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18 janvier 2017 3 18 /01 /janvier /2017 17:18

Hôpital Nord Deux-Sèvres : les personnels à bout, le CHSCT tire la sonnette d’alarme

La colère gronde et le malaise est palpable dans les hôpitaux du Nord Deux-Sèvres. La faute aux mesures d’économies lancées par l’État avec la baisse des crédits alloués à la santé – 3 milliards d’économies exigées et 22 000 postes supprimés en France -. Des économies qui ont des conséquences sur l’offre de soins et sur les conditions de travail des personnels. Manque d’effectifs, patients accueillis dans les couloirs en raison d’un manque de chambres, erreurs de traitement évitées de peu, sonnettes d’alerte en panne, agents qui enchaînent les services sans repos… La CGT juge la situation « alarmante » dans certains services des trois sites de l’hôpital Nord Deux-Sèvres (Lire notre article). « Nous sommes au bout : on ne peut plus faire davantage d’économies, sauf à les réaliser sur le dos du personnel et dégrader encore l’offre de soins. La dernière expertise du CHSCT est très claire à ce sujet » dénonce Philippe Cochard, Secrétaire adjoint du Syndicat CGT de l’Hôpital de Thouars.

Défense de l’offre de soins

Alors que l’Hôpital Nord Deux-Sèvres est en déficit depuis 1996, la direction a récemment demandé à un cabinet de conseil des préconisations pour un retour à l’équilibre financier. Parmi ces préconisations, on trouve la suppression d’une centaine de postes. « La direction a lancé la procédure au mois de janvier 2015. Depuis, 70 postes ont déjà été supprimés (non renouvellement de contrat, départs en retraite non remplacés, incitation au personnel à changer d’établissement…)Cela a forcément des conséquences sur la qualité de l’offre de soins et les conditions de travail des personnels » déplore Sabine Maud’hui, Secrétaire du syndicat CGT de l’Hôpital Nord Deux-Sèvres. A terme, la crainte est de voir 600 emplois sacrifiés dans la bataille du regroupement à Faye-l’Abbesse (regroupement de l’Hôpital de Thouars, Bressuire et Parthenay). Face aux 400 lits appelés à être supprimés en Poitou-Charentes, le syndicat rappelle que : « Les dépenses de santé représentent 11,65 % du PIB en France… contre 17,6 % aux États-Unis, où une grande partie de la population est exclue de l’accès aux soins. C’est donc bien d’un choix politique dont il s’agit ». 

L’alerte du CHSCT

Au mois de mars 2015, le CHSCT de l’Hôpital Nord Deux-Sèvres a constaté les premières conséquences de cette restructuration : forte sollicitation des personnels, risques psycho-sociaux, augmentation des arrêts de maladies, prises en charge dégradées des patients… « L’obsession d’un retour à l’équilibre financier a des conséquences graves. On va droit dans le mur » explique Philippe Cochard.

La CGT attend de la direction qu’elle prenne en compte les difficultés du personnel à faire fonctionner l’hôpital. « On ne dit pas qu’il faut remettre tous les emplois, mais certains doivent être remis, estime le syndicat. Pour la direction, les patients sont des bouts de viande et les agents sont des robots : ça ne peut plus durer. » La CGT qui a multiplié les mobilisations et sensibilisations des populations ces derniers mois (notamment le 25 juin dernier) prévient qu’elle « poursuivra le combat ».

 

Devenir des services publics en Poitou-Charentes : les agents de la fonction publique hospitalière sont inquiets

Avec l’entrée en vigueur de la nouvelle carte des régions prévue pour le 1er janvier 2016, l’inquiétude monte chez les salariés de la Fonction publique. À quelques semaines seulement de la validation définitive de la répartition des compétences entre l’Etat et les collectivités territoriales, les agents publics redoutent l’impact de cette réorganisation territoriale. Réduction des effectifs ? Localisation géographique des services ? Centralisation des services à Bordeaux ? Mobilité ? A ce jour, de nombreuses questions restent encore en suspens, comme l’ont notamment rappelé des syndicats CGT de la région à la Ministre de la Décentralisation et de la Fonction publiques en déplacement à Poitiers, le 12 février dernier. Parallèlement, depuis le 28 février, un document confidentiel du gouvernement fait grand bruit. Il révèle que la ministre de la Santé, Marisol Touraine, a arrêté début février la répartition d’un plan d’économies de 10 milliards d’euros dans le secteur de la santé, dont 3 milliards d’euros pour les hôpitaux d’ici à 2017. Ce document explique aux hôpitaux comment gérer leurs dépenses, parfois au détriment de la qualité des soins. Loin de calmer les inquiétudes, cette nouvelle inquiète un peu plus encore les personnels hospitaliers. Parmi eux, Patrick Gaudin, agent de la Fonction publique hospitalière. Secrétaire à la vie syndicale de l’Union Syndicale Santé de Charente-Maritime et mandaté du Comité Régional CGT à l’ARS de Poitou-Charentes, il nous explique pourquoi les agents sont inquiets à la fois pour la qualité de l’offre de soin à venir et leurs conditions de travail.

C.R. : En quelques années, les fonctions publiques ont fait l’objet de diverses réformes. Peux-tu évoquer avec nous leur impact sur le système de santé ?

P.G. : Dans le cas de la Fonction publique hospitalière, on pense notamment à la loi dite de « Tarification à l’activité » (2007) et à la loi Hôpital Patient Santé Territoire (2009). La loi de Tarification à l’activité constitue un nouveau mode de financement des établissements de santé, qu’ils soient publics ou privés. La logique de moyens a cédé la place à une logique de résultats : ce sont désormais les recettes issues des activités hospitalières qui déterminent les dépenses et non l’inverse. Dans un même temps, on a enlevé aux hôpitaux et donné aux cliniques privées tous les actes de chirurgie qui rapportent. De nombreux blocs opératoires et des services entiers de chirurgie ont été fermés dans le secteur public. On offre aux établissements privés lucratifs toutes les spécialités rémunératrices et rentables, et on laisse au secteur public les activités médicales qui le sont peu, voire pas, et qui pourtant mériteraient d’être valorisées (médecine interne, gériatrie, etc.). Une vraie hérésie ! La CGT a toujours demandé le retrait de cette loi qui est anti sociale. En quelques années, les hôpitaux se sont endettés pour pouvoir fonctionner. Les hôpitaux prennent de très gros risques avec certains emprunts. Certains ont été empoisonnés par les emprunts « toxiques » de la banque Dexia, il y a quelques années. Désormais, il y a le problème de la flambée de la monnaie helvète qui fait que les taux d’emprunts en franc suisse de certains hôpitaux français ont bondi de près de 30%. Certains hôpitaux ayant eu recours à ces emprunts sont dans une situation catastrophique (Saint-Etienne, Rodez, Dijon, Toulon…). À Royan, et plus globalement dans les hôpitaux du Poitou-Charentes, nous nous en sommes pas trop mal sortis. Mais même sans ces emprunts à risques, le système T2A met tout le monde à plat, puisque la logique est celle de la réalisation d’économies à tout-va. Réduction du personnel, CDD non renouvelés, de plus en plus de renégociation des RTT, remise en cause du statut (CDI en lieu et place de la titularisation), etc. Avec les révélations autour d’un plan opérationnel confidentiel sur trois ans, distribué le mois dernier aux directeurs des ARS, ce sont 860 millions d’euros d’économies sur la masse salariale pour la période 2015 – 2017 qui sont envisagés. Il n’y a plus de doutes à avoir : la variable d’ajustement est bien devenue le personnel.

« (…) Difficile dans ces conditions de mener une vraie mission de service public. »

Concernant la loi Hôpital Patient Santé Territoire (HPST) du 23 juillet 2009, celle ci a entraîné un changement de fonction des conseils d’administration des centres hospitaliers. Devenus conseils de surveillances, ces instances habituellement précisées par le maire de la commune où est implanté le centre hospitalier, n’ont plus aucun pouvoir décisionnaire et n’émet qu’un avis. Ce sont dorénavant les directeurs de chaque l’établissement qui ont tous les pouvoirs. Ils suivent une ligne politique donnée par l’Agence Régionale de Santé (Ministère de la Santé). Les hôpitaux sont soumis aux contraintes budgétaires liées d’une part aux déficits structurels dus à la T2A et d’autre part aux mesures d’économie imposées par le gouvernement (3 milliards d’euros pour les hôpitaux publics dans le cadre du pacte de responsabilité). De plus, les directions des établissements ont tout intérêt à suivre les préconisations des ARS pour arriver à l’équilibre budgétaire, car à la fin de l’année, l’ARS peut ou non compenser le déficit par une enveloppe supplémentaire. Dans cette logique d’économies à outrance, les « bons élèves » seront les mieux notés et les mieux servis. Les conséquences de ces politiques touchent directement les personnels, mais aussi les usagers. Désormais on doit vivre avec ce qu’on nous donne et nous adapter tout en ayant perdu ce qui rapportait. Difficile dans ces conditions de mener une vraie mission de service public.

