Overblog Suivre ce blog
Administration Créer mon blog
2 août 2014 6 02 /08 /août /2014 20:50

« Israël vise l’annexion de la Cisjordanie et la consolidation du système d’apartheid »

Entretien réalisé par Rosa Moussaoui

Samedi, 2 Août, 2014

Entretien avec le Dr Mustapha Barghouti. Le climat reste très tendu en Cisjordanie, où un Palestinien de vingt-deux ans a été tué par l’armée israélienne ce vendredi au cours de heurts à Tulkarem. À Hébron, cinq-mille personnes ont manifesté pour réclamer qu’Israël soit traduit devant la justice internationale pour ses crimes de guerre à Gaza. Le secrétaire général de l’Initiative nationale palestinienne parle de soulèvement populaire.

De Ramallah (Palestine), envoyée spéciale

Que change cette nouvelle guerre contre Gaza dans l’esprit des Palestiniens ?

Dr Mustapha Barghouti. Rien ne sera plus comme avant. Israël est en train de commettre à Gaza le pire des crimes humanitaires. Le problème ne se pose pas seulement avec Israël, il se pose avec tous les pays qui se rendent complices de ces crimes. C’est honteux, inacceptable. Les dirigeants du monde devraient venir constater par eux-mêmes qu’Israël a le droit de se défendre, tandis que les Palestiniens ne peuvent exercer ce droit. Ce sont eux, pourtant, qui sont opprimés depuis plus de 70 ans par l’occupation et par un système de ségrégation. Nous assistons aujourd’hui à la fin d’une ère, celle du processus d’Oslo. L’approche des Palestiniens est désormais complètement différente, ils réalisent qu’Israël ne comprend malheureusement que le langage de la force. D’importants efforts seront déployés à l’avenir, pour adopter une nouvelle stratégie unifiée, basée sur la résistance, que nous espérons non violente. Il nous faudra aussi renforcer la campagne en faveur du boycott et des sanctions. Enfin, les Palestiniens doivent impérativement s’unir. Les trois formations qui sont encore à l’extérieur de l’OLP, le Hamas, le Jihad islamique et l’Initiative nationale devront y entrer. La direction palestinienne devra être rajeunie et plus attentive aux besoins de notre peuple. Avec cette agression, Benyamin Netanyahou a tenté de faire voler en éclat nos efforts d’unification. Jusqu’ici, nos divisions lui permettaient d’affirmer qu’aucune force n’était représentative des Palestiniens. La constitution d’un gouvernement d’entente nationale l’a rendu fou. Avec le Hamas, nous avons de profonds désaccords idéologiques. Mais ils sont issus de notre peuple, c’est aux Palestiniens de choisir qui les représente. Ces évènements ne feront en définitive que renforcer le Hamas. Il incarne désormais la résistance, au détriment du Fatah, qui apparaît comme incapable de combattre l’occupation.

Comment expliquez-vous la complaisance qui permet à l’armée et au gouvernement israéliens de violer le droit international, le droit humanitaire, en toute impunité ?

Dr Mustapha Barghouti. Les Israéliens laisseront derrière eux, à Gaza, un désastre. Toutes les infrastructures sont détruites. Les pertes humaines sont au-delà de toute description. Des civils, des femmes, des enfants sont massacrés. Comment l’armée israélienne aurait-elle pu se permettre de bombarder une école de l’ONU où des civils étaient réfugiés, sans la complicité, sans le silence du monde ? Je constate toutefois qu’il y a un abîme entre les peuples, révoltés par ce massacre, et les gouvernements, soumis aux pressions des lobbies pro-israéliens. Selon la propagande israélienne, cette offensive militaire serait dirigée contre le seul Hamas, qualifié d’organisation terroriste. Mais cette agression vise en réalité tous les Palestiniens ! C’est toute la population qui souffre aujourd’hui à Gaza ! Tous ceux qui se taisent devant cette catastrophe devront rendre, un jour, des comptes. Nous exhortons le président Abbas à porter l’affaire devant la justice internationale et je ne doute pas que des démarches en ce sens seront engagées dans les heures qui viennent. Des commissions d’enquête internationales feront, j’en suis sûr, la lumière sur ces crimes de guerre.

Vous parlez d’un soulèvement populaire en Cisjordanie…

Dr Mustapha Barghouti. Ceux qui pensaient que la Cisjordanie resterait calme et silencieuse devant le spectacle du massacre à Gaza se trompaient. La manifestation durement réprimée qui a réuni près de 30 000 personnes à Qalandiya le 24 juillet a marqué un tournant. Mais ce qui se passe aujourd’hui à Gaza révolte le monde entier. Aux antipodes des positions honteuses de certains pays, États-Unis en tête, et du silence des Européens, il y a aussi la réaction de ces huit pays d’Amérique latine qui ont rappelé leurs ambassadeurs en Israël. Quant à la plupart des dirigeants arabes, c’est peu dire qu’ils se sont mal comportés.

Pensez-vous à l’Egypte ?

Dr Mustapha Barghouti. L’Egypte pose des limites à son implication à cause de ses conflits internes avec les Frères musulmans. Nous disons aux pays arabes que la Palestine ne peut être ni le terrain de règlement de leurs affaires interne, ni l’enjeu de compétitions régionales, au prix du sang.

Cette nouvelle guerre contre Gaza permet-elle au gouvernement israélien de faire oublier la poursuite de la colonisation en Cisjordanie et à Jérusalem-est ?

