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17 janvier 2015 6 17 /01 /janvier /2015 11:46
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Published by bruno fornaciari - dans hommage - souvenir PCF
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17 janvier 2015 6 17 /01 /janvier /2015 07:06

17 janvier 1975-17 janvier 2015, la loi sur l’avortement a 40 ans

MANIFESTATION NATIONALE POUR LES DROITS DES FEMMES

En avant toutes ! Nous devons continuer le combat !

samedi 17 janvier 2015, 14 h 30 à Bastille
jeudi 11 décembre 2014

 

 


Le droit à l’avortement, des années de combat :

Depuis 1920 : les femmes ont l’interdiction de disposer de leur corps. Leur vie sexuelle se réduit au droit à la reproduction.
1971 : publication du Manifeste des 343 femmes qui déclarent avoir avorté.
1972 : procès de Bobigny.
1973 : publication du Manifeste des 331 médecins déclarant avoir pratiqué l’avortement et création du MLAC (Mouvement pour la Liberté de l’Avortement et de la Contraception). Celui-ci se livre à une pratique illégale de l’avortement par la méthode par aspiration.

Le 17 janvier 1975 : promulgation de la loi sur l’avortement (précédée d’une loi autorisant la contraception). Elle est adoptée pour 5 ans à l’essai.
6 octobre 1979 : Nous sommes 50 000 dans la rue pour confirmer définitivement la loi.
1982 : obtention du remboursement de l’IVG après de nouvelles mobilisations.
Durant les années 90 : actions de commandos contre les CIVG.
27 janvier 1993 : obtention par la CADAC du délit d’entrave à l’IVG.
Loi du 4 juillet 2001 : l’ANCIC*, la CADAC* et le MFPF* obtiennent la loi qui reconnaît comme droit unique, le droit à la contraception et à l’avortement. Enfin l’IVG sort du Code pénal !

Le combat des femmes pour le droit à disposer de leur corps est un combat permanent.
Le droit à l’avortement est toujours fragile. En Espagne, il a bien failli ne plus exister. Sans les manifestations massives de rue et la solidarité internationale, les femmes de ce pays ne pourraient plus accéder à ce droit.
En France, de nos jours, la loi Bachelot sur l’hôpital dite loi « Hôpital Patients Santé Territoire » entraîne, entre autres, la fermeture de nombreuses maternités où sont pratiquées les IVG.
Ces fermetures compliquent l’accès à l’avortement et tendent à le réduire gravement.

Prenant appui sur la crise financière de 2008, les gouvernements successifs nous imposent des politiques d’austérité. Tout en faisant des cadeaux au patronat, ils détruisent les services publics : réduction de personnel et de moyens, privatisations, fermeture de structures notamment dans la santé.
Les conséquences de ces choix politiques touchent de plein fouet les femmes. En effet, ce seront-elles qui s’occuperont à la maison des malades, des personnes âgées etc… et abandonneront leur travail !

Ces réductions de dépenses mettent en péril l’existence des associations qui luttent pour les droits des femmes.

Les mouvements réactionnaires sont à l’offensive, réactivent et développent leurs réseaux. Ils véhiculent et déversent des idées nauséabondes, anti démocratiques, rétrogrades, sexistes, LGBTIphobes. Ils rêvent d’une vision de la famille passéiste et de renforcer encore les inégalités femmes/hommes.
Le gouvernement n’a cessé de reculer devant eux : sur les ABCD de l’égalité, sur les stéréotypes de genre. Il a aussi reculé sur la PMA pour toutes les femmes qui était pourtant une promesse du candidat Hollande.
A contrario, il reste inflexible sur nos revendications.

C’est pourquoi le mouvement féministe appelle à reprendre la rue pour :

l’abrogation de la loi Hôpital Patients Santé Territoire
le maintien et le développement des services publics
un centre d’IVG dédié par hôpital avec le choix de la méthode
des moyens pérennes pour les associations
la PMA pour toutes les femmes
le rétablissement, développement et extension des ABCD de l’égalité
En 1975 on s’est battues,on a obtenu des nouveaux droits !
En 2015,il est grand temps de reprendre la rue !


* CADAC : Coordination des Associations pour le Droit à l’Avortement et à la Contraception
* ANCIC : Association Nationale des Centres d’IVG et de Contraception
* MFPF : Mouvement Français pour le Planning Familial

Premiers signataires : CNDF, ACTIT, ANCIC, Association Bi’Cause, Association de Solidarité avec les Femmes Algériennes, Atalante Vidéos Féministes, ATTAC, CADAC, CGT, CNT, Collectif 8 mars pour Toutes, Collectif 13 pour les Droits des Femmes, Collectif 20è/Tenon, Collectif Droits des Femmes 80, Collectif féministe contre le Viol, Coordination Lesbienne en France, Coordination nationale des comités de défense des hôpitaux et maternités de proximité, Conseil démocratique kurde de France, Éditions iXe, EELV, les éfFRONTé-e-s, L’égalité c’est pas sorcier, "Encore Féministes !", Ensemble !, Fédération Nationale Solidarité Femmes, Fédération Sud-Santé Sociaux, Femen, Féminisme Enjeux -Théâtre de l’Opprimé, Féministes pour une autre Europe, Femmes égalité, Femmes en lutte Bagnolet, Femmes migrantes debout, Femmes solidaires,FièrEs, Fondation Copernic, FSU, Inter LGBT, Jeunes de l’Union Démocratique Bretonne, Lesbiennes of Color,Ligue des droits de l’Homme, Ligue des Femmes Iraniennes pour la Démocratie, MAG Jeunes LGBT, Maison des Femmes de Montreuil, Marches Mondiales des Femmes,Mouvement du Christianisme social, MJCF, NPA, Parti de Gauche, PCF, Planning Familial, Rajfire, Regards de Femmes, Si les femmes comptaient, Snuep-FSU, Snuep Fsu Paris, SNUipp-FSU 13, SYRIZA Paris / FRANCE, Union des Femmes Socialistes (SKB), Union Syndicale Solidaires. Avec le soutien de SOS Homophobie.
- - - 

