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23 décembre 2013 1 23 /12 /décembre /2013 18:29

UE-UKRAINE : LA GRANDE MANIPULATION

    wurtz-l-humanite-dimanche          Le refus du Président ukrainien de signer l’accord d’association avec l’Union européenne a déclenché dans ce pays des mobilisations populaires massives: que fait l’UE pour "mériter" cette confiance?

On peut facilement comprendre l’exaspération et la colère de millions d’Ukrainiens à l’égard de leur Chef d’Etat. Dans un pays où règnent une misère de masse et une corruption endémique, M. Ianoukowitch a, comme ses prédécesseurs, entretenu l’espoir de changements prometteurs grâce à une "association" voire , à terme,  une intégration de l’Ukraine à "l’Europe". L’Europe des "28" a beau s’enfoncer dans la crise et connaitre de graves atteintes à la démocratie : vue depuis l’Ukraine d’aujourd’hui, en particulier dans sa partie occidentale, culturellement plus proche que le reste du pays, l’UE continue de fasciner. Au royaume des aveugles…C’est ce rêve que le dirigeant ukrainien a brisé brutalement par sa volte-face de dernière heure, à la veille du Sommet censé le concrétiser.

La question de fond à se poser est: l’"offre" européenne était-elle de nature à répondre effectivement à l’attente des Ukrainiens? La réponse est non. Sur le plan strictement financier, l’ "aide" promise était (et demeure) de 610 millions d’euros, alors que le coût de la seule mise aux normes européennes de toute l’économie que cette manne était censée accompagner est évalué à plusieurs dizaines de milliards ! Plus profondément, l’accord de libre-échange envisagé mettait en concurrence le pot de fer européen et le pot de terre ukrainien, sans égard pour les immenses besoins de développement de cette économie aux abois. Pire: le "programme de réformes" du Fonds Monétaire International auquel l’Union européenne a exigé que l’Ukraine se soumette aurait des conséquences sociales ravageuses sur une société déjà à bout.On frémit en imaginant les effets dévastateurs que pourrait engendrer une nouvelle et cruelle désillusion de masse parmi ces populations s’estimant une nouvelle fois flouées! Mesure-t-on, en effet, la confusion politique qui règne aujourd’hui à Kiev, où non seulement aucun des leaders émergeant des manifestants n’a de programme, mais où est accepté parmi les porte-parole du mouvement le chef du parti Svoboda ("Liberté"…), une faction qui s’appelait jusqu’en 2004…"parti national-socialiste ukrainien" et qui continue de se réclamer de l’ "Organisation des nationalistes ukrainiens" qui s’illustra durant la guerre au côté des criminels nazis ? Que resterait-il, une fois libérés ces vieux démons, de l’ambition affichée par l’UE de contribuer à la démocratisation des institutions ukrainiennes et à la consolidation de l’Etat de droit ?

Reposons dès lors la question essentielle: quel objectif stratégique motive-t-il les dirigeants européens dans leur empressement à attirer l’Ukraine dans l’orbite de l’UE, alors même qu’ils n’envisagent nullement de consentir aux investissements lourds qui seraient nécessaires pour répondre aux attentes, et encore moins d’intégrer dans l’Union un Etat de 45 millions d’habitants au bord du défaut de paiement ? Réponse: créer une "zone tampon" face à Moscou et réduire sensiblement l’influence de la Russie dans l’ancien espace soviétique et, par là même, en Europe et sur la scène internationale. Quitte à diviser l’Ukraine, voire à la déstabiliser; et au risque de provoquer sur le continent des tensions d’une autre époque. Cela ressemble fort à une grande manipulation .

C’est tout le sens du "Partenariat oriental" – lancé en 2009 sur l’insistance des dirigeants polonais-  dont l’accord avec l’Ukraine devait être la pièce maîtresse, mais qui structure la stratégie de l’UE vis-à-vis d’une région englobant le Bélarus, la Moldavie, la Géorgie, l’Arménie et l’Azerbaïdjan! Une tout autre "politique de voisinage" est possible , sans arrière-pensée déstabilisatrice ! La crise ukrainienne doit être l’occasion d’ouvrir franchement ce débat.

