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3 décembre 2014 3 03 /12 /décembre /2014 19:52

Les "pour" et les "contre" pour s'y reconnaître un peu mieux....

 

Mouvement citoyen Havrais de soutien au peuple Palestinien

Nous vous l'avions promis, voici la liste des députés ayant voté Contre la reconnaissance de l'Etat Palestinien, ou s'étant abstenus, nous l’appellerons la liste de le HONTE Républicaine, partagez la, et faites le savoir !!!

Groupe socialiste, républicain et citoyen (288 membres)

Contre: 1 : René Rouquet
Abstention: 5
Laurent Cathala, David Habib, Monique Iborra, Armand Jung, François Pupponi

Groupe de l'union pour un mouvement populaire (197 membres)
(Le Maire du Havre E. Philippe n'a pas jugé bon de venir voter!!!)

Contre: 136

Damien Abad
Bernard Accoyer
Yves Albarello
Benoist Apparu
Laurence Arribagé
Patrick Balkany
Jean-Pierre Barbier
Jacques Alain Bénisti
Sylvain Berrios
Xavier Bertrand
Étienne Blanc
Valérie Boyer
Philippe Briand
Bernard Brochand
Luc Chatel
Gérard Cherpion
Guillaume Chevrollier
Alain Chrétien
Dino Cinieri
Éric Ciotti
Philippe Cochet
Jean-François Copé
François Cornut-Gentille
Jean-Louis Costes
Édouard Courtial
Jean-Michel Couve
Marc-Philippe Daubresse
Bernard Debré
Bernard Deflesselles
Rémi Delatte
Patrick Devedjian
Nicolas Dhuicq
Jean-Pierre Door
David Douillet
Marianne Dubois
Christian Estrosi
Daniel Fasquelle
Georges Fenech
Yves Foulon
Marc Francina
Yves Fromion
Claude de Ganay
Sauveur Gandolfi-Scheit
Annie Genevard
Guy Geoffroy
Bernard Gérard

Alain Gest
Georges Ginesta
Charles-Ange Ginesy
Jean-Pierre Giran
Claude Goasguen
Jean-Pierre Gorges
Philippe Gosselin
Philippe Goujon
Claude Greff
Arlette Grosskost
Françoise Guégot
Jean-Claude Guibal
Christophe Guilloteau
Michel Herbillon
Patrick Hetzel
Guénhaël Huet
Sébastien Huyghe
Christian Jacob
Denis Jacquat
Christian Kert
Nathalie Kosciusko-Morizet
Jacques Kossowski
Valérie Lacroute
Marc Laffineur
Jacques Lamblin
Jean-François Lamour
Laure de La Raudière
Guillaume Larrivé
Thierry Lazaro
Alain Leboeuf
Frédéric Lefebvre
Marc Le Fur
Pierre Lellouche
Bruno Le Maire
Jean Leonetti
Pierre Lequiller
Céleste Lett
Geneviève Levy
Véronique Louwagie
Lionnel Luca
Jean-François Mancel
Thierry Mariani
Hervé Mariton
Alain Marleix
Olivier Marleix
Franck Marlin

Philippe Armand Martin
Patrice Martin-Lalande
Alain Marty
Jean-Claude Mathis
Jean-Claude Mignon
Pierre Morange
Yannick Moreau
Pierre Morel-A-L'Huissier
Alain Moyne-Bressand
Dominique Nachury
Yves Nicolin
Patrick Ollier
Jacques Pélissard
Jean-Frédéric Poisson
Josette Pons
Didier Quentin
Frédéric Reiss
Bernard Reynès
Franck Riester
Arnaud Robinet
Camille de Rocca Serra
Sophie Rohfritsch
Paul Salen
François Scellier
Claudine Schmid
André Schneider
Fernand Siré
Thierry Solère
Michel Sordi
Claude Sturni
Alain Suguenot
Michèle Tabarot
Lionel Tardy
Jean-Charles Taugourdeau
Guy Teissier
Jean-Marie Tetart
Dominique Tian
Catherine Vautrin
Patrice Verchère
Jean-Sébastien Vialatte
Jean-Pierre Vigier
Philippe Vitel
Laurent Wauquiez
Éric Woerth

Abstention: 4

Virginie Duby-Muller
Laurent Furst

Isabelle Le Callennec
Dominique Le Mèner

Non inscrits (9 membres)

Abstention: 3

Gilbert Collard

Jean Lassalle

Marion Maréchal-Le Pen

 

 

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Published by bruno fornaciari - dans PALESTINE
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3 décembre 2014 3 03 /12 /décembre /2014 19:43

Le PCF premier parti de gauche en nombre de militants

03 DÉCEMBRE 2014 | PAR ELIASDUPARC

Les « trahisons » de François Hollande et de ses troupes, qui témoignent de la remarquable constance historique de la social-démocratie française depuis le XIXe siècle (gagner les élections à gauche et gouverner à droite), coûtent au PS des milliers de membres déçus. Le Parti Communiste, qui se renforce depuis la victoire du non au référendum de 2005, (re)devient le premier parti de gauche français en nombre de militants. Un « grand retour » qui s’ébauche sous la menace de l’extrême droite.

Au-delà des succès de la PME Le Pen qui achèvent de faire chavirer le cœur d’une partie de la bourgeoisie, l’extrême droite, par l’aide active de Valls et Macron, conquiert les têtes. Face à elle, ni le PS essoré, ni les écologistes divisés et encore moins un NPA ou un PG en état de mort cérébrale ne sont en mesure d’incarner une résistance. Le PCF semble bien seul à tirer son épingle du jeu [1] à gauche d’un champ politique marqué par une défiance populaire généralisée. Son réseau humain et militant, désormais le plus nombreux des partis de gauche (autour de 100 000 adhérents à jour de cotisation contre 60 à 70 000 pour le PS), est un atout considérable qu’il s’agit de retisser et de mobiliser, moins pour mener des campagnes électorales que pour reconstruire, en plus de la gauche en ruines, un « discours de classe de notre époque » [2].

Pour ce faire il lui faudra faire un pas de côté vis-à-vis du jeu démocratique classique. Car à trop sacrifier à la routine élective, le PCF court le risque de distendre son lien avec les catégories populaires éloignées du vote. Il cède en outre un pouvoir important à ses élus au détriment de sa masse militante. Il s’épuise enfin et surtout dans les débats tactiques imposés par ses « partenaires » et le système médiatico-spectaculaire [3].

Nombreux sont ceux qui souhaitent que le Parti et ses membres se décentrent des mécaniques électorales pour réinvestir la rue et l’entreprise. Structures de formation, groupes d’intervention, utilisation massive des réseaux, collectifs anti-expulsions et anti-coupures d'énergie, épiceries sociales, soutien scolaire, aide administrative, cellules informelles : il s’agit désormais de créer les conditions d’un PCF qui, loin de tout misérabilisme, soit force de solidarité populaire (ce que la Fête de l’Humanité 2014 a su magistralement donner à voir le temps d’un weekend), contre-société subversive où peut s’exprimer, en dépit de la furie néolibérale de l’époque, une nouvelle fierté.