Dr Mustapha Barghouti. Bien sûr. Gaza serait à part, il n’y aurait pas de problème palestinien… En fait, leur jeu vise l’annexion de la Cisjordanie et la consolidation du système d’apartheid. Rappelons que cette guerre a commencé en Cisjordanie, avec l’arrestation de plus de 1000 personnes, avec les actions de punition collective. Les Israéliens poursuivront cette politique tant qu’on les laissera s’affranchir du droit international. À mon avis, le problème ne se résume pas au gouvernement israélien. C’est toute la société israélienne qui a glissé. Un profond racisme s’y exprime désormais ouvertement. Un pays qui accepte qu’un membre de la Knesset appelle en séance à l’assassinat des femmes palestiniennes pour qu’elles ne puissent plus donner naissance à « des serpents », un pays qui tolère que l’un de ses scientifiques de renom appelle publiquement à user du viol comme arme de guerre, un pays où l’écrasante majorité de la population s’oppose au cessez-le-feu est, à mon avis, un pays qui a déjà glissé vers le fascisme.

Repost 0
Published by bruno fornaciari - dans PALESTINE
commenter cet article
1 août 2014 5 01 /08 /août /2014 22:09

La trêve n’a pas duré dans la bande de Gaza

Pierre Barbancey

Vendredi, 1 Août, 2014

Une grande partie de la journée, le secteur de Rafah a été soumis à d'intenses bombardements. La plus grande confusion y régnait, les secours s'employant comme ils pouvaient à essayer de récupérer les blessés et les morts.

SAID KHATIB / AFP

Un officier israélien a été capturé par la résistance et deux soldats ont été tués. L’artillerie israélienne a fauché près d’une quarantaine de civils palestiniens à Rafah, selon les services médicaux. Reportage.

De Gaza (Palestine), envoyé spécial

La trêve de 72 heures, annoncée dans la nuit et acceptée par Israël et par la résistance palestinienne n’aura pas duré très longtemps.

Un accrochage au sud de la bande de Gaza, dans le secteur de Rafah, s’est soldé par la mort deux soldats israéliens et la capture d’un officier qui se trouvaient en opération. Car la particularité de cette trêve était que les troupes israéliennes restaient stationnées en territoire palestinien et continuaient leur recherche et la destruction des tunnels. Ce qui signifie que l’armée israélienne cherchait avant tout à poursuivre son action avec l’assurance de ne pas être attaqué !

Des zones entières de la bande de Gaza, celles en bordure de la frontière, particulièrement au sud et au sud-est, s’en trouvaient donc exclues de fait. Les habitants de Djoukh el-Dik, un village à la frontière avec Israël n’ont ainsi pas pu se rendre dans leurs maisons. Une dizaine d’entre eux, attendaient à plusieurs kilomètres de là, montrant les volutes de sable qui se dégageaient au loin, signe de mouvements de chars. Quelques heures auparavant, alors qu’ils avaient réussi à atteindre le village, ils ont entendu, puis vu, un char approcher, qui a actionné sa mitrailleuse pour les faire partir. Pour ces hommes, la trêve n’aura pas duré dix minutes. Ce qui confirme que cette zone en était exclue !

L’heure de l’attaque palestinienne n’est pas confirmée. Moussa Abou Marzouk, numéro 2 du Hamas, a déclaré que « toute opération (du Hamas) avait été conduite avant le début du cessez-le-feu », alors que l’armée israélienne maintient que celle-ci s’est déroulée un peu avant dix heures, soit deux heures après le cessez-le-feu humanitaire, alors que les troupes « neutralisaient un tunnel ». Le coordinateur spécial pour le Moyen-Orient à l'ONU, Robert Serry, a jugé que la capture du soldat, « constituerait une violation grave du cessez-le-feu humanitaire (...) par les combattants palestiniens, de nature à être condamnée dans les termes les plus forts ».

Les Etats-Unis, de leur côté, fournisseurs officiels d’armes et de munitions à Israël, parlent, à propos de la capture de l’officier israélien de violation « barbare » du cessez-le-feu. Un terme que Washington n’a même pas employé s’agissant des frappes sur les écoles de l’Onu, se bornant à « condamner ». C’est bien ce « deux poids deux mesures » qui affranchit Tel Aviv de tout respecte du droit international, des résolutions de l’Onu comme des Conventions de Genève et se traduit par le pire des bilans : 1500 Palestiniens tués dont la grande majorité sont des civils, contre 63 soldats et trois civils côté israélien.

{C}

Des familles palestiniennes de retour le 1er août 2014 à Chejaya dans la banlieue de Gaza

Crédit:

AFP

La réplique israélienne a été sanglante. Pour deux soldats tués, les chars ont fauché une foule de civils Palestiniens qui se pensaient en sécurité et venaient faire quelques emplettes. Quarante personnes auraient ainsi perdu la vie. Une façon délibérée de punir ces gens. Dans le secteur de Khan Younes, où nous nous trouvions, la canonnade de l’artillerie résonnait toujours plus forte avec l’avancée de la matinée. Jusqu’à ce qu’un vent de panique saisisse la population de tous les villages à l’est de cette ville.

A Khozaa, Abassane et Bani Souhaili, des milliers de personnes, qui pensaient pouvoir regagner leurs habitations quand elles n’avaient pas été détruites, ont commencé à refluer. Sur les bords de la route, des femmes, des enfants, des vieillards handicapés prenaient la fuite sans pouvoir emporter grand-chose.