19 décembre 2013 at 7:20 Laisser un commentaire

LE DROIT EUROPÉEN ET LE "DUMPING SOCIAL"

wurtz-l-humanite-dimanche    Pour "re-fonder" l’Europe, il est bon de bien cerner ses fondements actuels , pour mieux les cibler dans les débats comme dans les actions. Exemple très actuel: la directive sur les "travailleurs détachés" de 1996 . Rappelons-en la teneur:  une entreprise établie dans un pays de l’Union européenne (UE) peut "détacher" des travailleurs dans un autre Etat de l’UE pour y fournir un service pendant une période limitée. Dans ce cas, l’entreprise étrangère peut appliquer les règles de son pays d’origine, sauf en ce qui concerne "un noyau dur de règles protectrices clairement définies"pour lesquelles s’applique le droit du travail du pays d’accueil. Dans ce "noyau dur" figure notamment le respect du salaire minimum du pays d’accueil, mais ….pas le versement des cotisations sociales . Celles-ci doivent être payées dans le pays d’origine (soit, selon l’Etat en question, deux voire trois fois moins qu’en France,par exemple.) Le "coût du travail" – qui obsède tant le patronat- sera donc bien moindre pour l’entreprise étrangère que pour ses concurrentes locales. Ce qui encourage naturellement les employeurs du pays d’accueil à accentuer encore leur chantage à l’emploi et les pressions à la baisse des salaires et des "charges" sociales , ou encore à sous-traiter les travaux qui s’y prêtent à des entreprises de pays voisins, aux législations plus douces aux patrons.

Il est beaucoup question de cette directive en ce moment . A Bruxelles, on fait grand cas de la préparation d’une nouvelle directive (annoncée par M. Barroso, le président de la Commission, depuis … 2009 ) visant à améliorer "l’application" de la précédente pour limiter (à la veille des élections européennes) les abus scandaleux qui révulsent légitimement les citoyens. Il faut naturellement suivre de près ces négociations .Toute (éventuelle) avancée, même très partielle , mériterait, le cas échéant , notre soutien. Mais la bataille ne peut s’arrêter là.

Elle doit éclairer les citoyens sur l’imposant arsenal juridique européen progressivement mis en place, et qu’il faut remettre en cause car il "légalise" le "dumping" social par la mise en concurrence des travailleurs et des modèles sociaux . La directive de 1996 sur les "travailleurs détachés"n’est que la partie émergée de cet iceberg . Elle était même censée en être le "garde-fou" grâce à son "noyau dur de règles protectrices" destiné à éviter des explosions sociales.

Le problème de fond, ce sont d’abord les traités, dont tout découle. La "libre circulation des services" est citée dès le traité de Rome en 1957 parmi les "libertés du marché", mais sa réalisation commence réellement à la fin des années 80 avec le "marché unique", puis se poursuit avec Maastricht. La directive "Bolkestein" était directement inscrite dans cette ligne stratégique. Par ailleurs, la Cour de Justice de l’UE s’est lancée , à partir de 1991 ,dans une interprétation de plus en plus libérale des traités, allant jusqu’à autoriser, en 2008, une entreprise de construction polonaise à payer ses ouvriers "détachés" en Basse-Saxe moitié moins que le …salaire minimum en vigueur dans le secteur du bâtiment de ce Land allemand, sous prétexte qu’il ne s’agissait pas d’un SMIC national! Elle a également condamné le Luxembourg pour avoir obligé des entreprises étrangères d’appliquer à leurs "travailleurs détachés" la loi luxembourgeoise qui prévoit l’indexation automatique des salaires sur le coût de la vie!.La directive de 1996 s’avère être un garde-fou qui n’arrête pas les fous …C’est bien pourquoi il faut aller beaucoup plus loin et réorienter en profondeur cette Europe, en visant sa refondation .

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23 décembre 2013 1 23 /12 /décembre /2013 17:07
LUNDI 23 DÉCEMBRE 2013

 A Clermont-Ferrand, les communistes ont finalement fait massivement le choix d’une liste de rassemblement avec le Parti socialiste dès le premier tour. Je tiens ici à saluer cette annonce et leur esprit de responsabilité. Depuis des mois, ils étaient pourtant résolument engagés dans la construction, pour ce premier tour, d’une liste du Front de Gauche. Malheureusement, la constitution de cette liste au service des Clermontoises et des Clermontois a été rendue impossible par l’intransigeance de deux des quatre composantes de notre rassemblement. Un vrai gâchis alors que le Front de gauche pouvait s’appuyer sur une expérience solide de campagnes communes réussies dans ce département et sur l’agglomération clermontoise.