C’est cette fierté communiste à déployer qui sera l’atout du PCF face à l’extrême droite. Car si comme l’énonce Alain Badiou« l’usage tranchant du mot même de communisme est indispensable », au geste politique de trancher doit s’articuler celui de proposer un avers positif à la société capitaliste en voie de pourrissement. C'est ce qu'a su faire Die Linke en Thuringe, permettant le retour des communistes au pouvoir vingt-cinq ans après la chute du mur. Un nouveau signal de ce que les communistes peuvent et doivent être des acteurs-clés de la période historique qui s’ouvre.

[1] Dans le quotidien régional Le Progrès du 1er décembre 2014, le PCF est par exemple décrit comme le premier parti de gauche du Rhône en nombre de militants (3000, derrière l’UMP – 4900 – et devant le PS – 2632).

[2] La formule est d’Igor Zamichei dans son rapport à la conférence départementale du 26 octobre 2014.

[3] Débats dont il convient de se pas surestimer la portée : « […]Toute l'histoire du bolchevisme, avant et après la Révolution d'Octobre, abonde en exemples de louvoiement, d'ententes et de compromis avec les autres partis, sans en excepter les partis bourgeois ! » (Lénine, La maladie infantile du communisme (le gauchisme)).

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Published by bruno fornaciari - dans PCF
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3 décembre 2014 3 03 /12 /décembre /2014 19:39

Van Rompuy quitte ses fonctions avec une belle cagnotte


Auteur : 7sur7 | Editeur : Walt | Mercredi, 03 Déc. 2014 - 15h30

Le président sortant du Conseil de l'Europe, le Belge Herman Van Rompuy, qui cède sa place au polonais Donald Tusk, est la cible de critiques de la part des médias britanniques et du parti UKIP.

En effet, le falot Van Rompuy va palper une prime de départ qualifiée d'« indemnité transitionnelle », d'un montant de plus de 530 000 euros, répartis sur les 3 prochaines années, soit près de 168 000 euros par an (55 % de son salaire actuel), ainsi qu'une seconde prime de départ 26 000 euros (ces sommes étant imposables, mais selon la fiscalité très avantageuses que s’est octroyée la bureaucratie bruxelloise). Enfin, l’euro-fanatique profitera d’une pension de retraite de plus de 65 000 euros par an.

L’eurodéputé Nigel Farage, président du parti eurosceptique UKIP, a vivement réagi à cette annonce :

« Durant le mandat de Van Rompuy, la crise a poussé des millions de personnes dans la pauvreté et le chômage, mais lui-même gagne le jackpot ».

La Commission a justifié le versement de telles sommes comme étant « le prix à payer pour la totale indépendance des dirigeants de l’UE »...

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1 décembre 2014 1 01 /12 /décembre /2014 18:57

Légalisation de l’avortement. 26 novembre 1974 : intervention, au nom des députés du PCF, de Gisèle Moreau

Rappel, vivelepcf, 30 novembre 2014

On commémore largement l’adoption, il y a 40 ans, de la loi relative à l’interruption volontaire de grossesse.

Les positions défendues alors de longue date par le PCF sont largement ignorées quand elles ne sont pas scandaleusement déformées. La gentille actrice Emmanuelle Devos, qui vient d’incarner Simone Veil dans un téléfilm sur cet épisode, a malheureusement repris, sur France Inter, la diffamation anticommuniste selon laquelle « des communistes » se seraient opposés au projet de loi avec une « bonne partie de la droite réactionnaire ». Non ! Le groupe des députés PCF est le seul qui a voté pour à l’unanimité de ses membres. Les orateurs communistes ont développé des propositions beaucoup plus avancées sur le plan social que le contenu du projet de Mme Veil. Nous reproduisons ci-dessous et diffusons le texte de l’intervention à la séance de l’Assemblée du 26 novembre 1974 de Gisèle Moreau, alors députée PCF de Paris.

Les positions du PCF sur l’avortement n’avaient pas été rédigées de la veille mais elles résultaient d’une longue formulation faite avec les intéressé-e-s, depuis des décennies, mettant les intérêts et les libertés des femmes, notamment des femmes des classes laborieuses, au centre.

En juillet 1920, les députés Marcel Cachin et Paul Vaillant-Couturier, qui allaient être fondateurs du PCF quelques mois plus tard, votaient contre la loi interdisant et punissant l’avortement.

Dans les années 50, sous l’impulsion notamment de Jeannette Vermeersch, les congrès du PCF actent un changement de position sur le contrôle des naissances auquel le Parti est désormais hostile. Celui-ci est considéré comme une diversion bourgeoise aux luttes des travailleuses et des travailleurs pour des conditions sociales permettant d’élever convenablement leurs enfants. Cette position n’a cependant jamais détourné le PCF de sa revendication de l’abrogation de la loi de 1920, de levée de toutes les dispositions répressives contre les femmes ayant eu recours à l’avortement. Elle est rapidement abandonnée.

Les parlementaires communistes ont déposé plusieurs propositions de loi légalisant l’avortement bien avant le projet de 1974. Gisèle Moreau le rappelle.

Son intervention dans la discussion parlementaire permet de resituer le contexte politique. Les progrès électoraux de la gauche, l’évolution de l’état de l’opinion publique poussent le pouvoir à reculer, à lâcher du lest sur une question de société comme l’avortement, même à mécontenter une partie de sa base. Mme Veil est envoyée au feu par le pouvoir. Elle essuie courageusement les attaques provenant de son propre camp. Mais l’essentiel de l’action politique qui a abouti à la libéralisation de l’avortement a été accompli ailleurs et avant, singulièrement par les militantes et militants communistes.

Pour les communistes, le droit de ne pas avoir d’enfant est indissociable du droit de la femme et du couple à en avoir et à pouvoir les élever dignement. Les revendications sociales ne se limitent pas au souci humanitaire. L’approche des communistes, partant de la situation des travailleuses, est aussi différente de celle du féminisme bourgeois et ne hiérarchise pas de la même façon les préoccupations. « La loi du profit, la domination des sociétés industrielles et financières tirent avantage de la situation d’inégalité faites aux femmes » : Gisèle Moreau rappelle notre grille d’analyse.

L’accès effectif à l’IVG (comme à la contraception) est une revendication également essentielle du PCF en 1974. La réaction recule sur le droit mais tend à faire de l’avortement une nouvelle source de profit – légal – pour des cliniques privées. « Le non-remboursement est, selon vous, madame le ministre, une mesure dissuasive. Qui dissuadera-t-elle ? » demande Gisèle Moreau à Simone Veil. Il faudra attendre pratiquement 10 ans avant d’obtenir le remboursement de l’IVG par la Sécurité sociale.

Sur bien des points, la position défendue par le PCF en 1974 reste tristement d’actualité tant les intérêts capitalistes et les mouvements réactionnaires se confondent pour faire pression, aujourd’hui toujours, sur le droit à l’avortement.

