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10 novembre 2014 1 10 /11 /novembre /2014 22:10
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9 novembre 2014 7 09 /11 /novembre /2014 07:36

PCF: Pierre Laurent tend de nouveau la main aux "amis frondeurs et écologistes"

- Publié le 08/11/2014 à 12:28 -

Pierre Laurent, secrétaire national du PCF a de nouveau tendu la main samedi aux "amis frondeurs, écologistes ou tout simplement socialistes affligés" pour construire une "alternative à l'austérité".

"Je veux dire à tous ceux avec lesquels nous voulons travailler et avancer, du Front de gauche bien entendu mais aussi à nos amis frondeurs, écologistes ou tout simplement +socialistes affligés+ : prenez avec nous conscience de l'urgence et de l'ambition nécessaire", a lancé Pierre Laurent dans son discours d'ouverture de la conférence nationale du Parti communiste français.

Plus de 800 délégués communistes sont réunis jusque dimanche à Montreuil (Seine-Saint-Denis) pour "travailler à l'émergence d'une véritable alternative de société, de politique et de gouvernement et à la démarche de rassemblement nécessaire pour y parvenir".

"La France est mal engagée, mal gouvernée, trahie par un pouvoir qui n'a ni idée nouvelle, ni ambition véritable si ce n'est de servir les intérêts des marchés", a dit Pierre Laurent.

"Il nous incombe de prendre pour notre part en charge l'avenir de la gauche toute entière et pas seulement de la partie de la gauche que nous constituons", a souligné le patron des communistes.

"C'est une bataille et des initiatives qui doivent se déployer sur tout le territoire sans attendre la fumée blanche d'un repas à la fête de l'Humanité, d'une assemblée générale du Front de gauche ou d'un vote des frondeurs au Parlement", a-t-il souligne.

En toile de fonds de ces rassemblements politiques, les élections départementales de mars 2015. "Nous devrions viser la construction de candidatures dans tous les cantons", a lancé Pierre Laurent qui veut "proposer de nouveaux visages".

Sur le terrain, les communistes veulent aussi "mener des actions concrètes" pour "lutter contre l'austérité". Pierre Laurent a ainsi appelé à participer aux manifestations du 15 novembre avec le collectif 3A ou du 6 novembre avec les chômeurs.

Pierre Laurent lui-même entamera à partir de janvier un "tour de France" des régions.

"La question écologique est au coeur de notre combat pour un nouveau modèle de développement", a aussi déclaré Pierre Laurent rappelant que Paris accueillera en 2015 la conférence sur le climat et soulignant le "rapport alarmiste du GIEC".

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Ce Dimanche matin France Inter s'intéresse à la chute du mur à Berlin le 9 novemebre 1989, puis à l"l'affaire" Fillon puis au match de rugby de la France contre les et Fidji et du match de foot Marseille/Paris St Germain.

suit une revue de presse qui ignore elle aussi l'événement constitué par la réunion de 800 communistes à Montreuil qui cherchent à ouvrir une alternative à la politique d'austérité et de déconstruction sociales de Hollande et Valls.

Pas un mot "évidemment" sur le meeting de ce soir à Montreuil où Pierre Laurent lancera une "adresse" du PCF au peuple français.

VIVE LA LIBERTÉ DE LA PRESSE, VIVE LE PLURALISME, VIVE LA LIBERTÉ D'EXPRESSION

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Published by bruno fornaciari - dans PCF ALTERNANTIVE
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7 novembre 2014 5 07 /11 /novembre /2014 15:00
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Published by bruno fornaciari - dans INTERNATIONAL
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7 novembre 2014 5 07 /11 /novembre /2014 13:03
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Published by bruno fornaciari - dans gouvernement
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7 novembre 2014 5 07 /11 /novembre /2014 11:18

Révélation : Comment le patronat a prescrit à Valls la suppression de la médecine du travail

Fanny Doumayrou

Vendredi, 7 Novembre, 2014

Dans son choc de simplification, le gouvernement s’est laissé dicter une réforme de la médecine du travail par le Cisme, lobby patronal des services de santé au travail. l’Humanité publie l'intégralité du document qui a servi à la dictée.

Entre la protection de la santé des salariés et celle des intérêts des employeurs, le gouvernement a tranché. La semaine dernière, il annonçait, dans le cadre de son « choc de simplification », deux mesures de réforme des services de santé au travail réduisant les possibilités d’action des médecins du travail, avec l’objectif affiché de mettre fin à « l’insécurité juridique » pesant sur les entreprises. Le projet sentait la patte patronale, nécessairement, puisqu’il émanait du travail d’un conseil de la simplification, créé en janvier dernier, instance dans laquelle le gouvernement invitait avec force oeillades les employeurs à suggérer les réformes qui leur seraient utiles. De fait, le projet s’avère directement inspiré, dans son argumentaire, sa formulation et même ses chiffres fantaisistes, d’un document rédigé quelques jours plus tôt par le Cisme, une association liée au Medef qui représente les employeurs gestionnaires des services de santé au travail. Ce lobby patronal a compris l’opportunité du « choc de simplification » pour réclamer la réforme de ses voeux, et lancé une campagne de mobilisation de ses troupes sur la base d’une mise en scène dramatisant l’état des services de santé au travail. Il a visiblement été entendu.