AC-CC

 Je pense bien entendu à la dynamique des dernières élections régionales, avec le meilleur score de France du Front de gauche. La liste que je conduisais avait obtenu près de 20 % dans le département, et un score historique de 13,23 % sur la ville de Clermont-Ferrand, malgré la présence de 2 listes d’extrême gauche, dont une conduite par Alain Laffont. Cette belle dynamique s’était d’ailleurs prolongée lors des élections cantonales, présidentielles et législatives, avec, là-aussi, un ancrage électoral porteur d’espoir. Cette progression était un vrai signe de confiance envers un rassemblement politique portant des propositions concrètes pour changer la vie, sans jamais tomber dans la surenchère ou l’opposition stérile. Depuis 2010, le Front de Gauche dans le Puy-de-Dôme a ainsi réussi à faire vivre une pratique politique qui m’est chère : une démarche partant des besoins des populations, pour se prolonger jusqu’au sein des institutions, où les élus du Front de Gauche sont à la fois porteurs efficaces des attentes populaires et relais des luttes ; une démarche qui se veut aussi respectueuse des autres forces de gauche et progressistes.

 J’ajouterai, pour en avoir été un des premiers artisans, que les 3 composantes fondatrices de notre rassemblement avaient su travailler jusqu’alors en confiance mutuelle, sans taire leurs différences d’appréciation, mais toujours à la recherche d’un consensus, avec l’objectif d’avoir des élus utiles aux habitantes et aux habitants. Le Front de gauche donnait ainsi à voir une conception de la politique respectueuse des sensibilités et des engagements de chacune de ses organisations, tout en recherchant les moyens les plus adaptés pour construire dans la durée notre présence collective dans le champ politique, au cœur de la gauche du département et de la région.

 Avec l’arrivée de la Gauche anticapitaliste au sein du Front de gauche, cette démarche de confiance réciproque aurait pu être poursuivie avec les mêmes objectifs politiques. Mais l’échéance municipale clermontoise a soudainement cristallisé une volonté de porter une radicalité à la gauche de la gauche, détachée subitement des valeurs constitutives de notre rassemblement. C’est sur cette base réductrice que le nouveau venu, Alain Laffont, s’est proclamé comme seul candidat possible. L’objectif était clair : briser notre dynamique de construction du Front de gauche depuis 2009. Imposer aux autres organisations une telle personnalité et son orientation politique destructrice revenait effectivement à rendre impossible la construction d’une liste du Front de Gauche au premier tour de l’élection municipale à Clermont-Ferrand.

 Ces deux derniers mois, les demandes répétées du PCF et de la Gauche unitaire d’étudier d’autres propositions pour conduire notre liste ont systématiquement buté sur le refus de la Gauche anticapitaliste et du Parti de gauche d’envisager toute autre perspective. Pour débloquer la situation, je suis personnellement intervenu à plusieurs reprises auprès des dirigeants nationaux et départementaux du Parti de Gauche, sans obtenir de résultat. Je peux témoigner que malgré cette intransigeance regrettable les militants et élus communistes clermontois ont fait preuve jusqu’au bout d’un engagement sans failles pour parvenir à un accord, dans le prolongement de la confiance et du respect mutuels qui caractérisaient si bien notre rassemblement jusqu’alors. Ils n’ont eu de cesse de redire, à l’ensemble des composantes du Front de gauche, puis publiquement, que sans recherche d’une candidature alternative à celle qui était imposée la concrétisation d’une liste Front de Gauche s’éloignait. La proposition commune du PCF et de la Gauche unitaire que Gérard Bonher, membre de la Gauche unitaire à Clermont-Ferrand, puisse conduire cette liste a essuyé un nouveau refus. En vain, leur appel à une candidature issue du mouvement social a aussi été rejetée par les deux autres composantes. Elle était pourtant soutenue par plus de 50 responsables syndicalistes et associatifs.

 Pour les communistes, il n’était pas admissible que l’on impose aux organisations historiques du Front de Gauche à Clermont-Ferrand, une tête de liste qui s’est présentée systématiquement en adversaire du Front de gauche aux élections européennes, régionales, cantonales, présidentielle et législatives. J’ai plus particulièrement en mémoire la brutalité des propos d’Alain Laffont, maniant la calomnie et l’insulte à mon encontre, entendant même passer « la corde au cou » aux militants communistes engagés dans la campagne des dernières régionales. Nous sommes nombreux, au sein du Front de gauche, à avoir gardé de ces propos d’une extrême violence l’image d’un militant agressif qui privilégie le conflit au sein de la gauche, plutôt que l’échange et la construction au service de nos concitoyens. Je le dis très clairement : je ne partage pas cette façon de concevoir les rapports politiques. Elle traduit malheureusement aussi une façon de concevoir les élections comme une simple tribune, sans réel souci d’être utile aux habitantes et habitants pour changer concrètement leurs conditions d’existence. C’est tout le contraire de l’action conduite par les élus communistes, et à l’Assemblée nationale par les 10 députés du Front de gauche, dont je préside le groupe.

