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28 août 2014 4 28 /08 /août /2014 10:15

Les parlementaires communistes déterminés à combattre la finance et les politiques d'austérité

Les parlementaires communistes déterminés à combattre la finance et les politiques d'austérité

Communiqué du groupe des députés communistes et apparentés (Front de...

EDITOWEB.EU|PAR NICOLAS MAURY

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27 août 2014 3 27 /08 /août /2014 20:16

Pierre Laurent (PCF) demande aux parlementaires "sincèrement" de gauche de refuser la confiance à Valls

AFP le 28/08/2014 à 08:25

Pierre Laurent, secrétaire national du Parti communiste (PCF), a appelé jeudi tous les parlementaires "sincèrement attachés à des valeurs de gauche" à refuser la confiance au gouvernement de Manuel Valls, dont il brocarde la "déclaration d'amour au Medef"

"J'appellerai tous les parlementaires sincèrement attachés à des valeurs de gauche à ne pas accorder leur confiance au gouvernement Valls", a déclaré M. Laurent sur RFI.

"Je ne vois pas comment les députés frondeurs (socialistes, NDLR) pourraient voter la confiance à un gouvernement qui leur tourne ostensiblement le dos et qui même multiplie les provocations à leur égard", a dit le sénateur.

Le discours, ovationné, de Manuel Valls mercredi lors de l'université du Medef, "n'est pas une déclaration d'amour à l'entreprise, (...) c'est une déclaration d'amour au Medef et à ses exigences de casse généralisée du droit du travail. C'est un discours qui tourne le dos à tout ce que sont depuis des décennies les combats de la gauche", a réagi le responsable du PCF.

"Le Premier ministre avait dit il y a quelques mois +la gauche peut mourir+, on sait maintenant qui tient l'arme du crime. C'est le Premier ministre lui-même qui essaie de la tuer", a martelé M. Laurent.

M. Laurent se rendra à l'université d'été du PS à La Rochelle. "C'est le moment de vérité pour les socialistes, j'ai envie de leur parler un langage de vérité, droit dans les yeux: il n'y a aucune issue possible pour la gauche avec Manuel Valls, sa politique et son discours d'hier".

"Je crois que l'immense majorité des militants socialistes ne se reconnaissent plus du tout dans cette politique qui se fait d'ailleurs, je le note, sans congrès du Parti socialiste. Aucun militant socialiste n'a validé ce tournant libéral, ce coup de force organisé par Manuel Valls avec le changement de gouvernement et le discours d'hier", a-t-il développé.

"Toutes les forces vives de gauche du pays doivent se rassembler pour construire une autre politique, une autre majorité et ne pas accepter cette dérive générale de la politique gouvernementale", a insisté le sénateur de Paris.

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27 août 2014 3 27 /08 /août /2014 16:37

Il est de bon ton ces temps-ci de dresser des lauriers à Arnaud Montebourg pour son franc-parlé et sa détermination à s'opposer à la politique industrielle de François Hollande, bref, de prendre des risques avec un certain courage. Esbroufe, nuage de fumée ? Voyons ci-dessous un certain bilan de celui qui , désormais, (pour combien de temps) s'adjoint aux côté des "frondeurs" du PS.

Bruno Fornaciari

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Montebourg quitte Bercy : le bilan économique du ministre

Le HuffPost | Par Grégory Raymond

Publication: 25/08/2014 19h27 CEST Mis à jour: 25/08/2014 22h11 CEST

ÉCONOMIE - "Trublion", "grande gueule", "électron libre"... jamais les termes utilisés pour décrire Arnaud Montebourg n'auront été aussi proches de la réalité au terme de ce week-end tempétueux qui se conclut ce lundi par un départ du gouvernement pour le désormais ex-ministre de l'Economie et du Redressement productif. Il laisse dernière lui la marque d'un homme tenace, pour qui aucun combat n'est perdu d'avance. Mais aussi celle d'un communiquant hors pair.

Arrivé en mai 2012 avec la mission impossible de réindustrialiser la France, Arnaud Montebourg s'est démené pour donner un sens à sa fonction. On se rappelle de Florange, théâtre de son échec le plus retentissant, mais aussi de son rôle actif dans le dossier Alstom, plus favorable. On se rappelle également de lui posant fièrement en marinière, évoquant un destin présidentiel.

Mais à l'heure de faire les comptes, le ministre peut aujourd'hui regarder dans le rétro et faire l'inventaire de son action. Derrière ses coups de com' et ses coups de sang, quel est son véritable bilan économique? Tour d'horizon de ses dossiers et de ses slogans...

1. Florange, l'échec fondateur

Dans sa carrière de ministre, sa première épreuve est aussi son plus gros échec. Dans l'épisode qui l'oppose à Jean-Marc Ayrault, il manque (déjà) de quitter le gouvernement. Une démission rejetée par François Hollande. Le ministre voulait nationaliser les hauts fourneaux de Florange, le président et le premier ministre voyaient les choses autrement. "J'ai échoué dans un certains nombre d'épisodes, Florange en est un exemple", avait-il reconnu en octobre 2013 dans "Le Supplément" de Canal+ (ci-dessous).

"Parfois on se prend des portes en politique", rajoutait-il. "On se trompe, cela arrive, et il faut le reconnaître. J'ai failli décidé d'abandonner ma mission", après que son projet de nationalisation temporaire du site industriel eut été balayé.

Moins de deux ans après les faits, les engagements pris par le propriétaire Laskshmi Mittal auprès de l'Elysée ont été tenus. Aucun salarié n'a été licencié, tandis que 100 millions d'euros ont été investis par ArcelorMittal fin 2013. Même le leader syndical Edouard Martin est venu gonfler les rangs du PS aux Européennes.

2. Dailymotion: le retour de l'Etat actionnaire

Ce devait être la vente à l'Américain Yahoo! d'une des pépites françaises les plus prestigieuses. Mais c'était sans compter l'activisme d'Arnaud Montebourg. En tant que ministre du Redressement productif, il oppose une fin de non recevoir au géant du Web, mais surtout à Orange, propriétaire de la plate-forme de vidéos qui voulait vendre.

Pour l'Etat, qui détient encore 27% du capital d'Orange, pas question de céder plus de 50% de Dailymotion à Yahoo!. Arnaud Montebourg monte donc au créneau: "Je ne vais pas vous laisser vendre l'une des meilleures start-up de France", se serait-il emporté au cours de la rencontre entre la direction de Yahoo! et celle d'Orange. Cet épisode a notamment l'objet d'un affrontement par voie de presse avec le PDG de l'opérateur Stéphane Richard. À la fin, c'est le ministre qui l'a emporté.

Près d'un an et demi après les faits, Dailymotion cherche toujours un partenaire pour grandir. Microsoft s'était un temps positionné, mais ne souhaite pas investir seul. Canal+ voulait en prendre le contrôle, mais Orange ne veut pas offrir à son concurrent une participation majoritaire.

3. PSA: l'alliance avec la Chine sauve les meubles

"Dissimulation", "mensonges", "erreurs de stratégie"... Montebourg n'a pas eu de mots assez durs pour qualifier l'attitude de PSA, auteur d'un plan social de 8000 postes en France et de la fermeture de l'usine d'Aulnay-sous-Bois. Parallèlement, ce dossier est néanmoins une de ses grandes victoires. C'est sous sa responsabilité que l'entrée au capital du Chinois Dongfeng, mais surtout celle de l'Etat français, ont été validées.

Une quatrième usine PSA sera bientôt ouverte en Chine pour porter à un million la capacité de production. Au premier semestre, le constructeur a enregistré une hausse de 5,5% de ses ventes mondiales, dont 27,7% pour la seule Chine. En attendant, la prochaine génération de la C3 sera délocalisée en Slovaquie, réservant les modèles haut de gamme plus rentables à la France. Tout n'est pas si rose, donc.

4. Made in France: le rouleau compresseur de la com'

Depuis son arrivée à Bercy en mai 2012 au portefeuille du Redressement productif (et jusqu'à son discours de départ ce lundi), Arnaud Montebourg aura mis l'accent sur le nécessaire renouveau de l'industrie française, en voulant incarner le "patriotisme industriel". Un objectif symbolisé par l'image du ministre arborant une marinière Armor Lux en couverture du Parisien Magazine en octobre 2012, et défendu l'an dernier dans son livre La bataille du made in France.

