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11 décembre 2013 3 11 /12 /décembre /2013 06:40

Adieu Foulquier, on t'aimait bien...

Mot-clefs: Archives 
Lieux

La danseuse et chorégraphe Régine Chopinot a pris fait et cause pour les artistes qui se sont mis en grève. Ça n'a pas plu à Jean-Louis Foulquier, pour qui les artistes subventionnés doivent se contenter de jouer et fermer leur gueule.
Ce qu'a dit Jean-Louis Foulquier à propos de Régine Chopinot est d'une extrème gravité. Son image de défenseur des artistes ne devrait pas s'en relever. Qu'il conchie la CGT, rien que de très normal pour un entrepreneur. Mais qu'il s'en prenne à une artiste et lui demande de s'écraser sous prétexte qu'elle reçoit des subventions de la Région Poitou-Charentes (présidée par Jean-Pierre Raffarin), c'en est trop. 

"J'en veux à Régine Chopinot d'avoir jeté de l'huile sur le feu alors qu'elle est la protégée de Raffarin" a-t-il perfidement balancé, tout en annonçant que les Francofolies n'auraient pas lieu. 

Le masque est tombé. Pour Jean-Louis Foulquier, un artiste, ça va à la gamelle et ça ferme sa gueule ! 

J'avais beaucoup d'estime pour le travail accompli par Foulquier dans le domaine de la chanson. C'est vrai qu'il a révélé des talents inconnus (au passage, ceux qui sont devenus célèbres le lui ont bien rendu... un bon investissement, donc). 

Foulquier n'avait jamais caché sa proximité avec le RPR. On pouvait se dire, bon, c'est par nostalgie du gaullisme, comme pour Jean-Christophe Averty. Ou bien c'est juste pour gratter des subventions. Mais à la réflexion, non, sinon il aurait fait copain-copain avec les radicaux-cassoulet, qui dirigeaient la ville du temps de Crépeaux. 

Aujourd'hui on comprend mieux cette proximité. Et l'on se pose des questions sur sa sincérité lorsqu'il se dit proche des artistes rebelles. La chanson vivante, finalement, c'est un bizness comme un autre. Et la chanson engagée, c'est une part de marché. On peut chanter "vive l'anarchie" sur scène (jouer des pièces de Brecht pour les théâtreux), c'est pas grave, c'est juste un créneau à occuper. 

Mais lorsqu'il est question de ne plus faire semblant et de se révolter pour de bon, là c'est autre chose. "déconnez pas les copains, on vous fait béqueter toute l'année", pleurniche l'ami des artistes. 

Finalement le hiatus n'était qu'apparent. Et l'ambiguïté finit toujours par se retourner contre ceux qui veulent bouffer à tous les rateliers.Comme disent justement les anarchistes à propos des capitalistes : "ils iraient même jusqu'à vendre la corde qui servira à les pendre !"

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11 décembre 2013 3 11 /12 /décembre /2013 06:18

 

Rappel

Cuba change le monde : La médecine cubaine a découvert le vaccin contre le cancer du poumon ! Les américains veulent étouffer l’affaire

 

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La Havane. Mercredi 30 novembre 2011. CCN La nouvelle fait déjà grand bruit dans le monde médical occidental. Les américains sont fous de rage. Les chercheurs cubains annoncent que le CIMAVAX EGF, un vaccin cubain contre le cancer du poumon a prouvé son efficacité. Des millions de patients dans le monde vont pouvoir être sauvés. Selon la correspondante de CCN, la recherche cubaine accorde une priorité au combat contre le cancer.

Le cancer du poumon est considéré comme l’un des cancers les plus graves, fréquents et mortels au monde. L’Organisation Mondiale de la Santé a fait savoir que cette maladie tue chaque année 5 millions de personnes, et que la tendance est à la hausse. On estime qu’en 2030 8 millions de personnes mourront par an de cette maladie.

À Cuba, 20 000 personnes meurent chaque année de cancer du poumon. Elle est la principale cause de mort dans 12 des 15 provinces cubaines.

Des chercheurs du Centre d’Immunologie moléculaire de La Havane ont mis au point le vaccin thérapeutique Cimavax EGF, qui est le résultat de 25 ans de recherche sur les maladies associées au tabagisme.

Le docteur Gisela Gonzalez qui a dirigé l’équipe de chercheurs qui a créé le vaccin pense que grâce à ce médicament le cancer du poumon pourrait devenir une maladie chronique contrôlable, car le vaccin favorise la génération d’anticorps contre les protéines qui déclenchent la prolifération sans contrôle des cellules cancérigènes.

Le vaccin est appliqué chez des patients souffrant de cancer du poumon très avancé (stade 3 et 4) qui n’ont pas de réponse positive à d’autres traitements comme la chimiothérapie et la radiothérapie. Il améliore de façon significative la qualité de la vie des patients en stade terminale.

WikiStrike appelle la population a crée un comité citoyen pour faire tourner cette information et inonder le web pour contrer la menace des médias officiels qui veulent pratiquer encore une fois la politique de l'oreiller qui étouffe silencieusement, relayant ainsi la propagande mensongère des lobbys pharmaceutiques américains, eux et leurs matraquage à coups de vaccinations dont beaucoup propagent des maladies.

Nous pouvons sauver des millions de vies.

Le monde peut changer, ça ne dépend que de nous.


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Published by bruno fornaciari
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10 décembre 2013 2 10 /12 /décembre /2013 15:45

Leçons d’Afrique du Sud : Retour sur le boycott de l’apartheid

Intervention Jacqueline Dérens, lundi 11 mars 2013

 

Dès les années 1950, Albert Luthuli, alors pré­sident de l’African National Congress, avait lancé un appel aux pays occi­dentaux qui étaient par­te­naires éco­no­miques et finan­ciers du régime d’apartheid, à rompre leurs rela­tions avec ce régime. Un peu plus tard, Oliver Tambo, l’architecte de la soli­darité inter­na­tionale pour le mou­vement de libé­ration avait balayé tous les argu­ments avancés pour ne pas appliquer les sanc­tions avec une formule simple et per­cu­tante : « Ce ne sont pas les sanc­tions qui nous tuent, c’est l’apartheid ».