 C’est donc en prenant en compte ce contexte, et dans la transparence avec les autres composantes du Front de gauche, que les communistes et la Gauche unitaire ont été conduits à engager des discussions avec la liste conduite par Olivier Bianchi et le Parti socialiste. L’état d’esprit d’ouverture et de dialogue a permis de clarifier les contours programmatiques et politiques d’un rassemblement de la gauche au premier tour, autour d’une gestion profondément démocratisée, ouverte en grand à la participation populaire.

 Comme dans toutes les communes de France où ils sont représentés, les communistes clermontois ont ensuite été appelés à faire leur choix entre les deux propositions. L’ampleur du résultat, pour constituer une liste de rassemblement avec le Parti socialiste dès le premier tour, constitue un véritable engagement pour l’avenir, pour construire la gauche de demain à Clermont-Ferrand. Cet engagement peut s’appuyer sur le partage d’exigences fondamentales en faveur du maintien et du développement des services publics, avec notamment la mise en débat de la gratuité des transports collectifs, pour une démocratie et une citoyenneté municipales renforcées, pour une politique de l’enfance renouvelée.

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 Au côté de nos amis de la Gauche unitaire, les communistes clermontois mèneront sans aucun doute une campagne active pour battre la droite et l’extrême-droite à Clermont-Ferrand en mars prochain. En représentants du Front de gauche, ils continueront ainsi à faire avancer les propositions de notre mouvement au sein de toute la gauche. Je suis pour ma part convaincu qu’aux côtés de Cyril Cineux et Gérard Bonher, l’action de nos élus Front de Gauche au sein de la future municipalité sera guidée par la volonté de faire avancer le progrès social, d’être utiles au quotidien, d’être les relais des luttes des salariés. Ils peuvent compter sur mon soutien et mon engagement sans failles à leur côté.

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23 décembre 2013 1 23 /12 /décembre /2013 16:34

 

MÉDIAS -  le 23 Décembre 2013

Les étrennes de L'Humanité ( 1/8 )

Il défend son journal 
avec des livres...

Souscription populaire pour l'Humanité et l'Humanité dimanche.

Chaque jour, rencontre avec un acteur de la défense de l’Humanité.  Aujourd’hui : Robert Séguéla.  Avec des amis, il a créé une librairie originale en soutien au pluralisme de la presse.

L'Humanité et ses équipes font appel à leurs lectrices et lecteurs, aux organisations progressistes et démocratiques, à toutes les personnes attachées au pluralisme des idées et de la presse. Dès maintenant, faites un don en utilisant le formulaire de souscription ou faites un don en ligne.

Robert Séguéla, soixante-huit ans, n’est pas de ceux qui parlent à tout bout de champ, et surtout d’eux-mêmes. Il n’est pas non plus taiseux, il dit ce qu’il a à dire, c’est tout. Parler de lui? D’accord, mais à condition que cela serve LA cause. Celle de son journal depuis toujours, l’Humanité, et celle du peuple, toutes ces femmes et tous ces hommes qui aspirent à la reconnaissance de leur utilité sociale, à rebours de l’individualisme dominant. Pour ce qui le concerne, depuis un an, cet engagement a pris un tour associatif.

Des livres et des combats

Avec une poignée d’amis de Vitry-sur-Seine (Val-de-Marne), il a créé Livres en luttes, dont l’action est simple: collecter des livres d’occasion à caractère militant, les classer et les remettre en circulation auprès du public des congrès syndicaux, des manifs du Front de gauche ou encore de la Fête de l’Humanité. 45 000 ouvrages ont déjà été recueillis. «Une amie de Nevers a acheminé par ses propres moyens 120 cartons!» Une générosité en osmose avec le but de l’association. Car le produit de la vente de ces livres d’occasion est reversé aux journaux qui soutiennent les mouvements sociaux, l’Humanité, mais aussi, entre autres, la Nouvelle Vie ouvrière (NVO), l’hebdo de la CGT. Robert, l’ancien cheminot, est venu à l’Huma par la CGT, d’ailleurs.