Toujours sur le front de la communication, le trublion du gouvernement a également fait une belle promotion à Renault. Quelques jours avant la photo en marinière, le ministre apparaissait au volant de la Zoé électrique, s'improvisant super VRP de la marque au losange. "Elle est super bien et elle est fabriquée en France", claironnait-il à la sortie du conseil des ministre. Visiblement emballé par la présence des caméras de BFMTV dans la voiture, Arnaud Montebourg avait même demandé à son chauffeur de lui céder le volant. Un grand moment de communication.

En 2014, il participe également au tournage du documentaire Made in France, l'année où j'ai vécu 100% français, se mettant volontiers en scène aux côtés de l'auteur Benjamin Carle.

Made in France - Avec Arnaud Montebourg

Il sera également la voix d'un personnage de dessin animé diffusé prochainement sur Arte. Vêtu d'une marinière, il se bat contre la délocalisation d'un volcan chez l'Homme de Pékin. Cet épisode de Silex and the City montrera, comme d'habitude, des débats d'aujourd'hui transposés à l'âge de pierre.

Cette orgie de communication aura eu le mérite de définir clairement l'image de celui qui désormais se cherche un avenir. Elle en aura cependant excédé plus d'un et son objectif affiché, la promotion du Made in France, est loin d'être un succès incontestable comme le montre le point suivant...

5. Réindustrialisation: un pari perdu d'avance

Si Arnaud Montebourg est parvenu à obtenir son "anti-Florange" avec la reprise réussie de Rio Tinto (Savoie), son bilan de réindustrialisation reste néanmoins fragile. Il est surtout fait de "coups de com'", notamment avec le retour de Solex, sans grand effet sur l'emploi.

On se rappelle aussi de la résurrection de la fonderie Loiselet, une PME qui avait fermé son usine chinoise et rapatrié sa production en France. Mais le ministre est désormais moins prolixe sur le sujet. En décembre 2013, l'entreprise a fait faillite puis a été rachetée par des capitaux algériens. "La relocalisation mal maîtrisée a été la cause même du dépôt de bilan", a même expliqué l'un des nouveaux repreneurs.

Quant au retour au bercail des entreprises qui avaient pris le large, le mouvement reste marginal, et cela malgré les aides publiques. Depuis 2005, seuls 107 cas ont été observés, relève Le Monde, souvent de petite taille, selon le pointage effectué fin 2013 par l'Etat. De son côté, la société Trendeo a recensé seulement 70 emplois industriels créés en 2013 à la suite de relocalisations.

6. Gaz de schiste: un parti pris énergique

Convaincu que la France est assise sur une montagne d'or (noir), le ministre s'est toujours battu en faveur de la prospection du gaz de schiste. Non pas que le gouvernement doive coûte que coûte chercher à exploiter ses réserves, mais qu'il cherche en revanche à élaborer un moyen non-polluant pour les extraire.

"La question de la recherche est toujours posée. Les Français aiment l'avenir, ils croient en l'innovation. Le problème du gaz de schiste, c'est qu'il est d'une pollution terrible. Si on règle ce problème, on peut rouvrir le débat", disait-il encore en février dernier, en arguant que le NFP (stimulant fluopropane) pourrait être une solution.

Fruit de tensions avec l'ex-ministre EELV Cécile Duflot, ce débat a mis le feu aux poudres avec la tête de l'exécutif. Sur le nucléaire, il déclare voir une "filière d’avenir", alors que le gouvernement s’est engagé sous l’impulsion des écologistes à réduire la part de l’énergie nucléaire de 75 à 50%.

7. Europe: une voix forte contre l'immobilisme bruxellois

Entre Arnaud Montebourg et Bruxelles, ça n'a jamais été une histoire d'amour. En juin 2013 il n'a pas hésité à s'en prendre à José Manuel Barroso, président de la Commission européenne, en le qualifiant de "carburant du Front national".

Dans le détail, il estime que "l'Union européenne ne bouge pas, elle est immobile, paralytique. Elle ne répond à aucune des aspirations populaires, sur le terrain industriel, sur le terrain économique, sur le terrain budgétaire, et finalement, ça donne raison à tous les partis souverainistes, j'allais dire anti-européens, de l'UE". Des propos qui lui donnent raison, notamment après les scores réalisés par le FN aux dernières élections européennes.

Le ministre est également l'un des premiers à s'émouvoir de l'euro fort, qui "annihile les efforts de compétitivité" en France. "Nous avons la zone la plus dépressive au monde et la monnaie qui s'apprécie le plus au monde. Cette situation est ubuesque. Nous devons ouvrir une bataille politique pour faire baisser l'euro. L'euro doit être au service de notre économie et de notre industrie. Il ne s'agit pas de le dévaluer mais de le ramener à un niveau raisonnable et supportable". Un an après ces déclarations, François Hollande a timidement repris cet argumentaire.

8. SFR: Montebourg pris en flagrant délit d'ingérence

La vente de SFR a été une autre saga au cours de laquelle la voix d'Arnaud Montebourg n'a pas été entendue. Quand Vivendi décide au mois de février dernier de vendre sa filiale mobile, les négociations s'engagent avec Numericable. Bouygues passe à l'attaque dans la foulée et trouve en Arnaud Montebourg un soutien de poids.

Le ministre de l'Économie, alors en charge du portefeuille du Redressement productif, énumère les griefs contre l'alliance SFR/Numericable, notamment le maintien du marché à quatre opérateurs néfaste pour l'emploi et le surendettement du futur groupe. Il fait même peser la menace d'un contrôle fiscal sur le président de Numericable Patrick Drahi.

Ignorant les remontrances du ministre et malgré une dernière offensive de Bouygues,Vivendi décide finalement de céder sa filiale à Numericable. Franchement déçu du résultat, il appelle désormais le nouvel ensemble à user du patriotisme économique dans le choix des fournisseurs. Un peu maigre.

9. Alstom: dernier coup d'éclat industriel

S’il faudra des mois avant la recomposition effective d’Alstom, Arnaud Montebourg tient là l'une de ses grandes victoires. Le ministre est parvenu à éviter le dépeçage d’Alstom, tout en préservant la souveraineté nationale de la France dans le secteur nucléaire. Et à l’inverse de Florange, il est enfin parvenu à imposer sa signature: entrée de l’Etat dans le capital (20%) et l'alliance avec un grand groupe étranger. Comme pour PSA.

Le revers de la médaille, c'est qu'il n'était pas du tout favorable à un rachat par General Electric. Soutien initial de l'Allemand Siemens, il s'est résolu à la victoire de l'Américain au dernier moment, en contrepartie de l'entrée de l'Etat au capital. Mais il confirme le retour de l'Etat stratège, après avoir obtenu une offre plus favorable aux intérêts français. Il est aussi à l'origine du décret sur l’acquisition d'entreprises stratégiques, permettant un veto du gouvernement.

10. Il est très apprécié par les grands patrons

Un temps honni par la classe patronale, le ministre a terminé avec les faveurs des capitaines d'industries. Outre Jean-Louis Beffa (ex-PDG de Saint-Gobain), l'un de ses visiteurs du soir favori, il s'est peu à peu offert le soutien de quelques gros bonnets comme Christophe de Margerie (Total) ou Claude Perdriel (SFA).

Son ton combatif séduit les entrepreneurs, comme l'a reconnu en mars Vincent Bolloré. "Je trouve qu'il donne une flamme, et dans une France où on est un peu dans la sinistrose, sa voix est sympathique", a affirmé le PDG du groupe Bolloré. Même Pierre Gattaz, le patron des patrons, l’affirme: "Ce que je trouve intéressant avec Arnaud Montebourg, c'est quand il s'occupe de la France de demain, des 34 filières de la Nouvelle France industrielle (...) il a beaucoup d'énergie dans ces domaines", a souligné le dirigeant du Medef, parlant d'un "élan vertueux".

