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13 janvier 2014 1 13 /01 /janvier /2014 16:01
Quelques chiffres à l'usage d'un Président

12 janvier 2014, 16:39 par Partick Apel Muler "l'Humanité"

Un flirt cache-t-il l’autre? Ces derniers jours sont envahis par de doctes commentaires sur la vie privée d’un président sur laquelle nous n’avons rien à dire. En revanche, le pas de deux engagé avec le Medef mérite tout notre intérêt, sachant que celui du grand patronat est bien entendu en première ligne. C’est lui qui va être secouru, vers lui que sera déversée la manne réunie à coup de sacrifices imposés aux salariés. Comme si l’univers douillet des actionnaires du CAC 40 avait à se plaindre des dernières années! Comme si les inégalités ne s’étaient pas déjà creusées jusqu’au vertige! Durant les dix dernières années, le revenu annuel moyen des 10% les plus modestes en France s’est accru de 400 euros tandis que celui des 10% les plus riches progressait de 8.950 euros. Pour les 0,01% les plus fortunés gagnent en moyen 735.000 euros par an, le gain était bien plus considérable en valeur absolue et en pourcentage. Les 500 plus grandes fortunes professionnelles ont augmenté de 25% en 2012.
La crise et la récession n’ont pas que leurs mauvais côtés: Ainsi, a-t-on appris hier que plus de 3.500 dirigeants de banques en Europe avaient touché plus d’un million d’euros en 2012, en salaires, bonus ou primes. L’austérité est pour certains très confortable et promet aux plus riches des profits croissants.. Ils n’ont pas à craindre la chasse aux abus que François Hollande veut appliquer à la sécurité sociale. Ils ont un permis en bonne et due forme et savent qu’en sciant cet arbrisseau, le président masque le maquis des allégements de cotisations, des crédits et subventions en tous genres dont sont abreuvées les grandes entreprises sans qu’elles créent le moindre emploi. Le pacte de responsabilité qui doit nous être détaillé demain repose sur les piliers libéraux que le chef de l’État a fait ouvertement siens lors de ses voeux: réduire le coût du travail c’est-à -dire des rémunérations directes et indirectes; diminuer les dépenses publiques et donc la redistribution d’une partie des richesses créées; moins de contraintes sur les activités patronales avec une édulcoration des lois sociales, liquidation des élections prud’homales comprise.... En appréciant tout cela, Pierre Garttaz, le président du Medef confesse entendre quasiment le «pacte de confiance» qu’il avait réclamé. Qui dira ce gouvernement sourd aux rendications? Les syndicats de travailleurs sans aucun doute, le secrétaire général de FO , Jean-Claude Mailly dénonçant un «marché de dupes» et celui de la CGT un choix «en faveur du capital, contre l’emploi, le développement social et les salariés».
Cela fait quarante ans que ces recettes sont répétées avec des résultats tout aussi piteux pour les peuples. Le tandem Reagan-Thatcher s’en étaient faits les prophètes, bientôt relayés par les apôtres Tony Blair et Gerhard Schröder. Un nouveau tandem prend la suite cahin-caha, Angela Merkel devant et François Hollande derrière. Il trace des perspectives inquiétantes, comme cette «initiative européenne» qui vise à enfermer les politiques économiques du continent dans le carcan de l’austérité. L’urgence d’une riposte massive des syndicalistes, militants du Front-de-gauche, acteurs associatifs, démocrates et progressistes devient un impératif et une urgence.
(Publié lundi 13 janvier 2014 dans l'Humanité)
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13 janvier 2014 1 13 /01 /janvier /2014 15:56

Garantir les libertés, rejeter les amalgames

lundi 13 janvier 2014

 

La récente cir­cu­laire de Manuel Valls sur les spec­tacles de Dieu­donné, en dehors même du fait qu’elle permet de faire passer l’imposteur raciste pour une victime alors qu’il a été condamné à plu­sieurs reprises, ali­mente les dis­cours com­plo­tistes et ren­force l’antisémitisme qu’elle prétend com­battre. Elle constitue pour les libertés un grave pré­cédent où les mesures admi­nis­tra­tives se sub­sti­tuent à l’action judiciaire.

 

Une lutte sincère contre l’antisémitisme ne peut s’accommoder d’aucun amalgame ni d’aucune injustice. L’AFPS appelle solen­nel­lement le gou­ver­nement français à abolir sans tarder les cir­cu­laires Alliot-​​Marie/​Mercier, qui avaient établi un amalgame igno­mi­nieux entre l’antisémitisme et le combat poli­tique mené à travers les actions de boycott citoyen. Elle appelle éga­lement le gou­ver­nement français à agir fer­mement, dans l’esprit des récentes dis­po­si­tions euro­péennes, pour faire cesser toute com­plicité avec la poli­tique israé­lienne d’occupation et de colonisation.

 

C’est d’une manière résolue, dans l’unité la plus large, et avec l’exigence de la liberté d’expression, que l’AFPS conti­nuera son combat pour la justice et pour les droits nationaux du peuple palestinien.

 

Le Bureau national de l'APPS

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13 janvier 2014 1 13 /01 /janvier /2014 14:15

 

Judith Butler, philosophe : “Israël ne représente pas tous les Juifs, et le sionisme n’a pas le monopole du judaïsme.”

 

lundi 13 janvier 2014, par La Rédaction

 

A chaque fois que se profile, en France, un débat sur le mariage pour tous ou l’homoparentalité, un nom se fait entendre : celui de Judith Butler. Star mondiale des gender studies, grâce à son essai Trouble dans le genre. Pour un féminisme de la subversion (1990), la théoricienne et militante américaine de 57 ans — qui publie aujourd’hui un livre sur le conflit israélo-palestinien — a clarifié avec force la distinction entre le sexe (naturel, biologique) et le genre (social, construit). Un duo auquel il faudrait même ajouter un troisième terme : le désir (ou la sexualité), puisque l’un des bienfaits de la pensée de Butler est de déminer les binarismes un peu trop faciles...

La philosophe montre surtout qu’il n’y a pas de lien nécessaire entre ces trois pôles : on peut être femme au niveau biologique, mais s’inventer un genre d’homme et ressentir un désir homo, hétéro, bi ou même asexuel. Comment rendre sa vie vivable, c’est-à-dire comment inscrire son désir dans le monde ? Telle est plutôt la question. Un tourment fondateur pour la philosophe lesbienne, envoyée chez un psychiatre à l’âge de 16 ans, l’année où elle découvre aussi Spinoza et Kierkegaard. « Loin de me "corriger", comme ma mère l’espérait, le psy m’a simplement dit que j’étais chanceuse d’aimer quelqu’un », confie-t-elle, révélant sa tendance fougueuse à ouvrir le champ des possibles, plutôt qu’à clôturer les identités.

