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12 novembre 2014 3 12 /11 /novembre /2014 22:20
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12 novembre 2014 3 12 /11 /novembre /2014 12:16
Vigilance extrême sur la réforme territoriale !

Posté le 12 novembre 20143 Réactions

Plus le débat parlementaire sur la contre-réforme territoriale avance, plus il donne l’impression désolante de tourner en rond. Finalement, les sénateurs ont maintenu, le 30 octobre, une carte de la France à 15 régions rétablissant contre l’avis du gouvernement l’autonomie de l’Alsace, du Languedoc-Roussillon et de Midi-Pyrénées.

La droite qui dans l’opposition, n’avait que des mots durs contre le projet de loi du gouvernement, n’y trouve presque plus rien à redire depuis qu’elle a pris la tête de la haute assemblée. La ligne libérale de ce projet de loi leur sied en réalité parfaitement. Cela en dit long sur les faux semblants et les postures qui minent la représentation démocratique.

En première lecture, sous présidence socialiste, elle avait refusé de redécouper les régions avant que ne soient définies leurs compétences et leurs moyens. Elle réclamait aussi un référendum ! Elle se contente aujourd’hui de négocier quelques limites géographiques.

La question des limites géographiques obère complètement l’essentiel des enjeux de ce projet de loi qui vise, rappelons-le, pas moins que de redéfinir en profondeur l’architecture républicaine. C’est dire le poids des intérêts locaux où chacun essaie de tirer son épingle d’un jeu devenu grotesque.

Mais c’est aussi le signe que cette réforme, tant dans ses objectifs que dans la manière dont elle est menée, pousse au repli sur des identités régionales et locales au détriment du bien collectif constitutionnellement garanti par nos institutions républicaines.

Car, au fond, le débat sur une réforme de l’organisation territoriale devrait avoir comme boussole d’améliorer, de revivifier la République et ses principes de souveraineté populaire et de renforcer le socle de cohésion sociale et territoriale.

Le projet gouvernemental est tout autre et c’est bien au cœur de sa philosophie qu’il faut s’attaquer.

Le débat sur l’organisation de la République est aussi vieux qu’elle. Le gouvernement nous donne l’impression d’organiser la revanche de la Gironde sur la Montagne, de ressusciter les débats de la Révolution Française pourtant tranchés une première fois en 1793 en faveur de l’indivisibilité de la République, inscrite depuis dans le marbre constitutionnel. Oui, en France, la République est une et indivisible. Contrairement, à l’Allemagne, à l’Italie, à l’Espagne, au Royaume-Uni. C’est le fruit de son histoire passionnée, populaire, accompagnée de nombreux progrès pour chacune et chacun de ses citoyens.

Avec ce projet de loi, l’Etat prévoit donc de délaisser ses compétences au profit de « méga régions » recommandées par l’Union européenne pour satisfaire aux besoins insatiables de la guerre économique et des commis de la finance. On demande donc à ces régions de montrer du muscle face aux länder allemands, aux régions espagnoles mais aussi, face à leurs voisines françaises.

Il en va de même des métropoles, construites sur le modèle en vigueur dans les pays où le néolibéralisme tient le haut du pavé, et qui, fortes de leurs places boursières, cherchent une place au soleil sur le grand échiquier de la mondialisation capitaliste, en regardant avec dédain les territoires ruraux et les zones en difficultés qui les entourent. S’entêter dans cette direction, c’est méconnaître la géographie française émaillée de villes moyennes, préfectures et sous-préfectures, dont le développement a été encouragé par le fait départemental depuis la naissance de la République.

Quand une des nouvelles régions aura gagné ses galons de « super-compétitive », et forte de ses nouvelles compétences, quels comptes aura-t-elle à rendre à la Nation, aux individus et aux territoires qui la composent dans sa diversité ?

A ces « méga-régions » et à ces métropoles, tenteront de se raccrocher, autant que faire se peut, les territoires ruraux promis à la désertification et parsemés de complexes agro-alimentaires dévoreurs d’activité paysanne et générateurs de malbouffe. Le département rural, dont la survie a été arrachée après moult revirements, fera piètre contrepoint aux départements urbains et aux métropoles. D’autant que la question de ses ressources budgétaires reste dans les limbes du débat quand on sait qu’elles reposent en grande partie sur la péréquation des droits de mutation tirés des départements urbains qui, eux, vont disparaître à coup sûr à courte échéance.

Au fond, cette ambition fédéraliste sert de prétexte pour faire entrer l’austérité aux forceps dans l’organisation territoriale de la République : suppression de nombreux départements, réduction du nombre de régions, et, surtout, mort programmée du fait communal, tout cela, se fait au nom d’économies à réaliser sur la bête, la bête n’étant rein de moins que la Nation, les politiques sociales mises en œuvre en son sein, et les nombreuses assemblées délibératives qui sont autant de relais des aspirations populaires.

L’absence d’éclairage sur les ressources budgétaires des nouveaux échelons ne fait que renforcer cette appréhension. Que devient l’aide sociale, prérogative départementale et part essentiel du budget des Conseils généraux? A travers les attaques contre le département, ce sont ses compétences qui sont attaquées ; compétences pour l’essentiel sociales qui risquent fort de faire les frais des objectifs de réduction des crédits publics.

Une réforme pour une République une et indivisible, dont l’organisation est décentralisée, visant au dépassement et à l’amélioration de nos conquêtes républicaines, aurait du commencer par un large débat sur les compétences, en définissant les moyens humains et financiers pour y répondre, et finir par la fixation des limites géographiques.

Nous avons donc bien affaire à une bataille idéologique qui touche aux fondements mêmes de l’identité républicaine et aux velléités dominatrices du capital et des puissances d’argent sur le bien public.

Il est inacceptable qu’une réforme de l’organisation républicaine se fasse en vase clos comme aujourd’hui. Elle doit faire l’objet d’un débat public, au grand jour, et ne se réaliser qu’au travers de la volonté de donner vie, force et sens au triptyque « Liberté, Egalité, Fraternité ».

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12 novembre 2014 3 12 /11 /novembre /2014 11:22

La guerre totale contre les BRICS est amorcée !

Mardi, 11 Novembre 2014 par Pepe Escobar, Tlaxcala/La Pluma

Attachez votre ceinture : la guerre de l’information déjà lancée contre la Russie devrait s’étendre au Brésil, à l’Inde et à la Chine.