"Il a le mérite d'avoir remis l'industrie au centre des débats", confiait en début d'année Jérôme Franz, président de la Fédération des industries mécaniques (FIM). "Il a une vraie connaissance des sujets et une implication personnelle", ajoutait Philippe Goebel, son homologue de l'Union des industries chimiques (UIC).

Ce discours dithyrambique survivra-t-il au départ du ministre? A quelques minutes de la démission du gouvernement, Geoffroy Roux de Bézieux (n°2 du Medef) a jugéqu'Arnaud Montebourg se "trompait d'époque" et prônait une "politique des années 1990". "Qu'il veuille (...) faire un peu le show de rentrée (...), très bien, ce qui compte c'est la déclaration du président de la République et de Manuel Valls", a-t-il ajouté.

Désormais écarté du pouvoir et des dossiers, il n'est donc pas certain qu'Arnaud Montebourg conserve son aura auprès des milieux patronaux.

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27 août 2014 3 27 /08 /août /2014 16:21

Pierre Gattaz très satisfait du remaniement

Le Monde.fr | 26.08.2014 à 16h37 • Mis à jour le 27.08.2014 à 08h06 |Par Jean-Baptiste

Pierre Gattaz devrait accueillir tout sourire Manuel Valls mercredi 27 août. Pour sa première sortie officielle après le remaniement, le premier ministre doit en effetouvrir l’université du Medef, à Jouy-en-Josas, devant un parterre de patrons. Tout un symbole pour ce nouveau gouvernement, censé défendre sans hésitation unepolitique de l’offre favorable aux entreprises.

Au Medef on ne cache pas sa satisfaction de voir écartés les ministres les plus sceptiques, et notamment Arnaud Montebourg. « C’est une bonne décision », ne mégote pas en privé Pierre Gattaz. « C’est comme dans une équipe de foot. Sivous avez un Zinedine Zidane qui dit l’inverse, il ne joue pas. Il n’est pas possible de garder un ministre à une telle place quand on mène une politique de l’offre assumée ».

Résultat de cette bonne entente entre le patronat et le gouvernement, M. Gattaz devrait décerner un satisfecit aux réformes menées jusqu’ici, notamment le pacte de responsabilité et ses 40 milliards de baisses de charges et d’impôts. « Le point de départ de la France est catastrophique, mais je dis bravo au pacte de responsabilité », martèle sans cesse Pierre Gattaz, qui n’hésite pas à vanter le« courage » de Manuel Valls. Seule la création du compte pénibilité inquiète le Medef, mais on se félicite d’avoir obtenu en juillet son étalement.

Lire : Pénibilité au travail : Valls cède en partie aux patrons

PROPOSITIONS REMISÉES

Pour l’occasion, le Medef a donc remisé au placard les dix propositions « starters » pour l’emploi qu’il avait prévu de présenter lors de son université d’été. Dévoilées par Le Monde le 18 août, ces idées étaient pourtant prudentes, se contentant de demander le « lissage » des seuils sociaux, la création d’un contrat « zéro charges » pour les apprentis ou la libéralisation du travail le dimanche, une idée déjà sur les rails. En revanche, la création d’un smic « intermédiaire » pour les chômeurs de longue durée ou la remise en cause les 35 heures, nettement plus polémiques, n’étaients déjà plus à l’ordre du jour.

Vidéo suggérée sur le même sujet

  • Caroline Michel et Benjamin Masse-Stamberger, dans Le Grand Journal - 20/08 7/7

    Le 20 août, David Dauba a reçu Caroline Michel, grand reporter au service économie du Nouvel Observateur et Benjamin Masse-Stamberger, grand reporter au service économie de L'Express, dans Le Grand Journal, sur BFM Business.

    9:46

Lire : Pierre Gattaz hésite à mettre à nouveau la pression sur le gouvernement

Pas question en effet de mettre des bâtons dans les roues du gouvernement, à l’heure où celui-ci éprouve le plus grand mal à convaincre sa majorité. « Sur [le pacte], le gouvernement fait ce qu’il faut et va dans la bonne direction. Pour une fois, reconnaissons-le ! », a vanté sur son blog, le patron des patrons, le 18 août. Les nouvelles propositions du patronat attendront donc le 16 septembre, au lendemain d’un conseil exécutif du Medef, promet désormais l’entourage de M. Gattaz.

En attendant, le patron des patrons devrait se contenter de présenter à Manuel Valls un plan à beaucoup plus long terme. Baptisé France 2020, il est assez large et prospectif pour ne fâcher personne, et notamment la CFDT. Ce syndicat est en effet le seul à accepter de s’engager dans la négociation sur les seuils sociaux qui doit s’ouvrir en septembre et dont M. Gattaz attend un assouplissement des contraintes pour les entreprises de plus de 50 salariés. « L’idée, c’est de positiver. Il ne faut pas attendre la croissance comme la pluie, il faut aller la chercher. Il faut absolument que la France ait une vision enthousiasmante pour l’ensemble des Français », résume Pierre Gattaz. Des propos qui pourraient être repris tels quels par Manuel Valls.

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27 août 2014 3 27 /08 /août /2014 04:34


COMMUNIQUÉ DE PRESSE DU PCF

"Au Bourget, Valls offre aux patrons une entrée directe au coeur du dispositif gouvernemental"

A la tête d'un nouveau gouvernement, où tous les Ministres sont désormais alignés derrière ses coups de talonnettes et de menton, Manuel Valls est allé cet après-midi aux Université d'été du Medef pour déposer aux pieds de Pierre Gattaz ce qu'il croit être le cadavre de la gauche.

Inutile d'imaginer l'accueil triomphal des patrons réunis à cette occasion, qui, non contents d'avoir déjà obtenus, via le CICE et le Pacte de responsabilité, plus qu'ils n'en demandaient, se sont vus offrir, avec la nomination d'Emmanuel Macron au ministère de l'Industrie, une entrée directe au cœur du dispositif gouvernemental.

Même dans leurs rêves les plus fous, ils n'auraient jamais imaginé, à peine plus de deux ans après son élection, une telle convergence d'intérêts et d'objectifs avec l'homme du Bourget.

Pour la première fois, un Premier Ministre lâche ses coups en stigmatisant par ses moqueries les députés socialistes de sa propre majorité, qui se sont rendus coupables à ses yeux de poser une question: pourquoi serait-il hors de question de changer une politique qui échoue?

Dans les allées de la prochaine Fête de l'Humanité, les forces de gauche, politiques, sociales et citoyennes, se donneront rendez-vous pour échanger construire et agir.

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27 août 2014 3 27 /08 /août /2014 00:52

Rassemblons sans relâche pour une autre politique

L’été 2014 aura décidemment douché tous les espoirs du Président de la République et de son Gouvernement, qui a dû démissionner, sur un terrible constat d’échec, cinq mois après son entrée en fonction. La morosité climatique n’y est pas pour grand chose, tant les nuages noirs de l’austérité budgétaire et les cadeaux faits à la finance ont produit leurs effets. On pourrait d’ailleurs tirer un premier bilan des derniers privilèges accordés au patronat début 2014. Car le résultat ne s’est pas fait attendre :une hausse de 30 % des dividendes versés aux actionnaires au deuxième trimestre… alors même que les grandes entreprises françaises touchaient quelques 7 milliards du crédit d’impôt compétitivité emploi (CICE). Ne cherchez pas ! Ce que les communistes et le Front de Gauche n’ont eu de cesse de dénoncer est arrivé : plus on exonère les grandes entreprises et leurs actionnaires de leur responsabilité économique et sociale, plus on laisse libre court à leur boulimie financière.

Le plus inquiétant dans cette gabegie d’argent soutiré aux salariés, ce sont bien les effets qui en découlent pour l’ensemble des Françaises et des Français. Des salaires et une consommation en berne, des dizaines de milliers de personnes supplémentaires privées d’emploi, une pauvreté qui explose, une économie en panne. Mais le plus dangereux, c’est d’entendre et de voir les promoteurs de cette politique au service de la finance faire leur rentrée politique avec les mêmes recettes libérales, et procéder à un remaniement ministériel dans le seul objectif d’aller toujours plus loin, toujours plus vite dans l’erreur. En plus de rendre l’immense majorité des Français plus pauvre, la finance rendrait donc aveugle et sourd ceux qui la soutiennent !