 

Isoler le régime d’apartheid : une volonté du mou­vement de libé­ration, relayée par l’opinion publique internationale

Isoler le régime d’apartheid était l’un des quatre piliers de la stra­tégie éla­borée par le mou­vement de libé­ration, avec la lutte clan­destine, la lutte armée et la lutte de masse à l’intérieur du pays. L’objectif était d’affaiblir le régime sur le plan éco­no­mique, de l’isoler sur le plan poli­tique, de l’atteindre dans sa fierté nationale en le ban­nissant des échanges sportifs et culturels pour l’amener à négocier avec ceux qui se bat­taient pour que « l’Afrique du Sud appar­tienne à tous ceux qui y vivent, Noirs et Blancs ».

 

Tou­tefois cet objectif ne sera atteint qu’après des années de luttes du peuple sud-​​africain soutenu par les gou­ver­ne­ments des pays scan­di­naves, les pays du bloc com­mu­niste et les cam­pagnes des mou­ve­ments anti – apar­theid qui réus­siront à sus­citer un mou­vement de soli­darité à l’échelle de la planète. Mais éga­lement après la chute de l’URSS. Il faut en effet rap­peler que cette lutte contre un ennemi héritier des théories nazies de la supré­matie de la race blanche, qui se voulait le défenseur du monde chrétien et le champion du monde libre contre le com­mu­nisme, se déroule au moment de la guerre froide et de la déco­lo­ni­sation, soit au moment où a lieu un affron­tement idéo­lo­gique entre deux blocs par pays inter­posés et que le continent africain le paiera au prix fort.

 

Les décla­ra­tions et réso­lu­tions de l’Organisation des Nations Unies qui qua­li­fient le régime d’apartheid de « crime contre l’humanité » et l’adoption en 1973 de la Convention inter­na­tionale pour l’élimination et la répression du crime d’apartheid vont donner un appui consi­dé­rable aux mou­ve­ments anti-​​apartheid. Les mili­tants du mou­vement de soli­darité vont en effet pouvoir s’y appuyer pour demander à leurs gou­ver­ne­ments res­pectifs l’application des sanc­tions glo­bales et obli­ga­toires, surtout à ceux des pays qui se sont opposés ou se sont abs­tenus lors du vote pour l’adoption de ces réso­lu­tions, en par­ti­culier les USA, la Grande-​​Bretagne et la France.

 

L’embargo militaire


L’embargo sur les armes, muni­tions et matériel sen­sible appelé par le Conseil de Sécurité des Nations Unies en 1963 deviendra obli­ga­toire en 1977. Cependant c’est entre ces deux dates que la coopé­ration mili­taire de pays occi­dentaux avec le régime d’apartheid sera ren­forcée, attei­gnant son paroxysme en 1977 avec le premier essai nucléaire sud-​​africain et conti­nuant encore après que l’embargo soit devenu obligatoire.

 

Il faudra toute l’énergie des mou­ve­ments anti-​​apartheid pour exiger le respect de cet embargo en par­ti­culier en France où les rela­tions mili­taires avec l’Afrique du Sud remontent à la guerre d’Algérie. Des mili­taires français qui avaient expé­ri­menté les méthodes de la lutte anti-​​guérilla et les méthodes mus­clées des inter­ro­ga­toires des insurgés en Algérie ont formé les mili­taires sud-​​africains. Le Général André Beaufre, un stratège de la lutte anti-​​guérilla, qui était un ami per­sonnel de Pieter Willem Botha, a donné de nom­breuses confé­rences dans les écoles mili­taires sud-​​africaines et des mili­taires sud-​​africains ont été accueillis régu­liè­rement dans les écoles mili­taires fran­çaises. La France a équipé l’armée sud-​​africaine de matériel mili­taire en faisant ainsi une des mieux équipée au monde. Les avions de chasse Mirage, les héli­co­ptères Alouette, Frelon, les avions de transport Transal et les véhi­cules blindés Panhard ont équipé l’armée et la police sud-​​africaine à partir des années 1960. La France est devenu le prin­cipal four­nisseur d’armes du gou­ver­nement de l’apartheid entre les années 1963 et 1975. Pour déjouer l’embargo, la France a accordé en 1971 une licence qui per­mettait à l’Afrique du Sud de fabriquer ses propres Mirage et mis­siles Crotale. En 1988 la France vendait le système de détection par satellite Spot à l’Afrique du Sud, en pré­textant qu’il s’agissait d’un outil scien­ti­fique et pas d’un matériel sensible.

 

La France, comme d’autres pays occi­dentaux, a éga­lement joué un rôle par­ti­cu­liè­rement important dans l’accès de l’Afrique du Sud à l’arme nucléaire. Les « liaisons dan­ge­reuses » de la France et de l’Afrique du Sud dans le domaine nucléaire remontent aux années 1960 quand le Général de Gaulle a conclu un marché secret avec le Premier ministre Hen­drick Ver­woerd pour que la France importe illé­ga­lement de l’uranium sud-​​africain et namibien néces­saire à son projet de faire de la France une puis­sance nucléaire. Uranium contre armement, le marché convenait aux deux parties qui se moquaient bien des interdits des Nations unies ou de l’Agence Inter­na­tionale de l’Énergie Ato­mique. En 1976 la France a signé un contrat pour la construction de la cen­trale ato­mique de Koeberg, s’engageant par ailleurs à former une cen­taine d’ingénieurs et tech­ni­ciens pour la main­te­nance de la cen­trale. Les banques fran­çaises Crédit Lyonnais et la Banque d’Indochine et de Suez four­nirent 82% des capitaux. Les États-​​Unis, la Répu­blique Fédérale Alle­mande, le Japon et la Bel­gique ont eux aussi par­ticipé à l’aventure. Le Mou­vement anti-​​apartheid français dénoncera le scandale mais encore trop faible, il ne pourra pas y mettre un terme et un an plus tard, l’Afrique du Sud sera en mesure de pro­céder à un premier essai nucléaire. Cela un an après le mas­sacre de Soweto, et au moment où l’embargo sur les armes, muni­tions et matériel sen­sible devient obligatoire.

