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7 septembre 2014 7 07 /09 /septembre /2014 23:54

L’image est assez rare pour être soulignée. Le week-end dernier à La Rochelle, lors de la plénière de clôture, Pierre Laurent, le premier secrétaire du Parti communiste, a été chaudement applaudi par une salle remplie de socialistes. Auxquels il était pourtant venu rappeler leurs renoncements à travers «un discours de vérité»

Sa présence au cœur de la machine socialiste n’allait évidemment pas de soi. En l’apprenant au beau milieu de l’été, les cadres du Parti de gauche avaient une nouvelle fois soupiré. Même dans son camp, certains s’étaient agacés à l’idée qu’un communiste fasse risette sur la photo de famille socialiste, aux côtés de partisans de la politique menée par François Hollande. Mais la nomination d’Emmanuel Macron au ministère de l’Economie en remplacement d’Arnaud Montebourg et le discours énamouré de Manuel Valls devant les représentants du Medef ont donné au leader communiste une belle tribune. «2012 avait été un contrat. Ce contrat, il vient d’être déchiré devant les Français», a pu tonner le leader communiste

Tranquillement. Encore cet été, Pierre Laurent a été accusé par Jean-Luc Mélenchon d’avoir troqué l’avenir du Front de gauche pour quelques sièges en ralliant, notamment à Paris, des listes socialistes dès le premier tour des municipales de mars. Mais le sénateur avance tranquillement, esquivant avec une certaine agilité les flèches décochées par les proches de Jean-Luc Mélenchon.

«Il a une feuille de route. Il s’y tient», explique la responsable communiste Marie-Pierre Vieu. En clair, le leader du PCF parle à quiconque souhaite une alternative à la politique de François Hollande. «Il faut travailler sans exclusive avec tous ceux qui font le constat que la politique du gouvernement mène dans l’impasse. L’urgence n’est plus de juxtaposer nos critiques mais de passer à la construction»,met en garde l’intéressé, admettant que «le débat ne fait que commencer».

Si, au Parlement, les groupes des députés Front de gauche ont depuis longtemps quitté la majorité et se retrouvent parfois, à voter (comme la droite) contre le gouvernement, Pierre Laurent tend avec constance la main aux autres forces. «Il est très lucide sur la situation politique et sur le fait qu’on a peu de temps pour sauver la gauche. Mais ce n’est pas pour permettre à Valls et Hollande d’être au second tour en 2017», rappelle un de ses proches, sur la défensive.

«Mélenchon a eu du mal à le comprendre. Mais c’est comme ça. Les communistes ne rompront jamais avec leur tradition d’union de la gauche», balance un responsable du Front de gauche.

Du côté des écologistes, avec qui les différends idéologiques sont légion, on apprécie la «douceur politique» de Pierre Laurent. «Ce n’est pas un politicien tordu. Il est plutôt calme et n’est pas aussi dogmatique qu’on le croie», glisse un proche d’Emmanuelle Cosse, la secrétaire nationale d’Europe Ecologie-les Verts. «Mais on voit bien que Mélenchon l’embarrasse.» La ligne de l’autonomie absolue à l’égard du PS défendue au Parti de gauche met sans arrêt en lumière un «double jeu» communiste : opposant des socialistes au plan national, mais parfois allié au plan local. «Si on avait traité Jean-Luc Mélenchon de la sorte quand il était encore au Parti socialiste, il n’en serait jamais sorti», tacle un communiste. Voilà Pierre Laurent "contraint" de jouer les équilibristes. Interrogé sur les étapes qui permettront de mesurer l’avancée de son projet alternatif, ce dernier évoque la bataille budgétaire et la rentrée sociale.

Décisifs. Jean-Luc Mélenchon, en militant d’ores et déjà pour une VIe République, prépare d’une certaine manière la future élection présidentielle. Pierre Laurent n’a pas le même calendrier. Les sénatoriales, fin septembre, et a fortiori les régionales, attendues courant 2015, seront quoi qu’il arrive des rendez-vous décisifs pour les communistes, parti d’élus. Et l’occasion de nouveaux débats sur l’attitude à adopter face au partenaire socialiste. «Les élections peuvent être un bon moment pour montrer ce qu’on veut faire dans un rassemblement très large. Mais si le débat, c’est à nouveau autonomie ou rien, on n’aura pas avancé», redoute déjà un responsable communiste.

Quant à l’initiative mélenchoniste en faveur d’une VIe République, Pierre Laurent rappelle que cette revendication est issue de ses propres rangs. Mais qu’elle «pose davantage de questions qu’elle n’apporte de réponses».

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Published by bruno fornaciari - dans PCF-FRONT DE GAUCHE
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6 septembre 2014 6 06 /09 /septembre /2014 09:08

Université d'été du PCF - Discours de clôture par Pierre Laurent

Discours de clôture de l'université d’été du PCF Pierre Laurent, secrétaire national Dimanche 29 août 2014

Chers amis, chers camarades,

Je tiens moi aussi à m'associer aux remerciements de tous les camarades qui ont préparé cette université, en saluant une nouvelle fois son succès. 800 participants, un record, 80 intervenants, avec un fort renouvellement des participants. Une université d'été très intergénérationnelle, beaucoup de jeunes participants. Je voudrais saluer 4 intervenants internationaux :
- Mouna Mathari, du Front populaire de Tunisie,
- Miguel Enrique Almeida, mouvement des sans terre, du Brésil, - Maher Al Sharif, du Parti du peuple palestinien
- et Mohamed Halayka, directeur du Théâtre national palestinien.

Cette université occupe une place de plus en plus remarquable dans le vie de notre parti. Comprendre le monde, échanger sur les enjeux contemporains, y compris les plus complexes, croiser les savoirs et les compétences, tout cela est primordial. Tout en abordant les événements politiques, notre université s'enrichit chaque année de nouveaux champs de réflexion. Il faudra cultiver cette approche pluridisciplinaire dans l'avenir.

Nous avons d'immenses défis à relever. Cela ne nous fait pas peur. C'est ce qui fait la richesse et la passion de notre engagement. C'est d'avoir décidé collectivement de nous engager pour relever les défis que nous ne pourrons pas relever seul. Quand l'avenir du pays est engagé, nous savons, nous les communistes, être au rendez-vous. Et cette année, nous avons tenu notre édition dans un moment politique crucial pour notre pays, pour la France, pour la gauche, un moment de vérité et d'accélération politique.

La décision prise dimanche dernier, avec la brutalité qui sied à ce genre de coup de force politique, par François Hollande et Manuel Valls, de pousser comme jamais les feux de leurs choix libéraux, a changé, en quelques jours, la donne politique.

La semaine écoulée annonce la couleur d'une année dans laquelle l'avenir du pays, comme celui de la gauche, conçue pour nous comme le possible espace de rassemblement des forces d'alternatives, sont en jeu.
Un gouvernement qui expulse ses récalcitrants, aussi timides soient-ils, pour se resserrer sur l'équipe la plus droitière qui soit. Deux jours après, un discours de Manuel Valls ovationné par le Medef et pour cause, puisqu'il n'a fait que dérouler la feuille de route patronale. Enfin, vendredi, deux annonces inaugurales qui en disent long sur ce qui attend le pays :
1- la démolition de la loi ALUR, pour la remplacer par une politique de logement, qui est un copier- coller du programme de la Fédération des promoteurs immobiliers. Deux ans de travail de la gauche balayés d'un trait de plume sans aucune discussion, avec aucune formation politique parlementaire.
2- l'annonce que la loi de modernisation économique que préparera Emmanuel Macron, le banquier de Rothschild, en lieu et place d'Arnaud Montebourg, sera imposée par ordonnances, c'est-à-dire sans débat du Parlement, ni possibilité d'amendements. Le travail du dimanche par ordonnances, voilà ce qu'on retiendra quand on parlera de l'entrée en action du gouvernement Valls 2.

Manuel Walls s'inquiétait, paraît-il, en juin dernier, de la mort de la gauche. On sait, aujourd'hui, qui tient entre ses mains l'arme du crime.

On sait donc à quoi s'en tenir. Ce gouvernement va jouer sans retenue son va-tout libéral, avec l’espoir qu'il parviendra à réduire toutes les résistances et à engager, enfin de manière définitive et assumée, la liquation du PS en parti d'alternance démocrate. Ils ont quand même du travail chez les militants socialistes, car pour ceux qui ont suivi cela, Christophe Cambadelis, devant les 2 000 militants socialistes réunis dans la table ronde à laquelle je participais, a essayé de définir la carte d'identité du Parti socialiste. On a vu que ce n'était pas si simple pour lui ; « nous ne sommes pas un parti social, démocrate », - huée de la salle - « nous sommes un parti socialiste, oui, nous sommes le parti socialiste qui est un parti social démocrate ».

Il n'est pas question de laisser faire cette offensive du plan Valls 2. Le prix à payer par le peuple français de cette fuite en avant est trop lourd, pour que nous acceptions de nous y plier. Il n'est pas non plus question de laisser faire pour une autre raison : ce gouvernement a définitivement déchiré le contrat passé avec les français en 2012. Minoritaire dans le pays, dans la gauche, et même parmi les électeurs socialistes, ces choix n'ont aucune légitimé démocratique.

Ne nous y trompons pas, le spectacle auquel nous assistons depuis le début de la semaine avec l’annonce du nouveau gouvernement, n’est que l’expression exacerbée d'une crise politique qui n'a fait que l’échec patent de François Hollande. Cette démission du gouvernement Valls est un terrible aveux d'échec de François Hollande.

Ce ne sont pas les roulements de mécanique et excès d’autorité du Premier ministre qui peuvent constituer un masque illusoire face à un constat sans appel : celui d’une déroute politique et économique, et d'un gouvernement ultra minoritaire dans le pays.