Au regard des faits, la bataille politique prioritaire à mener est bien la lutte contre le coût exorbitant du capital. Ou devrais-je plutôt dire, contre les coûts du capitalisme financier tant ils sont nombreux, des salaires indécents aux profits démesurés. Car les moyens d’une véritable relance de notre économie sont d’abord là, dans les 300 milliards d’euros versés annuellement en dividendes aux actionnaires et en intérêts aux banques. Plutôt que de continuer à nourrir le pillage de richesses produites en courbant l’échine à chaque nouvelle demande du MEDEF, il est urgent de revenir à la raison économique.

Car la France n’a pas besoin de nouvelles coupes budgétaires. Elle a un besoin urgent de nouveaux investissements dans ses services publics, dans sa recherche, dans son système d’éducation et de formation, dans l’accompagnement d’investissements d’avenir et d’infrastructures performantes. Les Françaises et les Français n’ont pas besoin d’une sécurité sociale au rabais, affaiblie par la baisse de ses cotisants et privée des moyens de répondre à leurs souffrances ; ils ont besoin d’une protection sociale renforcée par des emplois plus nombreux, par plus de cotisants et par une mise à contribution du capital. Le pays n’a pas besoin d’une réforme territoriale quil’amputera de la vitalité de ses territoires et de l’investissement des collectivités ; il a besoin d’une démocratie locale renouvelée, proche des citoyens, et qui réponde à leurs besoins.

Lutter contre le coût du capital, s’attaquer frontalement à l’évasion fiscale et aux gâchis financiers, mener une grande réforme fiscale au service d’un impôt juste et progressif, créer des emplois utiles dans les services publics, dans l’industrie, dans la recherche, planifier et assurer les moyens d’une transition écologique vertueuse… voilà les grands axes d’une politique que l’ensemble de la gauche devrait porter et qui redonnerait les moyens d’une véritable relance. Alors que l’Assemblée nationale va reprendre ses travaux avec un gouvernement marqué par une droitisation accrue, c’est sur ces sujets déterminants que les députés communistes et du Front de gauche, fidèles à leurs engagements, continueront de porter leurs efforts. C’est sur ce terrain-là qu’ils continueront d’appeler à converger à gauche, à mobiliser toutes les volontés au service du redressement du pays, à rassembler sans relâche pour une autre politique que celle de l’austérité.

 

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27 août 2014 3 27 /08 /août /2014 00:49

Emmanuel Macron, "l'hémisphère droit" de François Hollande

 

Par Odile Benyahia-Kouider

 

Inspirateur de la politique économique du président, le nouveau ministre de l'Economie impressionne, séduit et agace. Qui est ce surdoué de 36 ans qui fut philosophe puis banquier d'affaires ?

Le nouveau ministre de l'Economie, Emmanuel Macron, le 26 mars 2014 à l'Elysée. (Alain Jocard/AFP)

 

  •  

(Article publié le 27 mars 2014)

Il est jeune. Il est beau. Il est brillant. Nommé en 2012, à 34 ans, secrétaire général adjoint de l'Elysée [poste qu'il a occupé jusqu'en juin 2014, NDLR], le nouveau ministre de l'Economie,Emmanuel Macron - "Manu" pour les intimes -, intrigue les puissants et passionne les médias. Et pour cause ! Cet inspecteur des Finances, sorti cinquième de la promotion Léopold Sédar Senghor de l'ENA, est l'inspirateur du nouveau cap économique de François Hollande.

 

A l'Elysée, l'homme qui se cache derrière le pacte de responsabilité, peu connu du grand public, ne cherchait pas à se mettre en avant. Mais il attisait la curiosité. Un jour avec les grands patrons, le lendemain à côté du président quand il discutait avec Angela Merkel ou Barack Obama. Il était partout. Dans les allées du pouvoir, on le surnommait le "vice-président" ou le "ministre bis de l'Economie". Certains le voyaient déjà à Bercy quand d'autres l'imaginaient en nouveau théoricien de la "deuxième gauche", une gauche réformiste devenue orpheline depuis le crash de Dominique Strauss-Kahn.

Quand Hollande a annoncé le 31 décembre [2013] des mesures favorables aux entreprises, les amis de "Manu" ont jubilé :

Signe de l'influence grandissante du conseiller qui murmurait à l'oreille du président ? Ou simplement l'évidence que Macron incarnerait la seule voie économique possible par temps de crise ?

Trop habile pour assumer la paternité du "tournant" social-démocrate du président, le conseiller n'en a pas moins été identifié comme "l'hémisphère droit" de François Hollande, celui qui prône 50 milliards d'économies. Par opposition à son "hémisphère gauche", symbolisé à l'époque par Aquilino Morelle, 51 ans, l'homme qui avait soufflé à François Hollande la formule "cet adversaire sans nom, c'est le monde de la finance" et suggéré de taxer à 75% les super-riches.

Bien entendu, l'ex-conseiller politique du président réfutait toute "guéguerre idéologique" entre Emmanuel Macron et lui : "Neurologiquement, il n'y a qu'un seul cerveau, celui du président de la République. C'est lui seul qui décide."

Bombardé porte-parole de l'Elysée en février 2014, Aquilino Morelle avait aimablement proposé au "Nouvel Observateur" de jouer les duègnes en faisant descendre le jeune conseiller dans son vaste bureau jouxtant celui du président. La conversation devrait rester "off", exigeait-il. La scène était croquignolesque. Morelle le gauchiste tentant de joindre Macron le droitier sur son portable. Une fois, deux fois, trois fois... Mais le benjamin ne décrochait pas. Il a horreur qu'on le siffle.

Depuis qu'il est devenu la cible de l'aile gauche du PS, il se fait encore plus rare. Après les annonces de janvier [2014], Marie-Noëlle Lienemann pilonnait sur toutes les antennes le mauvais génie de François Hollande, promoteur d'une politique de l'offre "suicidaire". A ses yeux, Macron est l'un de ces technocrates biberonnés à la finance qui trustent les postes au coeur de l'Etat avant de partir "pantoufler" dans le privé. Ces attaques laissent le "Mozart de l'Elysée" totalement froid. "Les spartakistes, on les aura !", a-t-il répondu à un ami inquiet.

Certes, il a été associé gérant de la banque Rothschild, qui a fait de lui un petit millionnaire. Mais l'argent, prétend-il, n'a jamais été sa motivation première. Sinon il n'aurait pas accepté de diviser son salaire par dix pour travailler au Château.

Installé [jusqu'en juin 2014] au quatrième étage du palais de l'Elysée dans l'ancien bureau de François Pérol, conseiller économique de Nicolas Sarkozy, ex-Rothschild lui aussi, dont le parachutage à la BPCE (Banque populaire-Caisses d'Epargne) est entre les mains de la justice, Emmanuel Macron avait accroché au-dessus de la cheminée la couverture du roman d'Albert Simonin "Le cave se rebiffe". Un manifeste.

Lors de sa prise de fonction, le conseiller a été surpris, selon ses proches, par "l'invraisemblable lourdeur protocolaire de cette maison gérée comme une sous-préfecture". Il a dû s'y faire. Gardes du corps, personnel aux petits soins, cela fait partie du décorum.

Tous les jours de la semaine, souvent week-end compris, il a passé dix-huit heures à instruire des dossiers économiques, mais aussi à préparer les sommets européens et le G20. Il voyait défiler tout ce que la République compte d'importants : les ministres, le directeur du Trésor (souvent), le directeur de l'Agence des Participations de l'Etat (tous les samedis matin), les patrons (fréquemment), les journalistes (un peu), les éditeurs (qui tentaient de lui arracher la promesse d'écrire ses Mémoires). Le conseiller du prince n'avait accepté cet enfermement que dans la mesure où il pouvait contribuer à faire "avancer la France". "Sinon, je ne resterai pas deux ans", lâchait-il d'emblée à ses interlocuteurs.