Des discussions devaient démarrer ce vendredi, au Caire, en présence de délégations palestinienne (incluant toutes les organisations, y compris le Hamas) et israélienne. La réunion a été reportée. Les demandes palestiniennes pour un cessez-le-feu restent la levée du blocus, l’extension du domaine de pêche, l’ouverture du terminal de Rafah… Des conditions qui, si elles étaient remplies, garantiraient à Israël la sécurité qu’elle dit rechercher.

Repost 0
Published by bruno fornaciari - dans PALESTINE
commenter cet article
1 août 2014 5 01 /08 /août /2014 20:41

Israël - Palestine : où est la voix de la France ?

Marie-Françoise Bechtel, Barbara Romagnan, Pouria Amirshahi, Michel Billout

Samedi, 2 Août, 2014

Barbara Romagnan, signataire de l'appel

Tribune : les parlementaires Marie-Françoise Bechtel, Pouria Amirshahi, Barbara Romagnan et Michel Billout expriment leur profonde préoccupation quant aux orientations actuelles de la France dans le conflit israélo-palestinien.

Notre pays avait toujours su, du Général De Gaulle à Jacques Chirac en passant par François Mitterrand, faire entendre la voix de la raison qui est celle d’un juste équilibre entre les droits respectifs de deux peuples. Force est de le constater aujourd’hui : le langage que tient notre diplomatie s’éloigne de plus en plus de cet équilibre. L’approbation unilatérale donnée aux actions menées par l’Etat d’Israël l’emporte manifestement sur notre soutien constant au droit international. Ce ne sont pas les légères inflexions de notre langage diplomatique, tardivement intervenues, qui changent le fond de cette politique nouvelle.

Face à la gravité de l’escalade actuelle, la France ne pouvait pourtant s’exonérer de ses responsabilités historiques en se contentant d’accueillir une conférence internationale condamnée à la redite. A chaque étape d’un conflit qui, d’intifada en colonisation, de tirs de roquette en répliques militaires disproportionnées, ne cesse d’aggraver la situation, c’est une action énergique sous l’égide du conseil de sécurité et comportant les sanctions nécessaires qui devait être exigée. Notre pays ne peut davantage se limiter à prendre des mesures de police pour lutter contre une« importation du conflit » sur notre territoire. C’est au contraire sa frilosité dans la défense d’une solution juste, appuyée sur les moyens nécessaires, qui crée sur le terreau sur lequel se développent des ressentiments qui, à leur tour, ne peuvent qu’engendrer des comportements inacceptables et dangereux. Ce cercle vicieux n’existerait pas si la France n’avait, malgré le déséquilibre profond des belligérants, renvoyé ceux-ci dos à dos.

La question va en effet très au-delà de l’indignation sélective qui est la nôtre. Certes, la multiplication des pertes humaines et notamment civiles vaut au moins la dénonciation que nous réservons à d’autres situations de détresse dans le monde. Et nous ne sommes pas les seuls à déplorer la politique du « deux poids, deux mesures ».

Mais ne pas agir sur les causes c’est se condamner à une répétition de la crise. A cet égard un premier devoir est de dire les choses telles qu’elles sont: nous n’en serions pas là si l’Etat d’Israël n’avait cessé de violer le droit international notamment par sa politique de colonisations illégales tout en s’attachant en coulisses à créer une situation dans laquelle il a, depuis Camp David, discrédité tous ses interlocuteurs. Le face-à-face d’Israël et du Hamas est tout sauf un hasard historique et le premier a beau jeu aujourd’hui de dire qu’il n’a pas en face de lui –ce qui est vrai- un interlocuteur crédible et responsable. Car la vérité est aussi qu’il a tout fait pour en arriver là, rendant quasiment impossible la création de deux Etats.

Un deuxième devoir est de rétablir l’équilibre. Les sanctions que la France est si prompte à demander dans d’autres cas doivent donc être prises et ce, sans attendre, à l’égard de l’Etat d’Israël. Sans cela, l’histoire ne pourra manquer de porter un jugement sévère sur la politique à géométrie variable de notre pays en matière de droits de l’homme et de respect du droit international.

C’est ce droit international qui doit rester la boussole de notre diplomatie. La résolution 242 du Conseil de sécurité des Nations unies votée le 22 novembre 1967 contenait tout ce qui était nécessaire à l’établissement d’une paix juste et équilibrée.

Si la France s’est toujours distinguée comme une voix singulière au sein du camp occidental, la remise en cause de cette vocation est grave. D’une part ce conflit s’inscrit dans l’éclatement de toutes les zones de stabilité au Moyen-Orient, dont le risque avait été souligné par la France au moment de la guerre d’Irak. Dans cet embrasement généralisé figure la politique agressive d’un Etat soutenu au-delà du raisonnable par les puissances occidentales. D’autre part, la position de la France vis-à-vis des deux peuples lui donne une responsabilité historique particulière. Tout d’abord parce que notre pays a joué un rôle majeur dans la création de l’Etat d’Israël et, jusqu’à il y a peu d’années encore, apporté une attention particulière au conflit. Ensuite, parce que la France est le pays européen qui compte le plus de citoyens qui procèdent d'une culture juive et musulmane ; par la force de leur imaginaire culturel, nombreux sont ceux qui se sentent très concernés par le conflit.

Mais c'est précisément en assumant une position éclairée par le droit et la Raison que la République considère ses concitoyens juifs ou musulmans comme des citoyens français, dépositaires comme tous de notre indivisible citoyenneté, et non comme de potentiels "importateurs" du conflit.

