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8 décembre 2014 1 08 /12 /décembre /2014 18:14

L’effacement des classes populaires sur France Inter : une enquête du JournalFakir

le 8 décembre 2014

Nous publions ci-dessous sous forme de « tribune » [1] et avec leur accord, une enquête parue dans le journal Fakir d’octobre-novembre 2014 : un point de départ de la campagne évoquée ici même. Titre original de l’article de Fakir : « De l’air à France Inter ! » (Acrimed).

La direction d’Inter le promettait : la radio saurait « entendre le pays », voire « proposer une photographie du monde ». On a écouté, donc, curieux. Finalement, les classes populaires sont exclues de la photo. La Maison ronde tourne en rond, n’entendant du « pays » que les ministres, les patrons, et surtout les artistes. Et avec ce constat, accablant, la directrice Laurence Bloch est presque d’accord…

« Maintenant le boycott sera total », prévenait Philippe en juin. Et Pierre annonçait : « Je refuse d’écouter France Inter que j’écoutais pourtant depuis mon adolescence, j’ai 57 ans ! », etc. Les réactions indignées affluaient cet été. À quoi Laurence Bloch, la directrice, répondait avec sagesse : attendez ! À la rentrée, vous aurez une radio « punk » et qui saura « entendre le pays ».

Sagement, nous avons attendu. Et durant toute une journée, le mercredi 3 septembre, de 5 h à 23 h, nous avons audité France Inter chrono en main. Pas pour chipoter sur tel animateur, tel journaliste, mais pour constater une double absence…

Qui ne parle pas ?

18 minutes.
18 minutes sur 18 heures.
18 minutes sur 1080 minutes.

Soit 1,7 %.Voilà le temps d’antenne que France Inter a consacré, ce jour-là, aux ouvriers, employés, travailleurs, classes populaires, appelez-les comme vous voulez.

Ce sont deux minutes à 6 h 20, dans une friperie Emmaüs, où témoigne une jeune mère : « Avant d’accoucher je me suis dit que jamais je mettrai de l’occasion à mon enfant et vu les prix, on essaye de faire des économies là où on peut. »

C’est une minute à l’agence Pôle Emploi de Brest, dans le journal de 6 h 30, le matin, avec des chômeurs qui approuvent leur propre contrôle : « Faut arrêter de payer les gens pour rester à la maison quoi. Faut les forcer à aller travailler. »

Quatre minutes dans les jardins parisiens, à la recherche de nounous, pour Service public : « Il y en a beaucoup de Philippines qui comme ça qui sont pas déclarées. Parce que moi arrivée ici en France en 2000, 2005 on n’a pas déclaré, 2006 on a déclaré maintenant… »

Qu’on y intègre, soyons indulgents, deux minutes avec un charpentier alternatif, un peu folklorique, qui construit « la future cabane du berger, avec eau chaude, électricité, toilettes sèches »dans un Temps de Pauchon.

Et enfin six minutes sur les « femmes issues des nations amérindiennes et inuit au Canada, dont 1200 ont été tuées en 30 ans », avec ce paradoxe, tout de même, que les « femmes autochtones » de là-bas suscitent plus d’intérêt que les « femmes autochtones d’ici »…

18 minutes, et on compte large. La direction d’Inter pourra toujours contester, chipoter, que c’est 24 minutes, ou 26, ou même 32, ou que le lendemain ça monte à 34 minutes, qu’importe : l’ordre de grandeur est là, dérisoire.

Qui parle ?

À la place des ouvriers, employés, travailleurs, à leur place, les artistes (réalisateurs, acteurs, chanteurs) ont largement la parole (3 heures 20). Les experts (politologues, psychologues, juristes) aussi (2 heures 20). Les patrons et leurs affidés (financiers, promoteurs, consultants) sont bien présents à leur tour (1 heure). Alors que les classes populaires représentent, d’après l’Insee, la majorité de la population, elles sont complètement marginalisées à l’antenne de la France Inter. A l’inverse, des groupes ultra-minoritaires monopolisent l’antenne.

La place accordée aux journalistes – non pas seulement comme animateurs des émissions, mais comme invités eux-mêmes – est un indice de cette clôture sociale : un photoreporter dans « Instant M », une rédactrice en chef du Nouvel Observateur dans « Si tu écoutes j’annule tout », un journaliste de Libération dans « Le Téléphone sonne », le co-directeur de Libération dans « A-Live », et à nouveau une brochette de grands reporters… pour près de deux heures, au total.

Les journalistes parlent aux journalistes et bien souvent de journalisme : voilà le marqueur, flagrant, d’un univers qui se referme sur lui-même.

De quoi parlent-ils ?

Ils paraissent si bien entre eux, à rire d’être si drôles, à se regarder si beaux, si subtils, dans leur miroir radiophonique, qu’on n’ose pas les déranger.


- C’est votre Métamorphose à vous aussi en tant que metteur en scène et en tant qu’artiste, Christophe Honoré ?
- On essaye en tout cas à chaque film de relancer les dés et puis de se poser la question de, pas tant d’un changement, mais en tout cas d’aller explorer d’autres formes, des formes nouvelles. Ça vient aussi du fait de travailler avec des acteurs nouveaux. Je vois bien en quoi ce film est assez différent de mes films précédents après, je sais pas non plus si, j’allais dire, c’est une porte. C’est terrible d’avoir ce genre d’image dès le matin.
- (Rires, même si on ne voit là rien ni de « terrible », ni de comique.)
- En tout cas ouais, voilà on ouvre une porte, ça veut pas dire forcément que je vais m’engouffrer dans cette direction-là mais en tout cas, c’était une porte très intéressante à ouvrir.
- Vous vous réinventez en tant que cinéaste, mais aussi en tant qu’artiste puisque vous êtes aussi romancier, auteur de livres pour enfants, on vous a suivi dans cette incroyable aventure théâtrale qu’était le nouveau roman il y a deux ans, je crois que récemment il y a aussi une mise en scène lyrique à l’Opéra de Lyon : vous vous considérez comme plus qu’un cinéaste ?
- Je me considère en tout cas comme un cinéaste très impur, voilà. Qui aime bien… que dans ses films… Voyez, je commence à parler de moi à la troisième personne là ! (Rires.)
- (Rires.)
- Ça me fait très très peur !
- Alain Delon sort de ce corps ! (Rires.)
- Voilà. Non, en tout cas j’aime bien l’idée d’aller interroger le cinéma ailleurs que sur un plateau de cinéma.
- Mais qu’est-ce qui vous incite à vous lancer dans un nouveau projet, c’est le désir ? Le désir de quoi ?
- Oui, c’est à la fois un désir et une angoisse de la fin du projet précédent, etc.

On en a retranscrit des kilomètres, de ces échanges artistiques, et on pourrait en remplir des pages. Elle réside là, aujourd’hui, la tonalité de France Inter : dans ce baratin pseudo-culturel.