15 juillet 2014 : Les dirigeants du groupe des BRICS réunis à Fortaleza, au Brésil (de gauche à droite) : le président russe Vladimir Poutine, le Premier ministre indien Narendra Modi, la présidente brésilienne Dilma Rousseff, le président chinois Xi Jinping et le président sud-africain Jacob Zuma. (RIA Novosti)

Il est maintenant de notoriété publique que le Brésil, la Russie, l’Inde et la Chine sont les quatre puissances émergentes à l’origine du groupe des BRICS, qui comprend aussi l’Afrique du Sud et qui accueillera dans un proche avenir d’autres pays du Grand Sud. Les BRICS sont cordialement détestés par Washington et son royaume du baratin peuplé de groupes de réflexion, car ils incarnent les efforts menés de concert dans le Grand Sud pour parvenir à un monde multipolaire.

On pourrait miser quelques bouteilles de champagne de Crimée que les USA répondront à ces efforts par une sorte de guerre de l’information totale, dont la nature ne sera pas très différente du Système de veille totale mis en place par la NSA, cet État occulte, et qui constitue un élément crucial de la doctrine de domination tous azimuts du Pentagone [1]. Les BRICS sont perçus comme une menace sérieuse. Pour la contrer, une domination des réseaux de l’information s’impose.

Vladimir Davydov, le directeur de l’Institut de l’Amérique latine à l’Académie des sciences de Russie, a visé juste quand il a fait remarquer que « la situation actuelle indique qu’il y a des tentatives de museler non seulement la Russie, mais aussi les BRICS, étant donné le rôle accru de cette association dans le monde ».

La diabolisation de la Russie s’est rapidement intensifiée aux USA avec l’imposition de sanctions liées à l’Ukraine, quand Poutine est devenu le nouvel Hitler et qu’on a ressorti des boules à mites [2] de la Guerre froide cette bonne vieille crainte que les Russes arrivent.

Dans le cas du Brésil, la guerre de l’information a déjà commencé bien avant la réélection de la présidente Dilma Rousseff. Wall Street et la bougeoisie comprador* locale ont tout fait pour faire couler ce qu’ils appellent une économie étatiste, en diabolisant personnellement Delma au passage.

Il n’est pas exagéré d’affirmer que des sanctions pourraient être imposées à la Chine dans un proche avenir en raison de sa position agressive dans la mer de Chine méridionale, à Hong Kong ou au Tibet ; à l’Inde par rapport au Cachemire ; et au Brésil pour cause de violations des droits de la personne ou de déforestation excessive. Officieusement, des diplomates indiens craignent que le premier pays des BRICS à céder aux pressions sera l’Inde.

Comme les BRICS sont de facto les briques servant à la construction d’un système mondial plus démocratique et inclusif au chapitre des relations internationales et sur le plan financier (il n’y en a pas d’autres), les pays membres semblent maintenir leur vigilance. Sans quoi ils seront mis KO l’un après l’autre.

Georgy Toloraya, le directeur exécutif du Comité national pour l’Étude des BRICS en Russie, fait remarquer que « de plus en plus de communications ont cours aujourd’hui par l’entremise des canaux des BRICS ».

Les Brésiliens, par exemple, s’intéressent vivement à la coopération en matière d’investissement. La Banque de développement des BRICS deviendra réalité en 2015. Une équipe russe prépare aussi un rapport détaillé sur les perspectives d’avenir de la coopération des BRICS, qui sera examiné en profondeur à Beijing la semaine prochaine, en marge du sommet de l’APEC (Coopération économique Asie-Pacifique).

Après la guerre de l’énergie, la guerre des devises

Le nouveau choc pétrolier saoudien [3], qui a reçu le feu vert de l’administration Obama, a tout d’une offensive digne du système de veille totale portée contre les BRICS, dont les principaux membres visés sont la Russie et le Brésil.

Plus de 50 % des revenus prévus au budget de la Russie proviennent du pétrole et du gaz naturel. Chaque baisse de 10 $ du prix du baril de pétrole équivaut pour la Russie à un manque à gagner pouvant atteindre 14,6 milliards de dollars par an. Cette perte pourrait être compensée quelque peu par la faiblesse du rouble, qui a perdu 25 % de sa valeur par rapport au dollar US depuis le début de 2014. La Russie dispose encore d’une réserve d’environ 450 milliards de dollars. L’on s’attend toutefois à une faible croissance de l’économie russe en 2015, de l’ordre de 0,5 % à 2 %.

Chaque fois que les prix du pétrole brut reculent d’un dollar, Petrobras, la plus grande société du Brésil, perd plus de 900 millions de dollars. Si les prix se maintiennent aux niveaux actuels, Petrobras perdra quelque 14 milliards de dollars par année. La chute des prix entrave donc l’expansion à long terme de Petrobas et sa capacité à financer de nouveaux projets d’infrastructure et d’exploration liés à ses précieux gisements de pétrole pré‑salifère. Petrobras était une cible de choix pendant la campagne de diabolisation de Roussef.

L’Iran ne fait pas partie des BRICS, mais tout comme ses membres, il favorise l’émergence d’un monde multipolaire. Pour que l’Iran atteigne l’équilibre budgétaire, le prix du baril de pétrole doit s’établir à 136 $. La conclusion d’un accord sur le nucléaire avec les pays du P5+1 dans trois semaines (le 24 novembre) pourrait entraîner un allègement des sanctions (du moins en Europe) et permettre à l’Iran de stimuler ses exportations de pétrole. Téhéran ne se fait toutefois pas d’illusions sur la façon dont la manipulation des prix du pétrole a été manigancée pour déstabiliser davantage l’économie de l’Iran et affaiblir sa position dans le cadre des négociations sur le nucléaire.

Sur le front économique, le système de veille totale se manifeste par la mise au rancart, par la Réserve fédérale des États-Unis, de son programme d’assouplissement quantitatif. Résultat : la montée du dollar US se poursuivra et cette devise sera moins présente sur les marchés émergents. L’article de Xinhua indiqué en note [4] a bien cerné la question.

Le dollar US et le yuan sont en fait liés. Lorsque le dollar est à la hausse, le yuan l’est aussi. Sauf que l’économie chinoise en souffre. Ce qui inquiète Beijing, c’est que l’industrie chinoise de la fabrication pourrait devenir trop coûteuse dans bien des secteurs commerciaux où les marges de profits sont déjà très minces.