C.R. : Quel est impact sur le quotidien des agents publics ?

P.G. : A ce jour, en terme d’effectifs, dans les hôpitaux du département, nous ne notons pas de diminution dans le paramédical (infirmier-e, aide-soignant-e…). Sauf que dans un même temps, à effectif constant, il y a eu une forte augmentation de l’activité dans quasi tous les services de soins, en raison du vieillissement de la population et de l’augmentation des pathologies chroniques (NDLR : c’est ce qui explique la légère hausse des dépenses de santé chaque année). Et comme les effectifs n’ont pas augmenté, cela correspond à une diminution du personnel. Les agents subissent donc une surcharge et intensification de travail qui génèrent de la souffrance au travail, notamment avec l’explosion des problèmes de santé et l’augmentation des risques psycho-sociaux.

« Le personnel souffre de cette abondance de travail supplémentaire. Cela a forcément un impact sur la qualité des soins. »

Cela a forcément un impact sur la qualité des soins. Et si les besoins en personnels ne sont pas résolus, c’est précisément à cause de l’équilibre budgétaire imposé par la loi T2A. Et c’est sans compter l’impact à venir des déficits enregistrés. À Royan, nous enregistrons un déficit de plus d’un million d’euros, ce qui va nécessairement entraîner, à terme, des diminutions de personnel. C’est vrai aussi pour d’autres hôpitaux du département. En ce qui concerne les groupements hospitaliers de territoire, qui vont être multipliés par la loi Santé de Marie Touraine, le risque est la mutualisation des personnels avec la mobilité qui va derrière, ainsi que l’accroissement de l’attente pour recevoir des soins, faute de lits, de personnels et de médecin en nombre suffisant.

C.R. : Désormais, que risque de provoquer la réorganisation territoriale à venir, en terme de fonctionnement des centres hospitaliers, maternités,… ?

P.G. : Les inquiétudes sont là, parce qu’on ne sait pas réellement ce qui va être fait. La tendance générale est au regroupement de spécialités dans des gros centres hospitaliers et à la disparition de maternité, petits blocs opératoires, etc. La nouvelle structuration régionale, avec la métropole bordelaise nous fait penser que nombre de spécialités vont être regroupées là bas, vers le fameux Pôle Hospitalier régional, pour poursuivre la tendance de ces dernières années. Concrètement, ils devraient commencer à fusionner des petits établissements départementaux autour de gros établissements.

« A quelle sauce allons-nous être mangés ? »

Il n’est pas difficile de s’imaginer quel impact cela risque d’avoir sur la qualité de l’offre de soin, en regardant où nous ont mené les dernières réformes. La fermetures des maternités, dans certains territoires, forcent déjà les populations à parcourir de nombreux kilomètres pour rallier un établissement. C’est une sorte de prélude. Un habitant du nord de la Vienne qui aura besoin d’aller à Bordeaux pour une chirurgie spécifique devra donc parcourir plusieurs centaines de kilomètres. Il serait plus simple de maintenir les services existants. Evidemment, au-delà, il est difficile de conjecturer plus dans la mesure où là encore, nous n’avons pas de visibilité sur les projets du gouvernement. C’est là tout le problème et la source première d’inquiétude. A quelle sauce allons-nous réellement être mangés ?

C.R. : Un document confidentiel portant sur un nouveau plan d’économie de 3 milliards d’euros dans les hôpitaux a fuité il y a quelques jours. Distribué aux directeurs des Agences régionales de santé, il prévoit des économies drastiques, des coupes dans les effectifs, et accroît la centralisation. Une raison de plus de s’inquiéter… 

P.G. : Effectivement. C’est un plan opérationnel sur trois ans, distribué le mois dernier aux directeurs des ARS, avec mention explicite : «diffusion restreinte». C’est un document qui aurait été débattu avec la ministre de la Santé, Marisol Touraine. Décliné en 69 pages, il comporte une succession de tableaux et d’indicateurs de performance, avec un seul objectif : 10 milliards d’économie à l’horizon 2017. Et, dans ce lot, la part des restrictions pour l’hôpital tourne autour de 3 milliards d’euros… Le document prévoit 860 millions d’euros d’économies sur la masse salariale pour la période 2015 – 2017, soit l’équivalent de 22 000 postes et 2 % des effectifs de la fonction publique hospitalière. Par ailleurs, il prévoit notamment « la mutualisation des achats des hôpitaux et l’obtention de meilleurs tarifs auprès des fournisseurs » qui devraient dégager 1,2 milliard d’euros, ou encore « des rapprochements entre hôpitaux voisins (NDLR : les Groupes Hospitaliers de Territoire) qui devraient permettre quelque 450 millions d’euros d’économie ».  On en revient à la logique de fusion en marche et qui devrait donc s’accentuer, au détriment de la qualité des soins…

Combien d’ARS pour une « super » région ? • P.G. : Le 12 février, la Ministre de la Décentralisation et de la Fonction publique s’est exprimée sur le devenir des ARS. Elle nous a dit qu’au regard de la grandeur de la future super région, il était hors de question de faire disparaître les ARS actuelles. C’est une « super » ARS qui sera installée à la métropole bordelaise. Pourquoi avoir fait cette grande région si c’est pour maintenir des structures des anciennes régions ? Nous nous questionnons : si l’objectif est de réaliser des économies, sur quoi vont-ils jouer pour les réaliser ? Sur les personnels ? Les ARS garderont-elles le même nombre d’agents ? Autre interrogation : les ARS des anciennes régions seront-elles là pour mettre en pratique les décisions prises à l’ARS de métropole, ou auront-elles une autonomie sur le territoire de leur ancienne région ? C’est le flou le plus complet. Nous imaginons mal comment des économies vont pouvoir être réalisées dans ces conditions.

Et le syndicalisme de proximité dans tout ça ?

P.G. : Avec les fusions d’établissements, la capacité à aller à la rencontre des salariés, porter les revendications, change complètement. La représentation syndicale s’éloigne, au détriment des salariés… Ces fusions entraînent la disparition des instances représentatives (CTE, CHSCT, Conseil de surveillance), de chaque petit établissement, avec la centralisation de ces dernières vers un plus gros établissement. Ainsi, l’EHPAD de Saint-Martin-De-Ré et de Marlonge ont fusionné avec le centre hospitalier de La Rochelle et se retrouvent dépourvus d’instances. Idem pour les heures de décharges syndicales qui tombent dans un pot-commun et se voient dramatiquement amputées. Pour exemple, en Charente-Maritime, le syndicat CGT d’un petit établissement bénéficiait de 700 heures de décharge syndicale avant fusion. Aujourd’hui, il se retrouve tout au plus avec 140 heures par an. Dans les Deux-Sèvres, il sont en train de regrouper dans l’Hôpital Nord Deux-Sèvres, trois établissements, distants de 40 kilomètres chacun. Avec des instances représentatives aussi éloignées des établissements, les revendications des personnels vont être diluées. Cela implique aussi moins de capacité pour aller à la rencontre des salariés. La nécessaire proximité syndicale pour porter les revendications va en prendre un coup.

 

« A terme, on peut craindre que les syndicats des petits établissement soient voués à disparaître faute de moyens. »

A terme, on peut craindre que les syndicats des petits établissement soient voués à disparaître faute de moyens et de proximité. Et ce n’est pas la future loi Santé de la Ministre de la Santé qui va arranger les choses. Interrogée sur ce point le 12 février dernier, Mme Lebranchu ne s’est pas exprimée sur le sujet. A l’Hôpital de Saint-Jean D’Angely (680 agents), ils sont parvenus à garder une identité juridique propre, leurs propres instances. C’est exceptionnel compte-tenu de la taille de l’établissement et des difficultés de financement rencontrés depuis la mise en place de la T2A (en déficit de 5 millions d’euros en 2014). Si cet hôpital a réussi à maintenir blocs opératoires et maternité, c’est grâce à la mobilisation des population et des syndicats pour garder un service public de proximité. En fédérant les luttes en interne, aidés par leur maire et d’autres élus, afin de maintenir leurs blocs opératoires et garder leur maternité., les agents ont obtenu gain de cause. En main dernier, ils ont rassemblé plus de 1500 personnes. Saint-Jean D’Angély est l’établissement hospitalier où il y a le plus fort taux de syndicalisation en Charente-Maritime (120 syndiqués). Cette forte syndicalisation est un éléments déterminant pour la réussite d’une telle lutte. Une démonstration de plus qu’un bras de fer et une mobilisations réussis passent nécessairement par une forte syndicalisation.