Oui, le gouvernement est l’expression de l’échec politique et de l’isolement de l’exécutif. Il est la démonstration de l’incapacité du Président et du Premier ministre à mener une politique qui rassemble et entraîne les forces vives du pays. Il ne tient son pouvoir que de l’extrême concentration du système présidentiel et des fondements antidémocratiques de la Vème République. La publication dans « le Monde » d’un soutien de 200 parlementaires au nouvel exécutif en témoigne : 200 députés sur 577 parlementaires, pas besoin d’avoir fait Polytechnique pour comprendre que ça n’a jamais fait une majorité ! Bien au contraire. Et ce ne sont pas les slogans du « gouvernement de clarté » lancés par les communicants de Matignon qui masqueront cette réalité. La base électorale de la politique menée par Manuel Valls est plus infime et fragile que jamais !

Manuel Valls joue au chantage avec sa majorité socialiste : « ou moi, ou le chaos politique ! Pliez- vous devant cette politique ! ». Mais c'est lui qui, chaque jour, sape avec François Hollande sa majorité, faisant courir au pays, le risque d'une crise politique inédite et dangereuse.

Les deux années écoulées ont été un énorme gâchis. En tournant le dos à deux engagements essentiels, faire reculer le pouvoir de la finance et renégocier le pacte d'austérité budgétaire européen, et au contraire en s'y pliant, François Hollande a précipité la France sur une pente économique et politique dangereuse.

Le chômage est en constante régression, la croissance est quasi-nulle, la demande moribonde, l'austérité draconienne, et les déficits, et pour cause, courent toujours ... c'est un échec retentissant que le pays paie très cher.

Les choix amplifiés depuis janvier, avec les 40 milliards du Pacte de responsabilité, et les 50 milliards de réduction de dépenses publiques supprimées, soit 90 milliards sacrifiés au bénéfice des intérêts du capital entraînent le pays dans une alarmante spirale descendante.

Pour justifier cette politique, le couple exécutif tient un discours qui doit être sérieusement démonté. Ce serait une politique de l'offre. Impossible de relancer la demande, d'augmenter les salaires, de faire de la relance sociale, tant que nous ne sommes pas compétitifs, disent-ils, et pour l'être, une seule solution, aider et renflouer les marges des entreprises. Et ensuite seulement, investissements et emploi suivront. C'est la fameuse thèse de la parenthèse que développait François Hollande, quand il expliquait aux socialistes : « cela va être dur pendant deux ans, mais cela ira mieux après ». On voit bien ce qu'il en est aujourd'hui. Et bien tout cela il faut le dire, c'est de la foutaise !

La France souffre dramatiquement d'une chronique et profonde insuffisance de la demande, tirée vers le bas par l'écrasement des salaires, par la brutale dégringolade de l’emploi, de la protection sociale et , en même temps, d'une dégradation continue de l'offre productive : car l'offre productive, c'est notre industrie, ce sont nos services publics, c'est la qualité des emplois, de la formation et de la qualification, la qualité de la recherche. Tout cela est attaqué de front par des politiques de rentabilité qui retournent systématiquement les immenses possibilités technologiques de la révolution numérique contre l'emploi, pour grossir des profits qui nourrissent les dividendes et les profits du capital.

La politique Valls-Hollande n'est pas une politique de l'offre, c'est une politique de soutien aveugle aux profits et aux marges du capital, qui laissent intacts les immenses gâchis financiers et d'immenses gâchis de richesses détournés de leur efficacité sociale.

Car nous continuons dans ce pays à produire d'immenses richesses, mais elles sont pillées et détournées de leur vocation à créer du bien commun, pour servir à une poignée de privilégiés. C'est pourquoi, nous disons avec force : « stop aux cadeaux au capital sans contrepartie, stop aux exonérations de cotisations sociales qui saignent la sécu et encouragent les bas salaires sans soigner le véritable mal : le coût du capital ».
- 300 milliards par an, contre 150 milliards de cotisation sociales - 325 milliards d'exonération depuis 20 ans.
- Coût du capital : 14 % en 90, 30 % aujourd'hui.

Voilà les racines de la crise, voilà ce qu'a provoqué la crise financière en 2008. Voilà ce qui empêche la France de rebondir, en l'empêchant d'investir dans le développement national, dans le redressement productif. Et c'est cette bataille contre le coût du capital, que nous avons lancée l'an dernier, qu'il faut amplifier pour faire la vérité sur l'échec de cette politique.

Oui, nous disons : plus un euros pour la finance, plus un euro qui ne serve à la relance sociale des salaires et des services publics, qui ne conforte l'investissement dans des capacités de production utiles à répondre aux besoins sociaux. C'est exactement l'inverse qui vient d'être annoncé pour le logement. Parce que, même cette loi que nous avons votée, nous l'avions jugée insuffisante. Eh bien, en retour, un système qui va consister à gaver de cadeaux fiscaux les promoteurs immobiliers pour continuer à produire des logements qui ne seront pas accessibles au plus grand nombre. Manuel Valls, qui est si rigoureux à la dépense, lors de sa présentation de toutes ses mesures, qui, je le répète sont l'exact copier-coller de la feuille de route de la Fédération des promoteurs immobilier, lorsqu'un journaliste lui a demandé s'il avait chiffré le coût de tout cela, il a répondu : « non, pas encore ». Ce qui en dit long sur le fait que ces gens-là, qui prétendent serrer les dépenses publiques, quand il s'agit de dépenser pour le capital, « là, nous ne regardons pas de trop près ». Nous, nous voulons que l'argent dépensé serve à répondre aux besoins sociaux.

Nous allons relancer notre campagne sur le coût du capital, pour dire stop à la finance, oui à la relance sociale. Dans chaque département, il faudra former des comités populaires de suivi et d'action pour tracer toutes les aides versées. Il faut regarder de près qui touche le CISE, qui touche les exonérations de cotisations sociales, il faut organiser le traçage et le contrôle populaire de l'argent versé pour exiger la réorientation de cet argent. Il faut une nouvelle loi bancaire pour réorienter le crédit et le conditionner de manière sélective. Qu'on nous explique BNP Paribas, peut dire sans broncher qu'il arrivera à absorber, sans trop de problème le paiement de la banque américaine, 6 milliards et demi d'euros, alors qu'elle n'aurait pas d'argent. Qu'on nous explique les crédits à l'industrie sont en baisse, et le crédit aux holding financiers en hausse de plus de 16 % l'année dernière ; qu'on nous explique comment les dividendes du CAC 40 peuvent continuer à augmenter à un tel rythme, quand l'investissement continue à chuter. Oui, nous devons amplifier cette campagne, la transformer en une campagne d'action pour aller demander des comptes au nom de la France et avec les Français qui travaillent et qui souffrent, nous allons demander des comptes au capital. Oui, messieurs les actionnaires, le temps est venu de rendre des comptes aux Français.

N'acceptons pas la feuille de route du Medef, car si nous les laissons faire, tout y passera : la Sécu, les reculs sociaux, les 35 heures, le code du travail , le travail du dimanche. Exigeons au contraire d'ouvrir partout le dossier des salaires et du pouvoir d'achat.

La moitié des Français ne paient pas d'impôts, et la TVA rapporte deux fois plus que l'impôt sur le revenu. Il faut combattre cette fable, selon laquelle la moitié des Français ne payeraient pas d'impôt. Au contraire, avec l'augmentation de la TVA, les Français paient de plus en plus d'impôt, et sont de plus en plus dans la difficulté.

Eh bien, nous allons rouvrir ce dossier de la justice fiscale. Nous avons décidé que nos deux groupes parlementaires tiendraient, au mois d'octobre prochain, à l'Assemblée nationale, les États généraux de la justice fiscale. Et nous allons aborder la bataille parlementaire qui s'annonce, la bataille du budget avec des propositions que nous voulons faire soutenir dans tout le pays. Et cette initiative sera relancée à l'occasion d'un débat à la Fête de l'Humanité.

Le pire dans cette politique, c'est qu'elle est non seulement catastrophique à court terme, mais en plus, elle réduit pour des années la capacité de la France à préparer l'avenir. Un nouveau monstre frappe à la porte. Des possibilités immenses de travailler autrement, de partager le savoir grâce à la révolution numérique, des possibilités et des forces immenses en France, en Europe, dans le monde sont prêtes à s'engager pour défricher les voies de cette nouvelle manière de faire le monde, de faire cette société. Eh bien que faisons nous pour nous engager dans cette voie ? Rien !

Il faudrait investir dans la formation, investir dans l'école, investir dans une école de l'égalité pour tous, et on dit tous les matins qu'il n'y a pas d'argent pour le faire et l'on sait qu'à nouveau cette rentrée scolaire va être placée sous le signe de l'inégalité. Inégalités face aux rythmes scolaires, qui créerons des activités plus ou moins payantes, inégalités face aux moyens, la baisse des moyens va à nouveau reprendre dans l’Éducation nationale.

Où et quand on investit dans ce pays, pour promouvoir et développer le système productif et anticiper en partageant le travail, la manière de produire ?

Où et quand investit-on dans ce pays pour promouvoir et développer la mutation et notre système productif et anticiper en partageant le travail ? Où et quand investit-on sérieusement dans la révolution énergétique, dans la transition écologique ?

Où et quand investit-on dans les Services publics, le logement, les transports, la santé.
Dans tous les domaines on fait le contraire et l'on sacrifie les possibilités de la France de construire un avenir à la hauteur des défis contemporains du 21e siècle.

Eh bien, là aussi, nous relayons toutes ces batailles.

Nous tiendrons par exemple au mois de novembre, une grande convention nationale sur l'industrie, pour discuter de ces enjeux d'avenir. Une convention nationale organisée à l'initiative du PCF. Et nous tiendrons aussi de très nombreuses initiatives toute au cours de cette année, sur la question de la transition écologique, avec l'ambition de préparer la conférence internationale sur le climat, qui va se tenir, fin 2015, à Paris.

Nous avons dailleurs décidé de prendre une initiative inédite. Nous avons décidé, sous l'impulsion de nos secteurs Ecologie, animé par Hervé Bramy et International, animé par Lydia Samarbakhsh, d'écrire à toutes les forces progressistes, dans le monde, avec lesquelles nous travaillons, pour engager un travail politique de préparation de cette conférence internationale.