Mais quelle culture ? Quel usage de la culture ?

Les films, les livres, les chansons même, pourraient être des fenêtres ouvertes sur le monde, pour saisir comment vivent les hommes, quelles forces meuvent nos sociétés, quels sentiments habitent l’époque… Mais les films, les livres, viennent ici, bizarrement, produire l’inverse, renforcer l’enfermement. Une culture narcissique s’observe le nombril, artistes dont on flatte l’ego en des conversations de salon, avec à longueur d’antenne ces questionnements fatigants : écrivez-vous plutôt le matin ou le soir ? Comment avez-vous choisi ce rôle ? Comment rentrez-vous dans la peau du personnage ? Qu’est-ce qui vous a séduit dans le scénario ? etc. Disons-le franchement : on s’en fout.

Qui anime ?

Les animateurs appartiennent, sans surprise, au même monde social que leurs invités.

Sur les seize présentateurs que nous avons recensés, dont nous avons sorti les fiches Wikipédia, tous ont fait des études supérieures : des écoles de journalisme pour beaucoup, l’ENS également, des agrégations d’histoire, un doctorat en socio, des DESS de philo, avec beaucoup de bons élèves qui cumulent les diplômes (Science-Po, ingénieur, commerce). Nagui fait presque figure de cancre avec une prépa HEC avortée.

Côté origines, lorsqu’elles sont mentionnées - et nous n’avons pas mené des recherches bien poussées -, elles indiquent un lien familial avec la grande bourgeoisie (un père banquier reconverti dans l’élevage des chevaux, un autre chef de cabinet du ministre des Affaires étrangères) ou plus fréquemment la petite bourgeoisie (des parents professeurs, un autre assureur). Avec un père jardinier et une mère concierge, Jean Lebrun semble une exception. Quant à la directrice, après Science-Po, elle a démarré une prépa ENA – tandis que son père, chef d’entreprise, avait lui fait Centrale.

Il ne s’agit pas, évidemment, d’exiger à l’embauche des certificats de fidélité à la classe ouvrière. Et pas davantage de considérer comme une tare ces scolarités exemplaires. Mais pareille homogénéité ne va pas sans altérer, et profondément, le regard sur la société : eux n’ont pas pour voisin de palier une Laurelyne en contrat pro chez Cora, leur fils ne galère pas pour décrocher une mission d’intérim comme Yacine, leur frère ne se bagarre pas pour sauver des emplois comme Nadi [2]. Leurs préoccupations, et celles de leur entourage, et celles qui transpirent donc à l’antenne, sont plus aériennes, plus apaisées, socialement marquées.

« Qui garde les enfants ? » Voilà la question, à notre sens excellente, que pose « Service public » ce mercredi 3 septembre au matin. On en a rencontré un paquet, aux fermetures de Flodor, ou d’ECCE, de ces femmes qui suivaient une formation d’« assistantes maternelles », qui adaptaient leurs horaires et leur maison pour accueillir des enfants, qui y trouvaient pour certaines plus de joie que dans leur boulot précédent, qui pour d’autres peinaient à obtenir des gardes. Alors, comment vivent-elles, ces 306.256 professionnelles, qui ne font jamais la Une des journaux ? Qui, d’après la Caf, pour 20 % seulement d’entre elles bénéficient d’un temps plein – et donc d’un salaire plein ? Et qui pour autant d’entre elles ne cotisent même pas leurs quatre trimestres par an…

On allait les découvrir, enfin.

Vaine espérance, ces interrogations, l’émission ne les effleurera pas :« On va parler de cette manière de garder les enfants, de la manière qui sera la plus épanouissante, évidemment, pour leur développement », et en compagnie d’un psychologue, d’une sociologue, d’un dirigeant d’une association familiale, le thème sera traité, durant une heure, du point de vue – important, certes, mais pas exclusif – des parents. A peine un reportage nous sortira-t-il, durant quatre minutes, dans un jardin parisien, à la rencontre de deux nounous, l’une philippine, l’autre marocaine, et d’une étudiante en médecine, comme si c’était la norme. Les assistantes maternelles demeurent invisibles, éclipsées.

Quelle solution ?

« La direction d’Inter pourra toujours contester, chipoter », écrivions-nous plus haut. Mais le contestera-t-elle-même, chipotera-t-elle ? Elle semble, au contraire, partager cette critique. Laurence Bloch, la directrice, répond ainsi à La libre Belgique (15/09) :


- La Libre Belgique : « Pour France Inter, quelle ambition vous anime ? »
- Laurence Bloch : « Faire en sorte que cette maison ne tourne pas en rond et qu’elle rencontre l’auditeur. Si on n’arrive pas à sortir des dépêches, des reprises, du buzz, on se coupe du réel. Faire intervenir les auditeurs, c’est entendre l’époque aussi. C’est bizarre la France. On adore Omar Sy et on vote Front national. Il faut que l’on comprenne ça ! »
- La Libre Belgique : « France Inter, à qui il a pu être reproché de pratiquer une forme d’entre soi, peut-elle comprendre cette France-là ? »
- Laurence Bloch : « C’est vrai, on a fait le constat de cet entre soi. Avec Philippe, on a peut-être été un peu monomaniaque sur la parole des artistes. J’ai donc cherché à rouvrir en programmant une émission de divertissement avec Nagui, à 11 h, par exemple. »

La directrice manifeste une conscience de cet « entre-soi », de cette « coupure avec le réel ». Et elle énonce, presque sous forme d’autocritique, tout ce que France Inter aujourd’hui ne fait pas, ne sait pas faire : « comprendre la France » (et le vote Front national), « rencontrer les auditeurs », « les faire intervenir ».

Mais quel gouffre entre ce « constat », lucide, et la solution proposée, ridicule, contre-productive ! Sur ses vingt premières « Bande originale », Nagui a invité Carole Bouquet, Frédéric Beigbeder, Michel Boujenah, Patrick Poivre d’Arvor, Claude Brasseur, soit neuf comédiens, une mannequin, un metteur en scène, cinq auteurs, deux chanteurs. Au total, 85 % d’artistes, avec pour seules exceptions deux sportifs (Didier Deschamps et Teddy Riner), un politique (Jack Lang), un philosophe (Bernard-Henri Lévy), qui appartiennent tous pleinement au monde du spectacle. Difficile de faire plus « monomaniaque », et moins « original ».

Une solution existe, pourtant, un truc qui, si on se souvient bien, a existé il y a longtemps en radio : le reportage.

Quel genre ?

70 minutes.
70 minutes sur 18 heures.
70 minutes sur 1080 minutes. Soit 6 %.
Voilà le temps consacré au reportage lors d’une journée sur France Inter.