C.R. : Merci pour toutes ces précisions Patrick. 

P.G. : De rien, à bientôt.

Protection sociale : la CGT Santé / Action sociale pose 5 exigences • – Le retrait de l’actuel cadre législatif et l’adoption d’un nouveau – Faire des dépenses de santé une priorité – Articuler les différents niveaux de prise en charge, non les mettre en concurrence – Sortir du « tout paiement à l’acte » – Réinscrire notre système sanitaire, médico-social et social dans la réponse à l’ensemble des besoins

 et 12 propositions • – Inscrire la démocratie au coeur des territoires – Redéfinir un grand service public de la santé et de l’action sociale – Des financement et rémunérations contractualisés sur la base d’objectifs de santé publique – Développer la formation des professionnels – Un contrôle public et indépendant des médicaments – Réintroduire les instances délibérantes dans nos hôpitaux – Soutenir les établissements surendettés et les sortir des établissements bancaires – Revoir la santé au travail et scolaire en lui donnant plus de poids et moyens – Moduler les cotisations sociales en faveur des entreprises qui créent de l’emploi – Remettre en cause des exonérations de cotisation patronales – Création d’une contribution assise sur les revenus fiscaux des entreprises – Soumission à cotisation sociale dans le cadre du droit commun des revenus issus de l’intéressement et de la participation, et des PEE. A cela s’ajoute l’exigence de la suppression de la taxe sur les salaires, de la TVA que peut récupérer le secteur marchand. 

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Published by bruno fornaciari - dans SANTE
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18 janvier 2017 3 18 /01 /janvier /2017 09:11

Lors de ses vœux, Pierre Laurent présente La France en commun

Le secrétaire national du PCF, Pierre Laurent, a lancé lundi l'entrée en campagne des communistes pour la présidentielle et les législatives de 2017, en présentant leur programme, proche mais différent de celui du candidat que le parti soutient, Jean-Luc Mélenchon.

 

Pierre Laurent a évoqué son souhait d'un "rassemblement le plus loin possible" à gauche. (Sipa Press)

La France en commun, brochure de 72 pages à 2 euros, distribuée à l'occasion des voeux de Pierre Laurent lundi soir, ressemble fort à L'Avenir en commun, le programme de Jean-Luc Mélenchon, candidat de La France insoumise pour la présidentielle. Tous deux inspirés de L'Humain d'abord, le programme commun de 2012, ils ont notamment en commun la sortie de l'Otan, l'abrogation de la loi Travail ou encore le Smic à 1.700 euros.

Mais La France en commun est, selon Pierre Laurent, une manière, "seuls contre tous s'il le faut, [de mener] à égalité d'importance élection présidentielle et élections législatives". C'est "le pacte que nous proposons aux Français pour une nouvelle majorité parlementaire", a lancé lundi soir le secrétaire national communiste.

Quid des investitures aux législatives?

A plusieurs reprises, Pierre Laurent a évoqué, dans son discours, son souhait d'un "rassemblement le plus loin possible" à gauche, qu'il a tenté en vain de concrétiser pendant toute l'année 2016. Il s'agit de "déjouer" les candidatures de François Fillon, Marine Le Pen et Emmanuel Macron, une "machine à confisquer le débat pour que la France reste coûte que coûte dans les rails du libéralisme", a-t-il expliqué.

«Le PCF n'a aucune chance de se mettre au service exclusif d'une ambition personnelle»

Se félicitant du choix des militants fin novembre de soutenir Jean-Luc Mélenchon plutôt que de présenter un candidat communiste, Pierre Laurent a vanté la "maturité", "l'honnêteté" et "l'intelligence collective" de son parti. Mais il a aussi rappelé que le PCF n'avait "aucune chance de se mettre au service exclusif d'une ambition personnelle". "C'est une campagne de terrain que nous lançons, en déployant dans le concret notre conception de l'union et notre savoir-faire du rassemblement", a-t-il prévenu, annonçant une "grande initiative de lancement conjoint des campagnes présidentielle et législatives le 28 janvier, place de la République", à Paris.


 

Le PCF doit décider samedi ses premières investitures pour les législatives. Depuis six semaines que la décision de soutien à Jean-Luc Mélenchon a été prise, les équipes communiste et de La France insoumise ne se sont pas encore revues pour négocier les modalités de candidatures communes aux législatives.

mardi 10 janvier 2017

 
 
  

 

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Published by bruno fornaciari - dans PCF PCF-FRONT DE GAUCHE ELECTIONS
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18 janvier 2017 3 18 /01 /janvier /2017 07:43

Les questions posées alors trouvent leur actualité et nous aurions tord de ne pas les remettre sur la table d'une réflexion absolument nécessaire. Chacun peut observer dans son activité militante  les espoirs et les impasses qui se côtoient. Souvent l'indigence de notre pensée qui semble être figée sur le passé nous rend spectateur d'une histoire qui se déroule sans et nous que nous et que nous repoussons même.

Contradictoires, ou schizophréniques nous sommes ? Partir, rester ? Deux solutions impossibles. Souffrances surtout.

 

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Ces refondateurs qui tournent la page du PCF

JEUDI, 10 JUIN, 2010
L'HUMANITÉ

Après des années de fidélité, leur aventure avec l’organisation s’achève dans un divorce «sans colère ni larmes». Jacqueline Fraysse, Roger Martelli, Lucien Sève et Pierre Zarka expliquent les raisons de leur départ.

Jacqueline Fraysse, Roger Martelli, Lucien Sève et Pierre Zarka. Quatre personnalités différentes qui ont joué un rôle de premier plan dans le Parti communiste français, certains dans ses hautes instances. Quatre militants qui, après des décennies de fidélité, le quittent en 2010. Un traumatisme pour eux et pour l’organisation communiste. Comment l’expliquer ?

Jacqueline Fraysse exprimait depuis quinze ans des désaccords sur la conception du rassemblement de son parti. Premier déclic : en 1995, maire de Nanterre, elle initie une démarche participative avec, notamment, les Cahiers pour la ville qui ont rencontré un « succès fou ». Elle a la désagréable surprise de constater « l’hostilité du Parti qui y a vu une concurrence déloyale à son égard » en ne mettant pas l’étiquette PCF dans cette initiative municipale. « Je persistais à penser qu’il fallait faire large, ce qui n’empêchait nullement le Parti d’être dans ce rassemblement. La réticence du PCF m’a perturbée, sans comprendre cette attitude… »

Les doutes de Pierre Zarka naissent en 1992, alors qu’il intègre la direction de l’Humanité. « Pendant longtemps, pour moi, le communisme et le Parti communiste étaient synonymes. Je comprends très vite que le journal ne peut pas être le bulletin interne du Parti. Qu’il faut l’ouvrir à toutes les expériences de transformation sociale, à égalité avec le PCF. Ma première tension avec la direction du PCF a commencé sur la conception du journal. »

C’est d’abord le déclin électoral du PCF qui éveille nombre d’interrogations. Georges Marchais n’obtient que 15,35 % (4,457 millions de voix) à la présidentielle de 1981. Aux européennes de 1984, le score baisse à 11,24 %, soit 2,261 millions de voix. « C’est un décrochage important qui montre que nous n’avions pas la politique qui convient », commente Lucien Sève.

Mais le philosophe, Jacqueline Fraysse, Roger Martelli et Pierre Zarka situent leur point de non-retour à la présidentielle de 2007. Deux ans auparavant, la gauche de la gauche rassemblée s’était senti pousser des ailes après la victoire du « non » au référendum sur le traité de constitution européenne, avant de sombrer dans le désamour. La LCR et le PCF présentent chacun leur candidat au scrutin présidentiel. Les comités antilibéraux à l’origine, parmi d’autres, du résultat référendaire se disloquent. « Je maintiens que la dynamique a été cassée par le Parti, accuse Jacqueline Fraysse, c’est impardonnable de la part d’un parti révolutionnaire, pour recueillir au final 1,93 % des voix. » Cette femme médecin, qui n’a jamais cessé d’exercer, avait adhéré au PCF l’année de son bac. « J’ai vu là jusqu’où le Parti pouvait aller pour imposer sa candidate contre vents et marées. C’est là que je l’ai quitté, je ne l’ai pas fait publiquement. Je ne m’imaginais pas jusqu’à quel point il était capable de faire passer au second plan l’intérêt du mouvement populaire par rapport à sa structure. » Rappelons que Marie-George Buffet avait été élue par 81 % (41 533 voix, contre 9 683) des suffrages communistes exprimés lors de la consultation interne en vue de l’élection.