Un projet, une réforme, une politique du gouvernement « dictés par le patronat » : le propos peut parfois paraître caricatural. Las, la réalité confirme, jour après jour, que la caricature est bien du côté d’un gouvernement « de gauche » qui s’est engagé, bras dessus, bras dessous avec les employeurs, dans une campagne de destruction des acquis sociaux. La preuve, cette fois, avec le projet de réforme, en forme de laminage, des services de médecine du travail, annoncé dans le cadre du « choc de simplification » la semaine dernière . Jeudi 30 octobre, très précisément, les médecins du travail ont découvert de manière totalement brutale, dans le chapeau des 50 mesures de simplification, deux items les concernant. L’un prévoyant de mettre fin à la visite périodique obligatoire pour chaque salarié chez le médecin du travail. L’autre suggérant de supprimer la possibilité pour ce médecin de demander l’aménagement d’un poste de travail pour un salarié ayant des problèmes de santé (voir notre édition du 4 novembre). Or, le contenu et la formulation de ces mesures s’avèrent directement inspirés d’un document patronal rédigé le 23 octobre, soit sept jours plus tôt, revendiquant cette réforme et appelant les employeurs à la « mobilisation », afin de saisir « l’opportunité » du choc de simplification pour obtenir satisfaction. Pari réussi. De quel patronat s’agit-il ? Du Cisme, pour Centre interservices de santé et de médecine du travail en entreprise, association qui regroupe et représente la majorité des services de médecine du travail en France, eux-mêmes associations à but non lucratif. Il s’agit en fait d’un syndicat patronal puisque, depuis leur création en 1942, les services de médecine du travail, financés par les entreprises à hauteur de 1,2 milliard d’euros par an aujourd’hui, sont dirigés et gérés par des employeurs. La réforme de 2011 prévoyait de rendre leur gestion paritaire – à 50-50 avec des représentants de syndicats de salariés –, mais un lobbying patronal intense a permis que la présidence du conseil d’administration, qui devait être alternée, soit réservée aux employeurs, qui gardent ainsi le gouvernail financier, mais aussi politique sur la question de plus en plus sensible des risques professionnels. Le Cisme, lié au Medef et à l’UIMM – le patronat de la métallurgie – est connu pour ses interventions régulières auprès des pouvoirs publics. Il milite depuis les années 1970 au moins pour réduire la place des médecins du travail dans les services, afin de lui substituer une panoplie d’intervenants (ergonomes, infirmiers, techniciens) à la fois moins coûteux, ne bénéficiant pas d’un statut protecteur, et de beaucoup moins de poids face aux employeurs. À la faveur d’une pénurie largement fabriquée de médecins du travail, cette évolution s’est déjà imposée à l’occasion des réformes de 2002 et 2011.

Des chiffres largement fantaisistes

Le 23 octobre dernier, donc, le Cisme prend la plume, et le porte-voix. Son président, Serge Lesimple, ainsi que 21 représentants régionaux de l’association signent un « appel » intitulé « Mobiliser pour traiter les difficultés des entreprises à mettre en œuvre un suivi individuel de l’état de santé des salariés adapté et conforme aux textes ». Ce document de quatre pages (à télécharger ci-dessous), transmis à l’Humanité par l’association Santé et médecine du travail, est aussi décliné sous forme d’un document « Powerpoint », reprenant le même argumentaire sous forme simplifiée. Il dramatise la situation de la médecine du travail pour exiger sa refonte. L’alerte consiste à dire que la pénurie de médecins du travail rend impossible le respect de la visite périodique obligatoire. Selon le Cisme, le Code du travail implique la réalisation de 30 millions de visites par an, alors que les capacités actuelles sont de 8 millions, et qu’en 2020, elles seront de 4 millions (soit 13,3 %, nous y reviendrons), compte tenu des départs en retraite massifs des médecins du travail. Des chiffres largement fantaisistes, puisqu’ils ignorent les recrutements à venir de médecins. Et parce que la loi de 2011 a justement assoupli sans limites la périodicité des visites médicales. Une mesure néfaste évidemment aux salariés, mais qui rend impossible le type de calcul sur les « besoins » avancé par le Cisme. Mise en scène, donc, dont les motivations éclatent lorsque le document pointe « des risques juridiques pour les entreprises, que la jurisprudence étend progressivement aux services de santé interentreprises ». Deux jurisprudences concernant des condamnations d’employeurs pour défaut de visite médicale illustrent l’insécurité juridique. Une situation qui, selon le Cisme, « milite pour une modification des textes » : « Le mouvement de simplification pour les entreprises, initié dans notre pays, constitue une opportunité pour faire évoluer le Code du travail dans ce domaine. La première étape consiste à inscrire ce thème à la liste des sujets devant bénéficier d’une simplification. Des arbitrages sur cette liste pourraient intervenir dans les prochaines semaines », soulignent les auteurs, bien informés de l’actualité gouvernementale. Et d’ajouter que la « mobilisation des employeurs au niveau territorial est essentielle pour engager un travail d’élaboration des solutions en prise avec les réalités de terrain ». Avant d’inviter les employeurs à « s’adresser à leurs instances nationales et à leur environnement institutionnel (Direccte – directions régionales du travail, préfets, parlementaires) ». Le reste du texte souligne aussi que cette réforme serait « l’occasion de repenser les modalités de déclaration d’inaptitude, également source de difficultés dans l’entreprise ». Le 30 octobre, le message a visiblement été reçu par le gouvernement. La mesure 21 de son « choc », présenté en grande pompe, prévoit de « simplifier la visite médicale » et reprend l’argumentaire et les calculs du Cisme, prétendant qu’« aujourd’hui, la visite médicale n’est réalisée que dans 15 % des cas ». « C’est un chiffre bidon, d’où sort-il ? » se demandait, lundi, Bernard Salengro, médecin du travail CFE-CGC, pour qui le chiffre réel est de 70 % de visites honorées… Le document du gouvernement qualifie ces visites de « formalité impossible », un terme utilisé dans une brochure du Medef sur les services de santé au travail consultable sur le site du Cisme. Et il insiste aussi sur la « forte insécurité juridique » dans laquelle sont placés les employeurs. La mesure 22 vise aussi à « sécuriser l’employeur » en cas de salarié déclaré « apte avec réserves » par le médecin. Il s’agirait donc de supprimer cette possibilité, afin que l’employeur n’ait plus à s’embarrasser avec des aménagements de postes pour salariés abîmés par le travail. Mais, là encore, le document sent la rédaction sur un coin de table puisque la terminologie exacte est « apte avec restrictions » ou « avec aménagement de poste », pointe, agacé, Bernard Salengro.