Nous voulons à cette occasion franchir une étape, en France, en Europe, dans le monde, de la qualité et du niveau de notre intervention sur ces questions de la transition écologique et d'une lutte efficace pour la préservation du climat et contre les risques que fait courir le capitalisme international.

Avec leurs politiques aveugles et capitalistes, ils passent à côté de ce nouveau monde.

Rien pour le travail avec le BRICS, rien pour favoriser l'émergence d'un nouveau monde de paix.

Non, la France s'engage dans tous les mauvais coups, dans la défense d'intérêts occidentaux de plus en plus étroits et anachroniques.

Juillet et août ont été des mois de souffrances, de déchaînements de violence, de destruction et de mort en Palestine, en Irak, en Syrie, en Libye, ou encore en Ukraine. Je veux redire ici toute la solidarité du PCF avec le peuple palestinien.

L'armée israélienne a massacré 2 143 Palestiniens dont 577 enfants, 263 femmes et 102 personnes âgées, blessé 11 230 personnes dont 3 374 enfants, détruisant 11 000 bâtiments, 46 000 logements, 141 écoles publiques et 136 école de l'ONU, 17 hôpitaux et cliniques, des fermes, des parcs ... au terme de 51 jours, Israël s'est vu contraint à un vrai cessez-le-feu mais il faut aujourd'hui redoubler d'énergie dans la solidarité internationale pour que cessent l'occupation, la colonisation des territoires palestiniens et que le blocus illégal de Gaza soit immédiatement levé. La reconstruction de Gaza va coûter au bas mot 4 milliards d'euros et prendre des années, peut être dix ou quinze ans.
Alors, il est grand temps qu'un pays comme la France – qui sait au plus profond de son histoire ce que c'est que d'avoir été un pays occupé – dise à Israël : «Vous n'êtes pas au-dessus du droit international ! Vous l'avez violé, vous avez commis des crimes de guerre dont vous devez répondre !»

Oui, un pays comme la France – qui sait au plus profond de son histoire ce que c'est pour un peuple que de résister à l'oppression pour exister – doit aujourd'hui agir pour des sanctions contre Israël jusqu'à la levée du blocus, agir pour le boycott jusqu'à la destruction du mur de la honte, suspendre toute coopération tant que la colonisation se poursuivra et que les prisonniers politiques seront enfermés...

Oui, j'insiste, un pays comme la France – qui sait combien les femmes et les hommes de paix peuvent être objets de haine et de violence – doit prendre l'initiative pour ouvrir une nouvelle ère en Palestine, au Proche-Orient mais aussi pour le monde.
Car la situation internationale que nous traversons souligne bien l'échec de la stratégie autoritaire (qu'elle soit interventionniste ou de « soft & smart power ») des grandes puissances poursuivie depuis la chute du Mur de Berlin et particulièrement depuis les attentats du 11 septembre à New-York.

Cette situation souligne aussi le vide que cette stratégie a créé dans les chancelleries, tant américaine que britannique ou française.
Nombreux sont ceux qui ont joué aux apprentis sorciers et qui maintenant ne savent même plus quoi faire devant la progression de forces aussi violentes et destructrices que l'État islamique. François Hollande propose une conférence internationale mais veut aussi décider de qui pourra y venir ; s'il s'agit d'une énième coalition « occidentale » qui prendrait d'ores et déjà pour acquis une partition ou un éclatement de l'Irak, nous savons déjà que c'est voué à l'échec. En tout état de cause, rien de l'avenir de l'Irak, de son intégrité territoriale ne peut se décider sans les forces démocratiques irakiennes. La solution est d'abord politique. La barbarie de l’État islamique doit être stoppée, et le courage de l'armée kurde est à cet égard exemplaire ; mais il faut aussi assécher le puits : les livraisons d'armement, les filières de trafics mafieux, la dislocation de l'État irakien, l'exploitation des richesses du pays au détriment des besoins de la population et de développement. C'est sur tous ces « fronts »-là qu'il faut attaquer en même temps.

Et cela ne peut pas être le fait d'un État seul ; la solidarité et une véritable coopération sont indispensables. La situation internationale nous montre à quel point oui il est incontournable de rétablir le véritable cadre multilatéral politique et diplomatique de résolution et de prévention des conflits qu'est à l'origine l'ONU où toutes les nations, tous les peuples, les États selon ses principes fondateurs sont réellement à égalité.

Car, nulle part, il n'existe de solution militaire aux crises, gravissimes, qui se déroulent. Au contraire, la solution militaire en prépare toujours de nouvelles, toujours plus profondes et graves, comme nous le voyons aujourd'hui en Libye.

Il n'existe nulle part de solution militaire, ni en Syrie – où tous les rapports internationaux le confirment –, ajouter de la guerre à la guerre n'assurera aucun résultat car il n'y aura jamais de vainqueurs ; pas plus qu'en Ukraine où, d'une part, le pouvoir à Kiev et ses soutiens américains, allemands, français, polonais avec l'OTAN et, d'autre part, la Russie s'entraînent mutuellement dans l'escalade militaire. Si nous ne pouvons accepter que la Russie envoie des soldats combattre en Ukraine, nous n'acceptons pas plus le massacre qui a eu lieu en mai dans la maison des syndicats d'Odessa faisant officiellement 50 victimes, ni la guerre que mène depuis son élection le président Porochenko dans l'est du pays. La voie militaire est une impasse dramatique. Aujourd'hui, c'est à l'initiative politique de reprendre le dessus, et l'UE – plutôt que de laisser l'OTAN surenchérir – devrait travailler à deux objectifs :
1- l'arrêt sine die des combats et l'ouverture immédiate sous l'égide des Nations Unies d'une conférence nationale permettant aux Ukrainiens d'élaborer une issue politique à la crise ;
2- l'UE doit maintenant s'engager dans l'élaboration avec son voisin russe d'un cadre régional de coopération et de sécurité commune. Il faut que l'UE accepte l'idée de devoir discuter et se mettre d'accord avec la Russie.

Il n'y a pas de solution simple aux crises que nous traversons, mais il n'est rien d'irrémédiable si la volonté politique se met en action, c'est cela je crois qui est attendu d'une puissance comme la France, la 5e mondiale, quand elle siège au Conseil de sécurité.

Dans le cadre de ces batailles internationales, il faut amplifier la bataille que nous avons menée depuis des années, pour transformer et refonder l'Union européenne.

Une des causes de la crise actuelle sont les politiques d'austérité qui sont imposées de façon de plus en plus autoritaire.

Si les événements nationaux nous ont empêchés, et les débats dans le Front de gauche, de mener la campagne européenne qui méritait d'être menée, au niveau nécessaire, n'oublions pas l'immense travail que nous avons accompli au PGE et la nomination d'Alexis Tsipras, comme candidat à la Présidence de l'Union européenne,, a permis à des forces importantes en Europe, de progresser, d'émerger comme en Slovénie, ou dans d'autres pays européens, de se conforter et le groupe de la Gauche unitaire européenne comptait 35 députés avant l'élection, elle en compte à présent 52.

Je rappelle que le PGE a pris la décision de tenir au printemps 2015, un forum des alternatives, auquel nous avons l'ambition de donner une très grande importance. Ce forum européen des alternatives, par décision du Parti de la Gauche européenne se tiendra en France, et nous serons les organisateurs de ce forum. Il se tiendra probablement en mai, et pourquoi pas, avec nos partenaires européens, le week- end des 29, 30 et 31 mai 2015, dix ans après notre victoire contre le Traité constitutionnel.

Il nous faudra amplifier la campagne que nous avons démarrée sur le Traité transatlantique qui menace nos emplois, nos cultures, et l'ensemble des peuples européens.

Enfin, permettez moi, d'aborder un enjeu clé, un enjeu maintenant fondateur de toute sortie de crise : l'enjeu démocratique.

Oui, l'heure est venue de refonder la démocratie, de repousser les tentations autoritaires qui montent de partout en France et en Europe, de refonder la République, d'en inventer une nouvelle, la VIe République.

Les institutions de la Ve République sont arrivées à bout de souffle. Les pouvoirs personnels sans cesse exacerbés par Nicolas Sarkozy, maintenant par François Hollande, deviennent un très grave problème démographique de notre pays.

Le Parlement bafoué et l'annonce par Manuel Valls, qui allait légiférer par ordonnance, dès le mois d'octobre, est une nouvelle attaque à l'égard des droits du Parlement.

Nous devons relancer la bataille pour la transformation et la démocratisation des institutions, pour la proportionnelle aux législatives, pour le droit de vote des étrangers.

Il nous faudra d'ailleurs dans tous les domaines, renforcer la bataille pour les droits et l'égalité.

Les droits et l'égalité sont de plus en plus, et gravement, menacés, les droits des femmes qui subissent dans toute l'Europe des attaques gravissimes, qui ont vu, même en France, renaître des forces, des traitements rétrogrades et qui vont continuer à essayer de porter des coups systématiques contre les droits des femmes.

Quand on entend Emmanuel Macron déclarer «qu'une femme enceinte de huit mois devrait avoir le droit de ne pas continuer le travail en position débout», peut-être ne sait-il pas que le congés maternité est à 7 mois.

Les chiffres récemment publiés sur le travail de nuit des femmes en montrent une explosion incroyable dans notre pays et en Europe.

Il va donc y avoir une bataille pour les droits extrêmement importante à mener.
Nous devons aussi mener une bataille très importante contre la réforme territoriale, que le gouvernement continue à vouloir imposer au pays. Cette réforme de la démocratie est au service de politiques d'austérité. La prétendue fable sur les économies n'a jamais été démontréepar personne.