Quand il rejoint le PCF en 1969, il est déjà syndicaliste depuis quelques années. Et l’un des premiers actes militants qu’on lui confie est la diffusion de l’Humanité dans les manifs de cheminots. Il se souvient de l’une d’elles, à Saint-Étienne, où lui et ses camarades parviennent à vendre 300 numéros. Il se remémore aussi les grandes luttes de 1995. Il est alors responsable de la diffusion à Paris-Austerlitz. «En vingt-trois jours, 1.800 numéros écoulés sur huit postes de vente!» annonce-t-il, non sans une pointe de fierté bien placée.

Formation de journaliste avant la retraite

À la SNCF, dès son embauche, il baigne dans un milieu syndical très combatif. Lui arrive de la campagne profonde, d’un petit village du Tarn-et-Garonne où sa famille, «comme tout le monde», connaît «le dénuement». Robert y a vu le jour en 1945. Pas de gaz, pas d’eau courante, à cette époque. «Mais on n’était pas malheureux», insiste-t-il. Pas malheureux, mais pas résignés face aux injustices, loin de là! «Socialisme, communisme, etc. Pour nous, c’était de grands mots un peu obscurs.» La lutte des classes n’en était pas moins une «réalité partagée», raconte ce fils d’un père manœuvre en maçonnerie et d’une mère saisonnière sur les exploitations agricoles des environs. C’est sur ce terreau populaire que le militant de l’Humanité a cultivé son esprit. Et avec quelle ardeur! En 1999, à deux ans de la retraite, il décide de suivre une formation de journaliste. Il faut dire que le traitement journalistique du mouvement de 1995 l’a bien échaudé. « Les cheminots n’ont quasiment pas été invités dans les débats, comme s’ils n’étaient pas capables de parler de leur lutte. » Robert, lui, a alors décidé qu’il ne laisserait plus jamais confisquer ni sa parole, ni celle de ses compagnons.

Souscription populaire pour l'Humanité et l'Humanité dimanche


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22 décembre 2013 7 22 /12 /décembre /2013 08:18
Actualité > 

Société

IVG : la charge de Marion Maréchal Le Pen

Publié le 12.10.2012

Marion Marechal Le Pen

Marion Marechal Le Pen| Alain auboiroux

Marion Maréchal Le Pen souhaite que l'Etat ne rembourse plus les interruptions volontaires de grossesse (IVG). «Ce n'est pas à l'Etat de réparer les inattentions des femmes» a déclaré la député frontiste du Vaucluse, qui dénonce des excès. Une position radicale qu'elle a signalée dans un entretien au Mouv mercredi. 
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21 décembre 2013 6 21 /12 /décembre /2013 18:42

Union bancaire: contraire aux besoins humains !

 

europe-commerce-ecommerce-©-baurka-Fotolia.com_-1024x1024

Après de longues tractations les ministres européens des finances ont conclut un accord sur un système européen de résolution des crises bancaires.

Ce système est présenté comme un outil devant apporter un cadre de résolution des  crises bancaires européennes. Le mécanisme mis en place ne s’attaque en rien aux causes de la crise européenne et n’empêchera pas de futures crises bancaires car elle ne s’attaque pas au fonctionnement des banques dominé par la spéculation.

 

Une supervision unique qui renforce le rôle d’une BCE non-démocratique

L’Union bancaire lancée par le Conseil européen de juillet 2012 se donnait 4 objectifs: la création d’un superviseur unique européen des banques, le mécanisme de résolution des crises bancaires, et une garantie des dépôts.

Le superviseur unique est la banque centrale européenne. Elle contrôlera 128 banques sur les 6000 existantes dans la zone euro.  L’Allemagne imposant une fois de plus ses exigences et refusant le contrôle de ses banques régionales dont on ignore encore à quel point la crise les ont fragilisées.

Confier encore plus de pouvoir à la BCE , revient a renforcer les orientations a-démocratique de l’actuelle construction européenne. En effet aucune décision n’a été prise pour placer cette même banque centrale sous le contrôle politique des gouvernements et des parlements.

 

La restructuration des banques chypriotes prise comme exemple

La réunion du Conseil européen ayant validé ce projet, nous pouvons considérer que nous entrons dans une nouvelle étape d’intégration. En effet, si la supervision européenne détecte une faiblesse dans les établissements financiers: un mécanisme européen de résolution des crises bancaires.

