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29 mai 2014 4 29 /05 /mai /2014 07:41

Analyses prémonitoires ?

Européennes : Mélenchon toujours flamboyant, le Front de gauche un peu moins

Créée à l'occasion des dernières européennes en 2009, la coalition entre le PG de Jean-Luc Mélenchon et le PCF de Pierre Laurent peine à trouver une dynamique.

Le coprésident du Parti de gauche Jean-Luc Mélenchon, en campagne dans le Sud-Est le 25 avril. MALAFOSSE XAVIER/SIPA

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Le scrutin européen de 2009 avait été son acte de naissance. Cinq ans plus tard, le Front de gauche sera-t-il victime dimanche d'une crise d'adolescence ? Créé à l'occasion des dernières élections européennes, le parti regroupe sous une même bannière le Parti de gauche (PG) de Jean-Luc Mélenchon, et le Parti communiste français(PCF), aujourd'hui dirigé par Pierre Laurent, et la Gauche unitaire, le parti de Christian Picquet.

Trois composantes avec leur identité propre, parfois au bord du schisme. Les dernières élections municipales ont donné lieu à de violentes passes d'arme entre le PG et le PCF. Le premier, partisan de listes autonomes, s'était alors violemment opposé au second, enclin à former des alliances au cas par cas avec le PS. Dernière querelle : celle de Christian Picquet, qui a annulé sa participation aux instances nationales de la coalition, lorsque les listes européennes ont été bouclées. En cause, des "divergences" avec le parti. Le conseiller régional de Midi-Pyrénées et porte-parole de la Gauche unitaire estime aussi que le Front de gauche n'a plus la flamme de ses débuts.

L'harmonie fondatrice de 2009 aurait-elle disparu ? "Non", répond Marie-Pierre Vieu, issue du PCF et deuxième sur la liste menée par Jean-Luc Mélenchon dans le sud-ouest :

Un élan retrouvé qui invite Jean-Luc Mélenchon à parier sur une progression par rapport aux 6% obtenus en 2009. Voire sur un score à deux chiffres : "Si on passe de 6 à 10%, c'est bien", a déclaré le 11 mai sur "France 3" le flamboyant coprésident du PG.

A l'orée du scrutin, les électeurs, eux, semblent moins passionnés. Malgré un discours anti-austérité plutôt porteur dans toute l'Europe - qui a notamment bénéficié au parti grec Syrisa - seuls 6% des sondés confiaient il y a une semaine vouloir voter pour les listes Front de gauche.

Chez les cadres du PG, quand on entend "sondages", on répond systématiquement "terrain". Eric Coquerel, en deuxième position sur la liste du sud-est, s'attend à déjouer les pronostics :

Impossible de le nier : Jean-Luc Mélenchon, reconnu pour ses talents de tribun, remplit toujours les salles. Ils étaient plusieurs centaines mardi dernier à Toulouse. Le lendemain, à Montpellier, la salle était tout aussi comble, "et même dans les petites villes et les villes moyennes, comme le 15 mai à Ondres, on a toujours du monde", soutient François Delapierre, secrétaire national du Parti de gauche, pour qui la campagne "se passe très bien" :

Une pique destinée au leader de la Gauche unitaire, Christian Picquet. L'intéressé continue de soutenir que l'appareil se dégonfle :

Passée la ferveur des premières années, le Front de gauche apparaît de plus en plus réduit à souhaiter l'effondrement de la majorité, plutôt qu'à proposer un vrai contre-modèle de société. "L'important dimanche, c'est que le nombre de sièges obtenus par la gauche non-gouvernementale, rejointe récemment par les écolos, dépasse celui du PS", glisse un cadre du parti.

L'affrontement systématique avec le gouvernement sera-t-il payant ? Réponse le 25 mai.

Clément Quintard - Le Nouvel Observateur

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29 mai 2014 4 29 /05 /mai /2014 06:59

Défait aux européennes, le PS se divise

Analyse

Henri Le Roux avec AFP

Lundi, 26 Mai, 2014

Le PS a enregistré dimanche, avec à peine 14 % des voix aux élections européennes, son plus bas niveau historique. Au sein du parti, si tous disent vouloir "tirer les leçons" de cette crise politique, les opinions divergent. Alors que le chef de l'Etat et le gouvernement font la sourde oreille, de plus en plus de parlementaires remettent en question l'austérité et les avantages octroyés au patronat, demandant un véritable changement politique.

