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20 décembre 2014 6 20 /12 /décembre /2014 10:00

Jean Ortiz

Jeudi, 18 Décembre, 2014 - 14:48

CUBA : ils l’ont dans ...l’os !

Par le seul fait d’avoir tenu tête pendant si longtemps à l’impérialisme le plus puissant, Cuba a contribué au « changement d’ère » que vit aujourd’hui l’Amérique latine.

Dieu qu’ils ont du mal à le digérer !! Dans la dignité et l’honneur, sans quémander, sans renoncer à ce qu’il est, en toute souveraineté, David a fini par terrasser Goliath. Le droit l’a emporté sur la piraterie impérialiste, sur une sale et interminable guerre d’usure, d’asphyxie ; elle dure depuis plus de cinquante ans. Rarement une révolution et un peuple auront été si longtemps agressés, dénigrés, en violation des lois internationales. Du « Projet Cuba » de mars 1960 (Eisenhower) à l’ « Opération Mangosta » de Kennedy, du débarquement yankee (repoussé en 72 heures) de la Baie des Cochons (avril 1961) aux « sanctions totales » de février 1962, décrétées par Washington, l’état de siège économique, financier, commercial, le harcèlement multiforme, n’auront jamais cessé. Des sanctions drastiques, près de 1000 milliards de dollars de coût estimé, des lois pour étrangler un pays rebelle, pour tenter de renverser le régime de Cuba l’insoumise, ce « mauvais exemple » de résistance face à « l’empire ». Par le seul fait d’avoir tenu tête pendant si longtemps à l’impérialisme le plus puissant, Cuba a contribué au « changement d’ère » que vit aujourd’hui l’Amérique latine. En octobre 2005, la vieille brute de président Bush déclarait : « peu de pays ont défié notre nation autant que Cuba ». Il était pour une fois lucide. Alcooltest négatif. Les Cubains sont attachés viscéralement à leur indépendance parce que, en quelque sorte, c’est la révolution qui a inventé Cuba, permis l’épanouissement d’une nation mise sous tutelle néocoloniale depuis l’amendement Platt de 1901. Par ce texte, appendice à la constitution cubaine, les Etats-Unis se réservaient le droit d’intervenir à tout moment dans l’île pour y défendre leurs intérêts...

Alors, devant cette gifle historique, nos médiocrates s’étouffent, ergotent, déforment, manœuvrent, enfument. La décision d’engager un processus pour en finir avec la guerre de basse intensité contre Cuba serait à mettre au compte de la colombe Obama. La pitoyable romancière de quai de gare, Zoé Valdès, tourne en boucle, crachant haine et mensonge, en service commandé. Il faut bien manger...

Washington et sa « politique cubaine » étaient de plus en plus isolés internationalement. Aux Etats-Unis même, le blocus, devenu un « problème intérieur », faisait de moins en moins recette dans l’opinion. Depuis une quinzaine d’années, Cuba a brisé l’étau qui l’isolait, a été réintégrée dans la communauté latino-américainaine, et y joue un rôle moteur au niveau des processus d’intégration (CELAC, ALBA).

Autant de défaites pour les maîtres du monde. L’Europe a même dû revoir son ostracique et cynique « position commune ». Une Europe bien mal placée pour s’ériger en donneuse de leçons « démocratiques». Et voilà que ces diafoirus doivent remballer. On comprend dès lors leur salive amère. Mais ils n’ont pas renoncé pour autant à miner en sous main, avec d’autres méthodes. Sablons le champagne sans retenue mais sans ingénuité. Le méchant loup n’est pas devenu agneau, même si ses dents sont plus élimées.

Retenons que la Résistance, la dignité finissent toujours par payer.

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20 décembre 2014 6 20 /12 /décembre /2014 09:34

ARTICLE D'ÉDITION

Édition : La Revue du Projet

Le grand entretien : le pari d’une alternative gagnante, Isabelle De Almeida

18 DÉCEMBRE 2014 | PAR LA REVUE DU PROJET

Entretien réalisé par Léo Purguette

Isabelle De Almeida, présidente du Conseil national du PCF et responsable adjointe du comité du projet, fait le point pour La Revue du projet sur le travail de la conférence nationale des 8 et 9 novembre.

Quel message politique le PCF a-t-il envoyé avec sa conférence nationale ?

Un message d’engagement des communistes, dans leur unité et leur détermination, à construire une alternative de gauche dans notre pays. Et construire, cela veut dire prendre des initiatives politiques pour combattre les politiques d’austérité maintenant, les stopper et rendre majoritaire un nouveau projet, un projet de gauche pour la France. Sans attendre 2017 car les dégâts vont être énormes si on laisse se dérouler la politique Hollande-Valls inspirée du MEDEF : socialement, économiquement et du point de vue environnemental. Ce n’est pas ce gouvernement qui en sera capable car il ne souhaite pas une politique de justice sociale, de lutte contre les inégalités et de relance sociale. Face aux urgences et au temps qui nous est imparti, si on refuse le scénario catastrophe annoncé : une droite et une extrême droite en quête de victoire pour 2017 sur fond de défaite du pouvoir socialiste, alors il faut passer à l’action. Nous voulons construire ce qui pour le moment est appelé des vœux de beaucoup dans le camp de la gauche – des forces, des groupes, des personnalités…– mais qui ne converge pas encore. C’est cette absence de perspective qui empêche de redonner espoir au peuple de gauche pour qu’il se mobilise.

Les communistes, comme le montrent les initiatives prises çà et là, ont déjà engagé ce travail de dialogue, de propositions, de batailles concrètes avec la volonté de rassembler ceux et celles qui veulent sortir notre pays de l’ornière libérale.

Ce fut aussi un message de combat des communistes pour modifier les rapports dans le monde, engager un nouvel ordre international fondé sur le droit, libéré des dominations dont celles du capitalisme financiarisé et de grandes puissances, des logiques d’affrontement pour construire un monde de paix, de solidarité et de développement partagé.

Le message, c’est aussi l’appel public que Pierre Laurent, secrétaire national, a lancé au pays pour dire qu’il est possible de changer de politique, de relever le pays et que les communistes sont disponibles pour construire cette alternative de gauche maintenant, avec le Front de gauche. Nous voulons engager la mise en construction d’assises citoyennes. Un appel pressant pour travailler à une nouvelle majorité de gauche, un nouveau contrat politique à mettre en œuvre par un nouveau gouvernement. Et plusieurs grands axes ont été développés : reprendre le pouvoir sur la finance (banques, nationalisations), redonner du souffle à notre République sans diviser ni exclure mais au contraire faire société avec tous, engager un plan de relance sociale avec la hausse des salaires et le développement de la protection sociale et celui des services publics. Il faut agir maintenant, personne ne peut rester spectateur ou dans le flou. Et plusieurs propositions d’initiatives sur la durée ont été annoncées pour permettre de rassembler sur des batailles politiques et la construction d’un projet de gauche.

Premièrement, engager la bataille contre l’austérité au long cours, le 15 novembre étant une étape qui en appelle d’autres avec le collectif 3A, la nationalisation des autoroutes, la transparence sur le crédit d’impôt compétitivité emploi (CICE) et l’interpellation des pouvoirs publics et des entreprises sur son utilisation...

Deuxièmement, se donner avec le Front de gauche une nouvelle étape de rassemblement pour l’alternative de gauche avec la construction d’assises citoyennes pour la transformation sociale.

Troisièmement, un appel à engager une bataille contre l’austérité à l’échelon européen et à construire avec les forces sociales et progressistes un forum européen pour des alternatives.

Que retenez-vous des échanges du samedi sur la situation politique ?

Il y a une lucidité chez les communistes à propos de la situation du pays, de la situation politique et les dégâts que les politiques de Sarkozy et de Hollande ont créés dans les têtes avec les discours de division, de rejet, de défiance des politiques. Lucidité à propos des défis à relever et donc des responsabilités qui sont les nôtres comme force politique dans ce moment-là. Et il y a donc aussi une inquiétude : « Est-ce qu’on peut être à la hauteur, est-ce qu’on va y arriver ? » car nous avons conscience que le temps presse, qu’il y a urgence pour l’avenir de notre pays à construire une alternative de gauche. Il y a urgence aussi à garantir l’avenir du mouvement progressiste permettant les transformations sociales.

Il y a une unité des communistes qui peut permettre d’être à l’offensive, d’être une force actrice dans le mouvement politique et social. C’est un point à souligner car c’est un élément pour donner confiance à ceux et celles qui, à gauche, refusent les choix libéraux de ce gouvernement et qui s’inquiètent du devenir du pays comme du devenir de la gauche.

Qu’est-ce qui fait débat et qu’est-ce qui fait accord chez les communistes ?

Ce qui fait accord, c’est la qualification de l’action du gouvernement Hollande-Valls et la volonté de ne pas rester commentateurs de la situation politique au gré de l’actualité. Accord aussi sur la mise en œuvre des décisions prises lors de nos derniers conseils nationaux : prendre des initiatives politiques permettant d’enrayer les politiques d’austérité en France et en Europe. En ce sens, les interventions montrent la multitude d’initiatives prises contre l’austérité dans tous les lieux : institutionnels, dans les entreprises, les communes, les quartiers. Elles témoignent aussi de la créativité militante avec des actions et des pratiques de solidarité concrète…

Ce qui fait débat, qu’il faut poursuivre en confrontant les expériences, c’est : qu’est-ce qui peut faire convergence et rassembler pour arracher des victoires dans la période ? Et donc, où mettons-nous le curseur sur les ruptures à opérer ? Il y a aussi le débat autour de ce qui peut faire mouvement. Le rejet des politiques d’austérité ou le rejet des politiques libérales comme si l’une n’allait pas avec l’autre, mais il faut poursuivre l’échange. Cela rejoint le débat sur le processus pour transformer la société.

Et il y a aussi le débat sur les contours du rassemblement : rassembler les citoyennes et citoyens et faire fi des forces organisées, avoir à choisir entre plusieurs acteurs à gauche : d’un côté le Front de gauche et de l’autre, les socialistes, les écologistes et autres forces en désaccord avec le gouvernement.

Le PCF fait le pari d’une « alternative gagnante » sans attendre, avec tous ceux qui refusent l’austérité. Sur quels grands axes comptez-vous bâtir une nouvelle majorité ?

C’est un pari audacieux mais à partir du moment où, après la politique mise en œuvre par Sarkozy et la droite, celle du gouvernement Valls est en échec et minoritaire dans le pays, il peut y avoir une nouvelle majorité politique qui porte un nouveau projet de gauche. Nouvelle majorité portant sur les valeurs de gauche, d’idées et de propositions de réformes. Privatisations ou nouvel essor des services publics ? Partage des richesses ou accaparement par une minorité de riches ? Justice sociale et fiscale ou accroissement des inégalités et de la pauvreté ? Le pouvoir aux banques et décideurs privés ou le pouvoir aux citoyens, aux salariés et à leurs représentants ? Faire société avec tous ou poursuivre la fragmentation de la société qui ne profite qu’à l’extrême droite et aux forces du capital ?

Et l’on voit bien que sur beaucoup de ses choix, nous sommes majoritaires, et qu’il faut donc engager tous ceux et celles qui refusent ces politiques d’austérité à se mettre en mouvement pour construire des propositions concrètes et en rupture avec la domination des marchés financiers. Car cela veut dire aussi être en capacité de produire des lieux de résistance et des lieux où on pratique de nouvelles formes d’expression citoyenne et de solidarité. La question de l’unité des exploités et des dominés reste un véritable défi à relever.

Les élections départementales peuvent-elles permettre de passer aux travaux pratiques ?

Ce sera et c’est déjà un moment qui va compter, puisque tout le pays est concerné par cette élection qui prend donc un caractère national. Les communistes en débattent et y voient une étape pour construire l’alternative de gauche.

Il ne s’agit pas pour nous de laisser faire la droite et l’extrême droite qui sont dans la conquête ou la reconquête de pouvoirs dans les départements. Il ne s’agit pas non plus pour nous de laisser aux forces du capital la prise de pouvoir sur les départements. Car, avec la cure d’austérité que le gouvernement impose aux collectivités et avec la réforme territoriale proposée par le gouvernement, avec en ligne de mire la disparition des départements, c’est le risque de privatisation des services publics locaux ou ceux assurés par les associations.

Il y a donc, avec ces élections, une grande bataille à mener dans tout le pays, dans les cantons et départements entre ceux qui veulent l’austérité locale et la loi du marché et ceux qui veulent des services publics et la satisfaction des besoins des habitants. Entre ceux qui, pour cela, veulent brader la démocratie locale et ceux qui au contraire veulent la développer pour être à l’écoute et faire participer, dans la proximité, les citoyens à la politique locale.

C’est avec cette ambition que nous lançons un appel aux citoyennes et citoyens, aux forces qui se reconnaissent dans ces principes, à porter partout des candidatures représentatives de ceux et celles qui luttent, qui créent, qui souffrent, un appel à se rassembler pour des politiques de gauche, de combat contre l’austérité dans les départements.

De quelle manière les ateliers du dimanche alimentent-ils le travail du projet ?

Tout d’abord, il faut remarquer un grand intérêt des communistes pour travailler sur le projet : la participation active dans les neuf ateliers, sur neuf problématiques parfois ardues en témoigne. On ne peut que s’en féliciter. Il y a une réelle envie de mieux maîtriser les enjeux, les défis et les réponses à apporter sur de grandes questions : une nouvelle ère de la démocratie, un nouveau modèle de développement humain durable, une mondialisation transformée.

Il y a besoin de connaissance et d’appropriation des travaux, des propositions que les secteurs, les commissions du PCF travaillent et qui ont besoin de plus irriguer l’ensemble des militants. Non pas d’une manière verticale mais pour associer les communistes à l’élaboration des réponses, au travail commun. Il y a une richesse d’expertises de terrain, de compétences professionnelles et/ou militantes, d’expériences diverses que nous devons mieux mettre en commun pour mener les batailles d’idées, les batailles politiques dont notre pays, le mouvement progressiste en France, en Europe et dans le monde, ont besoin. C’est pourquoi, nous devons élargir le réseau des communistes qui peuvent participer aux différents secteurs et commissions. Un appel a été lancé à la participation dimanche, il a déjà reçu un écho positif et nous allons le renouveler.

Il y a une envie de poursuivre et une demande de mieux articuler ce travail avec les fédérations, les sections. Le travail avec les conventions est un levier, et la décision de tenir une convention sur le projet en 2016 va nous pousser à identifier les questions, les problématiques à traiter avec une cohérence permettant d’identifier, de faire identifier ce qu’est notre projet d’émancipation humaine, notre projet de communisme de nouvelle génération.

Il s’agira à partir des travaux, introduction et synthèses des ateliers de donner une cohérence à quelques axes de changement que pourrait porter un projet de gauche. Le comité du projet va y travailler ainsi que la direction nationale.

Lorsque Pierre Laurent, dans son discours de clôture, estime que le projet communiste en construction n’est pas un projet pour le Parti communiste, qu’entend-il par là ?

Ce qu’il veut dire, c’est que notre projet d’un communisme de nouvelle génération est un projet d’ambition pour le développement humain durable, et qu’il se construit avec tous ceux et celles qui veulent porter cette envie de coopération, de partage et d’émancipation. Il y a les communistes et il y a bien d’autres personnes qui veulent travailler avec nous car, comme je le disais, nos convictions et notre engagement pour l’intérêt général donnent confiance. Nous pouvons encore aller plus loin pour que ceux et celles qui se sentent en mal de gauche et de construction alternative se sentent à l’aise avec les communistes.

La Revue du projet, n°42, décembre 2014.

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20 décembre 2014 6 20 /12 /décembre /2014 09:22

Le PCF appelle à manifester suite à la débaptisation du parvis Georges Marchais

Le 19 décembre 2014 par C.Dubois

Au sein du PCF, la débaptisation du parvis Georges Marchais de Villejuif, votée en Conseil municipal ce jeudi 18 décembre, a suscité une vive réaction. Après s’être exprimé lors de la séance,

la section locale du Parti communiste a décidé d’organiser un rassemblement de protestation sur le parvis en question (angle Guy Môquet – Paul Vaillant-Couturier) ce lundi 23 décembre à 18h15 pour défendre le nom de l’ancien député de la circonscription.

« Il n’est pas anormal qu’un député qui a été élu démocratiquement durant 26 ans à Villejuif Arcueil Cachan Gentilly y ait sa place. C’est une opération mesquine qui contrevient à la logique républicaine,motive Pierre Garzon, secrétaire de la section locale du PCF. En outre, mettre en opposition Georges Marchais et Georges Mathé n’a pas de sens car ils s’estimaient profondément et se sont battus ensemble pour obtenir des crédits pour la recherche. En 2010, le professeur Georges Mathé avait du reste souligné, à l’occasion de l’anniversaire de la première greffe de moelle osseuse, que ses travaux n’auraient pu aller aussi loin sans Jacques Chirac et Georges Marchais. »

Le secrétaire local du PCF indique avoir saisi le préfet pour lui demander de ne pas valider cette délibération du Conseil municipal.

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Published by bruno fornaciari - dans ACTUALITES PCF
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20 décembre 2014 6 20 /12 /décembre /2014 00:36

Conseil national du PCF – 12 décembre 2014 La situation et les enjeux internationaux

Lydia Samarbakhsh, en charge des Relations internationales à la Coordination nationale du PCF

Cher-e-s camarades,

Nous avons décidé de consacrer nos travaux d'aujourd'hui à la situation et aux enjeux internationaux pour trois raisons.

La première tient à nos choix de Congrès d'intensifier notre action internationale et de franchir une étape significative à la fois dans les convergences au plan européen et mondial et dans l'appropriation par les communistes de ces enjeux dans leur action politique quotidienne pour ouvrir en France une véritable alternative transformatrice dont le combat pour la transformation de la mondialisation est partie intégrante. La solidarité internationaliste est au cœur de notre combat pour l'émancipation humaine depuis la création de notre parti ; il en a même été pour une part entière à l'origine. Le monde a profondément changé en près d'un siècle et se trouve confronté à des questions non résolues et à des défis nouveaux. L'aspiration des peuples à l'émancipation et leurs combats ont fait l'expérience du XXe siècle qui, dans ses avancées, ses échecs comme ses tragédies, a forgé l'étape historique dans laquelle nous nous trouvons. Et se pose à nous la question de déterminer quelles actions et initiatives devons-nous engager pour contribuer à une nouvelle étape du rassemblement des forces transformatrices et émancipatrices en Europe et dans le monde ?

La deuxième raison tient à la place des enjeux internationaux, à la place et au contenu de la politique étrangère française poursuivie sous la présidence de François Hollande sans rupture, voire même en prolongement de son prédécesseur – sa place dans la politique nationale et la place de la politique extérieure française dans les relations internationales. Le premier engagement auquel le président Hollande a tourné le dos a été celui de la renégociation du pacte budgétaire européen, et son quinquennat a été celui du déploiement de la stratégie atlantiste engagée par Nicolas Sarkozy depuis le retour de la France dans le commandement intégré de l'OTAN. Mais quelle politique extérieure devrait être celle de la France d'aujourd'hui ? Comment pouvons-nous et voulons-nous peser sur la politique extérieure française ?