Comme son mentor Jacques Attali, grand collectionneur de sabliers, Emmanuel Macron est obsédé par le temps qui passe. Peut-être est-ce lié au fait que ses intimes, des sexa aux nonagénaires, sont beaucoup plus âgés que lui. Michel Rocard, Serge Weinberg, Jean-Pierre Jouyet ou encore l'éditeur Bernard Fixot. Le sherpa de Hollande aime les gens qui ont de l'expérience, de la profondeur et des histoires à raconter. S'il n'a conservé aucun copain d'enfance ou de lycée, il a gardé en revanche le contact avec sept joyeux lurons de Sciences-Po et de l'ENA, qui occupent aujourd'hui des postes clés au coeur de la République.

Entre eux, ils se nomment les "académiciens", en raison de leurs innombrables réunions à l'Académie de la Bière, une brasserie située à deux pas de l'ENA, à Strasbourg. Le souvenir des soirées karaoké au Bunny's Bar où "Manu s'illustrait par ses interprétations de Mike Brant, Brassens, Moustaki ou Jean-Jacques Goldman" les rend nostalgiques. Le petit garçon modèle semblait rattraper le temps des boums perdues, lui qui avait une préférence marquée pour la lecture et le piano (3e prix du conservatoire d'Amiens). Les "académiciens" ont gardé l'image d'un camarade passionné par la politique au sens large.

Aujourd'hui professeur d'économie à l'université de Nantes, Marc Ferracci, un ami de Sciences-Po, se souvient qu'"il discutait beaucoup des inégalités". Tous deux ont été conviés par Emmanuel Macron à participer au groupe de travail de La Rotonde (du nom de son restaurant fétiche à Montparnasse) pour préparer le programme économique du candidat Hollande en 2012.

Sous la coupe sage et les costumes de flanelle qui lui donnent un petit air de notable de la IVe République, Emmanuel Macron est un ovni. Issu d'une famille de médecins - parents professeurs au CHU d'Amiens (père neurologue, mère pédiatre), frère radiologue, soeur néphrologue -, le gamin élevé chez les jésuites a toujours été un boulimique de la connaissance. Philosophie, littérature, politique, économie, histoire, relations internationales, tout l'intéressait.

Lauréat du concours général de français, élève de khâgne B/L (lettres et sciences sociales) au prestigieux lycée Henri-IV, il n'est en revanche pas tout à fait normalien, contrairement à ce qu'il laisse entendre. En réalité, admissible sur la liste complémentaire, il a été autorisé à suivre les cours de l'ENS Fontenay-Saint-Cloud. Une blessure d'orgueil.

Normalien ou pas, Emmanuel Macron impressionne par sa culture, son assurance "sans arrogance" (selon François Henrot, associé-gérant chez Rothschild) et sa capacité d'empathie. En deux ans, le surdoué au contact facile et à l'humeur égale a su se rendre indispensable. Quand Angela Merkel fait de la résistance sur l'union bancaire, c'est lui qu'on appelle à la rescousse. Quand il faut débloquer le dossier PSA, c'est lui aussi. Lui encore quand les patrons cherchent une oreille compatissante pour se plaindre des 75% et de la taxe de 3% sur les dividendes.

Le "Jiminy Cricket social-démocrate" de François Hollande n'a pas toujours été porté aux nues. Il a eu sa traversée du désert. Ceux qui l'adulent aujourd'hui lui reprochaient hier de ne "pas peser bien lourd" dans le système Hollande. Certes, il tutoie le président, mais il a mis du temps à le convaincre de prendre ce "tournant" qu'il préfère qualifier d'"approfondissement".

Dans "le Pouvoir", une plongée à l'Elysée tournée au long de l'année 2012 par Patrick Rotman, on voit le conseiller se faire rabrouer par un président cassant et maussade quand il suggère de donner aux Français des perspectives jusqu'en 2020.

Emmanuel Macron a eu besoin de temps pour imposer ses vues. Il n'a pas, avec Hollande, la proximité des vieux compagnons de route. Le jour de la victoire de François Mitterrand, il n'avait pas 4 ans. Quant à la défaite de Lionel Jospin, un marqueur pour la promo Senghor, il l'a vécue à distance. Le 21 avril 2002, l'apprenti haut fonctionnaire faisait son stage de l'ENA à l'ambassade de France au Nigeria.

Le jeune ambitieux n'a fait la connaissance du premier secrétaire du Parti socialiste qu'en 2008. Entre eux, cela a tout de suite fait tilt.Macron admire Hollande pour "son intelligence, sa capacité à jouer sur plusieurs claviers, son endurance, son indifférence à ce que l'on pense de lui". Hollande dit de Macron :

Sur le fond, les deux hommes partagent les mêmes convictions. En France, on semble découvrir la fibre sociale-démocrate de François Hollande ! Les Allemands, eux, ne sont pas surpris. "Je n'ai jamais vu de grandes différences entre les socialistes français et les sociaux-démocrates allemands", déclarait l'ex-chancelier Gerhard Schröder au "Nouvel Observateur", en mars dernier, en marge d'une conférence à l'ambassade d'Allemagne. François Hollande n'a-t-il pas initié, en 1983, le mouvement des "transcourants" et adhéré au club Témoin de Jacques Delors aux côtés de Ségolène Royal, Jean-Yves Le Drian, Jean-Pierre Jouyet et Pascal Lamy ?

Intellectuellement Emmanuel Macron appartient à une gauche plus modérée que libertaire. Cela n'exclut pas les "transgressions" sur le plan sociétal. A l'âge de 17 ans, il est tombé amoureux de Brigitte, professeur de français de vingt ans son aînée et mère de famille, qui animait le club théâtre du lycée privé La Providence d'Amiens. Pour étouffer le scandale, le mineur a dû fuir à Paris, où il a fait sa terminale à Henri-IV. Le jeune homme qui a épousé sa belle en 2007 à l'hôtel Westminster du Touquet revendique le bonheur d'être six fois "grand-père" des petits-enfants de sa femme.

Son ancrage à gauche, il le doit à ses proches, et notamment à sa grand-mère, disparue l'année dernière, à laquelle il vouait un culte. Enfant, l'aîné de la fratrie Macron avait choisi de vivre "en garde partagée" - c'est son expression - entre ses parents et sa grand-mère, cette directrice de collège, élevée par des parents illettrés.

"Libéral", Macron ? Lui préfère se dire "réaliste". Il est un Michel Rocard relooké XXIe siècle.

L'autre icône du sherpa de Hollande, c'est le philosophe Paul Ricoeur, dont il a été l'assistant pour la rédaction de son dernier ouvrage, publié en l'an 2000 - le plus abouti -, "la Mémoire, l'histoire, l'oubli". Une rencontre mémorable.

Après une maîtrise de philosophie sur "le Fait politique et la représentation de l'histoire chez Machiavel", Emmanuel Macron a rédigé un mémoire de DEA sur "l'Intérêt général. Lecture et principes de la philosophie du droit de Hegel", sous la direction du philosophe Etienne Balibar. Il bifurque ensuite vers la haute fonction publique.

Depuis lors, le trentenaire qui a déjà connu quatre vies - philosophe, inspecteur des Finances, banquier d'affaires, et conseiller du prince - n'a jamais cessé de réfléchir à l'exercice du pouvoir. En 2011, il a publié dans la revue "Esprit" une analyse du décalage entre le discours et l'action politique intitulée "les Labyrinthes du politique" ("Esprit", mars-avril 2011). Il y met en exergue la difficulté de concilier les impératifs de court terme et la nécessité des réformes à long terme. Après deux années passées au coeur de la machine d'Etat, Emmanuel Macron n'en retirerait pas une ligne.

Cela explique, selon lui, la rapide disgrâce dans laquelle Nicolas Sarkozy puis François Hollande sont tombés.

Début 2014, à Matignon comme à Bercy, on tentait de minimiser le rôle d'Emmanuel Macron auprès du président. Jean-Marc Ayrault ne mettait pas en doute l'intelligence du numéro deux de l'Elysée. "Nous avons tous fait le même diagnostic sur la situation et la nécessité de faire un rattrapage", soulignait le Premier ministre d'alors au "Nouvel Observateur", rappelant qu'il avait "présenté un pacte national pour la croissance, la compétitivité et l'emploi dès le mois de novembre 2012".

