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24 avril 2014 4 24 /04 /avril /2014 12:47


Le 25 mai votez front de gauche et Tsipras

"Lors de son 4e congrès, qui s’est tenu du 13 au 15 décembre 2013 à Madrid, le Parti de la Gauche Européenne (PGE) m’a choisi comme candidat à la Présidence de la Commission européenne.

C’est un honneur et une responsabilité. C’est un honneur personnel, mais pas seulement. Cette candidature, confiée au dirigeant de la principale force d’opposition en Grèce, est une reconnaissance symbolique des sacrifices faits par le peuple grec. Elle exprime également la solidarité envers tous les peuples du Sud de l’Europe qui souffrent des conséquences sociales catastrophiques du « Memorendum » d’austérité et de récession.P

ar cette candidature, j’estime également que l’on me confie un mandat : un mandat pour l’espoir et le changement en Europe. Nous lançons un appel pour établir en Europe une démocratie dans laquelle toutes les générations trouveront leur place. Nous engageons un combat pour conquérir le pouvoir afin de changer la vie quotidienne réelle des gens ordinaires. Pour nous, prendre le pouvoir (et je cite ici Aneurin Bevan, le père fondateur du National Health Service britannique, un véritable social-démocrate), c’est « utiliser l’action collective dans le but de transformer la société et pour éléver les conditions de vie de tous ».

Je suis pas le candidat du Sud de l’Europe. Je suis le candidat de tous les peuples, de tous les citoyens européens qui veulent une Europe libérée de l’austérité, de la récession et du Memorandum et ce, quelle que soit leur adresse, qu’ils vivent au Nord ou au Sud. Ma candidature a vocation à s’adresser à vous toutes et tous, citoyens et citoyennes d’Europe, quelles qu’aient été jusqu’à ici vos convictions politiques et vos choix électoraux nationaux. Elle vise à réunir très précisément les gens que le management néolibéral de la crise économique n’a de cesse de diviser. Elle s’adresse à tous les gens qui veulent une vie meilleure pour eux-mêmes et pour leurs enfants, dans une Europe meilleure. Avec ma candidature, l’indispensable alliance anti-Memorandum du Sud vient rejoindre un plus large mouvement européen anti-austérité – un mouvement pour la reconstruction démocratique de l’union monétaire.

Ma candidature s’adresse tout particulièrement aux jeunes. Aujourd’hui, pour la première fois depuis la Libération, la jeunesse d’Europe s’attend à vivre plus mal que ses parents. La jeunesse voit ses espoirs cruellement entravés par le chômage de masse et la perspective d’une croissance faite de bas salaires et de sous-emploi. Il est de notre responsabilité d’agir maintenant : non pas « pour les jeunes » mais « avec les jeunes ».

Il est urgent d’en finir avec « l’argent roi » qui détruit nos projets et nos niveaux de vie sur tout le continent. La Zone Euro vacille, elle est au bord de l’écroulement. Cette situation n’est pas due à l’Euro en lui-même, mais au néolibéralisme – c’est-à-dire à l’ensemble des politiques d’austérité qui conduisent à la récession et qui, loin d’être un soutien à la monnaie unique, l’ont au contraire dangereusement destabilisée. Pire, en même temps que la monnaie unique, c’est la confiance même des peuples dans l’Union européenne et le soutien public à une intégration européenne plus avancée et plus solide qui sont sapés par ces politiques. C’est pour cette raison que nous sommes convaincus que le néolibéralisme est un facteur majeur, et même un accélérateur de l’Euro-scepticisme.

Mais ce n’est pas là notre Europe. Il s’agit seulement de l’Europe que nous voulons changer. En lieu et place d’une Europe où chacun a peur du chômage et de la pauvreté, ou le handicap et le vieillissement sont synonymes de précarité ; en lieu et place de l’Europe actuelle qui dirige les richesses vers les plus riches et qui craint les pauvres, en lieu et place d’une Europe qui se met au service des besoins des banquiers, nous voulons une Europe qui soit au service des besoins de l’homme.

Le changement est possible et il viendra ! Nous avons besoin de reconstruire une Europe unie, sur des bases démocratiques et progressistes. Il nous faut faire en sorte que l’Europe renoue avec ses origines des l’époque des Lumières et qu’elle donne la primauté à la démocratie. Car il est clair désormais que l’Europe sera démocratique ou ne sera pas. Or, pour nous, la démocratie n’est pas négociable.

Le Parti de la Gauche Européenne se bat pour une Europe démocratique, sociale et écologique, c’est-à-dire pour la refondation de l’Union européenne sur la base de ces objectifs stratégiques. Voici nos quatre priorités politiques :

1. La réorganisation démocratique de l’Europe.
L’Europe ne sera ni sociale, ni écologique, si elle n’est pas d’abord démocratique. Et si elle n’est pas démocratique, elle s’aliénera le soutien de ses citoyens, comme c’est le cas aujourd’hui. De ce point de vue, nous avons atteint un point critique avec l’actuelle Union europenne, qui se trouve réduite au terme d’un délabrement démocratique, à une organisation oligalicharchique et autoritaire, au service des banquiers, des multinationales et des très riches. La démocratie en Europe est en recul. Aucun doute pourtant : il faut en finir avec l’austérité et reconquérir la démocratie. En effet, le fait que des parlements nationaux aient accepté, sous la pression, d’imposer à leurs peuples l’austérité néolibérale via le « Memorandum » a eu pour conséquence de les décrédibiliser. Au plan de la démocratie sociale, cette politique a détruit les droits sociaux des citoyens, qui avaient été conquis au termes de longues luttes. De plus, elle a été appliquée avec des méthodes dignes d’Etats policiers. Dans le même temps, la structure et le fonctionnement actuel des institutions de l’Union européenne – à qui ont été transférées une part des compétences et de la souveraineté nationales – manquent de légitimité démocratique et de transparence. D’innombrables bureaucrates, inconnus de tous, ne sauraient prendre légitimement des décisions à la place de responsables politiques élus. Enfin, pour que cette discussion sur la démocratie en Europe prenne tout son sens, il faut que l’Union européenne dispose d’un budget propre et solide, à la hauteur des enjeux. Il faut que le Parlement européen, qui vote le budget, puisse superviser également son exécution, de concert avec les Parlements nationaux, et qu’il dispose des moyens d’évaluer l’efficacité des politiques choisies. La réorganisation démocratique de l’Union européenn est primordiale : il est, par excellence, notre objectif politique. Cela passe par l’augmentation de l’intervention publique, par une implication plus forte des citoyens dans l’élaboration des politiques et dans la maîtrise des services publics en Europe. En parallèle, nous devons renforcer les institutions en leur donnant une légitimité démocratique directe, comme celle des Parlements nationaux et du Parlement européen. Cela suppose qu’on prenne des initiatives politiques concrètes, d’abord pour restaurer le rôle premier des parlements nationaux dans l’élaboration des budgets nationaux et dans l’ensemble des décisions qui s’y rapportent. Cela signifie que l’on suspende l’application des articles 6 et 7 du Règlement (EU) 473/2013 qui a donné à la Commission européenne le pouvoir d’examiner et de réviser les budgets nationaux avant que les parlements nationaux eux-mêmes ne puissent le faire. Dans un deuxième temps, comme je l’ai évoqué plus haut, cela suppose un plein engagement de la part, à la fois, du Parlement européen et des parlements nationaux dans la surveillance du budget européen. Cela suppose aussi un renforcement important des pouvoirs du Parlement européen pour en faire un véritable mécanisme de contrôle démocratique du Conseil européen et de la Commission européenne. Enfin, une telle démocratisation de l’Union européenne ne saurait s’accorder avec le maintien d’une attitude arrogante, agressive, belliqueuse et militariste hors de ses frontières. C’est pourquoi, nous avons besoin d’un système de sécurité européen fondé sur la négociation et le désarmement. Aucun soldat européen n’a vocation à agir en dehors de l’Europe.

2. En finir avec l’austérité.

L’austérité est le remède qui amplifie le mal au lieu de le guérir, et qui intervient au pire moment, avec des conséquences dévastatrices pour la cohésion des sociétés, pour la démocratie et pour l’avenir de l’Europe. Une des plaies de l’austérité qui ne montre aucun signe de guérison est le chômage et, en particulier, le chômage des jeunes. En Grèce et en Espagne, le chômage des jeunes atteint les 60%. Avec 5,5 millions de personnes privées d’emploi chez les moins de 25 ans, l’Europe creuse sa propre tombe.

3. Mettre en œuvre une transformation écologique du mode de production.

La crise que nous vivons n’est pas seulement économique. Elle est aussi écologique au sens où elle est le reflet d’un mode de production intenable en Europe. C’est pourquoi nous avons besoin d’une transformation à la fois économique et écologique des entreprises européennes : pour sortir de la crise et pour créer les bases solides et durables d’un développement porteur de justice sociale et d’égalité entre les hommes et les femmes, qui offre des emplois stables et décents, ainsi qu’une meilleure qualité de vie pour toutes et tous. Et cette transformation est urgente ! En effet, sous prétexte de la crise et de la nécessité de chercher des solutions à court terme visant à relancer la croissance écnoomique, l’Union européenne et les États-membres ont abaissé les critères de vigilance environnementale et circonscrit l’ambition du développement durable – dans le meilleur des cas – à l’énergie et l’exploitation des ressources.

L’Europe a besoin de transformer en profondeur son modèle économique pour mettre en œuvre un développement durable. Une première étape doit être d’approfondir les acquis européens. Il faut en Europe une politique publique en matière d’écologie qui donne la priorité au développement durable, à la qualité de la production, à la coopération et à la solidarité. La transformation écologique du mode de production englobe des domaines aussi vastes et variés que : la réforme fiscale, qui doit changer de logique et, au lieu de taxer l’emploi, contribuer à freiner la consommation des ressources, mais aussi la suppression des subventions aux activités qui détruisent l’environnement, le remplacement des énergies traditionnelles par les énergies renouvelables, l’investissement dans la recherche et le développement environnementaux, l’agriculture biologique et le transport durable, et enfin le rejet de tout traité de libre-échange trans-atlantique qui n’offrirait pas la garantie d’un haut niveau de normes sociales et environnementales.

4. Réformer le cadre européen de l’immigration.

Il est impossible de freiner l’aspiration des hommes à une vie meilleure. En érigeant des murs, on met fin aux droits de l’homme mais on ne supprime par l’existence des migrants. Tant que les inégalités de revenus et de perspectives entre les pays d’émigration ou les pays de transit d’un côté, et l’Union européenne de l’autre, restent si profondes et même continuent d’augmenter, l’immigration en Europe ne cessera pas. L’Union européenne au contraire, devrait faire montre de la nécessité d’une double solidarité : à l’extérieur de ses frontières, en direction des pays d’émigration, et à l’intérieur, avec une juste répartition géographique des migrants en Europe. En particulier, l’Union européenne devrait entreprendre une initiative politique pour un renouvellement qualitatif des relations avec ces pays, en renforçant à la fois l’aide au développement et les capacités d’un développement endogène, associé à la paix, la démocratie et la justice sociale. Dans le même temps, il faudra changer dans son ensemble l’architecture institutionnelle de l’Union européenne en ce qui concerne l’immigration et le droit d’asile. Il nous faut assurer le respect des droits humains fondamentaux sur l’ensemble du sol européen et planifier immédiatement des mesures efficaces pour secourir les migrants en haute mer, mettre en place des centres d’accueil aux points d’entrée sur le territoire européen et adopter une procédure légale et un nouveau cadre législatif, qui organisera de façon juste et efficace l’accès des immigrants à tous les pays de l’UE, d’une façon équitable et proportionnelle, et prenant en considération, autant que possible les souhaits des migrants. Il faudra revoir le financement de l’Union européenne en conséquences. Les récentes tragédies de Lampedusa et de Farmakonisi ont clairement montré que le Pacte européen sur l’immigration et le droit d’asile et la soi-disante Règlement Dublin II (Règlement (EC) 343/2003 et Règlement (EU) 604/2103 doivent être immédiatement révisés. Nous rejetons l’idée d’une « Europe forteresse » qui fait uniquement le lit de la xénophobie, du racisme et du fascisme. Nous travaillons à une Europe qui deviendra une forteresse imprenable pour l’extrême-droite et le néo-nazisme.