Ce qui va sûrement se produire, c’est que la Banque centrale de Chine va arranger une chute contrôlée du yuan, tout en mettant en place des mécanismes pour lutter contre la sortie de capitaux fébriles, notamment vers Hong Kong.

La Chine pourrait être relativement épargnée des effets de la levée du programme d’assouplissement quantitatif. Sauf que personne en Asie n’a oublié la crise financière de 1997, qui a débordé jusqu’en Russie en 1998. Seuls les intérêts des grandes sociétés américaines et l’hégémonie de Washington en sont sortis gagnants.

Ça ne tiendra pas

La diabolisation des BRICS va continuer sans relâche à divers degrés, en étant principalement axée sur la Russie qui, soit dit en passant, va déclencher la Troisième Guerre mondiale. Pourquoi ? Parce que les Américains l’ont dit.

La plus récente pièce à conviction concerne le service du renseignement du ministère de la Défense danois (DDIS), qui a révélé la semaine dernière que la Russie a simulé une attaque avec des avions de chasse et des missiles sur l’île de Bornholm en juin.

Le DDIS n’a divulgué aucun détail concret au sujet de l’attaque simulée. Il a toutefois souligné qu’il s’agissait de l’exercice militaire russe le plus imposant sur la mer Baltique depuis 1991. Le DDIS a publié son évaluation du risque pour 2014 [5], qui prévoit que « dans les prochaines années, il est fort probable que la situation dans l’est de l’Ukraine se transformera en nouveau conflit larvé en Europe ».

Les Danois sont toutefois très clairs : « Rien n’indique que la Russie constitue davantage une menace militaire directe contre le territoire danois ». Ce qui n’a pas mis fin au baratin des responsables militaires des USA voulant que la Russie s’apprête à lancer la Troisième Guerre mondiale.

Absolument rien n’indique que Washington est disposé à même discuter de la possibilité de modifier le système mondial actuel en faveur d’une gestion plus démocratisée, comme le propose la théorie d’Immanuel Wallerstein [6]. Le prochain sommet du G20 en Australie en sera une nouvelle fois l’illustration très claire.

La réalité, c’est que le système, qui est de plus en plus fragmenté, penche inexorablement vers un point de rupture catastrophique. Le système de veille totale, avec ses acolytes et ses circonvolutions, n’est qu’une stratégie désespérée visant à retarder l’inéluctable décadence. En définitive, Wallerstein a bien raison. Le monde de l’après-guerre froide va demeurer extrêmement volatile.

Notes

*La bourgeoisie comprador désigne la classe bourgeoise qui, dans les pays dominés, tire sa richesse de sa position d'intermédiaire dans le commerce avec les impérialismes étrangers, par opposition aux bourgeois ayants des intérêts dans le développement de l'économie nationale. (wikirouge)

[1] Joint Vision 2020 Emphasizes Full-spectrum Dominance, U.S. Department of Defense, 02-06-2000

[2] Sortir des boules à mites, Wiktionnaire

[3] La guerre du pétrole des Saoudiens contre la Russie, l’Iran et les USA, Le Saker francophone, 17-10-2014

[4] U.S. QE exit to put further pressure on China’s slowing economy, Xinhua, 30-10-2014

[5] The DDIS Intelligence Risk Assessment 2014, Danish Defence Intelligence Service, 20-10-2014

[6] Immanuel Wallerstein est un philosophe et sociologue américain, référence du mouvement altermondialiste (Wikipedia, français). Lire aussi Le capitalisme est proche de sa fin. La suite ? Porto Alegre ou Davos, interview parue sur humanite.fr, 31-07-2013

Pepe Escobar Пепе Эскобар

Original: It’s now total war against the BRICS
Traduit par Daniel
Source : Tlaxcala, le 10 de noviembre de 2014
http://www.tlaxcala-int.org/article.asp?reference=13876
Tags:BRICS USA Guerre De Lénergie Guerre Des Devises Nouvelle Guerre Froide

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11 novembre 2014 2 11 /11 /novembre /2014 15:07

Démission de Jacques Rigaudiat du PG

18 JUIN 2012 | PAR SERGE MARQUIS


Comme je m'astreins à éclairer les débats, les enjeux et les pratiques politiques, je fais donc écho une fois de plus à une démission du Parti de gauche.

Il s'agit de la démission aujourd'hui de Jacques Rigaudiat, qui avait publié en mai 2011 un texte prémonitoire interpellant le PG sur son orientation "néo-gauchiste" (voir le fichier attaché).

Je vous conseille de lire ce texte (fichier attaché), même si cela prend un certain temps. Car bien des appréciations portées se sont révélées justes. A l'heure des bilans, un tel texte offre un éclairage intéressant, susceptible d'aider à prendre finement conscience des difficultés de la période politique.

Nombre d'autres éclairages peuvent se retrouver sur le blog :debats-ouverts-a-gauche.org

Vanves, le lundi 18 juin 2012

Aux camarades du Comité Rosa-Luxembourg du Parti de gauche

Chers camarades,

Depuis quelques mois je me suis mis en sommeil, en congé du parti. Vous en connaissez les raisons, car nous avons eu à de multiples reprises l’occasion d’en discuter. Elles étaient d’autant plus claires, qu’avec Claude Debons nous en avons à deux reprises – lors du Congrès du Mans, puis ensuite dans une adresse au Conseil national, le 31 mai 2011 – explicité par écrit les motifs. Nous y mettions en garde contre « une analyse fantasmagorique de la situation française » servant de « justification à une orientation protestataire-révolutionnariste » ne répondant pas aux attentes populaires (cf. ce texte ci-joint).

La période électorale s’ouvrait et je n’ai pas voulu alors ajouter au tumulte et risquer de compliquer, fut-ce de façon minime, notre si difficile combat collectif. Cette période aujourd’hui se clôt et je reprends désormais mon entière liberté de parole et d’action. Ma décision, depuis longtemps mûrie mais que j’avais jusqu’à présent retenue, n’a plus de raison de l’être plus longtemps. Je vous informe donc de ma démission du Parti de gauche.

La séquence qui se ferme au lendemain de ce deuxième tour des législatives, ne m’a, en effet, pas conduit à modifier en quoi que ce soit l’analyse que nous faisions à la veille de son ouverture. Je ne vois pas que ce moment ait en rien conduit à la démentir, tout au contraire, elle m’apparaît avoir été prémonitoire. Certes, je ne minimise nullement le très grand succès qu’a constitué la campagne des présidentielles ; 11,1% fut un score magnifique, qu’à dire vrai je ne pensais pas voir le FdG atteindre. Je sais aussi ce qu’il doit à l’immense talent tribunicien de JLM. Mais une stratégie politique se juge à ses fruits et ils sont, au final, bien amers.