 

 




Cher-e-s ami-e-s,

Les sujets de mobilisation ne manquent pas ce samedi 17 janvier... 
La Fondation Copernic soutient et vous invite à participer à Paris à la manifestation nationale pour les droits des femmes, le 17 janvier 2015, marquant les 40 ans de la loi sur l'avortement. Départ à 14h30 à Bastille.
Par ailleurs, la Fondation Copernic soutient et participe à la Convergence Nationale des Collectifs de Défense et développement des Services publics, qui tient son assemblée générale ce samedi de 10h à 17 h, à La Souterraine (Creuse).

Bien amicalement
L'équipe de la Fondation Copernic

 
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17 janvier 1975-17 janvier 2015, la loi sur l’avortement a 40 ans
MANIFESTATION NATIONALE POUR LES DROITS DES FEMMES

En avant toutes ! Nous devons continuer le combat !

samedi 17 janvier 2015, 14 h 30 à Bastille
jeudi 11 décembre 2014



Le droit à l’avortement, des années de combat :

Depuis 1920 : les femmes ont l’interdiction de disposer de leur corps. Leur vie sexuelle se réduit au droit à la reproduction.
1971 : publication du Manifeste des 343 femmes qui déclarent avoir avorté.
1972 : procès de Bobigny.
1973 : publication du Manifeste des 331 médecins déclarant avoir pratiqué l’avortement et création du MLAC (Mouvement pour la Liberté de l’Avortement et de la Contraception). Celui-ci se livre à une pratique illégale de l’avortement par la méthode par aspiration.

Le 17 janvier 1975 : promulgation de la loi sur l’avortement (précédée d’une loi autorisant la contraception). Elle est adoptée pour 5 ans à l’essai.
6 octobre 1979 : Nous sommes 50 000 dans la rue pour confirmer définitivement la loi.
1982 : obtention du remboursement de l’IVG après de nouvelles mobilisations.
Durant les années 90 : actions de commandos contre les CIVG.
27 janvier 1993 : obtention par la CADAC du délit d’entrave à l’IVG.
Loi du 4 juillet 2001 : l’ANCIC*, la CADAC* et le MFPF* obtiennent la loi qui reconnaît comme droit unique, le droit à la contraception et à l’avortement. Enfin l’IVG sort du Code pénal !

Le combat des femmes pour le droit à disposer de leur corps est un combat permanent.
Le droit à l’avortement est toujours fragile. En Espagne, il a bien failli ne plus exister. Sans les manifestations massives de rue et la solidarité internationale, les femmes de ce pays ne pourraient plus accéder à ce droit.
En France, de nos jours, la loi Bachelot sur l’hôpital dite loi « Hôpital Patients Santé Territoire » entraîne, entre autres, la fermeture de nombreuses maternités où sont pratiquées les IVG.
Ces fermetures compliquent l’accès à l’avortement et tendent à le réduire gravement.

Prenant appui sur la crise financière de 2008, les gouvernements successifs nous imposent des politiques d’austérité. Tout en faisant des cadeaux au patronat, ils détruisent les services publics : réduction de personnel et de moyens, privatisations, fermeture de structures notamment dans la santé.
Les conséquences de ces choix politiques touchent de plein fouet les femmes. En effet, ce seront-elles qui s’occuperont à la maison des malades, des personnes âgées etc… et abandonneront leur travail !

Ces réductions de dépenses mettent en péril l’existence des associations qui luttent pour les droits des femmes.

Les mouvements réactionnaires sont à l’offensive, réactivent et développent leurs réseaux. Ils véhiculent et déversent des idées nauséabondes, anti démocratiques, rétrogrades, sexistes, LGBTIphobes. Ils rêvent d’une vision de la famille passéiste et de renforcer encore les inégalités femmes/hommes.
Le gouvernement n’a cessé de reculer devant eux : sur les ABCD de l’égalité, sur les stéréotypes de genre. Il a aussi reculé sur la PMA pour toutes les femmes qui était pourtant une promesse du candidat Hollande.
A contrario, il reste inflexible sur nos revendications.

C’est pourquoi le mouvement féministe appelle à reprendre la rue pour :

l’abrogation de la loi Hôpital Patients Santé Territoire
le maintien et le développement des services publics
un centre d’IVG dédié par hôpital avec le choix de la méthode
des moyens pérennes pour les associations
la PMA pour toutes les femmes
le rétablissement, développement et extension des ABCD de l’égalité
En 1975 on s’est battues,on a obtenu des nouveaux droits !
En 2015,il est grand temps de reprendre la rue !