Notre plan contre la crise: Les 9 mesures pour une croissance faite de justice sociale et de plein emploi.

La Zone Euro est le niveau le plus approprié pour mettre en œuvre des politiques économiques progressistes qui se donne pour objectif la croissance, la redistribution des richesses et le plein emploi. En effet, l’union monétaire jouit à elle seule d’un plus grand degré de liberté dans la définition des politiques que chacun de ses Etats membres pris séparément, dans la mesure où elle est moins exposée à la volatilité et à l’instabilité de l’environnement extérieur. Mais le changement requiert à la fois un plan politique crédible et une action collective.

Pour en finir avec la crise en Europe, il nous faut un changement radicale de cap politique, qui passe par les neuf mesures programmatiques suivantes :

1. Un « New Deal » pour l’Europe.

Depuis 6 ans, l’économie européenne souffre de la crise, avec un taux de chômage moyen qui se situe autour de 12% et des risques imminents de déflation comparables à ceux qui ont eu lieu dans les années 1930. L’europe peut et doit emprunter collectivement de l’argent à des taux bas pour financer un programme de reconstruction économique et un développement durable avec une atttention particulière apportée à l’investissement en faveur des hommes, de la technologie et les infrastructures. Ce programme aidera les économies les plus touchées par la crise à rompre le cercle vicieux de la récession, des dettes croissantes, permettra de créer de l’emploi et d’atteindre une guérison durable. Les Etats-Unis l’ont fait : pourquoi pas nous ?

2. Augmenter le crédit aux petites et moyennes entreprises.

Les conditions de crédit en Europe se sont nettement détériorées. Les petites et moyennes entreprises ont été particulièrement touchées par ce phénomène. Elles ont du fermer par centaines, en particulier dans les économies de l’Europe du Sud qui ont été frappées de plein fouet par la crise. Elles n’ont pas fermé parce qu’elles n’étaient pas économiquement viables mais simplement parce qu’elles n’avaient plus accès au crédit. Les conséquences pour l’emploi ont été désastreuses. Une situation extraordinaire requiert des mesures extraordinaires : la Banque centrale européenne doit suivre l’exemple des banques centrales qui, partout ailleurs dans le monde, fournissent du crédit à très bas prix aux banques, à la condition expresse qu’elles acceptent d’augmenter leur prêts aux petites et moyennes entreprises d’un montant équivalent.

3. Remporter la bataille contre le chômage.

Le taux de chômage moyen en Europe est aujourd’hui le plus haut jamais enregistré. À l’heure actuelle, presque 27 millions de personnes sont privées d’emploi dans l’Union européenne dont plus de 19 millions dans la Zone Euro. Le taux de chômage moyen officiel est passé de 7,8 % en 2008 à 12,1% en novembre 2013. Rien que pour la Grèce, de 7,7 % à 27,4% et pour l’Espagne de 11,3% à 26,7% pendant la même période. Pour beaucoup, le chômage dure depuis plus d’un an et de nombreux jeunes n’ont simplement jamais eu la possibilité d’accéder à un emploi rémunéré et satisfaisant.

Ce chômage de masse est la conséquence d’une croissance économique faible voire négative. Mais l’expérience montre que même si la croissance reprend en Europe, cela prendra beaucoup de temps avant que le chômage ne retrouve son niveau d’avant la crise. Or l’Europe ne peut pas se permettre d’attendre. Cette longue vague de chômage laisse des marques durables en détruisant les talents et les compétences en particulier des jeunes. Elle nourrit l’extrême-droite, elle destabilise la démocratie et détruit l’idéal européen. L’Europe ne doit pas perdre de temps. Elle doit mobiliser et rediriger les ressources de son Fonds structurel vers la création d’offres d’emplois valables pour ses citoyens. Là où où les contraintes fiscales des États-membres sont trop fortes, la contribution nationale doit être réduite à zéro.

4. Suspendre le nouveau cadre fiscal européen.

Il impose des budgets annuels équilibrés, sans tenir compte des conditions économiques qui prévalent dans un État membre. Ainsi, il supprime la possibilité d’utiliser la fiscalité comme un outil politique de stabilisation en temps de crises, c’est-à-dire au moment même où il est le plus utile, faisant ainsi courir un risque grave de destabilisation de l’économie. Bref, c’est une idée très dangereuse. L’Europe a besoin d’un cadre fiscal qui reconnaisse la nécessité de la discipline fiscale à court-terme, tout en permettant aux États membres d’avoir recours à la fiscale pour stimuler l’économie en période de récession. Il faut donc préférer une politique fiscale adaptée au cycle économique et qui exempte l’investissement public.

5. Une véritable Banque centrale pour l’Europe – prêteur en dernier ressort pour les États membres et pas uniquement pour les banques.

L’expérience historique tend à prouver que, pour réussir, les unions monétaires nécessitent des banques centrales qui disposent pleinement de l’ensemble des pouvoirs attachés à leur fonction et qui ne se concentrent pas exclusivement sur le maintien de la stabilité des prix. L’engagement à agir comme prêteur en dernier ressort doit être inconditionnel. Il ne doit donc pas dépendre du fait que l’État membre donne son accord préalable au Mécanisme européen de stabilité pour la mise en œuvre d’un programme de réformes. La destin de l’Euro et la prospérité des peuples en Europe pourrait bien en dépendre.

6. Un réajustement macro-économique.

Les pays qui ont un excédent budgétaire doivent contribuer autant que les pays dont le budget est déficitaire à la correction du déséquilibre macro-économique au sein de l’Europe. L’Europe doit exiger (mais aussi conduire et évaluer) des actions de la part des pays dont le compte courant est excédentaire, qui permettent d’alléger la pression qui pèse aujourd’hui de façon unilatérale sur les pays déficitaires. L’actuelle dissymétrie entre les pays aux budgets excédentaires et les pays déficitaires ne font pas du tort uniquement sur ces derniers. Elle fait du tort à l’Europe dans son ensemble.

7. Un « Glasse-Steagall Act » pour l’Europe.

Le but est de séparer les activités bancaires commerciales des activités bancaires d’investissement et d’empêcher l’émergence de risques graves dans une entité incontrôlée.

8. Une législation européenne efficace pour taxer les activités économiques et entrepreneuriales offshore, dans les paradis fiscaux.

9. Une conférence européenne sur la dette.

Notre proposition s’inspire de l’un des moments les plus sensibles de l’histoire politique de l’Europe. C’était en 1953, lors de « l’Accord de Londres sur les dettes extérieures allemandes » qui, en soulageant l’Allemagne du fardeau économique de son propre passé, a aidé à la reconstruction démocratique du pays dans l’après-guerre et posé les bases pour son futur succès économique. L’Accord de Londres a demandé à l’Allemagne de payer, au mieux, la moitié de toute sa dette – indistinctement privée et intergouvernementale. Il a lié le calendrier de remboursement à la capacité du pays à payer, l’étalant sur une période de plus de 30 ans. En somme, il a conditionné le remboursement de la dette à la performance économique du pays, instaurant ainsi un principe implicite de « clause de croissance » : entre 1953 et 1958, seuls les intérêts étaient dus. Ce délai accordé pour le remboursement du capital principal avait pour but de donner au pays une marge supplémentaire, un peu plus d’oxygène. À partir de 1958, l’accord demande à l’Allemagne de mettre en place un paiement annuel du reste de sa dette, paiement qui devenait de plus en plus insignifiant à mesure que l’économie allemande décollait. Cet Accord suppose donc à l’époque, de façon implicite, que réduire la consommation en Allemagne - ce qu’on appelle aujourd’hui « la dévaluation interne » - n’était pas acceptable et que cela ne pouvait être en aucun cas être une façon acceptable d’assurer le remboursement des dettes. Les remboursements de l’Allemagne ont été, dans les faits, conditionnés à la capacité du pays à rembourser. L’Accord de Londres sur la dette rompt radicalement avec la logique erronée des réparations imposées à l’Allemagne par le Traité de Versailles, qui avait alors gravement destabilisé la capacité du peuple allemand à reconstruire son économie, faisant ainsi douter des intentions véritables des alliés.

En tant que tel, cet Accord reste une référence et un schéma directeur utile pour agir aujourd’hui. Cependant, nous ne voulons pas une conférence sur la dette pour l’Europe du Sud. Nous voulons une conférence sur la dette pour l’Europe tout court. Dans ce cadre, tous les instruments politiques disponibles devront être employés, y compris à cet égard une action de la BCE comme prêteur en dernier ressort, aussi bien que l’émission de titres de la dette européenne, comme les Eurobonds, pour remplacer les dettes nationales.

Il faut réussir le changement.

Pour réussir le changement, il faut être en mesure d’avoir une influence décisive, dès aujourd’hui, sur la vie des gens ordinaires. Notre objectif n’est pas simplement de changer la direction des politiques actuelles, mais d’étendre le champ de l’intervention publique et de l’implication des citoyens dans les décisions politiques et dans leur mise en œuvres. Pour cela, il nous faut construire des alliances sociales et politiques les plus larges possibles.

Il nous faut renverser l’équilibre du pouvoir politique en Europe afin de réussir le changement en Europe. Le néolibéralisme n’est pas un phénomène naturel, il n’est ni inéluctable ni invincible. Il découle uniquement de choix politiques, qui dépendent du rapport des forces politiques en Europe : il est donc uniquement conjoncturel et historiquement daté.

Il doit sa longévité au paradigme économique dominant et principalement aux socio-démocrates, qui, vers le milieu des années 1990, ont fait le choix statégique d’adopter entièrement ses principes et de s’approprier ses buts, réjustant en conséquences leur position sur l’échiquier politique en s’éloignant chaque fois un peu plus de la gauche. Pour beaucoup en Europe, les socio-démocrates ne sont plus que le lointain écho d’une époque révolue. Pas pour nous ! Mais la souffrance sociale provoquée par cette crise durable aussi bien que la désaffection d’une part importante de l’électorat pour le train-train politique habituel les ont conduit dans une impasse stratégique.

La réalité ne peut pas se permettre d’attendre le retour de la sociale-démocratie en Europe. Ici et maintenant, les socio-démocrates doivent opter pour un changement historique et se redéfinir auprès du public comme une force politique de Gauche. Cela passe par la rupture franche avec le néolibéralisme et les politiques qui ont échoué, c’est-à-dire par l’affirmation d’une différence nette avec le PPE et l’alliance des Libéraux ; ou bien, comme cela a été souligné à juste titre, en devenant une force politique « volontaire pour être aussi radicale que la réalité elle-même ».

L’Europe est à la croisée des chemins. Lors de l’élection européenne du 25 mai prochain, deux choix alternatifs clairs pour le présent et l’avenir de l’Europe sont sur la table : soit on poursuit avec les conservateurs et les libéraux, soit on va de l’avant avec la Gauche européenne. Soit on consent au statu quo néolibéral – en prétendant que la crise peut se résoudre avec les mêmes politiques qui l’ont déjà agravée – soit on prend le chemin de l’avenir avec la Gauche européenne.