Des arguments sur un plateau

« On aurait pu croire que ce gouvernement aurait un projet pour la médecine du travail, mais non, dénonce Dominique Huez, vice-président de l’association Santé et médecine du travail. Ce sont les employeurs qui font les mesures, à travers plein de groupes de pression. En l’occurrence, le Cisme a apporté l’argumentation sur un plateau au gouvernement, qui a repris son analyse et ses mots mêmes. C’est la première fois qu’un gouvernement de gauche considère la protection de la santé des salariés comme une insécurité juridique. » Hier, le cabinet du secrétaire d’État à la Simplification, Thierry Mandon, n’a pas donné suite à nos sollicitations. De son côté, le service de presse du Cisme n’a pas confirmé l’authenticité du document et affirme que l’association « n’a pas participé à la rédaction » du projet gouvernemental. Mais il développe l’argumentaire contenu dans le document, avec les mêmes chiffres…

- See more at: http://www.humanite.fr/revelation-comment-le-patronat-prescrit-valls-la-suppression-de-la-medecine-du-travail-556996#sthash.VAbq2Iib.nDrlUCpu.dpuf

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7 novembre 2014 5 07 /11 /novembre /2014 07:50

Xavier Beulin: le Crésus du terroir-caisse

Mardi 22 Avril 2014 à 05:00 | Lu 61181 commentaire(s)

PÉRICO LÉGASSE

Alors que nos derniers paysans disparaissent, le lobby de la malbouffe et de l'industrialisation des campagnes garde la haute main sur le syndicat majoritaire. Voici le fossoyeur de l'agriculture française confirmé dans ses œuvres.

Xavier Beulin - ALAIN ROBERT/APERCU/SIPA

Signe des temps, usure des consciences ou résignation collective, Xavier Beulin briguait un second mandat à la tête du premier syndicat agricole français sans aucun candidat face à lui et tout le monde a trouvé ça normal. Le président de la FNSEA a donc été réélu le 9 avril à l'unanimité.

«N'allez surtout pas croire qu'il les tyrannise au point d'étouffer toute contestation, non, il fait beaucoup mieux, il les fascine ! Pensez, avoir un agrobusinessman se déplaçant en jet privé pour gérer ses transactions internationales, c'est quand même plus classe qu'un péquenot en casquette rivé sur son tracteur», confie un ancien adhérent.

La nouvelle n'a pas heurté outre mesure. Sans doute faut-il être un peu niais pour s'en offusquer ou s'illusionner sur ce qu'est devenue l'institution la plus représentative de notre agriculture. Majoritaire en voix (54,74 % aux dernières élections), la FNSEA préside la totalité des chambres d'agriculture à l'exception de celles du Calvados, de la Charente et du Lot-et-Garonne, détenues par la Coordination rurale (20,49 %), et celles du Puy-de-Dôme et de la Réunion, acquises à la Confédération paysanne (18,54 %).

L'élection de Xavier Beulin, représentant des gros céréaliers et des oléagineux, face à Dominique Barrau, plus proche des éleveurs et des petits exploitants, en 2010, fut une grosse surprise. Six petites voix de majorité alors que le décompte des intentions des «grands électeurs» donnait l'inverse. «Tout le monde a le droit de changer d'avis au dernier moment...» concluait alors un patron de fédération.

PRESSE, BIOCARBURANTS, LOBBYING...

Voici la majorité des paysans français aujourd'hui représentée - le terme «défendus» serait incongru - par un homme qui les tient en haute estime : «Celui qui a 2 ha, trois chèvres et deux moutons n'est pas agriculteur», tranche Xavier Beulin dans sa définition d'une «vraie» exploitation agricole (genre si on n'a pas 300 ha à 50 ans, on a raté sa vie...).

On le comprend, car lui est un vrai paysan enraciné dans la terre : PDG de la Sofiprotéol, holding financier au chiffre d'affaires de 7 milliards d'euros dont les activités se déploient aussi bien dans le commerce de la semence, de l'alimentation animale, à travers sa filiale Glon-Sanders, que celui du Diester, un biocarburant à base d'ester méthylique d'huile végétale obtenu par transestérification à l'hydroxyde de sodium.

Le groupe Sofiprotéol contrôle également les huiles Lesieur et Puget, mais aussi la société Farmor, un bijou de l'industrie agro-alimentaire produisant chaque année pour 125 millions d'euros de préparations à base de volaille bas de gamme (type nuggets, Pasta Box, topping pizzas), destinées à la restauration collective ou à la grande distribution.

Diffusé le 6 avril sur M6 dans «Capital», un documentaire révélait que Farmor importait du poulet brésilien industriel, au grand dam des éleveurs bretons au bord de la faillite. Merci Xavier ! Actionnaire du magazine la France agricole, Beulin est également administrateur du Crédit agricole, président du Conseil économique et social de la région Centre, président du port de La Rochelle et vice-président de la Copa-Cogeca, puissant lobby de coopérateurs agricoles européens agissant auprès de la Commission.

Tout ça sent bon la basse-cour et le foin frais. Voilà l'homme qui représente l'agriculture française à l'Elysée et à Bruxelles. La chaumière peut dormir tranquille, cet ultradéfenseur des OGM veille au grain. Pour lui, le terroir est un fonds d'investissement.