* CADAC : Coordination des Associations pour le Droit à l’Avortement et à la Contraception
* ANCIC : Association Nationale des Centres d’IVG et de Contraception
* MFPF : Mouvement Français pour le Planning Familial

Premiers signataires : CNDF, ACTIT, ANCIC, Association Bi’Cause, Association de Solidarité avec les Femmes Algériennes, Atalante Vidéos Féministes, ATTAC, CADAC, CGT, CNT, Collectif 8 mars pour Toutes, Collectif 13 pour les Droits des Femmes, Collectif 20è/Tenon, Collectif Droits des Femmes 80, Collectif féministe contre le Viol, Coordination Lesbienne en France, Coordination nationale des comités de défense des hôpitaux et maternités de proximité, Conseil démocratique kurde de France, Éditions iXe, EELV, les éfFRONTé-e-s, L’égalité c’est pas sorcier, "Encore Féministes !", Ensemble !, Fédération Nationale Solidarité Femmes, Fédération Sud-Santé Sociaux, Femen, Féminisme Enjeux -Théâtre de l’Opprimé, Féministes pour une autre Europe, Femmes égalité, Femmes en lutte Bagnolet, Femmes migrantes debout, Femmes solidaires,FièrEs, Fondation Copernic, FSU, Inter LGBT, Jeunes de l’Union Démocratique Bretonne, Lesbiennes of Color,Ligue des droits de l’Homme, Ligue des Femmes Iraniennes pour la Démocratie, MAG Jeunes LGBT, Maison des Femmes de Montreuil, Marches Mondiales des Femmes,Mouvement du Christianisme social, MJCF, NPA, Parti de Gauche, PCF, Planning Familial, Rajfire, Regards de Femmes, Si les femmes comptaient, Snuep-FSU, Snuep Fsu Paris, SNUipp-FSU 13, SYRIZA Paris / FRANCE, Union des Femmes Socialistes (SKB), Union Syndicale Solidaires. Avec le soutien de SOS Homophobie.
 
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16 janvier 2015 5 16 /01 /janvier /2015 07:24

Une tribune contre l'union sacrée parue dans le monde. Certains camarades sont de la FSU.


La sidération, la tristesse, la colère face à l’attentat odieux contre Charlie Hebdo puis la tuerie ouvertement antisémite, nous les ressentons encore.

Voir des artistes abattus en raison de leur liberté d’expression, au nom d’une idéologie réactionnaire, nous a révulsés. Mais la nausée nous vient devant l’injonction à l’unanimisme et la récupération de ces horribles assassinats.


Nous partageons les sentiments de celles et ceux qui sont descendus dans la rue. Mais ces manifestations ont été confisquées par des pompiers pyromanes qui n’ont aucune vergogne à s’y refaire une santé sur le cadavre des victimes. Valls, Hollande, Sarkozy, Hortefeux, Copé, Merkel, Cameron, Juncker, Erdogan, Orban, Netanyahu, Liebermann, Bennett, Porochenko, les représentants de Poutine, Bongo… : quel défilé d’abjecte hypocrisie.

Cette mascarade indécente masque mal les bombes que les Occidentaux ont larguées sur l’Irak depuis une semaine sur décision de ce carré de tête ; les milliers de morts à Gaza où Avigdor Liebermann imaginait employer la bombe atomique quand Naftali Bennett se rengorgeait d’avoir tué beaucoup d’Arabes ; le million de victimes que le blocus en Irak a provoquées.

Ceux qu’on a vus manifester en tête de cortège à Paris ordonnent ailleurs de tels carnages.
« Tout le monde doit venir à la manifestation », a déclaré Valls en poussant ses hauts cris sur la « liberté » et la « tolérance ». Le même qui a interdit les manifestations contre les massacres en Palestine, fait asperger de gaz lacrymogènes les cheminots en grève et matraquer des lycéens solidaires de sans-papiers expulsés nous donne des leçons de liberté d’expression.

Celui qui déplorait à Evry ne voir pas assez de « Blancos » nous jure son amour de la tolérance. Le même qui fanfaronne de battre des records dans l’expulsion des Rroms se gargarise de « civilisation ».

En France la liberté d’expression serait sacrée, on y aurait le droit de blasphémer : blasphème à géométrie variable puisque l’« offense au drapeau et à l’hymne national » est punie de lourdes amendes et de peines de prison. Que le PS et l’UMP nous expliquent la compatibilité entre leur condamnation officielle du fondamentalisme et la vente d’armes à Ryad où les femmes n’ont aucun droit, où l’apostasie est punie de mort et où les immigrés subissent un sort proche de l’esclavage.


Nous ne participerons pas à l’union sacrée. On a déjà vu à quelle boucherie elle peut mener. En attendant, le chantage à l’unité nationale sert à désamorcer les colères sociales et la révolte contre les politiques conduites depuis des années.


Manuel Valls nous a asséné que « Nous sommes tous Charlie » et « Nous sommes tous des policiers ». D’abord, non, nous ne sommes pas Charlie. Car si nous sommes bouleversés par la mort de ses dessinateurs et journalistes, nous ne pouvons reprendre à notre compte l’obsession qui s’était enracinée dans le journal contre les musulmans toujours assimilés à des terroristes, des « cons » ou des assistés. On n’y voyait plus l’anticonformisme, sinon celui, conforme à la norme, qui stigmatise les plus stigmatisés.