 

Quand les pro­tes­ta­tions contre cette col­la­bo­ration hon­teuse devien­dront trop fortes, la France fina­lement votera en faveur de l’embargo inter­na­tional. Mais l’Afrique du Sud aura acquis suf­fi­samment de matériel et de savoir-​​faire mili­taire. De plus, l’Afrique du Sud pourra compter sur Israël avec qui la col­la­bo­ration mili­taire a été scellée en 1974 par la visite de Moshé Dayan en Afrique du Sud et ren­forcée en 1976 par un accord de col­la­bo­ration nucléaire. D’après cer­tains , les deux États auraient par­ticipé à un essai nucléaire conjoint dans l’Océan Indien en 1979, essai jamais reven­diqué ni avéré. Aujourd’hui, si l’Afrique du Sud a renoncé à l’arme ato­mique et a signé le Traité de non-​​prolifération nucléaire, elle reste le seul pays africain à dis­poser d’une cen­trale nucléaire : la cen­trale de Koeberg qui fonc­tionne tou­jours avec l’aide des entre­prises françaises.

 

L’embargo pétrolier


L’Afrique du Sud qui regorge de res­sources miné­rales n’a pas de pétrole et doit en importer. Cette lourde dépen­dance a été le talon d’Achille du régime. En 1977, les Nations Unies déci­deront d’un embargo complet sur les pro­duits pétro­liers, qui s’ajoutait à celui déjà adopté sur les armes et le matériel mili­taire. Avant 1979, l’Iran four­nissait 90% du pétrole à l’Afrique du Sud. Le Shah ren­versé, le nouveau gou­ver­nement décidera de se conformer aux déci­sions de l’ONU. Pour appro­vi­sionner en car­bu­rants son armée et sa police, l’Afrique du Sud aura recours aux négo­ciants et grandes com­pa­gnies pétro­lières prêts à enfreindre l’embargo. Shell, la com­pagnie anglo-​​néerlandaise et le port pétrolier de Rot­terdam était une cible toute indiquée pour les mou­ve­ments néer­landais et les églises qui menaient une lutte acharnée contre l’apartheid et dès 1973 une cam­pagne contre Shell était lancée. Elle sera une véri­table cam­pagne popu­laire avec des mani­fes­ta­tions devant les sta­tions service Shell, des délé­ga­tions d’élus locaux et d’hommes d’église, des artistes refusant de faire de la publicité pour Shell, la dis­tri­bution de mil­lions de tracts, des pages entières dans les journaux pour dénoncer la col­la­bo­ration de Shell avec le régime d’apartheid. Cette cam­pagne fran­chira les fron­tières des Pays-​​Bas et sera reprise avec plus ou moins de succès dans d’autres pays. Pour contrôler le respect de cet embargo et suite à l’important travail de ren­sei­gne­ments et de pression des mou­ve­ments anti-​​apartheid, notamment néer­landais avec le Shipping Research Bureau, créé en 1980, avec pour mission de suivre les routes des tankers et de vérifier les des­ti­na­tions de leur car­gaison. Entre 1980 et 1993, le SRB décou­vrira 865 cas de livraisons illé­gales et secrètes de pétrole à l’Afrique du Sud. Il sera ainsi l’un des prin­cipaux pour­voyeurs d’information du Inter­go­vern­mental Group to Monitor the Supply and Shipping of Oil and Petroleum Pro­ducts to South Africa, créé par l’ONU en 1986.

 

Le boycott de Shell, très popu­laire, sera efficace pour mettre à nu la col­la­bo­ration du groupe pétrolier avec le régime d’apartheid, mais il n’empêchera pas Shell de rester en Afrique du Sud. L’autre grande com­pagnie Total sera aussi dénoncée pour son activité en Afrique du Sud mais la cam­pagne contre Total n’aura pas l’ampleur de celle contre Shell et malgré les cam­pagnes de boycott, ces deux com­pa­gnies ne ces­seront jamais de tra­vailler en Afrique du Sud.

 

Les sanctions économiques


Le cas des com­pa­gnies pétro­lières illustre plus lar­gement la dif­ficile lutte pour l’application de sanc­tions éco­no­miques et le désen­ga­gement d’Afrique du Sud d’entreprises étran­gères. Il a été éga­lement très dif­ficile d’empêcher les acti­vités d’entreprises fran­çaises comme Matra, Thomson, Fra­matome, Air Liquide, Spie Bati­gnolles et bien d’autres, les banques Paribas ou le Crédit Lyonnais, qui conti­nuèrent leurs affaires bien qu’elles n’appréciaient pas être mon­trées du doigt et accusées de com­plicité avec les crimes de l’apartheid.