A peine acquis dans la présidentielle, notre capital électoral aura donc été aussitôt dilapidé dans la législative. Le FdG se retrouve désormais à son niveau initial, grosso modo celui acquis au lendemain des régionales et des cantonales, mais politiquement gravement affaibli pour la période qui vient. Le Président du parti de Gauche, qui avait su incarner une dynamique unitaire de la gauche de transformation, a été sèchement éliminé dans un combat qu’il a pris le risque de vouloir exemplaire nationalement. Sa défaite nous atteint tous. Durablement. Dans le débat politique national, elle éloigne sa voix et ainsi nous affaiblit. Mais au-delà de ce cas particulier, qui pour emblématique qu’il soit aurait pu n’être qu’isolé, si, en opérant un mouvement d’unification de la gauche de transformation, le FdG progresse en voix et en pourcentage par rapport au score de 2007 du PCF, il régresse, par contre, durement en sièges. En partie – et dans les Hauts de Seine nous ne le voyons que trop –, parce que dans bien des cas le PS dépasse certains des élus sortants du FdG. Au final, la représentation parlementaire du Front de Gauche se trouve lourdement affaiblie et celle du Parti de gauche est réduite à sa plus simple expression : son désormais unique député, Marc Dolez.

Face à la crise qui fait rage, cette déconvenue nous prive de l’arme d’un succès qui aurait prolongé celui de la présidentielle et conforté l’espoir qui s’y était levé, comme l’ont montré les formidables mobilisations dont nos meetings ont été l’occasion. Ce n’est pas ainsi que nous incarnerons l’alternative à gauche, dont notre pays a pourtant un urgent besoin. Ce n’est pas ainsi que nous deviendrons le parti de gouvernement que nous affirmons vouloir être. A moins, bien sûr, que nous ne comptions, mezzo voce, nous satisfaire d’une position analogue à celle initialement revendiquée par le NPA : n’apparaître politiquement que tous les 5 ans, ne pas véritablement chercher à peser dans des élections dont nous ne faisons pas vraiment notre affaire et, ainsi exclus du champ politique, n’espérer exister que par les luttes, dans l’attente de la « révolution citoyenne » qui ne manquera pas d’advenir, un jour. C’est d’ailleurs bien l’analyse que vient de réaffirmer F. Delapierre dans un entretien à Mediapart : « Notre finalité politique n’est pas d’avoir un maximum d’élus pour peser dans le cadre actuel des institutions ». Sans doute, mais peut-être faut-il s’interroger, dès lors qu’à défaut d’avoir un maximum d’élus nous n’en avons qu’un … minimum ! On comprend aussi mieux pourquoi le P.G. vit sur le mythe qu’unique « recours à gauche », il sera « inéluctablement » porté au pouvoir « avant dix ans », dès lors que, comme F. D., l’on table sur le fait que « les éléments peuvent aussi s’inviter ». La France n’est pas la Grèce et avant que d’inviter chez nous une même catastrophe sociale peut être vaudrait-il mieux se demander comment l’éviter ! Les mésaventures du NPA devraient pourtant nous éclairer sur l’aboutissement d’une telle vision pour un parti politique dans une société démocratique comme la nôtre : la marginalisation à brève échéance.

S’il en va ainsi, c’est que le Parti de gauche fait fausse route, dans son analyse de la situation, dans son mode de fonctionnement, comme dans sa tactique politique.

Je n’ai jamais partagé l’analyse, à mes yeux simpliste, qui veut voir dans les révolutions d’Amérique latine les prodromes d’un tsunami démocratique dont, après les « printemps arabes », la vague viendrait inévitablement submerger notre vieille Europe et sur laquelle il suffirait donc de savoir surfer. On comprend bien pourquoi, vue ainsi, la politique ne peut être l’affaire d’un« capitaine de pédalo », mais nécessite l’intervention d’un nouveau « libertador » ! Sur le fond, sans même évoquer les ombres multiples qui assombrissent la démocratie en Amérique latine – que le PG tait soigneusement –, ni celles qui, on le voit encore aujourd’hui même en Egypte, pèsent sur l’avenir des révolutions arabes – et que le PG n’a même jamais à ce jour cherché à analyser –, qu’il me suffise ici de dire, trop sommairement, que l’Europe est le lieu d’un affrontement d’une toute autre nature. Un affrontement qui vise à imposer un ordre nouveau, celui du capitalisme mondialisé, à des couches populaires socialement éclatées et subjectivement atomisées par trois décennies de chômage et de précarité et une désindustrialisation qui en a décimé le cœur résistant historique : la classe ouvrière. Cela, dans un moment où il est, de surcroît, désarmé de sa « weltschauung », de sa vision du monde et de son projet historique, par la faillite du « socialisme réel ».

J’admets bien volontiers que cette analyse puisse ne pas être partagée dans le PG, c’est le prix normal et légitime de l’action collective ; mais je constate qu’elle n’a même pas pu y être seulement discutée. Je ne parle pas ici de notre comité, mais des instances nationales, où je ne suis d’ailleurs pas seul à avoir, en vain, tenté de l’y porter. Chacun, à cet égard, se souvient du Congrès du Mans et de l’enterrement clandestin, sans fleurs ni couronnes, ni même de faire-part, de « Lignes d’horizon ». Cela pose, évidemment, la question du mode de fonctionnement du PG, dans lequel les vrais débats n’ont lieu qu’au sein d’un tout petit groupe qui, seul, prend les décisions. Les instances nationales officielles étant là non pour les discuter mais pour les avaliser et les transmettre.