Nous ne sommes pas des policiers. La mort de trois d’entre eux est un événement tragique. Mais elle ne nous fera pas entonner l’hymne à l’institution policière. Les contrôles au faciès, les rafles de sans-papiers, les humiliations quotidiennes, les tabassages parfois mortels dans les commissariats, les flash balls qui mutilent, les grenades offensives qui assassinent, nous l’interdisent à jamais. Et s’il faut mettre une bougie à sa fenêtre pour pleurer les victimes, nous en ferons briller aussi pour Eric, Loïc, Abou Bakari, Zied, Bouna, Wissam, Rémi, victimes d’une violence perpétrée en toute impunité.

Dans un système où les inégalités se creusent de manière vertigineuse, où des richesses éhontées côtoient la plus écrasante misère, sans que nous soyons encore capables massivement de nous en indigner, nous en allumerons aussi pour les six SDF morts en France la semaine de Noël.


Nous sommes solidaires de celles et ceux qui se sentent en danger, depuis que se multiplient les appels à la haine, les « Mort aux Arabes », les incendies de mosquées. Nous nous indignons des incantations faites aux musulmans de se démarquer ; demande-t-on aux chrétiens de se désolidariser des crimes d’Anders Breivik perpétrés au nom de l’Occident chrétien et blanc ?

Nous sommes aussi au côté de celles et ceux qui subissent le regain d’antisémitisme, dramatiquement exprimé par l’attaque de vendredi dernier.


Notre émotion face à l’horreur ne nous fera pas oublier combien les indignations sont sélectives.

Non, aucune union sacrée. Faisons en sorte, ensemble, que l’immense mobilisation se poursuive en toute indépendance de ces gouvernements entretenant des choix géopolitiques criminels en Afrique et au Moyen-Orient, et ici chômage, précarité, désespoir. Que cet élan collectif débouche sur une volonté subversive, contestataire, révoltée, inentamée, d’imaginer une autre société, comme Charlie l’a longtemps souhaité.

Ludivine Bantigny, historienne, Emmanuel Burdeau, critique de cinéma, François Cusset, historien et écrivain, Cédric Durand, économiste, Eric Hazan, éditeur, Razmig Keucheyan, sociologue, Thierry Labica, historien, Marwan Mohammed, sociologue, Olivier Neveux, historien de l’art, Willy Pelletier, sociologue, Eugenio Renzi, critique de cinéma, Guillaume Sibertin-Blanc, philosophe, Julien Théry, historien, Rémy Toulouse, éditeur, Enzo Traverso, historien

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15 janvier 2015 4 15 /01 /janvier /2015 14:43

Le piège tendu aux Juifs de France

jeudi 15 janvier 2015 par le Bureau National de l’UJFP

Nous avons ces derniers jours vécu les mêmes bouleversements à répétition que tous nos concitoyens. Comme Juifs nous avons été profondément atteints par l’horrible attentat perpétré contre des Juifs parce que Juifs. Cela ne peut que faire résonner pour nous les pires heures de l’histoire du judaïsme français. Tout ce que nous croyons comme militants, citoyens, êtres humains, tout ce pour quoi nous luttons, la valeur de la vie, de l’égalité entre les hommes, le ta’ayush (le vivre ensemble), s’est vu bafoué ici dans la rédaction d’un journal, puis dans ce magasin cacher. Nous sommes convaincus que la liberté d’expression est une valeur fondamentale de toute société démocratique et qu’elle doit être défendue à tout prix contre la violence obscurantiste.

Nous sommes aussi conscients de la montée d’un antisémitisme redoutable en France. Mais nous voulons l’analyser et tenter d’en comprendre les causes, parce qu’il est porteur comme tous les racismes d’aveuglement, de haine et de sang.
Notre association dénonce depuis des années le piège tendu aux Juifs de France, et il nous semble important de le décrire à nouveau aujourd’hui au lendemain de cette attaque meurtrière.

Un piège tendu par plusieurs instances et à plusieurs niveaux articulés et coordonnés dans le temps. A partir des provocations de Sharon sur le parvis de la mosquée d’Al Aqsa qui ont déclenché la deuxième Intifada en 2000, le gouvernement israélien de l’époque a décidé que la France, où réside la première communauté juive d’Europe, était un outil nécessaire et incontournable de sa politique. Son exécutif sur place ? L’ambassade d’Israël, l’agence juive, et le CRIF, conseil dit représentatif des institutions juives de France. Il s’agit d’embrigader tous les Juifs de France dans un soutien inconditionnel à tous les actes du gouvernement israélien, même les pires. Un CRIF qui va imposer une vision uniforme, d’une communauté juive totalement homogène soudée autour d’un sionisme sans faille et d’un soutien sans nuances aux actes du régime. Et ce travail va d’ailleurs se poursuivre très vite jusque dans le réseau des associations juives laïques, d’où l’UJFP sera assez vite éjectée. Hors du sionisme point de salut ! Imaginer une collectivité de près de 600 000 âmes parlant d’une seule voix, est aussi fou et stupide que de prêter cette unanimité à cinq ou six millions de musulmans, parmi lesquels il y a aussi de toute évidence, des religieux, laïcs ou non, plus ou moins pratiquants, des sionistes même, etc. Mais cela favorise une assimilation voulue, dans l’esprit de chacun : juif = soutien d’Israël et de sa politique quelle qu’elle soit. Et cette politique occupe, colonise, tue des arabes palestiniens tous les jours.