Aux commandes depuis 2010, Xavier Beulin incarne une vision moderne, conquérante, agressive de l'agriculture à visage bancaire. D'ailleurs, depuis qu'il tire les ficelles, la paysannerie se porte mieux. Avec une augmentation de plus de 12 % des dépôts de bilan par rapport à l'année précédente, 2013 a vu 1 261 exploitations agricoles mettre la clé sous la porte.

Il y a cinquante ans, la France comptait 2,5 millions de fermes. Elles étaient encore au nombre de 700 000 en 1990, on n'en compte plus que 515 000 en 2013. Près de 200 par semaine mettent la clé sous la porte. Certes, il s'en crée de nouvelles chaque année, mais, à ce rythme-là, on peut considérer que la France n'aura plus de paysans proprement dits en 2050, sinon des complexes agroindustriels au service des grands trusts alimentaires.

Dernier bastion de résistance à la banalisation globalisée, la ruralité agricole est porteuse d'identité nationale. A une réalité tragique s'ajoutent donc des perspectives dramatiques. Cela fait quarante ans que, de mensonge mitterrandien en fourberie chiraquienne et de fausse promesse sarkozyenne en renoncement hollandien, la caste politique nous mène en bateau avec des projets, des engagements, des serments jamais tenus.

Aberrante situation d'un pays doté des meilleures conditions et capacités agricoles du monde et qui voit ce fleuron de son économie péricliter dans la résignation généralisée. Cette démission est d'abord celle d'une société qui s'est vautrée dans la consommation de masse sans aucun discernement et qui a renié son éthique alimentaire. Accumuler, pour ingurgiter tout et n'importe quoi, n'importe comment, tout le temps et en tout lieu. Liée au climat, à la saison, à la géographie, c'est-à-dire à des paramètres naturels, notre agriculture a été mercantilisée de force, pour ne pas dire obligée de se prostituer aux intérêts de la grande distribution via ceux de l'industrie agroalimentaire.

Et pour cause. Après cinquante ans de financiarisation technocratique, la voici à genoux, exsangue, humiliée, méprisée et, pis que tout, assistée par le contribuable allemand. Pour reprendre le proverbe chinois, La PAC donne un poisson à celui qui a faim, mais ne lui apprend pas à pêcher. Prochaine étape : la mise à mort des élevages de moins de dix vaches dont les aides vont être supprimées.

FINANCIARISATION DES CAMPAGNES

En ce sens, la lettre ouverte adressée par Xavier Beulin, aussitôt réélu, au ministre de l'Agriculture, Stéphane Le Foll, en dit long sur la vision et les intentions de la FNSEA. Il n'y est question que de produire mieux pour produire plus, c'est-à-dire augmenter les rendements pour augmenter les profits par plus de chimie et de technologie, en allégeant les réglementations protectrices de la santé et de l'environnement.

«Arrêtons de dire non à ce qui est nouveau, retrouvons l'intérêt du progrès», lance Beulin, sous-entendu : gérons nos campagnes comme des financiers et livrons nos cultures au dieu OGM. Ce n'est pas de cela qu'a besoin l'agriculture française, mais de produire juste et bon pour que les paysans puissent vivre de leur travail en nourrissant leur pays. Il est évident que son secteur primaire devrait être pour la France une source de richesse phénoménale, lui garantissant et son autosuffisance alimentaire et des bénéfices records dans sa balance commerciale. Mais pas comme ça.

L'agriculture, avec sa diversité territoriale et culturale, son génie agronomique, ses réserves naturelles et ses trésors alimentaires, c'est le pétrole de la France. Au lieu de quoi nous importons 40 % de nos besoins alimentaires en éradiquant les filières françaises des produits concernés. Le productivisme générateur de malbouffe gagne partout du terrain. Les activités les plus précieuses, élevage, maraîchage, agriculture de montagne, sont aux abois alors que les gros céréaliers, nantis et pollueurs, se goinfrent sur les prix et les subventions de Bruxelles.

Reconduit au ministère de l'Agriculture, de l'Agroalimentaire et de la Forêt, Stéphane Le Foll a du pain sur la planche. Il est aujourd'hui le dernier rempart contre la «beulinisation» à outrance de ce qui reste du patrimoine agricole français à visage humain. Le seul qui peut permettre à la France de retrouver son statut de puissance paysanne grâce à son programme d'agroécologie. La République lui donnera-t-elle les moyens de cette mission de salut national ? Espérons-le, car, s'il échoue - et la FNSEA va tout faire pour qu'il morde la poussière -, notre patrie n'aura plus que ses yeux pour pleurer le plus essentiel et prestigieux de ses symboles.

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6 novembre 2014 4 06 /11 /novembre /2014 09:17

Et vous Monsieur Bourdin, vous habitez où. C'est un appartement de fonction ou votre propriété ? Combien de pièces ? Dites-le-nous, les auditeurs ont le droit de savoir. Alors combien vous l'avez payé ? Avez-vous fait des aménagements, des réparations ? et combien ça coûte tout cà ? C'est pas un peu le luxe ? répondez Monsieur Bourdin, les français ont le droit de savoir! Monsieur Bourdin, payez-vous l'impôt sur la fortune? Avec le salaire que vous avez! Eh oui, au fait, combien vous gagnez Monsieur Bourdin ? payez-vous oui ou non l'impôt sur la fortune Monsieur Bourdin. Ne croyez-vous pas Monsieur Bourdin que vous êtes assez mal placé pour promouvoir la retenu salariale alors que vous... Au fait Monsieur Bourdin, quels sont les "à-côté" de vos revenus ? je veux dire les publicités, les "ménages" etc..., et votre femme Monsieur Bourdin..à vous deux vous gagnez combien ? Faîtes vous partie des 1% les plus riches en France. Répondez Monsieur Bourdin, répondez!.....répondez!