Les micros ne prennent presque jamais l’air, dehors, dans la ville, dans les campagnes, pour tâter du terrain, à la rencontre de la France. 94 % du temps, les journalistes et animateurs restent à l’intérieur, en « plateau », enfermés dans la Maison ronde, accueillant des invités socialement triés.

Lorsque le reportage apparaît, c’est pour des « pastilles », de une ou deux minutes, quatre maximum – et c’est lors de ces brèves sorties qu’on entend un peu, si peu, des voix du peuple : la friperie Emmaüs, l’agence Pôle emploi, les nounous philippines…

Mais aucune émission quotidienne n’est centrée sur ce genre, le reportage. À l’inverse, par exemple, de France Culture. Le même jour, « Les Pieds sur terre » consacrait ainsi 28 minutes à Allassane, 29 ans, habitant du quartier des trois mille à Aulnay-sous-bois en Seine-Saint-Denis : « Je travaille à la ville d’Aulnay-sous-Bois en tant que messager du tri. Les containers à poubelle. On travaille aussi en tant qu’animateur tri sélectif avec les écoles. Je suis à la recherche d’un appartement. J’attendais que mon téléphone se charge un petit peu. Là, y a une dame qui a couru à l’accueil... » Et les jours suivants, les reporters se rendaient dans un centre social à Fréjus, rencontraient Irène, une mère de famille battue, le père Riffard, poursuivi pour avoir hébergé des sans-papiers, le cadre d’une banque jeté par sa direction, un chômeur en butte aux procédures administratives, un éditeur précaire, trois chômeurs encore narrant leur parcours, etc.

France Culture compte même une seconde émission de reportage, « Sur les Docks », de près d’une heure, elle…

Il faut élargir, ici. France Inter ne détient pas le monopole de l’ostracisme des classes populaires, loin de là. Ainsi de la « représentation nationale », qui ne représente plus grand-chose, guère à l’image du peuple : 0,2 %, voilà le pourcentage d’ouvriers (environ, on peut se tromper) sur les bancs de l’Assemblée – contre 24 % chez les actifs. Mais dans les partis de gauche, et même au Parti communiste, on a abandonné une politique volontariste, avec des écoles de la seconde chance, pour promouvoir des camarades manuels, peu diplômés.

Du coup, les travailleurs sont privés de porte-parole, légitimes – à leurs yeux d’abord, à ceux des journalistes ensuite – à être invités en plateau. À défaut de venir à la Maison ronde, puisqu’ils n’y sont pas conviés, il ne reste qu’une seule issue : se rendre à leur rencontre. Un choix esthétique - marginaliser le reportage - conduit donc à couper les derniers liens, ténus, fragiles, au peuple.

Quelle fonction ?

On a cité peu de noms, ici, et on n’accuse (malheureusement) personne : c’est un mécanisme collectif, inconscient, involontaire – et d’autant plus efficace qu’inconscient, d’autant plus permanent qu’involontaire. Il n’y a (malheureusement, encore) aucun calcul machiavélique, aucun complot, pour exclure les classes populaires de l’antenne. Ça se fait, c’est tout, et ça ne dérange personne.

Au contraire, ça arrange plutôt, parce que cet enfermement a des conséquences politiques. À quoi en appelle Fakir, avec constance, au risque de radoter ? À « la jonction des classes populaires et de la petite bourgeoisie intellectuelle », sans quoi il n’est, d’après nous, nul espoir d’un mouvement progressiste, d’une issue positive à la crise. Or, au quotidien – encore une fois sans le savoir, sans le vouloir, et c’est pire – au quotidien, à quoi œuvre France Inter ? À tout l’inverse : cette station fabrique du cloisonnement. Elle offre un ghetto culturel, confortable, pour la petite bourgeoisie intellectuelle, à l’abri du bruit et de la fureur du monde social. Elle ne donne pas à entendre les Laurelyne, les Nadir, les Yacine, les Aurélie, avec l’envie de se battre, à leurs côtés, contre l’oligarchie et pour plus de justice.

« Une situation pré-révolutionnaire éclate, annonçait Lénine,lorsque ceux d’en haut ne peuvent plus, ceux d’en bas ne veulent plus, et ceux du milieu basculent avec ceux d’en bas. » Dans l’appareil idéologique, France Inter remplit objectivement cette fonction : que ceux du milieu ne basculent pas avec ceux d’en bas.

« Composer une grille, c’est comme proposer une photographie du monde dans lequel on vit », proclamait Laurence Bloch. Et elle a féminisé l’antenne de France Inter. C’est bien. Elle l’a rajeunie. Pourquoi pas. Mais bizarrement, sur cette photo, il ne reste que les mieux nantis, les artistes, les experts, les ministres, les patrons.

Ça n’est pas une fatalité : cette radio est aussi la nôtre.

Texte : François Ruffin
Recherche : Sylvain Laporte

Pareil que le privé ?

« Autant aller sur Europe ou RTL, puisque l’original vaut souvent mieux que la copie. Honteux ! », s’emportait Brigitte, une auditrice. Est-ce si vrai ? Non : une émission scientifique comme « La Tête au carré », historique comme La Marche de l’histoire, culturelle comme « L’Humeur vagabonde », ou encore le week-end avec « Monsieur X », « Comme un bruit qui court », « L’Afrique enchantée », « Interceptions », « Ça peut pas faire de mal », etc., sans décerner des bonnes et des mauvaises notes, distinguent encore très nettement le service public radiophonique des concurrents privés.

Un point noir, en revanche : les paroles populaires sont davantage présentes, mais alors très largement, sur RMC par exemple. Ce même mercredi, dès la matinale, cette station diffusait quatre reportages sur des chômeurs, plus des messages d’auditeurs lus à l’antenne, plus des témoignages d’un contrôleur, d’un syndicaliste, etc. Et à 9 h 00, avec Jean-Jacques Bourdin, c’est l’avalanche au standard, une heure entière de témoignages :


- Dominique : « Quelle honte de nous traiter ainsi. J’ai déjà mis Pôle emploi au tribunal de Montpellier pour radiation abusive, et ils ont perdu ! J’aimerais bien moi voir le ministre vivre avec 200 euros par mois, c’est de la provocation, Monsieur le ministre » ;
- Jacques désormais retraité : « Moi je vivais avec l’allocation de solidarité, je vivais avec 15 euros 90 par jour. J’ai été tous les jours à Pôle Emploi, Monsieur Bourdin, tous les jours. Ils en avaient marre de me voir. Je suivais sur internet tous les jours pour aller voir s’il y avait du boulot. Et il n’y a pas de travail. »
- Julien, en Gironde : « Moi j’ai ma copine personnellement, elle ne trouve pas d’emploi, et ça fait deux ans. Donc, c’est un peu un gros problème. Elle a un diplôme européen d’études supérieures en marketing communication. Elle est sortie majeure de sa promotion de BTS commerce international. Et… Elle ne trouve pas de boulot. Elle se lève autant que moi, elle fait aussi partie de la France qui se lève tôt, elle se lève en même temps que moi, elle postule, elle fait du porte à porte, ça fait deux ans qu’elle ne trouve rien. Donc, qu’est-ce qu’on fait ? Je fais un appel d’urgence parce que là… elle est en dépression, elle fait que pleurer… »
- Et encore Philippe, un licencié d’Airbus, et Gaël, factrice dans les Ardennes, et Samuel, artisan taxi…

Pour mémoire : ce jour-là, France Inter a déjà enterré, quasiment, les déclarations de François Rebsamen, ministre du Travail, avec juste un micro-trottoir bâclé à l’agence Pôle Emploi de Brest, dans le journal de 6 h 30 : « Faut arrêter de payer les gens pour rester à la maison quoi. Faut les forcer à aller travailler. »

[1] Les articles publiés sous forme de « tribune » n’engagent pas collectivement l’Association Acrimed, mais seulement leurs auteurs dont nous ne partageons pas nécessairement toutes les positions.