Les gouvernements successifs d’Israël n’ont quant à eux pas cessé depuis la même époque de s’adresser aux Juifs français en leur demandant de quitter une France pleine de musulmans antisémites et de faire leur « aliya » en Israël.

Enfin un aréopage d’intellectuels français, tenants du choc des civilisations, des Fourest, des Taguieff, des Tarnero, des Finkielkraut, mèneront à la fois le combat contre l’islam et celui pour le sionisme. Les gouvernements français successifs n’ont cessé, eux aussi, d’assimiler la légitime critique d’Israël et du sionisme à un racisme antisémite. Et la plupart des médias français ont repris la rengaine. On entendait même des journalistes après le massacre de Toulouse, parler d’Israël à des citoyens français juifs devant l’école visée, en leur disant « votre pays ». Souvenons-nous du fameux rapport Rufin qui demandait la pénalisation de l’antisionisme décrit comme une nouvelle forme d’antisémitisme.

Dans ce piège, beaucoup de Juifs se sont trouvés pris, qui avaient des liens affectifs, familiaux, d’identification avec Israël, et avec son histoire telle qu’elle leur était présentée par la mythologie sioniste, et sont petit à petit devenus des « représentants » potentiels du soldat israélien ou du colon israélien en France, renonçant progressivement à leur esprit critique, sous les effets déjà néfastes de confrontations de plus en plus problématiques. Ils ont aussi renoncé en même temps à leur capacité d’empathie pour l’autre, l’occupé, le destitué de tous ses droits, le massacré comme à Gaza cet été, pour ne plus voir que leur souci de préserver à tout prix ce « petit État fragile et jeune entouré d’ennemis » seul capable de les protéger de l’antisémitisme. Toute critique contre cet État est ainsi devenue un acte antisémite, tout rassemblement de solidarité avec la Palestine, un regroupement de fanatiques les menaçant personnellement et que les communautés locales poussées par le CRIF réussissaient à faire interdire, renforçant ainsi l’animosité contre eux. Le cercle vicieux ainsi amorcé n’a fait que se renforcer avec le temps, les attaques sur les territoires occupées ne faisant qu’augmenter tensions et replis.

La crise sociale s’est développée pendant ces années dans les quartiers populaires où se côtoient souvent dans les mêmes HLM ou les mêmes cités des Français (juifs, arabes et africains), dans des conditions similaires de difficultés sociales. Dans ces ghettos de pauvreté, le jeune français post colonial qui subit le délit de faciès, la discrimination à l’emploi, le refus de l’entrée des boites de nuit, parce que basané, s’identifie lui au dernier carré non décolonisé du monde arabe, et au Palestinien opprimé. Il porte parfois le keffieh symbole de la résistance. Et chaque fois qu’il veut exprimer sa solidarité, sa parole est interdite, assimilée à de l’antisémitisme. Sa volonté de participer au débat politique se voit niée, rejetée, rabaissée à une expression raciste. C’est lui le raciste, en plus de subir comme noir ou arabe le racisme et l’exclusion sociale. Petit à petit se développe chez lui un ressentiment contre cette communauté (qui soit dit en passant se voit reconnue comme communauté, le terme de communautarisme étant réservé aux autres) dont le gouvernement affirme qu’il la protège contre lui et ses semblables.

Le porteur de kippa n’arbore-t-il pas aussi souvent l’insigne des parachutistes israéliens ? Lui peut aller manifester tranquillement pour soutenir l’armée israélienne et ses massacres à Gaza, voire même y participer, la presse nationale, le gouvernement français, tiennent le même discours que lui sur l’opération « bordure de protection. » Il est du côté du manche. Il est blanc il est occidental, il a le droit du plus fort pour lui. Les groupes violents comme la Ligue de Défense Juive peuvent insulter la Palestine, les arabes, frapper, casser, rien, aucune sanction, la police regarde et se tait, comme cet été rue de la Roquette, des vidéos prises sur place faisant foi. Le jeune arabe, lui, n’a pas le droit de manifester pour Gaza - interdictions ministérielles pendant la même période. Comment ne pas penser à ce jeune homme qui a été arrêté (avec d’autres sur délit de faciès pur) en marge d’une manifestation de cet été, en rentrant tranquillement chez lui, parce qu’il portait un keffieh : frappé, passé en comparution immédiate, la journaliste de Libération qui assistait à l’audience où le garçon pleurait devant une juge partiale et inflexible, refusant d’entendre quoi que ce soit, en a fait un article scandalisé. Il a pris trois mois de prison ferme, et est encore aujourd’hui assigné à résidence dans sa banlieue avec bracelet électronique.

Cette justice à deux vitesses, cette stigmatisation des uns au bénéfice douteux des autres, ce discours officiel qui fait du monde arabe l’axe du mal terroriste, arriéré barbare, et d’Israël un modèle de démocratie, des jeunes arabes et africains des dangers potentiels pour la société et des Juifs une catégorie intégrée dans un Occident tout récemment devenu judéo-chrétien et à protéger, font le lit de la colère. L’impuissance à dépasser une condition misérable a envoyé des centaines de jeunes de tous horizons (même des Juifs paraît-il) dans les bras de Daesh et de Al Qaïda. Et le piège se referme. Les Juifs, corps devenu homogène, paieront pour toutes ces injustices, les humiliations, tous ces musellements de parole, toute cette arrogance affichée sous la protection de tous les gouvernements français : ne touchez pas à nos Juifs, vous, les étrangers à vie, les barbares inintégrables à notre république. Si l’on ne peut atteindre Israël on atteindra ses supporters juifs. L’abcès de fixation que constitue la question palestinienne non résolue, prise elle aussi dans le remodelage d’un nouveau monde profondément injuste, et que les puissants refusent de régler, participe de l’émergence d’un terrorisme redoutable parce que désespéré et suicidaire.

