du Président Palestinien, accepté par deux membres permanents, La Russie et la Chine, d’inscrire à l’ordre du jour du prochain Conseil de Sécurité de l’ONU, le processus de reconnaissance de la Palestine, comme 194ème Etat souverain, au sein de la communauté internationale.

Aubervilliers le jeudi 27 novembre 2014.

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28 novembre 2014 5 28 /11 /novembre /2014 17:59

Activités Sociales de l’énergie : Résultat de l’élection des administrateurs des CMCAS

VENDREDI, 28 NOVEMBRE, 2014

Communiqué de la CCAS (Caisse Centrale d’Activités Sociales) et du Comité de coordination des CMCAS (Caisses mutuelles complémentaires et d’action sociale)

En participant à 67,53 % à l’élection des membres des Conseils d’Administration des CMCAS, le personnel des IEG a réaffirmé sa volonté de décider de l’avenir et du contenu de ses Activités Sociales. 180 793 agents, actifs et inactifs, se sont exprimés, soit 28 854 voix supplémentaires par rapport à 2009.

88 830 salariés (soit 61,50 %) et 91 963 retraités (soit 74,50 %) ont pris part à ce vote. Cette expression indique clairement la volonté d’égalité de traitement inscrite dans l’article 1 du Statut national du personnel des Industries électrique et gazière.

Les résultats nationaux sont les suivants :
CGT 50,55 %
CFDT 19,44 %
CFE-CGC 17,41 %
FO 11,14 %
CFTC 1,20 %
Autres 0,27 %

Ces résultats démontrent que le projet proposé par les Activités Sociales pour répondre aux besoins des électriciens et gaziers constitue un outil moderne et pertinent. Dans une société dont le modèle économique s’essouffle, où l’individualisme devient banal, où la tentation du rejet de l’autre est forte, ils consolident l’originalité de notre modèle social et tout ce que nous avons su construire ensemble, dans la diversité et le pluralisme.
En s’appuyant sur la confiance renouvelée de plusieurs générations d’Électriciens et Gaziers, nous répondons aux besoins de chacun dans le souci constant des valeurs qui font notre force : solidarité, dignité et justice.

Chacun peut prendre toute sa place dans la construction de ses Activités Sociales ; chacun doit y prendre toute sa place : assemblées de SLVie, CMCAS, convoyages, encadrements en centre de tourisme, rencontres bénéficiaires sont les lieux privilégiés pour l’expression et l’échange dans la proximité, pour l’écoute au quotidien.

Nous sommes engagés auprès des électriciens et gaziers pour soutenir des droits légitimes : droit aux vacances, droit à la santé, à une restauration de qualité, droit aux loisirs, au sport, à la culture, sans oublier les autres dimensions de notre intervention (assurances, international, lien social dans la proximité).
Notre modèle c’est aussi la force de l’engagement citoyen et syndical. Un engagement pluraliste dont l’expression, définie au travers de ce vote, doit être la règle de vie au sein de nos organismes.

Nous remercions l’ensemble des élus, professionnels et militants qui ont permis par leur engagement de construire et porter nos projets. Nous souhaitons la bienvenue aux 25 000 nouveaux votants des IEG et les invitons à se joindre à nous pour construire, faire grandir et étendre nos Activités Sociales et faire ainsi la preuve que le syndicalisme est une idée moderne.
Ensemble, continuons d’innover

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La CGT reste le principal syndicat de la RATP

AFP 28 NOVEMBRE 2014 À 18:33

Le score de la centrale s'est toutefois nettement tassé aux élections professionnelles, tandis que la CFDT est FO sont tombées sous le seuil de représentativité.

La CGT reste le premier syndicat de la RATP, malgré un important recul aux élections professionnelles, devant l’Unsa et Sud, alors que la CFDT et FO ont perdu leur représentativité, selon les premiers résultats publiés vendredi.

Quelque 44 600 salariés de la RATP (métro, bus, tramway, une partie des RER A et B) étaient appelés aux urnes jeudi pour renouveler leurs délégués du personnel. Le vote portait aussi sur les élus des onze comités départementaux économiques et professionnels (CDEP), qui assument à la RATP le rôle des comités d’établissement. Avec 28 880 votants, la participation s’est élevée à 65%.