Nous nous adressons tout particulièrement aux citoyens européens qui ont jusque-là voté pour les socio-démocrates. Premièrement, nous vous appelons à exercer leur droit de vote le 25 mai : ne vous abstenez pas et ne laissez pas les autre vote pour vous. Puis, dans un second temps, nous vous inviter à voter pour l’espoir et le changement qu’incarne la Gauche européenne. Comme cela, nous pourrons reconstruire ensemble notre propre Europe, une Europe du travail, de la culture et de l’écologie. Une fois de plus, dans l’histoire de notre maison commune qu’est l’Europe, le temps est venu de la reconstruction. Il est temps de reconstruire l’Europe comme un ensemble de sociétés démocratiques, faites de justice sociale et de prospérité. Si nous devons reconstruire l’Europe, c’est pour la changer. Et pour qu’elle survive, il faut la changer maintenant."

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Published by bruno fornaciari - dans EUROPE
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23 avril 2014 3 23 /04 /avril /2014 16:15

Européennes 2014 : Rompre et refonder l'Europe, le Front de gauche entre en campagne

Les peuples d'Europe sont dans la tourmente de la crise mondiale du capitalisme financiarisé. La crise est généralisée, le chômage et la pauvreté explosent, les économies des pays de l'UE sont très majoritairement en récession. Les dogmes ultralibéraux, les traités européens et ceux qui les défendent encore sont lourdement responsables de la crise en Europe. Les tenants du consensus libéral, quels qu'ils soient, en ont fait une opportunité pour accélérer les réformes libérales contre les travailleurs et toutes les formes de solidarités nationales, locales, européennes avec les politiques d'austérité violentes, imposées ça et là par la Troïka. En France, François Hollande a trahi ses engagements et ceux qui lui ont fait confiance en 2012. Il est aujourd'hui l'allié de Merkel et de la droite européenne, du MEDEF et des marchés.

Dans ce contexte, les élections européennes du 25 mai 2014 seront décisives pour redonner la parole confisquée aux citoyens, stopper l'austérité et ouvrir la voie du redressement social, économique et écologique de notre pays. A juste titre, les politiques d'austérité et la méthode autoritaire employée pour les faire appliquer font aujourd'hui l'objet d'un rejet massif des peuples. Des millions de femmes et d'hommes se mobilisent contre ces choix qui dégradent leurs conditions de vie et de travail, qui attaquent leurs droits sociaux et politiques. Il faudra que cette colère s'exprime, il faudra que de cette colère puisse émerger un espoir, celui de celles et ceux qui n'ont pas renoncé au changement et au progrès humain.

Nous pouvons être la bonne surprise de ces élections, bouleverser le paysage politique en France, faire gagner la gauche qui s’oppose à la politique d’austérité. Cela bousculerait des rapports de force ouvrant la voie au rassemblement d'une majorité alternative à la politique du gouvernement. Puisque l'élection européenne est la seule qui se tienne au même moment dans toute l’UE, elle peut permettre de faire converger les puissantes résistances populaires qui se sont considérablement développées ces dernières années, les forces disponibles à gauche, elles aussi en progression en Europe, contre l'austérité et pour des solutions de progrès à la crise.

Depuis 2005, nous avons étés de ce côté. Nous avons combattu le Traité Constitutionnel Européen. C'est de cette bataille que le Front de gauche est né. Nous avons su rassembler bien au delà de nous même pour permettre la victoire du peuple français et ouvrir une brèche pour tous les européens. Nous nous sommes battus en 2008 pour un référendum et contre le traité de Lisbonne. Quatre millions de français ont voté pour Jean-Luc Mélenchon, le candidat du Front de gauche, et ses propositions pour l'Europe à l'élection présidentielle de 2012. Nous étions 80 000 dans la rue en septembre 2012 contre le traité budgétaire, rédigé par Sarkozy et Merkel, adopté par Hollande. Nous avons résisté et travaillé l'alternative politique. Nous avions raison.

Les députés européens du Front de gauche ont joué leur rôle. Ils ont défendu dans le Parlement européen, les intérêts des françaises et des français, les intérêts de l'ensemble des peuples européens au sein du groupe de la Gauche unie européenne – Gauche verte Nordique (GUE-NGL). Ils ont fait vivre des propositions alternatives et sont intervenus en appui aux luttes. Grâce aux progrès des forces de la Gauche européenne dans de nombreux pays, ce groupe peut être considérablement renforcé en 2014, devenant alors un outil plus puissant pour mener les batailles dans les institutions et dans la rue.

Dans chaque vote Front de gauche aux élections européennes, il y aura la rupture avec cette Union Européenne libérale et, indissociablement, l'idée de sa refondation sur des bases sociale, écologique, démocratique et pacifique, dans le respect de chaque peuple, de chaque nation, de la souveraineté populaire et la solidarité internationale. Nous voulons lutter et désobéir avec les travailleurs, les citoyens, les forces sociales, syndicales et politiques qui se lèvent contre l'austérité, la toute puissance des marchés financiers, le dumping social, la mise à mal de notre écosystème. Nous voulons les rassembler sur des solutions solidaires visant un nouveau modèle de développement en Europe. Les propositions de politique européenne inscrites dans L’Humain d’abord sont plus que jamais d’actualité.

Dans chaque vote Front de gauche, il y aura la sanction de ceux qui nous ont conduit là, le refus du replis nationaliste et xénophobe, et surtout le rassemblement de celles et ceux qui sont prêts à prendre un autre chemin avec les peuples européens, les forces de gauche qui résistent et construisent l'alternative partout en Europe. C'est la démarche de résistance et d'espoir que portera le Front de gauche en France, les listes de la gauche alternative dans les pays européens et Alexis Tsipras, au nom de nous tous, dans une campagne européenne inédite pour la présidence de la Commission européenne.

Partie 1 : L’Union européenne est en crise

Cette crise est à la fois sociale et écologique

Il s’agit de la crise d’un système qui use les travailleurs, en même temps qu’il épuise les ressources naturelles et la biosphère, menaçant la survie même de l’humanité.

Une destruction de l’écosystème.

Aujourd’hui, après le dernier rapport du GIEC, nul ne peut remettre en cause le changement climatique ni l’impact des activités humaines. Il est urgent d'agir pour bloquer cette évolution mais aussi pour en affronter les conséquences. Il faut agir vite, et méthodiquement en se fixant des objectifs contraignants et en coordonnant tous les moyens d’action en vue du but à atteindre. Or, l’Union européenne aggrave la situation en laissant les firmes multinationales organiser la multiplication irrationnelle du transport de marchandises et en refusant de prendre des mesures volontaristes pour organiser la transition énergétique.

Une explosion de la pauvreté et du chômage.

La « crise économique » et sociale désorganise durement et durablement nos sociétés. Le nombre de chômeurs, de précaires et de pauvres atteint des records en Europe. Les politiques néolibérales menées par les différents gouvernements et les institutions européennes sont responsables de cette situation. Des baisses de salaires sont mises en œuvre dans plusieurs pays européens. Les services publics sont sacrifiés, les droits sociaux détruits méthodiquement. Les populations et plus particulièrement les femmes subissent une grande régression sociale et pour beaucoup, un véritable processus de paupérisation. L’avenir de millions de jeunes est ainsi mis en péril.

Une négation de la démocratie

Les choix économiques et sociaux des classes dominantes en Europe s’appuient sur une négation des souverainetés populaires. Ce sont désormais des instances technocratiques, en particulier la « troïka » (FMI, BCE et Commission européenne) qui concentrent les pouvoirs. Face aux sanctions électorales, aux grèves et mouvements de masse, les gouvernements se maintiennent artificiellement via de grandes coalitions dites d' « union nationale » ou des gouvernements non élus pour continuer à appliquer les memoranda, niant ainsi tous les messages politiques exprimés par leurs peuples. Dans tous les pays où la contestation est massive, les mouvements sociaux sont réprimés, les libertés syndicales réduites et le pluralisme des média remis en cause.

Cette crise s’inscrit dans la crise globale du capitalisme néolibéral qui a commencé en 2007.

Une crise mondiale du capitalisme financiarisé

Il s’agit de la crise d’un système fondé sur les prédations du capital financier et d’un mode d’accumulation du capital dont les contradictions s’aiguisent toujours plus. La pression accrue sur les revenus salariaux, condition du maintien de profits toujours plus élevés, sapent les possibilités d’une croissance des débouchés pour les marchandises, faisant, comme aux Etats-Unis, de l’endettement des ménages le principal expédient pour maintenir la croissance.

Qui entre en résonnance avec la crise propre de l’Union européenne

Cette crise globale se manifeste dans le cadre de l’Union européenne et principalement de la zone euro par des traits spécifiques qui tiennent à la nature de la construction européenne, fondée sur la concurrence généralisée et le dumping social et fiscal. Les modalités de construction de la monnaie unique ont entériné la soumission des politiques publiques aux marchés financiers, et l’impossibilité de politiques sociales ou de relance de l’activité économique. L’UE néolibérale organise la divergence économique entre les pays membres et l’absence de solidarité financière entre eux. La crise de la dette publique survenue en 2009 était inscrite dans les bases mêmes de ses traités, Maastricht et Lisbonne.

L’Europe austéritaire : la réponse des classes dirigeantes

Face à cette impasse, les réponses des classes dirigeantes des pays de la zone euro ont été principalement la fuite en avant : donner toujours plus de pouvoir à la finance, renforcer encore les politiques d’austérité, mener une concurrence exacerbée avec les pays du Sud, et éloigner encore les politiques menées de tout contrôle par la souveraineté populaire et de tout débat démocratique. Le fédéralisme qui se construit ainsi et s’est accéléré récemment (adoption du Traité sur la stabilité, la coordination et la gouvernance (TSCG) de la zone euro et de diverses directives (six pack, two pack)) est en effet un fédéralisme autoritaire qui tient les peuples le plus possible à distance.

Si en 2012, par le moyen de dispositifs exceptionnels et d’un certain assouplissement des règles d’intervention de la Banque centrale européenne, - d’ailleurs à l’encontre de certaines des règles des traités - ces classes dirigeantes sont parvenues un temps à éloigner la menace de l’éclatement de la zone euro, la profonde instabilité de cette dernière demeure. La crise est donc loin d’être finie, et donne l’occasion au patronat européen, par le biais des politiques menées par les gouvernements, de tenter de remettre en cause les acquis sociaux et démocratiques, issus dans les différents pays d’Europe des luttes des décennies passées.

Dans cette situation, les politiques d’austérité menées dans tous les pays provoquent une catastrophe sociale et écologique. Elles minent toujours plus l’Etat social et la démocratie. De plus, la fiscalité, loin d’être redistributive, épargne les rentiers et les plus riches. Elle aggrave les inégalités. Ces politiques enclenchent une dynamique infernale : la contraction de l‘activité engendre la diminution des recettes fiscales, approfondissant ainsi les déficits et la dette, ce qui place les États sous la menace permanente des offensives spéculatives des marchés financiers, laquelle appelle de nouveaux plans d’austérité qui ne feront qu’aggraver le mal auquel ils prétendent remédier. Le spectre de la déflation (chute cumulative de l’activité des prix et des revenus) menace donc, tandis que la croissance des inégalités, la persistance du chômage de masse et de la précarité plonge une part croissante de la population en Europe dans la pauvreté.

C’est sur ce terrain que la réaction et l’extrême droite prospèrent, distillant leurs thèses xénophobes qui visent à dresser les travailleurs et peuples les uns contre les autres, faisant le jeu du grand patronat et de l’oligarchie.

La cogestion autoritaire PSE-PPE s’attaque à la souveraineté populaire

L'arrivée au pouvoir du PS et de François Hollande n'a rien changé par rapport à l’alignement de la politique de Nicolas Sarkozy sur celle d’Angela Merkel. Le TSCG n’a en rien été renégocié comme promis, et ratifié par le gouvernement et la majorité parlementaire en France.