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6 novembre 2014 4 06 /11 /novembre /2014 09:08

L’État s’acharne sur Georges Abdallah

Lina Sankari

Mercredi, 5 Novembre, 2014

La demande de libération du révolutionnaire, le plus ancien prisonnier politique d’Europe, a été rejetée hier par le Tribunal d’application des peines. La défense y voit une nouvelle fois la main de Washington.

Ronald Reagan n’est pas mort et la guerre froide est relancée. C’est la leçon magistrale qu’il faudra retenir de la décision du Tribunal d’application des peines de Paris, déterminé à défendre un concept que l’on croyait définitivement mort et enterré : « le monde libre ».

Pour la neuvième fois, la justice française a rejeté la demande de libération du militant révolutionnaire libanais Georges Ibrahim Abdallah. Le plus ancien prisonnier politique en Europe, qui vient d’entamer sa 31e année de prison au centre pénitentiaire de Lannemezan (Hautes-Pyrénées). Libérable depuis 1999, Georges Abdallah, symbole de la résistance palestinienne, fait face à un véritable acharnement politique.

Pour son avocat Jean-Louis Chalanset : « l’atteinte à la séparation des pouvoirs (était) flagrante (…). Une nouvelle fois, les États-Unis ont imposé au gouvernement français leur volonté de se venger ».

Condamné à la perpétuité en 1987

Membre des Fractions armées révolutionnaires libanaises (Farl), il est arrêté en 1984 à Lyon pour détention d’un faux passeport algérien. Deux ans plus tard, il est condamné à quatre ans de prison.

L’affaire aurait pu en rester là si la France n’avait pas alors été plongée dans une vague d’attentats, dont celui de la rue de Rennes perpétué par des islamistes chiites proches de l’Iran. George Abdallah est dans le même temps inculpé de complicité d’assassinat d’un attaché militaire états-unien, le lieutenant-colonel Charles Ray, d’un membre des services secrets israéliens, du diplomate Yacov Barsimentov et, à Strasbourg, du consul général des États-Unis, Robert Onan Homme. Tous entièrement tournés à l’époque dans le soutien aux crimes israéliens au Liban et à la lutte contre les progressistes libanais et palestiniens. Lors du procès de 1987, une cour d’exception, où les États-Unis se constituent partie civile, condamne Georges Abdallah à perpétuité, une peine assortie de quinze ans de prison. À l’époque, l’Humanité écrit : « Washington a gagné, sous les applaudissements de Tel-Aviv (…). Le procès Abdallah a été de bout en bout piloté pour et par une puissance étrangère. »

Quand le pouvoir exécutif empiète sur le pouvoir judiciaire

Les majorités politiques changent mais l’acharnement se poursuit. Selon des câbles diplomatiques révélés par WikiLeaks, le médiatique avocat Georges Kiejman, qui représente les intérêts de la partie civile américaine, s’inquiétait déjà en 2007 de la demande de libération formulée par Georges Abdallah. Avec le soutien de Washington et de la direction de la surveillance du territoire (DST), il fait alors pression sur le ministère de la Justice français afin que cette requête n’aboutisse pas.

L’ambassadeur américain en France fait part de sa « gratitude » au garde des Sceaux de l’époque, Pascal Clément. En 2012 et 2013, le même activisme aboutira à un rejet judiciaire similaire. Pourtant, en 2012, une décision favorable avait été rendue par le juge d’application des peines, puis en appel, mais la Cour de cassation avait finalement déclaré la demande irrecevable. La justice a en outre rejeté hier la demande de bénéficier d’une année probatoire, préalable à une libération. Selon Me Chalanset, cette année aurait pu être effectuée au sein d’un établissement pénitentiaire plutôt qu’en régime de semi-liberté ou sous surveillance électronique compte tenu des menaces qui pèsent sur la vie de Georges Abdallah. « Le pouvoir exécutif empiète sur la justice, qui a estimé qu’il pouvait bénéficier d’une libération conditionnelle s’il était expulsé », a expliqué Me Chalanset à l’issue du verdict. Il suffirait en effet à la France de signer un arrêté d’expulsion pour le Liban. Beyrouth a d’ores et déjà donné son accord pour accueillir Georges Abdallah, qui n’a cessé de faire valoir aux juges parisiens sa volonté de reprendre son métier d’enseignant au pays du Cèdre.

Au moment où les lignes semblent bouger en Europe autour de la reconnaissance d’un État palestinien, la France fait le choix de condamner la résistance à travers Georges Abdallah. Peut-être Paris devrait- il méditer cette phrase du révolutionnaire datée de mai 2013 : « Les prisonniers palestiniens, en dépit des longues années, sont toujours là, debout face à leurs geôliers, incarnant la résistance héroïque de la Palestine et prouvant à tous les Ben Gourion que la Palestine, non seulement vivra, mais elle vaincra certainement. »

EN PLEINE GUERRE DU LIBAN, LA LIBÉRATION PAR LA RÉVOLUTION

Créée en 1979, en pleine guerre civile, la Fraction armée révolutionnaire libanaise (Farl) est un mouvement palestinien issu de l’éclatement du Front populaire de libération de la Palestine. Un an plus tôt, Tel-Aviv envahit le sud du Liban (opération «Litani») et la Farl milite pour la libération du pays des puissances étrangères française, américaine et israélienne, ainsi que pour la création d’un État palestinien. La Fraction armée révolutionnaire libanaise bénéficie du soutien du Parti nationaliste socialiste syrien et aurait eu des liens avec Action directe et les Brigades rouges italiennes .