L’année 2007 laisse de profondes traces pour Jacqueline Fraysse comme pour les trois autres personnalités connues et reconnues. Elle les a marqués au point de tirer un trait définitif sur cette formation à laquelle ils ont consacré une bonne part de leur vie. « C’est une faute politique grossière. Elle a conduit à la ruine un parti qui en principe est l’outil dont on a besoin pour une transformation sociale et humaine d’une importance et d’une urgence capitales », dit Lucien Sève. Ces désaccords ont, en fait, des causes plus profondes, plus anciennes. « À la question élémentaire d’expliquer comment le Parti est tombé à 1,93 %, la direction n’a jamais apporté d’arguments de fond. Le PCF a cessé de s’interroger sur son histoire », ajoute le philosophe. Il prend sa carte en 1950, en pleine guerre froide et quitte ce parti, « qui aura été le mien durant soixante ans, ayant perdu tout espoir en sa capacité interne de transformation ». Professeur agrégé, Lucien Sève enseigne la philo, notamment à Marseille, où il croise… le lycéen Roger Martelli. Les deux hommes se rapprocheront plus tard et seront élus au Comité central, devenu ensuite Conseil national. Le jeune Martelli date son entrée « au communisme » du 13 mai 1968, adhère au PCF en 1969. « J’avais, à l’époque, l’image d’un parti fruste. Mais le livre de Lucien Sève, Marxisme et théorie de la personnalité, m’a émerveillé. J’étais rassuré, je pouvais être communiste intellectuel sans honte ni gêne. »

L’épisode de 2007 constitue pour Roger Martelli un véritable choc : « La candidature du Parti révèle qu’à force de s’appauvrir, de reculer, il a perdu son sens du réel. J’ai eu un sentiment d’échec profond. Je m’étais battu pendant des années pour ce rassemblement antilibéral. Il y avait une opportunité extraordinaire, on pouvait bousculer la donne politique à gauche. » L’historien déclare être arrivé au bout du chemin quand même « les moins de 2 % des voix ne provoquent rien dans le congrès qui suit. C’est un congrès de routine, alors qu’on attend un électrochoc, une révolution. On se prépare même à une direction plus resserrée au nom de l’idée que ça a été trop le bordel et qu’il faut un parti efficace et donc une direction qui soit capable de parler d’une seule voix ». Roger Martelli est « écarté » du Conseil national, ainsi que Pierre Zarka, qui se définit volontiers comme « un pur produit de l’appareil » : « On voulait bien du rassemblement, dit-il, à condition que le PCF en soit l’axe principal. Être un parmi d’autres, il ne l’accepte pas. Un réflexe d’autodéfense anime sa structure contre ce qu’elle considère comme une agression, une remise en cause de son rôle dirigeant. La matrice du Parti nous rattrape à chaque fois qu’il y a des avancées. Car le PCF considère que son identité est remise en cause. Au fond, en dépit des discours, il refuse de ne plus être le parti-guide. »

L’entrée en contestation de Lucien Sève et de Roger Martelli peut être située en 1984. Cette année-là, l’historien écrit dans l’hebdomadaire Révolution que la chute électorale du PCF exprime « la fin d’une longue phase, l’inadaptation de toute une démarche face aux conditions nouvelles de la société française ». Au même moment, Lucien Sève s’explique devant le Comité central sur le sujet : « J’avançais à tâtons. Je savais qu’il y avait un problème théorique stratégique fondamental que l’on ne maîtrisait pas. Et qu’il fallait mettre à l’ordre du jour quelque chose comme une refondation historique du Parti. » Le philosophe s’engage dans la voie refondatrice.

Vive émotion dans le Parti. « Des camarades, y compris membres du Comité central, commencent à ruer dans les brancards. Ça bouillonne. Georges Marchais réagit mal et estime qu’il s’agit là d’une agitation d’opportunisme bourgeois. C’est le verrouillage », raconte Lucien Sève. Roger Martelli se souvient : « Au Comité central, il y avait, à mon sens, une majorité possible pour ne pas valider l’analyse officielle de la direction. Or, pour la première fois, elle décide de ne pas faire voter le rapport, craignant un camouflet. » Pendant ce temps, Pierre Zarka reste « dans la ligne ». Il devient, en 1985, adjoint de Charles Fiterman au secrétariat national à la communication. Jacqueline Fraysse suit de très loin ce qui se joue au Comité central. Après le trouble et la fronde manifestés au Comité central, « l’ordre est de retour », affirme Roger Martelli. « Du jour au lendemain », lui-même et d’autres membres du groupe d’historiens engagés dans l’Institut de recherches marxistes cessent d’être invités dans les écoles de formation du PCF pour assurer des cours. « On disait que l’on y enseignait depuis trop longtemps le doute, alors qu’il fallait des certitudes », raconte l’historien.

Mais ni lui ni Lucien Sève ne suivent la dissidence des rénovateurs, conduits par Pierre Juquin, qui s’ouvre en 1984. Deux ans plus tard, cette mouvance disparaît. « Elle est battue et, comme toute minorité, soumise à une pression telle que la plupart de ses militants sont partis », estime Roger Martelli. Les reconstructeurs, parmi eux Félix Damette, Claude Poperen, Marcel Rigout, prennent le relais des rénovateurs. Ils échouent et s’en vont. Là encore, Lucien Sève et Roger Martelli n’emboîtent pas leurs pas. « Entre 1984 et 1989, on pensait qu’il fallait respecter la règle que celui qui parle de l’intérieur est voué à la marginalisation et contraint au départ », commente ce dernier. L’effondrement du système soviétique offre l’opportunité aux deux intellectuels d’entrer ouvertement dans la contestation. « Il rendait urgente la refondation sans laquelle le communisme politique était mort », dit Roger Martelli. Lui-même et Lucien Sève cessent donc « la critique larvée » quand Charles Fiterman, hospitalisé, adresse un courrier au Comité central dans lequel il appelle à « un électrochoc à l’intérieur du Parti et à sa rénovation », raconte l’historien. « J’ai été atterré par l’attitude de la direction à son égard, confie-t-il. Et à ma grande honte, je n’ai pas osé intervenir. Dans cette structure, quand tu parlais, tu signais ton arrêt de mort politique. » Mais au Comité central suivant, Roger Martelli se rachète et soutient la démarche de Charles Fiterman. Tout comme Lucien Sève, Jack Ralite, Anicet Le Pors, Roland Favaro ou encore Jean-Michel Catala. Près d’une dizaine de membres du Comité central s’engagent ainsi avec les refondateurs. Certains d’entre eux rendent leur carte, Roger Martelli et Lucien Sève continuent leur combat minoritaire durant une vingtaine d’années, rejoints plus tard par Pierre Zarka et plusieurs autres membres de l’actuel Conseil national. Lucien Sève fait remonter l’origine de ce bouillonnement à 1976, quand, à son 22e Congrès, « le PCF abandonne la dictature du prolétariat sans réfléchir fondamentalement à une stratégie de substitution ni à une nouvelle forme d’organisation ». Depuis, selon lui, la formation communiste n’a toujours pas résolu les questions : « Dès 1976, j’affirme que le Parti souffre d’une carence de pensée théorique. Il s’agit là de bien autre chose qu’une prétendue querelle d’intellos à la direction ; c’est la question capitale du travail de connaissance et de pensée sur les drames inépuisés du siècle dernier, les menaces sans pareilles qui s’annoncent en celui-ci, et en même temps les possibles de tous ordres qui s’esquissent pour un dépassement du capitalisme. »

Abandonnant la dictature du prolétariat et, plus tard, le centralisme démocratique, le Parti communiste s’est retrouvé, selon nos interlocuteurs, dans un vide tel qu’il se raccroche à la seule défense de l’appareil. « La manière par laquelle la direction du Parti refuse toute interrogation sur la matrice désigne l’impasse dans laquelle elle nous entraîne », argumente Pierre Zarka. Lui, comme Jacqueline Fraysse, insiste sur « l’erreur » du PCF de ne s’inscrire dans la société que par le seul biais des partis institués. Selon Pierre Zarka, « c’est à l’aune du rapport des forces, particulièrement avec le PS, qu’il croit mesurer les aspirations des gens. Plus il s’engage sur cette voie et plus il se coupe des attentes réelles. Et plus il s’en coupe, plus il réduit son univers aux seuls espaces institutionnels ». Tous reprochent à la formation communiste de rythmer son activité sur les seules échéances électorales, au risque de se confondre avec les partis électoralistes. Quitter le Parti auquel on a appartenu depuis tant d’années n’est pas aisé. « Il a été pour moi une école de formation politique et humaine. Passer soixante ans en son sein, c’est un engagement majeur, total. Je sais abstraitement que je l’ai quitté, mais je ne l’ai pas complètement intériorisé », confie Lucien Sève. « Je m’en vais à bout de confiance », ajoute-t-il. « Quarante ans d’engagement, c’est un engagement de vie, c’est douloureux », murmure Roger Martelli. « C’est difficile parce que c’est mon histoire, C’est aussi difficile sur le plan politique car je suis députée », souffle Jacqueline Fraysse. « Comme tous les outils, lorsqu’ils se révèlent inadéquats, sans colère ni larmes, on en change », dit pudiquement Pierre Zarka. Déçus mais ni amers ni rancuniers, affirment-ils, ils ont rendu leur carte, rejoignant ainsi la multitude d’autres membres du PCF partis sans faire de vagues. Paradoxalement, ils font ce choix alors qu’une nouvelle perspective, le Front de gauche, est née. Ils quittent le PCF tout en restant profondément communistes. C’est un départ collectif « irrévocable », en dépit de l’appel de Pierre Laurent, le coordinateur national du PCF, les incitant à y rester et à s’inclure dans le débat du congrès, les 18, 19 et 20 juin.