Déculottée sans nom, KO historique, désarroi civique, choc à l'échelle du monde, véritable traumatisme, jour sombre pour la démocratie, très grosse gueule de bois... Les formules n'ont pas manqué pour qualifier les résultats des élections européennes, alors que le Parti socialiste (PS), avec seulement 13,98 % des suffrages exprimés, a été largement battu ce dimanche par le Front national (FN - 24,85 %) et l'Union pour un mouvement populaire (UMP - 20,80 %). Encore moins que le score de la liste menée en 1994 par Michel Rocard. Les nombreuses réactions des socialistes français témoignent des débats actuels au sein de la majorité.

Accélerer la cadence pour ne rien changer

"Il n'y a pas une seule minute à perdre", tonnait Manuel Valls au soir des élections européennes. Devant le score "médiocre" de la majorité et de la gauche, il faut "aller plus vite", plus loin, plus fort dans les réformes engagées. Le chef du gouvernement réaffirme que "la France doit se réformer". Son plan : "poursuivre notre travail pour redresser ce pays" grâce à la baisse des déficits, un soutien accru aux entreprises pour relancer l'emploi (notamment via le Pacte de responsabilité), de nouvelles baisses d'impôts, notamment de l'impôt sur le revenu. "Vous voulez que je mente aux Français, que je leur dise qu'il ne faut pas faire des efforts ?" a demandé Manuel Valls.

Alors qu'il parle lui aussi de réorienter l'Europe, Thierry Mandon annonce la couleur en mettant dans le même sac la gauche radicale et l'extrême-droite, ces "europhobes convaincus". On comprend que le porte-parole des députés PS ne compte aucunement mettre en doute la politique menée par son parti. Il faut, au contraire, "être plus réformateur", "ajouter un coup dans les réformes", "avec plus de force, avec plus de volonté". Quant à ceux qui s'opposent au démantèlement programmé des services publics ou encore au Pacte de responsabilité, Thierry Mandon se fait menaçant : "Tous ceux qui freinent le sursaut, qui le diffèrent, qui dans un confort qui est le leur, considèrent que ce n'est pas urgent, ceux-là, ils doivent se soumettre aux décisions qui sont prises et les mettre en oeuvre le plus vite possible".

Proche de Manuel Valls, Luc Carvounas nie tout "désaveu" pour la majorité mais le jeune sénateur du Val-de-Marne met surtout en garde contre "toute petite musique demandant une inflexion de la politique". En clair, même si des voix s'élèvent à l'intérieur du Parti socialiste, surtout ne rien changer. Pour Carlos Da Silva, député de l'Essonne, lui aussi proche du Premier ministre, "prendre la mesure de ce résultat" se résume à minimiser l'impact de celui-ci sur la vie politique : "Le FN a pratiqué une arnaque du peuple français car il (...) ne fera rien les cinq prochaines années." Un optimisme bien mal placé alors que le FN s'est autoproclamé "premier parti de France". Après une "analyse" similaire, Jean-Marie Le Guen, secrétaire d'Etat au Relations avec le Parlement, souhaite que le patronat s'unisse "en profondeur" autour de la politique du gouvernement et se refuse à "dépenser de l'argent qui n'existe pas". Christophe Borgel, secrétaire national du PS chargé des élections, veut attendre de voir tomber les fruits de "cette bataille que nous menons, le gouvernement, la majorité parlementaire", qui pousseront d'autant plus vite que l'on appuiera sur "la pédale de la croissance et de l'emploi".

Dimanche, vingt-et-un parlementaires socialistes ont également signé une tribune intitulée "Poursuivre dans la voie des réformateurs". Les signataires (19 députés, dont Christophe Caresche et Pascal Terrasse, et 2 sénateurs) mettent en garde contre toute vélléité, dans les rangs de la majorité, de "raviver le débat sur la politique économique" par des critiques sur "une générosité coupable à l'égard des entreprises", une "politique faisant la part belle à l'offre au détriment de la demande" ou la remise en cause des "équilibres du Pacte de responsabilité". Mais les "réformateurs" ne s'arrêtent pas là. Souhaitant "assouplir" "certaines rigidités structurelles" qui pénaliseraient la France, ils osent se prononcer pour une nouvelle réforme des retraites, mais également du marché du travail et de l'assurance-chômage.