Or, jusqu’alors ce sont les autorités bancaires nationales qui décidaient si une banque devait être refinancée et donc sauvée ou restructurée -souvent au frais du contribuable. Le seul cas où l’Union européenne fut à la commande de telles restructurations, fut à Chypre, avec une restructuration violente. Il s’agit donc d’un transfert de souveraineté conséquent.

C’est pourtant l’exemple chypriote qui sert de référence. Puisque les même recettes sont prévues en cas de restructurations: d’abord une ponction des actionnaires les plus récents et des déposants (à Chypre ce sont les dépôts de plus de 100 000 euros qui ont été taxés à 6%); ensuite un appel aux fonds nationaux qui vont être mis en place; et uniquement en dernier recours un appel aux fonds européens. La solidarité européenne promise est donc loin puisqu’elle n’est possible qu’en dernier recours une fois les capacités financières nationales utilisées.

 

Des fonds de résolution trop complexes et pas assez dotés par les banques

La création des fonds de résolution nationaux, qui fusionneront dans 10 ans dans un fonds unique européen pose plusieurs questions:

D’abord sur la méthode: ces fonds nationaux alimentés par les banques visent à couvrir l’équivalent de 1% des dépôts européens, soit entre 55 et 60 milliards en tout. Mais ils n’atteindront cet objectif que dans 10 ans, pendant cette période les Banques contribueront chaque année pour  10% de cette somme et ce sont encore les États qui combleront si nécessaire.

Le déblocage de ces fonds doit de plus passer par une procédure kafkaïenne: d’abord la BCE décèle un problème. Ensuite elle en informe un comité de résolution composé des autorités nationales de résolutions. Suit une adoption avec des règles de majorité différentes selon les fonds demandés. Puis la décision doit être validée par la Commission puis le Conseil; avant de revenir aux autorités nationales qui doivent appliquer la décision. On imagine mal ce type de décision pris en un weekend comme c’est pourtant nécessaire en situation de crise.

Enfin sur l’enveloppe même de ces fonds de résolution. Afin de ne pas brusquer les banques on se limite à la portion congrue et en l’étalant sur 10 ans. Ce mécanisme ne survit pas à un simple examen des chiffres: le sauvetage des banques espagnoles a demandé 40 milliards de prêts supplémentaires à l’État Espagnol. Celui des banques grecques 40 autres milliards et la seule Banque Anglo Irish avait besoin de 30 milliards, ce qui a placé l’Irlande sous la supervision de la troïka en échange de cet argent. On estime que c’est 473 milliards d’euros en seul capital qui ont été injecté dans les banques depuis 2008.

Cet argent est dans la plupart des cas remboursé avec intérêts, comme ce fut le pour les prêts accordés par l’État français à ses banques. Mais les exemples espagnols et irlandais montrent qu’arrivés aux pires moments ces crises bancaires peuvent faire plonger un Etat. Les 55 milliards annoncés dans 10 ans ne sont qu’une petite goutte d’eau dans le grand océan des bilans des banques dont il n’est pas rare qu’ils atteignent 1500 voir plus de 2000 milliards d’euros. Ceci  ne peut dès lors répondre ni dans 10 ans et encore moins maintenant au moindre choc bancaire. C’est finalement la contribution des banques qui est fixée pour les 10 années à venir alors que les États se chargeront eux du reste.

 

Une évaluation des banques qui va pousser les États vers les prêts conditionné aux reculs sociaux.

Ces nouveaux mécanismes étant donc dépourvu de moyens, se pose donc une question simple: qui va payer la prochaine crise bancaire? Les États !! Mais avec une nouveauté. Avec la crise de la dette les États ont vu leur capacité d’emprunts sérieusement limitée, et ils se sont de plus en plus régulièrement tournés vers les instruments européens de « solidarité » Le premier de ceux ci étant le MES, le Mécanisme européen de stabilité doté lui de 500 milliards d’euros de garanties. Mais toute « aide » de ce fonds est conditionnée à un programme de politiques économiques tels que ceux imposés par la Troïka.

En l’absence d’une vraie solidarité européenne bancaire c’est donc toujours par le MES et ses conditions définies par la BCE et la Commission que les États devront passer. La demande des pays du Nord, l’Allemagne en premier, pour des contre- réformes de fléxibilisation du travail et de l’économie ; de pression à la baisse des salaires, de privatisations, de recul de l’âge de la retraite.