 

Demander à des entre­prises de cesser leurs affaires pour des raisons morales n’est pas chose aisée. Il est en effet facile au patronat de pré­tendre que refuser un marché pour l’Afrique du Sud, c’est néces­sai­rement mettre du per­sonnel au chômage et menacer l’avenir de l’entreprise. Il fallait donc arriver à faire com­prendre aux entre­prises qu’elles per­draient beaucoup d’argent si elles per­sis­taient à faire des affaires avec l’Afrique du Sud et obtenir une sus­pension de leurs acti­vités tant que le régime d’apartheid conti­nuerait à priver de ces droits sa popu­lation noire et à réprimer toute oppo­sition poli­tique. C’est le rôle qu’ont joué les cam­pagnes de boycott et de dés­in­ves­tis­se­ments, surtout aux États-​​Unis, en Grande Bre­tagne et aux Pays-​​Bas, car ce sont dans les pays qui avaient les liens les plus forts avec l’Afrique du Sud que les boy­cotts ont eu le plus de succès. Parmi les exemples de cam­pagnes de boycott ayant eu le plus de poids, on peut citer celle contre les oranges Outspan qui a com­mencé en Hol­lande dans les années 1970, s’étendant rapi­dement à de nom­breux autres pays occi­dentaux. Cette cam­pagne, si elle n’a pas trop durement pénalisé l’agriculture sud-​​africaine, a eu le mérite d’éveiller un large public à la question de l’apartheid.

 

En 1986, la question des sanc­tions prend de l’ampleur alors que s’intensifie la répression en Afrique du Sud et que le gou­ver­nement décrète l’état d’urgence mettant tous les citoyens sous sur­veillance poli­cière et mili­taire. Les crimes de l’apartheid ne pou­vaient plus passer inaperçus. La Com­mu­nauté euro­péenne va demander à ses pays membres de mieux appliquer les déci­sions de l’ONU et des mesures seront prises pour frapper l’économie sud-​​africaine. Le Danemark réduira ses impor­ta­tions de fer et d’acier sud-​​africain et avec la France mettra un terme aux impor­ta­tions de charbon sud-​​africain, même si là encore des impor­ta­tions illé­gales per­sis­teront. Les mineurs et les dockers français mèneront souvent des actions spec­ta­cu­laires pour dénoncer la vio­lation des sanc­tions. Aux États-​​Unis, les puis­sants lobbys de la com­mu­nauté noire mèneront cam­pagne pour imposer le dés­in­ves­tis­sement de grandes com­pa­gnies amé­ri­caines comme Coca Cola, Polaroid, General Motors, Kodak. Plu­sieurs Églises reti­reront leurs avoirs des fonds de pension accusés de col­la­bo­ration avec l’apartheid. En Grande-​​Bretagne, le Mou­vement anti-​​apartheid marque un grand coup avec sa cam­pagne pour le dés­in­ves­tis­sement de la banque Bar­clays qui avait pignon sur rue en Afrique du Sud. La tra­dition voulait que les étu­diants bri­tan­niques ouvrent des comptes à la Bar­clays. La fer­meture massive de ces comptes, pour dénoncer la com­plicité de Bar­clays amènera la direction de la banque à la fer­meture de ses acti­vités avec l’Afrique du Sud. En France, des cam­pagnes seront aussi menées pour dénoncer les acti­vités des banques, en par­ti­culier au moment de la rené­go­ciation de la dette sud-​​africaine. Mais les gou­ver­ne­ments ne s’empressant pas de faire appliquer les mesures de sanction qu’ils avaient eux-​​mêmes voté, les inter­dic­tions se trans­for­meront en « gentlemen’s agreement », c’est-à-dire des recom­man­da­tions aux direc­tions des grandes entre­prises et mul­ti­na­tio­nales, qui les écou­taient d’une oreille distraite.

 

Toutes les grandes banques amé­ri­caines, anglaises, suisses, alle­mandes, belges et fran­çaises ont financé l’apartheid, la plupart des grands groupes mul­ti­na­tionaux ont tra­vaillé avec le régime d’apartheid jusqu’au moment où tous ces par­te­naires du régime sud-​​africain ont eu peur d’investir dans un pays dont l’évolution poli­tique pouvait être fatale à leurs intérêts. Aujourd’hui les vic­times de l’apartheid, réunies dans des asso­cia­tions comme Khu­lamani Support Group, réclament des dom­mages et intérêts à ces banques et entre­prises com­plices d’un régime accusé de crimes contre l’humanité.

 

Le boycott sportif


Appelés en 1968 par l’Assemblée générale de l’ONU, les boy­cotts sportif et culturel ont eu un impact sur le moral des diri­geants de l’apartheid. Être mis au ban des nations était un affront dur à sup­porter pour celle qui se pré­tendait la cham­pionne de la race blanche. Cependant, là encore une longue période et l’action des mou­ve­ments anti-​​apartheid et d’individus soli­daires seront néces­saires avant que les ins­ti­tu­tions et orga­ni­sa­tions spor­tives et cultu­relles du monde entier répondent à cet appel. La direction du Comité inter­na­tional olym­pique ter­gi­versera long­temps par exemple avant d’exclure l’Afrique du Sud en 1970 pour éviter le désastre moral, sportif et financier face à la pression popu­laire et à la pression des pays afri­cains menaçant de se retirer des Jeux Olym­piques de Mexico. De même, si dès 1962, le Comité Olym­pique Non-​​racial Sud-​​africain (SAN-​​ROC) avait déployé son activité pour mettre le sport sud-​​africain blanc hors des stades il faudra attendre 1976 pour que la FIFA, Fédé­ration Inter­na­tionale de Football Asso­ciation, exclut le football blanc sud-​​africain des stades.

 

Exclure les Springboks, l’équipe mythique du rugby sud-​​africain, emblème national du pays, se révèlera autrement plus dif­ficile. En Grande Bre­tagne, en Aus­tralie, en Nou­velle Zélande, les mou­ve­ments anti-​​apartheid s’opposeront à la tournée des Springboks dans leur pays. Il y aura parfois des batailles rangées sur les stades entre pro et anti-​​Springboks et en Nou­velle Zélande la tension sera si forte en 1981 que le gou­ver­nement décrétera l’état d’urgence. En France, des rug­bymen cou­rageux refu­seront de ren­contrer les Springboks, François Moncla, ancien capi­taine de l’équipe de France sera l’un d’eux et dénoncera la com­plicité de la Fédé­ration Fran­çaise de Rugby et de son Pré­sident d’alors, Albert Fer­rasse avec le régime d’apartheid. La Fédé­ration Sportive et Gym­nique du Travail (FSGT) qui avait des liens forts avec le SAN-​​ROC mènera aussi des cam­pagnes contre la par­ti­ci­pation des joueurs de tennis sud-​​africains à Roland-​​Garros en jetant des balles de tennis noires sur les célèbres courts de tennis parisiens.