Enfin, tout cela a conduit à une tactique politique gravement erronée. Ancré qu’il est dans la certitude que « le bruit et la fureur » auront raison de toutes les barrières, dans l’illusion complète de pouvoir être « en tête de la gauche », le PG oppose de manière impavide un optimisme inconditionnel et sans faille à toute réalité. Les raisons de fond déjà exposées, comme son mode de fonctionnement, l’ont ainsi conduit à privilégier tout à la fois, électoralement, la présidentielle et, politiquement, la coupure complète de la gauche de transformation d’avec celle de gouvernement et à s’enfermer dans un « combat homérique » contre le Front National. Avec, là encore, l’illusion – faute de toute analyse de la nature de l’emprise durable du FN dans les couches populaires, comme de la montée de l’extrême droite en Europe depuis plus d’une décennie –, de pouvoir le terrasser au premier combat. Pourtant, l’emprise du FN continue de s’affirmer et l’abstention de s’accroître et, les résultats en témoignent, même le combat mené dans la 11ème circonscription du Pas de Calais n’aura pas permis de démentir cette évolution nationale, au moment où le FN vient d’entrer pour la première fois à l’Assemblée sans le secours de la proportionnelle ! Au total, cette analyse erronée a conduit à une complète sous-estimation de la nécessité, sans doute moins flamboyante et plus triviale, de d’abord s’inscrire dans une dynamique anti-Sarkozy. Elle aurait dû conduire à rechercher en priorité un front commun de toute la gauche pour le battre, ce qui, évidemment, n’empêchait nullement la nécessaire différenciation programmatique sur les perspectives. Dans la pratique, le PG a, au fil du temps, oscillé entre deux positions ; par moment, il a affirmé haut et fort la seule perspective qu’il veut véritablement se reconnaître : devenir le centre de gravité de la Gauche, à d’autres, face à la réalité il s’est résolu à seulement s’en vouloir l’aiguillon. C’était là, dans les deux cas, se payer de mots et se conduire tel la mouche du coche (« c’est nous qui avons fait élire Hollande » !), car c’était négliger l’essentiel de ce qui se jouait dans ce moment précis : le rapport des forces final dans un scrutin majoritaire à deux tours. Faute d’avoir voulu poser dès le départ les conditions d’un accord démocratique avec le PS – et l’on sait que les représentants du PG en ont, au final, été les fossoyeurs –, le résultat était dès lors couru d’avance …

Pour toutes ces raisons, je ne peux continuer à feindre cautionner des choix que je ne partage pas et un mode de fonctionnement que je ne veux plus supporter.

La stratégie du Front de gauche est la seule valable à mes yeux, mais elle est exigeante et, bien plus que d’envolées lyriques et enflammées, elle se nourrit de constance et de cohérence. Elle appelle à une réflexion sur les profonds bouleversements qu’ont connus les sociétés capitalistes et le monde depuis trois décennies, elle seule permettra de bâtir une stratégie de transformation adaptée à notre époque. Elle est le socle sur lequel il nous faut, en dépit du grave revers que nous venons de subir, bâtir une force nouvelle, seule à même de faire bouger les lignes et de déplacer le centre de gravité de la gauche. Elle nécessite que soit construit un rapport nouveau à la gauche, qui soit tout à la fois front commun contre la droite et l’extrême droite et confrontation programmatique exigeante. Elle fut, hier, celle, victorieuse et toujours présente dans la mémoire collective, du Front populaire.

C’est cela, chers camarades, que je veux contribuer à construire. Le temps passe, le temps presse !

Jacques RIGAUDIA
T

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11 novembre 2014 2 11 /11 /novembre /2014 14:54

Bombardements à Gaza : "aucune chance de fuir pour les Palestiniens"

Dans les huit cas de destruction de bâtiments par Israël que l’ONG de défense des droits humains a étudiés en détail, aucun avertissement n’avait été donné. Ces frappes aériennes ont pourtant causé la mort de 111 personnes, dont 104 au moins étaient des civils, 62 des enfants. Des familles entières ont été décimées, « ne leur donnant aucune chance de s’enfuir ». Au total, dans la bande de Gaza, ce sont plus de 1500 civils qui ont été tués en juillet et août, dont 519 enfants, selon le dernier décompte des Nations Unies.

Conclusion : « Ces attaques répétées et délibérées contre la population civile constituent des violations du droit humanitaire et des crimes de guerre. Elles témoignent du mépris des forces israéliennes pour la vie des civils palestiniens », affirme Manon Schick, directrice de la section suisse d’Amnesty International, qui enjoint au Conseil de sécurité des Nations unies de saisir la Cour pénale internationale. Pour toute réponse, les autorités israéliennes ont déclaré qu’aucune preuve n’avait été apportée et que ce rapport était « un outil de propagande pour le Hamas et les autres groupes terroristes ». Amnesty qualifie pourtant aussi de crimes de guerre les tirs de roquettes lancés par les groupes armés palestiniens qui ont tué six civils israéliens dont un enfant.

La prise de position d’Amnesty s’inscrit dans le contexte d’un isolement de plus en plus prononcé d’Israël sur la scène internationale. L’opinion publique ne pouvant continuer de fermer les yeux. Les élites européennes, qui persistent jusqu’ici à soutenir sans conditions l’État hébreu, politiquement, économiquement et militairement, commencent à se sentir gênées aux entournures. Et elles pourraient peu à peu fléchir. En témoignent le boycott européen des produits fabriqués dans les colonies, la récente reconnaissance officielle de l’État palestinien par la Suède et les parlements britanniques et irlandais, ainsi que l’intervention de députés français en ce sens. À moins qu’une recrudescence d’actes terroristes palestiniens, à l’instar de plusieurs meurtres à la voiture bélier commis en Israël ces derniers jours, ne serve de prétexte à l’Europe pour renvoyer dos à dos Israéliens et Palestiniens une nouvelle fois.

La radicalisation de nombre d’élus israéliens, assumant de plus en plus ouvertement la poursuite de la colonisation de la Cisjordanie et de Jérusalem-Est et affichant un racisme décomplexé, ne peut cependant que pousser l’Europe à remettre en question son appui indéfectible à Israël. Le jeu dangereux de Benjamin Netanyahu ces derniers jours, qui laisse le champ libre aux extrémistes religieux juifs d’accéder à l’esplanade des Mosquées à Jérusalem-Est alors que les fidèles musulmans s’en voient interdire l’accès, montre le peu de cas que le Premier ministre israélien fait des critiques européennes lorsqu’elles s’en tiennent à des mots. Des mesures coercitives s’avèrent aujourd’hui indispensables.

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11 novembre 2014 2 11 /11 /novembre /2014 10:27

Cambodge : ils réclamaient 11 euros de plus par mois, Nike les licencie !

21 juin 2013 / Catégories: Articles / Tags: humanite.fr / 0 Commentaires

Cambodge : ils réclamaient 11 euros de plus par mois, Nike les licencie !