Mesdames, Messieurs,

La façon dont se trouve posé dans notre pays le problème de l’avortement clandestin est intolérable pour les femmes et pour l’opinion publique qui, dans sa majorité, demande des changements dans ce domaine.

C’est d’ailleurs bien ce qui a conduit le gouvernement à soumettre au Parlement le projet dont nous discutons.

Ce que veulent les femmes, c’est, à la fois, maîtriser leur fécondité et pouvoir élever les enfants qu’elles ont ou qu’elles souhaitent avoir. Il n’y a aucune contradiction dans cette double volonté, car celle-ci résulte de la prise en compte des possibilités nouvelles qu’offrent notre époque : les progrès des sciences et de la médecine permettent aujourd’hui de réaliser pleinement le premier élément de cette volonté ; l’essor de la productivité rend possible le second.

De nos jours, l’angoisse que peut faire naître une maternité non désirée comme l’angoisse d’une mère peut éprouver au sujet de l’avenir de ses enfants ne devraient plus exister. Nous en sommes loin, hélas ! Ce n’est pas le fait du progrès ou de la civilisation en eux-mêmes : c’est le fruit d’un système en crise, incapable d’assumer le développement de l’économie et de satisfaire les besoins matériels et intellectuels des individus, et singulièrement des femmes.

Le drame de l’avortement clandestin est sans doute l’un des degrés ultimes de la misère et du désespoir auxquels se trouvent réduites des centaines de milliers de femmes. Son ampleur est reconnue par tous, même si l’on peut difficilement l’évaluer ; il est permis de penser que, chaque année, le nombre des avortements clandestin est de 300 000 à 400 000 – ce sont les chiffres les plus couramment avancés ; autrement dit, chaque jour, de 1000 à 1500 femmes ont recours à cette pratique.

L’inadaptation et la nocivité des lois réprimant l’avortement ne sont plus à démontrer. L’injustice sociale est patente, car ce sont des femmes de milieux modestes qui ont recours à l’avortement clandestin, et de la dans les pires conditions. En effet, dans les milieux privilégiés, le problème ne se pose pas ainsi car il est possible d’interrompre une grossesse non désirée, et dans de bonnes conditions.

Qui a recours à l’avortement clandestin ? Principalement des jeunes femmes âgées de vingt à trente ans, déjà mères de famille ; 90 p 100 d’entre elles justifient leur acte en invoquant de graves difficultés sociales.

En examinant le projet de loi qui nous est soumis, nous devons avoir présent à l’esprit le drame que représente, chaque année, l’avortement clandestin pour des centaines de milliers de femmes.

Nous avons-nous-mêmes recueilli des témoignages ; des associations nous ont fait part de ceux qu’elles ont pu connaître : ils montrent que, lorsqu’une femme a décidé d’interrompre sa grossesse, rien ne peut l’arrêter. Le refus d’une grossesse non souhaitée se révèle aussi irrépressible que le désir de maternité. Je n’en prendrai pour preuve que l’acceptation délibérée, par la femme, des moyens atroces employés pour la faire avorter, des risques graves qu’elle encourt, qui menacent sa santé, voire sa vie.

Comment s’expriment-elles, ces femmes ?

L’une d’elles écrit : « Je suis enceinte de six semaine ; cette grossesse est, pour moi, terrible ; je suis maman de trois enfants ; mon mari a quitté le domicile conjugal et je suis seule pour les élever… ».

Une autre explique que des raisons sérieuses la conduisent à désirer interrompre sa grossesse : une santé défectueuse, un logement étroit, un mari dont la situation est incertaine. « Nous avons bien du mal à élever nos deux enfants, précise-t-elle, et la venue d’un troisième serait catastrophique ».

Une autre, âgée de cinquante ans, explique qu’elle a déjà élevé trois grands fils et que c’est un malheur pour elle de se retrouver enceinte à cet âge, car elle n’a plus la force d’avoir un bébé et de s’en occuper.

Une autre encore rappelle qu’à vingt-huit ans elle a déjà cinq enfants dont le dernier a quelques mois. « Je ne peux assumer, dit-elle, cette sixième grossesse qui s’annonce, d’autant plus que notre famille a du mal à vivre normalement avec le faible salaire de mon mari : 1450 francs par mois ».

Je pourrais poursuivre encore longtemps l’exposé de ces cas douloureux : difficultés financières ou de logement, santé défectueuse, grossesses à répétition, désespoir de jeunes filles. C’est toujours la détresse qui conduit à l’avortement, une détresse dont la cause est essentiellement sociale.

Se résoudre à un avortement clandestin c’est, pour une femme, faire un choix grave : c’est entreprendre une quête humiliante et désespérée, mendier une adresse, frapper à toutes sortes de portes ; c’est ensuite supporter la mise en œuvre de moyens dangereux et mutilants ; c’est accepter des risques terribles ; une mort pour 1000 cas, un cas de stérilité sur dix, sans compter les séquelles, notamment rénales. Dans ce domaine, à notre siècle, les femmes se retrouvent confrontées à la barbarie.

Face à ces drames cachés, nous voyons l’hypocrisie de ceux qui contribué à créer ces situations dramatiques par la politique qu’ils ont menée ou soutenue ; nous les voyons se découvrir une vertu sociale, irréfragable, qu’ils ne manifestent jamais au moment de passer aux actes, et notamment à l’occasion du vote du budget. Nous entendons des arguments plus que discutables, tel l’encouragement à l’abandon, et les promoteurs d’une certaine organisation, que je ne nommerai pas, parlent même, dans un hebdomadaire, d’un « service après vente » concernant l’adoption.

De tels propos n’ont rien à voir avec le respect de la vie. Il n’y a pas de respect de la vie sans respect de l’être humain, sans reconnaissance de la dignité de la femme et de son sens de la responsabilité.

Il ne peut s’agir, pour le Parlement, de mettre la femme en garde contre elle-même, de lui épargner une décision qui la dépasse, de lui imposer, comme seule finalité, la maternité, son opinion, dans cet esprit, n’ayant aucune espèce d’importance.

Donner la vie est un acte responsable. Il doit être librement consenti. Ce n’est jamais de gaieté de cœur qu’une femme se résout à l’avortement. Le refus de l’enfant est, non pas le refus de la maternité, mais la constatation douloureuse qu’il ne sera pas possible d’apporter à cet enfant tout ce qu’il est en droit d’obtenir de la vie.

Le problème de l’avortement clandestin, du fait de l’ampleur qu’il revêt, ne peut se poser seulement au niveau individuel ; c’est un problème de société.

Il convient, à ce titre, d’en examiner les causes. Elles tiennent en trois mots : « répression, ignorance, insécurité.

La responsabilité du Gouvernement est écrasante dans ces trois domaines qui touchent à la loi, à l’éducation, à la politique sociale.

Alors que l’avortement est réprimé, la maternité est pénalisée. C’est un des aspects les plus révoltants de la situation actuelle.