La troisième raison tient bien entendu à la gravité de la situation internationale elle-même, une situation internationale qu'il convient d'analyser le plus finement possible dans ses dynamiques, sa complexité et ses contradictions. Comment qualifier la période que nous vivons, quelles sont les stratégies à l’œuvre, les acteurs en présence ? Où en est le rapport de force pour les forces révolutionnaires, démocratiques et progressistes ? Quelles sont ces forces désormais ? Quelles sont les responsabilités et le rôle du PCF dans ce contexte ?

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L'objet de notre réunion est de porter une appréciation de la période et de ses enjeux, des stratégies à l’œuvre, de la politique extérieure et de défense de la France mais aussi des axes de notre action et de nos propositions.

Nous visons trois objectifs stratégiques qu'il faut poursuivre dans le même mouvement :

1) Mener et gagner la bataille idéologique

Le modèle de domination occidentale est en crise mais l'emprise idéologique de l'« occidentalisme » pèse sur les conceptions et les décisions politiques des dirigeants du pays. L'« occidentalisme » pèse à la fois dans la vision dominante de la nation et dans la vision des relations internationales, il enferme les rapports internationaux dans un schéma élitiste et manichéen, celui de la « lutte du Bien contre le Mal », de la « guerre contre le terrorisme », du « choc des civilisations » où les alliances de circonstances définissent l'appartenance à un camp dont aucun ne remet en cause la règle du jeu. Cette conception a-historique (c'est-à-dire sans pensée historique) soumet les êtres et les sociétés à un « présent omniprésent », nie les enjeux sociaux et l'historicité des sociétés, des groupes et classes sociales, biaise le rapport au passé et empêche de penser l'avenir. L'urgence, l'immédiateté, la consommation et le déchet / l'élimination sont les instruments d'un ordre fondé sur la profitabilité et la rentabilité maximales.

Le brouillage des repères et la « culture de l'acquiescement »1 évacuent le combat de classes à l'œuvre dans les sociétés et un monde dominés par la mondialisation capitaliste et la financiarisation du capitalisme, et bouleversés par sa crise systémique. Tout ce qui s'oppose au « système » n'est pour autant pas progressiste ni émancipateur. La pensée de droite a plusieurs visages et des combats se mènent en son sein. Nous n'en ferons reculer aucun si nous ne les combattons pas tous.

2) Peser sur les choix de politique extérieure de la France

Il s'agit d'abord d'enfoncer des portes jusqu'à présent bien verrouillées qui maintiennent les citoyens de notre pays hors du débat. La politique extérieure de la France et la politique de défense nationale doivent être le sujet d'un débat national, ouvert, public permanent. Qu'il s'agisse d'aide publique au développement, de construction européenne, de partenariats, d'interventions étrangères ou de sécurité du territoire, du rôle des armées, des positions de la France au sein des institutions multilatérales, les Françaises et les Français sont empêchés d'exercer leur souveraineté. Il n'est qu'à voir l'absence de ces enjeux dans les campagnes électorales présidentielle et législatives. Les parlementaires eux-mêmes sont bien insuffisamment saisis en amont des grands dossiers internationaux.

À bien des égards, les citoyens se sentent impuissants face à la gravité des événements internationaux dont ils ne perçoivent qu'une infime partie, souvent la plus violente et la plus désespérée ou désespérante sans que leur soient donnés les moyens de comprendre l'origine et les causes de ces situations. Mais, paradoxalement, c'est un domaine où l'action populaire peut arracher des victoires, et le vote des parlementaires en faveur de la reconnaissance de l'État palestinien en est l'illustration la plus récente.

1 . Emmanuel Terray, Penser à droite, Galilée, 2012.

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3) Rassembler et contribuer aux convergences d'idées et d'actions en Europe et dans le monde de toutes les forces de gauche disponibles, par-delà les sensibilités, et les clivages et divisions du passé, et sans chercher à imposer une idéologie unificatrice ou uniformisante.

C'est devenu pour nous un devoir impérieux. Les forces émancipatrices souffrent partout dans le monde de leur éclatement international et de leur affaiblissement dans le plus grand nombre de régions. Le rassemblement de ces forces est indispensable pour les conforter chacune au plan national et régional et pour résister au plan mondial. Ses forces sont dans des situations variées. Dans un certain nombre de pays, ces forces – d'ailleurs rassemblées – exercent les responsabilités. Et quelques pays, et non des moindres, demeurent attachés à poursuivre la construction d'une société qu'ils nomment socialiste sans toutefois s'ériger en modèle et tout en cherchant les voies de leur développement dans un contexte de mondialisation dont ils refusent d'être exclus sans pour autant la subir. Personne ne prétend plus dicter aux autres leur conduite, d'autant que ces forces sont sur un plan philosophique et idéologique extrêmement diversifiées.

Le rassemblement des forces démocratiques, de progrès et de justice sociale doit tous nous préoccuper en permanence. L'expérience des dernières décennies nous apprend qu'il faut multiplier autour d'objectifs politiques communs les lieux et temps de convergence, sans chercher à les hiérarchiser entre eux. Nous sommes placés – les forces émancipatrices du XXIe siècle ! sont placées devant le défi d'inventer les nouveaux contours d'un internationalisme, d'une solidarité internationaliste qui tente une synthèse des apports des expériences passées – depuis celle, longue, du mouvement ouvrier, à celle, plus courte, de l'altermondialisme – en cherchant à répondre aux enjeux et défis de notre temps avec l'apport de nouvelles générations qui ne partagent pas les mêmes repères d'expérience.

*

Le projet communiste a pour élément constitutif l'ambition d'un monde de paix et de solidarité, paix entre les peuples, solidarité entre les travailleurs, les exploités, les opprimés. « L'Internationale sera le genre humain » est notre visée avec, pour cœur, l'égalité, le partage, la justice, la souveraineté des peuples et des nations, le développement humain et la démocratie. C'est ce qui guide et fonde notre action, et c'est ce qui porte notre projet pour la France.

Une politique extérieure de gauche signifierait pour la France d'agir en trois domaines :

a) Agir pour transformer la mondialisation en la fondant sur les exigences d'égalité, de justice, de développement partagé et de solidarité qui sont les conditions et les garants de la paix – cela veut dire repenser sa propre politique de partenariats, agir au sein de l'UE et dans les instances internationales pour des politiques de coopération et de sécurité commune vouées à la lutte contre les inégalités sociales et économiques, à la lutte pour la souveraineté alimentaire, le droit à l'énergie, à l'éducation et à l'emploi, pour de nouveaux modes de développement et de production prenant en compte la nécessité d'une transition écologique, travailler à la création effective de biens communs universels...

b) Agir pour transformer le caractère même des relations internationales en mettant en œuvre un réel multilatéralisme construit autour et à partir d'une ONU démocratisée et réformée.

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c) Agir en soutien aux forces démocratiques et progressistes politiques, sociales, citoyennes, associatives qui se battent dans leur pays pour l'émancipation humaine.

Un monde apolaire : menace ou opportunité ?

Comment définir et caractériser l'état du monde dans lequel nous vivons, tout comme près de 7 milliards d'êtres humains ?

Au lendemain de la fin de la guerre froide, les adjectifs ont abondé car les bouleversements se sont enchaînés de plus en plus rapidement : d'un monde bipolaire, nous sommes passés à un monde dit unipolaire sous hégémonie américaine, puis il a été question – sous la réactivation d'une logique de puissance – d'un monde multipolaire sous hégémonie américaine en recul ; enfin, nous sommes entrés dans un monde apolaire sous hégémonie américaine en déclin et du fait de ce déclin. Le passage d'une séquence à l'autre s'est déroulé en un temps chaque fois de plus en plus réduit et en provoquant des bouleversements importants, mais aussi sous le coup de plusieurs facteurs parmi lesquels celui, largement ignoré et sous-estimé, de l'incursion des sociétés et des peuples dans le champ politique.

Bien que les États-Unis et leurs alliés aient été convaincus d'avoir gagné la guerre froide, ils ont été incapables d'éviter l'affaiblissement des États et des puissances publiques et une parcellisation des zones d'influence et de domination, puisqu'ils les ont eux-mêmes provoqués pour tenter d'en tirer un profit exclusif.

Les « BRICS » ne forment pas un bloc idéologique uni face à l' « Occident », ils ne partagent pas les mêmes cultures politiques, les mêmes visées politiques ; deux de ces États sont dirigés par une droite autoritaire, l'Inde et la Russie, tandis que l'Afrique du Sud et le Brésil par des coalitions de gauche, et que la Chine poursuit son projet de société spécifique.

L'avènement de ce monde apolaire (que notre ministre des Affaires étrangères nomme le « zéro- polaire» pour en renforcer le caractère effrayant) où certes les inégalités sont si fortes, les humiliations si nombreuses, les injustices si présentes, est pourtant la meilleure nouvelle de ces 25 dernières années en matière d'enjeux internationaux, et offre l'opportunité de bâtir de nouveaux équilibres mondiaux fondés sur l'égalité et la solidarité. De ce point de vue, nous devrions être plus attentifs à ce qui bouge, qu'il s'agisse des mouvements sociaux et citoyens ou encore des prises de position du pape François pour sortir les peuples du monde d'une situation qu'il qualifie de « 3e Guerre mondiale disséminée ».

Oui, opportunité de nouveaux équilibres, car des régions entières échappent à l'emprise américaine et atlantiste : l'Amérique latine d'abord et, d'une tout autre manière, l'Asie.

Amérique latine

En Amérique latine, le rapport de forces s'est profondément modifié sous l'effet de décennies de luttes populaires et l'arrivée au pouvoir de coalitions de gauche, d'abord avec Chavez au Venezuela en 1998 puis Lula au Brésil en 2002, au point qu'il est permis, pour reprendre les mots de l'actuel Président équatorien, Rafaël Correa, de parler d'un véritable « changement d'époque ».

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Deux processus ont été au cœur des transformations de ces vingt dernières années : des politiques favorables à l'emploi, la revalorisation des salaires et l'investissement public qui ont appuyé des programmes sociaux de grande envergure et fait reculer massivement la pauvreté et les inégalités créées par des décennies de politiques néolibérales, des réformes constitutionnelles, avec pour priorités la démocratie et l'adoption de nouveaux droits.

Des pays comme l’Équateur ont également remis en cause la légitimité et refusé de payer la dette qui avait été le prétexte des politiques néolibérales régressives des régimes antérieurs.

Les victoires aux récentes élections de Nicolas Maduro au Venezuela, de Sanchez Ceren au Salvador, d'Evo Morales en Bolivie, de Dilma Rousseff au Brésil et de Tabaré Vazquez en Uruguay confirment le choix de majorités populaires en faveur des options progressistes et contre le retour des néolibéraux.

Les avancées réalisées ont fait apparaître de nouvelles contradictions et mis en évidence les difficultés structurelles de ces pays en développement qui demeurent des pays exportateurs de matières premières et qui commencent à ressentir l'impact de la crise dans les pays industrialisés, qui se traduit par une baisse des exportations, une diminution des investissements et, donc, des répercussions sur les budgets et sur leur croissance. Vulnérables hier à cause de la financiarisation et des coupes budgétaires imposées à leurs économies, ils le sont aujourd'hui en raison de la part des exportations de matières premières dans leur économie. Les défis des gouvernements progressistes sont aujourd'hui ceux de l'industrialisation, de la diversification de leurs économies et de l'accès aux connaissances et technologies.

C'est dans ce contexte de crise que la confrontation avec une droite qui se réorganise avec le soutien des États-Unis se fait encore plus dure. Tous les moyens sont bons pour les réactionnaires et libéraux de tenter de déstabiliser les gouvernements en place : la violence de la rue, l'accaparement de denrées, la spéculation sur les monnaies et même des tentatives de coup d’État comme ce fut le cas en Bolivie, au Venezuela ou encore au Paraguay et en Honduras.

En complet contraste avec la construction européenne actuelle, l'intégration régionale impulsée par les gouvernements progressistes se fonde sur la coopération, la solidarité et la complémentarité. Trois cadres structurent cette intégration : l'Union des nations de l'Amérique du Sud (UNASUR), l'Alliance bolivarienne des Amériques (ALBA) et la Communauté des États latino-américains et des Caraïbes (CELAC) – dotée d'une Banque du sud et d'un Conseil de défense, ainsi que de mécanismes de concertation politique et de prévention de conflits. La coopération Sud-Sud est un élément fondamental de cette stratégie qui vise la diversification des relations économiques et une plus grande indépendance vis-à-vis des pays industrialisés.

L'Amérique latine apparaît donc comme une exception avec des politiques économiques et sociales et des cadres souples d'intégration régionale qui laissent leur pleine souveraineté économique et budgétaire aux États, et lui ont permis jusqu'ici d'affronter la crise. Plus unie, l'Amérique latine a mis fin à l'isolement de Cuba, a permis le début des dialogues pour la paix en Colombie, a pu isoler les tentatives de coups d’État rejetant tout recours à la force et à l'interventionnisme militaire et politique. Le continent est devenu une zone de paix au moment où, comme jamais dans son histoire, l’hégémonie des États-Unis n'a été aussi contestée. Et ce n'est pas le fruit du hasard.

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Cuba, qui avait été mis au ban des nations par un vote de l'Organisation des États américains sous injonction de Washington, a retrouvé la place qui est la sienne dans la région et cherche, dans ce nouveau contexte, à mener à bien, malgré l'embargo illégal imposé par les États-Unis depuis 54 ans, des réformes qui lui permettront de donner un nouvel élan à son projet socialiste.

Asie

L’Asie est traversée par deux grands processus contradictoires d'intégration, ou plutôt de réorganisation régionale, à finalités et à modalités antagonistes :

Le Partenariat transpacifique (TPP : TransPacific Partnership ou TPPA : TransPacific Partnership Agreement), en cours de négociation, dans la perspective d'une finalisation au cours de l'année 2015, sous l'égide des États-Unis réunit 10 pays : Australie, Brunei, Canada, Chili, Malaisie, Mexique, Nouvelle-Zélande, Pérou, Singapour, Vietnam, mais sans la Chine. Ce projet a pour but de créer un grand marché « libre » englobant tous les aspects « marchands », ce qui génère déjà, dès cette phase de négociation, des réticences, voire des tensions (par ex. la Malaisie sur les politiques de lutte contre le tabagisme susceptibles d'être attaquées en justice par les multinationales du secteur pour « entrave à la libre concurrence »).

L’organisation de coopération de Shanghai (OSC), constituée le 15 juin 2001, est une entité intergouvernementale réunissant autour de la Chine et de la Russie, les pays d'Asie centrale et des membres associés (Inde, Iran, Mongolie, Pakistan), ainsi que des membres invités (l'ASEAN et la CEI, et l'Afghanistan). Sa finalité affichée est de « renforcer la confiance, entreprendre des initiatives de désarmement aux régions frontalières et promouvoir la coopération régionale », et la promotion de plus en plus accentuée de coopérations économiques (en matière de réseaux de transports et d'infrastructures), de coopérations éducatives, culturelles et un volet militaire qui se réduit, pour l'essentiel, à la tenue d'exercices communs dans la perspective de la « lutte antiterroriste » et de l'instruction militaire.

Ces deux projets sont en compétition bien réelle puisqu'ils s'affichent avec des objectifs opposés : l'un favorisant la domination des multinationales, surtout occidentales, qui n'est pas sans rappeler le traité transatlantique – et pour cause – en négociation entre l'UE et les États-Unis ; l'autre cherchant à enclencher des pratiques de coopération dite « gagnant - gagnant » comme l'expriment si souvent les dirigeants chinois.

En novembre, au dernier Sommet de l'APEC (Coopération économique pour l'Asie-Pacifique), organisation intergouvernementale, créée en 1989 et à caractère non contraignant, de 21 membres dont les États-Unis et la Chine, et où celle-ci a confirmé sa place d'acteur stratégique régional et mondial incontournable, la Chine a pris, d'une part, l'initiative d'appeler à un Partenariat économique global pour la zone Pacifique incluant les États-Unis. Elle a, d'autre part, annoncé la création de la Banque asiatique d'investissement dans les infrastructures dont le siège sera à Pékin avec la Chine pour premier actionnaire (à hauteur de 50 milliards de dollars) et l'Inde en second, et qui est destinée à appuyer les investissements de 21 États de la région en matière d'énergie, de transport et de communication, sans avoir à recourir à la Banque asiatique de développement du FMI et de la Banque mondiale. Enfin, le président chinois Xi Jinping a annoncé la mise sur pied d’un Fonds de la Route de

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la soie, doté de 40 milliards de dollars, pour financer l’investissement dans les infrastructures, la coopération industrielle et la gestion des ressources en Asie. Toujours à l'occasion du Sommet, la Chine a signé trois accords avec les États-Unis (défense, climat, exportations), ainsi qu'avec la Russie et le Japon.

La stratégie chinoise vise trois objectifs : développer le pays, diversifier ses partenariats, soustraire l'Asie de la domination américaine.

La montée des pays émergents s'accompagne ainsi de l'expression de plus en plus affirmée du refus de construire un monde « occidental ». Rien n'est, bien entendu, linéaire ni tracé ; le refus de ce monde « occidental » et dominé par les États-Unis ne signifie pas automatiquement accord sur le rejet du capitalisme et la recherche de son dépassement.

Le recul de l'hégémonie américaine s'est traduit, en Amérique latine particulièrement, par le rejet des politiques d'ajustement structurel imposées par le FMI et la Banque mondiale. Et la volonté du Brésil, de la Russie, de la Chine, de l'Afrique du Sud et de l'Inde, par la création d'une Banque d'investissement et de développement en juillet dernier, de se doter d'un instrument bancaire et de crédit émancipé de la domination du dollar et des institutions de Bretton Woods, montre à quel point cette domination et ce système ne font plus consensus, sauf parmi ceux qui ont entraîné leur pays dans une dépendance atlantiste en pensant en retirer des gains. Reste à savoir si cette contestation du dollar, du FMI et de la Banque mondiale remet en cause la logique même de domination et d'hégémonie. C'est un combat politique en soi.

« La banque de développement [des BRICS], basée à Shanghai, a pour objectif de financer de grands projets d'infrastructures dans les pays concernés et, à terme, dans d'autres émergents. Sa capitalisation de départ sera de 50 milliards de dollars, apportés par les cinq participants. A terme, sa force de frappe pourra atteindre les 100 milliards de dollars. Surtout, [et contrairement au FMI] elle n'assortira pas ses prêts de conditions contraignantes.

Les BRICS ont également signé un « accord-cadre » instaurant une réserve de change commune. Doté de 100 milliards de dollars, dont 41 milliards versés par la Chine, 18 milliards par l'Inde, le Brésil et la Russie et 5 milliards par l'Afrique du Sud, ce fonds pourrait être opérationnel dès 2015, ayant pour objectif de permettre à ses membres de se protéger en cas de nouvelle tempête sur leurs devises, comme celle déclenchée mi-2013 après l'annonce du changement de cap de la politique monétaire américaine. »2

Dans ce contexte, comment définir la stratégie russe ?