[2] Cori, Nada : exemples abordés dans le même numéros de Fakir (note d’Acrimed).

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Published by bruno fornaciari - dans pluralisme
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8 décembre 2014 1 08 /12 /décembre /2014 17:32
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8 décembre 2014 1 08 /12 /décembre /2014 17:20

Lagarde insulte les pays d'Amérique latine. Maduro réplique !

Michel TaupinCuba Si France

VENEZUELA, Président Maduro : NOUS SOMMES LIBRES DU FMI !
lundi 8 décembre 2014 - (source TELESUR)

VENEZUELA, Président Maduro : "Nous sommes libres du FMI !"(NDLR : Voilà un Président DEBOUT avec son Peuple face au refus de vivre à genoux ! Bénéfices clairs mais pour le FMI plein de rancœur ce sont des bénéfices obscurs)

Le Président de la République Bolivarienne du Venezuela, Nicolas Maduro, a répondu ce samedi à la Présidente du FMI, Christine Lagarde pour lui déclarer que le Venezuela est libre de tout lien avec cet organisme économique, et que c'est elle qui avait des "spaghettis" dans la tête !

Le Président Maduro a fait cette déclaration ce samedi devant TELESUR (émetteur télévisé d’Amérique du Sud). Il a considéré comme un manque de respect ce qu’a déclaré Mme Lagarde a Santiago du Chili, la qualifiant de "gringa" (Française de mentalité Nord-américaine).

En effet, vendredi pendant le déroulement d’un forum économique à Santiago du Chili, la chef du FMI a considéré que les coalitions comme le MERCOSUR, l'ALBA, l'UNASUR notamment, "ont créé un plat de spaghettis sans laisser de bénéfices clairs !"

"Nous sommes libres du FMI, de la Banque Mondiale, et des spaghetti qu’a dans sa tête la Présidente du FMI (...)Le Venezuela n'utilisera plus ce type de recette qui a déjà fait ses preuves en Amérique-Latine et dont l’étape supérieure de cette recette économique est aujourd’hui appliquée pour détruire l’Europe !" a proclamé Nicolas Maduro en réponse à ses déclarations infâmantes ! Le Chef de l’Etat Venezuelien a rappelé qu'actuellement l’Espagne est en train d'être détruite par des politiques affamantes et est en grande souffrance avec déjà 27% de chômeurs dont 57% de jeunes.

Il a ajouté que "le FMI est responsable du saccage financier qui a privé du Droit à l’alimentation, à la santé et à l’éducation, les Peuples latinos-Américains durant des décennies et est responsable aussi des massacres des années 90 quand il prétendait imposer par des tyrannies, les économies néo-libérales dans la région !

Le Président Nicolas Maduro a réitéré que "Nous autres, c’est fait, nous avons dépassé cette étape, parce que nous sommes libres de l’amarrage au FMI, et des spaghettis que la Présidente du FMI a dans sa tête !

Photo : Le désastre engendré par le FMI en Espagne !

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8 décembre 2014 1 08 /12 /décembre /2014 14:38

Le pluralisme de la presse est menacé, nous avons besoin d’une voix différente

L’Humanité fait face à une situation financière difficile…

WILLY PELLETIER CHAMP LIBRE AUX SCIENCES SOCIALES BLAISE MAGNIN ACTION- CRITIQUE-MÉDIAS (ACRIMED), WWW.ACRIMED.ORG OLIVIER LEBERQUIER DÉLÉGUÉ SYNDICAL CGT DE FRALIB

MARDI, 2 DÉCEMBRE, 2014

Par Willy Pelletier, Champ libre aux sciences sociales, Blaise Magnin, Action- Critique-Médias (Acrimed) et Olivier Leberquier, délégué syndical CGT de Fralib.

  • «Des journalistes qui ne plaisent pas aux bourgeois» par Willy Pelletier, Champ libre aux sciences sociales

«J’attends d’ardente impatience des journalistes qui ne plaisent pas aux bourgeois, des ­journalistes qui ne flattent pas leurs préjugés, leurs ravissements d’eux-mêmes, des journalistes qui enquêtent », écrivait Zola. Nous risquons, à nouveau, de les attendre longtemps si, rapidement, nous ne stoppons pas les régressions qui se conjuguent pour interdire, dans le journalisme ou les sciences sociales, les enquêtes critiques – et le minimum d’autonomie et d’indépendance qu’il a fallu conquérir à l’université ou dans la presse pour les produire. Ces enquêtes sont longues et n’obéissent pas aux impératifs de rentabilité à court terme qu’impose une presse devenue support d’espaces publicitaires. Elles sont impossibles dans les journaux convertis en entreprises et de facto dirigés par les pôles commerciaux des groupes financiers (propriétaires de nombreux titres), qui prescrivent à leur presse le modèle de l’entertainment. Ces enquêtes sont collectives et n’obéissent pas à l’individualisme soucieux de briller des journalistes mondains et des essayistes distingués, qui s’entre-célèbrent en un stupéfiant ballet de vanités. Ces enquêtes ne sont pas des compilations de cancans ou de faux secrets, recueillis en semi-off, parmi la noblesse libérale d’État ou la noblesse d’affaires ; de ces cancans qui, dans les luttes parmi l’élite, servent telle faction contre une autre.

Ces enquêtes sont intempestives. Elles laissent parler et font entendre celles et ceux dont l’existence est niée, qui « galèrent » mais qui résistent. Et qui « ne plaisent pas aux bourgeois ». Toutes ces vies invisibles à partir des « beaux quartiers », dans l’entre-soi confortable sous triple digicode, où l’on ne connaît ni ouvriers, ni employés, ni techniciens, ni chômeurs… Ces enquêtes montrent que les fermetures d’entreprises, les licenciements, la protection sociale réduite, les services publics défaits, et les insécurités sociales que cela engendre, ne viennent pas des lois intangibles du marché mais d’une politique. Et que cette politique provient, tout comme l’importation dans le public du management privé, des patterns et savoir-faire du privé, intériorisés à HEC, l’ENA, Sciences-Po, devenus business schools, par les « brillants sujets » qui gouvernent les cabinets ministériels. Leurs carrières, d’ailleurs, les font circuler entre haute fonction dans l’État et haute fonction dans les entreprises du CAC 40.