Répression d’abord : la loi de 1920 et l’article 317 du code pénal, s’ils ne sont pas appliqués pour le moment, s’ils sont difficilement applicables, continuent néanmoins d’imposer le recours à l’avortement clandestin dans les pires conditions.

Nous pensons profondément qu’aucune loi répressive ne peut régler ce grave problème. Nous refusons la conception selon laquelle toute loi doit être forcément répressive. Quelle idée se fait-on alors du législateur ! Dans le domaine social et familial, ne peuvent être que répressives les lois qui vont à l’encontre de l’intérêt des gens concernés. Maintenir la répression, c’est contribuer à culpabiliser les femmes, c’est conserver un terrain favorable à l’avortement clandestin. Nous nous opposons résolument au maintien de la répression.

Ignorance : alors que la connaissance du processus de la reproduction progresse à pas de géant et permet un contrôle de celui-ci, une infime minorité de femmes et de couples ont accès à cette connaissance, et encore de façon limitée : ce qui subsiste dans les esprits du fait des tabous ancestraux qui entourent encore la sexualité et qui sont entretenus par les forces réactionnaires du pays, fait de la fécondité quelque chose de mystérieux.

L’insuffisance d’une réelle information crée un terrain propice aux erreurs, aux malentendus, voire aux superstitions. Dans certains milieux, où le retard culturel s’ajoute au dénuement matériel, la contraception reste une pratique obscure, dangereuse même.

La responsabilité de l’Etat dans cette ignorance est écrasante. Il a fallu attendre 1967 pour que soit adoptée une loi élargissant la contraception, puis encore cinq ans pour que cette loi connaisse le moindre début d’application, puis deux ans encore pour obtenir le remboursement par la sécurité sociale des moyens contraceptifs.

Or une véritable éducation sexuelle est encore à créer. Les centres de planning familial ont été honorés dans bien des discours ; mais moins de cent centres sont agréés et quelques-uns seulement fonctionnent.

Les mêmes qui protestent aujourd’hui contre toute libéralisation de l’avortement se sont opposés hier au développement de l’éducation sexuelle et de la contraception, avec les mêmes arguments qui traduisent la résistance que suscite parmi les conservateurs tout nouveau droit permettant à l’individu de mieux maîtriser son destin.

Mais l’essentiel n’est pas dans ces combats d’arrière-garde. Il se situe au niveau des moyens à mettre en œuvre et qui sont refusés par le pouvoir. Pour que l’avortement ne soit pas un moyen de régulation des naissances, nous avons multiplié les propositions : développement, sous des formes appropriées, de l’éducation sexuelle dans les écoles ; ouverture de mille centres de planning familial dans l’immédiat ; large information entreprise avec le concours des grands moyens audiovisuels afin de promouvoir rapidement dans notre pays la contraception que, ne l’oublions pas, 15 p cent seulement des femmes utilisent. C’est uniquement en mettant en œuvre ces moyens qu’on pourra faire de l’avortement l’ultime recours.

Or le budget de 1975 voté par la majorité ne peut laisser aucune illusion sur ce point : rien ou très peu sera fait. Nous ‘en pensons pas moins qu’il convient de tout tenter pour en finir avec la législation actuelle. Mais nous ferons tout également pour porter haut, d’une part, les exigences des femmes concernant les moyens en faveur de la contraception et de l’éducation sexuelle, d’autre part, leurs revendications de mères de famille et de citoyennes. Nous les appelons, en effet, à refuser l’austérité et les sacrifices qu’on veut leur imposer alors qu’elles n’ont aucunement profité de l’expansion tant vantée. Ce n’est ni aux femmes, ni aux familles de travailleurs de faire les frais d’une politique d’austérité décidée par le Gouvernement, alors que les gaspillages et les profits se multiplient. Je ne citerai à cet égard que l’exemple des sociétés pétrolières.

Dans le domaine de la contraception, de la maternité, que de gaspillages ! et cela par la faute d’un gouvernement qui sacrifie délibérément les intérêts des femmes et des familles à ceux de quelques groupes financiers. L’avortement clandestin, avec son cortège de malheurs et de mutilations, est de ceux-là.

J’affirmais tout à l’heure que l’insécurité était la troisième cause de l’avortement clandestin. Ce terme recouvre tout ce qui empêche matériellement ou moralement les femmes et les couples d’avoir les enfants qu’ils désirent. Peuvent-ils, en effet, envisager avec confiance et sérénité de fonder la famille qu’ils souhaitent ? Offre-t-on à tous ceux qui créent les richesses du pays, par leur travail, les moyens d’élever dignement tous les enfants qu’ils veulent et d’assurer leur avenir ?

L’ampleur de l’avortement clandestin et les raisons qui le motivent montrent qu’il n’en est rien. Comment pourrait-il en être autrement alors que les conditions de vie du plus grand nombre se dégradent, que le chômage se développe ?

Avoir des enfants, cela suppose avoir les moyens de les élever. Or qu’en est-il des possibilités financières et matérielles des familles ?

En 1973, trois millions de salariés gagnaient moins de 1200 francs par mois, parmi lesquels on comptait 48 p. 100 de femmes et 6 700 000 gagnaient moins de 1700 francs.

Le pouvoir d’acahat que représentent les allocations familiales a baissé de plus de 40 p. 100 ; il en résulte que le niveau de consommation d’une famille de un ou deux enfants où, seul, le père travaille est inférieur de moitié de celui d’un célibataire.

Le nombre de foyers soumis à l’impôt a doublé en treize ans. Chaque famille verse 11 p. 100 de ses revenus au titre de la T.V.A.

Le nombre de demandeurs d’emploi s’élève à plus de 600 000, et moins d’un tiers touche des allocations de chômage.

Parmi les moyens nécessaires pour élever un enfant figure la place pour l’accueillir. Or la situation du logement en France est critique. La moitié des logements d’ouvriers sont surpeuplés. Rien que pour la ville de Paris, on compte 70 000 mal-logés, 28 000 familles prioritaires, c’est-à-dire disposant de moins de quatre mètres carrés par personne. Il est impossible d’accueillir un enfant dans de telles conditions. Parfois, c’est l’achat en copropriété d’un logement ou d’une maison, seule solution possible dans certains cas, qui conduit des jeunes ménages à refuser une naissance parce qu’une part trop importante de leurs revenus est consacrée au remboursement des emprunts. Je connais nombre d’exemples dans le XIIIe arrondissement.

Pour la majorité des Français, la vie est donc plus dure : la hausse des prix, l’insécurité de l’emploi, la dégradation des conditions de travail, de la qualité de la vie rendent l’avenir sombre.

Les conditions de vie des femmes rentrent pour beaucoup dans leur décision d’être mère. Or que constate-t-on ? Un accroissement du nombre des mères de famille parmi les femmes qui ont une activité professionnelle. Rien n’est fait pour leur permettre de concilier cette activité et leur vie familiale, notamment en ce qui concerne la garde des enfants : une seule place en crèche pour huit petits enfants dont la mère travaille ! Les frais de garde sont élevés et le Gouvernement n’accepte même pas que les intéressés les déduisent de leur revenu imposable, comme le font les présidents directeurs généraux pour leurs frais de repas, de séjour ou de voiture.