Ils ne fait pas bon de protester chez Nike. Ce sont plusieurs centaines d’ouvriers d’une usine au Cambodge sous-traitante des fameuses chaussures américaine qui ont été licenciés après une série de protestations concernant leur salaires.

De mauvaises conditions de travail ? Les ouvriers devront s’y faire ! Ou pas, nombre d’entre eux furent licenciés sur le champ pour avoir osé manifester. Leurs réclamations : 11 euros supplémentaires sur un salaire mensuel de 57 euros. Ils sont 288 à avoir été remerciés à l’usine Sabrina Garment Manufacturing pour avoir participé à cette grève les 27 mai et 3 juin derniers, provoquant des heurts avec la police, selon les syndicats.

Démissionner obligatoire et sans compensation

Des heurts entre policiers et grévistes ont entrainé 23 ouvriers blessés. 3 000 ouvriers, majoritairement des femmes, ont été évacués car ils bloquaient l’accès à leur usine. La police ne fait aucune déclaration à ce sujet. Les syndicats précisent que les salariés qui manifestaient furent violemment attaqués par les forces de police. Au total, 23 blessés et huit arrestations. Entre 2000 et 3000 ouvriers du textile ont manifesté aujourd’hui en réponse à ces heurts et contre l’arrestation de leurs collègues.

Nika a déclaré être préoccupé par cette situation. Le groupe a donc ouvert une enquête en affirmant attendre de ses fournisseurs qu’ils respectent les droits des salariés. Cette réalité est pourtant bien connue et de longue date. La communication est rôdée. Mann Seng Hak, représentant de la Free Trade Union, précise que ces ouvriers ont été « forcés de démissionner de leurs emplois sans compensation », ce qui est un acte illégal au regard du droit.

Les revendications sociales de plus en plus nombreuses dans le textile

Selon le FMI, la confection représente 75% des exportations du pays, qui ont atteint 4 milliards d’euros en 2011. Le Cambodge, le secteur textile emploie 650 000 personnes, et est souvent considéré comme un pays modèle dans ce domaine car l’Organisation internationale du travail en surveille beaucoup les conditions de salaire et de travail. Cependant, ces informations sont à relativiser car le nombre de grèves a quadruplé en 2012, selon l’association syndicale du secteur, GMAC. Depuis le début de l’année on recense 48 mouvements sociaux dans le secteur de la confection. Les militants sociaux ont remarqué une détérioration des droits des salariés, des scènes d’évanouissements collectifs tirant la sonnette d’alarme. Sous-alimentation, surmenage, mauvaise ventilation des ateliers sont le lot quotidien de ces ouvriers textiles, souffrant de la pression des groupes internationaux.

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11 novembre 2014 2 11 /11 /novembre /2014 09:57

Le Délégué syndical

Le délégué syndical est l’une des interfaces entre les salariés et l’employeur. Il a pour rôle, entre autres, de faire part des revendications des salariés mais aussi de toujours tenter d’améliorer les conditions de travail. Pour cela, il dispose de temps et de moyens.

Quelles entreprises sont concernées par les délégués syndicaux ?
Dans les entreprises de plus de 50 salariés, chaque syndicat représentatif peut désigner au moins 1 délégué syndical.

C’est le syndicat lui-même qui désigne le délégué et non la section syndicale de l’entreprise.
La personne doit avoir au moins 18 ans et posséder 1 an d’ancienneté.

S’il n’existe pas de section dans l’entreprise, chaque syndicat représentatif, peut désigner un délégué personnel et cela pendant toute la durée de son mandat ?
On considère comme représentatif tout syndicat affilié à l’une des grandes organisations nationales (CGT, CGT-FO, CFDT, CFTC et CFF-CGC) et ce quelle que soit la représentativité réelle au sein de l’entreprise, et également tout syndicat représentatif au sein même de l’entreprise (on évalue cela en fonction de l’effectif, des cotisations, de la participation à des négociations…).

Le nombre de délégués syndicaux dépend du nombre de salariés dans l’entreprise.
Ainsi, chaque section syndicale désigne :
- 1 délégué dans les entreprises de 50 à 999 salariés ;
- 2 délégués dans les entreprises de 1000 à 1999 salariés ;
- 3 délégués dans les entreprises de 2000 à 2999 salariés ;
- 4 délégués dans les entreprises de 3000 à 9999 salariés ;
- 5 délégués dans les entreprises de 10 000 salariés et plus.

Une fois les personnes désignées, leur nom doit être transmis :
- à l’employeur ;
- aux salariés (affichage) ;
- à l’inspecteur du travail.

Quelles sont les missions du délégué syndical ?
Le délégué syndical a pour missions :
- de représenter son syndicat au travers de propositions, de revendications, de réclamations ;
- d’être l’interface entre les salariés et son syndicat ;
- d’être l’interface entre l’employeur et son syndicat ;
- de négocier et conclure des accords et conventions collectives.

Dans ce cadre, il doit recevoir tous les documents nécessaires à la conduite de négociations dont :
- la convention et les accords en vigueur dans l’entreprise ;
- le rapport annuel de l’égalité hommes/femmes établi par le comité d’entreprise ;
- le bilan du travail à temps partiel ;
- le bilan social ;
- les documents relatifs à la formation professionnelle ;
- les documents relatifs à l’accueil des stagiaires.

Il doit aussi collecter les cotisations dans l’entreprise, rédiger des tracts, animer des réunions…

Contrairement aux délégués du personnel qui ont pour objectif de faire appliquer les décisions déjà prises concernant la marche de l’entreprise, le délégué syndical doit proposer des améliorations concernant :
- les salaires ;
- l’emploi ;
- la formation ;
- les conditions de travail…

En outre, il est nécessairement consulté en cas de :
- mise en place d’équipes de fin de semaine ;
- modifications relatives au travail de nuit.

S’il existe des négociations facultatives dans l’entreprise, il en existe aussi des obligatoires, pour lesquelles l’avis du délégué syndical doit être pris en compte. Il s’agit de négociations concernant :
- les accords électoraux ;
- le droit d’expression ;
- l’accord de participation ;
- les salaires effectifs ;
- la durée et l’organisation du temps de travail.

Quels sont les moyens dont dispose le délégué syndical ?
Le délégué syndical dispose d’un nombre d’heures pour effectuer sa mission, sur son temps de travail :
- 10 heures par mois pour les entreprises de 50 à 150 salariés ;
- 15 heures par mois pour les entreprises de 151 à 500 salariés ;
- 20 heures pour les entreprises de plus de 500 salariés.