Quant à Pierre Moscovici, il louait dans son dernier ouvrage, "Combats" (Flammarion,2014), "le talent, l'inventivité et l'humanité" de l'ex-secrétaire général adjoint, un homme qui "ira loin". Mais, en privé, l'ancien ministre de l'Economie qualifié de "transparent" par les patrons s'offusquait d'être traité en inférieur. "L'histoire jugera", plaidait-il. Théoriquement le strausskahnien aurait dû être le porte-étendard du changement de cap économique de la France. Tout comme Ayrault, si proche des sociaux-démocrates allemands. Mais c'est "le petit Macron", comme le surnomme Alain Minc, qui a ramassé la mise.

L'intéressé n'ignore pas combien cette position peut susciter de jalousie et de rancoeurs. Récemment l'un de ses visiteurs, personnalité en vue de l'establishment parisien, l'a affublé du sobriquet "Macaron" : "Sucré à l'extérieur et mou à l'intérieur" ...

En offrant Bercy à son ancien conseiller, François Hollande oublie une de ses promesses de campagne : tout ministre doit avoir reçu l'onction des urnes. Au ministère de l'Economie, Emmanuel Macron pourra poursuivre sa réflexion sur ce que doit être la gauche au XXIe siècle. Rêve-t-il d'atteindre le sommet du pouvoir ? François Hollande, son patron, a attendu d'avoir 57 ans pour devenir président. Emmanuel Macron en a aujourd'hui 36. La route est encore longue.

Odile Benyahia-Kouider – Le Nouvel Observateur

 

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26 août 2014 2 26 /08 /août /2014 20:38

Elysée: Emmanuel Macron, l'ex-banquier qui murmure à l'oreille de François Hollande

Par Corinne Lhaïk, publié le 15/05/2013 à 18:03, mis à jour le 26/08/2014 à 19:17

Brillant, sympathique, charmeur, l'ex-secrétaire général adjoint de l'Elysée, Emmanuel Macron, a les convictions de la gauche libérale. Mais les prudences de François Hollande l'ont obligé à la patience. Voici le portrait que L'Express en fait en mai 2013, un peu plus d'un an avant qu'il ne devienne ministre de l'Economie.

Francois Hollande parle avec le ministre de l'Economie Pierre Moscovici, son conseiller Aquilino Morelle, Philippe Leglise Costa (à gauche) and Emmanuel Macron à l'Elysée, le 31 juillet 2012.

C'est un dîner comme Paris sait les mitonner. Des banquiers, des communicants, des conseillers de ministre... de droite et de gauche. Nous sommes à la fin de 2008, Nicolas Sarkozy dirige la France, tandis que François Hollande a pris le sombre corridor qui mène aux oubliettes de l'Histoire. Il n'est plus premier secrétaire du PS et les socialistes commencent à regarderDominique Strauss-Kahn avec les yeux de Chimène.

Autour de la table, deux hommes font connaissance en parlant politique. "En 2012, ce sera François Hollande, je mise sur lui", dit le premier au second, qui le prend pour un fou. En Bourse, on appelle cela "acheter à la baisse" et il n'est pas étonnant que ce hollandais précoce soit directeur à Rothschild & Cie Banque. Il se nomme Emmanuel Macron. Moins de quatre ans plus tard, le 15 mai 2012, il devient, à 34 ans, secrétaire général adjoint de la présidence de la République.

Très vite, Macron se fait remarquer. Par son âge, un objet de curiosité - il fréquente l'école primaire à l'époque où Laurent Fabius habite Matignon. Par son parcours, une hyperbole de l'excellence: en sixième, il connaît déjà les racines grecques et latines de la langue française (1). Par ce supplément d'âme qu'il donne à son CV d'énarque en tâtant de la philosophie - il est un temps l'assistant de Paul Ricoeur - et de la politique - il milite dans le Pas-de-Calais dans les années 2000.

Emmanuel Macron, 35 ans, grand-père...

Par sa vie personnelle, pas banale. Quand il dit qu'il va rejoindre ses petits-enfants en week-end, le trentenaire ne parle pas de ses enfants en bas âge, mais bien de ses petits-enfants. En réalité, ceux de sa femme, vingt ans de plus que lui et mère de trois grands adultes. Cette professeure de français enseigne dans une institution religieuse réputée de la capitale. "Elle est de ces profs dont les élèves se souviennent longtemps, parce qu'elle leur a donné le goût de la littérature", relate l'un de ses collègues.

Avant d'entrer à l'Elysée, il a demandé à avoir la main sur l'économie, le social et l'Europe.

REUTERS/Bertrand Langlois/Pool

Ces derniers temps, Emmanuel Macron est dans la peine: en avril, il a perdu sa grand-mère. Une passion. A 5 ans, le petit Amiénois demande à vivre avec cette directrice d'école. En pratique, elle l'élève autant que ses parents, tous deux médecins. Cet enfant de la bourgeoisie et de la province, formaté par les jésuites et les écoles de l'élite, n'a pas le cynisme de son profil. Il est (encore?) protégé par son enthousiasme, voire sa naïveté, et par son humour. A l'Elysée, pendant les réunions ennuyeuses - et il y en a -, il envoie des SMS aux autres conseillers, ceux qu'il aime bien, pour croquer une situation ou moquer un personnage. Il en expédie aussi à 2 heures du matin: le Mozart de l'Elysée dort de quatre à cinq heures par nuit, par obligation, par inclination.

A l'Inspection des finances (2004-2008), il ne se signale pas uniquement par un rapport sur la gestion de la trésorerie de l'Etat. Il fait rire ses camarades. "Il était mon voisin de bureau et, quand je rentrais de mission, j'allais le voir pour décompresser", raconte Sébastien Proto, le jumeau de Macron. Elèves de la promotionLéopold Sédar Senghor de l'ENA (2004), ces deux-là alternent cabinets et banque d'affaires. La gémellité s'arrête là où commence la politique: "Je suis de droite, sarkozyste, il est de gauche", affirme Proto, qui a travaillé avec Eric Woerth et Valérie Pécresse. Les deux hommes ont échangé beaucoup de textos durant la campagne. Ils continuent à se voir et à "se faire la bise".

La Sarkozie l'a dragué en 2007, en vain

Macron aurait pu, lui aussi, embrasser la Sarkozie, qui l'a sollicité en 2007. "Mais il avait choisi la gauche, confirme un ancien conseiller de l'ex-président, bien que, intellectuellement, je ne voie pas très bien ce qui nous sépare. Du moins en matière économique." Il n'est pas étonnant que deux tenants d'une gauche pétrie de réalisme, Jean-Pierre Jouyet, ami de Hollande, etJacques Attali, recruteur du jeune François en 1981, l'aient repéré. Jouyet l'encourage à travailler pour Hollande. Attali aussi, qui l'a présenté au futur président au cours d'un dîner, en 2007, et le choisit pour être rapporteur général adjoint (puis membre) de sa Commission pour la libération de la croissance française. Un concentré d'expertises et d'ego que l'intelligence analytique de Macron réussit à harmoniser.

Au milieu des années 2000, le jeune technocrate produit quelques notes pour l'équipe de DSK. Il est de nouveau sollicité à la fin de 2010. En vain. Il appartient alors à la petite troupe qui se réunit tous les lundis matin du côté du Trocadéro, dans l'appartement parisien d'André Martinez, camarade d'HEC de François Hollande. Puis, de juillet à décembre 2011, il anime un cénacle d'experts et d'économistes, le groupe de la Rotonde, qui rapporte tous les quinze jours au candidat.

Je n'irai pas à l'Elysée pour faire des vieux trucs (Emmanuel Macron)

Déjà, on parle de lui comme du futur secrétaire général adjoint de l'Elysée. Sûr de sa valeur, il n'acceptera pas moins. Il veut avoir la main sur l'économie, le social et l'Europe, triptyque indissociable selon lui. Au début de mai 2012, il s'est déjà renseigné: le passage de Rothschild à l'Elysée n'est pas contraire aux règles déontologiques. La feuille de route est dans sa tête: redresser les comptes publics et retrouver de la compétitivité, y compris à coups de réformes dites libérales, qui font hurler la moitié des socialistes.