On entendra, dans ces enquêtes, ce sans-papiers traqué, surexploité par un sous-traitant d’une grosse firme française du bâtiment. On verra ses mains que la chaux a rongées. On saura l’accident du travail pour lequel il n’a droit à rien. On comprendra comment, chaque année, travailler tue tant de salariés, souvent en toute impunité pour les « donneurs d’ordres », du fait des sous-traitances en cascade. On entendra, dans ces enquêtes, ces syndicalistes condamnés (et pas amnistiés) pour avoir retenu des représentants d’actionnaires, qui viennent sans vergogne « foutre en l’air » des vies de travail et les familles qui en dépendent.

On entendra, dans ces enquêtes, ce qui rend ces situations possibles, ce qui rend possible l’insupportable. On verra des bleus de travail, des blouses d’usine, les fatigues des caissières, des agents de Pôle emploi surchargés et qui craquent face à des chômeurs qui craquent… On y entendra par quels mécanismes enchevêtrés, tant de drames anonymes détruisent tant d’existences anonymes. Comment, par exemple, Lydia, licenciée, puis surendettée, puis expulsée, en vient à vivre dans un square puis dans les locaux du DAL, faute de place en hébergement d’urgence et parce que la loi de réquisition des millions de logements vides n’est pas votée. On y verra ce qu’aurait montré Jaurès et ce que montre le journal de Jaurès.

  • "La singularité de l’Humanité" par Blaise Magnin, Action- Critique-Médias (Acrimed), (www.acrimed.org)

Comme nombre de titres de la presse quotidienne nationale, l’Humanitéconnaît depuis près de vingt ans des difficultés ­financières chroniques liées à ­l’érosion de son lectorat. Si l’Humanité ne fait pas figure d’exception au sein du paysage économiquement désolé de la « grande » presse d’information politique et générale, le quotidien centenaire tranche pourtant par ses orientations éditoriales et apparaît même comme une certaine garantie de pluralisme dans une offre d’informations écrites d’une uniformité et d’une médiocrité globalement désolantes.

Du point de vue de l’orientation politique générale de la ligne éditoriale, d’abord. Les bribes vaporeuses d’orientation progressiste qui restaient auMonde s’évaporent à chaque nouvelle formule, ce quotidien cherchant à concurrencer le Figaro sur le terrain de l’actualité des affaires et de la vie des entreprises. Libération, de son côté, se complaît depuis de nombreuses années déjà dans des postures radical chic et se délecte du « réalisme » et de la conversion au libéralisme le plus brutal de la gauche de gouvernement, souvent au mépris des préoccupations des luttes du mouvement social. Et leurs difficultés économiques respectives, gravissimes dans le cas de Libération, en les mettant à la merci des capitalistes les plus ambitieux, ne risquent pas de favoriser une réorientation éditoriale. Si l’on complète ce tableau des grands quotidiens généralistes nationaux par la Croix, Aujourd’hui en France-le Parisien et le Figaro, on mesure à quel point la diversité des informations et la pluralité des opinions sont mises à mal et l’Humanité est indispensable… Quoi que l’on pense de son orientation politique, l’Humanité se singularise aussi par le type de journalisme qu’il propose. Alors qu’en dehors des mobilisations ou des « plans sociaux » suffisamment massifs pour attirer les caméras du 20 Heures, l’actualité sociale a quasiment disparu des colonnes de ses concurrents, l’Humanité est le seul quotidien à tenter de rendre compte non seulement de l’actualité des luttes – autrement que pour les dénigrer –, mais aussi de l’état général des rapports de forces dans le monde du travail. Et l’un des seuls quotidiens également à pratiquer encore un réel journalisme d’enquête sociale, et à ne pas déléguer le traitement de ces questions à des rédacteurs compilant des données institutionnelles ou à des experts interchangeables. On sait aussi gré à l’Humanité de refuser les recettes éditoriales dont les médias les plus mercantiles font leur miel, avec comme principaux ingrédients l’usage frénétique des sondages d’opinion et des faits divers.

Face à la crise structurelle et généralisée que connaît la presse écrite imprimée, les pouvoirs publics restent pour l’essentiel inertes. Plutôt que de procéder à une refonte globale des dispositions législatives et financières qui, dans un paysage bouleversé par la révolution numérique, offrent de moins en moins de garanties au pluralisme et à la survie de la presse écrite généraliste, l’État perpétue un système d’aides à la presse incohérent, archaïque, opaque, injuste et inefficace. Pour le reste, les gouvernements successifs semblent déterminés à laisser jouer les forces du marché, quitte à ce qu’à terme la presse écrite, exclusivement détenue par de grands groupes financiers ou industriels, se partage entre « gratuits » indigents et titres « d’élite » inabordables. Et tant pis pour la presse indépendante et celle dont les opinions ne sont pas conformes aux exigences éditoriales et de rentabilité du marché.

  • "Où va-t-on pouvoir trouver le discours de notre classe ?" par Olivier Leberquier Délégué syndical CGT de Fralib

Après plus de trois années de lutte, nous avons remporté le combat face à la multinationale Unilever, qui voulait rayer de la carte notre usine de conditionnement de thés et d’infusions. Aujourd’hui, nous avons gagné le droit de créer notre entreprise, Scop T.I., qui va se développer sous la forme d’une coopérative ouvrière. Dès le départ, l’Humanité a relayé notre combat et nous a permis de le porter au niveau national.

Notre organisation syndicale CGT Fralib est abonnée depuis très longtemps au journal l’Humanité. La lecture de la presse – et particulièrement celle de l’Humanité – fait partie de notre culture syndicale. Elle est indispensable d’autant plus aujourd’hui que le pluralisme de la presse et de la ­communication en général est mis à mal. Où va-t-on pouvoir trouver le discours de notre classe ? Notre adversaire de classe ne s’y trompe pas. Tous les grands médias de notre pays – que ce soit la presse écrite, la télévisée ou la radiodiffusée – sont détenus par les capitalistes. À longueur de journée, on peut y lire, voir et entendre la propagande ultralibérale du patronat et de ses serviteurs. Dans le dossier que nous avons monté pour ­reprendre notre usine, l’Humanité comme la Marseillaise ont été un apport primordial.

L’Humanité a été un vecteur ­d’informations important au niveau national sur le détail de notre dossier contre la multinationale Unilever, et elle nous a permis aussi d’informer la population française de notre lutte. Le fait quel’Humanité ait été très présente à nos côtés pendant ces trois années de lutte a poussé d’autres médias nationaux à nous suivre. Grâce à la présence de ce titre, nous avons déjoué un boycott total de la presse, comme on peut malheureusement le constater dans nombre de luttes.