Un mécanisme redoutable d’assignations identitaires s’est mis en place dans le cadre des nouvelles divisions du monde depuis 1989 et « la chute du mur », et les Juifs d’Europe et de France en particulier ont servi de pions dans le nouveau dispositif.

C’est avec une très grande tristesse que nous disons aux nôtres, nous sommes français, nous pouvons vivre heureux chez nous en France, comme le disait le dicton transformé par Elie Barnavi, « heureux comme un juif en France », avec nos compatriotes de toutes origines aujourd’hui, l’importation du conflit c’est par votre biais en vous utilisant et vous manipulant qu’elle s’est faite, au service d’une cause bien injuste. Le terrorisme montant de Daesh et de Al Qaïda contre lequel nous devrons tous nous battre parce qu’il est meurtrier suicidaire et sans issue, passera par des luttes communes, contre tous les racismes, toutes les exclusions, la restitution de la diversité des opinions de tous, musulmans, arabes et juifs, dans l’échange et le dialogue. La liberté d’expression n’est pas réservée à une seule vision du monde.

Bureau national de l’UJFP le 15-01-2015

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15 janvier 2015 4 15 /01 /janvier /2015 12:07

15 JANVIER 2015

Hommage aux victimes des attentats : intervention au nom des députés Front de Gauche à l'Assemblée nationale

M. le président. La parole est à M. André Chassaigne, pour le groupe de la Gauche démocrate et républicaine.

M. André Chassaigne. Monsieur le président, mes chers collègues, monsieur le Premier ministre, dix-sept vies volées, celles de l’équipe et d’amis de Charlie Hebdo, celles de policiers, celles de concitoyens dont certains parce qu’ils étaient juifs – oui, parce qu’ils étaient juifs –, dix-sept visages, connus ou anonymes…

À travers le visage des victimes, c’est le visage de la France dans toute sa richesse et sa diversité, c’est la France qui a été agressée, c’est une partie d’elle-même qui a été assassinée par les barbares. C’est la République, ses valeurs, son histoire, sa lumière, sa laïcité qui viennent d’être frappées au cœur.

Dans un élan de fraternité d’une formidable puissance et d’une grande dignité, des millions de Français ont rendu hommage aux victimes et dit leur attachement à la liberté d’expression et de la presse.

Que notre pays est grand quand des millions de citoyens se retrouvent ainsi autour de valeurs partagées, quelles que soient leur situation sociale, leur couleur de peau, leur origine, leur religion !

C’est à cet élan d’espoir qu’il faut désormais donner force et durée contre tous les détournements prévisibles, alors que l’odeur de la guerre et du choc des civilisations, comme le poison de la division, se répandent déjà dangereusement.

Six jours après l’attaque contre l’équipe de Charlie Hebdo, nous continuons de penser, sans doute avec plus de force aujourd’hui encore, que le pays a besoin de refonder son avenir sur des choix politiques transformateurs et partagés, affrontant courageusement toutes les dominations, toutes les discriminations, toutes les inégalités.

Car, derrière ces crimes, c’est la communauté nationale dans son entier qui a été visée. Voilà pourquoi est monté ce cri : « Je suis Charlie ».

C’est pourquoi nous refusons tout amalgame, tout discours islamophobe qui tente de récupérer le drame national. Ce serait à la fois profondément injuste et dangereux. Les musulmans ne forment qu’une communauté, celle qu’ils forment avec nous, la communauté nationale (Applaudissements sur tous les bancs). Eux aussi sont assassinés par les terroristes, eux aussi font vivre notre pays, sa police, son armée, ses écoles ou encore ses hôpitaux.

Notre peuple n’appelle pas à plus de stigmatisation, il appelle à plus d’union. Notre peuple souhaite légitimement voir sa sécurité garantie. Pour autant, il n’appelle pas à une réponse purement sécuritaire qui, in fine, mettrait en péril nos libertés, auxquelles il est tant attaché.

Un Patriot Act à la française n’est pas la solution. La solution réside, notamment, dans la détection et le suivi des individus dangereux, en particulier dans les prisons qui, on le sait, sont de véritables centres d’endoctrinement et de recrutement.

Aujourd’hui, mes chers collègues, la question fondamentale est sans doute celle-ci : vers quelle société, vers quel monde désormais avancer pour vivre demain, tous ensemble, ici, en France et partout ailleurs ? Quelle France voulons-nous ?

Les violences de la semaine dernière sont aussi le symptôme d’un système économique toujours plus inégalitaire, le symptôme d’un système social discriminant, le symptôme d’un système démocratique en ruine.

Un système qui livre aux idéologues fanatiques et criminels des relégués sociaux qui ont la faiblesse de croire qu’ils vont donner un sens à leur existence.

Pour garantir l’unité et la cohésion nationales, tous les leviers doivent être actionnés, de l’école au monde du travail, en passant par la culture et l’éducation populaire, pour que personne – je dis bien personne ! – ne soit abandonné sur le bord de la route.