 

“Israël ne représente pas

tous les Juifs, et le sionisme n’a pas

le monopole du judaïsme.”

 

Vous aviez déjà écrit, ici et là, sur le conflit israélo-palestinien et la question juive. Pourquoi y consacrer un livre maintenant ?

J’ai découvert la pensée juive vers l’âge de 14 ans. Tous les samedis, je suivais des cours de religion et d’hébreu dans ma synagogue de Cleveland, où on lisait aussi des romans et des livres sur Israël et l’Holocauste. Cette question m’occupe donc depuis très longtemps et traverse plusieurs de mes ouvrages. Mais si je me suis attelée à l’écriture de ce livre, en 2005, c’est que certains défenseurs de l’Etat d’Israël ont commencé à rendre publique l’idée que critiquer Israël serait un acte antisémite. Cela m’a mise très en colère. Depuis les controverses talmudiques, le débat d’idées est une composante essentielle de la pensée juive. Ce chantage m’est apparu comme un acte de censure insupportable, inspirant la terreur d’être traité d’antisémite. A titre personnel, je n’aurais jamais pensé pouvoir l’être un jour. J’étais naïve ! J’ai d’abord cru que ces accusations surgies en Allemagne en 2012, lorsque m’a été remis le prix Adorno (1), n’étaient qu’une mauvaise blague, mais non, c’était bien sérieux... Cette expérience a été choquante, très douloureuse. Pour un Juif, il n’y a pas pire accusation.

Faut-il se taire ? Faut-il désavouer sa judéité sous prétexte qu’on n’accepte pas la politique d’Israël ? Non, Israël ne représente pas tous les Juifs, et le sionisme n’a pas le monopole du judaïsme.

 

Votre livre propose une lecture de Walter Benjamin, de Hannah Arendt et d’Emmanuel Levinas. Etes-vous nostalgique de ces penseurs de l’exil juif ?

Je ne pense pas être nostalgique. Il est important de mobiliser aujourd’hui cette tradition de pensée cosmopolite. Dans la diaspora juive, le Juif a toujours à voir avec le non-Juif, et cela a des conséquences éthiques et politiques. Cela implique de vivre avec ses voisins non juifs et forge une vision de la générosité, de l’hospitalité, de l’altérité. Cela conduit à embrasser un Etat démocratique qui ne serait pas fondé sur une discrimination raciale, ethnique ou religieuse. Je sais que c’est une idée radicale et que de nombreuses personnes pensent qu’elle met en péril la sécurité des Juifs. Je crois au contraire, avec Hannah Arendt, que les Juifs ne seront jamais en sécurité tant qu’ils n’accepteront pas un cadre binational qui reconnaisse l’existence et les droits des deux peuples, juif et palestinien. Avant la formation de l’Etat moderne d’Israël, en 1948, cette idée n’apparaissait pas du tout antisioniste, c’était même une forme de sionisme. La vision de Ben Gourion qui, dans les années 1930, l’a emporté sur celle de Hannah Arendt et qui réduit l’Etat à la souveraineté juive est la seule à avoir droit de cité aujourd’hui. C’était et c’est en fait bien plus compliqué que cela. Se tourner vers cette diversité, revenir à ces textes et aux valeurs défendues par leurs auteurs cosmopolites est nécessaire pour penser, aujourd’hui, les principes d’une cohabitation, d’une citoyenneté non discriminatoire, et mettre en oeuvre une critique juive de la violence d’Etat, du colonialisme et de l’injustice. Je ne vois pas pourquoi l’égalité politique ne pourrait pas être une valeur juive...

 

Ces valeurs de justice et d’égalité que vous défendez sont-elles portées par la présidence de Barack Obama ?

Il continue la politique de ses prédécesseurs. La relation entre les Etats-Unis et Israël est compliquée, tissée d’interdépendances, mais Obama aurait pu faire beaucoup : conditionner l’aide américaine à l’arrêt des colonies ; s’opposer aux bombardements des populations civiles, notamment durant l’opération Plomb durci, lors de la guerre de Gaza (2008-2009). Obama affiche une très belle rhétorique. C’est l’une des raisons pour lesquelles nous l’avons élu : nous étions si heureux d’avoir un président capable de bien s’exprimer, après Bush qui nous avait tant embarrassés ! On a cru que ses discours étaient pleins de grands principes moraux qui n’attendaient qu’à se réaliser. Mais non. L’utilisation des drones et la surveillance ont augmenté. Le droit à la vie privée et les libertés civiles ont été bafoués, ce que les Américains acceptent au nom de la sécurité. Cela dit, je suis très sensible au fait qu’Obama ait voulu fournir une couverture santé au plus grand nombre. C’est un pas en avant. Il a aussi explicitement reconnu les droits des homos, le mariage en particulier. Je suis donc, comme beaucoup d’Américains, déçue, tout en ayant conscience, à l’heure du Tea Party, que cela pourrait être bien pire !

 

“Les gens ont peur que le genre soit

synonyme d’une absence de règles”

 

En France, l’adoption de la loi sur le mariage homosexuel a suscité un violent rejet. Qu’en avez-vous pensé ?

J’ai été effrayée par les vidéos des manifestations. L’homophobie est un mot passionnant qui désigne la crainte de l’homosexualité mais aussi la haine. Que recouvre ce mélange de peur et de détestation ? Je crois que les homophobes les plus extrémistes ne veulent pas que le mariage homosexuel devien­ne une part de l’idée qu’ils ont de la France, de leur identité en tant que Français. La question du nationalisme sous-tend le tableau. Le gouvernement, représentant de la nation, ayant soutenu le mariage pour tous, tous les citoyens qui s’identifient fortement à la nation et au cadre de la famille hétéro traditionnelle ont été ébranlés dans leurs certitudes et ont rejeté avec virulence le mariage homosexuel, dans le but de préserver leur conception nationale. Ce qui s’est révélé en France, c’est ce conflit entre une forme nationaliste d’homophobie et un engagement républicain pour l’égalité.

 

Cela a en tout cas relancé le débat sur les gender studies, qui semblent faire peur à la France. Pourquoi, selon vous ?

J’ai beaucoup lu la presse française pour essayer de comprendre. Ce qui m’a d’abord frappée, c’est, sur le plan du langage, cette façon de s’afficher « contre » la théorie du genre, comme s’il s’agissait d’un match de football, pour Manchester ou contre le Barça ! Les gens ont peur que le genre soit synonyme d’une absence de règles et qu’il fasse exploser tous leurs repères. Le genre met en question le sens du mariage, les rôles de l’homme, de la femme, l’inévitabilité de l’hétérosexualité ; il semble donc introduire l’idée que tout devient possible et constitue pour certains une menace de chaos. En fait, loin de détruire ou d’abolir, les gender studies élargissent la perspective : elles ne disent pas que les normes n’existent pas ou qu’elles sont fausses, mais, au contraire, qu’elles ne cessent de se transformer au cours de l’histoire. Elles n’opèrent pas de la même façon, tout le temps et partout, et ne sont donc pas figées dans un schéma unique.