Dans une allocution télévisée, lundi soir après une réunion de crise à l'Elysée, François Hollande a fait preuve de la même cécité, affirmant que la "ligne de conduite" confiée à Manuel Valls "ne peut pas dévier en fonction des circonstances". "Il faut de la constance, de la ténacité, du courage. Mais aussi la rapidité dans la mise en oeuvre. Parce que les Français ne peuvent pas attendre", a ajouté le chef de l'Etat. Pour illustrer cette prétendue accélération des cadences, le président a annoncé la présentation de la réforme territoriale "pour la semaine prochaine".

Disserter sur la grandeur de la France et ne pas s'engager

D'autres socialistes préfèrent laisser passer l'orage. Il y a ceux qui s'inquiètent du rayonnement et du poids de la France sur la scène internationale. "Les citoyens du Monde et les citoyens européens vont voir qu'en France, un électeur sur quatre a voté pour un parti violemment anti-européen", déclarait Ségolène Royal. Pour la ministre de l'Ecologie et du Développement durable et de l'Energie, le problème n'est donc pas que le FN s'immisce toujours plus confortablement dans le quotidien des Français et quadruple le nombre de ses eurodéputés. C'est aussi le cas du ministre des Affaires étrangères Laurent Fabius, qui rappelle au passage qu'il avait voté non au référundum de 2005 sur le Traité constitutionnel, qui "ne permettait pas d'aller vers une autre Europe". Sans jamais énoncer sur quelles bases celle-ci devrait être bâtie.

Quant au secrétaire d'Etat aux Affaires européennes Harlem Désir, il veut "réconcilier les citoyens français et européens avec l'Europe". Sur le même registre, Jean-Pierre Bel, président du Sénat, souhaite réunir les Républicains afin de "mieux expliquer aux Français" "ce "vecteur de réussite" qu'est l'Union européenne. Enfin Anne Hidalgo, maire de Paris, rappelle que Paris fait exception (moins d'abstention, moins de votes FN) et que le pays "perd une part de sa cohésion, de son honneur, de sa confiance et de sa générosité".

Il y a ceux qui bottent en touche et parlent de changer l'Europe. Pour Olivier Faure, porte-parole du PS, "ce scrutin était européen et c'est d'abord l'Europe qui doit changer". Ses propositions de changement pour l'Europe : "Se mettre au service de la croissance, démocratiser son fonctionnement, mieux protéger des dérives de la finance"... Un petit goût de déjà-vu ? Claude Bartolone, président de l'Assemblée nationale, circonscrit également la défaite de son parti à "une leçon européenne". Même son de cloche chez l'ex-Premier ministre Jean-Marc Ayrault, qui préfère twitter que la réorientaiton de l'Europe est "la priorité absolue". La présidente de la commission des Affaires étrangères de l'Assemblée nationale, Elisabeth Guigou, attend "une Europe de l'énergie" et notamment des résultats sur le chômage des jeunes .

Jean-Christophe Cambadélis voit dans les résulats du scrutin un "message clair" : "l'Europe doit de manière urgente se concentrer sur l'essentiel", emploi et croissance verte. Le premier secrétaire du PS va même jusqu'à déclarer que Bruxelles doit "changer diamétralement de politique" pour "devenir plus démocratique, moins bureaucratique, plus solidaire et surtout moins austéritaire". Mais sur les politiques d'austérité nationales et leurs conséquences sur la montée du FN, il se montre beaucoup plus évasif, évoquant "la difficulté des temps, le mécontentement face au redressement de la France, qui est pourtant indispensable". Toujours sur l'Europe, le président de la région Île-de-France, Jean-Paul Huchon, montre du doigt les "dirigeants européens, trop loin des peuples et arc-boutés sur une doctrine libérale empreinte d'injustice". Michel Vauzelle, président de la région PACA, parle d'une Europe "brisée par un ultralibéralisme agressif" et appelle "toutes les forces vives" à faire face à "ce "raz-de-marée destructeur" pour construire une France "plus juste et plus solidaire".