La CGT reste la première instance représentative du personnel avec 30,4% des voix, loin devant l’Unsa (22,1%), qui recule de 3,6 points, et Sud (15,3%), qui en gagne 1,2. Cependant, le syndicat contestataire enregistre une baisse de 3,5 points par rapport au précédent scrutin de décembre 2010. Les grands perdants restent la CFDT et FO, qui n’ont plus la représentativité acquise quatre ans plus tôt d’une courte tête avec respectivement 10,12% et 10,06%. La chute est lourde pour la CFDT, qui s’écroule à 5,1% et se voit même dépassée par le SAT RATP (5,2%). Force ouvrière échoue de très peu (9,6%) sous le seuil des 10%, au-delà duquel un syndicat est représentatif.

A l’inverse, la CFE-CGC, syndicat proche des cadres, réalise un bond de plus de 4 points, passant à 9,3%. Dans le collège dédié à l’encadrement, son score atteint 32,7%, contre 18,3% quatre ans plus tôt. Le SAP RATP arrive en dernière position avec 3% des suffrages exprimés. Les 24 représentants du comité d’entreprise (12 titulaires, 12 remplaçants) seront ensuite élus par les nouveaux membres des comités départementaux économiques et professionnels. La date du vote n’est pas encore connue, a précisé l’entreprise à l’AFP.

Si les élections permettent de répartir les sièges dans les instances de représentation du personnel, elles offrent en outre une photographie des forces en présence dans le cadre des négociations sur les accords d’entreprise. Pour être valides, ces accords doivent être signés par un ou plusieurs syndicats ayant atteint au moins 30% des suffrages exprimés au premier tour. A l’inverse, un accord peut être bloqué par des syndicats totalisant 50% des voix.

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28 novembre 2014 5 28 /11 /novembre /2014 10:40

État palestinien : les députés ont rendez-vous avec l’histoire

Le vote décisif de la France pour construire la paix

GAËL DE SANTIS

VENDREDI, 28 NOVEMBRE, 2014

63 % des Français, selon l'Ifop, se prononcent en faveur de la reconnaissance de la Palestine.

Vendredi, l’Assemblée nationale entame les discussions sur une résolution qui invite le gouvernement à reconnaître l’État de Palestine.135 pays ont déjà franchi le pas. Le vote du Parlement français enverrait un signal fort aux autorités israéliennes, enferrées dans une fuite en avant nationaliste.

Mahmoud Abbas sera-t-il reçu un jour en France comme un chef d’État ? C’était le cas en Afrique du Sud, mercredi, où le président palestinien a eu droit à tous les honneurs. Et pour cause, l’Afrique du Sud, héritière de la lutte anti-apartheid, fait partie des 135 nations qui ont reconnu l’État palestinien. C’est justement ce qui est en débat dans le « pays des droits de l’Homme » ce vendredi, à l’Assemblée nationale. Les députés socialistes ont déposé une résolution invitant « le gouvernement français à reconnaître l’État de Palestine en vue d’obtenir un règlement définitif du conflit ». Ce texte, qui sera voté mardi, n’est pas contraignant, mais fera pression sur le gouvernement français afin qu’il s’implique davantage dans la résolution du conflit. Le ministre des Affaires étrangères, Laurent Fabius, a d’ores et déjà annoncé que la France se portait candidate pour accueillir une conférence de paix. C’est une exigence pressante des Français puisque, dans un sondage Ifop réalisé pour l’Humanité, 63 % des personnes interrogées estiment que « le temps est venu pour les Palestiniens d’avoir leur propre État ». C’est chez les sympathisants du Front de gauche que cette demande est la plus forte, avec 85 % d’opinions favorables, devant les proches du Parti socialiste (79 %), de l’UMP (56 %) ou du FN (50 %).

Laurent Fabius, chef de la diplomatie française, devrait s’exprimer ce vendredi devant les parlementaires. Il s’est déjà dit « favorable à la reconnaissance » d’un État palestinien « sur le principe ». Mais, pour l’heure, il louvoie. Quel que soit le résultat du vote, « je le répète. Je ne veux pas d’ambiguïté. C’est au gouvernement, au président de la République de prendre, au moment venu, la décision », insistait-il mercredi sur les ondes de France Inter, ajoutant qu’une reconnaissance aujourd’hui « ne change(rait) rien sur le terrain ».