Au niveau européen, le PSE cogère avec la droite (Parti populaire européen) le Parlement européen pour appliquer une politique libérale et se répartir les postes. A chaque fois que le choix leur est donné, les partis sociaux-libéraux préfèrent des majorités d’union avec la droite plutôt que des rassemblements à gauche. C'est le cas dans 14 pays sur 28. Nous pouvons mettre en échec cette politique de capitulation, et dessiner une alternative européenne aux politiques d’austérité !

Les caractéristiques de cette crise nous montrent qu’une seule voie de sortie est possible : il faut rompre avec cette Union européenne là pour refonder une autre Europe, solidaire et démocratique.

Partie 2 : Désobéir et rompre avec les traités

Pour pouvoir refonder l’Europe sur de nouvelles bases, il faut d’abord rompre avec l’Union Européenne actuelle. Ce qui fonde l’Union Européenne sont les traités négociés en secret par les gouvernements et ratifiés sans que les peuples ne soient consultés. Que ce soit le traité de Lisbonne ou le récent Traité sur la stabilité la coopération et la gouvernance (TSCG), ils organisent le dumping social et fiscal, imposent des politiques d’austérité permanente et excluent les politiques économiques et sociales du débat public et de la décisions citoyenne. Ce sont à ces traités et plus largement à leur logique qu’il faut désobéir pour pouvoir se libérer du carcan qui opprime les peuples. Nous sommes prêts à cet affrontement et à en assumer toutes les conséquences.

2.1. Notre méthode pour rompre : une Révolution citoyenne qui s’appuie sur la souveraineté populaire et les mobilisations populaires.

2.1.1. Se battre au niveau européen avec toutes les forces progressistes

Les combats au sein de l’UE, que ce soit par les mobilisations ou au parlement, sont nécessaires. Ils contribuent à la résistance, à informer les peuples de ce qui se fait souvent dans une opacité totale et à indiquer ce qu’il faudrait faire.

Les peuples ne sont pas restés sans voix face aux politiques d'austérité et aux diktats de la troïka. Des mouvements puissants se sont développés ces dernières années dans différents pays, ils doivent converger au niveau européen. Les citoyens de Grèce, d’Espagne et du Portugal affrontent courageusement les politiques libérales, alors même que leur gouvernement répond par la répression et la criminalisation des luttes. Cela démontre clairement que l’autoritarisme vient au secours du libéralisme. Ces combats montrent la voie pour unifier les résistances en Europe.

Le Front de gauche y est engagé et contribuera à leur renforcement en France et en Europe. Voilà pourquoi il est important d’élire le maximum de député-e-s européens du Front de Gauche capables de relayer les luttes et d'en déclencher, pour alerter sur les dangers et mobiliser sur des solutions.

Dans tous les pays, les partis de la gauche alternativejouent un rôle majeur dans la résistance à l’Europe des néo-libéraux. Ils progressent dans de nombreux pays.

C'est en renforçant nos coopérations avec les forces – sociales et politiques - qui rejettent l'austérité et la construction libérale de l'UE que nous oeuvrerons utilement contre l’Europe de l’austérité.

2.1.2 Rompre et désobéir : assumer l’affrontement pour ouvrir des brèches

Dans la situation actuelle, l’élargissement à 28 Etats membres rend quasiment impossible la modification des traités qui requiert l’unanimité des pays membres. Un seul pays pourrait bloquer tout progrès social ou écologique.

Un gouvernement de gauche devrait donc assumer un rapport de force diplomatique, économique et politique pour s'opposer aux projets dangereux, ouvrir le débat sur des propositions alternatives et créer les chocs diplomatiques visant une remise à plat de la construction européenne.

Nous essayerons d’obtenir une modification des règles actuelles. Si cela s’avère impossible, il faudra, avec tous les pays qui le souhaiteraient, désobéir aux règles européennes.

La France est un grand pays, moteur en Europe et 2e puissance économique européenne. Un changement en France peut montrer l'exemple et entraîner d’autres peuples d'Europe.

2.1.3. Prendre des mesures unilatérales coopératives

La France doit mettre sa puissance au service des peuples qui résistent. Un gouvernement de gauche prendrait alors un certain nombre de mesures unilatérales en expliquant qu’elles ont vocation à être étendues à l’échelle européenne. Il s’agit de mesures unilatérales coopératives, en ce sens qu’elles ne sont dirigées contre aucun pays mais contre une logique économique et politique et que, plus le nombre de pays les adoptant est important, plus leur efficacité grandit. C’est donc au nom d’une autre conception de l’Europe qu’un gouvernement de gauche devrait mettre en œuvre des mesures qui rompent avec la construction actuelle de l’Europe. Face à cette Europe qui maltraite les peuples, nous proposons de construire une autre Europe.

2.2. Rompre avec l'Europe telle qu’elle est pour refonder une autre Europe

2.2.1. Sortir la dette publique de l’emprise des marchés financiers pour relancer l’emploi et la transition écologique

La résorption de la dette publique sert aujourd’hui de prétexte à mener des politiques d’austérité drastique. L’objectif clairement affiché est de casser toujours plus l’Etat social. La France n’est pas en état de cessation de paiement : le pays est suffisamment riche pour assumer la dette actuelle. Mais surtout, les traités actuels ont contraint les Etats à contracter cette dette auprès des banques privées et des marchés financiers. Les Etats sont obligés d’emprunter à des banques privées, à des taux qui peuvent aller jusqu’à 10%, les sommes qu'elles ont empruntées à moins de 1% à la Banque centrale européenne (BCE). L’euro est une construction politique et historique qui est aujourd’hui au service des marchés financiers. Il est le produit d’une conception monétariste qui emprunte son modèle à la Bundesbank et dont le gouvernement Merkel est le plus fervent défenseur. Il n’est plus vivable tel qu’aujourd’hui.

Dans cette situation, certains prônent la sortie de l’euro et la mise en œuvre de politiques de dévaluation compétitive. Ce projet est économiquement hasardeux. Il alourdirait l’encours de la dette publique, renchérirait les importations, ce qui pèserait sur le niveau de vie de la population, et ouvrirait la porte à la spéculation sur la nouvelle monnaie, donnant ainsi une arme puissante aux marchés financiers. Economiquement hasardeux, ce projet est politiquement néfaste car une politique de dévaluation compétitive est une politique non coopérative qui cherche à gagner des parts de marchés contre les autres pays. Loin d’induire plus de solidarité entre les peuples, elle entraînera encore plus de concurrence, de dumping social et fiscal, avec le risque d’exacerber les tensions xénophobes et nationaliste. Enfin, cette solution est défensive car elle nous empêche de mener une bataille politique vis-à-vis des autres pays d’Europe. C’est pour ces raisons que le Front de gauche et le Parti de la gauche européenne, qui regroupe les partis de la transformation sociale et écologique en Europe, sont opposés à un tel projet.

Pour autant, nous ne nous satisfaisons pas de la situation actuelle qui est mortifère pour les peuples d’Europe. L’Euro tel qu’il est aujourd’hui n’est plus supportable pour les peuples. Au niveau européen, nous proposons la tenue d'une conférence sur les dettes publiques qui aboutirait à l'annulation d'une grande part des dettes insoutenables des Etats membres et une révision des échéances et conditions de remboursement voire l'annulation pure et simple. Si cette solution s’avère impossible, faute d’accord des gouvernements des autres pays, un gouvernement de gauche devrait prendre des mesures unilatérales : la dette publique serait soumise au contrôle des citoyens et du Parlement. Elle ferait l’objet d’un audit citoyen qui pourrait déboucher sur un rééchelonnement, un moratoire ou une annulation. Certains pays l'ont fait. Les actionnaires des banques, les spéculateurs et la finance doivent assumer le prix de la crise dont ils sont responsables.

Au-delà, il faut un changement radical de politique monétaire. Il faut refonder l’euro pour en faire une monnaie au service des peuples. Il est indispensable que la BCE puisse prêter directement aux Etats et aux collectivités territoriales. Il faut donc, comme cela se fait par exemple aux Etats-Unis, au Japon et au Royaume Uni, que la banque centrale puisse financer les éventuels déficits publics nécessaires pour financer les investissements publics indispensables aux besoins sociaux des peuples de l'Union et à la transition écologique.

La France peut obtenir ce résultat en menant une bataille politique en Europe pour que les statuts de la BCE soient changés et que soit créé un Fonds européen de développement social, écologique et solidaire. Ce fonds serait contrôlé et administré démocratiquement dans le but de financer à bas taux, voire à taux zéro, des dépenses publiques des Etats membres et des investissements d'entreprises qui développent l'emploi, dans le respect de critères sociaux et écologiques précis, avec la contribution monétaire de la BCE et les recettes de la taxe sur les transactions financières.

Si cette solution s’avère impossible faute d’accord des autres pays, un gouvernement de gauche devrait aussi prendre des mesures unilatérales en matière monétaire en utilisant un établissement financier public comme par exemple la Banque publique d’investissement. Cette dernière pourrait emprunter directement auprès de la Banque centrale sans passer par les banques privées. Si la BCE s’y oppose, violant d’ailleurs ainsi l’article 123-2 du Traité sur le fonctionnement de l’Union européenne (TFUE) qui permet à un établissement public de crédit de se refinancer auprès de la banque centrale, le gouvernement passerait outre.

2.2.2 : Pour sortir de l’austérité, refuser la politique budgétaire européenne

Le TSCG impose que les Etats aient un déficit structurel, construction statistique arbitraire, inférieur à 0,5 % du PIB. Tenir un tel objectif suppose de mener des politiques d’austérité de façon permanente et de couper massivement dans les dépenses publiques, la protection sociale et les services publics étant les premiers visés. Un gouvernement de gauche refusera d’appliquer une telle politique budgétaire et n’acceptera pas que la Commission européenne puisse dicter sa loi et remettre en cause la souveraineté populaire.

2.2.3. Récuser le dumping social et les libéralisations, en finir avec la précarité

Nous affirmerons un principe de non-régression sociale et écologique avec l'alignement sur le droit le plus avancé. Aucun pays ne doit se voir imposer des normes européennes inférieures à ses normes nationales. Nous nous battrons pour la promulgation de critères de convergence sociale permettant, par exemple, l’émergence d’un salaire minimum en Europe. Un gouvernement de gauche n’acceptera pas que les salariés d’autres pays de l’Union venant travailler en France ne se voient pas accorder les mêmes droits que les salariés français. Il refusera d’appliquer la directive européenne sur le détachement des travailleurs et obligera les employeurs à appliquer le droit du travail à tous le salariés quelle que soit leur nationalité.

Face aux directives libérales, nous mettrons un coup d’arrêt à la dérégulation des services publics et à leur ouverture obligatoire aux marchés notamment en matière de transports.

2.2 4. En finir avec l'Europe de la finance

Les produits financiers doivent être placés sous une surveillance stricte des pouvoirs publics afin que la finance soit mise au service de la société et non l’inverse. Il faut en finir avec la cotation en continu, les ventes à découvert nues et les marchés de gré à gré. Les mouvements de capitaux entre l’Union européenne et le reste du monde doivent être contrôlés et réellement taxés. Les conglomérats bancaires doivent être brisés et une stricte séparation doit être instaurée entre les banques de dépôt tournées vers le financement de l’économie et les banques d’affaires intervenant sur les marchés. L’activité de ces dernières doit être strictement encadrée afin qu’elles ne puissent pas perturber le bon fonctionnement de l’économie. Depuis 1998, nous agissons pour la mise en place d’une taxe sur les transactions financières. Le projet Barroso de coopération renforcée entre 11 Etats pour créer une telle taxe est totalement insuffisant. Pourtant, P. Moscovici porte-parole des banques, le trouve « excessif ». Le gouvernement Hollande est le meilleur allié des banques. Nous proposons, au contraire, la création d'une taxe couvrant toutes les transactions financières, y compris les marchés des changes et taxant plus fortement les produits spéculatifs. Sans décision européenne, nous appliquerons ces mesures en France.