Nous pensons que la France doit retrouver la voie de l’équilibre, laisser de côté tout unilatéralisme et revenir à sa diplomatie traditionnelle. Elle doit condamner clairement la violation du droit international par l’Etat d’Israël, agir pour que l’Europe dénonce ses accords d’association avec cet Etat et réclamer l’application de sanctions. L’espoir rendu au peuple palestinien l’aiderait à confier son destin à des partis et dirigeants responsables. Ou bien voulons-nous attendre l’écrasement du Hamas, ce guide aveugle d’un peuple désespéré, pour passer à l’étape ultime, celle d’un Al Qaida en Palestine ? Mais à qui la faute si les marches de l’enfer sont ainsi progressivement descendues ?

L’heure n’est plus à la rhétorique. Tout ce qu’il est encore possible de faire pour donner à la Palestine un Etat digne de ce nom doit être fait. Il y va de l’intérêt de deux peuples qui l’un et l’autre le méritent car ils ne peuvent être assimilés à leurs gouvernants. Il y va aussi de l’intérêt du Moyen-Orient tout entier ainsi que de l’Europe. Devant de tels enjeux, la France saura-t-elle retrouver une voix qui l’avait honorée ?

Marie-Françoise Bechtel, Députée apparentée SRC de l’Aisne

Pouria Amirshahi, Député SRC des Français de l’étranger (circonscription Afrique du Nord et de l'Ouest)

Barbara Romagnan, Députée SRC du Doubs

Michel Billout, Sénateur CRC de Seine-et-Marne

- See more at: http://www.humanite.fr/israel-palestine-ou-est-la-voix-de-la-france-548765#sthash.iIOtWvk3.dpuf

Repost 0
Published by bruno fornaciari - dans palestine
commenter cet article
1 août 2014 5 01 /08 /août /2014 05:12

Stop à l'escalade meurtrière à Gaza - Stop à la destruction de la Palestine - Manifestation samedi 2 aout à Paris

02 Aug15:00

Le PCF appelle les communistes et tous les militants engagés dans la solidarité avec les palestiniens à intensifier la signature de l'appel des cents personnalités françaises et européennes : des dizaines de milliers de signatures ont été collectées ces jours-ci, et à participer , avec le Collectif National pour une paix juste et durable entre Palestiniens et Israéliens, aux manifestations et actions à venir dans toute la France en veillant à écarter toute forme de violence et de racisme qui ne peuvent que nuire au rassemblement et à la cause palestinienne.

Le PCF appelle à participer, avec le Collectif national pour une paix juste et durable, à la manifestation de samedi 2 août à Paris, 15h, Denfert-Rochereau.

Repost 0
Published by bruno fornaciari - dans PALESTINE
commenter cet article
1 août 2014 5 01 /08 /août /2014 00:19

Séville unanime !

Le conseil municipal de Séville vient de voter une motion à l'unanimité de ses élus, y compris ceux du Parti Populaire au pouvoir :

La ville de Séville :

1- Considère l'Ambassadeur d'Israël et l'ensemble des fonctionnaires de son ambassade comme persona non grata dans Séville et sa région

2- Demande au gouvernement espagnol de considérer la guerre contre Gaza comme une guerre d'extermination avec crime contre l'humanité

3- Demande au gouvernement espagnol d'interpeller l'Union Européenne afin de suspendre toutes les conventions avec Israël.

4- Demande au gouvernement espagnol de soumettre les crimes israéliens au Tribunal Pénal Internationnal

N'HÉSITEZ PAS À DIFFUSER CETTE MOTION AUPRÈS DE VOS ÉLUS

Repost 0
Published by bruno fornaciari - dans PALESTINE
commenter cet article
31 juillet 2014 4 31 /07 /juillet /2014 23:24

Les vraies raisons de la guerre israélienne contre Gaza

Pierre Barbancey

Vendredi, 1 Août, 2014

Le bilan des victimes des bombardements israéliens sur Gaza ne cesse de s’alourdir (près de 1400 Palestiniens ont été tués), Netanyahou, n’a pas caché sa détermination de continuer les opérations militaires, malgré les appels à la paix.

Tel-Aviv, qui se présente toujours en victime, voudrait faire croire que son but est de détruire des tunnels. En réalité, l’objectif politique est de diviser à nouveau les Palestiniens et empêcher la création d’un État.