À ce propos, je me souviens que, lors de nos négociations tendues avec le PDG d’Unilever France, au plus dur de la lutte, il nous avait confié qu’à cause de nous il était devenu un lecteur assidu de l’Humanité et de la Marseillaise !

Au-delà du traitement de l’actualité concernant notre lutte, des articles d’analyses ont été faits et ont permis de faire comprendre au grand public que notre lutte était juste et légitime. Stratégiquement, nous avons pu par la presse passer des messages tantôt à la population, tantôt à notre direction avec qui les relations ont été rompues plus d’un an et demi. Nous avons pu bénéficier d’une relation de confiance avec l’Humanité comme avec la Marseillaise. On savait que nos propos n’allaient pas être déformés, comme cela a pu se passer avec d’autres médias. Nous nous devons de soutenir l’Humanité, comme la Marseillaise, pour maintenir ce qui reste du ­pluralisme de la presse en France et – pourquoi pas ? – faire en sorte de le faire grandir ! Tout au long de nos trois années de lutte, nous avons été contactés par des journalistes étrangers qui nous demandaient, surpris, pourquoi on se battait, pourquoi notre syndicat refusait la fermeture et n’accompagnait pas plutôt le plan social proposé par la direction. Nous nous sommes aperçus qu’ils n’avaient pas l’habitude d’entendre des voix ­dissonantes par rapport au discours patronal.

Alors qu’ici, des exemples comme les Fralib à Gémenos devenus Scop T.I. ou les Pilpa à Carcassonne ­devenus la Fabrique du Sud avec leur glace la Belle Aude, démontrent qu’en se battant on peut obtenir des victoires sur notre adversaire de classe. Dans beaucoup d’autres pays, tous les médias sont tenus par les ultralibéraux. Heureusement pour nous, ici, nous avons pu compter sur des médias alternatifs, comme l’Humanité, qui ont relayé la voix des travailleurs en lutte. Il n’y a que les luttes qu’on ne mène pas qu’on est sûr de perdre ! Nous avons gagné la nôtre, il faut le faire savoir !

L'Humanité, sortir des difficultés financières. Lors du lancement de la souscription pour l’Humanité, son directeur, Patrick Le Hyaric, a décrit les difficultés du quotidien : « Une hausse de 1 million d’euros des coûts de production, des recettes publicitaires en baisse de 500 000 euros, une baisse des recettes de diffusion et une diminution drastique des aides publiques aux quotidiens à faibles ressources publicitaires, décidée sous la précédente législature, auxquelles viennent s’ajouter une nouvelle baisse d’au moins 200 000 euros annoncée la semaine dernière et un déficit de la Fête de l’Humanité malgré son vrai succès populaire. »

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8 décembre 2014 1 08 /12 /décembre /2014 14:13
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8 décembre 2014 1 08 /12 /décembre /2014 12:40

Une nouvelle étude confirme
que les ultra-riches concentrent de plus en plus de richesses.

Malgré la crise, leur nombre augmente, et leur richesse encore plus. Cette étude de WealthX et de la banque UBS recense les très riches qui ont amassés plus de 30 millions de dollars. Ils sont 211000, soit une augmentation de 6 % sur un an, et leur patrimoine cumulé a lui augmenté de 7 %.

Ainsi possèdent-ils à eux seuls 13 % de la richesse mondiale. Ils sont de mieux en mieux répartis dans le monde, même si les Etats-Unis abritent toujours le plus gros contingent d’ultra-riches, suivis de l’Eu—rope et de l’Asie. Le continent africain reste en dernière place, avec 3005 ultra-riche, mais c’est là que l’augmentation est la plus forte, avec une augmentation de 8,3 %.

La richesse cumulée de ces 211000 ultra-riches atteint les 30 000 milliards de dollars. C’est quasiment le PIB cumulé de l’Europe et des Etats-Unis. Presque la moitié du PIB mondial. C’est 3 fois le montant de toutes les dettes souveraines cumulées des pays européens.

L’augmentation de cette richesse se fait principalement sur les marchés financiers, repartis comme s’il n’y avait jamais eu de crise. Toutefois, un tiers de ces ultra-riches ont hérité du gros de leur fortune.

Au niveau mondial, ce club est à une écrasante majorité (87%) composé d’hommes dont l’âge moyen est de 59 ans 

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8 décembre 2014 1 08 /12 /décembre /2014 12:38

Treize régions,
un point c’est tout.

À l’Assemblée nationale, les députés de la majorité ont confirmé leur choix avec 277 voix pour, 253 contre et 33 abstentions, après que le Sénat, à la fin octobre, a préféré, lui, un découpage à quinze régions. Il est vrai que le Premier ministre a martelé à plusieurs reprises que le passage de 22 à 13 au 1er janvier 2016 est le « bon » découpage régional. Oublié le bricolage de départ avec, dans la première version du texte transmis par François Hollande à la presse régionale, le nombre de régions laissé en blanc. Puis la carte a pris quelques allures de puzzle élastique pour qu’au final, on en revienne au plan de départ.

Mais, au-delà de ces péripéties, est surtout posée la question des compétences, qui ne seront débattues que plus tard. Les régions élargies devraient récupérer les routes ainsi que les transports, actuellement gérés par les départements, qui seraient de fait « dévitalisés », comme l’a dit le secrétaire d’État André Vallini. Et alors que le débat sur les futures compétences départementales (sans parler des possibles disparitions) n’a pas été non plus lancé. « Derrière ce redécoupage se profile un séisme institutionnel », ont pointé sans tarder les députés du Front de gauche, expliquant aussi que, « face à un tel risque, il aurait été légitime d’engager un grand débat national » qui n’est manifestement pas à l’ordre du jour.

Arguments avancés en faveur de ces nouvelles régions : leur donner une taille suffisante pour être plus forts économiquement. Mais l’Insee a, par anticipation, prévenu que non seulement les inégalités entre les territoires ont atteint un niveau record, mais que ces inégalités entre les métropoles et la « France périphérique » ont été accentuées par la crise. Alors, par quelle opération miraculeuse ces territoires élargis deviendraient-ils plus musclés ?

En fait, il s’agit de répondre aux préconisations libérales de l’Union européenne. Tans pis, alors, si la réduction des dotations publiques diminue mécaniquement les possibilités d’investissement, et réduit donc les commandes dans le BTP, qui déjà révise ses effectifs à la baisse.

Comme quoi le chiffre 13 n’est pas forcément celui de la chance 

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8 décembre 2014 1 08 /12 /décembre /2014 12:34

Faire allégeance au Medef

À en rester aux apparences, le péché originel de ce gouvernement pourrait bien être, quelques semaines à peine après son élection, d’avoir fait allégeance au Medef. On se souvient du défilé des ministres à l’université d’été de ce dernier. Le résultat en est cette semaine d’action du Medef, de la CGPME et de l’UPA, avec cet affligeant spectacle de manifs de patrons.