En vérité ,il n’y a pas de solution viable sans rompre avec les mécanismes actuels favorisant la spéculation financière au détriment de l’emploi et des besoins humains. Ceci implique une lutte unie pour transformer la banque centrale européenne et de disposer  de solides pôles publics bancaires incluant la nationalisation d’un certain nombre de banques.

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21 décembre 2013 6 21 /12 /décembre /2013 16:12

MONDE -  le 20 Décembre 2013

 

La France était la principale pourvoyeuse d’armes de l’apartheid

 

 

Que cachent les éloges adressés à Nelson Mandela lors de son décès ? Tribune par Jean Chatain, journaliste honoraire, spécialiste de l’Afrique.

Le déluge de louanges et contritions ayant accueilli, dans les médias et les milieux de droite français, le décès de Nelson Mandela relève de ce que l’on pourrait appeler par euphémisme une mémoire plus que courte. Oublié les anciennes diatribes faisant alternativement de l’ANC un pion de Moscou ou de Pékin et présentant ses responsables comme autant de terroristes fanatisés. Oublié de façon générale le refus français de prendre à son compte les mesures d’embargo préconisées par les Nations unies contre le régime de l’apartheid, comme l’attestait le formidable bond en avant des échanges de notre pays avec celui de Pieter Botha, tout particulièrement pour ce qui concerne les livraisons d’armes.

Le rôle de la France pompidolienne puis giscardienne, aux côtés notamment de la RFA et d’Israël, dans l’accession du pays à l’arme nucléaire ne peut être minimisé, mais il est loin d’épuiser à lui seul la question. Dès 1960, année du massacre de Sharpeville (une soixantaine de morts), de Gaulle s’était opposé au texte de condamnation débattu au Conseil de sécurité ; il récidivait en août 1963 en s’abstenant lors du vote de la résolution demandant aux États de « mettre fin immédiatement » aux ventes d’armes à l’Afrique du Sud. Dans toute la période suivante, la Ve République devint d’ailleurs, et de loin, le premier fournisseur du régime d’apartheid en ce domaine (à lire: Quatre Présidents et l’Afrique, 
de Claude Wauthier, Seuil, 1995). Les tueries suivantes de Soweto (1976) furent perpétrées essentiellement avec des armes « made in France ».

On distingue deux phases dans l’évolution de ce très juteux commerce, notait la revue Économie et Politique, l’un des rares titres à s’être alors préoccupé du problème (lire « Les monopoles français en Afrique du Sud », 
de Jacques-Louis Fath, Économie et Politique
 n° 278, septembre 1977) : dans un premier temps, les livraisons d’armes proprement dites ; auxquelles succédèrent, dans les années 1970, des fournitures de catégories de produits industriels et d’apports technologiques connexes au domaine militaire ou dont le caractère stratégique et l’usage militaire ne font aucun doute. Cela en autorisant l’Afrique du Sud à acheter de nombreuses licences de fabrication à des groupes comme Dassault ou Panhard, lui permettant éventuellement de fabriquer ainsi ses propres hélicoptères, missiles et automitrailleuses.

Des engins de mort qui ne servaient pas qu’à la répression interne, mais aussi à de nombreuses opérations contre les pays voisins de la « ligne de front » (Mozambique, Angola, Zambie, Botswana, Zimbabwe), c’est-à-dire ceux abritant des sièges locaux ou des camps de l’ANC et de ses alliés. Un seul exemple parmi beaucoup d’autres possibles: en 1978, les Mirages vendus à l’Afrique du Sud font quelque 600 morts en pilonnant un camp de réfugiés de la Swapo, le mouvement de libération de la Namibie, à Cassinga en Angola. Déjà, en 1968, une brochure publiée par l’ANC (« L’apartheid et la France ») mettait en avant ce jugement catégorique émis par le Financial Mail de Johannesburg : « Tout bien considéré, la France, parmi les grandes puissances, est vue comme la seule amie de l’Afrique du Sud. » La même année, le quotidien pro-gouvernemental Die Vaderland publiait cette lettre d’un lecteur au racisme enthousiaste et reconnaissant : « Lors des revues, le public contemple avec fierté le déploiement de notre armée. Parfois ce sont des chars d’assaut Panhard, construits en Afrique du Sud sous licence, qui ouvrent la marche du défilé. Je ne parlerai pas des autres achats de matériel militaire à la France qui nous permettent de renforcer notre capacité de défense. Cela m’entraînerait trop loin » (Texte reproduit dans l’ouvrage cité de Claude Wauthier. Avec cette conclusion que l’on s’en voudrait de ne pas reproduire : « C’est pourquoi toute l’Afrique du Sud peut crier du fond du cœur : vive de Gaulle ! »).