Gaza (Palestine), envoyé spécial Vingt-cinq jours de guerre aujourd’hui contre la bande de Gaza. L’armée israélienne ne retient plus ses coups. Plus de 1 330 Palestiniens ont été tués et au moins 7 200 blessés. Des quartiers entiers de Gaza-ville ont été détruits, des villes comme Beit Hanoun ont été réduites à l’état de ruines. Des centaines de milliers de personnes sont obligées de trouver refuge dans les écoles de l’ONU, toutes peu sûres. Si l’on en croit la propagande officielle du gouvernement de Tel-Aviv, tout aurait été déclenché par le rapt puis le meurtre de trois jeunes étudiants d’une colonie de Cisjordanie. Selon Benyamin Netanyahou, le Hamas serait responsable, il faut le détruire. Il savait pourtant depuis le début que la direction de ce mouvement palestinien n’était en rien impliquée dans ces odieux assassinats. Le prétexte était tout trouvé pour une nouvelle guerre, approuvée par les chancelleries occidentales, Washington et Paris en tête, sous prétexte qu’Israël avait le droit de se défendre. Et les Palestiniens le droit de mourir, si l’on comprend bien ! Si l’on en croit Netanyahou, l’opération israélienne viserait à détruire les tunnels qui passent sous la frontière. Comme s’il découvrait cette réalité ! Pourquoi alors mène-t-il cette guerre et pourquoi précisément maintenant ? Celle-ci n’a pas été déclenchée n’importe quand. Elle survient alors qu’après près d’un an, les « négociations » menées entre Palestiniens et Israéliens sous l’égide des États-Unis (souvent dans le plus grand secret des thèmes traités et des arguments avancés par les deux parties) ont échoué. Elles ont échoué parce qu’Israël a refusé de stopper son processus de colonisation des terres palestiniennes et n’a même pas respecté ses engagements quant à la libération d’un dernier contingent de prisonniers. Comment discuter des frontières du futur État palestinien quand c’est la politique du fait accompli qui prévaut sur le terrain ? Année après année, sous prétexte de constructions dans le cadre du « développement naturel des colonies », celles-ci s’agrandissent et finissent par constituer un continuum que Tel-Aviv considère alors comme des blocs de colonies qu’il conviendrait d’annexer à Israël, réduisant toujours la Palestine, la transformant en un archipel non viable économiquement et politiquement. D’où l’importance de l’arrêt de la colonisation. Autre argument avancé jusque-là en substance par Israël dans ses « discussions » avec l’Autorité palestinienne (juridiquement c’est l’OLP qui est le signataire de tout accord) : vous ne rayonnez que sur la Cisjordanie, vous ne contrôlez pas Gaza, donc vous n’êtes pas représentatifs. L’annonce de la réunification palestinienne scellée entre toutes les organisations palestiniennes – y compris, donc, le Hamas – a résonné comme un coup de massue dans la tête des dirigeants israéliens. L’argument tombait de lui-même ! Cette division, politiquement mortelle pour le mouvement national palestinien, faisait les beaux jours de Tel-Aviv.

Le calcul cynique de Netanyahou

L’unité retrouvée, un processus s’enclenchait visant à l’intégration des mouvements islamistes au sein de l’OLP. Le Hamas et le Djihad islamique, de facto, reconnaîtraient ainsi les accords passés avec Israël, ce qui est une forme de reconnaissance. De cela, Netanyahou et sa coalition d’extrême droite – où certains partis sont d’ailleurs opposés à la création de l’État palestinien sans que personne parmi les Occidentaux n’y trouve à redire – n’en veulent pas. Le but est de conserver et d’étendre les colonies en Cisjordanie, de poursuivre la captation des terres et des puits palestiniens par la construction du mur de l’apartheid et surtout de contrôler les approvisionnements en eau, via le Jourdain et les nappes phréatiques. Quoi de mieux qu’une guerre pour attiser les haines, rendre les populations, meurtries, opposées à toute paix avec un tel voisin, diviser à nouveau les organisations politiques et renvoyer la création d’un État palestinien dans les frontières de 1967 avec Jérusalem-Est comme capitale aux calendes grecques ? C’est le calcul cynique de Netanyahou. Voilà pourquoi il a déclenché la foudre sur Gaza. Malgré les morts et les destructions, il pourrait néanmoins être mis en échec. Le peuple palestinien n’est pas prêt à se diviser de nouveau.

Repost 0
Published by bruno fornaciari - dans PALESTINE
commenter cet article
30 juillet 2014 3 30 /07 /juillet /2014 09:07

Jean-Claude Lefort

Gaza : le crime de guerre au 30 juillet à midi

Voici les derniers éléments sur Gaza que je possède de source fiable. Mon cher ami Ziad Medouhk est injoignable du fait de l'absence d'électricité à Gaza.

- 1 269 morts, dont 287 enfants
- 7 110 blessés dont 2164 enfants
- 23 000 maisons endommagées
- 133 écoles atteintes
- 13 hôpitaux visés et 12 ambulances endommagées
- 80 mosquées démolies
- 2 églises chrétiennes et 2 cimetières bombardés
- 240 000 personnes déplacées souffrant de malnutrition, d'absence d'électricité et de manque d'eau

Repost 0
Published by bruno fornaciari - dans PALESTINE
commenter cet article
30 juillet 2014 3 30 /07 /juillet /2014 04:38
Repost 0
Published by bruno fornaciari - dans PALESTINE
commenter cet article
30 juillet 2014 3 30 /07 /juillet /2014 00:04

L

"Taisez-vous, et laissez parler Jaurès!" (Pierre Laurent)

TAISEZ-VOUS ET LAISSEZ PARLER JAURES

« Je ne suis pas un modéré, je suis avec vous un révolutionnaire." Oui, Jean Jaurès, ce militant de la civilisation humaine, cet infatigable défenseur de la paix et du progrès, était un révolutionnaire de son temps, avec son temps. Aux libres interprètes contemporains de gauche ou de droite voire d'extrême droite qui cherchent à l'enrôler, pour ne pas dire à l’usurper, nous disons aujourd’hui, cent ans après que les deux balles tirées à bout portant par Raoul Villain lui ait fauché la vie : « taisez vous et laissez parler Jaurès ». Pas une page qui ne dise en effet son ardent désir de libérer l’humanité. Dans notre France de 2014, Jaurès a fort à nous dire. Oui, laissons là les usurpateurs et écoutons cette voix forte, chaleureuse, généreuse d'un homme enraciné dans la réalité vivante du peuple et agissant sans relâche pour les valeurs universelles d'humanisme qui fondèrent le socialisme français.