La Russie

Je partirais, si vous le voulez bien, de la crise ukrainienne qui, plus d’un an après Madian, continue de s’aiguiser avec de graves risques pour la paix en Europe, avec une dégradation des relations internationales et une relance de la notion de guerre froide avec la tentative d’isoler la Russie (G20 à Brisbane).

2 . Le Monde, 16 juillet 2014.

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Il n'y a eu aucune tentative réelle en 20 ans de construire un véritable partenariat avec la Russie considérée dorénavant comme un pays « qui pose un problème stratégique à l’UE » (Jean-Claude Juncker ), voire même qui renouerait avec un rôle d’ennemi héréditaire de l’Occident (Barack Obama).

Les échanges commerciaux sont touchés par les sanctions contre Moscou, et les mesures de rétorsion prises en réponse à ces sanctions portent un coup à nos économies. Cette tension pose aussi la question des relations Kiev-Moscou dont les histoires et les cultures sont liées. Enfin, l’avenir de l’Ukraine et de son unité sont posés.

Cette crise a été marquée par l’absence de l’ONU, et le rôle de médiation de l’OSCE a été rendu de plus en plus difficile, l’OTAN prenant le pas sur une volonté de recours aux solutions diplomatiques. Tout cela a conduit à une stratégie de la tension, contre-productive.

La situation en Ukraine est en effet marquée par une persistance des affrontements dans l’Est du pays, notamment autour de l’aéroport de Donetsk, entre Kiev et les séparatistes, malgré un accord sur une trêve qui doit entrer en vigueur le 9 décembre. Les huit mois de conflit ont fait près de 4 700 morts et des centaines de milliers de réfugiés en Ukraine comme en Russie. Une première trêve conclue à Minsk le 5 septembre n’a jamais été respectée. Cet accord prévoyait un cessez-le-feu, un échange de prisonniers, un contrôle partagé de la frontière et l'amorce d'une solution politique offrant plus d'autonomie aux régions de l'Est ukrainien.

Dans ce cadre, les tentatives diplomatiques tendant à une véritable désescalade dont témoigne la rencontre impromptue Hollande-Poutine à Moscou ne pourront aboutir que si elles permettent de mettre toutes les cartes sur la table et de discuter de tous les contentieux existant entre les différentes parties en présence.

Paris et Moscou sont d’accord sur la nécessité de parvenir à un réel cessez-le-feu dans l'Est de l'Ukraine. Vladimir Poutine a affirmé que la Russie soutenait l'intégrité territoriale de l'Ukraine. Les relations entre le Kremlin et les autorités pro-russes mises en place à Donetsk et à Lougansk restent complexes.

A Kiev, la fuite en avant politique se poursuit après les élections à la Rada (26 octobre) où s’est formée une majorité de droite alliée à l’extrême droite et de plus en plus sous influence des États-Unis (avec la nomination au poste de ministre des Finances d’une Américaine d’origine ukrainienne ayant travaillé pour le Département d’État). Le président ukrainien Petro Porochenko, qui souhaite reprendre le processus d’adhésion à l’OTAN interrompu sous la présidence de Viktor Ianoukovitch, a proposé un référendum allant dans ce sens. Et Kiev a suspendu tous les salaires et tous les versements sociaux à la population du Donbass.

Devant cette situation, la dernière réunion de l’OTAN à Bruxelles, début décembre, où le raidissement des positions occidentales a été sensible (formation, début 2015, d’une force « intérimaire » avant la mise en place d’une force de projection rapide forte de 4 000 hommes), marque la volonté de l’OTAN de continuer sa marche forcée vers la Russie et l’espace de l’ex-URSS. Le discours à la nation de Poutine a constitué une réponse du berger à la bergère. Il a plaidé la souveraineté nationale russe au premier rang de ses priorités, pour défier « l’Occident » qui cherche à freiner la Russie par tous les moyens et stopper, selon lui, son développement.

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Mais la situation économique en Russie du fait de la chute du baril de pétrole et de la crise ukrainienne provoque une inquiétude parmi les Russes. L’inflation atteint un taux de 9% avec une dépréciation du rouble de 60 % en un an entamant le pouvoir d’achat de la population, alors que quelque 125 milliards de dollars ont quitté la Russie. La croissance est également en berne. Les fonds de réserve sont de l’ordre de quelque 400 milliards de dollars, capables selon les plus optimistes de faire face à la crise, bien que beaucoup de Russes s’attendent à un avenir plus difficile.

Malgré tout, les sanctions ont joué l’effet inverse de celui escompté, provoquant la cohésion d’une majorité de Russes autour du Kremlin qui joue plus que jamais sur l’axe euro-asiatique en passant des accords de livraisons énergétiques avec la Chine ou avec la Turquie (dépendante à 50% de la Russie) avec le projet d’un nouveau tube du Blue Stream, et l’abandon du South Stream en direction de l’Europe du Sud du fait des sanctions.

Cette crise contribue à une montée inquiétante des nationalismes, constituant un risque potentiel d’un repli sur soi et d’un frein à l’ouverture de la Russie vers des réformes démocratiques, et accompagné d’un retour aux valeurs du patriotisme à travers les médias russes de plus en plus sous contrôle. Et l'on peut maintenant observer au grand jour des relations que l'on soupçonnait de la Douma avec des formations d’extrême droite en Europe (FN, Marine Le Pen reçue à Moscou, deux députés de la Chambre basse présents au congrès lepéniste, prêt à ce parti d’une banque contrôlée par Moscou, la First CzechRussian Bank).

Du côté ukrainien, on assiste depuis le début de la crise à une montée des exactions néofascistes à des relents d’ultra nationalisme et d’exaltation des Banderistes avec la volonté d’effacer tout le passé de la lutte de l’Armée rouge et des Partisans contre les occupants nazis. Parallèlement, le parti communiste a été éliminé du Parlement et est menacé d’interdiction.

Ardente partisane elle aussi de la « guerre contre le terrorisme », la Russie sous l'autorité de Vladimir Poutine a moins cherché à « reconstituer » l'ex-URSS qu'à s'assurer d'un rôle leader en Europe et en Asie pour accroître et consolider sa puissance au plan mondial. Cette ambition est insupportable pour ses concurrents européens et américains, comme l'est celle de la Chine en Asie et sa puissance économique mondiale.

La logique de puissance et d'épreuve de forces usitée par les acteurs étatiques ne leur permet à aucun de prendre le dessus car tous sont confrontés à des acteurs et éléments nouveaux que cette logique est incapable de prendre en compte.

L'hégémonie américaine, encore dominante, est pour sa part largement contestée et des initiatives sont prises pour l'affaiblir. Ces initiatives essayent de tirer parti des erreurs stratégiques atlantistes, en particulier celle de tenter d'isoler la Russie, tout en ne tenant pas compte de l'affaiblissement de sa propre puissance.

Hégémonie américaine en déclin

Bien qu'en recul, l'hégémonie américaine reste dominante. L'élargissement de l'OTAN lui a permis d'intégrer à sa stratégie politique et militaire de nouveaux pays, en particulier de l'ancien bloc de l'Est, et même de soumettre, depuis 2003, l'Union européenne elle-même qui a fondé sa politique de

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sécurité et de défense sur les orientations de l'OTAN en s'engageant dans un partenariat stratégique avec l'Alliance.

L'hégémonie américaine est aux origines de la déstabilisation de régions entières, à commencer par le Proche et Moyen-Orient et l'Afrique de l'Ouest à l'Est. Cette hégémonie a mis en œuvre une stratégie à courte vue ayant pour dessein une recomposition de l'espace moyen-oriental en particulier, favorisant et encourageant l'émergence et le développement de forces obscurantistes, ces « entrepreneurs de guerre » qui mêlent fanatismes religieux, trafics et conquêtes territoriales. Leur émergence est à rapprocher de celle de criminels en cols blancs que la mondialisation capitaliste, sa financiarisation et sa dérégulation ont favorisés – sur laquelle je reviendrai dans un instant.

La notion de terrorisme international a été inventée aux États-Unis dans les années 1980 par des journalistes, des « experts » ad hoc auto-proclamés et des politiciens accusant l'Union soviétique de l'entraîner, de le financer et de l'équiper3. Elle est donc d'abord un produit idéologique de la guerre froide.

En 1986, les Américains reprennent à leur compte « la doctrine israélienne des représailles / dissuasion » en bombardant la Libye en réaction à un attentat à Berlin. Ils réitèrent en 1988 contre al- Qaida au Soudan et en Afghanistan, c'était donc il y a 26 ans déjà...

Pour l'historien Henry Laurens, « l'effondrement de l'Union soviétique a conduit à une véritable débandade des experts en terrorisme, privés de l'ennemi à combattre. Il a fallu trouver de nouvelles conspirations. (...) Dès le début des années 1990, le nouvel ennemi a été désigné : le jihad islamique contre l'ordre judéo-chrétien. » Tout cela, 3 ans avant les premiers attentats du World Trade Centrer de 1993 et bien sûr bien avant les attentats de septembre 2001. Et, ajoute Henry Laurens, « la guerre dite préventive d'Irak a marqué un retournement. Elle a offert un champ de bataille rêvé pour le jihad international qui a en même temps ouvert un second front dans la péninsule arabique. (...) Les guerres d'Irak et d'Afghanistan ont montré combien le jihad international a réussi à s'inscrire dans des systèmes tribaux en crise.4 » « Réponse sunnite à la Révolution islamique iranienne de 1979 (...) et fruit de la mobilisation opérée à la suite de l'invasion soviétique de l'Afghanistan (...) les freedoms fighters [ou djihadistes et moudjahidines] se sont ensuite retournés contre ceux qui les avaient patronnés et financés, les États-Unis et l'Arabie saoudite5. »

Par conséquent, non seulement la « guerre contre le terrorisme » est incapable « d'anéantir » selon ses termes les djihadistes mais elle les renforce et accélère leur développement sur des terres et dans des pays aux richesses immenses mais en crise profonde, laminés par l'exploitation, les humiliations, la pauvreté, dans des zones surarmées et dont les États ont été affaiblis au point, pour certains, de s'effondrer totalement.

3 4 5

. Henry Laurens, Mireille Delmas-Marty, Terrorismes. Histoire et droit, CNRS Éditions, coll. « Biblis », 2e éd. 2013, p. 339. . Ibidem, pp. 340-341. . Ibidem, p. 58.

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Proche et Moyen-Orient

La région du Proche et Moyen-Orient traverse aujourd'hui une crise profonde et concentre de nombreux foyers d'affrontement qui font d'elle une zone de haute conflictualité. A l'origine de cette situation, tant des raisons internes qui tiennent à son histoire récente qu'à des raisons externes, interférant dans cette histoire, parmi lesquelles : a) les conséquences des interventions étrangères qui n'ont fait qu'exacerber les contradictions et nourrir de nouveaux conflits (Irak 2003 – Libye 2011) ; b) le dévoiement des mouvements de contestation populaire et aspirations au changement.

Au centre de ces crises se trouve le rejet par les peuples de la région, exprimé en 2011 (en Tunisie, en Égypte, en Syrie...) des régimes autoritaires, dictatoriaux et corrompus, mais aussi de l'interventionnisme « occidental » qui n'a jamais cessé, depuis des décennies, considérant cette région comme une zone stratégique pour sa « sécurité énergétique » et relevant de son autorité pour laquelle il s'assure d'alliés réfractaires au mouvement démocratique de la région comme l'Arabie saoudite – laquelle joue à plein sa carte dans la guerre économique en faisant sa loi sur le prix du baril, le Qatar, la Turquie, Israël...

La montée en puissance du confessionnalisme et du djihadisme armé, utiles hier à briser les mouvements émancipateurs, menace directement des États en fragilisant leur structure, comme ce fut le cas en Irak, mais aussi maintenant au Liban, et participe à la tentative de recomposition du Proche et Moyen-Orient. La concurrence inter-religieuse entre puissances régionales sunnites et chiites masque des enjeux géopolitiques.

Dans toute la région, les forces émancipatrices et progressistes ont été considérablement affaiblies, et les voies de la paix par la reconnaissance de l'État palestinien ou le soutien au processus démocratique des Kurdes et populations du Rojaïa et de l'Anatolie du Sud-Est systématiquement combattues. Sortir de cette situation ne peut passer que par l'engagement d'un dialogue politique entre États, et avec la prise en compte du rôle politique des Palestiniens et des Kurdes.

La « guerre contre le terrorisme » ne fait pas une stratégie et une politique extérieure. C'est la raison pour laquelle nous avons dit et nous réaffirmons que la lutte contre cette violence obscurantiste et inhumaine passe moins par les interventions militaires que par l'action politique et économique, la volonté politique de tarir les sources de l'obscurantisme, une mobilisation exceptionnelle pour l'aide au développement et l'appui aux forces démocratiques et progressistes qui sont les seules à résister à la double menace que constituent l'interventionnisme atlantiste d'une part, et la violence obscurantiste d'autre part.

C'est parce que l'hégémonie américaine est en partie le problème de cette région qu'elle ne peut en être la solution et qu'elle est en échec au regard de ses propres objectifs. Ce sont peut-être particulièrement les initiatives du président Obama en août dernier pour monter une coalition contre l'Organisation de l'État islamique tout en reconnaissant l'absence de stratégie réelle à mettre en œuvre d'une part, et d'autre part les évolutions de la crise ukrainienne qui ont mis au grand jour le déclin de l'hégémonie américaine.

La société américaine elle-même est en crise. Même si le pays connaît un moment de reprise avec la création de plus de 320 000 emplois non agricoles et une hausse de salaires, certes inférieure à la

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croissance, les mobilisations nées de la tragédie de Fergusson confirment non seulement l'ampleur des inégalités et dysfonctionnements de la société américaine mais aussi la colère et l'exaspération d'une partie grandissante de son peuple, bien qu'elle soit privée de débouché politique transformateur. Il est toujours stupéfiant de constater le peu de cas qui est fait dans les médias et les commentaires politiques des événements de Fergusson depuis 6 mois. Certains pensent traiter le sujet en évoquant les paradoxes de l'élection du premier président noir de la première puissance mondiale et la survivance de la discrimination et du racisme. Le véritable paradoxe est le fossé pour les Américains eux-mêmes qui existe entre l'image et la réalité, l'image d'une nation qui prétend imposer à tous son modèle de société exemplaire et la réalité d'une société en souffrance sociale profonde et au système politique verrouillé.

Avec la fin de la guerre froide, et dans un contexte d'offensive néolibérale, c'est la politique de la peur qui a conditionné les relations internationales – provoquant au passage aux États-Unis, en France, en Grande-Bretagne, des reculs démocratiques en matière de droits et libertés sans précédents depuis 1945. Et cette politique est non seulement néfaste mais en échec patent car elle est inadaptée à un monde plus interdépendant et donc potentiellement plus solidaire.

Le mouvement d'offensive néolibérale a également imposé des initiatives internationales illégitimes qui ont pris le pas sur les instances multilatérales légales et fondées sur le principe d'égalité des peuples et des nations devant le droit international – qui est lui-même le fruit d'un rapport de forces.

Les Sommets des G7 puis G20 se sont accaparé les enjeux économiques, en excluant les représentants des trois-quarts des peuples de la planète de ces cercles de décisions autoproclamés et d'entre soi, au détriment notamment de l'ONU et de ses agences qui ont été systématiquement disqualifiées en la matière.

L'ONU a, qui plus est, été discréditée en justifiant des interventions militaires ou des blocus qui ont mis à genoux des peuples entiers comme le peuple irakien. La prise de pouvoir de la finance sur la politique compromet l'existence même d'institutions multilatérales dans un moment historique où les puissances sont confrontées à leur impuissance6 sur la scène internationale, à des crises de société profondes et à leur absence de vision d'avenir.

Des relations internationales entravées par des acteurs non-étatiques aux intérêts particuliers

Qui fait la politique extérieure des États-Unis ? Pas ses citoyens, loin s'en faut, pas plus que son seul personnel politique. Les firmes multi- et transnationales sont désormais des décideurs qui exercent leur influence aussi sur la scène internationale. Plus aucun président, et c'est vrai de tous les présidents de la planète, ne se déplace en visite officielle sans être entouré de représentants et de dirigeants de grosses entreprises, lesquels traitent d'ailleurs de plus en plus directement avec des chefs d'État que bien souvent ils méprisent, pour peu que leur chiffre d'affaires dépassent le PIB du pays de leur hôte.

L'offensive néolibérale et la financiarisation de l'économie ont donné les pleins pouvoirs à des consortiums qui ne représentent pas les intérêts d'une nation mais qui estiment en faire la

6 . Bertrand Badie, L'impuissance de la puissance, CNRS-Éditions, coll. « Biblis », 2e éd., 2013.

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« réputation ». La dérégulation, l'expansion du libre-échange et la domination mondiale de la finance qui cherche à s'affranchir de toute souveraineté des États ont donné naissance à une criminalité en cols blancs qui joue avec les économies de pays entiers et passe allègrement dans les zones grises des blanchiments d'argent des narcotrafics et de la corruption.

Une étude publiée en 2011 par trois chercheurs suisses de l'École polytechnique de Zurich révèle que

« les participations de 737 firmes dans les autres entreprises du réseau mondial leur permettent de contrôler 80 % de la valeur, mesurée par le chiffre d'affaires, de la totalité du réseau. Surtout, 147 firmes contrôlent 40 % de cette valeur totale. Les trois-quarts de ces 147 appartiennent au secteur financier : banques, assureurs, fonds d'investissements, etc. L'ampleur des participations leur permet de se contrôler mutuellement, ce qui en fait donc une ''super entité économique dans le réseau global des grandes sociétés''. On serait en présence non de la domination directe de l'économie et de la finance mondiales par un nombre restreint de multinationales puissantes, mais plutôt d'un contrôle sur d'autres firmes via une toile de relations de détentions directes ou indirectes qui s'étend sur de multiples pays.7 »

Cela révèle qu'un nombre très limité d'individus forme une oligarchie dans les mains de laquelle se concentre le contrôle du capital. Cette oligarchie, pour faire du chiffre, doit toujours agrandir son réseau d'influence et de connivence. Et l'influence, ça s'achète.

Si la corruption des classes dirigeantes, des élites, est devenue un phénomène planétaire préoccupant, quotidiennement présent dans l'espace médiatique, c'est parce qu'il s'est développé au point de poser en grand un problème démocratique, et parce qu'endémique elle est devenue un des éléments de la crise politique, démocratique et institutionnelle que traversent les peuples sur tous les continents.

Les manifestations qui ont donné lieu à la fuite de Blaise Compaoré au Burkina Faso, celles qui au Mexique continuent de réclamer vérité et justice pour les 43 étudiants disparus et la crise politique qu'elles ont engendrée pour le parti au pouvoir montrent que les peuples peuvent gripper cette machine devenue si complexe.