Au contraire, les gâchis créés par cette réforme auront des conséquences qui risquent de coûter très cher.
C'est une atteinte très grave au tissu démocratique national. Et on voit bien, le gouvernement, de plus en plus en difficulté, invente chaque jour des rustines plus pitoyables les unes que les autres. On créerait pour les départements ruraux une espèce de sous-statut. Si on laisse faire, ils vont s'engager dans une rupture d'égalité. Car, tous les citoyens ont droit aux mêmes institutions. Nous n'acceptons pas les institutions à la carte, avec des sous-institutions pour les uns, comme s'il y avait des sous- citoyens. Ils ne savent même pas, à force d'improviser cette réforme, dire quand vont se dérouler les élections cantonales, même les élections régionales. Vous avez entendu qu'ils annonçaient des élections, en même temps, en décembre 2015, après les avoir repoussées les unes et les autres. Ils disent maintenant que ce sera impossible, que ces élections auront lieu en juin ou en mars ! Pourquoi pas dans trois semaines, pendant qu'on y est ! Méprise de la démocratie, des citoyens, où est le débat ?

Nous allons lancer à la Fête de l'Humanité, une pétition nationale, pour exiger la consultation des Français par référendum, sur l'ensemble des réformes institutionnelles. Il faudra mener cette campagne pour la République, dans toutes nos communes, dans toutes les campagnes, dans la campagne sénatoriale qui est engagée.

Et nos listes, celles que nous conduisons dans la plupart des départements de France, avec nos candidats pour rassembler les élus locaux et les grands électeurs feront entendre la protestation contre cette improvisation permanente de la réforme territoriale.

Et j'espère, même si la politique gouvernementale et le désastre des municipales mettent sérieusement en danger et la majorité de gauche au Sénat, et la propre reconduction de nos propres élus, nous nous battons avec courage pour cette campagne sénatoriale, pour maintenir les sénatrices et les sénateurs, et vous savez l'importance de ce groupe auprès de l'Assemblée nationale, dans le travail parlementaire.

La bataille pour la République, c'est la bataille pour la démocratie sociale. Ce qui est engagé contre la disparition des seuils sociaux est un scandale pur et simple.

Depuis quand l'existence d'un délégué syndical dans une entreprise serait une entrave à la création d'un syndicat ? C'est la gauche qui disait cela, « que les syndicalistes sont un obstacle à l'emploi » ? Il suffit d'aller dans n'importe quelle entreprise de France pour discuter avec les syndicalistes et les entendre dire, expliquer les projets qu'ils ont pour l'emploi.

C'est parce qu'on n'écoute pas les syndicalistes que l'on détruit l'emploi.

Nous pouvons gagner la bataille nationale pour empêcher la remise en cause des droits sociaux en France. Nous déploierons, à cette occasion, la relance de notre bataille pour les nouveaux droits des salariés et il y a quantité de batailles en France, la bataille victorieuse des Fralib, des Pilpa, Alstom, les Pétroplus, dans les banques, qui montrent combien les nouveaux droits serviraient l’emploi et le redressement national.

Vous l'avez compris, c'est à une rentrée dans l'action que je vous appelle. Une rentrée de mobilisation pour stopper la politique désastreuse et imposer dans le débat politique d'autres solutions. Oui, nous pouvons le dire haut et fort au moment où le gouvernement Valls essaie de faire silence dans les rangs, une autre politique de gauche est possible. La France en a les moyens, elle a les forces pour le faire, à condition de donner du courage aux forces populaires, au monde du travail, aux forces de la gauche. Et pas en les désespérant, comme le gouvernement le fait tous les jours. Et ce que j'ai vécu à la Rochelle, me conforte dans l'idée que c'est possible.

Oui, l'action pour des solutions, face à l'échec gouvernemental, voilà notre feuille de route, pour la rentrée et pour toute l'année qui vient.

Pouvons nous imposer ces solutions ? Je sais que devant la difficulté, les citoyens, les Hommes et les Femmes de gauche, et parfois des militants parmi nous, doutent de cette possibilité. Eh bien je crois que c'est possible et je vais vous dire comment.
Le gouvernement joue avec le feu ; autoritarisme, silence dans les rangs, chantage à la crise, au FN, pour faire taire toute contestation. S'ils parvenaient à leur fin, si le débat se réduisait effectivement à ce triste choix, entre la droite dans l'état où elle est, et la politique de Valls, alors là il y aurait fort à craindre pour l'avenir politique du pays, parce que c'est cette attitude-là qui créé un boulevard pour le FN, et l'appel des pyromanes, à l'approche des élections de ceux qui auraient allumé ce feu, pour l'éteindre, ne parviendraient pas alors à éteindre l'incendie.

Rendre crédible une alternative de Gauche, de progrès, ce n'est pas seulement avancer nos solutions. C'est mettre désormais en mouvement toutes nos forces, toutes nos énergies militantes pour mettre dans l'action des millions de Français pour les porter et les rendre incontournables.

Voilà pourquoi la relance de notre travail de rassemblement avec de nouveaux objectifs beaucoup plus ambitieux est absolument indispensable. Nous devons mener ce travail de rassemblement, le plus large possible, en toute circonstance, sans aucune exclusive, sans a priori.

Il faut ranger les étiquettes dans les tiroirs. Il y a le feu à la maison. Parce qu'il y a des millions de Français qui sont dans une telle souffrance, dans une telle pauvreté de vie, que sans la solidarité concrète au quotidien, ils ne peuvent pas rentrer dans l'action et trouver le chemin d'une politique qui les concerne. Nous avons besoin de réseaux populaires au quotidien pour mener ce travail. Et nous devons mener ce travail de rassemblement dans toutes les échéances politiques qui se présentent. A qui s'adresser ? Il faut s'adresser sans aucune exclusive, sans aucune retenue, à toutes les femmes et à tous les hommes qui ne se reconnaissent pas dans la politique gouvernementale actuelle.

Ces forces existent dans toutes les forces vives de la gauche, dans toutes les forces populaires, y compris celles et ceux dont les repères politiques sont brouillés par cette situation. Je l'ai dit, laissons les étiquettes au vestiaire et soyons audacieux et confiants dans notre peuple et dans la capacité de rassembler. C'est comme cela que nous redonnerons confiance à beaucoup de gens qui l'ont perdue.

J'ai fait la démonstration, à la Rochelle, que le fait d'avoir répondu à cette invitation, - décision prise collectivement et unanimement par la direction du parti - , je sais qu'elle avait fait discuter. Je crois que nous avons fait la démonstration que c'était le chemin à suivre. Il faut parler avec les socialistes désorientés, avec EELV, comme nous le faisons depuis leur sortie du gouvernement. Je me rendrai à l'université d'Un monde avance, à celle de Maintenant la Gauche, j'irai partout où je serais invité.

Il faut discuter, avec ATTAC qui vient de tenir son université d'été, avec le monde associatif, avec les syndicats, avec tous ceux qui veulent trouver une issue à cette situation dramatique. C'est dans cet état d'esprit que les représentants du parti se rendront à la rencontre du Front de gauche, le 6 septembre. Oui, il faut relancer le Front de gauche avec de nouveaux objectifs, plus ambitieux, et il faut avancer dans le débat politique.

Le Front de gauche n'est pas un échec. Le Front de gauche a créé un espoir, il n'a pas gagné toutes ses batailles, c'est vrai, mais il a mis en mouvement des millions de gens, qui attendent la relance du Front de gauche. Nous devons travailler à cette relance avec de nouveaux objectifs.

Travailler à différents niveaux, élargir le Front de gauche, travailler aves les forces disponibles à gauche. C'est avec ces objectifs que nous participons à la réunion du 6 septembre. Et c'est comme cela que nous croyons possible d'entraîner toutes les forces du Front de gauche. C'est la meilleure chose à faire.

Certains pensent que la gauche est dépassée. Il faut tourner cette page. Nous n'opposons pas rassembler la gauche et rassembler le peuple. Nous devons travailler dans le même mouvement à rassembler les peuples, rassembler la Gauche, les forces vives de la gauche désorientées, rassembler ces forces populaires dont une partie a perdu ses repères entre la gauche et la droite. Nous devons mener de front ces deux efforts qui doivent converger.
La Fête de l'Humanité doit être le premier grand rendez-vous. Nous allons prendre des dispositions exceptionnelles. Et surtout, après ce qui s'est passé ces dernières semaines, nous allons inviter à la Fête toutes ces femmes et tous ces hommes qui ne se reconnaissent pas dans la politique gouvernementale, et qui doivent désormais travailler ensemble. Les communistes devront réserver l'accueil qui se doit, à toutes ces forces, qu'elles soient socialistes, écologistes, qu'elles aient pris telles ou telles décisions, dans les deux dernières dont certaines peuvent être discutées, contestées. La Fête de l'Humanité doit être une grande fête de l'unité populaire.

Après la Fête de l'Humanité nous préparerons la Conférence nationale du parti, convoquée pour les 8 et 9 novembre. Il faudra aller vers de nouvelles étapes après cette conférence nationale. Nous tirerons le bilan de ce que nous avons fait dans les semaines à venir. Et nous allons nous lancer dans un grand travail pour mettre en débat, dans tout le pays, nombre de projets politiques, ce que nous avons appelé, à notre dernier congrès, notre communisme de nouvelle génération. Parce que oui, pour redonner du sens à tous les combats, il faut parler de l'avenir du monde, et de l'avenir de la société toute entière.

Nous publierons, à cette occasion, un texte, auquel travaille le Comité du projet, qui pointera où nous en sommes sur la définition de notre projet de société. Ce texte sera un appel à la mise en débat de toutes les forces sociales, politiques, qui veulent travailler avec nous.

Et nous tiendrons avant notre prochain congrès, une convention nationale du projet, pour avancer et progresser encore.

Nous tiendrons aussi, dans l'année qui vient, peut-être un peu plus tard, en fonction des échéances politiques, mais avant le congrès, une grande conférence intellectuelle, pour rassembler les immenses forces qui sont prêtes à se mettre au travail. Et la qualité des intervenants, dans cette université d'été, - comme beaucoup d'autres contacts que nous avons les uns et les autres – montrent que d'immenses forces intellectuelles sont disponibles et nous devons franchir une nouvelle étape.

Nous tiendrons, le dimanche matin, de la conférence nationale – le 9 novembre – une séance exceptionnelle, sous forme de 10 ateliers décentralisés, sur tous les thèmes de notre projet. Cette séance sera ouverte à tous les adhérents du parti. Nous rendrons publics ses contours, lors du Conseil national du 19 septembre.