La guerre tue à Gaza, en Irak, en Syrie, en Lybie. La guerre, c’est pour préparer la paix, nous disent-ils encore. Mais la guerre appelle la guerre et toujours plus de barbarie. Où sont les leçons de Jaurès ? « Si chauvins de France et d’Allemagne réussissaient à jeter les deux nations l’une contre l’autre, la guerre s’accompagnerait de violences sauvages qui souilleraient pour des générations le regard et la mémoire des hommes ». La souillure est là. Mais Jaurès n’avait pas seulement alerté, il avait dit la cause : « tant que dans chaque nation, une classe restreinte d’hommes possèdera les grands moyens de production et d’échange (…), tant que cette classe pourra imposer aux sociétés qu’elle domine sa propre loi qui est la concurrence illimitée (…), il y aura des germes de guerre. »

Jean Jaurès n’a jamais renoncé. "J'espère encore malgré tout..."Jusque dans les derniers discours qu'il prononce, àquelques jours de la déclaration la guerre meurtrière, Jaurès affirme avec ardeur la force de l'optimisme qui a été le socle de son engagement. Un optimisme qui anime tous ses combats pour la paix, la justice et la liberté. Jaurès porte, face à l'adversité la plus féroce, son message avec conviction: "les capitalistes sentent, quoi qu'ils fassent, que l'avenir est leur ennemi". Il avait, comme nous devrions l'avoir, une confiance inébranlable en la force de l'humanité à se libérer d’un capitalisme qui l’entrave. "La peur resserre ; l'espérance dilate" disait-il. Le fatalisme, aujourd’hui érigé en doctrine d’Etat, ne faisait pas partie de son vocabulaire. Pour Jaurès, la solidarité humaine, le sentiment de justice, le désir d'émancipation ne sont pas des rêves stériles mais le moteur même de toute vie authentiquement humaine. Neuf millions de personnes vivant sous le seuil de la pauvreté quand les plus riches augmentent leur revenu de 20% en un an, la France cinquième puissance mondiale et championne d'Europe en nombre de millionnaires ! "Cherchez l'erreur " nous aurait dit Jaurès. Et il aurait, avec nous, chercher la solution.

Pour Jaurès, révolutionner la société, c’est sans cesse réformer. « L’évolution révolutionnaire », comme il l’écrira. Il est d’une grande constance sur cette question. Pour lui, il n'y a pas d'autre voie pour aller vers une révolution durable que des réformes déterminées avec et dans l'intérêt du peuple. Penser la révolution sans penser aux réformes possibles -ici et maintenant- c'est être paralysé. Réformer sans avoir l'idéal "toujours discernable en chacun de ses actes, en chacune de ses paroles" c'est être aveugle. Avec lui, nous refusons effectivement la paralysie et l’aveuglement.

Ceux qui maquillent leurs mesures de régression sociale et économique derrière les mots de Jaurès ne peuvent faire illusion. La réforme exige une hauteur de vue à mille lieues du réformisme néo libéral d'aujourd'hui qui ne fait que mettre en œuvre ce qui est présenté comme inéluctable et sans alternative. Pour les gouvernements successifs la réforme n'est plus un choix qu'on incarne mais une obligation dictée par le Medef et les marchés qu'on met en forme. Reprendre le chemin de réformes sociales authentiques dans l’esprit de l’évolution révolutionnaire de Jaurès, c’est aujourd’hui la seule alternative à la barbarie soft qui nous est chaque jour imposée.

A l’inverse du détournement de sens actuel, Jaurès plaide pour le progrès permanent de la démocratie sociale et politique comme une seule même cause. Il le comprend très tôt. La République ne peut plus l’être à moitié, elle sera sociale ou ne sera pas vraiment la République.

"Ce qui manque à la démocratie c'est la confiance en soi-même… » L’inébranlable optimisme de Jaurès c'était par un même mouvement, une confiance vissée au corps en la démocratie. Il croit à la politique pour le gouvernement du peuple par lui-même : « là où les partis n’existent pas, soit parce qu’un groupe en a tué un autre, soit parce que le pessimisme s’est emparé de l’esprit public, on court le risque que les oligarchies se substituent à la classe même au nom de laquelle elles gouvernent. » Le changement de la société :c’est l'affaire du peuple et des individus libres qui le composent, martèle-t-il. A la fin de son histoire du socialisme Jaurès dit "créer la démocratie en la dépassant a été, durant un grand siècle tourmenté et fécond, l'œuvre de la classe ouvrière. Diriger la démocratie en la dépassant et l'obliger enfin à se hausser au socialisme, ce sera sa grande œuvre de demain." Voilà encore une clé pour aujourd’hui.

Toute sa vie durant, il creusera les chemins possibles, concrets d’une conquête de la propriété et de la coopération sociales : « le jour où dans la société transformée tous les hommes seront propriétaires associés ; le jour où par une série de transformations légales les salariés et prolétaires d’aujourd’hui seront avec tous les individus de la société des coopérants … », déclare-t-il dans un célèbre discours prononcé en Amérique latine.

Là encore, il traque la guerre, celle qui fait du « tous contre tous » la logique du système. « Messieurs, il n’y a qu’un moyen d’abolir enfin la guerre entre les peuples, c’est d’abolir la guerre entre les individus, c’est d’abolir la guerre économique, le désordre de la société présente, c’est de substituer à la lutte universelle pour la vie (…) un régime de concorde sociale et d’unité ».