Traité uniquement sur un plan moral, le thème de la lutte contre la corruption donne lieu à des réponses politiques démagogiques : les élites, mais par extension les militants politiques, les élus qui sont en bloc assimilés aux élites, sont contestés, et il suffirait d'en changer pour résoudre le problème. Or, avec le capitalisme financiarisé et sa domination, la corruption est devenu un rouage systémique. C'est donc bien là le cœur de l'affrontement.

C'est une question politique qui nous affecte de plein fouet en France et en Europe, et que nous devons traiter dans nos interventions au plan national comme international car, je l'ai dit, les démagogues en font leur miel et peuvent réussir à détourner les aspirations démocratiques populaires vers des impasses régressives et autoritaires.

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7 . Jean-François Gayraud, Le nouveau capitalisme criminel, Odile Jacob, 2014, p. 283.

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Dans ce contexte et ces évolutions internationales, la politique extérieure de la France a manqué, en les méprisant, les tournants historiques de ce début de siècle.

Les erreurs et impasses de la politique extérieure française

La politique internationale de la France n'est pas une politique extérieure mais une politique étrangère sans vision, sans ambition, entièrement dictée par les orientations politiques de l'OTAN, enfermée dans des carcans idéologiques hérités du XIXe siècle – le président français n'a-t-il pas, en plaidant pour des bombardements en Syrie en septembre 2013, invoquer la « responsabilité de punir » ?

Les dirigeants actuels de la France considèrent que le rôle de notre pays est, dans les données de la mondialisation capitaliste, de garantir son statut de « puissance d'influence », non pour remettre en cause les logiques de domination mais pour en tirer le meilleur parti possible. Le monde serait trop complexe, trop « brouillé », trop dangereux pour se passer d'un leader mondial et de leaders régionaux.

Membre permanent du Conseil de sécurité de l'ONU et co-auteure de la Charte des Nations unies, pays hôte de l'UNESCO et du Conseil de l'Europe, membre fondateur de l'Union européenne dont elle abrite le Parlement à Strasbourg, co-fondatrice et pilier de l'Organisation internationale de la Francophonie, la France occupe au plan économique le 5e rang des puissances mondiales, mais que fait-elle de la place qui est la sienne dans ces instances et institutions internationales ?

La liste des erreurs, des errements et des impasses de cette politique est très longue, je veux en pointer 5 essentiels :

• En Europe, l'abandon de toute ambition de renégociation du Pacte budgétaire et de refondation de l'UE, et son absence de combativité sur le dossier du Traité transatlantique.

• Toujours en Europe, la part prise à une logique d'épreuve de force avec la Russie et de passage en force de l'accord d'association de l'Ukraine avec l'UE qui a nourri la crise ukrainienne.

Au Proche et au Moyen-Orient, son alignement sur la politique de Benjamin Netanyahou en Israël, sur celle d'Erdogan en Turquie, sur celle de l'Arabie saoudite qui ne veut pas d'un accord sur le nucléaire civil avec l'Iran, enfin son ambition belliciste face à la crise syrienne et son jeu trouble en Tunisie puis en Égypte abandonnant les forces progressistes.

• En Afrique, encore et toujours considérée comme « zone d'intervention prioritaire » de l'Ouest à l'Est du continent, le refus de s'attaquer au véritable problème de la dépendance des économies de l'Afrique francophone vis-à-vis de la France, du fardeau pour ces économies du Franc-CFA accru depuis le passage à l'euro, de l'affaiblissement des États dont les ressources nationales ont drastiquement diminué avec les années d'ajustement structurel, et le refus de se tourner vers l'Afrique anglophone et lusophone ou même de soutenir les militants des droits de l'homme et la démocratie dans les dictatures et régimes autoritaires comme le Tchad ou Djibouti qui accueillent des bases militaires françaises ou appuient son action sur le terrain.

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• Vis-à-vis de l'Amérique latine et de l'Asie-Pacifique, enfin, le refus de saisir les opportunités de construire de nouveaux types de partenariats au moment où les pays émergents, je l'ai dit, travaillent à de nouveaux instruments de développement et de coopération.

Sans aucune contestation de l'ordre existant, cette politique est une suite d'actions (ou d'inactions) au coup par coup, clientéliste et le plus souvent arrogante. La mission centrale de notre diplomatie serait de permettre la conquête de parts de marché et la gestion d'une certaine « stabilité ». Non seulement cette politique ne donne pas les résultats recherchés mais elle n'offre aucune perspective. Elle ne fonctionne pas sur des principes politiques mais sur des émotions, des leçons de morale, des valeurs archaïques et rétrogrades, des considérations mercantiles.

Depuis son retour dans le commandement intégré de l’OTAN, notre pays n'a plus ni véritable visée propre de politique extérieure, ni stratégie de défense indépendante. Une liaison dangereuse a même été établie entre le concept de défense et celui de sécurité intérieure. La politique de défense nationale se réfère à l'« Europe de la défense » pour mieux s'enfermer dans une communauté occidentale « de valeurs et d'intérêts » entièrement sous contrôle de l'OTAN. Cette politique a appauvri la pensée stratégique et géopolitique de notre pays ; elle a même créé du vide stratégique.

Nous sommes confrontés au paradoxe de voir une armée française qui, depuis la fin de la guerre d’Algérie, n’est jamais autant intervenue à l’extérieur des frontières de notre pays, et pourtant qui n’a jamais été aussi paupérisée et aussi peu en situation d’assurer la défense du territoire national. Et permettez-moi d'en dire un mot.

Nous sommes, en effet, passés en moins de 20 ans d’une armée de conscription dont la fonction était la défense du territoire national à une armée professionnelle en voie de privatisation, intégrée à l’OTAN et dont les derniers moyens sont concentrés sur les opérations extérieures, la dissuasion et le renseignement. Pour la première fois depuis le XVe siècle, l’État perd le « monopole de la violence armée » et cède légalement le droit à des sociétés de mercenaires, équipés d'armes de guerre, d’assurer la protection des navires voguant pour le compte d’armateurs français. De même, des compagnies françaises comme Areva ou Total, sous couvert de sécurité, entretiennent de véritables armées privées en Afrique.

Dans le même temps, le budget de la défense hors pension est passé de 3 % du PIB en 1983 à 1,5 % du PIB, c'est-à-dire aux limites du nécessaire requis. La professionnalisation, l’externalisation au privé, les partenariats public-privé et la réintégration à l’OTAN ont été un véritable gouffre financier. Résultat : une armée mal équipée, une armée mal payée et une armée où les déroulements de carrière sont bloqués et avec un plan social qui prévoit la suppression de 34 000 emplois d’ici à 2019. Nous avons une armée qui va mal, dont les cadres les plus brillants votent par dépit et dont la masse est de plus en plus sensible aux chants de sirènes du FN.

Face à cette défaite de la pensée et de la volonté politique, nous voulons mettre en débat dans la société française une conception de la défense nationale qui permettrait à la fois de protéger notre pays et notre peuple, et d'avancer résolument vers un monde plus juste et plus solidaire en faisant progresser, de manière multilatérale, la paix et le désarmement.

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Au XXIe siècle, au temps de la mondialisation des échanges, de la révolution numérique, de la raréfaction des matières premières, des crises climatiques, de la transition énergétique, une politique de défense assurant la paix et la souveraineté à notre peuple n’est pas uniquement une question militaire. On ne peut mettre en œuvre une politique de défense sans penser sécurité pour tous, et donc éducation, recherche et développment, politique industrielle et technologique, santé, démographie, agriculture, maîtrise et protection des ressources naturelles...Notre pays doit se réapproprier une politique et une stratégie de défense républicaines.

C’est pourquoi, dans un monde où de nouveaux dangers se conjuguent à de nouvelles solidarités et à de nouveaux possibles, nous avons besoin d’urgence d’un vrai débat politique sur les questions de défense et de sécurité collective débouchant sur de nouvelles institutions. Dans un siècle comme le nôtre, il est n'est plus possible qu’un homme seul, le président de la République, décide de l’emploi de la force armée, de l'entrée en guerre ou de l’usage du feu nucléaire.

Oui, il faut ouvrir le débat sur la défense. Il faut parler de sécurité collective « euro-méditerranéenne » et de cadre de coopération et de sécurité commune de l’Atlantique à l'Oural, plutôt que de « défense européenne», et porter l'exigence de faire de l'Europe une zone dénucléarisée. Il faut porter l’exigence de sortie de l’OTAN et de dissolution de cette organisation belliciste. Il faut ouvrir la question du lien armée-nation dans un cadre de renationalisation-déprofessionnalisation de l’armée et de la création d’un pôle public des industries de défense, avec comme ambition une véritable politique de diversification et de reconversion vers le civil au fur et à mesure des progrès du désarmement multilatéral. Il s’agit aussi refuser le service civique de François Hollande qui s’apparente à la corvée médiévale et de reposer la question de la contribution dans des formes nouvelles de chaque citoyen et citoyenne à la défense de son pays et de valeurs républicaines de liberté, d’égalité et de fraternité.

La France pourrait prendre quatre initiatives : agir pour une réforme et une démocratisation de l'ONU, sortir de l'OTAN tout en prenant publiquement position pour faire de l'Europe une zone dénucléarisée, refonder sa politique de partenariats et ouvrir le débat et la concertation avec les pays membres de l'UE et avec le Parlement européen pour engager une refondation des traités européens.

Dans ces conditions, notre responsabilité est de faire renaître l'espoir, la volonté et la confiance dans un monde de paix et de solidarité et de participer dès maintenant à construire les voies pour y parvenir en appuyant et en prenant toutes les initiatives qui vont dans ce sens.

L'action du PCF, propositions et axes de travail J'énoncerai ici les grands axes du travail dans lequel nous sommes engagés, ainsi qu'un certain

nombre de propositions.

Je veux d'abord dire quelques mots de la façon dont le secteur international est organisé. Ce secteur a pour vocation de nourrir le débat politique, d'encourager la prise d'initiatives et la mise en mouvement, d'instruire les analyses et positions des communistes et de leur direction.

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Une commission des relations internationales (une quarantaine de membres) se réunit tous les quinze jours pour y travailler, et toutes les semaines les responsables de collectifs de travail, commissions et réseaux travaillent en réunion d'animation. Notre activité couvre 5 zones géographiques ou régions : l'Amérique latine, l'Afrique, l'Asie, l'Europe, le Proche et le Moyen-Orient, auxquels il faut ajouter les Caraïbes-océan Indien ; dispositif complété par deux réseaux : le réseau PCF-Kurdistan et le réseau PCF-Palestine, tous deux coordonnés par une membre du CN, ainsi que le suivi par des camarades à titre individuel de l'actualité des USA, de la Turquie, de l'Ukraine et la Russie, de l'Afghanistan, de la Chine, du Vietnam pour citer les principaux.

Depuis le dernier congrès, le secteur couvre également le réseau des Français de l'étranger, et la commission Défense nationale-Paix-Sécurité-Désarmement coordonnée par Yann Le Pollotec, développe son action pour la paix sous l'impulsion de Mélanie Tsagouris. Un collectif Europe animé par Gilles Garnier et Anne Sabourin travaille à la mise en œuvre par le Parti des initiatives prises par le Parti de la gauche européenne que nous présidons, à travers Pierre, depuis 2010, et aux liens avec les partis européens qui ne sont pas membres du PGE ou de la GUE.

Nous travaillons ponctuellement ou dans la durée avec plusieurs secteurs du CN : environnement- énergie-écologie, économie, droits des femmes, agriculture, ainsi qu'avec nos parlementaires, en particulier ceux qui siègent aux commissions des Affaires étrangères et de la Défense nationale, et les fondations et groupes ou revues de recherches: Fondation Gabriel-Péri, LEM, Transform!, Recherches internationales.

Un bulletin mensuel – la Lettre des relations internationales – paraît sous forme numérique. Il demande, comme pour toutes les publications des secteurs de travail du Parti, à être beaucoup mieux diffusé dans le Parti même – les circuits actuels d'information des communistes demandent à être réorganisés.

Toute notre action, je le répète, est irriguée du combat pour la paix et la solidarité.

La paix signifie la sécurité en tous domaines, droits et justice, mais à lui seul le combat pour la paix appelle des initiatives qui ont trait aux enjeux de désarmement et dénucléarisation :

• C'est le sens d'abord de notre participation du 23 avril au 2 mai à New York, à la délégation française qui se rendra à la conférence du traité de non-prolifération des armes nucléaires. La délégation est organisée par le Réseau ICAN auquel nous participons.

• C'est le sens ensuite de la délégation du PCF conduite par Pierre Laurent que nous organisons en août au 70e anniversaire des bombardements d'Hiroshima et Nagasaki. Très important anniversaire en raison du contexte international mais aussi des changements constitutionnels imposés au Japon, sous pression des États-Unis, pour autoriser les « forces d'auto-défense », c'est-à-dire l'armée japonaise depuis 1945, à intervenir à l'extérieur du pays, notamment dans le cadre d'action de l'OTAN.

• Ancrer dans la durée la date du 21 septembre, journée mondiale de la paix, comme un moment de débat et de mobilisation populaire.

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• Il faut aussi créer les conditions d'un débat sur la force nucléaire française en posant sans caricature et sans raccourci à nos compatriotes le problème dans toute sa complexité autour de six questions :

1. En l’état actuel du monde, l’existence d’une force nucléaire française sous la seule responsabilité de notre pays est-elle une garantie de l’indépendance de la défense française ?

2. La force nucléaire française constitue-t-elle par son existence une protection efficace face à des menaces actuelles, potentielles et à venir qui pèsent ou pèseront sur notre pays ?

3. Comment faire du démantèlement de tout ou partie de l’arsenal nucléaire français un moyen pour lutter contre la prolifération et agir pour le désarment nucléaire et la sécurité du monde ?

4. Dans la situation géopolitique contemporaine, le fait pour la France de renoncer unilatéralement à l’arme nucléaire ne la conduirait-elle pas à se placer de facto sous les fourches caudines du parapluie nucléaire américain ?

5. Quels seraient le coût et le format d’une armée capable d’assurer la protection du territoire sans la force nucléaire ?

6. A l’heure de la mondialisation et des premières conséquences de la crise écologique, l’existence de l’arme nucléaire ne constitue-t-elle pas un danger insupportable de destruction pour l’humanité tout entière ?

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Nos axes de travail ne sont pas étanches, bien entendu, ils s'articulent en permanence mais pour en donner une vision claire je vous les présente et les détaille en trois parties.

Premier axe – Le soutien aux forces transformatrices et aux luttes des peuples pour leur émancipation, le travail de rassemblement de ces forces.

Je n'explicite pas les motifs de notre engagement et en précise point par point le contenu : - D'abord avec les forces et peuples du Maghreb, Proche et Moyen Orient :

 Nos priorités d'action vont au peuple palestinien dont la lutte est le principal point d'appui pour un possible changement d'époque au Proche et Moyen-Orient, et à la reconnaissance des droits politiques et culturels des Kurdes partout où ils vivent, et la solidarité avec les Kurdes qui, par les projets et expériences politiques laïcs, démocratiques, non confessionnels et multiculturels qu'ils impulsent dans la province syrienne du Rojaïa sous l'impulsion du PYD, comme en Turquie dans les municipalités dirigées par les forces du BDP et HDP, offrent un second point d'appui à une alternative progressiste dans la région.

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Nous avons pour cela édité du matériel pour l'action de masse :

1. Fascicule, affiches, autocollants, car avec la bataille pour la reconnaissance de l'État palestinien, nous voulons donner une impulsion populaire à la bataille pour la libération des prisonniers politiques palestiniens et à la bataille des sanctions contre Israël.

2. L'urgence de l'ouverture d'un corridor humanitaire vers Kobané et l'appui aux municipalités qui accueillent les réfugiés (autocollants et un 4pages), de retrait du PKK des listes des organisations terroristes de l'UE, de reprises en Turquie des négociations de paix, mais aussi l'appui à l'émissaire de l'ONU sur la Syrie et à la mise en œuvre d'un vrai processus de négociations d'un cessez-le-feu et d'une transition démocratique en Syrie. Et nous appelons largement à la manifestation du 10 janvier marquant le 2e anniversaire de l'assassinat des trois militantes kurdes à Paris.

 Nous voulons aussi renforcer notre soutien aux forces démocratiques et de progrès irakiennes pour la reconstruction d'un État laïc et démocratique en Irak et aux forces progressistes libanaises dont le pays est touché par les combats en Irak et en Syrie et isolé dans son effort d'accueil des réfugiés.

 Enfin, nous voulons porter également à un niveau de mobilisation populaire l'exigence d'un plan de dénucléarisation et de démilitarisation des factions armées en faisant pression sur les bailleurs de fonds, soutiens politiques, pourvoyeurs d'armes et de troupes, et clients du pétrole contrôlé par ces factions que sont les pétromonarchies et la Turquie.

De ce point de vue, nous portons la proposition de relancer la tenue d'une Conférence internationale sur la dénucléarisation de la région et l'exigence d'aboutir à un accord entre les 5 + 1 et l'Iran.

 Avec nos camarades de toutes les forces du Maghreb nous voulons porter le fer sur les accords UE/France/Maghreb pour en faire des outils de développement et non de domination.

- En Afrique :

 Compte tenu du redéploiement des forces françaises avec l'opération Barkhane, mais aussi des forts liens de coopération décentralisée et des liens que nous entretenons avec la diaspora malienne, nous avons créé au sein de notre collectif Afrique du secteur international un groupe de travail spécifique sur le Mali, qui en resserrant nos liens avec les forces progressistes maliennes s'est donné pour objectif de contribuer à appuyer les efforts de reconstruction, de souveraineté et de cohésion du Mali. Cette contribution passe notamment par l'impulsion d'une coordination des échanges entre tous les acteurs de la coopération décentralisée.

 La solidarité avec le peuple sahraoui porté pour l'essentiel par les femmes, l'exigence de la libération des prisonniers politiques (nous avons participé à la production d'un film qui permettra de rythmer la bataille dans les fédérations et départements).

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 Nous demeurons également attentifs et à l'écoute de toutes les forces centrafricaines et burkinabè dans leurs luttes, et nous sommes au travail pour soutenir les efforts de la gauche africaine dans sa volonté de rassemblement.

- En Amérique latine :

 Sous l'impulsion de Pierre Laurent et au travers de deux délégations qu'il a conduites à Cuba, au Venezuela, au Brésil, en Uruguay, au Nicaragua, et d'une troisième délégation qu'il conduira à partir du 14 en Équateur, Bolivie et Chili, nous voulons déployer notre intervention et aider quatre batailles à franchir un palier de mobilisation en France : outre la lutte contre Texaco-Chevron et contre les fonds vautours sur lesquelles je reviendrai dans un instant, il s'agit du combat pour la paix en Colombie et de la solidarité avec Cuba contre l'embargo et pour les Cinq de Miami – plusieurs initiatives ont été engagées en ce sens dont le séminaire et colloque co-organisé en juin dernier avec nos camarades cubains, il s'agit pour nous de franchir une étape d'élargissement militante.