Le temps passé en réunion avec l’employeur n’est pas compté dans ces heures.

En outre, le délégué syndical dispose d’une liberté de déplacement :
- à l’intérieur de l’entreprise pendant son crédit d’heures et en dehors du temps de travail ;
- à l’extérieur de l’entreprise pendant son crédit d’heures.

Il doit aussi disposer d’un panneau d’affichage différent de celui du Comité d’Entreprise et des délégués du personnel,et d’un local si l’entreprise compte plus de 200 salariés.
Pour les entreprises de plus de 1000 salariés, chaque section doit avoir son propre local.
Le délégué syndical a aussi le droit d’organiser des réunions en dehors du temps de travail.

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11 novembre 2014 2 11 /11 /novembre /2014 09:47

Le quinté de tête des chiens de garde du patronat

PIERRE-HENRI LAB

Lundi, 10 Novembre, 2014

Former les cadres d’une entreprise à la lutte contre les syndicats, influencer l’opinion publique à coups d’« études » souvent bidonnées ou faire du lobbying auprès des parlementaires ou du gouvernement. Passage en revue des principales boîtes à outils patronales qui s’y attellent.

L’IFRAP, s’il pleut, c’est parce qu’il y a trop de fonctionnaires !

La directrice de l’Institut français pour la recherche sur les administrations et les politiques publiques (Ifrap), Agnès Verdier-Molinié, est l’un des piliers de comptoir de l’émission « C dans l’air » où elle ne cesse de mettre en avant ses 50 idées pour faire 50 milliards d’euros d’économies. Des recettes qu’on peut résumer en un mot : privatiser. Toujours une petite statistique pour nous démontrer, sur l’air de « ces feignasses de fonctionnaires sont payés à ne rien foutre », qu’il y a trop de profs et que nos voisins allemands, qui en emploient beaucoup moins, obtiennent de bien meilleurs résultats. L’Ifrap a beau régulièrement être épinglé par Mediapart ou encore par Bastamag pour ses expertises bidonnées, la plupart des médias continuent de lui prêter la rigueur scientifique de l’Insee. agnès Verdier-Molinié, dont l’un des faits d’arme est d’avoir dénoncé « le pouvoir gay » dans « l’express », n’a pourtant aucune compétence particulière si ce n’est de voir ses grands-parents figurer dans le « Bottin mondain », cet annuaire de la grande bourgeoisie. Quand à l’Ifrap, il a été fondé en 1985 par Bernard Zimmern, un ancien trésorier du lobby anti-impôt les Contribuables associés... avant de devenir, en 2009, une fondation d’utilité publique, ce qui lui permet de bénéficier de fonds publics. eh oui, ça ne s’invente pas...

L’AFEP, ou le lobbying aux commandes

En 1981, l’arrivée de la gauche au pouvoir, et surtout celle des communistes, plonge le patronat dans l’effroi. si certains sont tentés de fuir « l’arrivée imminente des chars russes sur l’avenue des Champs-Élysées », d’autres vont tout faire pour s’opposer au changement. en 1982, le directeur de la Compagnie générale des eaux, ambroise roux, créel’association française des entreprises privées (afep). « avec l’afep, je veux recréer l’establishment mis à mal par les nationalisations, je souhaite redonner vigueur au capitalisme », déclare-t-il à l’époque. L’afep sera donc un lobby patronal chargé d’influencer les politiques économiques et sociales. 32 ans plus tard, elle poursuit dans cette veine. fiscalité, droit du travail, environnement, énergie... aucun domaine ne lui est étranger. elle produit « des contributions aux travaux législatifs, avec pour ambition d’apporter des réponses pragmatiques en faveur du développement d’une économie française et européenne compétitive ». elle dispose d’un bureau à Bruxelles. PSA, Renault, Crédit agricole, société générale... 111 entreprises en sont membres.

AU SÉNAT, AU PRINTEMPS, LES LOBBIES SONT PARVENUS À DÉNATURER LE TEXTE SUR L’ÉCONOMIE SOCIALE ET SOLIDAIRE.

COE-REXECODE, la recherche pour les intérêts des possédants

Créé en 2006, le Centre d’observation économique et de recherches pour l’expansion de l’économie et le développement des entreprises (Coe-RexeCode) est un institut privé d’études économiques qui fournit « une veille conjoncturelle et des prévisions » sectorielles ou catégorielles à ses 80 entreprises adhérentes. Parmi lesquelles figurent des grandes banques comme Société générale, des sociétés d’assurance comme Allianz, des grands groupes publics ou privés comme edF et Bouygues et des organisations patronales comme l’UIMM. L’institut revendique aussi de « participer au débat de politique économique », dans lequel il défend les intérêts du patronat. Parmi ses chevaux de bataille, la durée du temps de travail, à propos de laquelle Coe-RexeCode ne lésine pas sur les moyens pour « démontrer » que les salariés français sont parmi ceux qui travaillent le moins. Pour y parvenir, l’institut a mis en avant la durée effective du temps de travail des salariés à temps complet, qui était en 2013 en France de 1 661 heures contre 1 781 en Allemagne. Ce faisant, il écarte la durée effective du temps de travail des salariés à temps partiel, qui est de 993 heures en France contre 851 en Allemagne. Au final, la prise en compte de la durée effective du temps de travail par salarié est à l’inverse de ce que Coe-RexeCode s’acharne à démontrer. Chaque semaine les salariés français travaillent en moyenne 35,2 heures, soit près d’une heure de plus que leurs homologues allemands (34,4 heures).

L’INSTITUT SUPÉRIEUR DU TRAVAIL, Maréchal le revoilà !

Sur la page d’accueil de son site, l’Institut supérieur du travail (IST) se présente comme un « organisme d’expertise et de formation sur le fait syndical, la représentation du personnel et les relations sociales ». Mais, derrière cette vitrine policée, se cache une des principales officines créée pour contrer le mouvement ouvrier après 1968. Fondée en 1969 par le vichyste et ancien collaborateur Georges Albertini, l’IST sera chargé par le patronat, et singulièrement celui de la métallurgie, de former l’encadrement pour lutter pied à pied contre la CGT dans les entreprises. 35 ans plus tard, l’IST a élargi son champ d’action et est devenu un instrument du lobbying patronal dans le débat public. de « C dans l’air » à France Info, son directeur, Bernard Vivier, dispense « analyses » ou « expertises » sur le dialogue social et les stratégies syndicales. L’homme, qui rappelle son statut d’ancien secrétaire général de la CFTC, a pourtant un pedigree « pas très catholique ». Candidat aux législatives de 1978 sous l’étiquette « Pour la défense de l’armée », il avait pour suppléant Francis Bergeron, journaliste du quotidien d’extrême droite « Présent » et proche du dirigeant du FN Jean-Pierre Stirbois, décédé en 1988.