Marché du travail plus flexible, mise sous conditions de ressources des allocations familiales et des remboursements maladie, lutte contre les "rentes de gauche", celles de la fonction publique. Mais il croit aussi que l'on peut augmenter les impôts et qu'"une société respire mieux quand chacun réussit selon ses mérites et quand l'Etat est présent dans les moments durs de la vie". En mai 2012, il annonce à un proche: "Je n'irai pas à l'Elysée pour faire des vieux trucs."

La Macron-économie, c'est quoi?

C'était il y a un siècle. Depuis, l'apprenti du pouvoir a compris la différence entre un rapport de la commission Attali et la politique version Hollande. "Certains jours, il s'en accommode, d'autres, il s'impatiente", dit l'un de ses amis. Pourtant, les grands choix vont dans son sens. La réduction de la dépense publique est engagée, comme la bataille de la compétitivité, certains excès fiscaux du début du quinquennat sont corrigés (mode de paiement de la taxe à 75% sur les très riches, fiscalité des plus-values mobilières), la flexibilité du marché du travail est lancée à travers la loi qui transpose un accord des partenaires sociaux. Macron s'y implique, rencontrant Jean-Claude Mailly, secrétaire général de Force ouvrière, à plusieurs reprises pour le convaincre de grogner avec parcimonie contre ce texte qu'il a refusé de signer.

Le secrétaire général adjoint joue aussi, avec succès, un rôle protecteur des patrons d'entreprises publiques tour à tour menacés: Carlos Ghosn (Renault), Stéphane Richard (France Télécom), Henri Proglio (EDF) et, tout dernièrement, Jean-Paul Bailly (La Poste). Il est enfin le metteur en scène et le pédagogue de la stratégie de redressement des finances publiques, en particulier auprès de Berlin: plaider que la France respectera l'objectif de retour des déficits publics au-dessous de 3 % du PIB, mais plus lentement que prévu.

Dans le film Le Pouvoir, il émerge quand les autres se signalent par leur silence ou leur déférence.

J.-C. Coutausse/Divergence

La Macron-économie semble à l'oeuvre, mais il faut un entomologiste très minutieux pour la déceler, tant les piétinements divergents des Ayrault, Moscovici, Montebourg, Le Foll ou Duflot brouillent les pistes. Peu de ministres portent le message de cette social-démocratie chère au secrétaire général adjoint. Si le premier d'entre eux s'en revendique, son expression est couverte par un président soucieux d'équilibres politiques.

Macron semble d'autant plus isolé que le naufrage de Jérôme Cahuzac l'a privé d'un allié. Les deux hommes se connaissent depuis 2008, Macron fait partie de ceux qui ont réconcilié le député de Lot-et-Garonne avec le candidat Hollande. "Pourtant Cahuzac se sentait mal aimé de l'Elysée, Macron y était sa seule attache", note un ministre. En décembre, quelques jours après les révélations de Mediapart, le conseiller de Hollande confie: "Je crois ce qu'il dit, c'est mon ami.". Aujourd'hui, il conjugue cette amitié à l'imparfait.

Ce que François Hollande pense de lui...

La Macron-économie existe, mais François Hollande n'est pas homme à s'en remettre à un seul inspirateur. Il n'est pas Nicolas Sarkozy, pour qui Xavier Musca, secrétaire général adjoint puis secrétaire général, était le grand chambellan de l'économie. Et Emmanuel Macron n'a ni l'expérience administrative et politique ni la stature internationale d'un Xavier Musca, qu'Angela Merkelreconnaissait et appréciait. D'ailleurs, en Hollandie, les conseillers n'ont pas de vie propre.

C'est un bon élément, original et créatif (François Hollande)

C'est donc à titre exceptionnel que le président a accepté de parler de Macron à L'Express: "C'est un bon élément, original et créatif." Les deux hommes s'aiment bien, ils partagent le goût des bons mots et la détestation des conflits. Mais, à l'Elysée, Macron n'est pas un enfant unique. S'il s'entend bien avec Aquilino Morelle, conseiller politique, il doit cohabiter avec Philippe Léglise-Costa, spécialiste des questions européennes, diplomate aussi discret que Macron est solaire. Et avec Pierre-René Lemas, le secrétaire général.Entre ce préfet, soucieux de préserver la France telle qu'elle est, et l'inspecteur des finances, qui la rêve telle qu'elle devrait être, le courant ne passe pas vraiment.

Dans le film de Patrick Rotman Le Pouvoir, sorti en salles le 15 mai, un seul collaborateur émerge quand les autres se signalent par leur silence ou leur déférence: Emmanuel Macron intervient avec naturel, insiste pour que le président donne de la profondeur à son action et se projette en 2020. Il parle avec familiarité d'Angela Merkel: "Elle veut danser le tango avec toi et elle pense que c'est elle qui doit mettre la jambe droite. Nous, on pense pareil."

>> Lire aussinotre critique du documentaire de Patrick Rotmansur la première année de François Hollande à l'Elysée, Le Pouvoir

Macron écrit aussi de longues notes pour le chef de l'Etat, afin de préciser sa pensée, notamment sur la social-démocratie. Dans les réunions avec ministres, il lui arrive de presser son patron de réduire les dépenses. "Ah oui, mais il faut dire lesquelles!" rétorque le président.

Rien n'échappe à ce faux débonnaire qu'est François Hollande. "Tiens, on t'a beaucoup vu", remarque-t-il, lorsque son conseiller apparaît dans des articles. Et quand il apprend - très vite - que Macron vient de partager un petit déjeuner avec un grand patron étiqueté sarkozyste, il interroge: "Que faisais-tu chez lui?" Ces incartades et escapades sont constatées, mais tolérées, car utiles: "Macron est le lien avec une certaine économie que l'on n'aime pas, mais avec laquelle il faut composer", dit un PDG.

Macron est le lien avec une certaine économie que l'on n'aime pas (un PDG)

A quoi sert la Macron-économie? A calmer les patrons. Ils entrent, vibrants d'espoir, dans le bureau du secrétaire général adjoint, ils en sortent des étoiles plein la tête. "Vous êtes d'accord avec lui à 100%, cela en est même troublant", soupire l'un de ces visiteurs. Et après? Rien ou pas grand-chose à leurs yeux. Ils ne voient pas les dépenses publiques se réduire, malgré les promesses, ils redoutent de nouvelles hausses d'impôts. Laurence Parisot est l'une des rares à plaider en sa faveur. "Les patrons sont trop gourmands, Emmanuel est un précieux relais de la voix des entreprises. Il a été le premier, dès juin, à comprendre les exigences de la compétitivité", dit la présidente du Medef.

Trop politique pour les patrons, trop libéral pour les politiques...

La Macron-économie est donc condamnée à la suspicion: trop politique pour les patrons, trop libérale pour les politiques. Le secrétaire général adjoint, c'est son rôle, navigue entre ces mondes. Environ tous les deux mois, il continue de réunir le groupe de la Rotonde à l'Elysée. Il consulte ses aînés de l'Inspection des finances. Avant de choisir la banque d'affaires - il entre chez Rothschild en septembre 2008 -, il avait sondé Alain Minc, l'un des parrains de cette institution. Qui lui indique le chemin de la finance privée, avec ce commentaire: tu gagneras de l'argent et la liberté de faire ensuite de la politique.

Il interroge aussi Xavier Musca, qui lui donne l'avis inverse, préférer le service public. Marque de courtoisie, Macron téléphone à ce dernier après que Jean-Marc Ayrault a annoncé, le 23 mai 2012, que Xavier Musca ne serait pas nommé à la tête de la Caisse des dépôts. Les contacts n'ont pas cessé : de l'Elysée, Macron téléphone encore à Musca pour lui demander son avis au moment de la crise chypriote, en mars.

Passer de la banque à l'Elysée et vice versa, c'est très sarkozien... (Emmanuel Maurel)

Les ministres qui le connaissent l'aiment bien. Pierre Moscovici, sans surprise; plus curieusement, Arnaud Montebourg, alors que les deux hommes, c'est un euphémisme, ne sont pas tout à fait sur la même ligne. Avec Marisol Touraine, il prend un petit déjeuner environ tous les mois. Il a fait connaissance avec Cécile Duflot lors d'un déjeuner, en février, organisé par le directeur du cabinet de la ministre du Logement, Manuel Flam.