Et lui ne se trompe pas d’adversaire. Il dénonce « le capitalisme international qui va chercher la main d’œuvre sur les marchés où elle est la plus avilie (…) , pour amener partout dans le monde des salaires au niveau des pays où ils sont les plus bas ». Il plaide pour « la communauté universel du droit social », où « toutes les nations apprendront à respecter chez l’étranger un homme et un frère. » Il appelle le 28 juin 1914, un mois avant la guerre, à « assurer un salaire minimum aux travailleurs étrangers ou français de façon à prévenir l’effet déprimant de concurrence » et à « protéger les ouvriers étrangers contre l’arbitraire administratif et policier pour qu’ils puissent s’organiser avec leurs camarades de France et lutter solidairement avec eux sans crainte d’expulsions ».

Voilà pour ceux qui parlent de Jaurès pour mieux étouffer sa voix. Ne les laissons pas faire ! En ces temps de nouveau troublés, où le doute est cultivé sur les valeurs héritées du siècle des Lumières et de la révolution française, en ces temps où liberté, égalité, fraternité sont tenues pour des mots sans effets, en ces temps où l’extrême droite distille son venin réactionnaire, nous devons agir dans les pas de Jaurès pour mettre fin à la guerre économique, pour promouvoir la coopération entre tous et chacun. Sinon, aujourd’hui comme hier, ainsi que le disait Jaurès, dans cette nuée dormante se développe l’orage des politiques agressives et destructrices de demain. « On ne pourra relever la patrie, relever l'Europe, qu'en abaissant le capitalisme », Jaurès avait raison !

Son cri est d’abord un cri de liberté. "Le but c’est l’affranchissement de tous les individus humains. Le but c’est l’individu.» Il est patriote mais pour lui « la patrie n’est pas un absolu, elle est un moyen de liberté et de justice. ». Pour Jaurès, l’individu est la fin suprême. La liberté est la valeur absolue du socialisme. Contre l’égoïsme réactionnaire et asservissant des capitalistes de l’époque il défend l’égoïsme égalitaire et universel des prolétaires. Il veut des citoyens « copropriétaires des moyens de production », et c’est ainsi, écrit-il, que « toute la nation sera comme une immense assemblée possédante et dirigeante ».

Jaurès, c’est l’optimisme. Et notre chemin face à tous ceux qui nous veulent que nous courbions l’échine, et répandent à dessein le pessimisme jusqu’au plus profond du cœur de la nation. La peur : voilà l’arme des nouvelles oligarchies. La peur : voilà le grand ennemi de l’immense majorité que nous sommes. A nous de suivre aujourd’hui Jaurès pour que la peur change de camp, pour avancer en faisant nôtre, en ce jour symbolique, la devise de Jaurès « ni haine, ni renoncement ! ».

Pour nous, les héritiers de Jaurès et de Babeuf, qu’il nommait lui-même « notre grand communiste », l’égalité et le partage sont l’essence de notre combat d’aujourd’hui, l’issue pour sortir de la crise, pour construire une société du bien commun. N’attendons pas pour être heureux !

Repost 0
Published by bruno fornaciari - dans hommage - souvenir
commenter cet article
29 juillet 2014 2 29 /07 /juillet /2014 23:29

 

Cuba, un modèle selon l’Organisation mondiale de la santé
par Salim Lamrani

 

Selon l’organisme onusien, le système de santé à Cuba a valeur d’exemple pour tous les pays du monde.
Le système de santé cubain est mondialement reconnu pour son excellence et son efficacité. Malgré des ressources extrêmement limitées et l’impact dramatique causé par les sanctions économiques imposées par les Etats-Unis depuis plus d’un demi-siècle, Cuba a réussi à universaliser l’accès aux soins à toutes les catégories de la population et à obtenir des résultats similaires à ceux des nations les plus développées.

Lors de sa récente visite à La Havane en juillet 2014, Margaret Chan, directrice générale de l’Organisation mondiale de la santé, a fait l’éloge du système de santé cubain et s’est montrée impressionnée par les réussites dans ce domaine. « Cuba est le seul pays qui dispose d’un système de santé étroitement lié à la recherche et au développement en cycle fermé. C’est la voie à suivre, car la santé humaine ne peut s’améliorer que grâce à l’innovation », a-t-elle déclaré. Elle a salué « les efforts de la direction de ce pays pour faire de la santé un pilier essentiel de développement[1] ».

Cuba a basé son système de santé sur la médecine préventive et ses résultats sont exceptionnels. Selon Margaret Chan, le monde doit suivre l’exemple de l’île dans ce domaine et remplacer le modèle curatif, inefficace et plus couteux, par un système basé sur la prévention. « Nous souhaitons ardemment que tous les habitants de la planète puissent avoir accès à des services médicaux de qualité, comme à Cuba », a-t-elle souligné[2].

L’OMS rappelle que le manque d’accès aux soins dans le monde n’est en aucun cas une fatalité découlant d’un manque de ressources. Il traduit, au contraire, un manque de volonté politique de la part des dirigeants de protéger les populations les plus vulnérables. L’organisation cite à ce titre le cas de l’île de la Caraïbe comme étant le parfait contre-exemple[3]. D’ailleurs, en mai 2014, en guise de reconnaissance à l’excellence de son système de santé, Cuba a présidé la 67ème Assemblée mondiale de la Santé[4].
Avec un taux de mortalité infantile de 4,2 pour mille, l’île de la Caraïbe présente le meilleur indicateur du continent et du Tiers-Monde, reflétant ainsi la qualité de son système et l’impact sur le bien-être des enfants et des femmes enceintes. Le taux de mortalité infantile de Cuba est même inférieur à celui des Etats-Unis et se situe parmi les plus bas au monde[5].
Avec une espérance de vie de 78 ans, Cuba est l’un des meilleurs élèves du continent américain et du Tiers-monde, avec un indicateur similaire à celui des nations les plus développées. En moyenne, les Cubains vivent 30 ans de plus que leurs voisins haïtiens. En 2025, Cuba disposera de la plus grande proportion de personnes de plus de 60 ans d’Amérique latine[6].