L’INSTITUT DE L’ENTREPRISE met les profs d’économie au service du profit !

Créé en 1975, l’Institut de l’entreprise regroupe 120 entreprises dont le chiffre d’affaires cumulé représente 20 % du produit intérieur brut français. Vinci, Axa, BNP Paribas, PSA... beaucoup d’entre elles sont aussi membres de l’AFeP. L’Institut se présente comme le think tank de l’entreprise. Son cheval de bataille préféré est « la réduction de la dépense publique et des prélèvements obligatoires ». Il milite pour le financement de la Sécurité sociale par l’impôt. en bon chien de garde du capital, il oeuvre à sa promotion idéologique. Il a mis par exemple en place une formation à destination des enseignants en économie. Il n’hésite pas à mordre ceux qui s’y opposent ou font mine de vouloir « réguler » le système. en 2012, il s’était lancé dans une campagne de dénigrement acharné du Front de gauche, assurant que son programme « l’Humain d’abord » allait ruiner le pays en augmentant « la dépense publique de 76 milliards d’euros » et faire exploser le chômage. Le Smic à 1 700 euros provoquerait la suppression de 800 000 emplois. Bien entendu, il fallait le croire sur parole.

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11 novembre 2014 2 11 /11 /novembre /2014 08:26

Tunisie : La montée en force du Front populaire et Hamma Hammami

La bipolarisation de la vie politique tunisienne entre Nida Tounes et Ennahdha ne devrait pas cacher la place qu'y occupent désormais le Front populaire et Hamma Hammami.

Par Hatem Mliki*

Taxée de «zéro virgule» au lendemain des élections de l'Assemblée nationale constituante (ANC), le 23 octobre 2011, la gauche tunisienne, divisée et affaiblie, a eu beaucoup de mal à se positionner sur une scène politique marquée par la montée en puissance du parti islamiste Ennahdha.

La renaissance de la gauche tunisienne

Les «camarades» ont pris conscience des enjeux et défis, auxquels ils font face et les diverses fractions de gauche ont fini par s'unir dans le Front Populaire, en octobre 2012, quelques mois, avant le lâche assassinat politique de son célèbre leader, Chokri Belaid.

Cette mutation a été également accompagnée par un discours plus équilibré, profitant notamment des multiples erreurs commises par la troïka au pouvoir le long des 3 dernières années. Mieux encore, un réalisme politique vient succéder aux radicalisme et populisme, qui ont toujours marqué le comportement de la gauche tunisienne.

La gestion de la relation avec le parti de Béji Caïd Essebsi (BCE), la participation au sit-in du Bardo ayant suivi le second assassinat, aussi lâche que le premier, de Mohamed Brahmi, le rôle joué durant le Dialogue national, la campagne électorale aux législatives du 26 octobre 2014 et les résultats obtenus montrent une certaine maturité du comportement politique de la gauche tunisienne «unifiée».

Quoique le nouveau paysage politique tunisien, issu des résultats des législatives, confirme la tendance à la bipolarisation entre Ennahdha et Nida Tounes, le rôle et la place du Front populaire sont loin d'être négligés. Le tout sans oublier la candidature de Hamma Hammami, porte-parole et figure historique de la gauche communément appelé par le diminutif «Hamma».

En attendant qu'Ennahdha se décide sur l'identité de son candidat pour l'élection présidentielle du 23 novembre 2014, BCE reste le grand favori du premier tour. Cependant, les pronostics sont plutôt indécis pour le deuxième.

Hamma à Carthage : pourquoi pas ?

Quoi qu'il en soit, la candidature de Hamma est loin d'être symbolique et ses chances sont de plus en plus réelles, surtout après son dernier passage télévisé sur la chaine privée Nessma TV.

La «transformation» de Hamma était plus que visible et n'a pas laissé indifférent un large auditoire ayant trouvé unanimement le candidat du Front populaire raisonnable, posé et surtout sincère.

Perdus entre des calculs politiques bas de gamme, une bipolarisation à la fois rassurante et inquiétante et des candidatures folkloriques, les électeurs semblent revisiter ce personnage pourtant connu de tous. Partagés entre l'envie de voir à Carthage celui qui a pu arracher la Tunisie d'une troïka mal conçue, en l'occurrence BCE, et la crainte du retour en force des opportunistes qui l'entourent et qui se cachent derrière sa grande posture, les électeurs commencent à s'intéresser timidement à Hamma.

Mais loin des jugements émotionnels et des sympathies individuelles, allant des bourgeoises qui le trouvent «mignon» et des démunis animés par l'envie de voir un fils du peuple gouverner la Tunisie, la victoire de Hamma aux présidentielles peut être assez intéressante pour le processus de transition démocratique.

Il est clair que pour réussir sa transition et en attendant l'émergence de nouvelles forces politiques, la Tunisie ne peut compter que sur une transformation positive de ses fractions politiques et courants idéologiques classiques, à savoir la gauche, les islamistes et la «cinquième génération du mouvement réformiste national» de BCE.

Alors que Nida Tounès est officiellement désigné pour composer le prochain gouvernement (quelle que soit la structure qu'il va lui donner) et que le mouvement islamiste Ennahdha a pu s'arracher une place confortable d'allié/opposant, la victoire de Hamma à la présidentielle mettra ce trio face à une situation historique, l'obligeant à sortir du comportement victime/sauveteur/persécuteur, qui empêche jusque là la Tunisie de s'attaquer aux vrais enjeux et défis de la transition démocratique, et surtout d'engager des réformes structurelles profondes ouvrant la voie à un développement économique et social durable.

La seule condition pour que ce scénario puisse aboutir aux résultats escomptés est que la victoire présidentielle de Hamma soit le résultat d'un effort personnel du Front populaire et non le fruit d'une tractation politique.

Enfin l'idée de voir un jour BCE, Ghannouchi et Hamma réunis pour discuter des affaires de la Tunisie n'est pas si mal que ça.

* Consultant en développement.

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10 novembre 2014 1 10 /11 /novembre /2014 22:19
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BRUNO FORNACIARI

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