A la suite de cette conférence nationale, nous organiserons un grand tour de France, pour aller dans toutes les régions. Je me rendrai personnellement dans de grandes initiatives politiques, dans l'ensemble des futures régions, d'ici 2015.

Un dernier mot sur l'engagement, la plus belle et la plus utile chose dans le monde que nous connaissons. Soyons fiers de notre engagement communiste et faisons-le savoir. Un air flotte pour clamer la fin des partis. Nous n'y croyons pas. Ce à quoi nous croyons, c'est à une nouvelle génération de partis, où les pratiques de réseaux, de partage sont démultipliées.

Notre parti n'en a pas fini avec ses transformations. C'est une œuvre de longue haleine. Nous la menons avec détermination.

Deux congrès en 2016 et 2019. Ces deux congrès nous mèneront, en 2020, vers le centenaire du Parti, celui qui dira avec clarté pour le XXIe le communisme de nouvelle génération que nous construirons pas à pas. Le travail que nous menons nous aidera à faire du Parti communiste, un beau parti pour le XXIe siècle.

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4 septembre 2014 4 04 /09 /septembre /2014 15:13

Manuel Valls passe en force par ordonnance ? Faire qu'il soit battu

Le Monde.fr | 04.09.2014 à 12h08 |Par Gérard Filoche (Membre du bureau national du Parti socialiste)

Bien des députés socialistes vont être interrogés, secoués, inquiétés par le passage en force annoncé par ordonnances. Faut-il prendre le risque de mettre en minorité « leur » gouvernement ? Ça ne s'est encore jamais fait dans de telles conditions. Que risque-t-on ?

Ce qui ne s'est jamais fait, c'est qu'un gouvernement socialiste passe en force contre sa majorité de gauche pour faire passer des lois anti sociales. Ce qui ne s'est jamais fait, c'est qu'on ait affaire à un « coup de force » d'une minorité de socialistes qui gouvernent contre leur parti, contre la gauche.

Officiellement notre parti socialiste est contre la remise en cause des seuils sociaux, et contre des ordonnances pour élargir le travail le dimanche à des femmes pauvres et précaires et des étudiants désargentés, et aussi contre une prétendue « simplification » du code du travail (il a été déjà « simplifié » pendant 10 ans par la droite, entièrement ré-écrit, avec 500 lois supprimées et 10 % de son contenu enlevé).

Notre « projet » socialiste de 2011 prévoyait de « reconstruire le code du travail », pas de le détruire davantage qu'il ne l'est. « Le combat de 2012, c'est de préserverle principe du repos dominical, c'est-­à-­dire de permettre aux travailleurs deconsacrer un jour de leur semaine à leur famille, au sport, à la culture, à la liberté. Et j'y veillerai ! » François Hollande, le 17 avril 2012 à Lille

La campagne électorale en 2012 défendait que « la loi devait l'emporter sur le contrat ». Le candidat défendait qu'il fallait « constitutionnaliser » ce principe du débat préalable des partenaires sociaux, du « contrat », qui devait précéder toute loi sociale. Et il passe par ordonnance contre les syndicats eux mêmes, contre la concertation, contre toute sorte de « contrat » et contre la loi ordinaire. Ce n'est pas loyal.Si c'était la droite, nous serions vent debout dans la rue avec les syndicats qui sont tous opposés à ces ordonnances. Nous avons multiplié les communiqués de dénonciation, en tant que PS, et nos dirigeants aussi chaque fois que Sarkozy etses prédécesseurs utilisaient cette méthode « pour aller plus vite » pour passer en force.

La procédure adoptée par Manuel Valls est profondément anti-démocratique, elle est utilisée seulement pour violer sa majorité. En fait, il n'y a aucune sorte d'argument d'urgence, ni d'efficacité qui justifie des « ordonnances ». C'est donc clairement une façon symbolique de faire taire toute critique, toute opposition. Sur ce sujet sur d'autres. Cela se reproduira donc. Si les députés se laissent faire, sur le principe, cela voudra dire qu'ils abandonnent leur souveraineté et leur mandat.

Il faut bien réfléchir, mais quand on est députés, il y a des heures graves et des responsabilités exceptionnelles.


Si la majorité vote la confiance et vote les ordonnances, elle se dessaisira de ses prérogatives, la démocratie parlementaire sera court-circuitée. Il sera perdu bien plus qu'un simple vote.

Manuel Valls en minorité, il faudra bien que le président écoute sa majorité parlementaire.

Il faudra bien qu'il reconstitue un autre gouvernement à présenterau Parlement, dans des conditions ou celui-ci soit normalement capable d'obtenirla confiance et de légiférer.

Nous sommes sociaux-démocrates : sociaux et démocrates. Le président élu par la gauche ne peut dissoudre la gauche. S'il le faisait ce serait un raz-de-marée à droite, et lui-même devait choisir la voie de la démission et même carrément celle de l'exil : il serait exécré à jamais par la gauche, il ne remonterait jamais dans l'opinion avec pareil bilan. C'est pourquoi mettre en minorité Manuel Valls est possible et nécessaire pour la gauche, il n'y a pas d'autre solution pour sauver la fin du quinquennat.

Le président, si Manuel Valls est heureusement mis en minorité, devra redésigner un nouveau premier ministre susceptible d'obtenir la majorité rose, rouge, verte, qui existe à l'assemblée.

Un gouvernement capable de « rassembler d'abord les socialistes », comme le disait François Mitterrand, et non pas de les diviser. Un gouvernement capable de rassembler toute la gauche : on a pu entendre, à La Rochelle, Pierre Laurent et Emmanuelle Cosse se dire prêts à une telle politique, elle est là, il est possible de la mettre en œuvre rapidement sur un programme d'action immédiat, consensuel et qui redonnera confiance à notre électorat.

En fait, rejeter le coup de force de Manuel Valls ce n'est pas un risque, c'est une chance.

C'est un vote de salut public. C'est même si on y réfléchit la seule chance pour les députés de rester fidèles à leur électorat, à leur mandat, de redonner un espoir et un élan à gauche avant qu'il ne soit trop tard. La seule politique réaliste c'est d'arrêter les dégâts de la ligne d'austérité suivie jusque-là, sinon on perdra tout, les régions, les départements, l'assemblée… et la présidence. Et en perdant tout, on laissera une droite et une droite extrême s'emparer du pouvoir ?

C'est salutaire pour la gauche en pareilles circonstances de ne voter ni les ordonnances ni la confiance.

  • Gérard Filoche (Membre du bureau national du Parti socialiste)

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4 septembre 2014 4 04 /09 /septembre /2014 15:05

Exclusif, la gauche (PS) complice des frasques financières de Kadhafi ?

DECRYPTAGES - PAR LA RÉDACTION DE "MONDAFRIQUE" - Publié le 04 Sep, 2014

Dans la préface inédite de l'édition de poche de son livre "Sarkozy-Kadhafi, histoire secrète d'une trahison", en vente depuis le premier septembre, Catherine Graciet s'interroge sur les raisons de l'exrtrême lenteur de l'instruction menée sur d'éventuels transferts de fonds entre l'ancien chef de l'Etat libyen et Nicolas Sarkozy. Pour cette journaliste d'investigation, dont le livre fut un grand succès, pas de doute: la gauche au pouvoir n'a pas intérèt à ce que la vérité éclate sur les liens qui ont existé entre la classe politique française, de gauche comme de droite, et feu le colonel Kadhafi.

EXTRAITS

« On y va ». A la fin de l’année 2013, François Hollande est bien décidé à régler son compte à Nicolas Sarkozy dont le retour en politique ne fait déjà guère plus de doutes. Il a l’embarras du choix tant les affaires où l’ancien Président est susceptible d’être impliqué ne manquent pas : affaire Karachi, affaire Bettencourt, affaire Bernard Tapie… Mais celle qui, en apparence, semble avoir le plus de chances d’aboutir reste celle du financement plus que probable de la campagne de 2007 de Nicolas Sarkozy par le colonel Kadhafi. Des juges d’instruction ont été désignés et, avec l’aide de la DNIFF (Division nationale d’investigations financières et fiscales) enquêtent sans retenue ni tabous. « Franchement, on n’a jamais connu pareille liberté sur un dossier de ce calibre. C’est exceptionnel » s’enthousiasme-t-on dans ses rangs. Personne ne le sait alors, hormis la justice et la police, mais Nicolas Sarkozy a été placé sur écoutes téléphoniques dans ce dossier. Ces interceptions, révélées par Le Monde en mars 2014, montrent à minima un activisme effréné de l’ancien Président pour tenter de savoir où en est l’enquête des juges.

Pourtant, alors que tous les signaux policiers, judiciaires et politiques semblent au vert, force est de constater que les anciens caciques du régime de Mouammar Kadhafi, éparpillés aux quatre coins du monde, ne se ruent pas pour déposer devant la justice française. La conséquence en est sans appel : faute de témoignages d’acteurs libyens clés de cette époque, et plus encore de documents susceptibles de constituer des preuves, la vérité peine à sortir. Même si les soupçons sont très forts et que des informations de plus en plus précises fuitent. C’est par exemple le cas de ces 400 millions d’euros qui, dans le dossier de la libération des infirmières bulgares, en juillet 2007, auraient transité entre Doha, au Qatar, Genève, en Suisse, l’île Maurice et Madère, deux paradis fiscaux. Mais de preuves matérielles irréfutables, point.

La volonté d'en finir avec Sarkozy

Ce n’est pourtant pas l’envie qui manque aux Libyens de balancer. Tous jurent qu’ils se « paieront » l’ancien Président le moment venu, pour avoir causé la perte de leur pays. Certains, frappés d’un mandat d’arrêt international et soucieux de mettre un terme à un exil précaire, ont même, selon leurs dires, négocié leur venue en France contre une promesse de permis de séjour. Comment donc expliquer pareil blocage ? Pourquoi ces anciens dignitaires demeurent-ils muets malgré de nombreuses sollicitations du côté français ? Parce qu’ils ont aujourd’hui la certitude absolue qu’en France, au niveau politique, personne ne souhaite que la vérité ne sorte. Sous peine d’ouvrir la boîte de Pandore des financements politiques occultes par des Etats étrangers. Il n’échappe en effet à personne que, du temps de sa splendeur, Mouammar Kadhafi fit preuve d’une infinie générosité envers tout ce que l’Europe latine compte de partis politiques. Allant même jusqu’à arroser des mouvements indépendantistes ! En clair, qu’en France, de nombreuses personnalités et partis politiques de tous bords pourraient avoir bénéficié des largesses libyennes.