 

“Dire « je suis contre le genre »,

c’est dire « je veux que rien ne change jamais”

 

Qu’est-ce que cela implique ?

De prendre en compte ces changements. Ainsi, l’institution du mariage a muté au fil des siècles. Ainsi, la place des femmes dans l’espace public s’est transformée – mais l’espace public a également changé. L’histoire de la biologie, et de la façon dont elle se représente la différence sexuelle, est, elle aussi, évolutive. Il existe des visions plus ou moins larges ou étroites du genre ; certaines n’entrent pas dans la case habituelle « homme » ou « femme ». Il existe des expériences autres : celle des transgenres, celle de la bisexualité, par exemple. Pourquoi ne pas essayer de réfléchir à cette complexité plutôt que de fermer les possibilités ? Et il ne s’agit pas de forger des théories, il s’agit d’abord de saisir la vie des gens, telle qu’elle se déroule sous nos yeux. Dire « je suis contre le genre », c’est dire « je veux que rien ne change jamais, je ne veux même pas avoir à penser le changement ». C’est absurde.

 

Et les choses ont en effet changé depuis 1990, date où est sorti aux Etats-Unis Trouble dans le genre. Quel était alors votre but ?

J’en avais trois. D’abord, déconstruire le regard médical et psychiatrique qui a longtemps considéré l’homosexualité comme une pathologie. Ensuite, refléter les revendications des mouvements gay et lesbien. Tel un scribe, j’ai enregistré ce qui se passait dans ces mouvements sociaux, en tentant d’inventer un nouveau lexique pour décrire leurs actions : ma théorie du genre est la traduction de cette réalité. Enfin, j’ai voulu clarifier mon désaccord avec certaines positions féministes trop étroites, car forgées dans le cadre strict de l’hétérosexualité. Le féminisme américain avait alors une vision de la femme très restreinte, et toujours associée à la maternité, au soin, etc. J’ai cherché à faire de la place à une politique du genre différente, plus large, qui permette d’intégrer la vie de ceux qui se sentaient exclus, effacés par les normes telles qu’elles étaient alors définies, des vies que la souffrance rendait invivables. Si je n’ai jamais totalement adhéré à l’idée d’une « écriture féminine », le féminisme français m’a beaucoup inspirée.

 

Et notamment Simone de Beauvoir et son « On ne naît pas femme, on le devient ».

Oui, en lisant ces pages, je me suis demandé ce que recouvrait ce « on le devient ». Que devient-on exactement ? Un genre ? Son genre ? Existe-t-il un point où, effectivement, je suis devenue mon genre, où je suis arrivée à mon genre ? Non, en fait, puisque le genre est un processus, un devenir perpétuel. Cette réflexion a été l’une des sources de ma théorie de la performativité. Ce que j’essayais de montrer, c’est qu’on ne peut imaginer une émancipation totale du genre, on ne peut atteindre un point où il n’y aurait plus de genre parce que nous sommes toujours profondément formés, construits par les normes du genre. Ces dernières ne sont pas immobiles, arrêtées ; pour être efficaces, elles doivent être répétées, reproduites. Peuvent-elles l’être différemment ? La performativité, c’est le processus qui pousse à reproduire ces normes sur un mode subversif. Le genre est une pratique d’improvisation qui se déploie à l’intérieur d’une scène de contrainte. La subversion, c’est le terme que j’ai choisi pour décrire ce jeu incessant avec et contre les normes du genre.

 

“Pourquoi rendre hommage aux victimes

du 11 Septembre, sans y inclure les immigrés

illégaux qui travaillaient dans les Tours ?”

 

Il semblerait qu’en évoluant, surtout à partir du 11 septembre 2001, de la lutte contre les discriminations sexuelles et de la politique du genre à un engagement contre les inégalités sociales, raciales et contre la violence de la guerre, vous soyez aussi passée d’une pensée de la subversion à une pensée de la précarité. Est-ce exact ?

Ces différents aspects de mon travail sont liés. Ils s’articulent notamment autour de la question du deuil. Le deuil, ce n’est pas qu’une affaire personnelle qui renvoie à la solitude. C’est un élément majeur pour penser ce qu’est une communauté politique. De nombreuses vies d’homosexuels, fauchées par le sida, n’ont jamais été pleurées, reconnues publiquement. Ce déni s’explique par le fait que l’homosexualité était jugée honteuse, tout comme la consommation de drogues ou l’immigration illégale. Ce que le 11 Septembre a au contraire révélé, c’est la sur-représentation immédiate du deuil des victimes disparues dans les Tours. J’étais alors tout près de New York, et j’ai, bien sûr, comme tout le monde, ressenti du chagrin, de l’effarement. Très vite, le gouvernement est parti en guerre pour se venger ; il a envoyé des bombes et tué des gens, qui restaient sans nom pour nous. Qu’est-ce que cela signifie de nommer, de raconter l’histoire et de donner un visage à certains et de refuser de le faire pour d’autres ? Pourquoi rendre hommage aux victimes du 11 Septembre, sans y inclure les ressortissants étrangers et les immigrés illégaux qui travaillaient dans les Tours ? Plus largement, pourquoi vouloir sauver certaines vies, et en supprimer d’autres ? Pourquoi certaines vies ne sont-elles même pas considérées comme dignes d’être vécues ? Nous ne pensons jamais à ceux que nous tuons nous-mêmes, à toutes ces existences détruites – que nous camouflons derrière des euphémismes tels les dommages collatéraux. J’ai tenté d’interroger ce clivage, ce schisme psychologique propre à la tradition politique et culturelle américaine.

 

Une vie précaire, c’est une vie qui n’est pas digne d’être pleurée ?

Ou même vécue. C’est la vie de ceux qui, un jour, ont un travail, qu’ils perdront le lendemain ; la vie de ceux qui sont criblés de dettes qu’ils ne pourront jamais rembourser. Cela m’intéresse de dresser un parallèle entre les vies détruites par la machine de guerre et les vies détruites, au quotidien, par la précarité économique – toute cette population « jetable » qui ne peut même pas prétendre à la santé. Il est clair aujourd’hui que les riches sont de plus en plus riches et de moins en moins nombreux, quand les pauvres, eux, sont de plus en plus pauvres et de plus en plus nombreux. C’était le sens de mon engagement aux côtés du mouvement Occupy Wall Street. Ephémère, le mouvement a eu le mérite d’attirer l’attention sur le creusement de ces inégalités, aux Etats-Unis et en Europe.