Mina Kaci

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18 janvier 2017 3 18 /01 /janvier /2017 06:49

Crise à l’hôpital : témoignage d’une future infirmière

HUGO SFARTMAN 19ANS FRANCONVILLE LA-GARENNE
MARDI, 17 JANVIER, 2017
HUMANITE.FR
AFP

Le 8 novembre dernier, dix-huit syndicats infirmiers et associations d'étudiants ont manifesté sous les fenêtres du ministère de la Santé à Paris, et partout en France. Suite au suicide de cinq de leurs collègues durant l‘été, ils dénonçaient la dégradation des conditions de travail dans le milieu hospitalier. Pour mieux comprendre leurs souffrances, nous sommes allés à la rencontre d'Estelle, étudiante en deuxième année de soins infirmiers et stagiaire en neurologie.

« Disons que le manque de personnel est vraiment le problème majeur. Le personnel soignant n'a pas le temps de s'adapter et de s’impliquer auprès des patients qu’il reçoit, il faut aller vite, ce qui engendre de la maltraitance institutionnelle », explique Estelle. Impossible pour les infirmiers d'écouter, comme il serait nécessaire de le faire, les patients et leurs familles, ni d'apporter tout le soutien psychologique requis. « Nous sommes là pour perfuser, piquer, donner les traitements, remplir des papiers administratifs... C'est un des reproches principaux qu'on nous fait : l'aspect social et humain de la profession disparaît peu à peu ».  Un peu comme des robots ! A cela s'ajoute un problème récurrent depuis de nombreuses années et signalé par les syndicats : il y a trop peu de  subventions de la part de l'Etat. Le manque de matériel se fait gravement sentir : «  c'est assez fréquent de devoir prendre l'ascenseur et courir à l'autre bout de l’hôpital pour se procurer un outil indispensable à une opération ».  Le  personnel, débordé, ne trouve même plus le temps de former les élèves infirmiers ou stagiaires. « Malgré sa bonne volonté et son implication, notre encadrement est mal en point. De quoi nous décourager parfois et rendre l'apprentissage encore plus difficile... »

Malgré un milieu hospitalier très mobilisé syndicalement, les conditions continuent de s’aggraver. Pour les étudiants, les difficultés rencontrées dès le début de la formation risquent d’accroître le nombre d’abandons. Début décembre, la ministre de la santé Marisol Touraine a présenté un plan d'action pour répondre aux attentes du milieu hospitalier. Elle a aussi validé le projet de construction de l’hôpital universitaire Grand Paris Nord, à Saint-Ouen. Une nouvelle dynamique de dialogue entre le gouvernement et le monde médical s’apprête-t-elle à émerger ? Et qu’en sera-t-il après les élections ?

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17 janvier 2017 2 17 /01 /janvier /2017 22:59
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17 janvier 2017 2 17 /01 /janvier /2017 17:16

Énergie : contribution à un grand débat Nucléaire : quelques éléments et propositions pour le débat

 

Le nucléaire civil est au centre de beaucoup de controverses et déchaîne les passions. Pourtant nous sommes face à des choix urgents en matière énergétique compte tenu des besoins actuels et futurs dans le monde et de l’urgence à réduire les gaz à effet de serre, et ce, afin de limiter le réchauffement climatique, péril immense pour l’humanité. Cependant, l’accident de Fukushima vient de dramatiquement rappeler que sans de drastiques conditions d’utilisation (transparence, formation, vigilance, conditions de travail, autonomie et qualité des contrôles…)  très contradictoires avec la rentabilité financière, le recours à l’énergie nucléaire peut conduire à des situations catastrophiques.

C’est pourquoi nous avons besoin d’un examen sérieux sur la nature de cette énergie, sur les aspects environnementaux, sanitaires réels, mais aussi économiques de son impact. Et ceci, en comparaison  avec les autres sources d’énergie et les autres modes de production d’électricité par le charbon et le gaz, seules sources énergétiques aujourd’hui capables de produire suffisamment d’électricité  pour répondre aux énormes besoins.

En ce qui concerne les énergies renouvelables émergentes (solaire, éolien, géothermie),  elles sont encore aujourd’hui, malgré les progrès réalisés, inadaptées pour une production en « base ». C’est ce que montre, en grandeur nature, l’exemple allemand, où elles y dépassent difficilement 10 % de la production électrique. Et ce, au prix d’un rééquilibrage du réseau (du fait de l’intermittence) assuré par des centrales fossiles ou par des importations des pays voisins. Cette situation pourrait changer radicalement si, par exemple, le stockage d’électricité et le rendement photovoltaïque progressaient de manière significative : ce qui supposerait une politique soutenue en direction de la recherche fondamentale et appliquée. Néanmoins si ces possibilités restent ouvertes,  elles ne peuvent pas être le point de départ pour la définition, aujourd’hui, d’une politique énergétique du fait de l’incertitude liée aux résultats de la recherche.

Charbon, gaz, nucléaire : décomposition du coût

Dans un système de production d’électricité, on distingue 3 postes de dépenses : le coût d’investissement (construction, conception, coût du financement, provision pour le démantèlement futur, recherche appliquée….), le coût d’exploitation (salaire du personnel, maintenance, mise à niveau « sûreté »…) et le coût du combustible (importation de matières premières, transformation et conditionnement, retraitement et stockage des déchets ultimes induits).

 

Si nous examinons la composition du coût de production en sortie de centrale du kWh (*) électrique pour chacune de ces énergies, nous remarquons que le kWh nucléaire se distingue par une part élevée du poste d’investissement, alors que la part des matières premières, c’est-à-dire l’uranium brut importé, y compte pour 5 % seulement. Ainsi, près de 95 % du coût de l’électricité résulte d’un process industriel à haute valeur ajoutée lié aux qualifications, au niveau de la technologie elle- même, à l’exigence de sûreté et au traitement de l’uranium qui doit être enrichi et conditionné avant d’être utilisé dans les centrales. Aussi, le choix de retraiter le combustible  usé, son recyclage et le processus de confinement des déchets ultimes mobilisent à eux seuls des ressources en recherche et en emplois importantes (1).

En résumé, cette énergie repose essentiellement sur la connaissance et le niveau de qualification d’une part, et sur l’investissement initial, d’autre part, mais très peu sur le cours des matières premières : dit autrement, le coût d’extraction des minerais pourrait doubler, le prix de revient de l’électricité n’augmenterait  que de 5 %.

Dans le cas de centrales thermiques classiques, c’est différent : le combustible charbon ou gaz, qui ne subit pratiquement aucun traitement avant sa combustion, intervient respectivement pour plus de 30 % et 60 % dans le coût de l’électricité. Cette électricité, très sensible donc aux cours mondiaux, pèse forcément dans la balance commerciale d’un pays ne disposant pas de telles ressources et constitue une rente appréciable pour les producteurs de gaz et de charbon. D’autre part, en plu du CO2, ces centrales thermiques produisent des déchets ultimes, contenant de l’arsenic, du soufre et essentiellement des métaux lourds tels que le plomb, le cadmium, le mercure, tout aussi dangereux que les déchets nucléaires.

Ces métaux lourds, rappelons-le, ont une durée de vie infinie et sont tout simplement rejetés dans l’environnement (2). Ce qui donne  à ces types d’énergie un avantage certain par rapport au nucléaire en les « dispensant » de tout processus de traitement des déchets, du fait d’une meilleure acceptabilité sociale (ou méconnaissance ?) de ce type de pollution par rapport aux déchets radioactifs(3). Concernant le CO2, le paiement d’une taxe carbone, véritable droit à polluer ne réglant en rien le problème des rejets toxiques dans l’environnement (4), les dispense de coûteux dispositifs de captage et de stockage du carbone.