Ces grands sujets de fond, beaucoup de ceux qui ont été lâchement assassinés n’hésitaient pas à les mettre sur la table : par un dessin, par quelques mots, par leur impertinence provocatrice, par leur intelligence, par leur soif de commun et d’humanité.

Nous ne pensons donc pas les trahir en exprimant ici, ce jour, devant la représentation nationale, notre souhait de voir changer la politique de notre pays et de l’Europe. N’est-il pas temps, comme le disait si bien Jean Ferrat, « que le malheur succombe » ?

Je voudrais finir en évoquant ma dernière rencontre, en décembre dernier, avec mon ami Charb. Il m’avait fait part des difficultés financières de Charlie Hebdo. Il m’avait demandé notre aide, et les députés du Front de gauche, de cette tribune, avaient relayé son inquiétude. Nous continuerons ce combat, pour sauver la presse libre et indépendante.

Pour conclure, je dirai à Charb, à Georges et à tous les autres, à toutes les victimes de ces jours de tragédie : ils ont voulu vous enterrer, ils ne savaient pas que vous étiez des graines. (Vifs applaudissements sur tous les bancs.)

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14 janvier 2015 3 14 /01 /janvier /2015 18:18
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Published by bruno fornaciari - dans DOCUMENTS hommage - souvenir
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14 janvier 2015 3 14 /01 /janvier /2015 09:01

Pierre Laurent : « Contre la haine, nous visons l’unité populaire pour les libertés »

JULIA HAMLAOUI

MARDI, 13 JANVIER, 2015

L'HUMANITÉ

« Contre la haine, nous visons l’unité populaire pour les libertés » Le PCF a décidé de faire de ses traditionnels voeux une soirée d’hommage à Charlie Hebdo et à son esprit avec les familles de certains de ses caricaturistes. Pierre Laurent devait y prononcer un discours invitant à « rester Charlie » en refusant l’union sacrée comme la guerre.

L’émotion de Pierre Laurent, secrétaire national du PCF, hier, à paris, lors de ses vœux.

Photo Patrick Nussbaum

Place du Colonel-Fabien, à Paris, l’heure était encore au recueillement hier soir. Au siège du PCF, les traditionnels voeux de début d’année devaient ainsi se transformer en « une soirée placée sous le signe de la paix et de la fraternité », en un moment d’hommage aux victimes des attentats. Parmi eux, certains étaient des amis, des compagnons de route de longue date. C’est en présence des familles de Charb, Wolinski et Tignous mais aussi de membres de l’équipe de Charlie Hebdo comme Patrick Pelloux, que le secrétaire national du PCF, Pierre Laurent, devait prononcer son discours.

« Ce soir, nous les communistes, nous pleurons des amis proches, des camarades de combat, qui donnaient souvent par leurs dessins bien plus de force que n’en sont capables nos discours », devait-il saluer alors que les murs du conseil national du PCF avaient été couverts des toiles que Charb, Tignous, Coco avaient réalisées en direct au stand national des communistes de la Fête de l’Humanité 2013 avec Lardon, Louison, Lulu Inthesky et Duchemin. Et le dirigeant communiste de se remémorer l’un ou l’autre de ces souvenirs : « Je n’oublierai aucune de nos rencontres, Charb, mon camarade. Surtout pas celle, traditionnelle, de la Fête de l’Humanité, où tu voulais toujours qu’on fasse une photo, toi le poing levé, à côté du chef du parti, ton “patron” me charriais-tu, histoire que personne n’oublie où était ton coeur de combat », devait-il raconter.

« Et maintenant ? Si nous sommes Charlie, il faut que nous poursuivions l’esprit de Charlie Hebdo », prévenait l’invitation à cette soirée qui mêlait hommage et voeux d’avenir commun. Recueillement donc. Mais aussi détermination. Détermination à « nourrir l’émotion de la réflexion ». « Ce n’est pas Charlie qui sentait le soufre, c’est notre monde. Ne regardons pas ce qui s’est passé comme un événement isolé », a invité Pierre Laurent, citant quelques-uns des événements des « quinze derniers jours » : « un grillage qui cerne un banc public », les « bateaux de migrants » laissés à l’abandon, « le refus d’inhumer un bébé rom », la « médiatisation à outrance du livre de Houellebecq »… Autant d’éléments de ce « climat nauséabond » duquel il faudrait se « désintoxiquer » en conjuguant dans « la République la liberté avec plus de fraternité et de justice sociale ». « Ce que nous visons, c’est une “unité nationale des citoyens” » Au lendemain de « l’extraordinaire riposte du peuple français » avec les marches de ce week-end, il s’agit pour le sénateur de Paris de « conforter cet élan, car l’attaque contre les libertés va reprendre très vite ».