Refuser l'austérité pour un réel changement

Parmi les réactions à ce scrutin européen, les plus virulentes viennent de l'aile gauche du PS. Dans un communiqué, le mouvement Maintenant la gauche note "la fracture" entre la direction du parti et les électeurs et insiste : "La non tenue par François Hollande de ses engagements sur la réorientation de l’Europe a accru le désarroi de nos concitoyens, qui refusent la politique d’austérité et de concurrence généralisée". Ce courant animé par Emmanuel Maurel, Marie-Noëlle Lienemann, Jérôme Guedj et Paul Quilès propose d'inverser les priorités pour redresser le pays "dans la justice".

Pour Marie-Noëlle Lienemann, il est "urgentissime que le gouvernement change de politique" : "Manifestement, la leçon des municipales n'a pas été tirée. Ni le choix de Manuel Valls ni le choix de la politique qu'il nous propose n'esr de nature à remobiliser les couches populaires, l'électorat de gauche et le peuple en général." La sénatrice de Paris considère que le gouvernement doit fixer de nouveaux objectifs concrets : "Cela veut dire un certain nombre de ruptures par rapport au fameux 3 % (l'objectif de réduction du déficit en 2015 auquel s'est engagé le gouvernement vis-à-vis de la Comission européenne). Il vaudrait mieux s'occuper des gens que du 3 %".

Mettant en cause "les politiques d'austérité" et de "régulations budgétaires drastiques", Julien Dray, vice-président de la région Île-de-France et lui aussi membre de l'aile gauche, a appelé lundi François Hollande à ne pas "se rétracter sur un bloc politique de plus en plus étroit" mais au contraire à "tendre la main à toutes les forces de gauche, rouge, rose et verte". "Nous gagnerons ensemble ou nous perdrons, c'est une course de vitesse", a conclu Julien Dray.

"On n'est plus dans la déception, on est dans le désaveu des politiques qui sont menées", lançait Christian Paul. Selon ce député de la Nièvre, qui figure parmi les "41 frondeurs" ayant refusé de voter le plan d'économies de 50 milliards d'euros présenté par Manuel Valls pour financer le Pacte de responsabilité, "la responsabilité du président de la République, c'est maintenant de changer de politique", "la gauche au pouvoir doit clairement agir autrement". Gaëtan Gorce, sénateur de la Nièvre, pointe la "rupture morale" entre le "peuple de gauche" et l'exécutif. François Hollande s'est, selon lui, laissé entraîner "dans une sorte de fuite en avant qui ne pourra cesser que du jour où il acceptera la vérité en face".

Dans un climat très tendu, les élus socialistes initiateurs d'un "Appel des Cent", qui réclamaient après les municipales de mars un véritable changement de politique et un rôle accru du Parlement, ont récidivé lundi. "La gauche au pouvoir (...) doit accepter de profondes remises en cause", écrivent-ils dans un communiqué. En France, ils réclament plus de moyens pour une politique économique "ciblée", plus de pouvoir d'achat par une réforme fiscale et le maintien de la hausse des prestations sociales, ainsi qu'une relance des investissements publics locaux. "Il est temps de retrouver l'esprit et les engagements de 2012 et c'est pourquoi nous proposons une nouvelle politique." Ils annoncent une plate-forme en ce sens et demandent à François Hollande d'engager avec sa majorité "tout entière" un "dialogue sincère et utile au redressement du pays".

L'heure des explications sonnera, ce mardi, dans le huis clos du bureau national du PS, alors que le président est attendu à Bruxelles pour un Conseil européen.

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28 mai 2014 3 28 /05 /mai /2014 15:55

« Ce que Marine Le pen peut redouter le plus, c'est que notre pays retrouve une espérance collective » (Olivier Dartigolles, porte-parole du PCF)

Avec l'affaire Bygmalion et ses prolongements d'une part et, de l'autre, les interventions de François Hollande et Manuel Valls annonçant crânement la poursuite d'une orientation politique pourtant sanctionnée aux élections municipales et européennes, Marine le Pen peut boire du petit lait, ils lui servent à la louche.