 

De Trouble dans le genre à Vers la cohabitation, c’est l’idée d’appartenance que vous critiquez. Appartenir, c’est toujours trop étroit ?

La relation éthique, pour exister, doit se déprendre de toute forme d’appartenance nationale ; c’est ce que je montre à travers ma critique du sionisme. De même, quand nous parlons de « notre » sexualité, de « notre » genre, ce ne sont pas des possessions que nous désignons. La sexualité et le genre doivent plutôt être compris comme des modes de dépossession, des façons d’être pour un autre, en fonction d’un autre. En ce sens, je crois que nous sommes toujours hors de nous-mêmes. Fondamentalement, hors de soi...

 

(13-01-2014 - Propos recueillis par Juliette Cerf - Télérama n° 3339 )

 

(1) L’ambassadeur d’Israël à Berlin et le Centre Simon-Wiesenthal, entre autres, avaient protesté contre la remise de ce prix prestigieux à Judith Butler en raison de sa « détestation » d’Israël.

 

A lire

Vers la cohabitation. Judéité et critique du sionisme, de Judith Butler, éd. Fayard, 356 p., 23 €.

 

Judith Butler en quelques dates

1956 Naît à Cleveland, Ohio, dans une famille juive.

1984 Soutient à Yale sa thèse de philosophie sur le désir chez Hegel.

1990 Publie Trouble dans le genre.

1993 Enseigne la littérature comparée à Berkeley, Californie.

2012 Reçoit le prix Adorno. Professeure invitée à Columbia, New York.

 

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13 janvier 2014 1 13 /01 /janvier /2014 07:43

Municipales : liste du Front de Gauche à Marseille

Le Front de gauche a dévoilé ses huit têtes de liste aux municipales devant le Mucem. Selon Jean-Marc Coppola, il s'agit d'une liste d'ouverture destinée à redonner aux marseillais la maîtrise de leur destin politique.

  • Par Louis Aubert
  • Publié le 12/01/2014 | 16:27, mis à jour le 12/01/2014 | 17:59
front_de_gauche_2.jpg

1er secteur (1/7) : Christian Pellicani, conseiller municipal communiste sortant,  « père des batobus » et animateur national d’une association écologiste.
2ème secteur (2/3) : Marie Batoux, dirigeante nationale du Parti de gauche, agent territorial.
3ème secteur (4/5) : Isabelle Pasquet, sénatrice PCF, cheminote, syndicaliste.
4ème secteur (6/8) : Marie-Françoise Palloix, conseillère communautaire communiste, membre du Conseil d’administration du Parc national des Calanques, ancienne salariée des impôts.
5ème secteur (9/10) : Jean-Marc Cavagnara, salarié et syndicaliste à Pôle emploi, responsable du Parti de gauche, ancien dirigeant national syndical à l’Unedic.
6ème secteur (11/12) : Sandrine Cartier, candidate d’ouverture issue du mouvement social, infirmière, syndicaliste, non membre d’un parti politique.
7ème secteur (13/14) : Samy Johsua, universitaire à la retraite, ancien dirigeant de la LCR puis du NPA, représentant du mouvement Ensemble, troisième composante politique du Front de gauche (Clémentine Autain).
8ème secteur (15/16) : Jean-Marc Coppola, PCF, vice-président de la Région PACA où il a initié la gratuité des transports régionaux pour les jeunes de moins de 26 ans, ancien cheminot et syndicaliste.
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Published by bruno fornaciari - dans MUNICIPALES 2014
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13 janvier 2014 1 13 /01 /janvier /2014 07:32

 

EELV choisit la majorité PCF sortante à Fontenay

Alliances PCF EELVAprès plusieurs mois de discussions avec d’un côté l’équipe du maire sortant PCF, Jean-François Voguet,  de l’autre celle du candidat PS Patrice Bédouret, EELV Fontenay-sous-Bois, annonce son intention de rejoindre l’équipe du maire sortant.

Membres de la majorité municipale, tout comme le PS, les élus EELV avait pris leurs distances, principalement pour des raisons de gouvernance, estimant être insuffisamment consultés sur les dossiers importants. Début 2013, le projet immobilier du délaissé de l’A86  avait notamment cristallisé le mécontentement du parti écologiste.

Alors que le chef de file PS, Patrice Bédouret, désigné par anticipation dès le mois de juin 2013, a depuis un an témoigné de son intention de monter une liste indépendante de celle de la  majorité sortante, EELV a donc mené des discussions avec son partenaire de la gauche gouvernementale sans couper les ponts avec la majorité sortante.

C’est donc après plusieurs semaines d’échanges que les membres et coopérateurs EELV, dont les chefs de file à Fontenay-sous Bois sont Fabienne Binher et Marc Brunet, ont annoncé leur intention de rallier la majorité sortante dans un souci d’union de la gauche, suite à une assemblée générale qui s’est tenue ce samedi 11 janvier.

Ils motivent ce choix par un un bilan plutôt positif de l’action de l’actuelle majorité et la possibilité d’accentuer dans le futur « les politiques de développement de l’économie sociale et solidaire et de transformation écologique de la vie urbaine » ainsi que « les politiques de solidarité dans une perspective d’égalité et de justice sociale », expliquent-ils.

Surtout, la question de la gouvernance a été largement évoquée. « Nous avons convenu que des réunions plus fréquentes seraient organisées entre les présidents de groupe, le directeur général des services et le maire, ainsi que des séminaires de réflexion de la majorité municipale. Nous avons aussi discuté du fonctionnement des conseils de quartier et convenu de leur accorder plus d’autonomie par rapport aux élus« , détaille Marc Brunet. Enfin, la représentativité des élus EELV au sein de la majorité municipale devrait être plus importante.

Pour l’instant, l’accord définitif n’est pas encore signé mais la volonté de faire l’union est désormais affichée.

Députée EELV de la circonscription, Laurence Abeille s’est félicitée de cet accord « C’est une bonne nouvelle, je soutiens cette décision car le poids des écologistes devra être largement renforcé dans cette nouvelle mandature. Il y a encore beaucoup à faire pour faire rimer développement et mieux vivre, pour poursuivre les actions engagées en matière d’aménagement des espaces publics, de protection de l’environnement, d’économie sociale et solidaire« , a-t-elle commenté tout en précisant qu’elle ne se représenterait pas sur la liste, conformément à son engagement en faveur du non-cumul des mandats.