Pascal Canfin, lui, est encore surpris que Macron l'ait soutenu dans un combat peu orthodoxe: affecter une partie du produit de la taxe sur les transactions financières au développement des pays pauvres et non au seul désendettement de la France. Tous ne tombent évidemment pas sous le charme: Emmanuel Maurel, chef de file, au PS, du courant Maintenant la gauche, se dit gêné par ce parcours typique d'une "oligarchie qui passe de la banque à l'Elysée et vice versa; c'est très sarkozien".

Président de la République dans vingt ans?

La banque, l'argent... Partageant un café avec Macron dans le bureau de celui-ci, un conseiller de l'Elysée ressent un choc en découvrant le montant du tiers provisionnel dû par son hôte - l'imprimé fiscal traîne sur la table : une somme à six chiffres ! Macron n'est pas resté assez longtemps chez Rothschild pour devenir riche à millions, mais il a très bien gagné sa vie en 2011 et pour les cinq premiers mois de 2012: 900 000 euros (550 000 après charges et impôts), à comparer à ses 156 000 euros annuels aujourd'hui, rémunération identique à celle du président de la République. L'ex-banquier ne paie pas l'ISF (à partir de 1,3 million d'euros).

A un ami il avait confié qu'il ne resterait pas plus d'un an ou un an et demi à l'Elysée. Et après? La politique? Les uns le verraient bien ministre de Hollande, mais la mode est aux poids lourds de la politique. D'autres suggèrent un retour vers la banque, la direction d'une grande entreprise. Jacques Attali fait plus simple: président de la République dans vingt ans. La rumeur dit que l'ancien conseiller de François Mitterrand cherche déjà le Macron de Macron!

(1) Témoignage de sa professeure d'histoire cité par , le 17 mai 2012.

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26 août 2014 2 26 /08 /août /2014 20:21

Au PS, la démission a un goût de fracture

Aurélien Soucheyre

Mercredi, 27 Août, 2014

Crédit:

WOSTOK PRESS/MAXPPP

Les députés socialistes de l’aile gauche condamnent la ligne politique du gouvernement et annoncent d’emblée qu’ils résisteront.

Les chefs de file des députés frondeurs du Parti socialiste ont fermement condamné la politique du tandem Hollande-Valls, à l’occasion de la dissolution du gouvernement visant à écarter les ministres contestataires. « C’est une surréaction, une faute politique de l’exécutif », a estimé Christian Paul. Le député de la Nièvre considère que le président de la République « rétrécit sa majorité » avec « brutalité », alors qu’un « débat authentique pouvait naître au Parlement ». Il prévient que les frondeurs poursuivront leur résistance à l’Assemblée nationale : « Nous attendrons de connaître les contenus. Mais devant l’entêtement du gouvernement à mener une politique qui conduit à la catastrophe, je ne veux rien exclure. » Et d’envisager déjà « un certain nombre de textes qui ne trouveront pas de majorité ». Pouria Amirshahi, député des Français de l’étranger, juge lui aussi « incompréhensible » que le chef de l’État s’enferme « dans une politique qui ne marche pas, qui n’est pas juste et ne correspond plus au socle majoritaire » de son électorat. Au sujet d’une équipe resserrée sur une ligne libérale, il s’inquiète : « Quel est le message ? On est moins nombreux mais on continue ? » L’ensemble de l’aile gauche du PS a ainsi tancé l’isolement volontaire du président, la sénatrice Marie-Noëlle Lienemann allant jusqu’à déclarer que François Hollande « se trouve comme un roi nu ». L’ancien premier secrétaire du Parti socialiste, Henri Emmanuelli, désormais député des Landes, est « évidemment d’accord avec le discours sur le fond » tenu par Arnaud Montebourg et Benoît Hamon, mais reconnaît que « la méthode appelait forcément une réaction du président de la République ». « Je pense qu’ils n’ont pas tout à fait mesuré la portée de ce qu’ils faisaient », poursuit-il.

La contestation « commence » et peut prendre de l’ampleur

L’ancien ministre de l’Économie a confirmé, lors d’un entretien télévisé sur TF1, qu’il « n’avait pas prévu que les choses s’accélèrent de cette manière », mais a maintenu des positions désormais diamétralement opposées à celles de son ancienne équipe. Sur France 2, celui qui a abandonné le portefeuille de l’Éducation nationale a ménagé la feuille et le chou, déclarant qu’il « aurait été incohérent » de rester au gouvernement après avoir « exprimé un désaccord », tout en affirmant rester dans la majorité. Il a néanmoins rappelé l’origine de la rupture, « la rigueur budgétaire » ne pouvant pas être « le but politique ». Aurélie Filippetti, un jour après sa lettre de démission, a joué la même mélodie, appelant à ce que la gauche porte une alternative, tout en précisant qu’elle soutiendra le gouvernement. Les ministres redevenus députés – Montebourg est conseiller général – ne se voient donc pas dans un rôle de contestation parlementaire. Rôle que les frondeurs « historiques » n’entendent pas se faire chiper : « Pour nous, pas question de se mettre comme des petits soldats derrière Hamon et Montebourg sous prétexte qu’ils ont compris les choses au bout de deux ans et demi », prévient un membre du courant Maintenant la gauche. Le député d’Indre-et-Loire, Laurent Baumel, qui se revendique chef de file des frondeurs, pense que la contestation « commence » et peut prendre de l’ampleur, jusqu’à « faire plier le gouvernement ». Selon lui, des députés PS pourraient se dire : « Cette fois-ci, on ne votera pas s’il n’y a pas des inflexions ou un rééquilibrage. » « Nous sommes dans un épisode inédit de la Ve République où des parlementaires de la majorité, qu’on a habitué à voter au carré sans se poser de questions, prennent leurs responsabilités et s’émancipent », a-t-il ajouté.

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26 août 2014 2 26 /08 /août /2014 20:07

Delpeyrat : les élus veulent y voir clair

27/08/2014 05:35

Les élus du personnel du site thouarsais de Delpeyrat, touché par un important plan social (58 postes supprimés sur 86), ont rencontré hier matin les élus locaux. L'objectif de cette rencontre était de définir ce que les élus peuvent faire pour veiller au respect des procédures et comprendre la stratégie du groupe Maïsadour, propriétaire via une holding de l'entreprise.

« On a échangé autour du plan social, il n'est pas encore bouclé car il y a eu des erreurs de procédure qui ont modifié l'échéancier, a expliqué à la NR le député Jean Grellier à l'issue de la réunion de travail. L'engagement que nous avons pris avec la communauté de communes et la Ville de Thouars, c'est de prendre contact avec les décideurs du groupe pour clarifier les choses. Des engagements avaient été pris pour faire en sorte de développer le site de Thouars, mais une autre stratégie a été adoptée par le groupe avec le rachat d'une autre structure. Aujourd'hui, on n'y voit pas assez clair, estime le député. Il faut des assurances sur la stratégie de l'entreprise et connaître ses intentions à terme pour l'établissement de Thouars. Quand un site de 86 salariés en perd 58, on peut se demander si ça a encore du sens après. » Les élus vont également faire appel aux services de l'Etat pour qu'ils veillent au respect des procédures.

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Mais que demandent les syndicats et les travailleurs ? Certainement pas de savoir à quelle sauce ils vont être mangés.

Les licenciements seraient "justifiés" par la baisse de commandes ? par l'inadéquation de l'outil de production ? par des coûts de production trop élevé ? des salaires exorbitants ?

Les syndicats et salariés du groupe, le comité d'entreprise de l'établissement, celui du groupe ont-ils des contre-propositions ?

Les élus du thouarsais ne doivent-ils pas d'abord rechercher le maintien des emplois plutôt que de "comprendre" les licenciements et rechercher, c'est le moins, l'application de la loi?

Les salarié attendent sûrement soutiens et solidarité. Qu'ils recevront s'ils déclenchent luttes et manifestations.

BF

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Published by bruno fornaciari - dans THOUARSAIS
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BRUNO FORNACIARI

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