- En Europe :

 Sur la situation en Ukraine : Nous voulons pousser l'action pour que la France aide à réactiver le protocole de Minsk et son contenu, à relancer le dialogue avec la Russie et travailler à des solutions de désescalade du conflit autour de l’idée d’une neutralité de l’Ukraine et d’une relance d’un projet fédéral pour restaurer l’unité de ce pays.

Nous allons nous saisir du 40e anniversaire des accords d’Helsinki en 2015 pour appuyer l’idée – dans le contexte d’aujourd’hui – d’une Conférence paneuropéenne sur la coopération et la sécurité en Europe (un « Helsinski II »), et le désengagement de l’Otan.

- Participation aux Forums sociaux mondiaux, aux Rencontres internationales des partis communistes et ouvriers :

 Nous participons autant que nos moyens nous le permettent à toutes les rencontres auxquelles nous sommes conviés en y apportant notre contribution politique et notre volonté de rassemblement. C'est dans cet esprit que nous avons participé et que nous participerons aux Rencontres internationales des partis communistes et ouvriers.

La prochaine édition du FSM se déroulera pour nous en pleine période électorale, reste que c'est un événement incontournable des forces de progrès, menacé d'ailleurs par des ennemis de nos adversaires qui ne sont pas nos amis et auquel il est inconcevable de laisser le terrain.

Le FSM 2015 aura lieu pour la deuxième fois en Tunisie où les forces de gauche ont besoin de solidarité internationale. Nous voulons créer les conditions d'une participation active de notre part au travers d'un atelier ou séminaire organisé par nos soins.

 Forum de Sao Paolo

 Notre participation au Forum de Sao Paulo depuis plusieurs années a permis de faire avancer nos relations avec l'ensemble des forces progressistes du continent. C'est un

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espace de convergences au sein duquel nous approfondissons avec nos interlocuteurs dont une grande partie sont aux responsabilités dans leur pays le débat sur les évolutions des équilibres mondiaux, la nécessité d'initiatives conjointes entre nos deux continents. Nous pensons que dans l'esprit des Rencontres Amérique latine-Europe de 2010 nous pourrions maintenant déboucher sur une relation de travail et de débat régulier dont il s'agit de décider ensemble du cadre, méthodes de travail et des contenus.

Forum européen des alternatives et la refondation de l'Europe

 J'ai insuffisamment parlé des enjeux de refondation de l'Union européenne, je l'aborderai uniquement par le biais de l'organisation à Paris les 30 et 31 mai prochain du Forum européen des alternatives décidée par le PGE.

- Nous voulons créer un nouvel espace politique, ouvert à toutes les forces politiques, sociales et syndicales qui veulent travailler avec nous à :

Réunir des forces politiques de tous les pays européens, des forces sociales, syndicales, des intellectuels, des citoyens... Dépasser la seule critique commune et construire des convergences sur les solutions Prouver qu'une alternative européenne est possible et qu'elle est en marche.

- Objectifs français dans le contexte du 10e anniversaire du NON au TCE :

Créditer l'idée d'alternative politique en France : solutions et rassemblement Faire passer un message sur la politique européenne de la France Envoyer un signal positif, d'espoir dans cette situation de crise.

- Grands axes Sortir de l'austérité et du néolibéralisme, priorité à l'emploi et au développement social et écologique Rendre les pouvoirs politiques et économiques aux citoyens Coopérer pour la paix et des échanges justes avec le monde (bataille contre Frontex) Quelle stratégie, quelle coordination des forces pour refonder l'Europe ?

 Dans le même esprit, nous serons partie prenante du Forum du Sud qui se tiendra les 24 et 25 janvier à Barcelone

Deuxième axe – Le combat pour une nouvelle architecture mondiale, le multilatéralisme, la définanciarisation de la mondialisation et la refondation de l'Union européenne.

- Mobilisation contre TAFTA : Nous voulons en faire un des axes prioritaires de la bataille des communistes dans les mois à venir avec la mise à disposition d'un matériel militant qui s'articulera à la préparation du Forum européen des alternatives.

Notre action port : 1) contre le caractère secret des négociations, 2) contre l'objectif de subornation des États aux multinationales.

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- Bataille contre les fonds vautours, mais aussi l'extraterritorialité de la Justice américaine :

 Avec les progressistes argentins, nous pouvons converger sur la question de la dette en nous engageant à leurs côtés dans la bataille contre les Fonds vautours qui sont l'expression du pouvoir que le capital financier entend exercer contre les peuples. La France a voté contre à l'ONU une résolution portée en ce sens ; une pression populaire mobilisée sur le bénéfice pour la France elle-même de gagner cette bataille peut modifier le rapport de force.

 Avec Cuba et en appui à la bataille pour la fin du blocus, il s'agit de mobiliser contre des lois votées par le Congrès des États-Unis qui menacent, en violation de la souveraineté des États et du droit international, de sanctions tous ceux, États et entreprises, qui investissent et ont des relations commerciales avec Cuba.

Les sanctions prises dernièrement par la justice états-unienne contre BNP–Paribas à qui elle a imposé une amende de 9 milliards de dollars ne sont pas acceptables. La position peu courageuse prise par le gouvernement français est préoccupante et donne l'image d'une France prête à accepter des mesures injustes qui affaiblissent le droit international et l'autorité de la France dans le monde.

 Enfin, il faut souligner le travail engagé via le secteur Agriculture avec les forces de Cuba et du Brésil sur les enjeux de souveraineté alimentaire, de développement et de coopération.

- 70e anniversaire de la Charte des Nations unies et de la création de l'ONU :

 Nous éditerons au printemps prochain une brochure inédite portant proposition d'une réforme démocratique de l'ONU, et voulons décliner un certain nombre d'initiatives autour de cette exigence : conférences et débats publics, interventions parlementaires, etc.

- 50e anniversaire de la disparition de Mehdi Ben Barka et initiative sur la Tricontinentale :

 Il s'agit d'abord, 50 ans après les faits, d'obtenir enfin l'ouverture des archives diplomatiques et militaires françaises pour que vérité et justice soient faites. Le rôle de Mehdi Ben Barka au Maroc et au plan international reste largement méconnu : nous voulons contribuer à faire connaître cette expérience historique dont le danger pour l'ordre existant était tel que son initiateur a été éliminé.

Troisième axe – Le combat pour les grands enjeux planétaires : le climat, la dénucléarisation, la souveraineté alimentaire, les biens communs universels, les droits et libertés fondamentales.

 Nous devons engager à propos de l'épidémie d'Ébola d'une part, et de Frontex d'autre part, des actions appuyant et se nourrissant de l'action de nos parlementaires européens, là encore pour que le rapport de forces par l'intervention populaire soit modifié.

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 COP21

 Les enjeux écologiques et environnementaux sont imbriqués dans le contexte mondial qui appelle à un nouvel internationalisme. Et la lutte contre le réchauffement climatique participe pleinement de l'ambition de notre ambition de porter une alternative au capitalisme. Les dérèglements climatiques sont avant les conflits et la pauvreté la première cause des migrations et mouvements de population.

Nous avons engagés un travail avec les commissions Environnement-Écologie et Énergie en invitant tous les partis et forces présents à la dernière Fête de l'Humanité. Nous sommes convaincus qu'ensemble les partis de transformation sociale ont un rôle irremplaçable à jouer pour, d'une part, faire entendre la voix des peuples et leur exigence d'émancipation humaine, et pour, d'autre part, créer les conditions de rassemblement et d'action afin de peser significativement sur les décisions du Sommet et empêcher la mainmise du pouvoir financier et des multi- et transnationales sur les choix politiques.

Nous avons un texte de pétition internationale à vous proposer. L'objectif est de peser par le mouvement populaire pour obtenir des accords contraignants pour les États mais différenciés et fondés sur des principes de solidarité et d'équité.

Trois rendez-vous en mai, en septembre autour de la Fête de l'Humanité et au cours du Sommet lui- même en novembre-décembre feraient entendre cette mobilisation politique internationale.

 Texaco-Chevron

 Nous sommes engagés avec nos amis équatoriens dans la campagne de solidarité avec les victimes de la catastrophe écologique de la région amazonienne de leur pays causé par l'exploitation du pétrole par la transnationale Chevron. Nous avons contribué avec le soutien de la sénatrice communiste Michèle Demessine à l'organisation d'une conférence de presse de l'un des avocats et avec l'un des représentants des 30 000 victimes au Sénat le 21 mai dernier. Pierre Laurent est intervenu auprès de la ministre Marisol Touraine pour demander que le Fonds de réserve pour les retraites, établissement de caractère public qui possède des actions dans cette transnationale, ne se fasse complice de ces violations des droits de l'homme.

La solidarité avec cette population meurtrie et avec la « Révolution citoyenne » en cours en Équateur donne son sens à la visite que le secrétaire national du PCF, Pierre Laurent, a effectué dans ce pays ; nous souhaitons, au retour de la délégation, amorcer une phase d'élargissement populaire de cette bataille en France ; bataille structurante en ce qu'elle met en lumière la responsabilité de transnationales dans les déséquilibres écologiques, l'appauvrissement des populations et l'exploitation des ressources au détriment du développement humain et écologique des sociétés, la menace qu'elles représentent pour la souveraineté des États et des peuples.

Merci de votre attention.

Conseil national des 12 et 13 décembre 2014. Discussion sur situation internationale ( 12 déc. ) --

Christine Mendelsohn – Bouches-du-Rhône

Pour changer les logiques de la mondialisation, il faut changer aussi celles des politiques européennes. Si la France bougeait dans ce sens, il y a beaucoup de forces disponibles en Europe pour rentrer dans cette dynamique, avec en plus l'espoir de la victoire de Syriza en Grèce. C'est l'objectif du Forum européen des Alternatives qui aura lieu en mai en France. La bataille contre le Grand Marché transatlantique est à amplifier par la signature de la pétition auto-organisée et l'articuler avec le combat des élus de gauche dans les institutions.

Xavier Compain – Côtes-d'Armor

Il nous est possible d'avancer, de cheminer sur la construction d'un nouvel internationalisme : La paix et les luttes coloniales. La souveraineté des peuples, leurs droits et démocraties. La justice écologique et la conquête de biens communs. Le défi de la faim et des résistances face à l'accaparement des terres et des océans. Face au nationalisme, c'est aux luttes et résistances face aux politiques d'asservissement aux marchés que nous sommes appelés. Cela nous appelle aux convergences d'issues alternatives face au capitalisme.

Danielle Trannoy – Gironde

Situation nationale et internationale, même combat contre le capital. Libération sociale, cadre national, internationalisme étroitement liés. Perte de souveraineté totale de la France, crise sociale et chômage de masse, terreau fertile pour les forces fascistes utilisées par le patronat. Le PCF doit et devrait ouvrir le débat sur la reconquête de la souveraineté politique, économique, monétaire pour répondre aux attentes du monde du travail et du peuple (renationaliser les secteurs prioritaires) et prendre notre droit à décider dans le cadre national. Oser la mise en cause de l'UE et USA-OTAN. Ukraine, résurgence du fascisme, stratégie du chaos visant tous les pays européens et la Russie, visant l'échec des relations multipolaires. Solidarité communiste Ukraine, Donbass, Russes.

Daniel Cirera – Seine-Saint-Denis

L'international fait partie du quotidien (accumulation d'informations, impact des conflits, mondialisation). Sa perception pèse sur les consciences. L'état du monde apparaît chaotique et imprévisible. Besoin d'une grille de lecture pertinente adaptée à la complexité et la nouveauté de la situation (face à une vision binaire). Nous vivons un moment de confrontation de grande intensité entre confrontation et coopération, intégration et exclusion, domination et émancipation, solidarité et replis. Dans des conditions inédites : acteurs nouveaux (multinationales, marchés financiers, puissances émergentes, groupes radicaux violents); la diffusion planétaire de l'information et de la communication marque les mouvements populaires ; relativisation de l'hégémonie "occidentale"; crise systémique; échec des interventions militaires (Afghanistan, Irak) ; enjeux globaux (climat, énergie, migrations, etc.). Pour la France, la défense de ses intérêts, son action pour le règlement progressiste des crises et des problèmes, appellent une intervention politique pour la redéfinition de son rôle et de son action extérieure (diplomatique et militaire) qui prenne réellement en compte ces réalités nouvelles (alliances, multilatéralisme, Europe, Afrique, monde méditerranéen, etc.). Pour le PCF défendre une vision ouverte des possibles et des contradictions, des convergences progressistes, pour l'intervention citoyenne.

Colette Mo – Alpes-Maritimes

J'attire l'attention des camarades du CN et des communistes en général sur la situation de Pinar Selek, sociologue turque, militante féministe et pour les droits des minorités et du peuple kurde. Pinar Selek aujourd'hui réfugiée politique en France est persécutée depuis seize ans par l'Etat antidémocratique turc. En 1998, arrestation, incarcérée pour complicité avec le PKK, torturée, elle refuse de donner les noms de ses contacts kurdes. Libérée sous caution, le ministre de l'Intérieur et la police montent de toutes pièces une accusation d'attentat terroriste. Malgré trois acquittements, le procureur fera appel et s'acharne à condamner Pinar et les symboles de liberté et de combativité qu'elle représente. Le 19 décembre à Istanbul aura lieu à nouveau un procès. La solidarité internationale est nécessaire, celle des communistes essentielle ! Je serai présente pour le collectif féministe du PCF. Contact : solidaritepinarselek.france@gmail.com

Paul Barbazange – Hérault

Les communistes ont besoin de ce rapport. Il aidera peut-être dans ma section, où il y a un vrai intérêt Une idée domine : « l'Europe du capital, l'UE est devenue l'arrière-cour de l'impérialisme US ». L'UE, sous la houlette des transnationales, remplace l'Amérique du Sud d'il y a 30 ans. L'OTAN est le bras armé en Ukraine, au Kosovo, auprès de pouvoirs fascistes. Pourquoi, après ce rapport, ne sortirions-nous pas la question de quitter l'OTAN, comme proposition unifiant toutes les autres sur la longue durée. Au Moyen-Orient comme en Afrique du Nord et subsaharienne se déroule un processus de recolonisation. Le tribalisme souligné dans le rapport est un grand classique. Sur ces objectifs impérialistes et de (re)- colonisation se retrouvent droite, extrême droite et une bonne part du PS. J'en mange tous les jours avec le maire d'extrême droite de Béziers. Pour terminer une simple question : « Qu'a fait le PCF sur la déclaration des partis en fin de la réunion en Equateur ? »

Patrick Margaté – Secteur international

Derrière l'apparente complexité des événements qui traversent aujourd'hui le monde arabe, quels sont les véritables enjeux ? D'abord, ce qui est au cœur ce ne sont pas des questions religieuses, même si celles-ci sont largement instrumentalisées par tous les acteurs. La cause première c'est la volonté des grandes puissances occidentales et leurs alliés dans la région de conserver leur domination, face à la montée de la contestation de nombreux peuples. Ces derniers ne connaissent aucune réponse à leurs aspirations démocratiques et sociales, qui sont combattues, dévoyées et récupérées par l'islamisme politique, les puissances occidentales et les tenants des anciens régimes.

Viviane Baudry – Ariège

Situation internationale complexe, donc mettre en exergue grands axes en lien avec ADN du PCF : le capital porte en lui la guerre et destruction de la planète (donc sortie OTAN, lutte contre multinationales meurtrières : Dow Chemicals, etc., rejet traités comme Tafta, dénucléarisation, ONU refondée...). Condamnation post/néo-colonialisme (pillage pays en lien avec traitement des « banlieues »).

Patrick Kamenka – Secteur international

La crise ukrainienne reflète les tensions des rapports Est/Ouest et s'inscrit dans le prolongement de la chute de l'URSS en 1991 avec la progression de l'OTAN. La crise en Ukraine est de plus une source de tous les dangers en Europe avec des risques de retour à la guerre froide, de crise économique, de montée des nationalismes des deux côtés. Sortir de l'OTAN oui, mais avec un contenu pour être entendu en France. Il faut aussi demander le

retrait de la France des structures du commandement militaire, lancer l'idée d'une conférence sur la sécurité européenne sans l'OTAN. Egalement proposer la neutralité de l'Ukraine, aller vers une désescalade et renouer le dialogue avec la Russie. Appuyer l'unité de l'Ukraine et le processus de Minsk pour une trêve effective. Tout cela sans omettre le soutien aux communistes ukrainiens menacés d'interdiction par le pouvoir à Kiev.

Marie-Christine Burricand – Rhône

Quelles décisions tirons-nous de ce rapport riche pour notre bataille contre la guerre impérialiste?

La campagne pour la sortie de l'OTAN est essentielle et unificatrice. Quelle place des rencontres des partis communistes ? Le capital détruit les nations pour maintenir et étendre sa domination. Après l'Irak, la Libye, l'Ukraine, la Syrie, pourquoi pas la Russie ? L'Otan est le bras armé de l'Union européenne dans cette bataille.

Aidons à dépasser les apparences et comprendre la réalité. Mesurons les points d'appui. Les États-Unis n'arrivent pas à tout justifier par le terrorisme, les gens réfléchissent à partir de ce qui s'est passé en Lybie, en Syrie, en Irak. La diabolisation de la Russie et de la Chine recule.

Faisons vivre la solidarité avec l'Ukraine.

Le 31 janvier, nous tiendrons les rencontres internationalistes de Vénissieux contre la guerre impérialiste, autour de l'antifascisme et de la solidarité aux communistes d'Ukraine, de la solidarité avec la Palestine, du socialisme à Cuba.

Obey Ament – Secteur international

Questions internationales et enjeux nationaux sont indissociables. Ils font partie de la bataille idéologique. Nous pouvons apporter une compréhension pour agir vers des citoyens qui sont impuissants devant la mondialisation, les guerres, les grands enjeux. Le PCF met au centre de son action internationale la solidarité et la recherche de convergences. Avec les forces progressistes de l'Amérique latine nous pouvons contrecarrer les accords de libre-échange proposés par l'UE à l'Amérique latine qui met en concurrence les peuples. Ces accords, avec les traités transatlantiques et transpacifiques, font partie d'un même projet que nous voulons combattre.

Raphaëlle Primet – Paris

Le collectif national Palestine s'est mis en place depuis plus d'un an, c'est un bon moyen pour avoir plus de réactivité et pour une mise en œuvre efficace des campagnes.

Netanyahou, en voulant affirmer le caractère juif de l’état essaie de transformer un conflit colonial en conflit religieux. Avec la dissolution de la Knesset, le but est de renforcer la droite extrême aux élections de mars 2015. La poursuite de la colonisation, les provocations quotidiennes et la violence d’Israël, le meurtre odieux du ministre Ziad Abou Eïn tendent une situation déjà explosive. L'Autorité palestinienne est affaiblie et le gouvernement de réconciliation fragile.