Enfin, les paradis fiscaux permettent aux grandes fortunes et aux grandes entreprises de piller impunément les budgets publics. Ils brisent l’égalité devant l’impôt et assurent le blanchiment d’activités criminelles de toutes sortes. Ils encouragent la concurrence entre Etats vers le moins disant fiscal au détriment des finances publiques. Nous en avons assez des indignations hypocrites qui ne sont jamais suivies d’effet. Nous bloquerons tout mouvement de capitaux allant vers un paradis fiscal, y compris au sein de l'UE (Luxembourg, etc.).

2.2.5. Lutter contre le libre-échange destructeur

Ces mesures de protection face à la finance doivent être accompagnées de décisions similaires sur les échanges de marchandises. Le libre-échange donne tout pouvoir aux firmes transnationales. Il est anti-écologique car il pousse à produire à l'autre bout du monde ce qui peut être produit plus près et à envoyer nos déchets toxiques vers les pays pauvres. Nous ne voulons plus de cette « mondialisation des containers » à la surface de toutes les mers du globe. Il organise un nivellement général par le bas des normes sociales et environnementales. Il organise la compétition entre les salariés. Loin de la logique patronale de la « compétitivité » qui veut exporter à tout prix, nous favorisons la demande interne. La finalité de la production doit être la satisfaction des besoins. Pour cela, nous adapterons les outils aux productions et à leur origine : taxe kilométrique au niveau national et européen, visas sociaux et environnementaux aux frontières de l’UE.

Ces mesures favoriserons la relocalisation des activités et sont nécessaires au développement de circuit court de production et de consommation.

Nous prônons une refondation de la Politique agricole commune (PAC) pour développer une agriculture écologique, paysanne, de proximité. Celle-ci devra favoriser le principe de souveraineté alimentaire.

Nous défendons la coopération internationale et la solidarité intra-européenne plutôt que la guerre économique de tous contre tous.

2.2.6. Refuser le GMT

Le grand marché transatlantique (GMT) est un projet d’accord de libre échange entre l’Union européenne et les États Unis, au service des grandes firmes transnationales. Loin d’être un sujet technique, le GMT est un sujet déterminant pour l’avenir social, écologique, économique et démocratique de l'Europe. S’il devait être adopté, il destabiliserait nos industries, nos cultures, nos agricultures. Il permettrait l’arrivée en Europe de produits ne répondant pas à nos normes sociales ou environnementales. C’est particulièrement vrai dans le domaine agricole. Bœufs aux hormones, poulets à l'eau de javel et OGM pourraient déferler dans nos assiettes. Le principe du recours à des tribunaux d'arbitrage privés, acté dans le mandat de négociations de la Commission européenne, est inadmissible. Ce serait une remise en cause insupportable de la souveraineté juridique des Etats aux profits du capital financier transnational. Ils permettraient par exemple aux multinationales d'attaquer les Etats ayant adopté des législations contre les OGM et contre l'exploitation des gaz de schistes et autres hydrocarbures non conventionnels.

Ce projet est inacceptable et la méthode mise en œuvre pour le faire adopter l’est tout autant. Le Peuple n’a jamais été consulté, le Parlement non plus. Pourtant des collectivités ont déjà appelé à l’arrêt des négociations. Ce mouvement devrait s’amplifier. Lors de son voyage aux Etats-Unis, François Hollande a appelé à une accélaration des négotiations de ce projet atlantiste. Le mandat de négociation est tenu secret pour soi-disant défendre les intérêts européens. Pourtant les informations divulguées par Edward Snowden sur les écoutes de la NSA, dans la continuité des révélations de Julian Assange, démontrent que l’Union Européenne est massivement espionnée par les Etats-Unis. Les dirigeants de l’Union européenne auraient dû réagir notamment en arrêtant les négociations sur le Grand Marché transatlantique. Ils ne l’ont pas fait tant est grande leur soumission à Big brother. C’est pourquoi nous exigeons du gouvernement français la fin des négociations en cours et que nous réclamons à défaut la tenue d’un référendum sur le GMT.

Nous dénoncerons les accords de libre échange et notamment les accords dits de partenariats économiques, établis dans ce cadre, avec les pays d’Afrique et d’Amérique du Sud, qui détruisent les économies de ces pays, au profit des multinationales. Nous leur substituerons des accords basés sur la solidarité et la coopération.

2.2.7. Rompre avec le productivisme : instaurer la planification écologique européenne

Les modèles économiques actuels sur l’environnement ont des conséquences non seulement sur le climat, mais également sur le pillage des ressources naturelles, la multiplication des déchets toxiques que nous ne parvenons pas à retraiter et que nous déversons souvent dans les pays en voie de développement au mépris de la santé de leurs populations, sur l’appauvrissement très rapide de la biodiversité, sur la santé de tous via l’utilisation incontrôlée de substances toxiques diverses comme les pesticides. Face à la crise écologique, l’existence d’un intérêt général humain radicalement anticapitaliste n’a jamais été aussi évidente. La première nécessité de l’Humanité est la préservation de l’écosystème que nous avons en commun ! Cette exigence incontournable unit l’humanité que veulent diviser les partisans du choc des civilisations.

Elle implique la mise en œuvre d’une planification écologique et le retour des biens communs de l’humanité et des services d’intérêt général dans le giron public. Elle impose l’application d’une « règle verte » pour solder la dette écologique. Nouvel outil de pilotage des politiques publiques, celle-ci permettra de repousser la date à laquelle nous aurons consommé l'ensemble des ressources que la Terre peut renouveler chaque année. Cela implique également la mobilisation de budgets au niveau des pays européens pour accélérer la transition énergétique. Cela passe notamment par le développement accéléré des énergies renouvelables pour diminuer drastiquement les énergies productrices de gaz à effet de serre et un débat public national immédiat sur la politique énergétique en France et la place du nucléaire. Il se déroulera sous contrôle citoyen de l’information jusqu’à la prise de décision et se terminera par un référendum.

L'Europe doit se mobiliser dès maintenant pour la lutte contre le réchauffement climatique et obtenir, à Paris, en 2015, un accord juridiquement contraignant et différencié de réduction des émissions des gaz à effets de serre, concernant tous les grands pays émetteurs, qui limite le réchauffement au plus à 2°C, ainsi que la création des fonds financiers incontournables dédiés à l’accompagnement des pays du Sud, des pays les moins développés et des pays les plus fragilisés dans leur projet de développement.

Ces mesures impliquent de rompre et désobéir à l’OMC, au FMI, en sus des directives ou traités européens, d’imposer de nouvelles orientations pour lutter contre la surconsommation matérielle (obsolescence programmée, emprise publicitaire, etc.), et de favoriser l’extension des services publics, et leur accès gratuit.

2.2.8. Rompre avec une Europe dépendante des intérêts géostratégiques américains :

L’OTAN est un outil au service des Etats-Unis pour défendre leurs intérêts stratégiques et leur vision du monde. Trop souvent, l’OTAN sert de prétexte pour contourner les décisions de l’ONU et s’affranchir du droit international. L'article 42 du traité de Lisbonne prévoit que les politiques des Etats de l’Union européenne doivent être compatibles avec les orientations de l’OTAN. Nous les voulons, au contraire, compatibles avec le droit international et militons pour la dissolution de l’OTAN. Sans attendre, nous prônons la sortie de la France de l'OTAN. Nous refusons le projet de bouclier anti-missile de l'OTAN en Europe ainsi que l'installation de technologies états-uniennes dans les armes françaises.

Nous mettrons en échec les accords qui livrent les données personnelles des citoyens européens au gouvernement des Etats-Unis sous couvert de lutte contre le terrorisme : l’accord de données sur les passagers aériens européens qui se rendent aux USA ou les survolent ainsi que l’accord SWIFT qui donne accès aux données bancaires des citoyens européens.

Nous dénonçons la logique des G8 et G20. Nous refusons la toute puissance du dollar comme monnaie mondiale de réserve.

2.2.9. Rompre avec l’Europe forteresse et la politique agressive de l’UE vis-à-vis des pays du sud

Nous refusons le sort fait aux Rroms, érigés en boucs émissaires. Nous refusons cette Europe forteresse, qui criminalise les migrants avec FRONTEX, qui conduit à l’accumulation des naufragés et des cadavres à nos frontières.

Nous supprimerons les zones de rétention administrative qui sont des zones de non droit. Nous renégocierons les accords de Schengen au profit d’une action résolue en faveur de politiques nouvelles de migrations internationales et de codéveloppement, en particulier avec les pays du pourtour méditérrannéen.

Nous mobiliserons au niveau européen pour l’abrogation de la « directive de la honte » de 2008 qui banalise et généralise une politique d’internement et d’expulsion des migrants en Europe et refuserons de les appliquer en France.

Engager ces ruptures est une condition indispensable pour pouvoir refonder le projet européen sur de nouvelles bases libérées des traités européens actuels.

Partie 3 : Refonder l'Europe

Notre critique de l'UE et les ruptures que nous voulons engager avec ses fondements, ses traités, ses politiques, ne nous condamnent pas à un repli nationaliste. Paradoxalement, nous sommes aujourd'hui les seuls porteurs d’une idée européenne à laquelle les peuples pourraient adhérer car porteuse de progrès humain, social et écologique. Travestie par les forces qui ont construit l'UE actuelle pour nous, l'idée européenne est celle d'une construction démocratique, sociale, écologique, répondant à des formes d’organisation dont les peuples devront convenir ensemble, et qui œuvre pour la paix au plan mondial. C'est pourquoi nous proposons de la refonder.

Une Europe démocratique qui respecte les souverainetés populaires

Pour nous, les politiques de coopération entre les Etats comme les politiques intégrées doivent faire l'objet de débats publics, être librement consenties, contrôlées et soumises à la souveraineté populaire. Nous voulons que le peuple français soit consulté par referendum sur les grandes orientations européennes.

Nous voulons changer l'équilibre des pouvoirs en renforçant les assemblées élues. Les parlements nationaux doivent recouvrir leur compétence budgétaire et être associés aux processus d'élaboration des lois et des règles européennes. Le Parlement européen sera plus représentatif des citoyens, c'est à dire issu d'une élection à la proportionnelle sur des listes nationales. Ses pouvoirs doivent être renforcés, notamment pour ce qui est de l'initiative législative. Une instance antidémocratique telle que l’actuelle commission européenne ne pourra exister dans cette Europe..

Nous voulons développer des outils d'intervention des peuples dans les décisions européennes à tous les stades : élaboration des politiques européennes, suivi et évaluation de ces dernières. La pseudo procédure d'initiative citoyenne européenne deviendra un véritable droit de pétition, sans validation préalable d’une quelconque instance. Il faut ouvrir des espaces de dialogue pour une réelle prise en compte des revendications des syndicats de travailleurs et des ONG. Le lobbying sera strictement encadré voire interdit.

Une Europe du développement humain soutenable

Face au chômage et à la précarité, la priorité absolue doit être d'offrir aux européens un modèle de développement qui leur garantisse du travail, des revenus décents, une protection sociale, tout en protégeant notre écosystème.

Dans l'immédiat, nous proposons de lancer un grand plan européen d'investissement pour reconstruire les économies des pays et enclencher la transition écologique. Faire face aux défis sociaux et environnementaux doit conduire à relocaliser les activités, transformer les modes de production, favoriser les circuits courts de production et de consommation.

Nous voulons impulser un autre type de production alliant développement humain, social et écologique par une réappropriation publique et démocratique des secteurs stratégiques, des coopérations industrielles et de recherche au niveau européen ainsi que l'instauration de visas écologiques et sociaux sur les importations. Nous proposons d'interdire les licenciements boursiers, créer des emplois qualifiés, sécurisés, bien rémunérés et donner des pouvoirs d'intervention aux salariés sur les choix des entreprises.