Bien peu d’équipements extra-scolaires existent. En dehors des heures de classe, le plus souvent, les enfants sont livrés à eux-mêmes ou sont placés en simple garderie. Les soucis occasionnés par les enfants pèsent beaucoup sur les travailleurs ; mais il y a aussi la fatigue, l’usure de la femme due aux conditions de travail, de transport et aux charges du ménage.

Comment les conditions de vie réelles des femmes n’entreraient-elles pas en ligne de compte dans leur décision d’avoir ou non un enfant, ou d’en avoir un de plus ?

Je pense à ces ouvrières soumises à de hauts rendements et qui rentrent chez elles harassées ; je pense à ces vendeuses qui restent debout toute la journée et à ces employées des services téléphoniques et des chèques postaux – qui sont en grève actuellement – et qui sont nerveusement épuisées. A Paris-Bourseul, elles sont 14 000, ce qui représente la plus grande concentration féminine d’Europe. On leur refuse une crèche qu’elles demandent depuis des années.

Je pense aux infirmières éprouvées par les conditions de travail qui, compte tenu du manque criant de personnel, leur sont imposées et dont les horaires rendent difficile toute vie familiale. C’est parmi elles, paraît-il, qu’il y a le plus de divorces.

Et l’on pourrait en citer tant d’autres parmi les millions de travailleuses qui doivent effectuer une véritable course contre la montre.

La crise de la société française se manifeste aux niveaux individuel et collectif, matériel et moral ; elle ne crée pas un climat favorable à la natalité.

C’est ainsi que le nombre total des naissances est passé, en 1973, de 855 000 à 770 000, malgré l’interdiction de l’avortement et la faible propagation de la contraception. C’est cette politique, dont souffrent les Français et les Françaises, que le gouvernement veut encore aggraver. Ce faisant, il accentuera davantage encore la baisse du taux de natalité.

Nous pensons, quant à nous, que la liberté de choix pour la femme, pour le couple, n’entre nullement en contradiction avec l’intérêt du pays. C’est la situation actuelle, avec, d’un côté, les difficultés accrues que rencontrent les familles et, de l’autre, les gaspillages constatés et les profits réalisés, qui dessert les intérêts présents et à venir du pays. Un nombre croissant de Français et de Françaises en sont conscients. Ils ont manifesté leur volonté de changement lors des dernières élections présidentielles.

C’est bien, pensons-nous, ce qui a conduit le Gouvernement à nous proposer le texte dont nous discutons.

Nous estimons qu’il vient d’opérer un recul, après avoir ignoré pendant des années ce grave problème.

Le texte qui nous est présenté, amendé par la commission, nous paraît marquer un certain progrès.

Cependant, le refus du remboursement par la sécurité sociale est très préoccupant. Aussi voudrais-je poser quelques questions à ce sujet.

Le non-remboursement est, selon vous, madame le ministre, une mesure dissuasive. Qui dissuadera-t-elle ?

Ensuite, l’aide médicale, que vous invoquez, est servie dans des conditions si strictes que ce sont essentiellement les personnes âgées qui en bénéficient. En outre comment concilier l’anonymat souhaité à juste titre par les femmes avec l’en quête effectuée par le service d’aide sociale ? Ne sera-ce pas là un moyen efficace pour rejeter les femmes modestes vers l’avortement ?

Enfin, la prescription d’une hospitalisation en cas de risque d’accident sera-t-elle remboursée comme elle l’est actuellement quand un accident survient ?

Un médecin conseil de la C.N.A.M. révèle aujourd’hui que la sécurité sociale rembourse déjà les frais occasionnés par cent mille avortements par an. Ne risquons-nous pas, dans ce domaine, d’être en retrait par rapport à ce qui existe ?

Le montant actuel des actes médicaux, même tarifés, les frais d’analyse et d’hospitalisation, même de courte durée, dépassent largement les moyens des budgets modestes. Encore une fois, ce sont les mêmes femmes qui seront obligées de recourir à l’avortement clandestin, s’il est moins coûteux.

Le deuxième point sur lequel j’insisterai est l’aspect répressif qui, dans le projet gouvernemental, est suspendu ou maintenu en cas d’avortement au-delà de la dixième semaine.

La commission demande l’abrogation de l’article 317 du code pénal. On ne peut en effet régler ce grave problème par une loi répressive. L’expérience des pays qui interdisent ou répriment l’avortement, tout comme celle des pays qui l’autorisent, démontre l’absence de répercussions directes et durables sur la démographie.

Notre troisième souci est d’éviter la complication des démarches, non pas dans un but d’incitation – demain comme aujourd’hui, l’avortement restera un acte grave, un recours ultime – mais pour éviter au maximum l’avortement clandestin.

Or, certaines formalités ou démarches, aisées pour les femmes d’une certaine catégorie constituent un obstacle insurmontable pour d’autres, les très jeunes filles, les femmes immigrées, les femmes des milieux les plus pauvres.

Enfin, le projet ne souffle mot des moyens mis à la disposition des hôpitaux. Etant donné l’infrastructure hospitalière actuelle, comment sera rendu possible l’accueil des femmes qui demanderont une interruption de grossesse ?

Comment éviter, si des moyens ne sont pas donnés à l’hospitalisation publique, qui en manque déjà tant, que ne se crée un réseau fructueux d’établissements privés n’effectuant que des avortements ?

Ce problème important n’est pas sans inquiéter les femmes et tous ceux qui s’intéressent à la santé, notamment les personnels hospitaliers.

Voilà dans quel sens nous agirons pour amender le projet gouvernemental dont il convient de reculer les limites, notre objectif – je le répète – étant de tout faire pour en terminer avec une situation douloureuse pour des milliers de femmes dans notre pays et inadmissible aux yeux de l’opinion publique.

Le choix pour les femmes et les couples n’en sera pas pour autant règlé.

Le groupe communiste fonde son attitude sur la reconnaissance de la liberté de décision de la femme et du couple, en correspondance avec leurs convictions philosophiques ou religieuses – le droit ne veut pas dire obligation – sur l’esprit de responsabilité et l’intérêt national. Nous sommes pour le droit des femmes et des couples de choisir librement le nombre et le moment des naissances.

Cette position implique, outre la libéralisation nécessaire du texte de loi sur l’interruption volontaire de grossesse, la propagation de l’éducation sexuelle, le développement de la contraception – afin que l’avortement soit effectivement l’ultime recours – et, surtout, la promotion effective de mesures sociales en faveur des femmes et des familles, à commencer par l’augmentation de 30 p. 100 des allocations familiales.

Dans ce domaine, l’imagination et la bonne volonté ne sauraient suffire. Elles ne donneront aucun résultat si des moyens adéquats ne les accompagnent pas. En dépit du bruit qui l’a entourée, la création du secrétariat à la condition féminine n’a fait entrer dans la vie aucune mesure favorable aux femmes. Pas un sou dans le budget de 1975 n’est destiné à financer les promesses faites !