Après les vote de l'Assemblée nationale et du Sénat, agir pour la reconnaissance immédiate par Hollande et appuyer les initiatives d'Abbas au Conseil de sécurité, avoir un effet

d’entraînement pour les votes de la Belgique et du Danemark et surtout de l'Union européenne. les batailles doivent monter autour des prisonniers politiques et de M. Barghouthi, de l'arrêt de la colonisation et des campagnes BDS.

Elisabeth Gauthier – Essonne

Nous devons anticiper en terme de rassemblement et de mobilisation la possible victoire de Syriza aux prochaines élections générales. Ce ne sera pas seulement un fait grec, mais un fait européen. Tous ensemble en Europe, nous devons modifier dans nos propres pays les rapports de force pour faire respecter les choix majoritaires du peuple grec qui ouvriront aussi pour nous une brèche. Il s’agit d’en faire partout en Europe un point de départ pour stopper l’austérité et changer d’orientation en Europe. Une victoire et un gouvernement Syriza ne seront pas un fait extérieur, mais intérieur. Solidarité dans ce cas signifie agir tous ensemble.

Laurent Péréa – Dordogne

La complexité des questions internationales appelle solidarité, dialogue, explications et mobilisations. Besoin d'envahir tous les espaces d'échanges progressistes. La conférence internationale des PC et ouvriers en Equateur en est un où nous étions. Y est apparue la difficulté de certains PC à se projeter dans la réalité des situations et des besoins de rassemblement, et la diversité d'appréciation n'a pas permis une déclaration finale commune. Mais le positif vient des principales forces communistes (Cuba, Venezuela...) qui, en appui sur les changements progressifs en Amérique latine, les rassemblements d'engagements divers, les projets alternatifs basés sur des coopérations régionales garantissant la souveraineté, participent à un internationalisme permettant l'action, les convergences, l'exigence d'espaces de travail aux contenus spécifiques pour mieux appréhender les enjeux de la globalisation capitaliste. C'est aussi ce que nous avons porté à cette conférence.

Dominique Bari – Secteur international

Un des faits majeurs de ces vingt dernières années : émergence de la Chine, son développement, sa croissance (1,3 milliard d'habitants). Le phénomène a transformé en profondeur les questions internationales et rendu possible des grands accords. Création d'une banque et réserve de change commune décidée par les BRICS. Une autre en Asie agréée par 21 pays signataires. C'est un signe fort pour contrer l'hégémonisme américain et les accords de Bretton Woods. Nous avons besoin de travailler sur la Chine, de comprendre ce qu'il s'y construit dans toutes ses contradictions. Nous avons des divergences mais aussi des intérêts communs et des champs possibles de coopération. La Chine, par exemple, est en train de mettre en place un système de protection sociale ; elle a décidé des hausses de salaire de 30 à 40 % du Smic en dépit des menaces des investisseurs occidentaux.

Remerciements pour leur aide précieuse à Jacqueline Lamothe, Marianne Parmigiani, Marie-Noëlle Postel, Alain Vermeesch, et Monique Renault .

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Published by bruno fornaciari - dans PCF conseil national
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20 décembre 2014 6 20 /12 /décembre /2014 00:32

Conseil national – 13 décembre 2014 Rapport d’Alain Hayot

Cher-e-s camarades,

A la suite du récent congrès du FN à Lyon, Le Monde empruntait au discours de clôture de Marine Le Pen le titre de son compte rendu : « La vie politique bat au rythme du FN ». Malheureusement il est de plus en plus difficile de nier cette réalité et désormais le combat contre le FN n’est plus périphérique ni secondaire, il est devenu central en même temps qu’il s’élargit au combat contre l’ensemble d’une droite radicalisée qui connaît un vaste processus de recomposition politique sous influence populiste.

L’entreprise mariniste de « dédiabolisation » est en partie réussie et le cordon sanitaire auquel le FN était confronté existe de moins en moins. Nous sommes entrés en quelque sorte dans un processus de normalisation de la présence du FN dans le paysage politique. On l’a vu aux européennes où la liste emmenée par Marine Le Pen arrive en tête avec presque 25 % des voix. L’abstention massive à gauche du fait des politiques d’austérité française et européenne, comme les interrogations sur les questions que pose la place de la France en Europe et de l’Europe dans le monde ont fortement contribué à ce résultat. On l’a vu aussi aux municipales où l’extrême droite et ses alliés réussissent leur implantation dans une quinzaine de villes avec de jeunes maires et une capacité à opérer des alliances locales qui leur a permis d’élire 2 sénateurs.

Le plafond de verre du scrutin majoritaire à 2 tours n’empêchera plus l’élection de nombreux conseillers départementaux bleu marine (les sondeurs parlent de 50 à 80) et les mêmes sondeurs nous prédisent que 2 régions, le Nord-Pas-de- Calais-Picardie et Provence-Alpes-Côte d’Azur sont fortement menacées en décembre 2015 de se doter d’un exécutif dominé par le FN.

Enfin, tout se passe comme si on voulait nous persuader que le séisme politique de 2002 pouvait devenir un résultat « normal » en 2017 et que la seule question posée était de savoir qui serait en face de Marine Le Pen au second tour. On le voit, il est désormais urgent de prendre la mesure du problème politique auquel nous sommes confrontés. Et s’il nous faut refuser le mythe médiatique de « l’irrésistible ascension » de Marine Le Pen jusqu’à la magistrature suprême, il nous faut néanmoins, comme le dit le sociologue Jean-Yves Camus, constater que « ce qui était de la science-fiction il y a 10 ans ne l’est plus tout à fait ». Il faut, ajoute-t-il, être ni alarmiste ni incrédule mais prendre acte que la dynamique politique et les possibilités d’élargissement existent de ce côté-là de l’échiquier politique.

Rien n’est fatal, mais tout nous conduit à l’urgence d’une contre-offensive et c’est tout le sens de cette introduction dont l’objectif est de soumettre au débat tout à la fois les pistes de compréhension du phénomène et les chantiers pour le combattre.

Trois parties à ce rapport : 1. De quoi le FN est-il le nom ? 2. De quoi le national-populisme est-il le symptôme ? 3. Comment le combattre et mener la contre-offensive ?

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De quoi le FN est-il le nom ?

En premier lieu de quoi n’est-il pas le nom ? Le FN n’est pas le retour d’une histoire terrible, celle des années 30/40, non pas seulement parce que comme disait Marx l’histoire ne se répète jamais à l’identique, mais parce que « diaboliser » le FN en le renvoyant au fascisme et au nazisme nous conduit à occulter le fait qu’il est le produit des contradictions d’aujourd’hui, qu’il se veut une alternative ici et maintenant à la crise que traverse la France et l’Europe. La diabolisation ça ne marche plus, car les idées lepénistes, surtout depuis l’aggiornamento mariniste, sont une forme de réponse aux interrogations actuelles des Français apeurés par l’ampleur et la durée de la crise, soucieux de leur identité face à une globalisation et une Europe qui leur apparaît brutale, anonyme et uniformisatrice, troublés enfin par l’absence de toute perspective alternative clairement lisible en particulier à gauche.

En second lieu, nous avons trop longtemps défini le FN tel qu’il le souhaitait lui-même, comme hors système et hors du clivage droite/gauche, une sorte de maladie honteuse, dont il fallait parler le moins possible et s’en débarrasser à n’importe quel prix.

Le FN n’est pas hors système : il est le produit de notre société et nous en sommes collectivement responsables. Il n’est pas non plus hors du clivage droite/gauche : il appartient clairement à la droite et à l’extrême droite, tant du point de vue de son inscription dans l’histoire, de la nature de son électorat que du projet politique qu’il porte.

En troisième lieu, cette vision du FN en termes d’extériorité nous a conduits à installer autour de lui un cordon sanitaire, le Front républicain, stratégie d’évitement du problème, qui réunit indifféremment des forces issues de la gauche comme de la droite, sans projet politique autre que la défense d’une République elle-même sans contenu clairement identifié.

Faut-il continuer de défendre un Front républicain vidé de tout sens du fait que les digues entre droite et extrême droite ont sauté et que les politiques menées par la droite comme par l’actuel pouvoir ont la même inspiration, ce que le FN nomme l’UMPS. Ce serait n’avoir comme seul horizon que la défense des politiques libérales et la 5e République. Faut- il pour autant en déduire qu’il faut cesser, dans le cadre d’un mode de scrutin à 2 tours, de faire barrage au FN ? Bien évidemment non. Mais il ne faut pas le faire au nom du Front républicain mais au nom du refus de ce que représente le FN qui est aux antipodes de ce que nous sommes.

En vérité la recomposition de la droite se fait sous l’influence du populisme parce qu’il apparaît de plus en plus comme la roue de secours de sa propre crise et le moyen de perpétuer la domination sans partage du capital. Cela fait plusieurs années que la droite, dite républicaine, est le champ- clos d’affrontement de personnes, révélateur de fractures idéologiques balançant entre néolibéralisme et autoritarisme, populisme et ultra conservatisme, comme si se préparait l’éclatement de la droite. Les digues ont sauté localement entre UMP et FN et même entre UDI et FN. Les passerelles sont très nombreuses dans les départements et les villes mais également dans les lieux où se croisent et s’élaborent les projets et les futures alliances : des clubs comme l’UNI ou des magazines comme Valeurs actuelles, des rencontres au sein des mouvements sociaux tels la « manif pour tous », les « bonnets rouges » ou encore le mouvement des « pigeons ». La porosité des électorats dans les deux sens est de plus en plus évidente, élections après élections, et toutes les études convergent pour dire qu’1/3 des Français adhèrent aux idées de Marine Le Pen, plus de 60 % de l’électorat de l’UMP souhaitent désormais une alliance avec le FN. Certes, nous n’en sommes encore pas là, mais soyons attentifs au fait que la recomposition politique à droite, tel un train qui en cache un autre, favorise une autre recomposition, celle qui pousse les actuels leaders

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socialistes vers l’abandon de toute référence au socialisme et à la gauche au profit d’une force politique centriste, sociale-libérale, démocrate à l’américaine ou à l’italienne.

La dernière fausse bonne idée que je voudrais écarter est celle qui nous a conduits trop longtemps à croire que le vote FN était un simple cri de colère, un vote protestataire contre les « élites », (« la place est bonne »), contre la corruption le (« tous pourris ») ou encore contre l’incapacité de la politique à résoudre leur problème, le (« tous impuissants »). Nous serions encore dans l’idée que le vote FN est un vote passager, alors qu’il est de plus en plus un vote d’adhésion à une vision de la société, à une conception des rapports sociaux. Le projet lepéniste s’est engouffré dans la crise du sens que connaît notre société et les pertes de repères qu’elle provoque et il s’inscrit dans un processus de conquête d’une hégémonie culturelle que l’on a pris l’habitude de nommer la lepénisation des esprits et qui est le préalable à une conquête du pouvoir.

Toutes les études montrent la droitisation des esprits, l’émergence d’un populisme culturel qui est en train de faire de grands dégâts et la progression sensible du sentiment raciste et xénophobe, mais aussi homophobe. Certes, c’est très majoritairement le cas dans l’électorat de droite qui fournit encore le gros des électeurs du FN, mais ne nous le cachons pas, le peuple de gauche n’y est pas insensible. Il subit le poids des idéologies dominantes, y compris dans nos propres rangs, et il n’est pas impossible que l’élargissement électoral du futur FN, quel que soit son nom, se fasse désormais au sein de l’armée des déçus de la gauche.

De quoi le FN est-il donc le nom ? Dans une quinzaine de pays européens, car il ne s’agit pas d’un phénomène franco-français, est en train d’émerger une nouvelle droite réunissant des forces issues d’une droite néo-conservatrice décomplexée et d’une extrême droite néo-populiste tout aussi décomplexée. En Europe, parce que c’est le projet européen ultra libéral, austéritaire et mondialiste qui a servi de déclencheur et qui nourrit plus que jamais ce mouvement. C’est à cette échelle que s’expriment fortement les craintes des Européens sensibles au fait que l’Occident, blanc et chrétien, est en train de perdre sa domination sur le monde. C’est donc d’abord en termes de défense de la « civilisation » contre toutes les « forces du mal » qui nous viennent des « continents », « des religions » et « des races » hier sous tutelle, que ce mouvement s’est construit. Cette convergence se fait autour d’une idéologie que je qualifierai de national- populiste. Celui-ci se pose en alternative au libéralisme mais en aucun cas au capitalisme, car le national-populisme porte lui aussi le projet d’une société marquée par les dominations, les inégalités et toutes les formes d’exclusions.

Au modèle libéral il veut substituer une autre vision du capitalisme, repliée sur les frontières nationales et instaurant la concurrence à cette échelle, promouvant des régimes autoritaires décidé à affronter les nouveaux « barbares » qui menaceraient notre civilisation. C’est dans cette perspective qu’il définit de nouvelles formes de racisme et d’exclusion islamophobe et africanophobe notamment. Sans que l’antisémitisme recule nourrit par des idéologies, Soral- Dieudonné qui ne sont que la face inversée de la même médaille populiste.

Enfin et ce n’est pas le moins important, ce national-populisme prône le retour aux valeurs qu’il estime « naturelles » de la famille traditionnelle de l’autorité, du patriarcat et de la domination masculine. Il rejoint par-là, dans des formes moins violentes, les intégrismes religieux qui caractérisent les populismes prospérant sur d’autres continents.

Le national-populisme provoque un séisme politique tel que le risque est grand de voir s’installer un face à face entre deux pôles politiques réactionnaires le néo-libéralisme d’un côté et le national-populisme de l’autre. Face à face mortifère pour l’avenir si une alternative de gauche ne

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parvient pas à se construire en France et en Europe fondée sur le projet d’une nouvelle société d’émancipation humaine.

De quoi le national-populisme est-il le symptôme ?

Revenons à la France et à ces 30 dernières années qui ont vu la montée du lepénisme. Quelles sont les causes de la progression de ses idées, de son influence sur la société et de son inscription durable dans le paysage politique ?

Trois processus me semblent importants à analyser pour mieux le comprendre et le combattre. 1) La crise sociale :

En premier lieu, bien sûr, il faut interroger la crise sociale, son ampleur et sa très longue durée. Un jeune de 25, 30 ans est né dans la crise, l’a toujours connue et tout son comportement est dicté par l’idée qu’elle va durer encore longtemps.

La crise sociale c’est bien sûr le cortège de précarisation généralisée fait de chômage, d’échec scolaire, de ségrégations multiples et variées, d’inégalités face au logement, à la santé, à la culture et au savoir. C’est aussi des divisions fortes entre classes populaires urbaines marginalisées et classes moyennes périurbaines ou néorurales en voie de déclassement et à l’intérieur des classes populaires, entre gens dits « d’origines », et gens dits de « souche ». C'est aussi, dans les entreprise, l'opposition récurrente entre fonctionnaires du public et salariés du privé, la division entre les salariés sous statut et les intérimaires, entre les CDI et les CDD ou encore entre les ouvriers détachés français et les immigrés. Mais la crise sociale c’est surtout un immense processus de désocialisation : affaiblissement des politiques sociales, démantèlements des services publics, déstabilisation de l’ensemble des solidarités que la société française a produit depuis la libération et le CNR.

C’est cela qui provoquent les angoisses pour l’avenir avec la hantise du déclassement. S’installe alors un imaginaire de la peur qui suscite des divisions, des replis sur soi, le racisme mais aussi des pertes de repères idéologiques permettant aux idées obscurantistes et rétrogrades de se répandre. Le populisme surfe sur ces peurs et ces divisions pour mieux faire partager ses idées et son projet qui contribuent ainsi à leurs aggravations.

2) La crise politique :

Dans le même temps, la crise politique constitue un processus aggravant la crise sociale. Jamais le rapport au politique n’a été aussi distendu et celui-ci aussi rejeté : la politique est vécu comme n’ayant plus de pouvoir vis-à-vis des oligarchies financières et les politiques apparaissent davantage préoccupés par leurs intérêts propres que par l’intérêt général.

Cette crise n’est pas une simple crise de la représentation mais une crise de l’ensemble du système institutionnel. Elle est à l’origine d’une immense fracture démocratique entre le peuple et les « élites » (élus, médias, experts...) qui pensent et décident à sa place et lui impose des politiques contraires à ses intérêts. Et quand ils expriment un avis, le non au TCE par exemple, il n’en est pas tenu compte, de même que les engagements électoraux ne sont pas tenus. Là encore le FN qui n’a pas été mêlé au pouvoir depuis fort longtemps s’appuie sur cette méfiance et ce rejet pour mieux apparaître comme une force politique neuve et novatrice alors que c’est tout le contraire.

3) La crise du sens :

Enfin notre société, comme l’a affirmé notre dernier congrès, ne subit pas seulement une crise économique, sociale et institutionnelle. C’est à l’émergence d’une véritable crise du sens que nous sommes en train d’assister. Une crise du sens de l’existence de chacune et chacun d’entre nous face à notre avenir comme à celui de la société à laquelle nous appartenons. Jamais le « no futur » n’a été autant partagé. Mais cette crise du sens prend toute sa dimension politique parce qu’elle ne trouve pas seulement ses origines dans la crise économique mais aussi dans la crise des modèles politiques émancipateurs, réformistes ou révolutionnaires, qui ont marqué l’histoire de la gauche française. Leur capacité à comprendre le monde et à le transformer, l’idée même qu’ils peuvent contribuer à changer la vie sont sérieusement mis en cause. Face au rouleau compresseur du capitalisme mondialisé, financiarisé et productiviste qui aliène la condition humaine, la nature et la culture, le ralliement d’une part importante de la gauche aux thèses libérales et la non visibilité toujours à gauche d’un nouveau récit émancipateur, d’une nouvelle perspective alternative, voire tout simplement d’un espoir de changement constitue la raison fondamentale de la montée du populisme. Celui-ci s’est engouffré dans cette crise du sens et dans le déficit de perspective à gauche. Il se pose ainsi en alternative et prône à sa manière le retour de la politique et des valeurs, celles de la droite la plus réactionnaire.

Pour cela il s’inscrit dans l’air du temps qui valorise le passé, s’inquiète de toutes formes de diversité culturelle, de toute avancée novatrice. Cet air du temps médiatise quotidiennement Eric Zemmour, élit Alain Fiekeltraut à l’Académie française, se bat contre le mariage pour tous, l’égalité femmes/hommes à l’école et dans la société, refuse le droit de vote des étrangers. Dans ce contexte, la crise de la gauche est en effet au cœur de la contradiction que nous subissons.

C’est en effet l’absence d’une alternative de gauche clairement identifiée qui permet la mise en place de ce face à face mortifère entre libéralisme et populisme. C’est ce que nous nous attachons à faire avec le Front de gauche et notre ambition de construire un large rassemblement à gauche.

Comment combattre le FN ?

La contre-offensive contre l’extrême droite suppose donc d’ouvrir plusieurs chantiers et de les mener avec constance, détermination et courage politique. En préalable, il nous faut déconstruire le discours populiste et le combattre avec l’ambition de reconstruire une hégémonie culturelle fondée sur des idées, des valeurs et des propositions novatrices et émancipatrices.