Un coup dur pour le PS

Du côté du PS, qui ambitionne de partir en solo et comptait bien sur un ticket avec EELV, ce choix n’est pas une bonne nouvelle. « Nous avons eu de nombreuses discussions et avions des convergences programmatiques », pointe Jean-Luc Carrier, secrétaire de la section locale du PS.  Cette nouvelle laisse donc le PS un peu seul. surtout, son candidat, Patrice Bédouret, n’a pas encore le feu vert de Solférino pour lancer sa liste en dehors de la majorité sortante car Fontenay-sous-Bois est une ville de plus de 20 000 habitants. Le bureau national devrait donner son avis ce mercredi 15 janvier, avant confirmation du Conseil national, mais les rumeurs parvenues aux oreilles fontenaysiennes sont plutôt négatives quant à la réponse à venir. Cela a-t-il découragé EELV ? « Ce ne sont pas ces échos qui ont prévalu à notre décision mais notre souci de construire une union de la gauche », s’en défend Marc Brunet.

Si le PS national exige l’union, Patrice Bédouret devra soit se rallier à la majorité sortante, dans un contexte délicat puisque la moitié de la campagne aura déjà été faîte en solo, avec même une tête d’affiche nationale, l’ex patron de la CFDT François Chérèque en président d’honneur de son comité de soutien, soit se mettre en dissidence et risquer l’exclusion du parti.

Comment se positionnera l’Appel pour Fontenay ?

Cette décision nationale influera aussi sur les orientations de la liste de centre-gauche, l’Appel pour Fontenay, actuellement en cours de constitution autour de deux PS dissidents, Murielle Michon et David Dornbusch, des élus Modem locaux Pierre Ramadier et Jean-Jacques Acchiardi, de membres du Rassemblement citoyen et de personnalités de la société civile. « Si Patrice Bédouret a l’investiture, je ne sais quelle position adoptera l’Appel pour Fontenay, mais, personnellement, je ne me présenterai pas contre le candidat socialiste officiel », s’engage Murielle Michon (candidate contre Patrice Bédouret aux primaires de juin 2013). « Si Patrice Bédouret n’a en revanche pas l’investiture, l’Appel pour Fontenay sera ouvert à la construction d’une liste commune« , précise l’élue qui regrette par ailleurs qu’EELV ait choisi de rallier l’équipe sortante.

A droite, ça se complique aussi

A droite, l’union entre l’UMP et l’UDI s’est effectuée dès le printemps dernier dans l’enthousiasme, autour de la liste Ensemble, réveillons Fontenay emmenée par l’UDI Gildas Lecoq.

Dans le paysage des municipales à Fontenay-sous-Bois, un nouvel arrivant a également fait irruption début janvier et tente actuellement de monter sa liste. Il s’agit du souverainiste Christian Tollari, membre du SIEL (Souveraineté, Independence Et Libertés » de Paul-Marie Couteaux, un parti membre du Rassemblement bleu marine, proche de Marine Le Pen et du Front National.

 

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12 janvier 2014 7 12 /01 /janvier /2014 13:35

Rouvroy: Jean Haja souhaite ses vœux et s’écrie: «À gauche toute!»

PUBLIÉ LE 11/01/2014

Par La Voix du Nord


Ils sont venus nombreux vendredi soir à la salle Pidoux pour assister aux vœux du maire PCF, Jean Haja, et ils ne furent pas déçus. Bien connu pour son franc-parler, il a commencé par une rétrospective des sujets qui le révoltent puis il a terminé par une note d’optimisme avec les projets 2014.

 Le maire de Rouvroy a déploré la progression du chômage sur le territoire. La Voix du Nord

Jean Haja a débuté son allocution en mettant à l’honneur Yves Coquelle, conseiller municipal et maire honoraire : « Certains l’ont qualifié de pilier, nous pensons qu’il est le bâtisseur de la ville d’aujourd’hui », souligne-t-il.

L’offensive

Puis vint la partie plus offensive et là, ça ne rigole plus ! Il dénonce les grosses fortunes de France qui augmentent leur patrimoine tandis que la population perd du pouvoir d’achat. Il s’insurge sur la hausse de la fiscalité puis de la TVA alors que l’épargne est rognée, que «les associations caritatives annoncent une augmentation de 15 % de leurs bénéficiaires ». Rien n’est oublié quand il s’agit de critiquer le gouvernement en place. Le ton monte mais Jean Haja rassure : son projet n’est pas de toucher à la fiscalité locale. « Nous n’augmenterons pas les impôts bien que nos charges progresseron t », dit-il.

Autre volet remis en question, l’emploi, qui régresse sur le territoire. Jean Haja accuse : «c’est un nouveau record après celui de la mauvaise santé, avec la première place du chômage de la population active. Seule l’extension d’AMD devrait embaucher 90personnes». La CAHC est également pointée du doigt, « son président a décidé de la délocalisation de l’entreprise Dentressangle sans engagement de créations d’emplois. C’était dans le projet ! ».

Les futurs redécoupages sont décriés, « la démocratie locale est en danger, la proximité avec la population menacée ». Rouvroy ne serait en effet plus chef-lieu de canton mais intégrée dans un nouveau canton avec Bois-Bernard, Billy-Montigny, Montigny, Fouquières, Noyelles-sous-Lens et Harnes.

La refonte de l’école n’est pas oubliée. Selon le maire, « le gouvernement a confondu vitesse et précipitation sans donner les moyens financiers aux collectivités. Ce n’est pas l’école de la réussite que nous imaginons ».

Les projets

Les perspectives sont moroses mais Jean Haja se tourne néanmoins vers l’avenir avec des projets en main : construction d’une médiathèque, installation de tables numériques dans les écoles maternelles et respect du développement durable. Et puis il y a les chantiers : le lotissement de la Rouvraie qui attire. Enfin, en plus d’un nouveau béguinage de 30appartements, une Ehpa sera créée par Habitat 62 et proposera une soixantaine de lits.

Ça bouge à Rouvroy et Jean Haja s’écrie : « À gauche toute ! ».

ISABELLE CONYNCK

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Published by bruno fornaciari - dans MUNICIPALES 2014
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12 janvier 2014 7 12 /01 /janvier /2014 11:18
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12 janvier 2014 7 12 /01 /janvier /2014 10:17

 

Dieudonné: « Pour un combat anti-raciste efficace, déjouons tous les pièges » (Pierre Laurent – Fabienne Haloui)

 

 

 

Aujourd'hui les rebondissements juridiques concernant l'arrêté préfectoral d'interdiction de Nantes, jette le trouble. La polémique fait rage sur la méthode Valls.

 

Ces interdictions feront- elles taire la voix de la haine portée par Dieudonné ou vont-elles se transformer en boomerang, lui donnant un écho inégalé et renforçant l'image de victime dans laquelle Dieudonné se complaît?

 

D'autres voies de combat contre les propos infamants de Dieudonné sont-elles nécessaires et lesquelles? Toutes ces questions méritent d'être posées pour apporter des réponses réfléchies, car l'inquiétude grandit devant l'engrenage médiatique et le tourbillon de haine qui sont en train d'aspirer, de diviser et de défigurer notre pays. Pour sa part, le PCF est convaincu de deux choses.