Si cette « acceptabilité sociale » venait à disparaître et qu’obligation était faite au charbon et au gaz de devenir « propres », l’écart avec le nucléaire se creuserait encore plus, et le coût du kWh fossile augmenterait de 50 à 100 % (5).

L’électricité nucléaire reste la moins chère des trois. Y compris dans la période récente de gaz à très bas prix et en excluant l’application d’une taxe carbone. Pourtant certains arguments pointent le coût du nucléaire. En réalité, on confond le coût d’investissement par unité de puissance installée en €/kW et le coût unitaire de l’électricité €/kWh en sortie de centrale après amortissement, coût du démantèlement et traitement des déchets compris. Et il est vrai qu’à puissance égale, l’investissement est beaucoup  plus élevé pour une centrale nucléaire que pour une centrale au charbon ou au gaz (6). Mais en intégrant  la durée de vie des centrales et le faible coût du combustible uranium, le kWh nucléaire est bien meilleur marché et stable.

 

Le nucléaire : pas très rentable pour le capitalisme ?

Cependant cette énergie souffre de plusieurs défauts dans le contexte de libéralisation du marché de l’énergie où les investissements  sont guidés par le critère de rentabilité. D’abord, la forte capitalisation du nucléaire est renforcée par l’obligation d’investir dans des unités de grande puissance (1000-1600 MW à 5-6 milliards d’€ l’unité). Contrairement aux turbines à gaz ou aux centrales à charbon (400-700 MW à 600-900 millions d’€ l’unité). L’ampleur des sommes à mobiliser augmente d’autant le coût global du crédit à l’investissement.

Par ailleurs, la déconnexion historiquement  volontaire entre le coût de production de l’électricité et le prix servi aux consommateurs réduit d’autant la maximisation immédiate du retour sur investissement (8). Une déconnexion illustrée entre autres, par le peu de corrélation entre le prix de l’électricité et le coût de sa principale composante. Une volonté politique de maintenir un faible niveau de prix pour les usagers de l’électricité, qui se traduit dans les faits par de faibles perspectives de rentabilité pour les investisseurs. De sorte qu’en cas de chute des cours du gaz, l’électricité nucléaire pourrait ne plus être rentable. Et cela d’autant moins que l’arrêt  d’une  centrale nucléaire n’atténue pas son coût qui est essentiellement contenu dans le capital matériel, comparativement aux centrales à gaz pour lesquelles la mise en veille permet de limiter le manque à gagner.

 

Les investisseurs financiers l’ont naturellement compris : il est beaucoup plus rentable et sûr, pour satisfaire les exigences à court terme des actionnaires, d’investir dans des centrales à gaz, très vite amorties et sources de profits faciles via la rente gazière, que d’investir dans des centrales nucléaires, dont la construction est longue, complexe et risquée (6-8 ans pour le nucléaire contre 3 ans pour une centrale à gaz), qui pèsent sur le remboursement des intérêts du crédit, et pour les- quelles la part importante des salaires, des dépenses de formations et des qualifications de haut niveau du personnel laisse moins de place aux profits. Et cela sans compter avec les problèmes  classiques de surcoûts liés aux retards dans la construction des têtes de série de nouveaux réacteurs comme l’EPR, il est vrai aggravés par la perte de savoir-faire de toute une génération de techniciens, ingénieurs et ouvriers spécialisés en France, après 20 ans d’absence de chantier nucléaire. Ce risque n’existe pas pour le gaz et le charbon compte tenu de la maturité de ces technologies  livrées clé en main par les constructeurs, pour lesquelles il n’y a pas eu de moratoire, et qui bénéficient d’un marché international étendu, y compris dans les pays émergents.

L’exemple de la France et de l’Allemagne

 Illustration de cette tendance au retour de cette production électrique par hydrocarbures, pas moins de 23 projets de centrales à gaz de 500 MW (soit au total 11GW, l’équivalent de 7 EPR !) sont en attente d’approbation rien que sur le réseau français RTE. De 2010 à 2014, l’électricité au gaz passera de 1,5 à 6 GW en puissance installée, tandis que pour l’éolien on passera  de 4,6 à 8,5 GW. En terme de gestion de réseau, il y a une cohérence : la progression de l’éolien nécessite des capacités supplémentaires  en installation au gaz pour pallier l’intermittence : l’éolien ne fonctionnant que lorsqu’il y a du vent, soit environ 25 % du temps, 2000h par an, les 75 % manquants, 6000h, étant comblés par les centrales à gaz. Ce qui donne une autre appréciation du soutien apparemment contradictoire des géants du pétrole et du gaz aux énergies renouvelables. Tout se tient, on investit dans l’éolien avec des aides publiques et on construit les centrales à gaz très rentables qui vont avec…

C’est à l’aune de ces éléments qu’il faut aussi lire les grands choix qui se prennent en Europe. Le cas de l’Allemagne sur ce point est intéressant. Ce pays dispose encore de réserves de charbon importantes en Europe et affiche clairement une volonté de renforcer la part du gaz importé essentiellement de Russie dans son mix énergétique. La décision de Schröder de sortir du Nucléaire à partir de 2020, reprise par Merkel après l’accident de Fukushima, présentée comme ne répondant qu’à des préoccupations  écologiques vise aussi et surtout à laisser le champ libre aux investisseurs pour combler les 60 TWh d’électricité produits chaque année par les 7 réacteurs désormais à l’arrêt. En effet de l’aveu même des Verts Allemands, l’arrêt de ces centrales nucléaires, à quelques mois de l’hiver, et l’annonce d’une hausse de la part du renouvelable (à compenser à cause de l’intermittence), obligeront l’Allemagne à importer de l’électricité et à se doter de capacités supplémentaires de production, notamment au gaz et au charbon, sur le sol allemand. D’ailleurs, cela va tellement de soi que le débat en Allemagne se situe au niveau des modalités  de financement et pas vraiment sur le problème de fond que suppose le remplacement de fait du nucléaire par le charbon et le gaz, fortement émetteurs de gaz à effet de serre. Autant dire que la question climatique, après Fukushima, n’est plus vraiment une priorité outre-Rhin (9).

On le comprend, dans ce débat, il n’y a pas que les enjeux écologiques et la sûreté industrielle, qu’il faut bien sûr prendre en compte rationnellement, sans démagogie et sans attiser les peurs (10). Il y a aussi une affaire de gros capitaux. Derrière les pressions pour un abandon général du Nucléaire en Europe se profile une valorisation à la hausse des actifs des matières premières énergétiques ; d’ailleurs le « lobby du nucléaire » tellement décrié et systématiquement invoqué dans la presse et les débats publics pour disqualifier tout argument rationnel en faveur de cette énergie, si nous retenons cette logique, ne représente que peu de chose face aux lobbies du gaz et du charbon bien plus puissants par leurs chiffres d’affaire, leur réseaux (11) et par les états qui les soutiennent (Russie). La part importante du Nucléaire en France et en Allemagne est perçue avant tout comme un manque à gagner par ces multinationales de l’énergie.

Des propositions pour une révolution énergétique

Face à cette situation, il faudrait une tout autre poli- tique. Des investissements publics massifs s’imposent pour assurer en France le renouvellement du parc nucléaire, atout majeur pour lutter contre l’effet de serre tout en assurant les besoins en électricité qui iront grandissants. Tous ces investissements ne seront pas réalisés par les marchés financiers car peu rentables. Ce qui souligne la nécessité de sortir l’énergie du marché et de créer un grand service public de l’énergie. D’autre part, les dépenses liées à la sûreté ne peuvent être guidées par des critères de rentabilité. De ce point de vue, les leçons de l’accident de Fukushima, relevant autant des dispositifs techniques que du fonctionnement des entreprises, en particulier les pratiques de sous-traitance, doivent être tirées et conduire à des normes plus sévères au niveau international. Investissements également dans les réacteurs de 4e génération,  les surgénérateurs, qui repoussent l’épuisement des ressources en Uranium à une échéance de plusieurs siècles (12).

Parallèlement, le développement des énergies  renouvelables ne peut se faire sur la base d’investissements spéculatifs financés par les factures des usagers, comme c’est le cas aujourd’hui. Il doit être accompagné par la mise en place de filières industrielles et encourager l’autoconsommation, à l’opposé des incitations faites aux particuliers à produire pour vendre. Des investissements seront également nécessaires pour réaliser un grand plan d’économie d’énergie, notamment par la rénovation du parc existant de logements et la construction neuve basse consommation (cf. Économie et Politique de février 2010), une révolution dans les pratiques agricoles, un développement du transport collectif ainsi qu’un soutien aux projets de véhicules électriques (voiture et camion), dont il sera difficile de se passer compte tenu de l’étalement urbain, qu’il faut bien sûr contrôler et limiter.