Ainsi, pour ne prendre que quelques exemples :

• Le FN fait de la priorité nationale un point nodal et transversal de sa doctrine. Elle doit être combattue dans ses 2 dimensions. Celle de la nation qui n’est pas ce concept figé à l’origine d’une identité homogène et d’une « souche » unique. La nation est une réalité historique contradictoire, traversée par des luttes de classes, des débats idéologiques et politiques, des mouvements migratoires et la diversité culturelle. La France de Marine Le Pen n’est pas la nôtre et il est temps de le dire. Celle de l’immigration : non les immigrés ne sont pas des fauteurs de crises. C’est l’inverse. Ils ont pris leur part de notre développement et ils ne représentent pas un coût mais une richesse. Il est remarquable de constater que la crise frappe en Europe indifféremment, des pays à forte immigration et

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d’autres qui en ont peu accueilli. La France et la Grèce par exemple. La cause de la crise n’est donc pas l’immigration mais la finance qui impose des politiques d’austérité et de régression sociale afin de préserver ses profits et la domination du capital. Là aussi il est grand temps de le dire.

• Le FN prétend défendre le social contre la lutte de classes ? Mais comment peut-on défendre le peuple quand on le divise, quand on oppose les catégories populaires entre elles. En réalité le FN ne défend pas le peuple, il l’incite à déplacer son regard : l’ennemi pour lui ce n’est pas le patron, c’est l’étranger, le jeune, le voisin, le plus petit que soi prétendument assisté.

• Le FN prétend défendre la République et la laïcité contre l’Islam et les musulmans : c’est un véritable détournement de leur sens profond. L’une comme l’autre sont fondés sur les concepts clés de la Révolution française : la liberté de chacune et chacun de vivre sa vie selon ses idées et ses convictions ; l’égalité de chacune et chacun devant la loi quelle que soit son origine ou sa condition ; la fraternité humaine, source de la vie commune et du pacte social et républicain qui nous lie. Il est temps de le dire à tous.

• Le FN prône le sécuritarisme, mais c’est une idéologie autoritaire et une vision guerrière de la société ou chaque individu est l’ennemi de l’autre et ne peut compter que sur lui pour se défendre. C’est le contraire de la République. Veut-on des Fergusson partout ? Il est temps de le dire.

• Enfin, Marine Le Pen se prétend antimondialiste et antilibérale, mais elle n’est pas anticapitaliste pour autant. Elle reste profondément attachée à une économie fondée sur l’action individuelle et entrepreneuriale. Son anti-fiscalisme et son amour soudain du « social » ne l’amènent pas à s’opposer à l’austérité et la flexibilité tant exigées par le patronat pour cause de coût du travail prétendument trop élevé. Enfin, la maîtrise de la dette publique est au cœur de son projet. Ce qui la différencie c’est sa vision nationaliste du capitalisme. Un capitalisme d’hier avec des frontières, des mesures protectionnistes, une sortie de l’euro.

Cette bataille d’idées, pour être efficace, doit s’incarner dans des combats politiques. Pour cela trois chantiers sont à développer pour mener cette contre-offensive.

1) Le chantier de la solidarité. Il s’agit de renouer les liens de la solidarité, malgré ou plutôt en respectant les différences, et de le faire en repensant les formes de la citoyenneté. Citoyenneté dans le monde du travail où les formes actuelles du capitalisme doivent être combattues sur le terrain politique, en inventant les formes modernes d’une conscience de classe fondée sur une autre vision du travail et des formes nouvelles de son appropriation sociale.

Citoyenneté dans l’espace urbain en luttant à la fois contre l’insécurité sociale et toutes les divisions mais aussi contre l’ethnicisation des rapports sociaux, les ségrégations et discriminations que subissent les immigrés. Là aussi, il s’agit de construire une nouvelle forme de conscience de classe pour vivre mieux et autrement. C’est un véritable processus de repolitisation des enjeux de société qu’il nous faut engager partout dans l’entreprise, la cité, l’école et les espaces culturels.

2) Le chantier de la refondation de la République, des formes du pouvoir et de la démocratie. Il s’agit de penser et d’agir pour une 6e République, caractérisée par une démocratie directe et participative, une laïcité ouverte pour apprendre à vivre ensemble, une autre conception de la

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politique en suscitant dès aujourd’hui une intervention citoyenne du local au global permettant réellement au peuple d’exercer le pouvoir et non de le déléguer.

3) Le chantier de la construction citoyenne d’un projet d’une société d’émancipation humaine.

C’est le chantier majeur contre le populisme mais aussi contre le libéralisme et contre toutes les formes de domination et d’aliénation. Le monde a changé, les sociétés se transforment et nous devons éviter de bégayer une histoire qui fut à la fois grande et tragique. C’est en inventant l’avenir avec ceux qui le font et non en défendant un statu quo en crise que nous y parviendrons. De même évitons de croire qu’une simple boîte à outils peut répondre aux immenses questions que posent nos sociétés.

Au face à face mortifère entre le libéralisme et le populisme il nous faut d’urgence inventer un nouveau projet émancipateur. Ce que nous avons appelé un communisme de nouvelle génération doit croiser l’espérance communiste à la justice et au partage, le rêve féministe à l’égalité et à l’épanouissement des droits de chacune et chacun, l'ambition d'un nouveau type de développement humaine, solidaire et durable, l’urgence écologique à faire de la planète notre bien commun, l’aspiration forte chez chaque individu à libérer son rapport au travail, au temps, au savoir comme à sa vie personnelle, l’utopie de la mondialité culturelle pour faire vivre chacune d’entre elles et leur nécessaire relation, enfin l’aspiration citoyenne à décider du local au global.

En guise de conclusion.

Je voudrais m’excuser d’avoir été sans doute un peu long mais il s’agit d’un rapport rentré depuis plus de 10 ans, depuis celui que j’avais prononcé en introduction de la conférence nationale du Parti tenue à l’initiative de Marie-George Buffet à Villepinte le 14 décembre 2002 après le séisme politique du 21 avril de la même année. Son thème était « La crise de la politique, la montée du populisme et de l’extrême droite » et ses travaux sont malheureusement restés longtemps lettre morte.

Puisse le débat que nous allons avoir ce matin fasse que le Parti se mette en position offensive pour construire l’alternative de gauche dont notre pays a besoin afin de repousser la chronique annoncée du partage des eaux glacées du calcul égoïste et des eaux glauques de la barbarie.

En tout cas soyons sûr d’une chose : c’est en éclairant l’avenir que nous nous garderons de l’un comme de l’autre.

Jean-François Téaldi – Alpes-Maritimes

Détacher les salariés et les couches populaires du vote FN implique de dévoiler ses propositions : libre choix aux communes de respecter ou pas la loi SRU ; fermeture des unités de soins non rentables ; suppression des contrats aidés ; renégociation des 35 h ; non remise en cause de la RGPP ; fin de la compétence générale des collectivités. Dire qu'ils votent contre les garanties d'emprunt pour construire des HLM ; contre les subventions aux Scops (Fralib, Nice Matin)... Le FN n'est pas le Front de gauche, mettre en regard la différence des propositions ; armer nos camarades, nos candidats, d'un kit résumant tout cela afin de démontrer à leurs électeurs la réalité d'un programme contraire aux intérêts quotidiens des salariés et des couches populaires. Ce n'est que sur ce terrain que nous pourrons détacher nombre d'électeurs du vote FN.

Gisèle Malaval – Aube

Les candidats FN et UMP de la législative partielle de l'Aube étant ouvertement libéraux et antisociaux, le Front de gauche de l'Aube n'a pas appelé à voter pour l'UMP car le recours au front républicain aurait été pour nous une voie sans issue, vécue par nos électeurs comme incohérente, et encourageant cette perte de repères idéologiques qui mène au désintérêt de la politique et à l'abstention. Pour préparer les départementales, il nous faut présenter en effet des propositions claires, cohérentes, fondées sur le rejet de la politique libérale dans ses conséquences économiques et sociales. Il est donc nécessaire dans ce département désindustrialisé de l'Aube de n'avoir aucune compromission avec les politiques qui l'ont abandonné.

Nicolas Marchand – Val-de-Marne

D'accord sur: pas de « front républicain » mais barrage au FN. Appeler au vote blanc, comme Mélenchon, c'est dangereux.

Le rapport est intéressant mais trop vague sur l’alternative : la cohérence réactionnaire du FN nous met au défi de promouvoir notre cohérence de propositions pour des progrès de civilisation avec les moyens, des progrès pour tous, rassembleurs au lieu d'exclure. N'esquivons aucun point de cohérence du FN (comme l'Europe, pas abordée).

Défions le FN avec des campagnes d’action durables (sécurité d'emploi et de formation, expansion des services publics). Défions son pseudo anti-libéralisme sur l'appropriation sociale des banques et des secteurs décisifs de l'industrie et des services, avec des pôles publics, un nouveau type de nationalisation, des pouvoirs des salariés. Défions-le sur la baisse du coût du capital et non du travail. Défions-le sur l'Europe et la transformation de l'euro en outil de progrès social.

Enfin, relever le défi du FN appelle des actes de direction concernant notre bataille dans les entreprises, donc notre ré-organisation. C'est urgent.

Paul Barbazange – Hérault

Je n'ai pas trouvé suffisamment dans le rapport la vie populaire, nos luttes, le Parti. Au nom de la section de Béziers je vais essayer de remplir ces espaces. Menard, de RSF, travaille à Béziers à l'unité de l'extrême droite, il en fait un laboratoire. Il est élu par la droite réunie dans l'une des villes les plus pauvres de France, ravagée depuis longtemps. Sur le mot d'ordre « Je vais vider le centre- ville des arabes, des gitans et des pauvres ». Il applique son programme, menant lutte politique et idéologique, libérant de ce fait la parole d'extrême droite, dans les rues, les familles, les entreprises. Religion d'Etat, conseillers venus des identitaires. Maurras n'est pas loin. Pour le moment le PCF tient le coup. Le PS effondré laisse place à l'abstention, à l'errance. Des milliers d'électeurs sont dans la nature. Nous avons proposé un « Front populaire biterrois ». Le PS préférera certainement perdre. Ce n'est pas notre choix. Nous avons besoin d'un parti communiste pour l'analyse et l'action.

Frédérick Genevée – Val-de-Marne

Le FN est un parti national-populiste comme d'autres partis européens. Le rapport a raison de le qualifier ainsi. Il faut le combattre, car son projet économique et social est régressif. Il faut le combattre, car ce n'est pas un parti comme les autres et donc toujours appeler à le battre au second tour. Il faut le combattre au nom d'un projet offensif et d'émancipation qui contredit en tout celui du FN. Il faut aussi le combattre au nom de nos valeurs et d'un autre récit historique que celui que le FN impose dans les médias.

Cécile Dumas – Alpes-Maritimes

L'influence de l'extrême droite ne peut pas simplement se résumer à l'attitude de leurs élus. Nous devons bien entrer dans la lutte contre la droitisation de la société comme par exemple l'activité du collectif « Racine » qui rassemble des enseignants soutiens du FN. En ce sens, nous devons être plus offensifs pour porter nos propositions, combattre les inégalités et le racisme sans jamais banaliser le FN qui, en effet, ne peut pas être considéré comme un parti ordinaire. Pensons à nous adresser à toutes celles et tous ceux qui s'abstiennent.

Gilles Ravache – Haute-Savoie

Je ferai deux remarques. Le vote FN n'est pas réservé aux populations pauvres. Il est surtout lié à une vie sociale pauvre. L'absence des rapports sociaux qui conduit à l'individualisme, y compris chez des gens qui ne connaissent pas de difficultés financières. C'est un vote anti-collectif. Donc la dimension rationnelle de notre projet est majeure. Deuxièmement, nous avons besoin d'une vie créatrice foisonnante pour que les gens de culture aident à trouver les mots, les symboles, d'une vision nouvelle du monde. Pour empêcher les idées rabaissantes, irrationnelles, rétrogrades de dominer, voire de l'emporter. Comment pouvons-nous nous adresser aux acteurs de la culture pour les appeler à poursuivre leur œuvre créatrice et agir avec eux pour qu'ils en aient les moyens en période de baisse des budgets ?

Elisabeth Gauthier – Essonne

Je voudrais insister sur le fait combien la désespérance grandissante du politique (« elle ne peut / ne veut rien pour nous ») réussit au FN qui sait la capter. Dans la mesure où à gauche, nous n’arrivons pas réussi à faire reculer l’idée que la société vit au dessus de ses moyens, que les dépenses publiques sont des charges, que le gâteau n’est pas suffisant pour tous, le discours du FN trouve un écho lorsqu’il promet une double protection : face à la globalisation et face à ceux qui voudraient

« prendre la part de ceux qui la méritent ». Tous nos efforts doivent tendre vers une nouvelle hégémonie culturelle, vers une nouvelle dynamique à gauche ce qui suppose des alliances capables de faire avancer un projet de changement et de nouvelles pratiques politiques.

Alain Janvier – Seine-et-Marne

Le combat contre la force politique que représente le FN suppose certes que l'on combatte les idées semées par le FN. Mais avant tout, il faut partir d'une analyse de classe du FN, de son programme, des forces sociales dont il porte les intérêts. Les principaux responsables de la montée du FN sont à trouver dans le patronat des grands groupes industriels et financiers et de leur stratégie visant à marginaliser les salariés dans les entreprises de sous-traitance les plus éloignées des donneurs d'ordres où règne la précarité des statuts sociaux. Le FN intègre dans sa stratégie les comportements de caméléon et de coucou, c'est-à-dire visant à masquer les éléments les plus patronaux de son programme, et à adopter des « accents » de campagne de gauche radicale. D'où l'enjeu qu'il y a à démasquer le FN à partir du programme tel qu'il existe.

Martine Gayraud – Gard

La bataille des idées doit s'incarner dans des combats politiques sur la durée. Etre à l'offensive contre l'austérité dans ces résultats concrets sur la vie des gens me paraît essentiel. La droitisation de la société, la progression des idées FN me semble largement déterminée par la non-réponse

apportée par la gauche aux problèmes que rencontrent les gens. Le taux d'abstention de plus en plus important, la désespérance de la politique qui ne pourrait rien changer, le manque de perspective, l'abandon de valeurs doivent être retravaillés. Reprendre l'offensive sur ces questions est essentiel pour moi.

Michèle Leflon – Ardennes

Le FN surfe sur la fragmentation de la société. Le PS contribue à sa fragmentation : pour lui, il s'agit d'adoucir le capitalisme en saupoudrant quelques mesures aux plus pauvres. C'est pourquoi notre projet est fondamental, un projet pour l'ensemble de la société avec des propositions à mettre en œuvre dès maintenant, comme la sécurité emploi formation. Dans le débat sur les allocations familiales, nos arguments pour l'universalité sont fondamentaux. Appeler à voter contre le FN reste important pour éviter à certains de franchir le pas en rappelant le

caractère raciste de ce parti

Alain Hayot – Bouches-du-Rhône

Le FN recrute essentiellement dans l'électorat de droite et se nourrit de la peur identitaire de l'étranger et de la hantise du déclassement social. Mais si l'électorat populaire de gauche se réfugie dans l'abstention, le danger est grand que sa déception actuelle le conduise au vote populiste. Il ne faut pas opposer la critique du projet lepéniste et la défense de nos valeurs. De même il nous faut appréhender le social et le sociétal dans un même mouvement et dans la perspective de reconquérir une hégémonie culturelle.

Le bataille idéologique et culturelle est essentielle à la construction d'une alternative de gauche au populisme comme au libéralisme. Concrètement cela veut dire qu'il ne faut pas sous estimer la dimension symbolique de notre combat et faire de la question culturelle un enjeu central pour faire vivre un nouveau récit émancipateur, le communisme de nouvelle génération.

Jacques Maréchal – Moselle

Le Front national est présent en Moselle fortement. L'initiative avec Alain Hayot en octobre dernier a permis d'engager un premier travail avec les communistes. Nous devons amplifier notre combat contre le FN sans faire de lui l'élément central de la vie publique. Nous devons aider les salariés à identifier les responsables de la crise et des difficultés qu'ils vivent. Il nous faut consacrer plus d'effort au rapport capital/travail et faire un travail d'éducation populaire autour des notions de travail, création de richesses, répartition des richesses pour identifier les actionnaires du CAC 40 comme responsables de la crise.

Latifa Madani – Alpes-Maritimes

L’entreprise de droitisation progresse parce qu’elle trouve un écho politico-médiatique sans précédent. Elle est portée par les élites au cœur même des institutions et dans tous les secteurs, notamment dans l’enseignement et la recherche, les sciences, l’édition, la presse et les médias.

Elle progresse aussi du fait des renoncements du gouvernement socialiste sur la famille, sur l’école, sur le droit de vote des étrangers... Alors même que la société a favorablement évolué sur ces questions. Mais ces multiples renoncements associés à une offensive décomplexée de l’extrême droite et au démantèlement des solidarités, la font à nouveau reculer.

Il existe une majorité de l’opinion non encore acquise aux thèses et aux idées d’extrême droite, mais elle est silencieuse faute d’espaces d’expression et d’action, faute d’alternative émancipatrice nouvelle et visible. C’est à ce niveau là qu’il faut agir et lancer les chantiers de la contre offensive

Alain Pagano – Maine-et-Loire

CN thématiques : c'est bien ! A quand sur l'écologie ? Le meilleur espoir de contrer le FN, c'est de travailler à rendre crédible l'alternative à gauche que nous voulons. OK sur un kit militant pour décortiquer programme et actes politiques du FN pour le démystifier. Cela doit être prolongé par un tract + campagne sur les réseaux sociaux avec appel à l'adhésion pour ne pas laisser place au FN. En Maine-et-Loire, le vote FN est fort dans la ruralité, là où les gens se sentent abandonnés. Répondre par notre campagne départementale sur le développement des services publics de proximité et baisse des tarifs sur les transports en commun départementaux.

Anne Mesliand – Bouches-du-Rhône

Plutôt que droitisation de la société, il y a une exacerbation de la lutte idéologique. Il existe des pratiques sociales de solidarités associatives, nouvelles formes d'organisations collectives. Nos idées ont des échos, voire une expression, y compris parfois dans les médias. Soyons attentifs aux contradictions « fines », cf. individualisme, pour une part produit de la désocialisation, mais pour une autre part porteur d'émancipation. Le creusement des contradictions peut produire pour nous des basculements. Il s'agit de (re)trouver une traduction, une expression politiques à ces idées. Défendre nos « valeurs » : il faut associer valeurs et contenu politique, qui n'est pas seulement énoncé de solutions. Le rassemblement que nous voulons construire doit être à la fois sans concession et ouvert, dynamique, travaillant les contradictions.