La préservation de l’écosystème sera une priorité de l'Europe refondée. Elle implique la mise en œuvre d’une planification écologique, le retour des biens communs de l’humanité dans le giron public, sous contrôle citoyen, et la généralisation d’une « règle verte » pour solder la dette écologique. Il faut investir dans les énergies renouvelables et propres, les économies d'énergie, le développement des transports ferroviaires et de la voie d'eau.

Pour protéger les citoyens, nous pensons qu'il est nécessaire de définir un cadre européen au droit du travail et à la protection sociale. La logique dominante de « baisse du coût du travail » conduit aux plans de licenciements, à la précarisation du travail, à la baisse du niveau de protection sociale, à la pression des logiques managériales et individualistes dans les entreprises. Nous voulons y opposer un bouclier social garantissant sécurisation des emplois pour éradiquer la précarité, un droit à la formation pour tous. Nous proposons d'harmoniser progressivement les droits sociaux des salarié-es européen-es par le haut. Des salaires minimums en Europe doivent permettre une rémunération décente. Nous voulons mettre en place des critères pour la convergence vers le haut des normes sociales, écologiques et démocratiques, étendant à tous les pays européens les droits des salariés sur ceux des pays où ils sont les plus avancés. Nous voulons tendre vers la réduction du temps de travail, l'égalité salariale femmes/hommes, le retour partout au droit à la retraite à 60 ans et lutter contre toutes les formes de discrimination au travail.

Nous voulons un modèle qui valorise les biens communs au lieu de les privatiser. Les coupes budgétaires des politiques d'austérité, les libéralisations et les privatisations réduisent la capacité des pays européens à répondre aux besoins sociaux, notamment des personnes les plus fragiles. Les services publics, avec de nouvelles créations à l'échelle continentale, deviendront un pilier de la construction européenne nouvelle, pour l'accès de tous aux droits universels à l'éducation, à la santé, au logement, à l’eau, à l'énergie. Un essor des services publics serait créateur d'emplois utiles au peuple, œuvrant à la reconstruction du lien social, capables de re-dynamiser les territoires ruraux et les quartiers populaires, aujourd'hui abandonnés par la République.

La politique agricole commune doit elle aussi être refondée sur la base de la sécurité et de la souveraineté alimentaire, d'une agriculture paysanne non soumise aux logiques productivistes qui garantisse aux agriculteurs des prix rémunérateurs et aux citoyens une nourriture de qualité, saine et variée, accessible à tous et au juste prix.

Une Europe libérée de l'emprise de la finance

L'Union économique et monétaire ne doit pas servir la spéculation mais à la création d'emplois, les services publics, les produits utiles et la transition écologique pour un partage juste des richesse. Pour répondre à ces objectifs, une Banque centrale européenne doit être placée sous le contrôle démocratique des peuples.

Nous proposons de rompre avec avec les politiques injustes d’augmentation de la TVA, de taxer plutôt le capital avec une taxe sur les transactions financières et lutter contre l'évasion fiscale (transparence bancaire, renforcement des services d'enquête coopération européenne). Pour en finir avec le dumping fiscal, nous proposons d'harmoniser la fiscalité des entreprises au niveau européen en modulant les taxes sur les sociétés pour inciter les entreprises qui créent de l'emploi, investissent dans la formation et augmentent les salaires ; et pénaliser celles qui délocalisent, spéculent, polluent. Nous ferons la promotion en France et en Europe d'une fiscalité réellement progressive.

La priorité doit être donnée à la réduction des inégalités sociales et territoriales en Europe, au développement de programmes de solidarité et de lutte contre l'exclusion.

Une Europe des droits et libertés

L'Europe doit être un espace qui garantit l'égalité entre les femmes et les hommes à tous les points de vue, et qui protège le droit fondamental des femmes à disposer de leur corps. Le droit européen doit – face à la menace qui plane dans de nombreux pays – garantir l'accès de toutes à l'IVG. Nous sommes pour l'instauration de la « clause de l'Européenne la plus favorisée » afin que chaque femme puisse bénéficier des lois les plus avancées dans les pays de l'Union.

L’Europe doit être laïque et garantir la liberté de conscience. C'est une condition pour garantir l'égalité des citoyennes et des citoyens quelles que soient leurs convictions philosophiques et religieuses. Le libre exercice des cultes sera garanti dans le cadre des lois existantes. Nous nous prononçons pour une stricte séparation entre les Eglises et les institutions européennes. Nous nous opposerons au statut particulier des Eglises dans le cadre des consultations européennes et à tout financement public d’activité religieuse.

Une Europe de la paix au service de l'émancipation humaine

L'Europe doit être un acteur sur la scène internationale. Face à la puissance du capital globalisé, notamment aux transnationales et aux marchés financiers, il faut un espace politique et économique qui puisse faire contrepoids et qui renonce aux ingérences impérialistes et néocolonialistes. Si aujourd'hui elle n'a rien d'autre à offrir que des accords de libre échange, l'Europe refondée peut être un très puissant outil de coopération entre les peuples du monde.

La paix et la sécurité collective doivent être un fondement d'une Europe refondée. Cela implique une rupture avec les politiques atlantistes, la sortie de l'OTAN, l'indépendance vis à vis des USA. L'Europe doit être active sur le terrain du désarmement multilatéral. Une politique extérieure européenne doit se fonder sur le droit international pour contribuer à la résolution des conflits par le multilatéralisme et la recherche de solutions politiques et non militaires. Au Proche Orient, elle doit engager tous les outils à sa disposition pour faire respecter le droit imprescriptible du peuple palestinien à un Etat souverain et démocratique, dans les frontières de 1967.

L'Europe refondée sera à l’opposé de l’« Europe forteresse» actuelle, qui repose sur le dispositif Frontex, la stigmatisation et la mise en danger des étrangers non communautaires. Elle devra veiller au respect des droits des migrants, à commencer par le droit d'asile, le droit à la scolarisation, le droit au travail.

Une politique de solidarité et de coopération doit être mise en place avec les différentes régions du monde. Avec l'Amérique Latine, l'Afrique, l'Asie, le Proche Orient, l'Europe de l'Est des nouvelles relations doivent se nouer sur un pied d'égalité et non dans le cadre des accords de libre échange. L'Europe soutiendra les révolutions citoyennes qui ont mis à bas des régimes autoritaires.

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Published by bruno fornaciari - dans EUROPE
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23 avril 2014 3 23 /04 /avril /2014 15:01

Ils ont quitté le secrétariat national du PS et s’expliquent…

Leur prise de distance a fait moins de bruit que le départ de Caroline de Haas ou de l’eurodéputée Françoise Castex, qui ont toutes deux récemment quitté le PS (voirici et ).
Reste que la démission du secrétariat national du PS d’une petite dizaine de socialistes du courant Un monde d’avance (« l’aile gauche » du PS) en dit long sur le malaise qui grandit au sein de la majorité. « Nous avons pris collectivement la décision de quitter la direction du PS et de sortir du Secrétariat national, alors que nos représentants étaient parmi les plus actifs et les plus utiles », ont-ils écrit à l’intention des militants de leur courant au lendemain du conseil national qui aentériné l’arrivée de Jean-Christophe Cambadélis à la tête du Parti.

« Nous ne sommes d’accord sur rien »

Pouria Amirshahi, Stéphane Delpeyrat, Charlotte Brun, Frédéric Hocquard, Delphine Mayrargue, Isabelle Thomas, ainsi que Sandrine Chernoz, Antoine Detourné et Roberto Romero, ont annoncé, la semaine dernière, leur démission du bureau national. Certains se sont contentés de commenter à minima cette décision. Comme Charlotte Brun, ancienne présidente du MJS, nommée en 2008 par Martine Aubry secrétaire nationale en charges des personnes âgées :

D’autres ont été plus diserts. Stéphane Delpeyrat, vice-président du Conseil régional d’Aquitaine, maire de Saint-Aubin (Landes), et (désormais) ex-secrétaire national à la Recherche, a déploré la « méthode » de la direction qui a imposé Cambadélis à la tête du PS sans la moindre consultation : « Il me semble que la situation méritait l’organisation rapide d’un congrès extraordinaire pour que les militants puissent exprimer leurs sentiments face à des orientations contraires au discours du Bourget », a-t-il expliqué à Sud Ouest.

Stéphane Delpeyrat, aux journées de rentrée d’Un monde d’avance, le 18 septembre 2010.

Car ce qui coince, dans le fond, c’est bien l’orientation politique de l’exécutif :

« Face à la politique d’austérité que prône le gouvernement, nous pensons qu’il faut lâcher un peu d’oxygène pour regagner de la croissance et créer des emplois. […] Je ne pense pas que cette politique de centre-droit rassemble la gauche. Aujourd’hui, nous ne sommes d’accord sur rien. »

Autre franche explication - et franc pessimisme - de Delphine Mayrargue, jusqu’alors chargée des questions de l’emploi pour le PS : « Le PS a subi une très lourde défaite aux élections municipales […], écrit-elle dans une « lettre » sans concession publiée sur le site d’Un monde d’avance au lendemain du conseil national. Nous n’avons pas perdu parce que nous n’avons pas su expliquer la politique menée par le Président de la République ; à l’échec n’ajoutons pas le mépris à l’égard des électeurs et des électrices. Nous avons perdu parce que nous n’avons pas fait ce que nous avions dit que nous ferions. Une demande de gauche s’était exprimée en mai 2012, elle n’a pas eu les réponses attendues. La déception, la colère et la défiance sont fortes à gauche. Tout est aujourd’hui à reconstruire ». Puis d’ajouter :

« Le Parti est aujourd’hui replié sur lui-même sourd et aveugle à la réalité sociale et culturelle qui l’entoure. Ce choix de fermeture, les conditions de la désignation du Premier secrétaire par intérim, le refus du débat et du congrès extraordinaire m’ont conduit à quitter la direction du Parti. »

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22 avril 2014 2 22 /04 /avril /2014 13:24
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22 avril 2014 2 22 /04 /avril /2014 02:24

Ukraine : La Pologne Avait Formé les Putschistes Deux Mois à l’avance

Par Thierry Meyssan

Les mensonges ont la vie de plus en plus courte. Deux mois après le changement de régime à Kiev, la presse polonaise publie des révélations sur l’implication du gouvernement de Donald Tusk dans la préparation du coup d’État. Ces nouvelles informations contredisent le discours occidental et montrent que l’actuel gouvernement provisoire d’Oleksandr Tourtchynov a été imposé par l’Otan en violation du droit international.

L'hebdomadaire polonais de gauche, Nie (Non), a publié un témoignage choc sur la formation des militants les plus violents d’EuroMaidan.

Selon cette source, le ministre polonais des Affaires étrangères, Radosław Sikorski, a invité, en septembre 2013, 86 membres du Secteur de droite (Pravy Sector), prétendument dans le cadre d’un programme de coopération inter-universitaire. En réalité, les invités n’étaient pas des étudiants, et beaucoup étaient âgés de plus de 40 ans. Ils ne se sont pas rendus à l’université technique de Varsovie, contrairement à leur programme officiel, mais au centre de formation de la police de Legionowo, à une heure de route de la capitale. Sur place, ils ont reçu quatre semaines de formation intensive à la gestion des foules, à la reconnaissance des personnes, aux tactiques de combat, au commandement, au comportement en situation de crise, à la protection aux gaz de maintien de l’ordre, à la construction de barricades, et surtout au tir, incluant l’usage des fusils de snipers.