 

1) Le combat politique, idéologique et juridique contre toutes les formes de racismes doit redoubler. Le danger est là, palpable dans toute la société, nourri par toutes les frustrations, les déstabilisations, les déchirures nées de la crise sociale, politique, culturelle et morale que traverse notre pays. L'insupportable dérive antisémite de Dieudonné et la banalisation qui l'accompagne en sont un odieux témoignage comme l'ont été les insultes proférées tout au long de l'année à l'encontre de Christiane Taubira. Plus généralement, de multiples agressions ou discriminations racistes sont vécues au quotidien par nos concitoyens, le plus souvent dans l'anonymat et sans recevoir aucune sanction à la mesure du préjudice subi.

 

Il faut ajouter à cela la dangereuse prolifération de propos et de thèses racistes dans le discours politique comme on le voit avec la stigmatisation de l'islam ou le rejet des populations roms.

 

La solution n'est évidemment pas dans la hiérarchisation ou la compétition des racismes, on ne combat pas un racisme par un autre, mais elle appelle une lutte résolue contre toutes les formes de racismes et de discriminations. Cela suppose des paroles, mais aussi et surtout des actes.

 

Le PCF propose de déclarer la lutte contre le racisme " grande cause nationale" en 2014.

 

2) Concernant Dieudonné, le PCF condamne avec la plus grande fermeté la dérive raciste et antisémite avérée de ce multirécidiviste de la haine. Ses propos, ses vidéos sont condamnables et doivent l'être. Les condamnations prononcées doivent être appliquées. La loi, notamment la loi Gayssot, le permet. Mais surtout, un combat politique est nécessaire pour démasquer l'imposture de Dieudonné.

 

L'interdiction des spectacles est une voie juridiquement dangereuse et fragile, qui peut se révéler politiquement contre-productive dans un pays attaché comme le nôtre à la liberté d'expression. Elle nourrit la confusion quand il faudrait la lever pour combattre la banalisation inacceptable des propos de Dieudonné et des réseaux négationnistes qui l'épaulent. Nous appelons les jeunes qui croient voir en Dieudonné un combattant anti-système à ouvrir les yeux.

 

Non seulement son antisémitisme est avéré, mais c'est un dangereux manipulateur qui instrumentalisme la dénonciation du passé colonial et esclavagiste de la France pour nourrir une redoutable spirale de la concurrence mémorielle des populations noires ou issues du Magrheb, justifiant sa propre dérive raciste. Ne tombez pas dans ce piège. Contre tous les racismes, le PCF est décidé à mener ce combat à vos côtés.

 

Il y a actuellement 7 réactions

  • Complètement daccord avec votre contribution.

    J'ajouterai qu'à la limite ce que reproche le PS et Hollande à Dieudonné c'est la profondeur de ses attaques politiques contre la politique pro-sioniste et anti-palestinienne d'Hollande et du PS. Cet acharnement me fait penser à l'attaque de Le Paon contre les ouvriers CGT de Goodyear. J'ajoute queje suis plus membre du PCF depuis la priviatisation de FRance Telecom par le Gvt PC/PS de Jospin et qu'a approuvé à l'époque Hue et Buffet. Mais j'achète et lie l'Humanité tous les jours et que j'apprécie les reportages de la rédaction de l'Huma, et de Barbancey en particulier sur Israel, Palestine et Syrie, que doit aussi apprécier Dieudonné, mais oui...

    Par ZAPATA, le 11 janvier 2014 à 17:24.

     

     

  • Le temps de la réflexion...

    Bonjour à toutes et à tous,

    En réaction au texte concernant Dieudonné, la première question qui me vient est : combien de spectacles de l'artiste dont ils parlent les co-auteurs ont-ils vus ? Alors, certes, Dieudonné se montre maladroit et outrancié parfois. Aussi, je ne suis pas toujours d'accord sur la forme, mais sur le fond, oui. Je m'explique :

    * depuis son sketch chez Fogiel en 2005, dans lequel il campait le personnage d'un colon israëlien intégriste, pour dénoncer la politique du gouvernement israëlien envers les Palestiniens - politique systématiquement condamnée à l'ONU depuis de nombreuses années mais qui néanmoins se poursuit grâce au veto états-unien - il a été banni des médias, obligé de jouer ses spectacles dans un bus pendant un temps, ce qui aurait pu, s'il n'était pas aussi talentueux, signer la fin de sa carrière artistique au niveau où il l'exerçait. Pourtant, si vous revisionnez ce moment de télé, le public rit. Il constate alors qu'en France, on peut critiquer la politique de tous les gouvernements du monde, sauf celui d'Israël. Je rappelle ici que pour un antisémite, il a quand même passé beaucoup d'années en duo avec Elie Semoun, qu'il a offert une tribune à un groupe de rabbins antisionistes dans son théâtre, est soutenu par Gilad Atzmon, musicien de jazz renommé, et juif, bref, par nombre de "juifs" antisionistes et contre le gouvernement de droite extrême d'Israël, que François Hollande, Président de Gauche, est allé cajoler, au nom des Français ! (si j'ai mis le mot "juif" entre guillemets, c'est qu'à ma connaissance, ce mot désigne une appartenance à une communauté religieuse et non ethnique, ce que l'on a tendance à oublier, en parlant de "peuple juif". Les juifs, les chrétiens, les musulmans ou les bouddhistes ne sont pas des "peuples", mais des communautés religieuses.

    * concernant les propos qu'il a tenu sur Patrick Cohen, tout le monde oublie qu'il répondait, certes avec colère et excès, à une attaque publique de ce journaliste dans l'émission "C à vous", face à l'invité Frédéric Taddéi, lui reprochant d'inviter des "cerveaux malades" tels que Dieudonné, Alain Soral, Tariq Ramadan et Marc Edouard Nabe dans son émission. C'est donc bien Patrick Cohen qui est l'agresseur au départ.

    * Il nous interpelle aussi dans ses spectacles sur la légitimité de Bernard Henri Lévy dans la politique française, notamment lors de l'intervention en Lybie. Il n'est ni élu, ni ambassadeur, ni n'occupe aucun poste légitimant son implication jusque dans les décisions de l'Elysée.

    * François Hollande a récemment confessé, sourire aux lèvres, lors de son discours au 70ème anniversaire du CRIF, que je cite "l'opposition rêve d'être à la table centrale" au dîner annuel de cette organisation, table occupée par le gouvernement en place. Pourquoi cette table centrale est-elle aussi prisée par nos gouvernants ?

    * On a vu également, à plusieurs reprises, messieurs Sarkozy d'abord, alors Président de la République, Hollande et Valls récemment, s'afficher, dans l'exercice de leur fonction, avec une kipa. Ne sont-ils pas les garants de la séparation du politique et du religieux ?