 

Le boycott culturel


Concernant le boycott culturel, là encore, en dépit de l’appel au boycott de l’AG-ONU et du Comité des Nations unies contre l’apartheid qui tenait une liste méti­cu­leuse des artistes violant le boycott culturel, il s’est avéré dif­ficile d’empêcher les artistes de se pro­duire en Afrique du Sud. Ce sont les artistes qui avaient rejoint les mou­ve­ments anti-​​apartheid qui agiront pour le respect de ce boycott comme le plas­ticien Ernest Pignon Ernest qui ras­sembla des œuvres auprès des artistes du monde entier pour un musée d’art moderne de la future Afrique du Sud démo­cra­tique. Il fera un énorme travail pour faire connaître la réalité du régime raciste à l’image éga­lement des chan­teurs Simon et Gar­funkel, Peter Gabriel, Bono et d’autres qui orga­ni­sèrent des concerts mémo­rables de soutien au mou­vement de libé­ration, faisant vibrer la jeu­nesse au nom de Mandela.

 

Ainsi, outre les prises de position de l’ONU sur les­quelles elles purent s’appuyer, ce sont l’ensemble des actions, souvent dif­fi­ciles, parfois impar­faites, menées par les mou­ve­ments anti-​​apartheid qui ont réussi à affaiblir éco­no­mi­quement, poli­ti­quement et mora­lement le régime d’apartheid. La bataille de Cuito Canavale en janvier 1988 en Angola mon­trera les limites d’un règlement mili­taire. C’est lorsque l’Afrique du Sud sera devenu un état « paria », que les milieux éco­no­miques sud-​​africains et des diri­geants poli­tiques envi­sa­geront sérieu­sement de dis­cuter avec le mou­vement de libé­ration pour ouvrir la voie à des négo­cia­tions et en finir avec un régime de plus en plus isolé au plan inter­na­tional. La confé­rence d’Harare en août 1989 convoquée par l’ANC, l’Organisation de l’Unité Afri­caine et son comité ad hoc sur l’Afrique aus­trale ouvrira la voie aux négo­cia­tions et la chute du mur de Berlin privera le régime d’apartheid de son atout idéo­lo­gique de rempart contre le com­mu­nisme. Le 2 février 1990, avec le dis­cours his­to­rique de Fre­derick De Klerk annonçant la libé­ration de Nelson Mandela, la levée de l’interdiction de toutes les orga­ni­sa­tions poli­tiques inter­dites et l’ouverture de négo­cia­tions, l’Afrique du Sud entame alors un autre cha­pitre de son histoire.

 

                                                                ______________________________________

 

Pour en savoir plus :

L ‘Année Mandela, J Derens

Nous avons com­battu l’apartheid J Derens

The long road to demo­cracy in South Africa ouvrage col­lectif

Have you heard from Johan­nesburg par Connie Field Clarity

Film : une col­lection de six DVD qui retracent les luttes anti apar­theid menées dans le monde entier

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Published by bruno fornaciari - dans MEMOIRES - HOMMAGES - SOUVENIRS
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10 décembre 2013 2 10 /12 /décembre /2013 11:01
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10 décembre 2013 2 10 /12 /décembre /2013 10:27

 600 personnes se sont retrouvées le 6 décembre salle de la Légion d’honneur à Saint-Denis pour entendre des paroles citoyennes et découvrir la charpente programmatique du maire candidat.

 

Des guirlandes lumineuses tendues comme pour une soirée de fête, d’aériennes sculptures en bois de Nicolas Cesbron, une scène ornée d’un tissu or et marron, un orgue électrique placé sur le côté qui attend l’heure d’Emmanuel Bex… Nous sommes dans une réunion politique mais on ne le croirait pas. La déco et l’agencement d’une salle pour pareille rencontre en disent aussi long sur l’organisateur que les paroles qu’il prononce. D’évidence, vendredi 6 décembre la salle de la Légion d’honneur n’a pas été confiée au prêt-à-porter standard de la communication événementielle. Elle a été cousue main par des artistes dionysiens ravis de vivre à Saint-Denis et de montrer que pour les municipales Didier Paillard était leur choix.

 

Sur scène, les paroles citoyennes, captées en vidéo ou prononcées de vive voix, disent les quartiers Plaine, Saint-Rémy ou centre-ville, le sport, l’architecture et l’urbanisme, la culture et l’art, les foyers d’immigrés, la place de la jeunesse, le rôle des syndicats… Chaque intervenant(e) emploie des mots différents, mais tous déclarent une flamme pour le Saint-Denis populaire, leur fierté d’habiter cette ville, de goûter sa singularité et d’afficher leurs refus qu’elle devienne un « eldorado pour les spéculateurs du Grand Paris ».

 

Quand vient le temps du meeting stricto sensu, Didier Paillard cible « les lois du marché et les forces politiques qui les soutiennent ». Devant environ 600 personnes, pour l’essentiel debout, il précise que « le combat contre le libéralisme marchand se mène dans les entreprises, mais se joue aussi dans les villes» pour que « le monde du travail ne soit pas expulsé de Saint-Denis comme il l’est des usines ».