Une question est aujourd'hui posée. Comment peut-on imaginer que la crise de régime puisse s'installer et se développer jusqu'en 2017 sans que rien ne puisse faire dévier cette funeste trajectoire ? Le noyau dirigeant du PS a-t-il fait le choix, comme peuvent le laisser entendre les déclarations ce matin du président de l'Assemblée nationale, d'une seule et unique option : face au FN et à l'UMP, arracher la qualification de son candidat pour le second tour de la prochaine présidentielle avec un appel « à l'unité » après avoir laminé le pays et la gauche avec cinq années de renoncements et de promesses trahies ?

Il y urgence à agir, à ce que des forces politiques, syndicales, associatives et citoyennes s'accordent sur l'essentiel. Qu'elles décident ensemble des grandes questions économiques, sociales et démocratiques à discuter. Qu'elles engagent le plus rapidement la riposte en refusant la banalisation du FN qui peut aujourd'hui être distillée par une certaine forme de relativisation de son score dimanche soir. Que ces forces convergent dans un processus permanent pour un projet progressiste d'avenir, un projet politique pour la France. Forum, états généraux, assises... Qu'importe. Il faut identifier les enjeux, les travailler avec une démarche de très grande ouverture et faire preuve d'innovation, de créativité pour intéresser le plus grand nombre, en faire un processus citoyen et populaire qui irrigue le pays en profondeur. En réponse à la défiance, aux peurs qui rongent notre pacte républicain, ça urge vraiment.

Ce que Marine le Pen peut le plus redouter, c'est que notre pays retrouve une espérance collective, qu'un horizon puisse se dégager le plus rapidement possible.

C'est une course contre la montre qui est lancée.

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28 mai 2014 3 28 /05 /mai /2014 15:51

Lettre ouverte à Monsieur Manuel Valls

Monsieur le Premier Ministre,

Dans une dizaine de jours, en principe le 2 juin, le comité ad-hoc, nommé par les représentants des actionnaires et composé d'administrateurs « indépendants », rendra son verdict sur le rachat d'Alstom après l'examen des offres des groupes allemands et américains Siemens et General Electric.

Ce délai d'un mois gagné auprès du groupe français aurait dû être mis à profit pour organiser une grande concertation publique, transparente et démocratique, avec les syndicats et les élus sur l'avenir du fleuron industriel français si décisif pour l’emploi, la maîtrise technologique, la croissance réelle, le type de développement et de mondialisation.

D'ailleurs, les risques de dépeçage du groupe et de siphonnage des technologies et des richesses créées, sont si importants que, sous la pression des fortes inquiétudes exprimées par les salariés et leurs syndicats et, plus largement, de l' émotion populaire, des positions divergentes se sont exprimées jusqu'au au sein du gouvernement. Et c'est dans la précipitation qu'a été pris un décret élargissant à l'énergie et aux transports, notamment, le champ de l'obligation d’une autorisation préalable de l’État pour des prises de contrôle étrangères d'entreprises françaises.

Ce décret, aussi nécessaire soit-il, ne saurait en aucun cas suffire ! Il ne doit surtout pas servir à s'épargner de rechercher une solution de maîtrise nationale permettant de transformer à la fois les relations qu'entretient Alstom avec la France et celles qu'il a avec l'Europe et le monde, dans un but de progrès social et industriel partagé.

La déclaration importante des 4 fédérations CGT des Cheminots, des Transports, de la Métallurgie et de l’énergie le souligne : les deux voies proposées par Siemens et General Electric conduisent à une découpe pure et simple d'Alstom par activités, avec des conséquences importantes sur le plan social. D'ailleurs ces deux mêmes groupes, chacun le sait, restructurent et suppriment des emplois.

Je vous demande donc solennellement de maintenir la suspension de toutes les opérations en cours au-delà du 2 juin, afin d'organiser une grande table ronde réunissant, avec les pouvoirs publics, les organisations syndicales de salariés, l'employeur, des élus nationaux, régionaux et locaux, des représentants des grands clients publics d'Alstom, des représentants des institutions financières publiques et privées.

Sur la base d'objectifs de politique industrielle, débattus par la représentation nationale, il s'agirait d'établir un schéma de relance du groupe soutenu, notamment, par des prises de participation publique au capital. Celles-ci pourraient impliquer l’État, les grands clients publics d'Alstom (EDF, SNCF, RATP), la CDC, le FSI et aussi les régions, sachant l'importance pour elles du transport ferroviaire.