En choisissant d’aller vers ceux qui le combattaient au lieu de répondre à ceux qui l’avaient élu, le gouvernement se coupait de ces derniers et encourageait les premiers à demander toujours plus. Les quarante milliards du CICE et du pacte de responsabilité, dont on sait qu’ils ont pour beaucoup alimenté les dividendes, ne leur suffisent pas, ils sont insatiables avec pour obsession le coût du travail, soit le coût des travailleurs et non le coût du capital, prélevé sur les richesses créées.

En fait, on comprend maintenant que le péché originel n’en était pas un. Le libre choix du président, de son Premier ministre et de son nouveau ministre de l’Économie, c’est, selon une vieille formule, la gestion loyale des affaires du capitalisme. D’où ce badge bien pertinent dans son humour porté par des manifestants d’il y a quinze jours contre l’austérité : « Séparation du Medef et de l’État ». Comment interpréter par exemple le choix de nommer à la présidence du conseil de surveillance de l’entreprise publique qu’est encore la SNCF Frédéric Saint-Geours, l’un des dirigeants les plus influents de l’organisation patronale ?

Ceux des Français qui pensent aujourd’hui que les patrons ont raison de manifester gagneraient à être au fait de chiffres comme la hausse de 30 % de la rémunération des actionnaires au deuxième trimestre. Mais, pourra-t-on objecter, ce n’est pas le fait de tous les patrons. C’est tout à fait exact, et c’est une des navrantes manipulations de la semaine d’action de faire croire ainsi au PDG d’une PME que ses intérêts sont les mêmes que celui du grand groupe qui, en tant que donneur d’ordres, le tient avec une corde au cou 

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8 décembre 2014 1 08 /12 /décembre /2014 05:57

La bombe Macron s’abat sur les droits des salariés

FANNY DOUMAYROU

JEUDI, 20 NOVEMBRE, 2014

Un des volets du projet du ministre Macron vise à mettre au pas les prud’hommes pour qu’ils fassent de l’abattage, au détriment des salariés qui demandent réparation.

Photo : Éric Piermont/AFP

Décryptage. Sous prétexte de favoriser l’emploi, le projet de loi fourre-tout du ministre de l’Économie, Emmanuel Macron, marque une accélération dans la déréglementation des horaires de travail et la casse des institutions que sont les prud’hommes, l’inspection et la médecine du travail.

La grenade Macron contre le Code du travail est dégoupillée. Le projet de loi censé « libérer l’activité », selon son intitulé, concocté par le ministre de l’Économie comme pour incarner la dictature des intérêts privés sur les choix sociaux et sociétaux a été transmis lundi au Conseil d’État, en vue d’une présentation en Conseil des ministres à la mi-décembre. Si la plupart des thèmes et des mesures du projet étaient connus, certains y ont été inclus dans la plus grande opacité. La mouture finale révèle une attaque de grande ampleur contre les droits des salariés – avec l’extension du travail du dimanche et de nuit –, et contre leurs institutions que sont les conseils de prud’hommes, l’inspection et la médecine du travail. Il révèle aussi la brutalité de la méthode du gouvernement qui, pour certains thèmes, passera par ordonnance pour éviter le débat au Parlement. Décryptage des principaux points du projet.

1. Vannes ouvertes au travail du dimanche

Si les socialistes avaient dénoncé en 2009, sous Sarkozy, la loi Mallié élargissant les possibilités d’ouverture des commerces le dimanche, leur projet explose les records en matière d’extension du travail dominical, et ouvre la voie au travail 7 jours sur 7 et 24 heures sur 24 à l’américaine, avec la possibilité de faire travailler les salariés jusqu’à minuit sans que cela soit considéré comme du travail de nuit !

L’extension est multiforme. D’une part, les cinq dimanches par an d’ouverture des magasins qui pouvaient être décidés par les maires des communes passent à douze par an, dont cinq seraient accordés de droit aux commerces, sans que l’édile local puisse s’y opposer. D’autre part, le projet va généraliser l’ouverture des centres commerciaux. La loi Mallié avait légalisé la situation des centres qui ouvraient jusqu’alors dans l’illégalité, en créant le concept de « périmètre d’usage de consommation exceptionnel » (Puce), réservé aux agglomérations de plus d’un million d’habitants. Avec Macron, les Puce sont transformés en « zones commerciales caractérisées par un potentiel commercial », une définition en forme de pléonasme qui signifie que toute zone commerciale, partout en France, pourra obtenir l’autorisation. Autre innovation, en plus des zones touristiques actuelles, le texte crée les fameuses « zones touristiques internationales », qui permettront notamment aux magasins des Champs-Élysées et aux grands magasins comme le Printemps et les Galeries Lafayette à Paris d’ouvrir le dimanche alors que les actions en justice de l’intersyndicale Clic-P les en empêchent aujourd’hui.

Ces zones seront déterminées par les ministères du Travail, du Tourisme et du Commerce, une manière d’exclure les municipalités, comme celle de Paris qui a refusé en 2010 ce cadeau aux grands magasins. Anne Hidalgo, maire PS de la capitale, n’a pas manqué de réagir mardi en prévenant qu’elle n’accepterait pas que « les pouvoirs du maire soient captés par Bercy ». C’est dans ces zones touristiques internationales que les enseignes se voient tailler un Code du travail sur mesure, avec un nouveau concept de « travail de soirée » qui décale à minuit le déclenchement du travail de nuit. Pour faire passer la pilule, le gouvernement instaure pour ces innovations une garantie de volontariat des salariés et le doublement du salaire pour les heures de travail dominical ou vespéral. Les syndicats insistent sur le leurre du volontariat, du fait des pressions possibles des directions sur les salariés. Et pour les majorations de salaire, le texte offre une issue aux patrons. Les entreprises pourront négocier des accords moins favorables, et ce n’est qu’en l’absence d’accord que le filet de sécurité de la loi s’appliquera, avec la majoration de 100 %. De plus, ce filet ne concernera pas les établissements de moins de 20 salariés. L’éclatement de l’activité des groupes en petits établissements distincts leur permettra d’échapper au surcoût du dimanche. Le Clic-P annonce une nouvelle manifestation le 16 décembre.