 

Son discours, fréquemment applaudi, l’est particulièrement quand il tance « le couple Hollande-Hanotin » dont « plus personne ne pense qu’il a une ambition de gauche ». Et plus encore quand arrive l’annonce de « dix-neuf mesures emblématiques, issues du travail des ateliers », qui figureront dans un programme détaillé au début de l’année prochaine.

 

Dans le domaine de l’habitat, outre la poursuite de constructions HLM, M. Paillard entend doubler le nombre de logements en accession sociale à la propriété et accélérer la lutte contre l’habitat insalubre privé. Pour l’espace public, des lieux « conviviaux et animés » sont programmés dans chaque quartier, à l’image de la place devant la basilique ou de celle du Front-Populaire. Le doublement des effectifs et des moyens des policiers municipaux est annoncé, tout comme l’ambition d’un nouveau commissariat capable d’accueillir 500 policiers nationaux est réaffirmée.

 

Pour les quartiers, « trois nouvelles Maisons seront ouvertes » et des coopératives » pour que « les citoyens aient les moyens d’agir » sont programmés. Au chapitre économique et social, « les emplois locaux se verront réserver 10% des marchés publics ». Pour le commerce, une société publique locale sera créée pour « maîtriser 100 locaux commerciaux ».

 

Côté culture, une grande salle de spectacles est prévue Porte de Paris, l’ancienne piscine du boulevard Carnot sera transformée « en salle polyvalente festive et créative », la médiathèque centrale et la salle de la Légion d’honneur seront rénovées. Pour mieux respirer et se détendre, l’extension du parc de la Légion d’honneur fait partie d’une liste qui inclut l’aménagement de la place Robert-de-Cotte pour les enfants.

 

Pour les plus petits d’entre eux, la création de 600 places d’accueil (collectif et individuel) pour les moins de 3 ans est prévue. Mesure phare, l’annonce de la création de « 1 500 logements dédiés aux jeunes» et du « Contrat étudiant solidaire » (2 000 euros par an et par étudiant à partir de la 3e année d’études supérieures) réjouit l’assistance. Qui se quitte en musique aux sons d’une Internationale électrique et improvisée.

Dominique Sanchez

 

 

 

 

 

 

 

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9 décembre 2013 1 09 /12 /décembre /2013 11:35


 

MONDE -  le 8 Décembre 2013

 

Pierre Laurent : "Nelson Mandela incarne à jamais la lutte des peuples"

 

 

Pour Pierre Laurent, secrétaire national du PCF, le dirigeant sud-africain « a marqué des générations » par la « valeur universelle » de son combat contre le régime raciste.

Quel héritage laisse Mandela aujourd’hui ?
Pierre Laurent . Une leçon de courage. Un symbole que la lutte pour l’émancipation humaine, que Mandela incarnera maintenant à jamais, peut être victorieuse même dans les circonstances qui paraissent les plus difficiles. Nelson Mandela, avec ses compagnons de l’ANC, s’était donné l’objectif d’unir le peuple sud-africain dans un moment où le régime d’apartheid, qui niait la dignité humaine, semblait extrêmement difficile à vaincre. Ils ont engagé ce combat-là, au départ dans le silence et l’isolement international, et ils ont réussi à lever, un à un, tous les obstacles. C’est une leçon extraordinaire de ce que peut apporter la détermination d’un engagement humain et politique.

Nelson Mandela a tracé un chemin à suivre pour les autres luttes pour la liberté...
Pierre Laurent. Le combat de Mandela et de l’ANC a marqué des générations et constitue un exemple pour les peuples du monde entier. La valeur universelle du combat qu’ils ont conduit est une des marques fortes de leur action. Pas seulement parce qu’ils se sont attaqués à un régime qui avait institué le racisme en système. Mais parce que, face à ce régime barbare, ils se sont toujours fixé l’ambition du rassemblement de tout le peuple sud-africain dans son unité. Ils n’ont jamais plié face à ce régime d’apartheid, ni renoncé à cet objectif. Ils ont réussi à passer d’un régime inhumain à la construction d’une grande nation sud-africaine.
Ils ont élevé leur combat à un niveau particulièrement remarquable et admirable. Je crois que l’ambition unificatrice, qui a été la marque du combat de Mandela du premier jour jusqu’au dernier, est une voie politique qui peut inspirer ceux qui oeuvrent à ouvrir des chemins d’émancipation humaine dans le monde.

En quoi le combat de Mandela a-t-il marqué le Parti communiste français ?
Pierre Laurent. Le PCF s’honore d’avoir été dès les premières heures au côté de Nelson Mandela. C’est un combat qui a profondément marqué des générations de communistes français. Pour moi-même, cela a été un combat au coeur de mes engagements de jeunesse. Nous nous battions contre l’apartheid, pour la libération de Mandela et pour le boycott de ce régime. Boycott qui a été, pendant des années, refusé par les différents gouvernements français et occidentaux. Je me rappelle des grandes manifestations françaises et internationales que nous avons organisées. Nous avons également plusieurs fois occupé l’ambassade d’Afrique du Sud, à Paris. Nous n’avons jamais failli dans cette solidarité. Nous en tirons une grande fierté, d’autant que nous avons commencé ce combat à une époque où nous étions bien seuls à le mener. Il a fallu des années d’obstination avant que le mouvement de solidarité internationale prenne l’ampleur qu’il a eue dans la fin des années de l’apartheid. Ampleur qui a contribué à la victoire et à la libération de Mandela.

Après le combat contre l’apartheid, Mandela a tout de suite fait la paix et pardonné...
Pierre Laurent. Cette ambition de réconciliation a été l’objectif fondateur de l’ANC. Mandela et ses compagnons ne se sont pas ralliés à cette vision des choses pour des raisons de circonstance après sa libération, mais bien dès le premier jour de leur combat. C’est l’objectif de construire une Afrique du Sud non raciale qui unissait l’ensemble des Sud-Africains dans un projet national de liberté qui les a rassemblés. Ils avaient mis au coeur de leur combat cet objectif et, peu à peu, y compris chez les Blancs, l’idée de mettre fin à l’apartheid a pu grandir.