Simultanément, il s'agirait de permettre au groupe, de bénéficier, pour ces projets et sous condition de créations d'emplois et de mises en formation, de nouveaux financements sélectifs peu coûteux grâce à une mobilisation de la BPI et, au delà, de la communauté bancaire. On devrait aussi examiner comment pourraient être mobilisés le cash brut de 2,3 milliards d'euros et la ligne de crédit confirmée et non tirée de 1,35 milliards d'euros dont il disposait fin mars 2014.

Il s'agirait, encore, de réexaminer toute la politique de coopérations européennes et internationales du groupe. Cela pourrait conduire, notamment, à la création de coentreprises nouvelles, en Europe particulièrement. Sur la base de critères clairs et transparents, elles auraient à réaliser des objectifs chiffrés d'emploi, moyennant un juste partage des charges de travail et de la distribution de valeur ajoutée dans chaque pays concerné et avec le souci d'une efficacité nouvelle, au lieu de la rentabilité financière des actionnaires.

Il s'agirait, enfin, de permettre aux salariés et à leurs institutions représentatives de disposer de pouvoirs nouveaux d'intervention dans les choix stratégiques et d'investissement du groupe, comme dans ses prix de transferts et choix de valorisation de ses technologies.

Ce dernier point paraît d'autant plus nécessaire que l'on voit à quels désastres conduisent les choix de l'actionnaire de référence (29,4%) Bouygues.

Celui-ci ne serait pas entré au capital d'Alstom en 2006 si, deux ans plus tôt, l’État n' en avait redressé la rentabilité financière pour les actionnaires, après l'avoir nationalisé partiellement et provisoirement afin d'éviter la faillite. Et il savait combien le groupe bénéficie des commandes publiques si juteuses.

Bouygues n'a pas à regretter cette opération , elle aura contribué pour plus de 1,5 milliards d'euros à ses bénéfices en huit ans ! Et il espère récupérer au moins 2 milliards d'euros de la vente éventuelle de ses actions à General Electric.

Il laisse le groupe Alstom grevé d' un coût du capital exorbitant : 734 millions d'euros de charges d'intérêt payées aux créanciers et 1,44 milliards d'euros de dividendes versés aux actionnaires de 2007 à 2012 !

Dans cette affaire, on ne peut pas ne pas s'interroger sur la façon dont le groupe Bouygues et la famille dont il fait la fortune ont bénéficié, à chaque étape, de l'appui massif de l’État, sans transparence ni débat sur les critères même de cet appui, sans suivi démocratique d'engagements précis et sans du tout avoir à assumer une quelconque responsabilité sociale et territoriale pour l'emploi et l'avenir industriel du pays.

Le groupe cherchait à se désengager d'Alstom depuis plusieurs mois déjà, ce que ne pouvait ignorer votre ministre A. Montebourg, lequel, comme on le sait, s'est personnellement beaucoup impliqué pour faciliter le rachat de SFR qu'entendait réaliser Bouygues en quittant Alstom.

On sait que ce rachat raté pourrait se solder, dans l'immédiat, par un plan social massif dans sa filiale Bouygues Télécoms.

Tout ceci amène à s'interroger sur le sens à donner à l'expression « patriotisme économique ». Surtout, il nous paraît légitime que le Parlement se penche sur l'ensemble de ces opérations, afin d'en tirer les enseignements du point de vue des enjeux de politique industrielle, de la mise en cause nécessaire des logiques financières apatrides des actionnaires privés et du rôle joué par l' État et toutes les institutions publiques.

Ceci nous paraît d'autant plus nécessaire que l'on sait que nombre d'entreprises du CAC 40 sont opéables par des groupes étrangers avec tous les risques que cela comporte pour l'emploi et la croissance réelle française, laquelle aura été à nouveau nulle au 1er trimestre 2014, à contrario du « retournement économique » annoncé par le Président de la République.

Il serait de la plus haute importance que le gouvernement français agisse dans ce sens pour garantir la place et le rôle d'Alstom dans l'industrie française et empêcher son démantèlement.

Veuillez recevoir, monsieur le ministre, l'assurance de mes sentiments distingués.