Cette formation est intervenue en septembre 2013, alors que les protestations de la place Maidan sont sensées répondre à un décret suspendant les négociations en vue de la signature de l’accord d’association avec l’Union europénne, signé par le Premier ministre Mykola Azarov le 21 novembre.

L’hebdomadaire précise que des photographies attestent de cette formation. On y voit les Ukrainiens en uniformes nazis avec leurs professeurs polonais en civils.

Ces révélations justifient un nouveau regard sur la résolution, adoptée début décembre 2013 par la Diète polonaise, selon laquelle le Parlement affirmait son « entière solidarité avec les citoyens ukrainiens qui, avec une grande détermination montrent au monde leur volonté de garantir la pleine appartenance de leur pays à l’Union européenne ». Bien entendu , les parlementaires ignoraient alors que leur pays avait formé au préalable les individus qui tentaient —et réussirent— de prendre le pouvoir.

Ce scandale illustre le rôle assigné par l’Otan à la Pologne en Ukraine, que l’on peut comparer à celui assigné à la Turquie en Syrie. Il a été tenu par le gouvernement du libéral pro-européen Donald Tusk. Le ministre des Affaires étrangères, le journaliste Radosław Sikorski, jadis réfugié politique au Royaume-Uni, a été le maître d’œuvre de l’intégration de la Pologne dans l’Otan. En sa qualité de membre du « Triangle de Weimar », il fut l’un des trois représentants de l’Union européenne à négocier l’accord du 21 février 2014 entre le président Viktor Ianoukovytch et les trois principaux leaders d’EuroMaidan. Bien entendu, le président ukrainien ignorait qu’il avait formé les émeutiers. Quant au ministre de l’Intérieur et coordinateur des services spéciaux, Bartłomiej Sienkiewicz (l’arrière petit-fils de l’écrivain Henryk Sienkiewicz, auteur de Quo Vadis ?), il fut l’un des fondateurs de l’actuel service secret polonais, le Bureau de protection de l’État (Urząd Ochrony Państwa). Il fut aussi longuement le directeur adjoint du Centre d’études orientales (Ośrodek Studiów Wschodnich), un centre de recherches national sur l’Europe de l’Est et les Balkans, particulièrement sur l’Ukraine et la Turquie. Cet institut exerce une profonde influence sur la perception occidentale des événements actuels, via ses accords avec la Fondation Carnegie.
Durant le gouvernement de Ioulia Tymochenko (2007-2010), l’actuel président provisoire ukrainien, Oleksandr Tourtchynov, était le chef des services secrets puis vice-Premier ministre. Il travaillait à l’époque avec les Polonais Donald Tusk (déjà Premier ministre), Radosław Sikorski (alors ministre de la Défense) et Bartłomiej Sienkiewicz (directeur de la société de renseignement privée ASBS OTHAGO).

Pour renverser le gouvernement de son voisin, la Pologne s’est appuyée sur des militants nazis à la manière dont la Turquie s’appuie sur Al-Qaïda pour renverser le gouvernement syrien. Non seulement il n’est pas étonnant de voir les actuelles autorités polonaises s’appuyer sur les petits-enfants des nazis que la CIA intégra au réseau Gladio de l’Otan pour lutter contre l’Union soviétique, mais on se souvient de la polémique qui éclata lors de l’élection présidentielle polonaise de 2005 : le journaliste et député Jacek Kurski révéla que Józef Tusk, le grand-père de Donald Tusk s’était engagé volontairement dans la Wermacht. Après avoir nié les faits, le Premier ministre finit par admettre que son grand-père avait effectivement servi dans les armées nazies, mais affirma qu’il avait été enrôlé de force après l’annexion de Dantzig. Un souvenir qui nous en dit long sur la manière dont Washington sélectionne ses agents en Europe de l’Est.

En résumé, la Pologne a formé des émeutiers pour renverser le président démocratiquement élu d’Ukraine et a feint de négocier avec lui une solution d’apaisement, le 21 février 2014, alors que ses émeutiers étaient en train de prendre le pouvoir.

Par ailleurs, il ne fait aucun doute que le coup d’État fut commandité par les États-Unis, comme l’atteste la conversation téléphonique entre l’assistante du secrétaire d’État, Victoria Nuland, et l’ambassadeur Geoffrey R. Pyatt. De même, il est clair que d’autres membres de l’Otan, notamment la Lituanie (jadis l’Ukraine était dominée par l’empire lituano-polonais), et Israël en sa qualité de membre de fait de l’état-major atlantique, ont participé au coup d’État. Ce dispositif laisse à penser que l’Otan dispose aujourd’hui d’un nouveau réseau Gladio en Europe orientale. En outre, postérieurement au coup d’Etat, des mercenaires états-uniens d’une filiale de la société Academi (Greystone Ltd) ont été déployés dans le pays en lien avec laCIA.

Ces faits modifient profondément la perception que nous pouvions avoir du coup d’État du 22 février 2014. Ils contredisent l’argumentaire diffusé aux journalistes par le département d’État états-unien (les points 3 et 5 de la note du 5 mars) et constituent un acte de guerre en droit international. Dès lors, le raisonnement des Occidentaux sur la suite des événements, y compris l’adhésion de la Crimée à la Fédération de Russie et les soulèvements actuels à l’Est et au Sud de l’Ukraine, sont nuls et non avenus.

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21 avril 2014 1 21 /04 /avril /2014 14:38

Nouvel appel à solidarité du PC d'Ukraine : le gouvernement pro-européen passe à l'action pour interdire un parti de 120 000 militants

Nouvel appel à solidarité du PC d'Ukraine : le gouvernement pro-européen prêt à interdire un parti de 120 000 militants

Appel à la solidarité du Parti communiste d'Ukraine

Traduction JC pour http://solidarite-internationale-pcf.over-blog.net/

Chers camarades !

Le gouvernement ukrainien actuel mène une politique qui crée des conditions rendant impossible l'existence du Parti communiste d'Ukraine, poussant à l'interdiction de son activité.

Nous vous informons que les services secrets ukrainiens collectent activement du matériel sur l'activité du Parti communiste, falsifient des documents du KPU, créent des bases de données de militants, avec l'aide d'extrémistes manipulés qui détruisent les immeubles et propriétés, empêchent toute campagne auprès des électeurs, tout en organisant des attaques physiques et des pressions morales contre les membres du parlement ukrainien et responsables de comités régionaux du parti.

Aujourd'hui, tout le monde sait que le Ministère de la Justice d'Ukraine attend les contributions des services secrets, et va demander à la Cour suprême d'Ukraine l'interdiction du Parti communiste d'Ukraine.

Des hauts responsables ukrainiens sont responsables de ces activités. Parmi eux, le Chef du Conseil de défense et de sécurité nationales et du Andrei Parubiy, le responsable des services de sécurité d'Ukraine Valentin Nalyvaychenko, le président du parlement Alexander Turchinov etc.

On en vient désormais à un traitement extrêmement dur réservé à tous les communistes ukrainiens, qui sont la seule force politique qui a toujours défendu une politique dans les intérêts des gens du peuple.

Le parti communiste d'Ukraine représente désormais une véritable menace pour le gouvernement actuel, au vu de son intégrité et de son unité. Le Parti communiste d'Ukraine représente un lien pour des millions de gens mécontents des actions des autorités et leurs alliés : les forces ultra-radicales.

En usant de la violence contre la force politique d'opposition, le gouvernement actuel persiste dans sa politique anti-populaire, anti-étatique et diviseuse, celle du « deux poids, deux mesures », sous le couvert de la lutte pour des valeurs « européennes » qu'il contredit dans sa pratique, transformant l'Ukraine en un pays doté d'un gouvernement fasciste.

En nous accusant d'être des forces déloyales et en nous demandant de renoncer à nos croyances, le gouvernement d'Ukraine prouve qu'en Ukraine il n'existe plus de démocratie, de liberté d'expression, d’État de droit.

Cependant, la conséquence c'est que le peuple d'Ukraine ne peut pas atteindre son idéal de paix et de tranquillité. En attisant les haines et la xénophobie, le gouvernement ukrainien actuel ne fait qu'alimenter le conflit social en Ukraine et créer les conditions d'une guerre civile.

Nous en appelons à vous, chers camarades, pour que vous exprimiez votre solidarité avec les 120 000 communistes ukrainiens, formiez un front uni pour condamner les actions cohérentes des autorités ukrainiennes visant à interdire le Parti communiste d'Ukraine.

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21 avril 2014 1 21 /04 /avril /2014 11:54

Le 21 avril 1944, grâce à l'amendement déposé par le communiste Fernand Grenier à l'Assemblée consultative provisoire à Alger, le droit de vote et d'éligibilité des femmes est établi en France. Soixante-dix ans après, si « la femme et la politique » ne font plus qu’une, la fragilité de cet acquis social demeure… Trajectoire politique avec Janine Mossus-Levau, directrice de recherche au Cevipof (Centre de recherches Politiques de Science Po) et auteur du dictionnaire des sexualités*.

Comment expliquer que le droit de vote des femmes soit arrivé seulement en 1944, un siècle après l’obtention du suffrage universel en 1848 ?
Janine Mossuz-Lav
au: C’est vrai que nous sommes l’un des derniers pays européens à avoir accordé le droit de vote aux femmes. Cela tient à plusieurs raisons. Entre les deux guerres, la chambre des députés avait voté en faveur de ce droit mais à chaque fois le sénat s’y est opposé. Pourquoi ? Les radicaux, qui étaient très puissant à l’époque, pensaient qu’elles voteraient à droite comme le curé ou leur mari. Ensuite, de nombreux hommes s’appuyaient sur des arguments sexistes pour faire peur à ceux qui voulaient donner le droit de vote aux Françaises. On entendait de tout : « Le foyer sera un enfer, les enfants seront négligés, la femme charmante et précieuse à pour rôle de séduire et non de se battre… ».
Mais en avril 1944, l’obtention du droit de vote pour les femmes apparait comme la suite logique et légitime d’un combat de lutte mené durant la résistance. De nombreuses femmes ont fait parti de la résistance et étaient dans les premiers rangs au moment de la libération. La lutte a permis le changement car cela aurait été scandaleux de ne pas pouvoir voter au lendemain de la seconde guerre mondiale.

A t-il été simple de devenir citoyenne ?
Janine Mossuz-Lavau: Oui, les femmes étaient prêtes à participer au devoir. Elles attendaient juste que la loi leur permette l’accès aux urnes. Dans toute la France, le sentiment d’éligibilité au féminin s’est vite ressenti. En milieu rural, on remarquera d’ailleurs très peu d’abstention du côté des femmes car dans les petites communes tout le monde se connait. Il aurait été mal vu de ne pas aller voter.

Lors des élections municipales, le 29 avril 1945, les femmes vont voter pour la première fois. Paradoxalement, jusque dans les années 1960, les femmes n’avaient pas le droit d’avoir de compte bancaire, il existait encore une notion de chef de famille…
L’accès à l’isoloir, pour les femmes, a-t-il était si évident que ça finalement ?
Janine Mossuz-Lav
au: En effet, la participation des femmes aux différentes élections ne s’est pas faite en une fois mais en trois temps. Jusque dans les années 60, les femmes s’abstenaient plus que les hommes et votaient moins à gauche. Elles étaient moins réactives au débat politique que les hommes. C’est le temps de l’apprentissage. La deuxième période s’étend des années 70 jusqu’à la fin des années 80 ; véritable moment de décalage, accompagné d’une période d’épanouissement politique. Les femmes se mettent à aller aux urnes, autant que les hommes et l’écart entre les votes de gauche et ceux de droite se réduit assez notablement. Depuis 1990, l’autonomie politique est omniprésente chez les femmes. Pour la première fois, les femmes votent à gauche autant que les hommes. Je dis « période d’autonomie » car le premier tour de l’élection présidentielle de 2002 l’a démontré. Si les femmes avaient été les seules à avoir le droit de vote, Jacques Chirac serait arrivé en tête au premier tour suivi de Lionel Jospin. En revanche, si ce n’était que les hommes qui avaient eu le droit de vote, Jean-Marie Le Pen serait arrivé en tête au premier tour, suivi de Jacques Chirac.