En quoi ce combat peut-il inspirés ceux d’aujourd’hui ?
Pierre Laurent. L’exemple de l’Afrique du Sud montre avec éclat que le combat pour la libération des peuples a toujours été plus fort et souvent vainqueur grâce à des mouvements de solidarité internationale qui donnent à ces combats une dimension universelle. C’est une leçon que nous tirons de cette lutte menée pour la libération de l’Afrique du Sud. C’est encore plus vrai pour les peuples qui continuent leur combat pour leur libération : les peuples palestinien, sahraoui, kurde, qui poursuivent des combats difficiles pour accéder à leurs droits légitimes. L’exemple sud-africain nous montre que, même pour les combats qui paraissent très difficiles, l’association des mouvements de solidarité internationale et le courage des peuples en lutte peuvent permettre la victoire.

Soirée exceptionnelle d'hommage à Nelson Mandela, lundi 9 décembre à 18h30, au siège du Parti communiste français, place du colonel Fabien, sous la présidence de Pierre Laurent, secrétaire national du PCF, président du PGE et sénateur de Paris. En présence de Dolana Msimang, ambassadrice d'Afrique du Sud en France, Haël Al Fahoum, ambassadeur de Palestine en France, Elias Sanbar, ambassadeur de Palestine auprès de l'UNESCO, Jacqueline Dérens, fondatrice de la Rencontre nationale avec le peuple d'Afrique du Sud (RENAPAS) et Mathieu Brunet, responsable national du Mouvement Jeunes communistes.

Lire aussi :

Document: la lettre de Marwan Barghouti en hommage à Nelson Mandela

Nelson Mandela, le combat continue ! (Jeunes communistes)

En vidéo

Pierre Barbancey, grand reporter qui couvre l'Afrique du Sud pour l'Humanité :

Alexandre Salle

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9 décembre 2013 1 09 /12 /décembre /2013 09:33

Nelson Mandela et Cuba: une amitié basée sur la lutte anti-apartheid

Publié le 07-12-2013 à 10h31 - Mis à jour à 14h46

La mort de Nelson Mandela est ressentie avec une "profonde douleur" à Cuba, un des premiers pays où s'était rendu le leader sud-africain après sa sortie de prison afin de remercier son ami Fidel Castro pour son soutien militaire à la lutte contre l'apartheid. (c) Afp

La mort de Nelson Mandela est ressentie avec une "profonde douleur" à Cuba, un des premiers pays où s'était rendu le leader sud-africain après sa sortie de prison afin de remercier son ami Fidel Castro pour son soutien militaire à la lutte contre l'apartheid. (c) Afp

La Havane (AFP) - La mort de Nelson Mandela est ressentie avec une "profonde douleur" à Cuba, un des premiers pays où s'était rendu le leader sud-africain après sa sortie de prison afin de remercier son ami Fidel Castro pour son soutien militaire à la lutte contre l'apartheid.

Trois jours de deuil national ont été décrétés et le président Raul Castro a présenté, avec "une profonde douleur", ses condoléances "les plus sincères" au peuple sud-africain pour la perte de cet "ami intime" de Cuba.

Et surtout ami du leader historique de la Révolution cubaine, Fidel Castro, que Nelson Mandela était venu remercier en juillet 1991 pour le soutien militaire de Cuba, décisif dans la lutte contre le régime d'apartheid d'Afrique du Sud.

Retiré du pouvoir depuis 2006 pour des raisons de santé, Fidel Castro, 87 ans, n'avait pas réagi vendredi, 24 heures après le décès de l'ancien président sud-africain.

Dans un message envoyé à son "prestigieux ami" en juillet 2010 pour ses 92 ans, Fidel Castro avait souligné qu'il représentait un "symbole de la liberté, de la justice et de la dignité humaine".

Les relations entre Nelson Mandela et Fidel Castro remontent au début des années 70, alors que le leader sud-africain est emprisonné et que Cuba soutient son parti, le Congrès national africain (ANC).

Mais le grand tournant date de 1975, lorsque Cuba commence en Angola une épopée militaire qui durera 15 ans. A 15.000 km de ses côtes, les forces cubaines affrontent directement la puissante armée sud-africaine.

Et début 1988, après plusieurs mois de sévères combats, l'armée cubaine défait les soldats sud-africains à Cuito Cuanavale. Une défaite qui sonne le glas du régime d'apartheid.

"L'écrasante défaite de l'armée raciste à Cuito Cuanavale fut une victoire pour toute l'Afrique", avait affirmé Nelson Mandela en juillet 1991 lors d'une grande manifestation publique à Matanzas, à l'est de La Havane.

"Cuito Cuanavale marque une étape dans l'histoire de la lutte pour la libération de l'Afrique australe. Un virage dans la lutte pour libérer le continent et notre pays du joug de l'apartheid", avait-il rappelé.

"Le peuple cubain occupe une place spéciale dans le coeur des peuples d'Afrique", avait alors expliqué Nelson Mandela au côté de son "ami Fidel" et devant des centaines de milliers de personnes.

"Les internationalistes cubains ont fait une contribution à l'indépendance, à la liberté et à la justice en Afrique qui n'a pas d'équivalent pour les principes et le désintérêt qui les caractérisent", avait souligné le leader sud-africain.

Dans toutes les écoles de Cuba, un hommage a été rendu vendredi au leader sud-africain : "Un homme extraordinaire", a affirmé à l'AFP Amanda Cabrera, 10 ans, à la sortie des cours. "Un grand ami de Cuba et de Fidel, qui a fait beaucoup pour l'égalité entre blancs et noirs".