Pierre Laurent

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28 mai 2014 3 28 /05 /mai /2014 05:29

Que faire de la dette ? Un audit de la dette publique de la France

27 mai 2014 par Collectif pour un audit citoyen

Cette étude a été réalisée par un groupe de travail du Collectif pour un Audit citoyen de la dette publique. Elle se veut une contribution au nécessaire débat public sur des questions cruciales : d’où vient la dette ? A-t-elle été contractée dans l’intérêt général, ou bien au bénéfice de minorités déjà privilégiées ? Qui détient ses titres ? Peut-on alléger son fardeau autrement qu’en appauvrissant les populations ? Les réponses apportées à ces questions détermineront notre avenir.

Télécharger la version complète du rapport

Résumé du rapport :

59% de la dette publique proviennent des cadeaux fiscaux et des taux d’intérêt excessifs

Tout se passe comme si la réduction des déficits et des dettes publiques était aujourd’hui l’objectif prioritaire de la politique économique menée en France comme dans la plupart des pays européens. La baisse des salaires des fonctionnaires, ou le pacte dit « de responsabilité » qui prévoit 50 milliards supplémentaires de réduction des dépenses publiques, sont justifiés au nom de cet impératif.

Le discours dominant sur la montée de la dette publique fait comme si son origine était évidente: une croissance excessive des dépenses publiques.

Mais ce discours ne résiste pas à l’examen des faits. Dans ce rapport nous montrons que l’augmentation de la dette de l’État – qui représente l’essentiel, soit 79%, de la dette publique – ne peut s’expliquer par l’augmentation des dépenses puisque leur part dans le PIB a chuté de 2 points en trente ans.

Si la dette a augmenté c’est d’abord parce que tout au long de ces années l’État s’est systématiquement privé de recettes en exonérant les ménages aisés et les grandes entreprises : du fait de la multiplication des cadeaux fiscaux et des niches, la part des recettes de l’État dans le PIB a chuté de 5 points en 30 ans.

Si l’État, au lieu de se dépouiller lui-même, avait maintenu constante la part de ses recettes dans le PIB, la dette publique serait aujourd’hui inférieure de 24 points de PIB (soit 488 milliards €) à son niveau actuel.

C’est ensuite parce que les taux d’intérêt ont souvent atteint des niveaux excessifs, notamment dans les années 1990 avec les politiques de « franc fort » pour préparer l’entrée dans l’euro, engendrant un « effet boule de neige » qui pèse encore très lourdement sur la dette actuelle.

Si l’État, au lieu de se financer depuis 30 ans sur les marchés financiers, avait recouru à des emprunts directement auprès des ménages ou des banques à un taux d’intérêt réel de 2 %, la dette publique serait aujourd’hui inférieure de 29 points de PIB (soit 589 milliards €) à son niveau actuel.

L’impact combiné de l’effet boule de neige et des cadeaux fiscaux sur la dette publique est majeur : 53% du PIB (soit 1077 milliards €). Si l’État n’avait pas réduit ses recettes et choyé les marchés financiers, le ratio dette publique sur PIB aurait été en 2012 de 43% au lieu de 90 % comme le montre le graphique ci-contre.

Au total, 59% de l’actuelle dette publique proviennent des cadeaux fiscaux et des taux d’intérêts excessifs.

La hausse de la dette publique provient pour l’essentiel
des cadeaux fiscaux et des hauts taux d’inté
rêt

Source : Insee, comptabilité nationale ; calculs CAC

Le rapport d’audit propose aussi une évaluation des impacts des paradis fiscaux ainsi que de la crise financière de 2008 dans l’envolée de la dette publique.

Au total, il apparaît clairement que la dette publique a été provoquée par des politiques économiques largement favorables aux intérêts des créanciers et des riches, alors que les sacrifices demandés aujourd’hui pour la réduire pèsent pour l’essentiel sur les salariés, les retraités et les usagers des services publics. Cela pose la question de sa légitimité.

Le rapport se conclut par une série de propositions destinées à alléger le fardeau de la dette (près de 50 milliards d’euros d’intérêts par an et plus de 100 milliards de remboursements) pour rompre avec le cercle vicieux des politiques d’austérité et financer les investissements publics dont l’urgence sociale et écologique n’est plus à démontrer.