Nous avons, nous communistes, déposé 84 propositions de loi en faveur des femmes et de la famille ; le rapport de la commission des affaires culturelles en mentionne d’ailleurs quelques-unes. Nous les avons regroupées dans une proposition de loi-cadre dont nous souhaiterions que le Parlement débatte. L’application de ce texte apporterait immédiatement des avantages aux femmes et engagerait, avec leur participation, une transformation de la condition féminine.

Cette transformation implique un changement profond de politique. Elle exige que la société soit libérée de la loi du profit, de la domination qu’exercent sur toute la vie du pays les sociétés industrielles et financières qui tirent avantage de la situation d’inégalité faite aux femmes, détournent à leur profit les ressources de la collectivité nationale au lieu de construire les équipements sociaux nécessaires à la promotion d’une véritable politique sociale et empêchent, pour des raisons financières et de principe, la large diffusion des moyens permettant aux couples de maîtriser leur fécondité.

Ce ne sont donc pas les hommes en général, comme voudrait le faire croire le Gouvernement, qui sont responsables des inégalités dont sont victimes les femmes ; ces inégalités trouvent leurs racines dans les rapports sociaux. De même, l’avortement, qui concerne directement les femmes, n’est pas exclusivement une affaire de femmes contre les hommes, à l’Assemblée comme dans le pays.

L’action que, depuis de longues années, les députés communistes – hommes et femmes – ont menée en faveur des droits des familles et de la libéralisation de l’avortement a incontestablement contribué à la discussion d’aujourd’hui.

Les femmes veulent conquérir leur égalité dans le travail, la famille, la société, avoir le temps et les moyens de vivre et d’élever décemment leurs enfants, participer aux choix qui les concernent. Tout cela suppose un changement profond de politique, faisant cesser la domination de l’argent sur la société par le moyen de la nationalisation des secteurs-clés de l’économie. C’est en mettant au service du peuple les richesses produites par le travail et le progrès des sciences qu’on pourra en finir avec la misère, la gêne, l’insécurité du lendemain et l’ignorance. Cette politique correspond à l’intérêt national.

Le programme commun de gouvernement se fixe d’entreprendre cette grande tâche. Sa mise en œuvre transformera la condition féminine. Le programme commun créera pour les femmes les conditions nécessaires à l’un des choix les plus fondamentaux, celui de donner la vie.

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1 décembre 2014 1 01 /12 /décembre /2014 16:56
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1 décembre 2014 1 01 /12 /décembre /2014 12:36
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1 décembre 2014 1 01 /12 /décembre /2014 11:28

À rebours du discours « social », l’austérité municipale version FN

GRÉGORY MARIN

JEUDI, 27 NOVEMBRE, 2014

À Hayange (Moselle), Fabien Engelmann, n’aime pas la danse orientale.

Photo : Jean-Christophe Verhaegen/AFP

Le Front national a beau tenter, sous l’impulsion de Marine Le Pen, de détourner à son profit le malaise social en se proclamant contre l’austérité, l’analyse des décisions budgétaires locales de ses élus prouve le peu de cas qu’ils font des « oubliés » placés malgré eux sous leur administration.

Ce week-end, le Front national a tenu son congrès à Lyon sur fond d’opération de « banalisation » du parti, largement relayée dans les grands médias. Marine Le Pen, qui a désormais pour objectif de transformer le FN en machine électorale, a été reconduite sans difficulté. Marion Maréchal-Le Pen a quant à elle intégrée la direction, verouillant pour des années la mainmise de la « marque » Le Pen sur l’entreprise familiale, et préparant la succession. La stratégie nationale du parti d’extrême droite impulsée par sa présidente, mélange d’exaltation de l’autorité, d’une France réinscrite dans un roman national fantasmé et de détournement d’un vocabulaire de gauche à fin de brouillage idéologique, a de nouveau été validée par les militants.

La reprise sur France Culture, de l’expression marxiste « armée de réserve du capitalisme » par le vice-président du parti, Florian Philippot, en est une preuve, notamment parce qu’il l’employait à propos… de l’immigration, ce « projet du grand patronat », dénonce-t-il, qui « tire vers le bas les salaires ». Pour draguer les classes populaires qui subissent la crise de plein fouet, le Front national organise la concurrence entre pauvres et moins pauvres, entre travailleurs français et immigrés, sans remettre en cause la domination du capital sur la vie quotidienne des « oubliés » qu’il prétend défendre.

La promotion des « nouveaux visages » du FN, élus lors des dernières municipales, est devenue un élément incontournable de la communication du parti. Il a d’abord fallu faire oublier la gestion calamiteuse des années 1995-2001, sur laquelle les journalistes n’interrogent plus que rarement les lepénistes, puis minimiser ou ignorer les erreurs grossières dont sont coutumiers les élus locaux. Car rien ne doit venir entraver la marche au pouvoir de Marine Le Pen, « seul candidat (sic) susceptible de gagner la prochaine élection présidentielle », selon son conseiller Bertrand Dutheil de La Rochère. Sans attendre la campagne présidentielle de 2017,l’Humanité s’est penchée sur les politiques frontistes menées sur le terrain local. Qu’ils ne soient « pas prêts à gouverner », comme le dénoncent leurs adversaires, ou que leur gestion politique les amène à renier une grande partie de leurs promesses électorales, au premier rang desquelles la lutte contre l’austérité, les cadres du FN contredisent au quotidien l’affichage « social » du parti. Derrière les vitrines qui servent la communication du parti, du Nord au Sud, à Fréjus, Beaucaire, Cogolin, Mantes-la-Ville, Villers-Cotterêts, etc., se lisent d’autres orientations, antisociales et austéritaires.

De la gestion frontiste dans les villes conquises en mars dernier, on n’a retenu que l’écume : « rétablissement du porc dans les cantines », d’où il n’avait pas disparu, à Camaret-sur-Aigues (Vaucluse), interdiction de danses orientales à Hayange (Moselle), baptême d’un parking au nom de l’antisémite Maurice Barrès à Cogolin (Var), embauche de cadres « identitaires » à Béziers (Hérault) ou Beaucaire (Gard), refus de commémorer l’abolition de l’esclavage à Villers-Cotterêts (Aisne). Mais c’est dans les domaines du social et des finances locales que se lit la cohérence programmatique du FN, à rebours de l’image pseudo-sociale cultivée publiquement.