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6 novembre 2014 4 06 /11 /novembre /2014 07:20

Le cas qui ébranle les Etats-Unis

La mort tragique de Maria Fernandes

Photo: Screenshot

Publié le mercredi 29 octobre 2014 à 15:10

Maria Fernandes, c’est l’histoire d’une jeune Américaine aux trois « mini » boulots. Elle n’aura vécu que 32 ans. Elle est morte dans sa voiture où elle dormait après une journée de travail à peine commencée pour cette femme qui travaillait 87 heures par semaine pour survivre au pays où tout est possible.

Maria Fernandes venait de terminer son premier travail et voulait se reposer quelques heures avant d’entamer le prochain. Trop fatiguée pour rentrer chez, elle s’est endormie dans sa vieille Kia datant de 2001. Par malchance, une bouteille de gaz qui se trouvait dans sa voiture était mal fermée. Maria Fernandes est décédée intoxiquée.

Photo: Screenshot

Depuis, toute l’Amérique parle de Maria Fernandes et des conditions de travail de millions d’autres Américains qui se trouvent dans des situations similaires. Le reproche qui est fait à la politique et aux grandes chaînes de fast-food est le suivant : « Si Maria avait pu vivre convenablement de son travail, elle n’aurait pas été obligée d’en avoir trois. Et au lieu de dormir dans sa voiture, elle aurait dormi dans un vrai lit. »

Photo: Screenshot

L’histoire de Maria Fernandes émeut aussi parce que, contrairement à ses employeurs, la jeune femme d’origine portugaise était très généreuse. Ainsi, elle subvenait aux besoins de son ami, victime de la crise économique qui a touché lourdement le secteur de la construction. Ses amis racontent même que quelques jours avant sa mort, elle avait encore acheté une tente pour un sans-abri.

Cette jeune femme ne travaillait jamais moins de 87 heures par semaine. Mais ses trois boulots qu’elle avait pour différentes filiales du géant du fast-food américain, « Dunkin’ Donuts » ne lui ont pas permis de vivre décemment. Comble de l’ironie, « Dunkin’ Donuts » considérait Fernandes comme une employée modèle.

Ils sont 7,2 millions de personnes travaillant à temps partiel aux Etats-Unis qui sont à la recherche d’un temps plein. Les « working poor », des personnes donc qui ont un travail mais dont le salaire ne leur permet pas de vivre décemment. 3,4 millions d’Américains ont deux boulots, et pour plus d’un million d’entre eux, il s’agit de travaux à temps partiel. Les femmes sont particulièrement touchées par le phénomène.

Depuis la mort de Maria Fernandes, des manifestations ont eu lieu dans quelque 150 villes américaines pour demander une augmentation du salaire minimum.

Marc Vanacker

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6 novembre 2014 4 06 /11 /novembre /2014 07:16

Le Medef propose de supprimer délégués du personnel et CHSCT, et de "licencier sans motif"

03 NOVEMBRE 2014 | PAR GERARDFILOCHE


Le Medef vient de formuler une proposition choc (cf AFP, 28 oct. 2014) en suggérant de ne conserver qu’une seule instance de représentation du personnel (IRP) dans les entreprises. Dans un document transmis aux cinq organisations représentatives (CGT, CFDT, FO, CFTC, CFE-CGC), les trois organisations patronales (Medef, CGPME, UPA) proposent de créer un « Conseil d’entreprise » dans les entreprises de plus de 50 salariés, qui serait « l’instance unique de représentation du personnel ».

PS : c'est la derniere en date de gattaz, la plus terrible,, le Medef propose de supprimer le motif du licenciement, je l’avais prédit c’est leur but ultime : dénoncer la convention 158 de l’OIT ! licencier sans motif c'est le comble du viol de la dignité du salarié, cela revient à avoir le droit de dire : "dehors, on te chasse de ton emploi, et on ne te dira pas pourquoi".

Le "conseil d'entreprise" dans les plus de 50 salariés, (3% des entreprises) reprendrait l’ensemble des prérogatives dévolues jusqu’ici au Comité d’entreprise, au Comité d’hygiène, de sécurité et des conditions de travail (CHSCT), aux délégués du personnel et aux délégués syndicaux.

Dans les entreprises de moins de 50 salariés, le patronat entend aussi supprimer l’obligation d’élire des délégués du personnel, arguant qu’elle n’est déjà pas respectée.

Mesurons ce que cela veut dire :1°) 97 % des entreprises ont moins de 50 salariés. Elles font travailler plus de 8 millions de salariés. Il n’y aurait plus aucune forme de représentation pour ces salariés.

C’est déjà le cas pour le million d’entreprises de moins de 11 salariés. C’est à dire que 4,2 millions de travailleurs des TPE n’ont aucun droit â être représentés. (en fait il faudrait corriger cela avec des délégués de site ou, mieux, par extension des pouvoirs des « conseillers du salarié »).

Par ailleurs c’est vrai, l’ordre public social n’est pas respecté, dans les plus de 11 salariés car prés de 80 % des employeurs y violent la loi sur la mise en place des délégués du personnel.

Mais c’est dans ces entreprises qu’il y a le plus de précarité, le plus de turn over, le plus de dépassement illégaux des durées du travail, le plus d’heures supplémentaires impayées, les plus bas salaires, le plus d’accidents du travail, le plus de maladies professionnelles, le plus de licenciements sans cause réelle et sérieuse, abusifs, le plus de travail dissimulé, le plus de fraude patronale aux droits sociaux, les conventions collectives les moins respectées…

C’est donc là qu’il faudrait faire porter l’effort pour les droits des salariés, pour l’état de droit dans les entreprises…Les questions de sécurité sont si graves qu’il faudrait des CHSCT à partir de 20 salariés.