    * Quand en 2004, Dominique Strauss-Khan, qui aurait pu être notre Président, déclare que chaque matin, en se levant, il se demande ce qu'il pourrait bien faire pour Israël, cela me choque. Non pas pour la France, mais pour Israël ! Si le patriotisme de M. Strauss-Khan est envers Israël, n'est-il pas préférable qu'il se présente à l'élection de ce pays et qu'il laisse la Présidence de la France à un français qui se demande chaque matin ce qu'il peut faire pour la France ?

    Quant à l'affaire Fofana, incarcéré pour avoir tué Hilan Halimi, un jeune "juif", Dieudonné s'étonne du deux poids, deux mesures des condamnations suite au meurtre de Saïd Bourarach par plusieurs personnes "juives", dont celui qui a eu la plus longue condamnation a fait six mois de prison ! Dieudonné ne légitime pas l'acte barbare de Fofana quand il dit "à ce compte là, libérez Fofana", mais s'insurge contre la légèreté des peines retenues pour les actes tout aussi barbares des assassins de Saïd Bourarach.

    Voilà ce que Dieudonné met en lumière dans ses spectacles et qui lui vaut d'être attaqué par tout l'appareil d'Etat. Ce que l'on essaie de nous faire passer pour de l'antisémitisme n'est pourtant que de l'antisionisme. Et comme nombre de personnes de confession juive, on peut être antisioniste sans être antisémite. Ou n'est-ce pas possible ?

    Pour autant, je suis d'accord pour que les propos outrepassant ce qu'autorise la loi soient sanctionnés. Mais j'aimerais aussi que quand M. Valls déclare que les Roms n'ont pas vocation à s'intégrer en France, il soit puni par la loi aussi et attaqué par la LICRA, que l'on n'entend pas non plus quand Dieudonné est traité de "nègre" sur un plateau de télé suisse !

    Pour finir, et puisqu'elle est abordée dans le texte dont nous parlons, ne peut-on pas s'interroger sur le bien fondé de la loi Gayssot, alors qu'à ma connaissance, tout historien peut remettre en question la version "officielle" de tout événement de l'histoire de l'Humanité, exceptée quelques années ?

    Me poser ces questions fait-il de moi un antisémite ?...

    Par citoyenindigné, le 10 janvier 2014 à 18:08.

     

     

  • dieudonné

    Le problème pour moi n'est pas Dieudonné mais ceux qui viennent nombreux très jeunes à ses spectacles. Les Communistes dont je suis oublient(pourquoi?) une grande partie du malaise d'une grande partie de al société FRANCAISE aujourd'hui métissée au sens le plus large du terme. Ce malaise c'est QU IL N Y A PAS D EGALITE DANS LE TRAITEMENT DES MEMOIRES!!! Bien sûr que la SHOA a été une moment dramatique, intoléable de l'histoire Européenne avec hélas une participation d'une partie de l'ETAT FRANCAIS mais on oublie sciemment que la TRAITE DES NOIRS AFRICAINS, L'ESCLAVAGE FRANCAIS et EUROPEEN était raciste et génocidaire faisant des dizaines de millions de victimes ( l'esclave avait une durée de rentabilité de 5 ans!!!) et la COLONISATION ensuite, puis aujourd'hui le néo-colonialisme ont encore aujourd'hui des conséquences morales, sociales et politiques, qi ont laissé des traces indélébiles et créent des souffrances psychologiques très prégnantes pour les descendants des victimes de ces 3 siècles de violence inouïe, sauvage et inhumaine. OUI NOUS L AVONS FAIT et à ce jour aucun PRESIDENT DE LA REPUBLIQUE FRANCAISE ne s'est excusé ce qui aurait au moins eu le mérite d'aider à la paix sociale en FRANCE et dans les quartiers sensibles. Alors évitons la démagogie Camarades!!! Dieudonné au début à tenté de traiter cette situation en dérision. Ne pas accepter sa forme d'humour l'a poussé à des propos extrémistes et encore écoutons le bien sans à priori! Il dit tout haut ce que beaucoup d'originaires d'Afrique, des Antilles, des ex colonies pensent tout bas. Nous nous mettons à l'écart de ceux qui souffrent réellement de racisme, de discriminations du fait de la couleur de leur peau! L'attitude du ministre de l'intérieur et de ceux qui le soutiennent est extrêmement dangereuse dans cette période de crise qui creuse encore les inégalités. Ces représentants du gouvernement sont ils tant aux abois pour chercher un bouc émissaire dans un humoriste leur servant à cacher leur politique qui tourne délibérément le dos aux intérêts et attentes du peuple. C 'est navrant affligeant le niveau politique que nous atteignons aujourd'hui en FRANCE. Pas étonnant que les gens se tournent vers le FN. Je suis triste de voir que MA VRAIE GAUCHE, le FRONT DE GAUCHE ne soient pas plus en phase avec toutes les souffrances de ceux qui devraient voter pour eux, mais c'est peut être aussi ça l'explication de nos difficultés.

    Par Perle de revolution, le 10 janvier 2014 à 14:47.

     

     

  • Sur l'interdiction des spectacles

    juste une chose : l'interdiction des spectacles n'est pas une question d'opportunité politique et ne devrait pas être une question politique. Malheureusement, le pouvoir a instrumentalisé cette question avec une circulaire.

    Mais, le droit est là, et la circulaire ne fait que le rappeler. Un simple citoyen peut faire interdire un spectacle sur la base du droit, c'est le droit et lui seul qui s'applique toujours de manière finale.

    J'aurais plutôt écrit : "s'agissant de la question de l'interdiction des spectacles, nous laissons les tribunaux de notre République dire la loi".

    Par Gautier WEINMANN, le 10 janvier 2014 à 13:58.

  •  

  • Sur Dieudonné et l'antiracisme....

    Je ne crois pas du tout que Valls ait fait son coup par antiracisme. Certe Dieudonné n'est pas une lumière de conscience politique et ne l'a jamais été même quand il était en duo avec Elie Semon, et je ne l'ai jamais apprécié en temps qu'artiste. Mais ce que reproche le PS et Hollande à Dieudonné ce n'est pas son antisémitisme qui est pas si évident. Prenons le geste de la quenelle: au départ c'est une carricature du geste qu'ulisait les fans d'Hollande pendant la campagne de 2012, et elle a été détourné par Dieudonné pour montrer que le peuple Français et les propres électeurs du PS, ce que pensent aujourd'hui ces propres électeurs. Quant à l'antisémitisme il n'est pas du tout le sujet central des clips de Dieudonné, mais il critique par exemple la collusion du PS et de l'UMP avec le Likoud France. Ce que je lui reproche c'est de ne pas être assez politique : il pourrait ainsi citer les juifs d'Afrique de Sud qui disent qu'Israel est pire que le régime d'Aparteid ce qui est évident, ou bien les juifs d'Europe qui sont antisionistes.