C’est dès l’automne 2012 que les premières voix discordantes allant dans ce sens se firent entendre. L’avocat Marcel Ceccaldi, qui défendit un temps plusieurs dignitaires de l’ancien régime libyen, n’y alla pas par quatre chemins : « j’ai entendu dire que les socialistes ont aussi touché de l’argent libyen pour 2007. On m’a parlé de deux ou trois millions d’euros[1] » affirme-t-il alors, tout en soulignant ne pas avoir de preuves. Le second tour de la présidentielle de 2007 opposa Nicolas Sarkozy à Ségolène Royal, alors compagne de François Hollande, Premier secrétaire du PS

Cinq millions pour la gauche?

Depuis, cette petite musique n’a eu de cesse de se faire entendre. Qui plus est, par des témoins parfaitement au fait de ces affaires. Ce fût le cas de l’ancien patron sarkozyste de la DCRI, Bernard Squarcini. Ainsi, en juin 2013, l’on pouvait lire son témoignage dans le journal Le Monde : « Des proches des kadhafistes sont venus m'en parler, évoquant une somme de 5 millions d'euros, sans preuves ». Il assure en outre avoir « rendu compte de cela à la DGSE ».[2] » Des propos qui peuvent être perçus comme une mise en garde à ceux qui voudraient charger Nicolas Sarkozy.

Puis, un an plus tard, en mai 2014, un homme clé de la relation entre Paris et Tripoli sous Nicolas Sarkozy et Mouammar Kadhafi, le Palestinien Souheil Rached, lâche une bombe, au détour d’une conversation avec un proche : « Onze millions ont été versés à Nicolas Sarkozy via l'Allemagne et en deux fois, sept millions puis quatre millions. Une dizaine de millions ont été donnés à une personnalité de gauche très en vue au Parti Socialiste. » Ces propos, explosifs, sont parus sur le site internet Mondafrique[3], dirigé par le journaliste d’investigation Nicolas Beau. Mais, très curieusement n’ont fait l’objet d’aucune réaction ni démenti. Le signe, sans doute, qu’il a tapé dans le mille. Pourtant Souheil Rached n’est pas n’importe qui et ne saurait être taxé de fanfaronnades comme d’autres hommes de l’ombre brutalement “outés” dans les médias. Très proche des services secrets français, qui ont recours à ses services de facilitateur en Afrique depuis des années, il est réputé pour son grand professionnalisme.

Dans les faits, Souheil Rached est un trait d’union entre les présidents Sarkozy et Hollande ainsi qu’avec les anciens caciques de Kadhafi. En effet, un temps stationné au Niger après la chute du Guide libyen en 2011, Souheil Rached fréquentait assidûment, à Niamey, le général libyen Abdallah Mansour. Les deux hommes partagent une sainte détestation pour tout ce qui ressemble de près ou de loin à un islamiste. Véritable disque dur de la lutte anti-terroriste libyenne sous Kadhafi, Abdallah Mansour est régulièrement “traité” par les services secrets français. Cela ne l’a pas empêché, le 14 février 2014, d’être extradé par le Niger vers la Libye qui avait délivré un mandat d’arrêt international à son encontre depuis de nombreux mois déjà. L’un des fils du colonel Kadhafi, Saadi, lui aussi réfugié au Niger, connut le même sort quelques jours plus tard, ainsi que sa garde composée d’une dizaine de Libyens. Aussitôt arrivés en Libye, les deux hommes furent sauvagement torturés. Le même coup de filet visait d’autres Libyens qui parvinrent à s’échapper in extremis.

La piste nigérienne

C’est aujourd’hui furieux que les amis d’Abdallah Mansour, qui révèlent au passage que sa fortune s’est volatilisée au moment de son extradition, refont le film de ces deux arrestations. Et pointent du doigt la France et en particulier le Quai d’Orsay dirigé par Laurent Fabius. Ils en tiennent pour preuve le fait que le ministre des affaires étrangères reçut à Paris, dix jours plus tôt, le 4 février 2014, son homologue nigérien, Mohamed Bazoum, jadis proche du régime libyen. Au sujet de cet entretien, le Quai d’Orsay s’est borné d’indiquer sur son site internet qu’il « a permis de faire le point sur les principaux enjeux régionaux, et notamment sur la situation dans les pays du Sahel et en Libye. Il a confirmé la proximité de nos approches et la confiance qui prévaut dans nos relations bilatérales. Laurent Fabius a en particulier salué l’engagement fort du Niger en faveur de la stabilité de la région sahélienne. » Il ne viendrait à l’idée de personne que Fabius et son homologue nigérien n’aient pas parlé de l’extradition imminente d’Abdallah Mansour et de Saadi Kadhafi… Et ces Libyens, anciens dignitaires du régime de Kadhafi, de pointer le double jeu du Quai d’Orsay qui, au même moment, leur faisait savoir que ses diplomates acceptaient de rencontrer toutes les composantes libyennes incluant les anciens du régime Kadhafi.

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4 septembre 2014 4 04 /09 /septembre /2014 07:48

Le grand retour du Parti Communiste

03 SEPTEMBRE 2014 | PAR ELIASDUPARC

Des spectres hantent l’Europe. Alors que le capitalisme n’en finit plus de faire la preuve de sa dangerosité meurtrière, la gauche radicale est en tête en Grèce et en Irlande. Partout ailleurs qu’en Allemagne, le néolibéralisme ne produit plus qu’échec sur échec pour les partis de la bourgeoisie. Celle-ci se tourne vers des extrêmes droites regonflées pour verrouiller sa domination dans la violence. En France, la gauche entre dans une phase de reconfiguration forcée : alors que le PS est en phase terminale s’ouvre le moment d’un possible grand retour du Parti Communiste. Enregistrant depuis 2012 un regain militant en même temps que le « communisme » connaissait une nouvelle expansion dans le champ intellectuel, le parti, définitivement sorti des aventures de liquidation, a montré qu’il était capable de gagner des villes importantes aux dernières municipales. Il appartient désormais aux militants de faire de ce frémissement le premier pas d’un réarmement général du PCF, seul parti français brandissant le communisme dans son nom, pour l’égalité et le partage des richesses au bénéfice de tous.

Mort du huïsme

« Les partis sont morts mais ils ne le savent pas encore », écrit Robert Hue, ancien dirigeant du PCF passé au social-libéralisme, dans un livre récent. Une thèse loin d’être nouvelle, partagée par la gauche « mouvementiste » comme par les opportunistes promoteurs d’un « dépassement » des partis dans des rassemblements citoyens (sur le modèle de Podemos en Espagne). Mais si le même Robert Hue, du temps de la « mutation » (1994-2001), s’est en effet ingénié à lancer une grande procédure de liquidation de son propre parti, sa tentative, dans un retournement dialectique caractéristique, a au contraire paradoxalement participé à la reviviscence du PCF. En effet, « l’érosion » et la « mutation » des dernières décennies n’ayant finalement pas débouché sur une liquidation, elles ont été suivies, par leur échec même, de contreparties positives et de recommencements de tous ordres : rajeunissement, démocratisation importante des procédures internes, dépersonnalisation du pouvoir, reconstitution des réseaux du MJCF et de l’UEC, « Enterrement de l’enterrement du PCF »… Le ratage de la mutation aura donc fini par faire muter le parti dans le sens inverse du projet huïste, de telle sorte que cette crise de désorganisation peut se lire après coup comme ayant rendu possible, partiellement et malgré elle, le rebond « positif » ultérieur.

Le PCF est, comme toute instance insérée dans l’histoire, en devenir, traversé par des logiques multiples et contradictoires — et pour n’être pas mort il est formellement périssable, à l’instar du capitalisme, ce qui ruine d’ailleurs les imprécations de ceux qui lui reprochent son caractère « figé » ou « intransformable » (pourquoi serait-il la seule institution d’où l’histoire et ses mouvements s’absenteraient ?). Mais, « réseau social depuis 1920 », il est un lieu où s’est sédimenté un siècle d’expérience des luttes, c’est à dire d’inestimables acquis politiques, sociaux et culturels, dont aucun autre rassemblement ne présentera jamais l’équivalent[1]. Comme l’a montré la séquence du 30 août 2014 d’un secrétaire national du PCF ovationné par les militants du PS à La Rochelle après avoir laminé la politique gouvernementale, le Parti communiste est au contraire l’espace privilégié d’où peut se réinventer la gauche sur les ruines du « socialisme ».

Fin du socialisme

Car le Parti Socialiste, allié préférentiel du PCF dans certains scrutins locaux, est en voie de disparition. Il a achevé de faire du « socialisme », déjà galvaudé par les expériences d’Europe de l’Est, le nom le plus sûr de la trahison. Dès 1890, Engels déclarait, à propos de ceux qui se revendiquaient du socialisme, qu’ils comptaient à ses yeux et à ceux de Marx au nombre des « charlatans sociaux de tous acabits ». Le congrès de Tours devait lui donner raison, le camp des « socialistes » s’instituant comme celui du renoncement à une transformation intégrale de la société et au projet communiste pour se replier sur un compromis bâtard. Plus tard, les doctrines des partis communistes du XXe siècle se sont appuyées sur un marxisme simplifié à l’excès pour revendiquer le « socialisme » comme phase de transition nécessaire avant la mise en place du communisme, celui-ci étant relégué au statut de « visée » de plus longue haleine. Or, comme l’a montré Lucien Sève, cette périodisation n’existe pas telle quelle sous le plume de Marx et d’Engels. Pis, elle a permis de justifier, en URSS, les multiples errements et renoncements (exploitation, répressions, bureaucratisation, etc.). Elle a autorisé que le communisme véritable soit sans cesse renvoyé à plus tard, et donc avec lui la « libre association des travailleurs entre eux », la fin des aliénations, la société sans classe, le libre développement de chacun.