Dans l’échiquier politique féminin, on retrouve Arlette Laguiller (Lutte Ouvrière), 1ère femme à se présenter à une élection présidentielle, Catherine Trautmann, (PS), première maire d’une ville de 100 000 habitants, Edith Cresson (PS),première et unique femme 1er Ministre, Anne Hidalgo, (PS), première maire de Paris… Comment peut-on expliquer que la volonté politique de placer des femmes en tête de liste soit-elle si présente à gauche et finalement moins visible à droite ?
Janine Mossuz-Lav
au: Les partis de gauche ont toujours beaucoup plus promu les femmes dans la classe politique qu’à droite parce que le socle idéologique de la gauche, c’est l’égalité. Le combat contre les inégalités, incarné par la lutte des classes, comprend celui de l’égalité homme-femme. Donc, la place des femmes en politique était logiquement une revendication des partis de gauche. Tandis qu’à droite, la perception de la société renvoie plutôt à une notion de hiérarchie.

Aux élections législatives de 2012, la proportion de femmes élues atteint 26,9 %. Un très net progrès par rapport à 2007 (18,5 %). Mais à ce rythme, la parité à l’Assemblée nationale ne sera pas atteinte avant 2030… Quel est le problème ?
Janine Mossuz-Lav
au: La loi sur la parité n’est contraignante qu’au niveau local. Il n’y a pas de contraintes pour les législatives. Les principaux partis, pendant un certain temps, ne se sont pas préoccupé de cette close, donnant comme argument : « On ne peut pas renvoyer chez eux des députés qui n’ont pas démérité, pour mettre à la place des femmes ». Elles sont donc arrivées dans un climat politique masculin où il a fallu se faire une place. En 1936, elles étaient 6% de femmes à l’Assemblée, en 1993 elles n’étaient encore que 6%. Si aujourd’hui, on atteint les 27%, le regard sur la femme politicienne reste dur. Le sexisme est omniprésent. C’est effrayant. Pour exemple, en 1997, un certain nombre de femmes entrent à l’Assemblée, suite aux élections anticipées, sous le mandat de Jacques Chirac. Quand celles-ci sont venues exposer leur programme à la tribune, on a entendu crier dans les travées « à poil ». Autre anecdote malheureuse, quand Ségolène Royale a annoncé sa candidature en 2007. Les réactions sexistes ont fusé à l’intérieur même du parti socialiste. Laurent Fabius se demandait qui allait garder les enfants, Jean-Luc Mélenchon précisait que l’élection présidentielle n’était pas un concours de beauté, Dominique Strauss-Khan souhaitait qu’elle étudie ses livres de cuisines… D’ailleurs, après l’histoire du Sofitel, de nombreuses femmes ont déploré les horribles discours sexistes que tenaient certains à l’Assemblé et leurs difficultés à exercer leurs fonctions.

70 ans de droit de vote des femmes, un acquis de lutte, certes, mais comment expliquer que la France soit 34e au rang mondial de la représentation des femmes au parlement ?

Janine Mossuz-Lavau: Ce droit de vote, elles l’ont gagné, elles l’ont mérité. Aujourd’hui les femmes sont salariées, elles sont exposées à d’autres messages car elles sortent de chez elles. Un véritable progrès qui s’affine depuis 70 ans. Là, où il faut maintenant agir c’est sur le droit d’éligibilité. On est très en retard contrairement aux Pays du Nord qui présentent une parité totale. L’accès tardif au droit de vote des femmes nous fait défaut, forcément. Après, je pense que l’accès à la politique, tout comme aux postes à hautes fonctions, pour les femmes est un processus qu’il faut travailler dès le plus jeune âge. Elles ne doivent plus se sous-évaluer. C’est certain qu’il y a un problème de mœurs à corriger pour faire avancer l’égalité homme-femme aussi bien en politique que dans la vie de tous les jours. Malheureusement, les derniers démêlés qu’il y a eu en France concernant le mariage pour tous et la théorie du genre prouvent que le combat est encore long et ardu.

*Dictionnaire des sexualités, Janine Mossuz-Lavau, édition Robert Laffont

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21 avril 2014 1 21 /04 /avril /2014 09:06
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21 avril 2014 1 21 /04 /avril /2014 08:11

La CGT ne laissera pas le gouvernement tuer notre système de santé et d’action sociale

10 avril 2014

APPEL DU COMITE NATIONAL FEDERAL DES 7 ET 8 AVRIL 2014 : L'annonce du plan dit d'économie de 50 milliards d'euros concerne au premier chef les secteurs de la santé et de l'action sociale avec 23 milliards pris sur le budget de la sécurité sociale, 17 milliards pour l’État et 10 milliards pour les collectivités locales.

Alors que dans le même temps, les dividendes versés par les entreprises explosent et que les frais financiers versés aux banques étranglent les budgets publics, l’attaque contre un des piliers de ce qui assure la cohésion sociale de notre pays est insupportable.

Les services de santé et d’action sociale ne constituent pas un coût qu’il faut à tout prix réduire mais sont créateurs de richesses pour notre pays. Alors que les besoins augmentent avec notamment le vieillissement de la population et les progrès techniques, alors que ces besoins ne sont pas couverts, il paraît aberrant de diminuer les budgets donc les emplois.

En fait, la logique sous-jacente est celle de l’ouverture au marché des activités rentables, notamment dans le secteur que certains appellent la « silver economy ». L’objectif politique sous-jacent est clair : limiter l’action de la solidarité nationale à la charité et basculer vers le marché tout ce qui peut générer des profits. Le résultat de ce type de choix est connu : une aggravation des inégalités et une dégradation de la santé de la population, mais également une dégradation de l’emploi et des conditions de travail des salarié-es (précarisation, déqualification, glissement de tâches, absence de formation, salaires, …).

Pourtant des solutions existent et la CGT ne manque pas de propositions pour l’organisation et le financement d’un grand service public de la santé et de l’action sociale. Nous ne sommes pas les seuls à tirer la sonnette d’alarme, à l’instar de la Fédération Hospitalière de France qui dénonce l’étranglement des hôpitaux par les coûts financiers liés à leurs charges d’emprunts et à leurs lignes de trésorerie.

Depuis maintenant deux ans qu’il est au pouvoir, le gouvernement n’a fait que poursuivre la politique de son prédécesseur de casse de notre système de santé et de protection sociale. La colère est grande chez les salarié-es de nos secteurs et s’exprime pas de multiples luttes locales, avec parfois un vrai désespoir face à une perte de sens de ce qui fonde les valeurs de nos métiers.

La Fédération CGT de la Santé et de l’Action Sociale, par la voix de son Comité National Fédéral réuni ce jour à Montreuil, ne peut accepter une telle politique et réaffirme son opposition au pacte de responsabilité. Elle mettra tout en œuvre dans les semaines et les mois à venir pour s’y opposer et construire les convergences et les luttes permettant d’imposer d’autres choix. Les annonces faites ce jour par le Premier Ministre nous confirme l’urgence d’agir partout dans nos établissements et les territoires.

Tous dans la rue le 1er Mai 2014 !

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16 avril 2014 3 16 /04 /avril /2014 16:04

Rémunérations: les dirigeants de l'UE mieux payés que ceux des pays membres

Le HuffPost | Publication: 16/04/2014 11h53 CEST

POLITIQUE - Pierre Moscovici ne cache plus depuis plusieurs semaines son souhait de devenir à l’automne prochain le représentant français à la Commission européenne. S'il est nommé au poste que lui aurait promis François Hollande, l'ancien ministre ministre de l'Économie et des Finances évincé du gouvernement lors du remaniement pourrait doubler son salaire. Mercredi 16 avril, l'hebdomadaireEuropean Voice publie sur son site internet (article payant) un comparatif des rémunérations des dirigeants des institutions européennes et des dirigeants des pays membres.

14.443 euros bruts par mois pour David Cameron au Royaume-Uni, 14.910 euros bruts par mois pour François Hollande et son Premier ministre Manuel Valls, 17.016 euros pour Angela Merkel en Allemagne, 17.280 euros pour Matteo Renzi en Italie... Des rémunérations conséquentes mais nettement inférieures à celles des principaux dirigeants de l'Union européenne.

Le président de la BCE est le mieux payé

En tête des plus hautes rémunérations, l'Italien Mario Draghi, président de la Banque centrale européenne (BCE). Pour tenter de maîtriser l'inflation et la stabilité du système financier européen, le grand argentier de la zone Euro émarge à 31.177 euros bruts par mois. Soit 374.124 euros par an.

Suivent deux figures médiatiques. Le Belge Herman Van Rompuy, président du Conseil européen, et le Portugais José Manuel Barroso, président de la Commission européenne, émargent au même salaire "malgré des fonctions très différentes", note European Voice : 26.770 euros bruts par mois. Soit 321.238 euros par an. Le premier est chargé de faciliter le travail du Conseil européen (sommets des chefs d'État ou chefs de gouvernement des vingt-huit États membres) et de représenter l'Union à l'étranger. Le second est également chargé de représenter l'Union européenne à l'étranger mais gouverne davantage. Il doit notamment donner des orientations aux 27 commissaires européens qu'il a nommés. Il est ainsi à l'initiative de la législation européenne.

Avec 24.793 euros bruts par mois (soit 297.521 euros par an), le Haut Représentant de l’Union pour les Affaires étrangères et la Politique de sécurité prend la quatrième place des dirigeants l'UE les mieux rémunérés. Le titulaire du poste -actuellement la Britannique Catherine Asthon- est chargé de coordonner la diplomatie et les affaires étrangères de l'UE (il représente notamment l'Union dans les instances internationales comme les Nations unies). Il est également en charge de la politique commune de sécurité et de défense.

Vice-président de la Commission, la Bonne Paye

Choisis parmi les 27 Commissaires européens, les vice-présidents de la Commission (ils sont sept actuellement) émargent à 23.875 euros bruts mensuels, soit 286.500 euros annuels. C'est près de 35.000 euros de moins que le président José Manuel Barroso, mais 31.000 euros de plus que leurs collègues restés simples Commissaires. Comme des ministres dans un gouvernement national, les Commissaires sont chacun en charge d'un portefeuille (Commerce, Énergie, Fiscalité, etc...).

Avec le même traitement que les Commissaires, le Contrôleur européen de la protection des données fait également partie des représentants de l'UE les mieux rémunérés. Il est en charge de surveiller la collecte, l’enregistrement, l’organisation, la conservation et la consultation des données que les institutions européennes recueillent sur les citoyens de l'UE. En somme, il est chargé du respect de votre vie privée par les différentes agences communautaires. Le Néerlandais Peter Hustinx occupe actuellement la fonction.

Loin derrière viennent les 766 députés européens, dont le président du Parlement (l'Allemand Martin Schulz actuellement) avec 7957 euros bruts mensuels, soit 95.482 euros par an. C'est quelques centaines d'euros de plus que les députés français.Moins médiatisé que les postes cités ci-dessus, celui de médiateur européen (on dit "ombudsman" dans la novlangue diplomatique) offre tout de même une généreuse rémunération de 20.667 euros bruts par mois (soit 248.000 euros par an). Emily O'Reilly, actuelle titulaire de la fonction, est chargée d'examiner les plaintes des citoyens et des entreprises à l'encontre des institutions, organes et agences de l'Union européenne.

Pour mémoire, le salaire moyen atteignait 2410 euros bruts mensuels en France en 2013.

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BRUNO FORNACIARI

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