2. Prud’hommes : la Justice du travail remise au pas

La spécificité de la justice prud’homale, rendue par des juges issus du monde du travail à parité entre employeurs et employés, c’est du passé. Sous prétexte que les délais de jugement dans les conseils de prud’hommes d’Île-de-France sont inacceptables, Macron engage une restructuration profonde de l’institution, déjà entamée avec la suppression de l’élection des juges prud’homaux, discutée aujourd’hui même à l’Assemblée nationale. Il n’est pas question de donner à ces tribunaux les moyens nécessaires à un bon fonctionnement, mais de les mettre au pas pour qu’ils fassent de l’abattage, au détriment des salariés qui demandent réparation. Dans 92 % des cas, les salariés saisissent les prud’hommes à l’occasion d’un licenciement. Or, dans ce cas, le projet prévoit qu’avec l’accord des parties, l’affaire sera renvoyée vers une formation restreinte (deux juges au lieu de quatre) qui statuera sous trois mois et allouera au salarié une indemnité forfaitaire en fonction d’un barème lié à son ancienneté dans l’entreprise. « On ne sera plus de vrais juges car le travail d’un juge, c’est de regarder chaque cas et de voir les préjudices, pas d’allouer un montant fixe », s’insurge Jamila Mansour, présidente CGT des prud’hommes de Bobigny, où les juges CGT, FO et Solidaires font la grève des audiences depuis lundi, comme à Paris et à Lyon. Autre aspect de la réforme, le juge professionnel prendra le pas sur les juges prud’homaux. Aujourd’hui, les affaires sont jugées par les conseillers prud’homaux et ne font l’objet d’un départage par un magistrat que quand ils ne parviennent pas à trancher. Le projet Macron permet de passer directement à l’étape du juge professionnel. Une manière d’accélérer les procédures et d’instaurer en douce le système d’échevinage (un juge professionnel assisté d’un assesseur employeur et un salarié), fortement rejeté par les organisations syndicales et patronales. « Dans ce système, les juges prud’homaux deviennent optionnels, déplore Jamila Mansour, de la CGT. Le gouvernement veut enterrer les prud’hommes mais de manière perverse car il n’a pas le courage d’y aller frontalement. »

3. Inspection et médecine du travail : carte blanche pour réformer

Ce sont les deux surprises du chef, l’inclusion dans le projet Macron d’une carte blanche pour réformer la médecine du travail et l’inspection du travail par voie d’ordonnances, histoire de contourner magistralement les débats au Parlement. Concernant l’inspection du travail, le premier volet de la réforme dite Sapin – la restructuration des services – est passé par décret et en cours d’application. Restait le deuxième volet, consistant à donner aux inspecteurs de « nouveaux pouvoirs » de sanction contre les employeurs en infraction, sous forme d’amendes administratives ou de transactions pénales décidées par les directeurs régionaux du travail. Un projet contesté par les syndicats CGT, Solidaires et SNU-FSU, qui y voient une façon d’épargner aux patrons des poursuites pénales déjà trop rares. Le projet ayant été rejeté au printemps par le Parlement, les syndicats guettaient sa réapparition. Alors que le ministère du Travail leur a refusé toute information ces dernières semaines, ils découvrent dans le projet Macron que leurs pouvoirs seront réformés par ordonnance sous neuf mois, sans précision sur le contenu. « C’est l’opacité totale ! » dénonce Anthony Smith, inspecteur du travail CGT. Le texte prévoit aussi la révision « de la nature et du montant des peines applicables en cas d’entrave au fonctionnement des institutions représentatives du personnel », conformément à la promesse formulée mi-octobre par François Hollande de supprimer la peine de prison pour les patrons piétinant les droits des délégués du personnel, des comités d’entreprise, des comités d’hygiène et sécurité, au motif que cela inquiéterait les investisseurs étrangers. En réalité, les employeurs ne vont jamais en prison et les procès-verbaux d’inspecteurs pour entrave sont très souvent classés par la justice. En allégeant encore la peine inscrite dans le Code du travail, le gouvernement lance un signal supplémentaire pour que ces droits ne soient pas respectés. Même opacité pour les médecins du travail qui ont découvert fin octobre qu’ils seront frappés par le « choc de simplification » du gouvernement. Ce dernier compte supprimer la visite médicale périodique des salariés et mettre fin aux avis d’aptitude « avec restrictions » délivrés par les médecins du travail, qui obligent l’employeur à aménager les postes de travail. La réforme est finalement venue se nicher dans la loi Macron, mais là encore sans précision puisque c’est par ordonnance que seront prises ces mesures.

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8 décembre 2014 1 08 /12 /décembre /2014 05:05

 

 

PAS DE LIBERTÉ, PAS DE DÉMOCRATIE SANS UN PLURALISME VÉRITABLE !

Adresse à Monsieur Olivier SCHRAMECK, Président du Conseil Supérieur de l’Audiovisuel
Depuis des mois la discrimination à l’égard du Parti Communistes Français dans les médias télévisés est devenue une constante insupportable pour les citoyens attachés à la démocratie et au pluralisme.
Pierre LAURENT, son secrétaire national fait l’objet d’un ostracisme révoltant. Cela fait au moins douze ans qu’aucun secrétaire du Parti communiste n’a été invité à participer à une émission de début de soirée.

TROP C’EST TROP, C’EST L’OVERDOSE !

La mise en scène d’un match à trois (UMP-PS-FN) est un jeu dangereux et une grave atteinte à la démocratie !

• Le Front national a table ouverte permanente sur tous les plateaux de télévision.
• Le petit écran est envahi par l’UMP et le retour de celui qu’une grande partie de nos compatriotes ne veulent plus.
• Nous sommes invités à passer notre dimanche en compagnie du Parti socialiste et du premier ministre.

Et pendant ce temps :
• Les communistes réunis en conférence nationale lancent un appel pour construire une alternative à l’austérité : PAS UN MOT !
• Les parlementaires communistes se rendent à un péage pour dénoncer le scandale des sociétés d’autoroutes : PAS UN MICRO NE LEUR EST TENDU !
• Des militants communistes défilent grimée en patrons pour dénoncer le Medef qui en demande toujours plus : LES TÉLÉSPECTATEURS N’EN SAURONT RIEN !

CE SILENCE EST ASSOURDISSANT !

C’est à une véritable disparition du courant d’opinion représenté par le Parti communiste à laquelle nous assistons !
C’est intolérable ! Cela pose la question de la représentation légitime dans les médias d’une formation, fondatrice du Front de gauche, comptant 120.000 adhérent et restant la troisième force politique en termes d’élus locaux !

La France va mal ! Elle souffre ! Elle connaît une grave crise de confiance, une grave crise démocratique ! La majorité de notre peuple ne veut plus de la politique actuellement mise en œuvre !
Quelle alternative ? La question est posée !
Y répondre appelle débat, confrontations, écoute de la société, propositions d’alternatives syndicales, sociales, économiques, écologiques, politiques et culturelles !
La parole des communistes doit être respectée et entendue !

C’est pourquoi nous exigeons que soit mis un terme à la mise à l’écart du Parti communiste français et de son secrétaire national ! C’est tout simplement faire droit au respect du pluralisme sans lequel la démocratie serait une coquille vide !

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BRUNO FORNACIARI

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