Pourtant, si la social-démocratie traditionnelle a quasiment disparu, si le Parti Socialiste moribond est devenu sous quelques aspects plus néolibéral encore que son adversaire traditionnel de droite, certains, à gauche, persistent à vouloir faire du socialisme un logiciel de recours. « Socialisme du XXIe siècle », « éco-socialisme », les épigones du concept ne manquent pas[2]. Au sein même du PCF s’expriment des voix qui, désireuses de conserver l’héritage des nobles luttes de la période antérieure, réaffirment leur fidélité au « socialisme » planificateur d’Etat comme rampe de lancement vers le communisme. Comme si l’émancipation de demain pouvait se contenter d’être une réplique des tentatives anciennes. Comme si l’histoire n’existait pas. Comme si les rapports de production et les forces productives, quel que soit le territoire concerné, n’avaient pas connu de profondes modifications depuis les années 1960-1970.

Socialisme, voilà de quoi il s’agit d’organiser le dépérissement. Fidèles à la démarche de Marx déployant un projet communiste par la critique du droit politique bourgeois et du socialisme utopique, notre ordre du jour doit être à l’enterrement théorique des socialismes, parce que ces doctrines de compromis sont doublement oblitérées par les renoncements à l’Est et par la trahison néolibérale à l’Ouest. Le PCF peut être le meilleur outil dans ce combat de réarmement théorico-pratique de la gauche.

« Résurrection du communisme » (Alain Badiou)

D’autant plus que depuis 2008, l’empilement des crises du capitalisme a déchiré sans retour la domination du néolibéralisme comme théorie-monde. Les oligarchies et leurs médias sont de plus en plus seuls à parler le langage de la finance[3]. Symétriquement, le concept de « communisme » comme moment du dépassement historique du capitalisme s’est trouvé fortement réinvesti dans le champ intellectuel. Après trois décennies d’un reflux généralisé, les études marxistes connaissent partout un important regain d’activité. Émancipation individuelle intégrale, appropriation en commun des moyens de production et d’échange par les producteurs eux-mêmes, accès partagé aux richesses, égalité inconditionnelle, autogestion démocratique, généralisation des services publics, préservation des ressources naturelles : ces objectifs formulés par Marx, instruits des échecs et des acquis du XXe siècle, sont aujourd’hui à même de répondre à l’ensemble des revendications qui s’expriment à gauche.

Face à l’extrême droite

Mais dans cette période de chamboulements multiples, l’extrême droite menace d’un retour. Dans la tempête qui les secoue, d’importants pans des bourgeoisies font aujourd’hui le choix du FN. L’extrême droite française bénéficie d’une conjoncture internationale d’expansion, du soutien de composantes du patronat, des médias et du Gouvernement néolibéral « socialiste » pour des raisons stratégiques, mais elle dispose aussi de redoutables atouts organiques. Divisée en deux courants contradictoires, le FN connaît une double logique de diabolisation — qui lui garantit un vernis subversif et antisystème attirant les abstentionnistes — et de « normalisation »/notabilisation qui tend à lui octroyer une nouvelle respectabilité médiatique et une apparence inoffensive. Machine dialectique pouvant capter de ce fait à la fois la colère et l’aspiration à l’intégration au jeu politique traditionnel, elle dispose pour aller vite d’un électorat populaire et antilibéral au Nord et d’un électorat petit-bourgeois néolibéral au Sud.

Or, il est frappant de constater que le Parti Communiste, en tant que tel, constitue une « machine dialectique » de portée potentiellement supérieure. Travaillé de longue main par des logiques de notabilisation, comptant de nombreux élus et fortement intégré au jeu électoral, le PCF a perdu au cours des dernières décennies sur le versant « subversif » et « antisystème » ce qu’il a gagné en capacité de propositions constructives et rassembleuses à gauche. Aussi, s’il faisait le choix de réactiver en profondeur la radicalité du communisme comme mot d’ordre et comme programme immédiat, il se redonnerait ce tranchant théorico-pratique à même de reconquérir les abstentionnistes. La radicalité véritable ne consiste pas à exclure à toute force des alliances électorales telle composante de la social-démocratie ou du social-libéralisme. Elle tient à un programme réellement marxien ! À la fois intégré au système politique et à ses institutions parlementaires mais porteur d’un projet authentiquement subversif, convenant possiblement à un électorat issu de la gauche traditionnelle et des couches moyennes comme aux strates populaires éloignées du vote, le PCF a les moyens de devenir une force d’attraction duale alternative au FN. Cette dialecticité potentielle interpelle d’autant plus que le FN a prospéré, au Nord, en reprenant les méthodes d’implantation locale du PCF du temps de sa grandeur (solidarité et entraide militante, choix de candidats nouveaux et inconnus, activation de réseaux étendus et diversifiés, travail de terrain dans la durée, etc.)…

Faire corps

A l’heure de son possible grand retour, le Parti Communiste ne peut être un parti comme les autres ; moins que jamais dans un système électif largement discrédité et marqué par une abstention considérable. Articulant aspirations révolutionnaires et intégration aux mécanismes de la démocratie bourgeoise[4], celui-ci doit rompre avec le calendrier électoral qui l’accapare et contribue à en faire un acteur interchangeable d’inlassables négociations stratégiques qui limitent sa force de frappe. En s’inspirant de sa propre histoire, le PCF, pour concrétiser son retour, doit non seulement reconstituer ses réseaux abandonnés lors de la « mutation » (lieux d’expression, écoles de formation, tissu associatif, groupes d’intervention…), mais surtout, assumant un pas de côté par rapport au jeu démocratique classique (quitte à boycotter une élection ou à présenter des candidats collectifs), devenir « le parti de la rue ». N’est-il pas le moment de faire du parti non pas un outil électoral, mais bel et bien une contre-société permettant de donner corps, ici et maintenant, au communisme en germes dans le réel ?

Organiser un secours communiste qui s’adresse à tous (collectifs anti-expulsions, anti-coupures EDF, épiceries sociales, soutien scolaire, aide administrative…), mettre en place des cellules thématiques que chacun pourrait rejoindre selon ses centres d’intérêts et ses compétences, achever la démocratisation interne via les réseaux internet — à l’exemple de Podemos — pour promouvoir la transparence, les votations et la mobilisation militantes, recréer des secteurs capables de mener un travail idéologique puissant (production d’argumentaires, de campagnes de soutien des mouvements sociaux conjoncturels), reserrer les liens avec les intellectuels et remettre sur pied l'élaboration conceptuelle et la recherche théorique… Les chantiers ne manquent pas pour faire du PCF un « corps » visible, une contre-force réinvestissant l’espace public et prenant la relève d’une gauche en lambeaux pour faire pièce à l’extrême droite.

Communistes au service de la solidarité, défenseurs acharnés des salariés et des classes populaires, redéployant des projets à la hauteur de l’humanité, nous n’avons pas fini de travailler pour « hâter la venue du printemps ». Mais ce travail qui n’a jamais cessé s’augmente aujourd’hui de perspectives à la fois inquiétantes et exaltantes. Au seuil de désastres possibles, le Parti Communiste peut et doit prendre la relève.

[1] L’histoire récente montre que les tentatives de création d’organisations de gauche entendant passer par pertes et profits l’expérience et l’histoire du PCF produisent des groupes opportunistes guettés par des phénomènes de radicalisation aussi stérile que brutale.

[2] Est-ce un hasard si ce même « éco-socialisme » vient d’être désigné par le MJS, organisation de jeunesse du PS néolibéral, comme sa doctrine officielle ? Est-ce un hasard si le social-libéral Robert Hue, dans son livre déjà mentionné, identifie « l’éco-progressisme » comme voie de recours pour la gauche ? N’est-ce pas au contraire le signe que « l’éco-socialisme », comme tous les socialismes, est bel et bien le refuge de ceux qui défendent un « projet d’émancipation incomplète » (Lucien Sève) ?

[3] La furie avec laquelle les oligarchies s’attaquent, dans la conjoncture récente et malgré leur décomposition idéologique et démocratique, aux droits et services publics conquis par les peuples occidentaux au XXe siècle, ne peut-elle s’analyser comme révélant la crainte d’un acculement, voire d’un basculement ?

[4] De ce point de vue, renvoyer le PCF au score de 1,93% réalisé par sa candidate à l’élection présidentielle de 2007 pour en tirer la conclusion de sa « quasi-disparition » est un argument rigoureusement interne à l’aliénation médiatico-électorale.

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4 septembre 2014 4 04 /09 /septembre /2014 03:40

Pierre Laurent: "Une fête politique pour l’urgence de la riposte"

Fête de l'Humanité
Aurélien Soucheyre
Jeudi, 4 Septembre, 2014

Patrick Nussbaum
Cette Fête de l’Humanité, multiple et engagée, sera le grand rendez-vous politique de toutes les forces progressistes qui espèrent enfin agir. A ce jour, 24 000 promesses (17 000 confirmées) de bons de soutien ont été enregistrées. Il est encore temps de faire bien mieux, et d’inviter à venir, du 12 au 14 septembre, tous les amoureux de la paix et les combattants lucides pour la justice.
C’est la dernière ligne droite. Mercredi 3 septembre, sur le site même de la prochaine Fête de l’Humanité, avait lieu le cinquième et dernier rassemblement national pour la diffusion de la vignette, à La Courneuve. « C’est un rendez-vous traditionnel. Mais la situation politique, elle, est exceptionnelle. C’est pourquoi cette édition 2014 devra rassembler tous ceux qui attendent une alternative. Il faut que cette fête nous permette de lancer une grande riposte ! » a déclaré dans son discours, Pierre Laurent, secrétaire national du PCF.
Sous la toile de l’Agora, de nombreux militants étaient venus l’écouter. Pour faire les comptes sur le nombre de bons de soutien vendus, mais aussi pour se préparer à jeter toutes leurs forces lors du dernier week-end de mobilisation avant la grande fête politique.