Pierre Dharréville – Bouches-du-Rhône

La réponse est dans l'ensemble de notre combat politique. Les idées infusent, il faut sortir le FN du centre du débat, pour y mettre des perspectives. Il veut maintenir l'ordre social. Il veut le peuple soumis, mais se sert de la crise démocratique en se présentant comme seul valable dans une société où rien ne vaut. Passer d'un état d'esprit anti-élus à un combat pour la démocratie. Il faut sortir de l'affrontement identitaire (et la laïcité ne saurait y être instrumentalisée) qui masque l'affrontement de classe. Face à ceux qui pensent « l'autre est mon cauchemar », faisons résonner la question : quel est le rêve de l'autre ?

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19 décembre 2014 5 19 /12 /décembre /2014 23:43
Refuser la « Macron braderie » !

Posté le 18 décembre 20148 Réactions

Certains disent qu’il s’agit d’un projet de loi « fourre-tout ». En apparence peut être. Mais le texte dit « Pour la croissance et l’activité » ou « projet Macron » est d’une grande cohérence. Il s’inscrit totalement dans les injonctions de « contre réformes » structurelles réclamées par des instances internationales comme l’OCDE ou le FMI, le G20, par le Conseil européen qui pour permettre au capitalisme de se déployer dans sa propre crise, insistent pour abaisser sans cesse et partout les droits des travailleurs.

Il est un décalque parfait du « Pacte Euro plus » signé en 2011(1) par M. Sarkozy et Mme Merkel. Le cap général vise à détruite les règlements existants sur les « marchés » de biens et de services, sur le travail et les systèmes de protection sociale et de retraite.

Il n’est pas anecdotique que ce soit le ministre de l’économie, ancien banquier qui tente de faire changer des législations qui relèvent d’autres ministres, comme ceux du travail, de la justice, du commerce ou de l’artisanat, des transports, du logement. Le projet gouvernemental vise à modifier des pans importants de notre droit du travail : travail du dimanche élargi à la possibilité de douze dimanches travaillés par an, travail de nuit modifié, facilitations des licenciements, allongement du temps de travail, juridictions prud’homales mises en cause, inspection du travail affaiblie, médecine du travail dénaturée. Il veut aussi introduire les logiques marchandes dans des professions qui étaient jusque là protégées, non pas pour diminuer les tarifs mais pour les livrer à de grands consortiums capitalistes anglo-saxons.

On vient d’en avoir un exemple scandaleux contre les taxis en ouvrant la porte à une grande société de taxis, utilisant des chauffeurs en dehors de notre droit du travail. Notons qu’à chaque plan de la Troïka(2) dans un pays européen, il est exigé le démantèlement de professions comme les notaires, les avocats, les pharmaciens. Le transport privé en autocar nous est présenté comme une révolution alors qu’il s’agit d’organiser la concurrence avec le rail. Passons sur ce faux argument du prix qui va diminuer, dont on a pu mesurer la justesse avec l’exemple de l’ouverture à la concurrence du gaz et de l’électricité. Comment dire vouloir diminuer les accidents de la route et multiplier le nombre de cars roulant le week-end ? Comment vouloir agir contre la pollution et le réchauffement climatique et étouffer le rail ? On se souviendra longtemps qu’un gouvernement socialiste tente de rétablir pour les pauvres une troisième classe dans le mode de transport le moins sûr ! Et ce texte prévoit aussi la vente de biens publics comme des aéroports régionaux pourtant rentables à des fonds étrangers, et ce qui reste de nos industries d’armement. Comme cela semble devenu la règle, les grands médias et les forces de l’argent s’efforcent de cacher la violence de la cohérence de ce projet qui constitue un saut supplémentaire, visant à étendre la sphère d’activité du capital pour y capter de nouvelles possibilités de profits.

Tout progressiste, tout socialiste et même nombre de républicains devraient encore méditer cette proclamation de Lionel Jospin lorsqu’il était Premier ministre : « Je suis pour une économie de marché. Je ne suis pas pour une société de marché ». Or, avec le projet Macron, nous y entrons. Il organise l’envahissement des logiques marchandes dans toute la vie sociale, la vie familiale, les temps de repos, l’éducation, les renforce dans les transports, dans le travail, la santé. Aucun espace temps ne serait soustrait à la consommation, valeur reine d’une société mercantile et de l’obsolescence programmée avec une mise à disposition de tout un chacun au marché roi. Pas même le temps du dimanche ne serait épargné. Pas même celui que l’on consacre à soi-même, aux siens, où l’on prend de la distance avec ce qui rythme le quotidien. Ce temps hors travail, parfois consacré aux autres, au bien commun, ce temps bien mérité après une semaine d’activités professionnelles et de transports souvent harassants. Consacrer ses dimanches à pousser son chariot dans les allées d’un supermarché en ayant son gamin à l’intérieur, ne constituera jamais un projet de société viable et harmonieux. Comment peut-on faire croire que c’est en intégrant le dimanche dans la semaine de travail que l’on va créer des quantités d’emplois, alors que par ailleurs on réduit le pouvoir d’achat des ménages et que près de huit millions de nos concitoyens voudraient bien travailler en semaine ? Ouvrir les magasins le dimanche en continuant de fermer usines et bureaux la semaine, tel est le choix d’une société du chacun pour soi, une société de plus en plus invivable. Elle a ses théoriciens, avec Jacques Attali qui présidait la commission mise en place par Sarkozy, et comme sociétaire Macron lui-même. C’est le grand mélange à l’œuvre entre droite et fractions socialistes sur le thème de la politique unique. A la fin, seul le capital gagne. Le projet de M. Attali, présenté comme le grand penseur des temps nouveaux sur la nouvelle conception de l’existence est d’une simplicité confondante : il suffirait « d’être soi même », de « créer soi même son emploi » pour trouver dans cette marchandisation généralisée le « bonheur ». L’auteur d’un ouvrage remarqué sur Marx qui en vient à proposer que chacun devienne son propre exploiteur. On croit rêver ! Le Medef jubile ! Cela se comprend. Dans un monde où l’argent circule sans entrave à la vitesse de la lumière pour spéculer là où il pense en retirer profits instantanées, comme l’abeille butine de fleur en fleur pour en retirer le nectar, la logique de la loi Macron est de faire admettre que plus rien ne doit échapper à la loi du marché capitaliste et à sa recherche de plus-value, extorquée du travail et de la consommation. Ni l’organisation du temps de la semaine, ni les infrastructures d’un pays. Pour y parvenir, la prétendue loi naturelle du « marché capitaliste » prime sur la souveraineté des individus, leur organisation collective fondée sur l’idéal d’émancipation, condition de l’exercice de la citoyenneté. Elle prime aussi sur la souveraineté nationale, bradée sur l’autel décrépi des instances européennes et sur celui encore plus grand des intérêts privés, y compris étrangers, comme on le voit avec la vente d’une partie d’Alsthom aux américains de Général Electric ou de l’aéroport de Toulouse aux capitaux canadiens et chinois. Jusqu’aux industries d’armement proposées à la salle des ventes des rapaces de la finance internationale.

En cela les fondements de la République sont gravement fissurés, cette République sociale et solidaire dont la force était de garantir la souveraineté de la Nation et celles des individus, de protéger les citoyens contre le fait accompli de la loi du plus puissant, de la concurrence de plus en plus faussée. La loi Macron porte une certaine idée de la société et des êtres humains. Ce ne peut être la nôtre. Son sens et ses conséquences doivent être étudiées, décryptées, débattues dans des ateliers citoyens, dans les usines, les magasins, les bureaux, les quartiers.

Au nom de la République et d’une certaine idée du progrès humain, unissons-nous pour la rejeter.

(1) Ceci a fait l’objet du livre « Le pacte des rapaces » (2011)

(2) Troïka – alliance commission européenne, FMI, Banque centrale européenne pour imposer les plans d’austérité.

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19 décembre 2014 5 19 /12 /décembre /2014 15:34

aCuba Si France

CUBA : ils l’ont dans ...l’os !

Dieu qu’ils ont du mal à le digérer !! Dans la dignité et l’honneur, sans quémander, sans renoncer à ce qu’il est, en toute souveraineté, David a fini par terrasser Goliath. Le droit l’a emporté sur la piraterie impérialiste, sur une sale et interminable guerre d’usure, d’asphyxie ; elle dure depuis plus de cinquante ans. Rarement une révolution et un peuple auront été si longtemps agressés, dénigrés, en violation des lois internationales. Du « Projet Cuba » de mars 1960 (Eisenhower) à l’ « Opération Mangosta » de Kennedy, du débarquement yankee (repoussé en 72 heures) de la Baie des Cochons (avril 1961) aux « sanctions totales » de février 1962, décrétées par Washington, l’état de siège économique, financier, commercial, le harcèlement multiforme, n’auront jamais cessé. Des sanctions drastiques, près de 1000 milliards de dollars de coût estimé, des lois pour étrangler un pays rebelle, pour tenter de renverser le régime de Cuba l’insoumise, ce « mauvais exemple » de résistance face à « l’empire ». Par le seul fait d’avoir tenu tête pendant si longtemps à l’impérialisme le plus puissant, Cuba a contribué au « changement d’ère » que vit aujourd’hui l’Amérique latine. En octobre 2005, la vieille brute de président Bush déclarait : « peu de pays ont défié notre nation autant que Cuba ». Il était pour une fois lucide. Alcooltest négatif. Les Cubains sont attachés viscéralement à leur indépendance parce que, en quelque sorte, c’est la révolution qui a inventé Cuba, permis l’épanouissement d’une nation mise sous tutelle néocoloniale depuis l’amendement Platt de 1901. Par ce texte, appendice à la constitution cubaine, les Etats-Unis se réservaient le droit d’intervenir à tout moment dans l’île pour y défendre leurs intérêts...

Alors, devant cette gifle historique, nos médiocrates s’étouffent, ergotent, déforment, manœuvrent, enfument. La décision d’engager un processus pour en finir avec la guerre de basse intensité contre Cuba serait à mettre au compte de la colombe Obama. La pitoyable romancière de quai de gare, Zoé Valdès, tourne en boucle, crachant haine et mensonge, en service commandé. Il faut bien manger...
Washington et sa « politique cubaine » étaient de plus en plus isolés internationalement. Aux Etats-Unis même, le blocus, devenu un « problème intérieur », faisait de moins en moins recette dans l’opinion. Depuis une quinzaine d’années, Cuba a brisé l’étau qui l’isolait, a été réintégrée dans la communauté latino-américainaine, et y joue un rôle moteur au niveau des processus d’intégration (CELAC, ALBA).

Autant de défaites pour les maîtres du monde. L’Europe a même dû revoir son ostracique et cynique « position commune ». Une Europe bien mal placée pour s’ériger en donneuse de leçons « démocratiques». Et voilà que ces diafoirus doivent remballer. On comprend dès lors leur salive amère. Mais ils n’ont pas renoncé pour autant à miner en sous main, avec d’autres méthodes. Sablons le champagne sans retenue mais sans ingénuité. Le méchant loup n’est pas devenu agneau, même si ses dents sont plus élimées.
Retenons que la Résistance, la dignité finissent toujours par payer.

Jean Ortiz

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19 décembre 2014 5 19 /12 /décembre /2014 08:58
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18 décembre 2014 4 18 /12 /décembre /2014 16:12

Sans détour : renationalisons nos autoroutes

Face à l’actualité il était opportun que des missions d’information du Sénat et de l’Assemblée nationale prennent enfin à bras le corps la question des autoroutes, même si cela est tardif. En effet, les sénateurs et sénatrices du groupe CRC et les députés du groupe GDR avaient déposé dès 2011 une proposition de loi de nationalisation des autoroutes qui n’a pu être débattue qu’en janvier 2014 au Sénat sans recevoir le soutien de la majorité sénatoriale alors que tous reconnaissaient le gâchis puis le scandale de la privatisation de nos autoroutes.

Nous nous réjouissons de ces premiers pas, mais restons vigilants. Nous exigeons que toutes les informations financières et commerciales soient communiquées au Parlement. Nous exigeons qu’enfin le gouvernement apporte les éléments crédibilisant une telle nationalisation. En janvier 2014, le gouvernement avançait un coût de 50 milliards, aujourd’hui ce ne sont plus que 22 milliards et encore ces chiffres peuvent évoluer au gré des nécessités de la communication politique.

Faut-il rappeler qu’entre 2006 et 2013 les sociétés concessionnaires privées ont versé à leurs actionnaires l’équivalent du prix qu’elles avaient payé pour racheter les parts de l’Etat ! Faut-il rappeler que lors de leur cession les autoroutes françaises dans leur grande majorité étaient largement amorties. Faut- il rappeler qu’avec cette privatisation l’État a renoncé aux dividendes futurs, quelque 40 milliards de bénéfice d’ici à 2032. C’est en ce sens que la querelle des chiffres est dérisoire

La seule solution est le retour dans le giron de l’État des sociétés concessionnaires d’autoroutes, tant il est urgent de mettre fin à la rentabilité exceptionnelle des sociétés concessionnaires d’autoroutes, largement déconnectée de leurs coûts et disproportionnée par rapport au risque qu’elles prennent. Selon le rapport de l’autorité de la concurrence tout cela au détriment des usagers et de l’Etat. Cette solution est de bon sens, simple à mettre en œuvre et lisible pour nos concitoyens. Cette nationalisation rapporterait au moins 2 milliards d’euros par an à l’État. Cette somme servirait au remboursement d’un emprunt pouvant être aussi souscrit auprès de nos. Ce que nous proposons c’est un endettement vertueux, il faut arrêter de construire une phobie de la dette !

Les sénateurs du groupe CRC reposent alors la question : allons-nous attendre jusqu’en 2033, date de fin des concessions, pour remédier à cette situation que tout le monde déplore ? Combien de rapport faudra-t-il encore pour mettre un terme à cette gabegie !

Cessons de tourner autour du pot !

Les sénateurs du groupe Communiste Républicain et Citoyen appellent donc une nouvelle fois le gouvernement et la présidence de la République à s’engager dans la voie de la renationalisation des autoroutes, seul moyen pour en finir avec ce scandale d’Etat. Ils ne manqueront pas de formuler cette exigence chaque fois que l’occasion se présentera.

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18 décembre 2014 4 18 /12 /décembre /2014 15:04

Vote du budget: en attendant la loi Macron, les frondeurs du PS tournent la page 2014

Le HuffPost | Par Alexandre Boudet

  • Publication: 18/12/2014 07h19 CET Mis à jour: il y a 2 heures

POLITIQUE - C'est sans conteste l'un des mots de l'année. Rien ne dit qu'elle ne se fera pas entendre en 2015, mais la "fronde" socialiste aura marqué 2014. Ces élus de l'aile gauche du PS ont, ce jeudi 18 novembre, une dernière occasion de marquer leur distance avec le gouvernement pour cette année.

L'Assemblée doit en effet adopter définitivement plusieurs textes budgétaires dont le budget rectificatif pour 2014 et le projet de budget pour 2015. Au vu des dernières discussions dans l’hémicycle, le gouvernement devrait obtenir une majorité, dans les mêmes proportions que lors du dernier vote, au mois de novembre. C'est-à-dire avec une grosse trentaine de voix manquantes dans les rangs socialistes.

Pour le Budget 2015, c'est à main levée et dans un hémicycle dégarni que les députés ont voté le texte; il supprime notamment la première tranche de l'impôt sur le revenu et prévoit un déficit public de 4,1% du PIB. Idem quelques minutes plus tard pour le projet de loi de finance rectificative.

Beaucoup de bruit pour quoi?

Ce jeudi, il n'y a donc pas eu de liste nominative de ces députés qui ne votent pas comme leur camp. Car des parlementaires qui s'abstiennent, voilà ce que certains retiendront de l'action des frondeurs qui auront émergé sur la scène médiatique. En un peu plus de six mois, ces quelques dizaines de députés qui se sont rapprochés dans la foulée de la déroute aux municipales ont en effet réussi leur coup de communication. En représentant moins de 15% du groupe socialiste, et malgré l'absence de leader d'envergure nationale, Laurent Baumel, Christian Paul ou Jérôme Guedj se sont en effet imposés dans les médias.

Au point d'irriter leurs collègues les plus légitimistes. "Ce que nous donnons comme image, c'est de parler plus de nous que des Français", dénonçait Bruno Le Roux dès le mois de septembre à l'occasion du vote de confiance à Manuel Valls. Le patron du PS, Jean-Christophe Cambadélis s'était également plaint de cette omniprésence "ad-nauseam" des frondeurs, regrettant que cela occulte le contenu réel de la politique menée par l'exécutif.

Mais ni sur la confiance, ni sur aucun texte budgétaire, ces députés ne sont allés au-delà de l'abstention. Ils n'ont jamais franchi le cap en votant contre les textes gouvernementaux. "Nous n'avons pas l'intention de quitter la majorité", assure Christian Paul, l'un des chefs de file. Aussi, mettre l'exécutif en minorité sur l'un de ces textes aurait eu pour conséquence de précipiter sa chute et avec elle une possible dissolution de l'Assemblée nationale.

Voilà pourquoi la menace qu'ils faisaient peser sur le gouvernement n'était pas de nature à faire reculer ce dernier. Aucun texte n'est passé à la trappe et aucune concession d'ampleur n'a été accordée à cette part récalcitrante de la majorité.

La loi Macron pour se compter avant le congrès du PS

Auront-ils plus de poids en 2015? Ils n'ont en tout cas aucune intention de rentrer dans le rang. D'autant que le gouvernement leur a livré un nouveau combat sur un plateau avec la loi Macron. Elle sera débattue dans l’hémicycle à partir du 26 janvier mais déjà, les frondeurs fourbissent leurs armes. Dans leur collimateur, la question du travail dominical et notamment le passage de 5 à 12 dimanches d'ouverture pour les commerces. "Tel qu'annoncé, le projet n'est pas votable", estime Christian Paul qui y voit "l'hypermarchandisation" de la société.

Un mot d'ordre que ne renierait pas Martine Aubry dont il est un fidèle. Souvent présentée comme la leader naturelle des frondeurs, l'ancienne patronne du PS a évoqué récemment une "régression" pour qualifier ce texte. Et même si l'exécutif a tenté un tir de barrage pour la maire de Lille, celle-ci a de nombreux soutiens dans les rangs socialistes. "Il n'y a pas de majorité de gauche pour voter ce texte", a même lâché Olivier Faure qui n'a pourtant jamais été pris en défaut de loyauté jusqu'à présent.

"Ne cédez pas aux postures", a exhorté Bruno Le Roux en rappelant que ce texte n'est pas "une contribution à un congrès du PS". Autrement dit, le positionnement à l'égard de ce projet de loi ne doit pas se faire en fonction de ce congrès, prévu début juin. C'est pourtant bien une partie de ce rendez-vous qui se jouera en janvier. Benoît Hamon compte bien avancer ses pions à ce moment-là. Après avoir quitté le gouvernement fin août, l'ancien ministre de l'Education aimerait être le fédérateur de cette partie de la gauche. "Si je peux être celui qui agrège une majorité de socialistes, j'en serais heureux mais je ne le sais pas encore", a-t-il dit récemment. Mais jusqu'à présent, toutes ses tentatives sont restées vaines.

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BRUNO FORNACIARI

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