La réalisation d’un audit de la dette publique effectué par les citoyens ou sous contrôle citoyen, devrait permettre d’ouvrir enfin un véritable débat démocratique sur la dette publique. Ce débat devrait amener à déterminer quelle partie de cette dette est jugée par les citoyens comme illégitime. Les premières évaluations ici proposées par le groupe de travail du Collectif pour un audit citoyen se veulent une contribution à ce débat.

Ont participé à l’élaboration du rapport :

  • Michel Husson (Conseil scientifique d’Attac, coordination),
  • Pascal Franchet (CADTM),
  • Robert Joumard (Attac),
  • Evelyne Ngo (Solidaires Finances Publiques),
  • Henri Sterdyniak (Économistes Atterrés),
  • Patrick Saurin (Sud BPCE)
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28 mai 2014 3 28 /05 /mai /2014 05:21
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28 mai 2014 3 28 /05 /mai /2014 05:14

  

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27 mai 2014 2 27 /05 /mai /2014 17:51
Déclaration de Patrick Le Hyaric

Posté le 27 mai 2014Soyez le premier à réagir

Je remercie les 193 204 électrices et électeurs qui ont choisi le vote Front de gauche aux élections européennes de dimanche dernier.

Ils ont ainsi manifesté leur souhait de sortir du carcan des traités actuels et de reconstruire une union des nations et des peuples souverains et associés, porteuse d’un projet commun, au service de l’emploi, du progrès social, de la solidarité, d’une autre ambition pour la jeunesse, de la transition environnementale.

Comme je n’ai cessé de le faire ces dernières années, j’informerai en permanence des projets en débat au sein du Parlement européen, des votes qui s’y déroulent et je resterai à la disposition des organisations du Front de gauche, des associations et des syndicats pour porter la voix des indispensables changements en lien avec d’autres forces progressistes pour aider à la solidarité des travailleurs, des jeunesses, de tout celles et ceux qui souffrent durent des choix austéritaires actuels.

Dès les prochaines semaines, conformément aux engagements prix durant la campagne élections, je m’attacherai à porter dans l’enceinte du Parlement les propositions des syndicats européens et de la confédération européenne des syndicats pour un grand plan d’investissement, mobilisant autrement la Banque centrale européenne, pour la création d’emplois et la transition écologique, un projet plus audacieux pour la garantie jeunesse, pour qu’aucun jeune en Europe ne soit laissé au bord de la route ; un nouveau cadre pour l’égalité homme-femme et le respect partout du droit à l’avortement ; pour la création d’un nouveau fonds européen pour le développement humain, social et environnemental ; pour des actes visant à une démocratisation de l’Union européenne, comme je l’ai fait avec mon livre « Marché transatlantique, Dracula contre les peuples ».

Je poursuivrai le combat pour mettre en échec les accords de libre échange avec le Canada et le projet de marché transatlantique.

Fidèle à mes engagements, je serai à la disposition de toutes celles et ceux qui ont besoin d’un point d’appui, d’informations, de solidarité, et qui souhaitent voir émerger enfin une Europe construire pour : l’humain d’abord !

Patrick Le Hyaric

Député au parlement européen

Le 26 mai 2014

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27 mai 2014 2 27 /05 /mai /2014 14:46
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27 mai 2014 2 27 /05 /mai /2014 13:25

~~ il y a la "nécessité et la volonté de multiplier les contacts tous azimuts dans les prochains jours auprès de celles et ceux qui ne se retrouvent pas dans la politique du gouvernement". "On souhaite vraiment ce processus de dialogue et de travail" avec "l'ensemble des forces de gauche", "les socialistes, les écologistes" , "les féministes, les acteurs du monde social", déclare Pierre Laurent.

Jean-Luc Mélenchon, après l'avoir refusé pour les municipales va t'il s'y résoudre ? C'est à lui maintenant de se déterminer et de le dire clairement. Mais alors pourquoi tout ce bazar autour des municipales ? Et j'attends de lui des excuses pour "les vendus", les traîtres" les "tireurs dans le dos", les "pleutres" etc...dont il affublé ses "partenaires". Après les regrets et les déceptions des discussions doivent avoir lieu pour remettre à flot le front de gauche sur des bases démocratiques, dans le respect de chacun en tenant compte des influences de chacun et des militants pour une nouvelle réelle coopération entre nous, honnête et franche.

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BRUNO FORNACIARI

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