« On a été en avance tout l’été sur nos chiffres de l’an dernier » lancent, radieux, Fabien Caro et Françoise Goissédé, de la section PCF de l’Essonne. Une bonne dynamique que l’on ne retrouve pas partout dans le pays. C’est pourquoi les deux militants entendent bien augmenter leur score et convaincre un maximum de citoyens lors des journées restantes. « On multiplie les rendez-vous, on va devant les gares, les commerces, les lycées, à la rencontre des gens. On leur parle de leur quotidien et on sent à chaque fois une forte attente de relais politiques. Alors on leur explique que la Fête de l’Humanité peut et doit porter leurs espoirs, qu’elle peut être le reflet de leur colère et surtout lancer le déclic pour une large mobilisation et une alternative » racontent les deux camarades.

C’est que l’été a été très riche en secousses, nationales et internationales, comme le rappelle Pierre Laurent. Ses mots sur la trahison du tandem Hollande-Valls, qui assassinent la gauche et abandonnent la justice sociale, mais aussi ses appels urgents à la paix en Palestine et en Ukraine, coïncident avec la pensée de chacun et résonnent dans l’esprit de tous. « C’est ce que l’on répète tous les jours sur les marchés, dans les rues, les centres commerciaux et lors de rassemblements » indique Marie-Thérèse, secrétaire de section à Cergy-Pontoise. « Les gens sont de plus en plus révoltés. Sur l’austérité et les massacres à Gaza, ils ont montré qu’ils savaient se mobiliser. On leur dit que la Fête peut être un tremplin pour faire monter la contestation beaucoup plus fort et construire des solutions. Ça leur parle » ajoute-t-elle.

« Pour ce dernier week-end de diffusion de la vignette bon de soutien, on va retrouver tous les communistes qui reviennent de vacances et on va mobiliser tous les réseaux, planifie Martine Louaire, de la section de la Seine-Saint-Denis. On va aussi rassembler tous ceux et celles qui partagent notre point de vue sur la situation actuelle, et avec qui nous avons eu de nombreux échanges et points de convergence lors des dernières municipales. On va aller dans les quartiers, faire de la proximité, et on appelle tous les signataires de la pétition pour la paix en Palestine à venir. »

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4 septembre 2014 4 04 /09 /septembre /2014 02:53

L’Otan : l’hégémonie et rien d’autre

Jean-Paul Piérot

Jeudi, 4 Septembre, 2014

Photo : Petras Malukas/AFP

L'éditorial de Jean Paul Piérot : l’Otan, qui réunit à partir d’aujourd’hui les vingt-huit chefs d’État et de gouvernement des pays membres, a opéré depuis la fin du XXe siècle une mutation fondamentale, en se posant comme le bras armé d’une alliance transatlantique en quête d’une nouvelle hégémonie.

L’exacerbation du conflit en Ukraine remet sur le devant de l’actualité une organisation militaro-politique qui aurait dû disparaître il y a plus de vingt ans. Héritière de la bipolarisation qui domina les relations internationales pendant un demi-siècle, l’Otan, en tant qu’alliance occidentale face à l’Union soviétique et ses alliés, n’avait plus de raison d’être depuis la dissolution du pacte de Varsovie. Mais du côté occidental, la politique de bloc a survécu à la disparition des blocs. L’Otan, qui réunit à partir d’aujourd’hui les vingt-huit chefs d’État et de gouvernement des pays membres, a opéré depuis la fin du XXe siècle une mutation fondamentale, en se posant comme le bras armé d’une alliance transatlantique en quête d’une nouvelle hégémonie. Elle n’est plus une structure de défense collective de ses membres face à une menace extérieure, comme le stipule son article 5. Aucun État membre n’était menacé lorsque fut décidée la campagne de bombardements de la Serbie au printemps 1999. Et deux ans plus tard, en 2001, par le lancement de l’opération militaire en Afghanistan, l’Otan franchissait un nouveau pas : force d’intervention sur les théâtres extérieurs, sous direction américaine, elle contribuait à l’effacement de l’ONU. L’Alliance atlantique n’a jamais été aussi puissante qu’aujourd’hui. Les pays Baltes, ex-Républiques soviétiques, l’ont rejointe, de même que les États d’Europe centrale.

Quant à la France, qui avait sous l’impulsion du général de Gaulle quitté en 1966 le commandement intégré, elle a été enrôlée à nouveau dans le giron atlantiste par Nicolas Sarkozy, et François Hollande s’inscrit dans les pas alignés de son prédécesseur. L’intégration de l’Ukraine dans l’Otan qui avait été réclamée lors du sommet de Bucarest, en 2008, est inacceptable pour Moscou, qui refuse des bases occidentales à ses frontières. La mise sur pied d’une force de projection de 4 000 soldats et la volonté de rendre l’Otan plus visible dans l’est de l’Europe compromettraient plus encore les chances d’un retour à la détente et au dialogue.

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4 septembre 2014 4 04 /09 /septembre /2014 02:50

François Rebsamen a menti à propos de son père qui était bien collabo

12 avril 2014, 13:26 Auteur : Jean

Le nouveau ministre du travail du gouvernement Valls, François Rebsamen (photo), a préféré mentir à propos des activités de son père pendant la Seconde Guerre Mondiale plutôt que de dire la vérité, à savoir qu’il était collaborateur des nazis. Nous en apportons aujourd’hui la preuve définitive par une archive jamais révélée auparavant. Cette nouvelle pierre dans le jardin socialiste s’ajoute aux relations amicales entre Valls et un néo-nazi, et entre François Mitterrand, Pétain et Bousquet. Un passé qui ne passe pas…

En avril 2001, François Rebsamen vient d’être fraîchement élu maire de Dijon. Il accorde une interview à l’Express, interview qui est toujours en ligne. En voici l’extrait qui nous intéresse :

Votre père a-t-il été collaborateur?
Non. C’est une rumeur que fait courir la droite à Dijon depuis que j’y suis candidat. Il se trouve que la famille de mon père est originaire d’Alsace, de la région de Mulhouse-Bâle, précisément. Pendant la Seconde Guerre mondiale, mon père, pour ne pas être enrôlé dans l’armée allemande, a choisi de prendre la nationalité suisse. C’est tout.”

François Rebsamen déclare donc que son père a dû fuir en Suisse pour ne pas être incorporé dans la Wehrmacht en tant qu’alsacien. Or c’est tout le contraire, il s’est enfui en Suisse à la suite d’un avis de recherche pour collaboration, comme nous allons le voir.

Une première fuite

Le premier à avoir vendu la mèche est un certain Yves Bertrand, le fameux directeur des Renseignements généraux de 1992 à 2004, qui notait dans des carnets qui ont été révélés par la presse : « Père Rebsamen serait un ex-agent de la Gestapo d’origine russe. Un Rebsamen russe s’installe à Dijon en 39 – photo de lui en uniforme d’officier Gestapo. Ça se passe à Dijon. S’est marié avec la fille d’un maire adjoint de Dijon qui est intervenu pour qu’il ne soit pas jugé trop sévèrement. Rebsamen né à Dijon en 1951. Sa mère = la fille d’un ex-adjoint de Dijon. Père = Erich Rebsamen. »

Mais cela passe inaperçu, et aucun journaliste ni politique ne demande d’explications à M. Rebsamen, qui est toujours maire de Dijon et maître des archives de cette ville.

Une deuxième fuite

Mais les archives ont fini par parler. Il faut dire que le maire de Dijon s’est fait pas mal d’ennemis avec le temps. Un fouineur particulièrement coriace vient de nous transmettre une pièce qui ne laisse plus aucun doute sur le mensonge du nouveau ministre socialiste du Travail pour protéger son père dont l’honneur avait pourtant été bafoué par ses activités de collaboration pendant l’occupation.

Voici donc l’extrait du journal La Bourgogne républicaine (ancêtre du Bien public), daté du 9 août 1945. On est donc peu après la libération, en pleine épuration, et les résistants utilisent les journaux pour lancer des avis de recherche sur les collabos clairement identifiés. Le père de François Rebsamen en fait partie.

Sa photo en uniforme nazi est reproduite dans l’article, et l’appel à témoin lancé : “Eric Rebsamen est né à Stuttgart le 9 janvier 1917, mais il est de nationalité suisse. Inculpé d’atteinte à la sécurité extérieure de l’État, il est actuellement en fuite. Arrivé à Dijon en novembre 1939, il a été interprète et chef d’atelier au garage Renault jusqu’en novembre 1943, date à laquelle il part pour Paris. Il aurait rejoint la Suisse. Le voici, photographié en tenue d’officier allemand. Tous renseignements utiles sur son activité au cours de l’occupation peuvent être adressés à M. Geoffroy de la Mothe, juge d’instruction, Cour de justice, cabinet n°5, Dijon.”

Naturellement, cette description correspond parfaitement à celle du père de François Rebsamen, telle que wikipedia en parle par exemple. “Né à Stuttgart le 9 janvier 1917, de nationalité suisse”. La confusion entre deux hommes est donc impossible.

Conclusion

Il s’agit donc d’un nouveau mensonge d’un socialiste important, actuel ministre, et sénateur, et président du groupe socialiste au Sénat, et ancien maire d’une grande ville pendant 13 ans.

Un de plus, un de moins, me direz-vous, une fois qu’on a lu le Livre noir de la gauche ou 100 ans d’erreurs de la gauche on ne compte plus les mensonges de la gauche. Certes, mais celui-là émane de quelqu’un qui vient d’être nommé ministre du Travail de la France, proche du Président de la République, ce qui n’est tout de même pas rien, et qui a caché aux Français pendant tout ce temps que son père a trahi le pays avec l’ennemi.

Aux Etats-Unis, un tel mensonge d’une personnalité aussi haut placée vaudrait démission immédiate, que se passera-t-il en France ?

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1 septembre 2014 1 01 /09 /septembre /2014 22:58
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1 septembre 2014 1 01 /09 /septembre /2014 22:44

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BRUNO FORNACIARI

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