C’est cet élan populaire, entre « hommage », « attachement à la liberté de la presse » et « volonté de vivre ensemble », que le dirigeant communiste a tenu à saluer car cette mobilisation « n’allait pas de soi » dans un contexte où « les déclarations racistes de responsables politiques se banalisent ». Loin des tentatives « d’instrumentalisation déjà à l’oeuvre », le message de Pierre Laurent devait être clair : « Ce que nous visons, c’est une “unité nationale des citoyens”, une affirmation populaire commune pour les libertés, contre la haine, la violence, les racismes et les discriminations, et non “une union sacrée des partis”, qui n’existe d’ailleurs pas. Entre citoyens comme entre partis, nous voulons le libre débat démocratique, républicain. Ni l’union sacrée, ni la guerre. »

D’ailleurs, « l’attitude déshonorante qui a été celle du Front national » devait être fustigée par le secrétaire national du PCF. À l’heure où l’ancien président UMP Nicolas Sarkozy entonne le refrain de la « guerre de civilisations » et où le premier ministre actuel, Manuel Valls, évoque de plateau télé en studio de radio un « ennemi de l’intérieur », c’est à « rester Charlie » aujourd’hui et demain qu’a invité Pierre Laurent. Et « rester Charlie », devait détailler le sénateur PCF, c’est refuser « un Patriot Act dans lequel la République perdrait son âme », c’est apporter « les moyens (à la presse) de résister à cette dictature financière qui a démoli en quelques décennies nombre de titres de la presse française », c’est « défendre (la culture) contre les politiques d’austérité et contre le Medef » et « des services publics qui font eux aussi le ciment de notre République », « c’est accueillir les étrangers menacés dans leurs pays en accordant le droit d’asile »…

Alors que la marche de Paris a également réuni des « chefs d’État dont la responsabilité dans l’engrenage des guerres et du choc des civilisations est évidente », et tandis que le débat à l’Assemblée nationale doit s’ouvrir aujourd’hui sur la poursuite de l’intervention française en Irak, la question revêt également une dimension internationale pour Pierre Laurent. « Oui, nous devons stopper la menace. Ici en France, en Europe, et au Proche-Orient. Il faut aussi pour cela que la France change de politique extérieure – car en s’arrimant à l’Otan et aux États- Unis, en tergiversant devant les intérêts de puissances régionales comme le Qatar, l’Arabie saoudite, la Turquie et Israël, la France s’interdit de jouer le rôle qui devrait être le sien comme membre permanent du Conseil de sécurité de l’ONU », a-t-il déclaré.

Un rôle qui commencerait par « reconnaître sans plus tarder l’État palestinien » ou encore, à propos de l’Irak, à contribuer à préparer « une conférence régionale sous l’égide de l’ONU ». Choisir le chemin de la paix ou de la guerre. L’enjeu est à cette hauteur. « Dire que la France est confrontée à une guerre est extrêmement dangereux. C’est volontairement s’enfermer dans le piège tendu par les intégristes, a estimé Pierre Laurent. Eux veulent l’affrontement, nous voulons une société de liberté, de progrès, de paix. »

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13 janvier 2015 2 13 /01 /janvier /2015 16:49
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13 janvier 2015 2 13 /01 /janvier /2015 16:09

Intervention à Strasbourg de Patrick Le Hyaric, député au Parlement européen, directeur de l'Humanité :

Monsieur le Président,

Monsieur le Ministre

Nous saluons le puissant élan de solidarité des peuples européens et du monde entier avec le peuple français en deuil mais debout et déterminé face aux exécutions dont ont été victimes des journalistes, beaucoup de mes amis personnels, des policiers et des citoyens de confession juive.

Hier dans chaque ville et chaque village, le peuple de France uni s’est rassemblé pour dresser un front, un barrage solide contre le fondamentalisme intégriste, contre la barbarie. Et il l’a fait en ayant à l’esprit, conscient, qu’ailleurs dans le monde, de Bagdad à Kaboul, d’Alep à Kobane, la même terreur inonde de sang les rues. Celles et ceux qui ont été assassinés l’ont été pour ce qu’ils représentaient, certains la religion juive, les policiers le service public de la République française et nos amis journalistes parce qu’ils représentaient l’esprit libre et frondeur, le refus de l’esprit de caserne.

Par fidélité aux idéaux de ces amis exécutés, il nous faudra éviter tout récupération politicienne et réfléchir à travailler plus aux moyens d’éviter cela, aux moyens efficaces d’éradiquer le terrorisme. A l’évidence, l’esprit de guerre ne le permet pas.

Quel est le bilan de quinze années de guerre contre le terrorisme ? Il faut s’y prendre autrement et porter un plan de co-développement, de dialogue avec les peuples du Proche et du Moyen-Orient. Le refus de faire droit au mouvement national palestinien depuis si longtemps n’a fait que jeter du sel sur les plaies de l’humiliation.

Le débat va certainement naître aussi entre la dialectique de liberté et celle sur la sécurité. On ne peut sacrifier la liberté sur l’autel de la sécurité. Les deux doivent vivre et progresser de paire.

Nous avons la responsabilité de jeter de nouveaux ponts avec la Méditerranée pour un nouveau type de dialogue et de coopération tout en asséchant le financement des réseaux terroristes.

Enfin, on ne peut laisser comme c’est le cas aujourd’hui tant de quartiers à l’abandon, d’enfants, d’adolescents en souffrance, de jeunes sans avenir, voilà pourquoi il faut sortir des choix d’austérité pour donner des moyens financiers à l’école, à la culture, au sport, à la formation, à la petite enfance, à l’emploi, l’aide aux villes. Ceci doit nous faire réfléchir.

En même temps, il faut absolument sortir des amalgames, des discours de division et de haine qui se répandent depuis des mois.

Au contraire, c’est l’esprit de l’unité populaire qui doit primer, l’esprit du débat, le rejet de l’exclusion pour faire société commune, Europe commune.

La France hier a dit son esprit de fraternité, du vivre ensemble contre la barbarie.

Soyons en dignes !

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13 janvier 2015 2 13 /01 /janvier /2015 13:48

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BRUNO FORNACIARI

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