Les centres sociaux et les associations au pain sec

Premières victimes des mairies frontistes ou du Rassemblement bleu Marine : les centres sociaux. Maire du 7e secteur de Marseille, le frontiste Stéphane Ravier a fait voter dès juin l’arrêt des subventions au centre social. Tout comme à Fréjus (Var), où le sénateur maire David Rachline a coupé celles du « centre socialiste » du quartier populaire de la Villeneuve, qu’il accusait sur Twitter de « détournement d’argent public ». Celui de la Gabelle, seul accès public à l’informatique pour les démarches administratives, la recherche d’emploi, etc., a vu la sienne gravement amputée. Même politique à l’œuvre à Béziers, où le maire, Robert Ménard, revendique le soutien du FN. Le parti l’a inclus dans son document « Communes Front national, promesses tenues… Ce que les médias ne vous diront pas ». Ici, la réduction du budget des centres sociaux atteint les 20 %, ciblant prioritairement le quartier défavorisé à forte population d’origine immigrée de la Devèze. Mais ces décisions, catastrophiques pour le lien social et la solidarité, ne sont pas les seuls champs d’expérimentation ouverts par l’extrême droite municipale. La gestion locale du tissu associatif participe d’une vision utilitariste développée par l’extrême droite. À la rubrique « lutter contre les gaspillages et les privilèges » (sic), le document « Promesses tenues » du RBM préconise des « réévaluations (des subventions aux associations – NDLR) en fonction du mérite ».

À Beaucaire (Gard), Julien Sanchez s’en prend aux enseignants.

Photo : Bertrand Langlois/AFP

À Beaucaire, le maire, Julien Sanchez, traduisait, en début de mandat : « On ne va pas couper dans les subventions des associations cette année, mais on évaluera pour donner à celles qui méritent l’an prochain. » En attendant, il a voté 2 000 euros d’augmentation à deux associations « méritantes », donc, qui luttent « pour la cause animale », et nommé un « conseiller municipal délégué aux animaux de compagnie »… Une manière de caresser son électorat dans le sens du poil.

Sur le fond, une logique similaire à celle des gouvernements libéraux

D’autres administrés ont moins de chance d’être soutenus par leurs édiles. La mairie frontiste du Pontet (Vaucluse), en quête d’« économies », rogne sur l’aide sociale apportée aux familles qui peinent à payer l’inscription des enfants à la cantine. Depuis septembre, fini les repas subventionnés pour les plus démunis : il faut « responsabiliser les parents d’élèves pour leur montrer que tout n’est pas gratuit ». Une mesure qui ne fera économiser que 30 000 euros à la commune, sur un budget de 50 millions d’euros. Même punition à l’autre bout de la France, à Villers-Cotterêts (Aisne). Franck Briffaut a mis fin à la cantine pour les enfants de chômeurs : « Une personne au RSA peut venir chercher son enfant à l’école car elle ne travaille pas », plaide-t-il… à moins de payer 152 euros de plus par an. Là aussi, la décision ne produira que peu de résultats, avoue le maire, mais il s’agit avant tout de lutter contre « l’assistanat ». Dans son programme présidentiel, Marine Le Pen estimait que les logements sociaux devaient être réservés aux Français, et à la limite, sous conditions, à certains étrangers en situation régulière. Application à la lettre dans le « secteur bleu Marine de Marseille » (dixit le document « Promesses tenues »). Si Stéphane Ravier vote systématiquement, comme la plupart des élus frontistes de France, contre tous les projets de logements sociaux et de rénovation urbaine, c’est qu’il ne veut pas que « l’on déverse des millions d’euros vers ces quartiers en nous faisant croire que cela va changer la nature de celles et ceux qui y habitent ». Voyez-vous, il n’y a « pas beaucoup de Scandinaves dans nos quartiers ».

À l’entendre, Marine Le Pen aurait converti le FN à la lutte contre l’austérité. À y regarder de plus près, le parti s’inscrit dans une logique similaire à celle des gouvernements libéraux ou sociolibéraux. Ainsi, à Beaucaire, le maire a-t-il mis fin à la « surcharge salariale » de 40 000 euros que représentaient… les contractuels de l’été. Et tant pis pour les centres de loisirs. À Mantes-la-Ville, ce sont les contrats jeunes qui ne sont pas reconduits. À Villers-Cotterêts, la municipalité applique le non-remplacement des employés partis à la retraite, et vend des « biens communaux » pour équilibrer son budget. Dans le même temps, les maires de Cogolin et du Luc (Var) ont augmenté leurs indemnités de 15 %. Et si celui du Pontet figure dans le document « Promesses tenues » comme ayant « réduit ses avantages », c’est que le tribunal administratif a refusé l’augmentation de 44 % qu’il s’était octroyée. Au Front national, de « préférence », l’austérité, c’est pour les autres.

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1 décembre 2014 1 01 /12 /décembre /2014 09:26

Ce que le Medef cache aux Français

PIERRE IVORRA

LUNDI, 1 DÉCEMBRE, 2014

PHILIPPE HUGUEN / AFP

La semaine d’action de l’organisation patronale commence ce lundi. Elle vise à créer un écran de fumée sur les difficultés de PME étranglées par les groupes du CAC 40 qui ponctionnent toujours plus de richesses sur le dos de l’emploi et des salaires.

Ce n’est pas le Medef qui vous l’apprendra cette ­semaine, il va pleurer misère avec une semaine d’action pour dire la « souffrance des patrons ». Mais, en cette année 2014, la France serait en tête de gondole au rayon du fric-frac. Elle serait le plus important payeur de dividendes en Europe, hors Royaume-Uni, selon l’indice du cabinet anglo-saxon Henderson. Ce dernier évalue le total de la rémunération des actionnaires à 40,7 milliards de dollars rien qu’au ­deuxième trimestre, en hausse de 30 % par rapport à 2013. De source officielle, du côté des cadors du capital, au cours du premier semestre 2014, les grands groupes du CAC 40 ont engrangé 31,4 milliards d’euros de bénéfices. Près des deux tiers du budget annuel de l’éducation nationale en seulement six mois ! Ce résultat paraît étonnant. En effet, le tassement de la demande en France a pour conséquence d’écraser l’activité et de contribuer fortement à la dégradation des résultats de microentreprises et PME. ­Comment les grands groupes du CAC 40 font-ils pour tirer leur épingle du jeu et dégager, eux, des résultats en progression (voir graphique) ? Ils font leur pelote grâce d’abord à leur redéploiement ailleurs que dans cette Europe plombée par l’austérité. En 2011, selon des données de l’Insee, les multinationales sous contrôle français réalisaient 52 % de leur chiffre d’affaires dans leurs filiales étrangères et y employaient plus de la moitié de leurs effectifs.