…Mais non, le patronat veut tout supprimer en dessous du seuil de 50.

(Le patron joue sur de velours, il flatte tous les petits employeurs, mais si la gauche était de gauche, la bonne riposte serait de réguler la sous-traitance, responsabiliser les donneurs d’ordre, aligner les sous-traitants sur la convention collective du donneur d’ordre, faciliter la reconnaissance des UES… pour nous mettre les petits employeurs avec nous… contre les gros patrons !)

(Rappelons pour les admirateurs du « modèle » allemand, qu’il y a des délégués à partir du seuil de 5 par entreprise. Et que les conseils d’administration y sont composés à 50 % de salariés.)

2°) dans les entreprises de plus de 50 salariés, le Medef propose qu’il n’y ait plus qu’un « conseil d’entreprise ».

Une seule instance c’est la mort des fonctions dévolues sagement à chacune de celles qui existaient :

- les DP sont censés schématiquement s’occuper prioritairement des contrats et situations individuelles des salariés

- les CE sont censés schématiquement s’occuper prioritairement des situations collectives et des évolutions de l’entreprise, socialement et économiquement

- les Chsct comme leur nom l’indique s’occupent des conditions de travail, de la santé de l’hygiène de la sécurité, ce qui est un immense domaine, allant des risques physiques aux risques psycho-sociaux.

Chacune de ces instances beaucoup de mal a fonctionner, car le patronat met des bâtons dans les roues, aussi bien à l’information qu’à la prévention, à la médecine du travail qu’à l’inspection du travail.

Exit donc les CHSCT : plusieurs décennies de protection de la santé, des conditions de travail, hygiène et sécurité pris en main par les salariés eux mêmes vont donc être jetés à la poubelle. (CF « 20 ans de CHSCT », Journal officiel, avis du CES, Gérard Filoche 2001)

Même la présidente de la CGC affirme qu’on « en revient à un dialogue social préhistorique » .

Pourtant c’est le fruit d’une lutte acharnée depuis 30 ans du patronat contre tout ce qui est issu du conseil national de la résistance, perfectionné après mai 68 et ensuite par les lois Auroux et Aubry.

Avant les élections des CE/DP étaient tous les ans, ensuite tous les deux ans, puis tous les 4 ans. Avant les DP et CE étaient séparés, ils les ont déjà fusionné dans des « DUP » (délégations uniques du personnel) dans un certain nombre d’entreprises ou les syndicats se laissaient faire. A chaque fois, ils y gagnent des élus et des heures de délégation en moins. Chaque fois ils y gagnent en absence de contrôle, de vigilance et de possibilités de se défendre des salariés.

Déjà dans 25 % des entreprises qui devraient avoir un CE, 25 % n’en ont pas. 25 % ont un CE « bidon », pro patronal, propulsé sans syndicat : exemple le CE de Quik Ile de France ou règne un « syndicat » baptisé « énergie pétillante » et qui regroupe les « managers » désignés à cette fonction, dans des « après midi dansants »

Enfin dans les 25 % où il existe de vrais CE, le patronat, grâce à l’ANI du 11 janvier et la loi du 14 juin 2013 a diminué de façon drastique les obligations de communiquer des informations. (Cf. livre « Comment résister à la démolition du code du travail ? » page 51)

« Dans les grandes entreprises avec plusieurs établissements et plusieurs CHSCT, l’ANI permet désormais pour ces différents CHSCT de limiter les éventuelles expertises et les principales consultations à une seule expertise et une seule consultation, en instituant une « instance de coordination des CHSCT ». Et là encore, avec des délais impératifs. C’est un affaiblissement des CHSCT d’établissement, de terrain : l’explosion d’AZF aurait plutôt poussé à renforcer ceux-ci. »

Les CE ont été aussi « contournés » dans l’élaboration des plans sociaux, les juges dessaisis, pas à pas, de « sommets sociaux » en « sommets sociaux », hélas sous la gauche, le droit des IRP et le droit syndical reculent.

Mais là, il ne s’agit plus de « recul » mais de quasi disparition.

Les « seuils » n’ont jamais empêché d’embaucher. Mais sans C.E., le patron évite un budget de fonctionnement limité à 0,2 % de la masse salariale et un budget des œuvres sociales négociable, en moyenne de 0,7 à 0,9 % de la masse salariale. Sans DP ni C.E., le patron évite aussi un contrôle et un dialogue avec ses salariés : ça diminue des droits, baisse le coût du travail, évite ou masque des emplois.

extrait « carnets d’un inspecteur du travail » :

Je me souviens encore d’un patron d’une brasserie de la place de la République à Paris qui « préférait vendre plutôt que d’avoir un comité d’entreprise ». Donc il s’en tenait à 47, 48 ou 49 salariés et refusait de passer le seuil de 50. En fait son arrogance masquait son refus d’avoir des interlocuteurs salariés en face de lui et de rendre des comptes à un CE. Car il ne cessait de prendre, dés que son activité l’exigeait, des « extras », CDD, intérims, qu’il maltraitait, sous-payait, ou dissimulait, en s’efforçant surtout de ne pas les compter dans ses effectifs. Comme lesdits effectifs s’appréciaient sur une durée de 12 mois pendant 3 ans, l’inspecteur prit le temps de « recompter » toutes les entrées et sorties sur le registre du personnel et le livre de paie, puis lui imposa, car il était largement au dessus du seuil, d’organiser – enfin – des élections pour mettre en place un CE. Ce patron-là était un vulgaire délinquant qui voulait faire du fric, en se passant de respecter les lois de la République concernant les institutions représentatives du personnel : ça n’avait rien à voir avec l’emploi.