La nécessité d’autres critères pour de nouveaux financements : en France, en Europe et dans le monde

La conversion de l’économie capitaliste, qui réussit l’exploit à la fois de gaspiller beaucoup d’énergie, de matières premières, de travail humain, tout en maintenant une situation de pénurie dans la population (chômage, pouvoir d’achat, salaire en baisse…), va nécessiter, non pas une « décroissance », mais  une croissance du PIB d’un tout autre type. Pour les seuls secteurs du logement et de l’énergie, il faudrait 20-25 milliards d’€ par an. D’autre part, aspect méconnu,

De l’énergie pour en économiser !

Un contresens est à signaler, que l’on rencontre partout dans les débats avec les écologistes, celui qui consiste à opposer économies d’énergie et développement de capacités nouvelles de production électrique. Certes, les économies d’énergie vont contribuer à diminuer la consommation électrique dans un premier temps. Mais il faudra aussi compter avec les dépenses énergétiques nouvelles liées à la révolution écologique : développement du transport ferroviaire fonctionnant à l’électricité, consommation des voitures électriques, dépenses d’énergie liées à la ré-industrialisation  par une relocalisation de la production, notamment avec la production de panneaux photovoltaïques, d’éoliennes, de matériaux isolants, de systèmes de chauffage performants (chauffe-eau solaire, chaudière à condensation, pompe à chaleur, système de ventilation…),  la construction de 200 000 logements par an basse consomma- tion, etc. Ainsi, le vecteur électricité  aura une plus grande place dans l’énergie, au détriment  du gaz et du pétrole, ce qui est une bonne chose pour le climat, à condition que ce soit une électricité dé-carbonnée et produite sans rejets toxiques massifs dans l’environnement : nucléaire, hydraulique, renouvelables émergents, charbon et gaz « propres » si les techniques le permettent, tout cela s’inscrivant dans un cadre national d’une baisse générale de la consommation  énergétique :

les dépenses en formation sont un enjeu crucial : en effet, même si nous disposions des financements et de la volonté politique, nous serions dans l’état actuel techniquement incapables de démarrer ces projets faute de compétences suffisantes. Le retard du chantier de Flamanville est révélateur de cette situation. Mais cela est vrai aussi pour tous les autres secteurs et en particulier pour le programme d’économie d’énergie. La suppression des filières techniques dans les lycées et l’absence d’une vraie ambition dans l’enseignement des sciences et de la recherche commencent à poser de sérieux et graves problèmes.

Face à l’ampleur de la tâche, un nouveau type de croissance et de partage des richesses ainsi qu’une réforme de la fiscalité sont nécessaires. Mais cela ne suffira pas. Il est capital d’engager une révolution au cœur même du système financier pour se réapproprier  l’outil de la création monétaire et du crédit, véritable anticipation des types de richesse que nous voulons créer. C’est un enjeu politique majeur : ce n’est pas au marché financier de choisir les investissements dont va dépendre notre avenir. Au contraire, cela doit relever d’un choix démocratique s’inscrivant dans une planification écologique, et qui répond aux besoins sociaux et environnementaux, et non aux critères de rentabilité capitaliste. Il s’agit d’un véritable renversement  des valeurs de ce qui doit être, ou non, financé. Cela pose la question, ô combien actuelle, du changement du rôle de la BCE et de l’euro, qui, aujourd’hui, ont pour seule mission de garantir une politique de rigueur et d’assurer de bons revenus financiers dans l’espace européen au détriment du développement économique et social. Plus largement, les énormes besoins mondiaux, avec notamment l’explosion démographique du continent africain et les révolutions arabes, qui aspireront légitimement au développement, vont poser la question du financement au niveau mondial de coûteux systèmes énergétiques sans émission de CO2. Cette dimension internationale doit aussi être intégrée à la révolution énergétique à engager. 

 

(*) k : kilo (mille)

T : téra (mille milliards),

G : giga (milliard)

M : méga (million)

kWh : kilo watt  heure, quantité  d’électricité  produite  pendant une heure par une puissance de 1 kW

W : Watt, unité de puissance électrique

1 TWh : mille milliards de Wh, un réacteur de 1000 MW de puissance produit chaque année environ 8 TWh ;

Ordre  de  grandeur : un  réacteur de  type  EPR  fournit l’équivalent de la consommation électrique des  2 millions d’habitants de Paris intra-muros (pendant 60 ans)

 

 
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Published by bruno fornaciari - dans ÉNERGIE ELECTIONS PCF THOUARSAIS
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17 janvier 2017 2 17 /01 /janvier /2017 17:10

« Proposition de loi relative à la création de France Énergie » qui vise la création d'un pôle public de l'énergie

 

De tous temps l’énergie a revêtu un caractère essentiel pour le développement d’un pays, de ses territoires, pour le bien-être de ses citoyens et la promotion de son industrie. La maîtrise du secteur énergétique a, de ce fait, toujours représenté un défi stratégique. 

L’énergie est au cœur du développement des sociétés. Son usage efficace permet de multiplier les capacités d’action et de travail humains, et ainsi de mettre en place l’outil de production à même de satisfaire les besoins des populations. Cela signifie qu’un État, une Nation doivent se donner les leviers permettant d’agir sur ce secteur. L’action publique en la matière relève de l’intérêt général. Ces enjeux de maîtrise et d’indépendance ont justifié des affrontements, parfois des guerres. En 1945, à la libération, dans une économie dévastée, la France a fait le choix d’une maîtrise nationale et pacifique de ses sources d’énergie. Les choix énergétiques structurants de cette époque ont façonné le bouquet énergétique de notre pays. 

L’analyse d’alors a conduit à promulguer une loi de nationalisation afin de rationaliser une production anarchique et peu efficace. Ont été notamment créées des entreprises intégrées exerçant un monopole public dans l’ensemble du secteur électrique et du gaz. Maillons essentiels de la réponse aux besoins de reconstruction du pays, ces entreprises nationales ont permis de produire une énergie fiable et peu coûteuse. Depuis, le secteur a été profondément transformé par les directives de déréglementation européennes. L’instauration d’un marché de l’énergie fort complexe est loin d’avoir prouvé son efficacité. La précarité énergétique augmente en Europe et en France. 

D’autre part, des questions nouvelles sont apparues, comme celle du réchauffement climatique dû en partie à l’émission des gaz à effet de serre produits par l’activité humaine et l’aspiration citoyenne à obtenir des moyens d’intervention sur les choix d’intérêt général 

Afin d’apporter une réponse à la crise du secteur énergétique en France liée aux déséquilibres engendrés par la déréglementation et permettre d’affronter plus efficacement les défis posés par le changement climatique, il est nécessaire de renforcer la maîtrise publique et sociale du secteur énergétique et de son évolution. La moindre utilisation des énergies fossiles, le recours aux énergies renouvelables, la sécurité du secteur nucléaire justifient une politique de développement coordonnée s’appuyant sur une bonne maîtrise de chacun de ses éléments. Il est proposé pour cela de créer un établissement public dénommé France Énergie qui rassemblera toutes les participations de l’État dans les entreprises du secteur.

Au travers de ce pôle public permettant un contrôle public accru, c’est la Nation qui commencera à reprendre le contrôle d’un secteur essentiel à son devenir. Pour autant, il ne s’agit pas d’un enferment qui ignorerait les liens d’interdépendance au plan européen et international. Nous proposons que la France au lieu de jouer seulement une politique de retardement face à la dérèglementation européenne se positionne en faveur d’une révision des articles du Traité sur le fonctionnement de l’Union européenne (TFUE) sur l’énergie et propose la création d’une agence européenne de l’énergie.

Lien : http://www.assemblee-nationale.fr/14/pdf/propositions/pion3917.pdf

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Published by bruno fornaciari - dans groupe GDR-CRC ECOLOGIE
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17 janvier 2017 2 17 /01 /janvier /2017 17:05

VOTE SCANDALEUX DU PARLEMENT RUSSE POUR BRISER LES FEMMES 

Après avoir dépénalisé les violences conjugales en 2016, le parlement russe (la douma) continue sur sa lancée en dépénalisant toutes les violences familiales, y compris celles qui touchent les enfants. Leurs auteurs risquent désormais une simple amende au lieu d'une peine de prison : ils ne commettent plus un crime, mais une simple infraction. Yelena Muzulina, l'initiatrice ultra-conservatrice de ce projet de loi, qui s'était déjà illustrée en durcissant l'arsenal législatif contre la « propagande homosexuelle », argue en effet que la loi doit protéger les traditions familiales et l'autorité du chef de famille.