    Dieudonné est le miroir de la dépolisation organisée par les nouveaux chiens de garde.

    Par ZAPATA, le 10 janvier 2014 à 07:13.

     

     

  • Le fond du problème

    " Le danger est là, palpable dans toute la société, nourri par toutes les frustrations, les déstabilisations, les déchirures nées de la crise sociale, politique, culturelle et morale que traverse notre pays." C'est ça qu'il nous faut porter. On peut lutter idéologiquement contre les idées xénophobes ou plus généralement d'exclusion et de fragmentation de la société, et, bien sûr il faut le faire. Mais tant que la situation sociale se dégradera, le racisme, la politique de bouc émissaire perdurera. Le fascisme a toujours triomphé historiquement sur les décombres laissés par les défaites du prolétariat, que ce soit hier en Espagne, en Italie, en Allemagne, demain… Relire : http://www.humanite.fr/societe/la-bete-ouvert-un-oeil-525456

    Par Ivan, le 09 janvier 2014 à 21:48.

     

     

 
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12 janvier 2014 7 12 /01 /janvier /2014 09:13
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12 janvier 2014 7 12 /01 /janvier /2014 08:30

MONDE -  le 11 Janvier 2014

 

Ariel Sharon, le plus vieil ennemi des Palestiniens, est mort

 

 

Par Françoise Germain Robin. 

Il aura survécu pendant près de dix ans –dont huit passé dans un coma profond– à celui qu'il considérait comme son ennemi le plus dangereux, le plus irréductible, et qu'il avait tenté maintes fois d'abattre: Yasser Arafat. 

Ariel Sharon a fini par mourir samedi, alors qu'il végétait depuis 8 ans dans un hopital de Jérusalem. En Israël, on parle de lui comme d' un héros, « un guerrier qui sacrifié sa vie à la patrie ». François Hollande ne s'avance pas en parlant d'un « acteur majeur dans l'histoire de son pays », ce qui est incontestable. Mais dans quel sens a-t-il agi? Certainement pas dans celui de la paix.

La force de l'épée

Les Palestiniens en savent quelque chose. Ils ne le pleureront pas. Il leur a fait tant de mal, tout au long de sa vie. Il n'a même fait que cela. Nourri de l'idéologie du «Grand Israël» qui voulait conquérir la Palestine du Litani au Nil et de la Mediterranée au Jourdain pour en faire un état juif, il croyait avant tout à ce qu'il appelait «la force de l'épée» pour assurer l'avenir d'Israël. Aussi a-t-il tout de suite choisi la carrière militaire: engagé dans la Hagannah à 20 ans, pour la première guerre israélo-arabe, il commet son premier massacre en 1953 à la tête d'une unité des Forces spéciales en rasant le village de Kibya en Jordanie: 69 civils sont alors tués dans le dynamitage des maisons. Il deviendra un héros lors de la guerre des Six Jours en participant à la prise du Sinai et augmentera encore son prestige en 1973 en franchissant le canal de Suez, à la tête de ses parachutistes.

Un prestique qui lui ouvre aussitôt les portes de la Knesset pour le parti de droite nationaliste Likoud, puis celles du gouvernement en 1977. Comme ministe de l'agriculture, il lance une politique d'extension massive des colonies juives en Cisjordanie et dans la bande de Gaza occupées. Colonisation active et chasse aux Palestiniens seront, jusqu'à sa mort cérébrale en 2006, les deux piliers de son action politique. C'est lui qui inventa dès 1974 l'installation « coup de poing » de ce qu'il appelait des « avant postes » de colons dans les territoires palestiniens occupés. 

Même après les accords d'Oslo en 1993, alors qu'Israël est sensé négocier une solution définitive basée sur le concept de «la paix contre les territoires», il lance ce mot d'ordre aux jeunes du Likoud: «Occupez les collines, installez des avant-postes partout!», continuant la politique du fait accompli.

Sabra et Chatila

Son pire forfait aura été, en 1982, alors qu'il était ministre de la Défense de Menahem Begin, l'invasion du Liban, le siège de Beyrouth où il tente plusieurs fois de tuer Yasser Arafat en bombardant les immeubles où il est supposé être, et surtout, horreur parmi les horreurs: les massacres de Sabra et Chatila. Dans ces deux camps de réfugiés palestiniens de la banlieue sud de Beyrouth, il laisse ses alliés phalangistes libanais massacrer du 16 au 18 septembre plus de 3000 civils –les combattants palestiniens ayant été évacués par la France et l'Italie quelques jours plus tôt.

A lire: Massacres de Sabra et Chatila, 30 ans d'impunité

Ce crime, dont il est tenu pour responsable par l'ONU et par la Commission d'enquête israélienne ne l'empêchera pas de poursuivre une brillante carrière politique jusqu'au poste de Premier ministre qu'il occupe de 2002 jusqu'à sa mort cérébrale en 2006.

Entre temps il aura eu la satisfaction de contribuer à la mort de son ennemi de toujours, le président de l'OLP et de l'Autorité palestinienne, Yasser Arafat, qu'il avait enfermé dans sa résidence de la Moukata à Rammallah, encerclée par l'armée israélienne et régulièrement bombardée.  

Sans pitié et pragmatique

Ariel Sharon n'était pas seulement un guerrier sans pitié. Il était aussi un fin politique et un pragmatique. Ainsi réussit-il à faire passer pour un geste de paix le désengagement des colons de la bande de Gaza, opéré en 2005 de façon unilatérale, sans concertation avec l'OLP. Résultat: ce territoire - «64 ans de problèmes pour Israël» disait-il – est passé sous contrôle du parti islamique Hamas, consacrant une dangereuse division territoriale et politique de la Palestine et un affaiblissement de l'OLP.

Ce geste, alors salué comme courageux, en accompagnait un autre: la construction d'un immense mur de béton et de barbelés enserrant les territoires palestiniens, les grignotant, les disséquant, séparant hommes et terres et mettant gravement en question la viabilité d'un Etat palestinien.

Quant à savoir si Sharon aurait, comme il le promettait alors, poursuivi le démantèlement des colonies en Cisjordanie même, on ne le saura jamais. Une chose est certaine: il a, par son action, considérablement aggravé la situation. Cela d'autant plus qu'il laisse Israël aux mains de politiciens plus extrémistes encore puisque son successeur, Benjamin Netanyahu, n'a rien trouvé de mieux que de s'allier aux ultra-nationalistes de Lieberman et aux colons. C'est avec eux, aujourd'hui, que Mahmoud Abbas est sommé de faire la paix...

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BRUNO FORNACIARI

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