Une caste accumule les capitaux en appauvrissant le pays

Sur le territoire national, les grands groupes français ont une rentabilité très au-dessus des autres entreprises. Avec seulement 34 % de l’emploi, ils réalisent 40 % de la richesse créée par les entreprises, et la moitié des profits bruts. Des données qui ne sont pas made in Medef mais tirées d’études de l’Insee. Cette profitabilité, ils l’obtiennent à la fois en pratiquant des politiques salariales restrictives, en sabrant l’emploi, mais aussi en spéculant et en étranglant les PME sous-traitantes. Une caste de grands patrons tient les rênes de l’économie, accumule des masses énormes de capitaux, s’enrichit à bon compte en appauvrissant le pays et ses habitants. En cette année 2014, le nombre de milliardaires en France est passé en un an de 55 à 67, selon la revue Challenges. Le montant total des 500 premiers patrimoines professionnels français aurait augmenté de 15 % en un an, pour atteindre 390 milliards d’euros. Leurs ressources sont à l’identique. Comme nous l’avons révélé dans l’Humanité, la moyenne des revenus imposables des 10 % de ménages fiscaux résidant dans le quartier de la Muette, dans le 16e arrondissement de Paris, l’un des quartiers où la grande bourgeoisie française a établi son ghetto, s’élève à 19 946 euros par mois. Ceux du quartier Saint-James, à Neuilly, où habite la première fortune française, Liliane Bettencourt, propriétaire de L’Oréal, disposent, eux, en moyenne, de 28 727 euros par mois, soit l’équivalent de 25 Smic net !

Le renouvellement de l’appareil productif sacrifié

Ce pillage a sa source dans l’entreprise. Selon l’Insee, dans les sociétés non financières, les revenus de la propriété versés à des particuliers et à d’autres entreprises représentaient, en 2013, l’équivalent du quart de leur valeur ajoutée, contre 16,3 % pour les cotisations sociales. Au fil des années, ces revenus ont gonflé, gonflé… constituant 15,8 % de la valeur ajoutée des entreprises en 1981, 18,5 % en 1990, 23,8 % en 2000 et donc 24,8 % en 2013. Ces revenus de la propriété prélevés sur les entreprises s’élèvent à 265 milliards d’euros en 2013, ils se décomposent essentiellement en dividendes, en charges d’intérêts payés aux banques. Ils sont supérieurs aux dépenses d’investissements matériels de ces mêmes entreprises non financières (241 milliards d’euros en 2013). On consacre plus d’argent pour payer les actionnaires que pour renouveler l’appareil productif, le rendre plus efficace ! Là encore, le Medef et son président « bidonnent ». À les entendre, pour investir et embaucher, il faudrait donner plus de marges au capital, mais l’histoire récente dément une telle affirmation. Sous les coups de butoir de la politique de rigueur conduite par les gouvernements socialistes, puis ceux de la droite dans les années 1985 et 1990, la part des salaires dans la richesse créée par les sociétés non financières (SNF) est tombée de 73,3 %, en 1981, à 70,3 %, en 1985, 62,6 % en 1998. Cela n’a pas pour autant permis de booster l’investissement, qui lui aussi a piqué du nez, passant d’environ 22 % de la valeur ajoutée des SNF, dans les années 1970-1980, à un petit 20 % dans les années suivantes. Le redressement du taux de marge a en fait servi à augmenter les ­dividendes des actionnaires. Cet enrichissement a un effet terriblement pervers, le capital grossit, mais plus il grossit, plus il réclame rémunération, cela d’autant que les taux de rentabilité élevés obtenus dans les opérations spéculatives imposent leur diktat aux activités productives qui s’efforcent de se hisser à leur niveau en utilisant les nouvelles technologies contre la croissance, l’emploi, les salaires, le développement humain et l’environnement. Deux exemples le montrent. Fin décembre 2007, avant le krach financier de 2008, l’action Renault valait 98 euros. Après le krach, elle est tombée à 11,52 euros, puis elle est remontée. Actuellement, elle est à 64,52 euros. Comment la direction du groupe a-t-elle fait pour regonfler le cours ? En relançant la distribution de dividendes. Zéro dividende en 2009 et 2010, 0,30 euro par action en 2011, 1,16 euro en 2012, 1,72 euro en 2013 et 2014. Ce « décollage » s’est effectué contre l’emploi, en France particulièrement. En 2013, par rapport à 2012, les effectifs mondiaux du groupe ont diminué de 5 279 personnes, soit 4,2 %. Les effectifs français ont diminué de 4 653 personnes, soit de 8,7 %. C’est dire que 88 % des réductions de postes dans le groupe ont été réalisées dans les sites hexagonaux. En 2013, Sanofi a perçu 11,5 millions d’euros au titre du crédit d’impôt pour la compétitivité et l’emploi, et près de 125,7 millions d’euros en crédit d’impôt recherche. La même année, le groupe a supprimé près de 600 emplois en France. Entre 2009 et 2014, 4 800 emplois ont été supprimés en France. Durant la même période, le dividende par action est passé de 0,66 euro à 2,81 euros et le rendement du titre (ratio dividende-cours) de 0,79 % à 3,63 %. Au niveau des entreprises, en France pour un PIB qui a progressé de 5,3 % entre mars 2009 et mars 2014, l’indice CAC 40, qui mesure l’évolution de la valeur des actions des grands groupes français, c’est-à-dire le capital accumulé de ces sociétés, a augmenté de 71,1 %. On constate une même enflure des dettes publiques. En France, pour un PIB en progression de 8,6 % entre 2007 et 2013, on a une dette ­publique en hausse de 57,7 %. Or, si pour le contribuable français celle-ci représente un coût, pour les banques et les compagnies d’assurances qui achètent ces titres de dette, c’est une source de rapport. Les charges d’intérêts payées par les finances publiques représentent 48,5 milliards d’euros, soit un peu plus que le budget de ­l’éducation nationale. Avec la même dette, mais un taux proche de 0 %, cette charge d’intérêts disparaîtrait quasiment, générant un ballon d’oxygène. Le contraste est saisissant : des masses énormes de capitaux sont accumulés, des profits considérables sont dégagés et, par ailleurs, le nombre de chômeurs ne cesse de progresser. Le niveau de vie est en recul. Selon les données de l’Insee, de 2009 à 2012 son niveau médian est passé de 1 680 euros à 1 645 euros. Comment mettre un terme à cette hémorragie ? En faisant reculer cette emprise de la finance. En ­impulsant d’autres critères de financement et de développement des ­activités que ceux fondés sur l’accumulation d’argent.

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1 décembre 2014 1 01 /12 /décembre /2014 09:23

Obama envoie pour 82 millions $ d'armes à Israël (Smart bombs)

29 NOVEMBRE 2014 | PAR STEPHANE M.

Les Etats-Unis vont envoyer 3000 nouvelles bombes intelligentes à Israël, semblables à celles utilisées contre la Bande de Gaza lors de la récente attaque, a rapporté le Ha'aretz. L'information n'a pas encore été annoncée sur le site du Département d'état américain.

D'après le quotidien israélien, les nouvelles bombes américaines incluront les J-Dam (Joint Direct Attack Munitions), qui disposent d'un guidage par GPS pour préciser les cibles.

Les bombes intelligentes coutent 82 millions de dollars et sont fabriquées par Boeing.

Israël ne paie pas ce genre de livraison d'armes, d'après le Ha'aretz cité par le journal palestinien Al-Resalah ; les sommes sont déduites de l'aide financière annuelle que l'Amérique verse à Tel Aviv depuis la signature des accords de Camp David.

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30 novembre 2014 7 30 /11 /novembre /2014 18:18
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BRUNO FORNACIARI

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