 

À l'heure où toutes les femmes du monde aspirent à briser les liens dans lesquels on les a enfermées pendant des siècles, à l'heure où elles prennent leur destinée en main, choisissent leur avenir professionnel et familial et secouent le joug insupportable que certains aimeraient voir durer, des forces ecclésiastiques et réactionnaires sont prises de panique. Elles contre-attaquent brutalement partout où elles le peuvent : en Espagne, en Pologne, en Irlande, aux États-Unis… En France même, elles ont trouvé dans les candidatures de Marine Le Pen et de François Fillon les porte-paroles adéquats pour renvoyer les femmes au foyer.

 

Un siècle après la Révolution d'Octobre qui, la première, avait conquis le droit à l'avortement, l'accès des femmes à toutes les responsabilités et toutes les carrières professionnelles, ou encore la sanction des abus familiaux, toute notre solidarité va aux femmes et aux féministes russes.

 

Sachons nous mobiliser à leurs côtés pour faire échec à ces mesures rétrogrades qui déshonorent celles et ceux qui les votent.

 

Commission nationale du PCF, Droits des femmes et Féminisme

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16 janvier 2017 1 16 /01 /janvier /2017 16:10
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Published by bruno fornaciari - dans ACTUALITES élections
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16 janvier 2017 1 16 /01 /janvier /2017 14:04

Nous intervenons dans les élections d’autres pays depuis plus d’un siècle (Boston Globe)

Le Président du Chili Salvador Allende salue ses partisans à Santiago quelques jours après son élection en 1970. Sa voiture est escortée par le Général Augusto Pinochet.

Tout Washington est scandalisé, tandis que les membres du Congrès rivalisent entre eux pour diaboliser la Russie à cause de sa supposée ingérence dans les récentes élections présidentielles américaines. « Toute intervention étrangère dans nos élections est absolument inacceptable », a déclaré Paul Ryan, le Président de la Chambre des représentants. Le comportement des russes, selon d’autres députés, représente une « attaque contre nos principes fondamentaux démocratiques » qui « devrait alarmer tous les Américains », parce qu’ils « frappent au cœur de notre société libre. » Cet éclat de vertueuse indignation serait plus facile à gober si les Etats-Unis n’avaient pas eux-mêmes pris l’habitude chronique d’intervenir dans les élections à l’étranger.

Sur une période d’un peu plus d’un siècle, les leaders américains ont utilisé toute une variété d’outils pour influencer les électeurs dans des pays étrangers. Nous avons choisi des candidats, les avons conseillés, financé leurs partis, conçu leurs campagnes, corrompu les médias pour les soutenir et menacé ou calomnié leurs rivaux.

L’une de nos premières opérations pour façonner le résultat d’une élection étrangère s’est déroulée à Cuba. Après que les notre pays ait aidé les rebelles à renverser les Espagnols en 1898, nous avons organisé une élection présidentielle, recruté un candidat pro-américain et empêché d’autres candidats de se lancer contre lui. Deux ans après, après que les Etats-Unis aient annexé Hawaï, nous avons mis en place un système électoral qui niait le droit de suffrage à la plupart des indigènes Hawaïens, assurant ainsi que seuls des candidats pro-américains pourraient être élus.

Durant la Guerre Froide, influencer les élections étrangères était une des priorités absolues pour la CIA. Une de ces premières opérations majeures a consisté à assurer qu’un parti proche de nous gagne les élections de 1948 en Italie. Il s’agit s’une opération incluant divers stratagèmes comme encourager les italo-américains à envoyer des lettres à leurs familles [en Italie] pour les prévenir qu’il n’y aurait plus d’aide des Etats-Unis si le mauvais parti gagnait les élections. Encouragée par son succès en Italie, la CIA a rapidement commencé à s’occuper d’autres pays.

En 1953, les Etats-Unis ont dégoté un ex-fonctionnaire vietnamien qui avait vécu dans des séminaires catholiques dans notre pays, et se sont arrangé pour le faire arriver à la présidence du Vietnam du Sud, nouvellement créé. Il était supposé rester deux ans à ce poste, le temps que des élections aient lieu, mais quand il devint claire qu’il les perdrait, les élections furent annulées. « Je pense que nous devrions le soutenir sur ce point », dit le Secrétaire d’Etat américain. La CIA mis en place ensuite un plébiscite favorisant notre homme. Il était interdit de faire campagne contre lui, 98.2% des électeurs approuvèrent son gouvernement, l’ambassadeur américain dit du plébiscite que c’était un « succès retentissant ».

En 1955, la CIA a donné 1 million de dollars a un parti pro-américain en Indonésie. Deux ans plus tard, les Etats-Unis ont aidé un homme politique ami de notre pays à devenir président du Liban en finançant les campagnes de ses soutiens pour le Parlement. « Pendant la période électorale, je me suis rendu régulièrement au palais présidentiel avec un attaché-case rempli de livres libanaises », écrirait plus tard un agent de la CIA. « Le président insistait pour s’occuper de chaque transaction personnellement ».

Notre intervention dans les élections libanaises a provoqué des protestations de la part de ceux qui croyaient que seuls les citoyens Libanais devaient s’occuper du futur de leur pays. Les Etats-Unis ont envoyé des troupes au Liban pour supprimer ce sursaut de nationalisme. C’est plus ou moins ce qui se passa en République Dominicaine, qui fut envahie en 1965 après que les électeurs aient choisi un président que nous considérions inacceptable. Notre intervention dans les élections chiliennes de 1964 fut plus discrète ; elle consista à financer clandestinement nos candidats préférés et à payer des journaux et des radios pour déformer les informations de façon à las favoriser.

L’élection chilienne suivante, en 1970, dona lieu à une des interventions américaines les plus poussées. La CIA et d’autres agences gouvernementales ont utilisé une variété de moyens de pressions pour éviter que le Congrès du Chili confirme la victoire d’un candidat présidentiel socialiste. Cette opération inclut l’envoi d’armes à des conspirateurs qui, quelques heures après les avoir reçues, assassinèrent le Commandant de l’armée chilienne, qui avait refusé de mener une révolte contre la démocratie. Son assassinat n’empêcha pas l’accession au pouvoir du candidat auquel nous nous opposions, mais les Etats-Unis punirent continuellement le Chili pendant les trois années suivantes jusqu’à ce les militaires mènent un coup d’Etat mettant ainsi fin à un gouvernement démocratique. Un officier américain affirma que l’intervention au Chili était devenue nécessaire à cause de « la stupidité de son propre peuple », qui avait voté pour un candidat auquel nous nous opposions.

Parmi plusieurs opérations de la CIA orchestrées pour influencer des élections dans le Proche-Orient, une menée en 1975 aida à élire un premier ministre en Israël, dont la politique plaisait aux Etats-Unis. En Amérique centrale, intervenir dans les élections est une habitude encore plus ancienne. En 1984, la CIA a recruté un économiste pro-américain pour l’élection présidentielle du Nicaragua, et quand il devint claire qu’il allait perdre, elle le retira de la campagne tout en se lamentant du manque de liberté démocratique au Nicaragua. En 2009, les Etats-Unis ont encouragé un coup d’Etat des militaires qui éjecta du pouvoir le président du Honduras, et approuva ensuite une nouvelle élection dans laquelle celui-ci n’avait pas le droit de participer.

L’intervention américaine la plus récente dans les affaires politiques d’un pays étranger est certainement celle d’Ukraine. En 2014, alors que les manifestants se rassemblaient pour renverser leur gouvernement, une haute fonctionnaire du Département d’Etat est apparue dans la foule pour encourager la révolte. Elle a été surprise alors qu’elle disait à un assistant quel politicien ukrainien était l’homme que les américains avaient choisi pour être le prochain leader, affirmant que les Etats-Unis se chargeraient de provoquer cette situation. Quelques semaines plus tard, « notre homme » devint le premier ministre, déclenchant une crise qui se termina avec l’intervention militaire russe.

Condamner l’ingérence dans les élections étrangères est parfaitement raisonnable. Cependant, tous ceux qui hurlent hypocritement contre les Russes à Washington préfèrent fermer les yeux sur certains chapitres de l’histoire.

Stephen Kinzer

Stephen Kinzer est un journaliste américain, correspondant en Amérique centrale dans les années 80, responsable du bureau du New York Times à Berlin (1990-1996) puis à Istanbul (1996-2000). Il est membre du Watson Institute for International and Public Affairs de la Brown University (Etats-Unis), et auteur du livre « Le vrai drapeau, Roosevelt, Mark Twain, et la naissance de l’Empire Américain » (publication prochaine). Sur Twitter @stephenkinzer.

Traduit par Luis Alberto Reygada pour Le Grand Soir
la.reygada@gmail.com
Twitter : @la_reygada

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