Faire justice au peuple palestinien

Au contraire, c’est une urgence. 380 000 colons sont installés dans les territoires palestiniens, rognant chaque jour plus de terres, au point que la question d’un État viable est posée. Il est vrai qu’au lendemain du vote, tout resterait à construire. Depuis la négociation des accords d’Oslo, « en 1993, on ne perçoit à aucun moment une volonté réelle d’aller vers une négociation qui permette la création d’un État palestinien », déplorait, dansl’Humanité mercredi, le député Front de gauche François Asensi, qui, dès 2012, avait demandé que le Parlement français invite le gouvernement à reconnaître l’État de Palestine. Pour l’élu, « cette reconnaissance permettrait non seulement de faire justice au peuple palestinien, mais encore, c’est une condition de la sécurité des Israéliens (…) Il n’y aura pas de paix durable sans justice ».

La décision symbolique du peuple français est de première importance, estime Nordine Idir, le secrétaire du Mouvement jeunes communistes de France, qui a déposé une pétition signée par 30 000 personnes au Quai d’Orsay jeudi : « Ce serait la reconnaissance du droit des Palestiniens à vivre sur leur terre, à vivre dans leur État. Cela doit ouvrir un cycle qui permet de réaliser ce droit. »

30.000 pétitions déposées au Quai d'Orsay, pour un État Palestinien & 1 paix juste & durable! #FreePalestinepic.twitter.com/OuRLDfq0OS

— Jeunes Communistes (@_MJCF) 27 Novembre 2014

Le Collectif national pour une paix juste et durable entre Palestiniens et Israéliens, qui appelle à plusieurs rassemblements vendredi (1), estime que « ce premier pas aura des conséquences non négligeables puisque Israël sera alors reconnu officiellement comme occupant le territoire d’un État souverain ». Des propos qui font écho à ceux exprimés dans nos colonnes le 17 novembre par Élie Barnavi, ancien ambassadeur d’Israël en France et signataire d’un appel aux parlementaires européens à officialiser un État palestinien : « Une fois que (celui-ci) sera proclamé, il faudra négocier sa mise au monde, ses frontières, sa configuration, son caractère. Mais l’existence même d’un tel État bouleverserait la nature des négociations qui impliqueraient non plus une autorité improbable mais un État reconnu par la communauté internationale. »

C’est bien ce qui gêne la droite de la droite au pouvoir à Tel-Aviv. Le vote favorable du Parlement français enverrait un signal fort aux autorités israéliennes entraînées dans une fuite en avant nationaliste, le dernier exemple étant la volonté de faire d’Israël un État national juif. Sur cinq membres permanents du Conseil de sécurité des Nations unies, deux, la Russie et la Chine, reconnaîtraient la Palestine, et deux autres, le Royaume-Uni et la France auraient vu leur Parlement appeler leur gouvernement à le faire. Le premier ministre, Benyamin Netanyahou, s’indigne à chaque fois qu’un gouvernement – la Suède le 30 octobre – ou un Parlement – au Royaume-Uni le 13 octobre, en Irlande le 22, et en Espagne le 18 novembre – fait un pas en ce sens. Il faut dire que le mouvement fait boule de neige. Le Parlement européen pourrait être amené à se prononcer sur le sujet. « Je crois qu’on va voter en décembre », a déclaré jeudi le président de l’Assemblée de Strasbourg, le social-démocrate allemand Martin Schulz.

Ce mouvement est encouragé par les Palestiniens. Lors d’une réunion des collectivités locales solidaires avec la Palestine, le président Mahmoud Abbas a appelé « tous les pays de l’Union européenne qui n’ont pas encore reconnu l’État de Palestine (…) à le faire », remerciant la Suède, le Royaume-Uni et, par avance, la France. Jeudi, à Paris, le fils du dirigeant palestinien Marwan Barghouti emprisonné en Israël, Qassam Barghouti, a indiqué qu’il assisterait aux débats. « J’espère que pendant mon séjour ici, on verra la France prendre la tête de l’Europe pour la reconnaissance de notre État (…). Les élus de ce grand peuple épris de liberté ne peuvent que se prononcer pour le droit et la justice. »

(1) À Paris, fontaine des Innocents, vendredi à 18 h 30.

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BRUNO FORNACIARI

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