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Published by bruno fornaciari - dans MEMOIRES - HOMMAGES - SOUVENIRS
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21 décembre 2013 6 21 /12 /décembre /2013 10:56

Marie-Hélène Amiable sur la Métropole du Grand Paris : « C’est une métropole durable, solidaire et citoyenne qu’il nous faut »

 

 

L’Assemblée nationale vient d’adopter le texte portant la création, au 1er janvier 2016, de la Métropole du Grand Paris. Cette vaste collectivité absorbera la capitale et les villes des trois départements de petite couronne : le Val-de-Marne, les Hauts-de-Seine et la Seine-Saint-Denis.

Faisant table rase des intercommunalités existantes sur ce territoire, la Métropole enlèvera aussi aux communes une partie de leur pouvoir de décision, notamment en matière de logement, d'urbanisme et d'aménagement économique.

Je ne cache ni mon regret, ni mon inquiétude.

Pour moi, la Métropole est bien sûr une réalité territoriale. Mais le projet de loi que les Parlementaires ont validé n’est pas à la hauteur des défis à relever : agir contre les inégalités sociales et territoriales, répondre aux besoins croissants en matière de services publics, assurer une transition écologique, renforcer les exigences de proximité et de démocratie au sein des collectivités territoriales.

Je pense notamment à la participation future des habitants à la vie démocratique. 
Je déplore que cette loi n’ait pas fait l’objet du débat public qu’elle méritait, ni avec les maires, ni avec les citoyens. Et au moment où beaucoup d’entre eux aspirent légitimement à intervenir toujours davantage dans la vie de leur commune, cette re-centralisation du pouvoir, loin du terrain, n’est pas un bon signe.

Tout cela va à l’encontre des politiques que nous menons à Bagneux depuis des années pour rapprocher les citoyens des lieux de décisions qui les concernent : rencontres et conseils de quartiers, enquêtes publiques, débats et jurys citoyens, comptes rendu de mandat, etc.

L’autre importante question posée est celle des politiques qui seront mises en œuvre et des moyens qui leur seront alloués.

La Métropole disposera des ressources des anciennes communautés d'agglomération qui seront toutes supprimées. Elles seront remplacées par des "territoires" qui devront réunir au moins 300 000 habitants. Ces territoires – qui n’auront pas le statut d’établissement public - auront pour principale mission la simple mise en oeuvre des stratégies définies par la Métropole !

La Métropole devrait garder environ le quart de ses ressources transférées pour ses compétences propres et « des investissements d'importance métropolitaine » et redistribuer « les restes » aux communes et aux « territoires ». Dans un contexte national et européen marqué par la baisse des dotations aux collectivités, par la réduction des déficits et la compétition accrue entre territoires, cela n’augure rien de bon.

Tout cela va à l’encontre aussi de la dynamique positive que nous avons créée au travers de des actions de terrain de notre communauté d’agglomération Sud de Seine et grâce à l’engagement des villes de Bagneux, Clamart, Fontenay-aux-Roses et Malakoff.

Quoi qu’il en soit, je reste déterminée à agir pour les intérêts de Bagneux, de ses agents, au sein de toutes les assemblées et instances où notre ville est représentée. Plus que jamais, nous devons nous mobiliser pour gagner les moyens de nos ambitions, refuser l’austérité et l’éloignement des lieux de décision.

C’est le personnel communal et intercommunal qui fait aujourd’hui la force et la vitalité du service public. C’est grâce à son action que nous pouvons entretenir la vitalité et le rayonnement de notre territoire.

C’est aussi grâce à eux que nous pourrons œuvrer à un équilibre social et territorial mis à mal par les politiques successives d’austérité.

Les Balnéolaises et les Balnéolais méritent le meilleur. Comme je l’ai toujours fait jusque-là, je continuerai à défendre leurs intérêts dans toutes les instances et assemblées où notre ville est représentée.

Marie-Hélène Amiable, maire de Bagneux

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20 décembre 2013 5 20 /12 /décembre /2013 14:26
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20 décembre 2013 5 20 /12 /décembre /2013 11:40
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20 décembre 2013 5 20 /12 /décembre /2013 11:39
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BRUNO FORNACIARI

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