Un système de santé au service des peuples du Tiers-monde
Cuba fait également bénéficier les populations du Tiers-monde de son expertise dans le domaine de la santé. En effet, depuis 1963, Cuba envoie des médecins et autres personnels de santé dans les pays du Tiers-Monde afin de soigner les déshérités. Actuellement, près de 30 000 collaborateurs médicaux travaillent dans plus de 60 pays de la planète[7].

L’exemple emblématique de cette solidarité vis-à-vis des plus démunis est l’Opération Miracle lancée en 2004 par Fidel Castro et Hugo Chávez. Cette campagne humanitaire, mise en place au niveau continental dans le cadre du projet d’intégration de l’Alliance bolivarienne pour les peuples de notre Amérique (ALBA), consiste à opérer gratuitement les Latino-américains pauvres atteints de cataractes et autres maladies oculaires[8].

En une décennie, près de 3,5 millions de personnes ont pu retrouver la vue grâce à l’internationalisme cubain. Ce programme social, créé dans un premier temps pour le Venezuela, a été étendu à tout le continent avec l’objectif d’opérer un total de 6 millions de personnes. En plus des opérations chirurgicales, la Mission Miracle fournit gratuitement des lunettes et des lentilles de contact aux personnes atteintes de troubles de la vue[9].

Au total, près de 165 institutions cubaines participent à l’Opération Miracle, qui dispose d’un réseau de 49 centres ophtalmologiques et de 82 blocs opératoires dans 14 pays d’Amérique latine : la Bolivie, le Costa Rica, l’Equateur, le Guatemala, le Guyana, Haïti, le Honduras, la Grenade, le Nicaragua, le Panama, le Paraguay, Saint-Vincent et les Grenadines, le Venezuela et l’Uruguay[10].

La solidarité médicale cubaine s’étend également à l’Afrique. En 2014, LABIOFAM, l’entreprise de production chimique et biopharmaceutique cubaine, a lancé une campagne de vaccination contre le paludisme en Afrique de l’Ouest, dans pas moins de 15 pays[11]. Selon l’OMS, ce virus, qui affecte en majorité les enfants, coûte la vie à pas de moins de 630 000 personnes par an, « la plupart étant des enfants âgés de moins de cinq ans vivant en Afrique ». « Cela signifie que 1 000 jeunes enfants meurent chaque jour de paludisme[12] », rappelle l’Organisation.

De la même manière, Cuba forme de jeunes médecins du monde entier au sein de l’Ecole latino-américaine de médecine (ELAM). Depuis sa création en 1998, l’ELAM a diplômé plus de 20 000 médecins de plus de 123 pays. Actuellement, 11 000 jeunes en provenance de plus de 120 nations suivent une carrière de médecine au sein de l’institution cubaine. Selon Ban Ki Moon, secrétaire général des Nations unies, l’ELAM est « l’école de médecine la plus avancée au monde ». Il a également fait l’éloge des médecins cubains qui travaillent dans le monde entier et notamment à Haïti : « Ce sont toujours les premiers arrivés et ce sont les derniers à partir. Ils restent sur place après les crises. Cuba peut montrer au monde entier son système de santé, un modèle pour beaucoup de pays[13] ».
En faisant l’éloge de Cuba, l’Organisation mondiale de la santé souligne qu’il est possible pour un pays du Tiers-monde aux ressources limitées de mettre en place un système de santé performant et d’offrir à l’ensemble des populations une protection sociale digne de ce nom, s’il y a la volonté politique de placer l’être humain au centre du projet de société.

Salim Lamrani

[1] Prensa Latina, « Directora de OMS reconoció labor de Cuba en materia de salud », 16 juillet 2014.
[2] Agencia Cubana de Noticias, « World Health Organization Praises Cuba’s Achievements », 14 juillet 2014.
[3] Prensa Latina, « Directora de OMS reconoció labor de Cuba en materia de salud », op. cit.
[4] EFE, « Directora general de la OMS está en Cuba para ver avances en investigaciones », 15 juillet 2014.
[5] EFE, « Cuba cierra 2013 con la tasa de mortalidad infantil más baja de su historia », 2 janvier 2014.
[6] Oscar Alfonso Sosa, « Crece esperanza de vida geriátrica en Cuba”, Cubadebate, 29 avril 2014.
[7] Salim Lamrani, Cuba: les médias face au défi de l’impartialité, Paris, Editions Estrella, 2013, p. 49.
[8] Cubadebate, « La Misión Milagro cumple hoy diez años : ha devuelto la vista a 3,4 millones de personas », 8 juillet 2014.
[9]Ibid.
[10] Ibid.
[11] Agencia Cubana de Noticias, « Cuba’s LABIOFARM Launches Malaria Campaign in Western Africa », 30 mai 2014.
[12] Organisation mondiale de la santé, « World Malaria Report 2013 », 2013, p. v.http://www.who.int/malaria/publications/world_malaria_report_2013/report/en/ (site consulté le 19 juillet 2014).
[13] Nyliam Vásquez García, « La escuela médica más avanzada del mundo », Juventud Rebelde, 28 janvier 2014.

Repost 0
Published by bruno fornaciari - dans SANTE
commenter cet article

BRUNO FORNACIARI

HPIM3303

Recherche

Texte Libre