Comme le dit fort bien Thierry Lepaon, s’en prendre aux seuils sociaux, c’est « considérer les représentants du personnel, les droits des salariés, le syndicalisme comme un frein au développement de l’entreprise, alors qu’au contraire c’est une chance ».

Et la présence de salariés aux conseils d’administration ou de surveillance, ce n’était pas un progrès fixé par l’ANI et la loi du 14 juin 2013 ?

Cela ne concerne que très peu d’entreprises : celles de plus de 10 000 salariés dont 5 000 en France, soit autour de 250. Il s’agit de l’éventuelle participation restreinte de un ou deux salariés dont on ne sait comment ils seront désignés, mais leur fonction sera incompatible avec celle de membre du CE, du CHSCT, de DP ou de délégué syndical et ils ne seront pas « pro- tégés ». Ils auront voix délibérative mais seront soumis aux règles de confi- dentialité… Le délai pour la mise en place est de 26 mois…

Sur les 40 entreprises du CAC, 10 se considèrent comme « hors périmètre d’application de la loi »… sous prétexte que la société de tête du groupe serait une holding comptant moins de 50 salariés. Il s’agit d’Alcatel-Lucent, Axa, Cap Gemini, Carrefour, Legrand, LVMH, Sanofi, Schneider, Technip, Unibail Rodamco et Vallourec. Sous réserve d’un inventaire plus précis, plus d’un quart des entreprises du CAC 40 entendent donc échapper à l’ANI et à la loi du 14 juin 2013 qui prévoit qu’avant le 30 juin 2015, « le gouvernement remette au Parlement un rapport portant sur le bilan de la mise en oeuvre de l’obligation de représentation des salariés au conseil d’administration ou de surveillance ». Déjà le patronat, se moquant encore une fois du « contrat » comme de la loi, prend ses dispositions pour l’éviter.

Pour l’utilité des DP: lire « tabourets de bois ronds » infra sur ce même blog

Tabourets de bois rondC’était rue Notre Dame de Nazareth. Elles étaient huit. Des femmes assises, le dos courbé, les fesses endolories, sur des tabourets de bois ronds autour d’une grande table métallique. Toute la journée. 8 heures par jour, 35 h par semaine, 151 h 66 par mois, et les heures supplémentaires pas comptabilisées. A peine plus que le smic. Avec de petites mains, elles faisaient de la petite bijouterie fantaisie, des petits assemblages, des enchâssements méticuleux. A côté d’elles quelques hommes, aux bras plein d’eczéma, trempaient des métaux dans divers « bains » d’acide. Au total la petite entreprise, comptable inclus, était composée de 14 salariés

Ce qu’elles voulaient, ces huit femmes, c’était des vrais sièges, si possible ergonomiques, avec un rembourrage, un dossier, des accoudoirs, équilibrés avec cinq roulettes. Juste pour moins souffrir.

Après avoir timidement une par une demandé au patron, elles avaient fini par faire une pétition. Signée à 8. Même les hommes à côté n’avaient pas osé signer. Le patron s’était aussitôt emporté ! Un colérique : « – Ca on ne me la fera jamais, moi je suis un ancien ouvrier, je sais ce que c’est, j’en ai bavé, elles me l’auraient demandé poliment, d’accord, mais là avec une pétition, pourquoi pas une grève pendant qu’on y est ! Jamais, jamais je ne céderai pas à ce genre de chantage ! ».

Elles saisissent l’inspection du travail (c’était avant le plan Sapin, l’inspecteur pouvait encore décider d’y aller, en opportunité). L’inspecteur demande des sièges, le patron s’empourpre, refuse. Lettre recommandée, mise en demeure. Le patron conteste encore. Puisqu’il y a plus de dix salariés, l’inspecteur demande de mettre en place des élections de délégué du personnel. Le patron refuse toujours : « Des délégués chez moi, jamais, si on veut me parler, ma porte est ouverte, des élections, on est 14, grotesque, ridicule, pas la peine, pas ici ». Nouvelle lettre recommandée, nouvelle mise en demeure, menace de procès verbal. Pourtant c’était par là qu’il fallait passer.

Il faudra trois mois, trois lettres, trois visites, pour arriver à des élections qui soient réelles. L’inspecteur doit menacer à plusieurs reprises le petit patron irascible. Il doit expliquer aux salariées elles-mêmes comment faire. Les huit femmes se mettent d’accord. A la fin, il y a une date, une candidate, une suppléante, une urne, des bulletins de vote, et enfin deux élues. Le patron dut s’incliner.

Je me rappelle, en retard dans un nombre trop important de visites, je revins dans cette entreprise, en coup de vent, peu après, car la déléguée élue des femmes m’avait appelé. Et comme j’arrivais à l’atelier, bêtement distrait, la tête ailleurs, elles me dirent éclatantes de sourires : « - Alors, alors, vous avez vu, vous avez vu ? » Elles étaient toutes assises sur des fauteuils confortables, appropriés, avec dossiers et accoudoirs. Elles avaient gagné !

L’ANI et la loi Medef qui en est issue, ont reculé les délais avant qu’un patron soit obligé d’organiser des élections de délégués du personnel ou de CE. En fait les "seuils" sont fdéjà "gelés" un an.

Puis Jean-François Copé l’avait dit : si la droite revient, elle modifiera les seuils sociaux, au lieu que les délégués du personnel soient obligatoirement élus à partir de 11 salariés, ce sera à partir de 50. Le Medef a hâte d’accélérer le processus. Vals, Macron, Rébsamen, maintenant hélas vont au devant de ses voeux.

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Published by bruno fornaciari - dans SYNDICATS - JUSTICE SOCIALE
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BRUNO FORNACIARI

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