"Nous avons beaucoup de peine", admettait Ana Ramos, une retraitée de 57 ans interrogée par l'AFP dans les rues de La Havane. "C'était un symbole de la lutte contre le racisme, un homme extrêmement humain et sincère", ajoutait-elle.

"Un vrai révolutionnaire", renchérissait Luis Ricardo Gonzalez, un vendeur de journaux. "Comme dit Raul (Castro), son oeuvre survivra pendant des siècles".

Sur le web : “Nelson Mandela a éloigné l’Afrique du Sud du précipice”
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9 décembre 2013 1 09 /12 /décembre /2013 09:16

 

 Hommage à Nelson Mandela

C’est avec une grande tristesse que nous avons appris le décès de Nelson Mandela.

 Bien sûr, aujourd’hui, tout le monde reconnait le grand homme de paix qu’a été Mandela mais il est important de rappeler que cela n’a pas toujours été le cas et qu’il a fallu bien des batailles pour le libérer et faire tomber le régime d’apartheid en Afrique du Sud.

 

Mandela restera à jamais le symbole de la lutte pour l’émancipation humaine, une de ces figures universelles qui marquent l’histoire. Face à un régime raciste qui niait la dignité humaine, il n’a jamais plié. Il rejoint l’ANC (Congrès National Africain) en 1944 à l’âge de 26 ans. Avec ses compagnons, dans l’alliance indéfectible avec le Parti Communiste Sud-Africain et le syndicat la Cosatu, il se fixa et atteignit l’objectif qui paraissait insensé d’unir tout son peuple sous la bannière de la Charte de la Liberté.

 Cela lui coûtera 27 ans de bagne. Arrêté en 1962, Mandela déclara : « J’ai combattu la domination blanche, j’ai combattu la domination noire. J’ai chéri l’idée d’une société libre et démocratique dans laquelle tous vivraient en harmonie et avec des chances égales. C’est un idéal pour lequel j’espère vivre et atteindre. Mais s’il en était besoin, c’est un idéal pour lequel je suis prêt à mourir ».

Les démocraties occidentales ont toujours soutenu le régime Sud-Africain de l’apartheid au nom de la lutte contre le « péril communiste ». Pour anecdote, ce n’est qu’en 2008 que le congrès américain raye le qualificatif de « terroriste » qui est accolé au nom de Mandela et de l’ANC.

En France, la lutte contre l’apartheid, jusqu’au boycott et pour la libération de Nelson Mandela ont profondément marqué l’histoire du Parti Communiste Français. De l’occupation de l’ambassade d’Afrique du Sud, entièrement repeinte en noir, aux grandes manifestations parisiennes, la mobilisation des militants communistes et des jeunesses communistes a permis de faire connaître Nelson Mandela.

 C’est en 1990 que Mandela est libéré. Il reçoit le prix Nobel de la Paix en 1993 et devient le premier président Sud-Africain élu au suffrage universel et non-racial à 75 ans.

Aujourd’hui, Mandela n’a pas fini d’inspirer le combat de tous ceux qui luttent pour la liberté et l’émancipation humaine. A cette occasion, nous souhaitons rappeler le soutient qu’il apportait au peuple Palestinien et nous pensons notamment à Marwan Barghouthi, le « Mandela palestinien », député enfermé derrière les barreaux depuis 11 ans.

Dans une lettre qui l’adresse à Mandela, Marwan Braghouthi écrit : « Durant toutes les longues années de mon combat, j’ai eu l’occasion à maintes reprises de penser à vous, cher Nelson Mandela. Et encore plus depuis ma propre arrestation, en 2002. Je songe à un homme qui a passé 27 ans dans une cellule, en s’efforçant de démontrer que la liberté était en lui avant qu’elle ne devienne une réalité dont son peuple allait s’emparer. Je songe à sa capacité à défier l’oppression et l’apartheid, mais aussi à rejeter la haine et à placer la justice au-dessus de la vengeance. »

Enfin, il serait utile  de nous rappeler le message que Nelson Mandela adressait à la jeunesse lors de la Fête de l’Humanité en 1996.

Nelson Mandela : « L’avenir est entre vos mains »

« Je souhaite m’adresser à chacun d’entre vous qui êtes présents à la Fête de l’Humanité, et plus particulièrement aux jeunes. Nous pouvons regarder le XXe siècle, et le millénaire qui est sur le point de se terminer, avec la certitude que nous, de la vieille génération, avons au moins réalisé certaines tâches majeures.

Au milieu du siècle, le nazisme et le fascisme ont subi une défaite écrasante. Lors de la seconde moitié de ce siècle, le système colonial, qui privait la majorité des peuples du monde des droits fondamentaux, a été vaincu dans la plupart des endroits de la planète. Nous vivons dans un monde qui, par bien des aspects, est devenu plus unifié, et pas seulement par l’action de la technologie. Il y a une conscience grandissante de la diversité des valeurs et des histoires, une plus grande tolérance et, effectivement, la valorisation de la diversité au sein d’une humanité commune.

 Mais qui oserait affirmer que tous les problèmes de ce monde ont été résolus?

 Ma génération laisse la jeune génération avec quelques exemples héroïques de tâches accomplies. Mais nous vous laissons aussi avec d’énormes défis, avec des problèmes anciens et nouveaux. Le chômage sévit dans beaucoup de pays. C’est l’un des principaux fléaux de notre époque. Cela frappe encore beaucoup plus les jeunes.

 À travers le monde, nous devons désigner le chômage comme l’un des plus grands maux de notre temps ».

 Nelson Mandela

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9 décembre 2013 1 09 /12 /décembre /2013 09:03

 

Le secrétaire général de la CGT a adressé un message aux dirigeants syndicaux de la COSATU à l’occasion de la disparition de Nelson Mandela. Il rappelle ce que fut l’engagement de la CGT dans les luttes contre l’apartheid et pour la libération du leader de l’African National Congress.

Chers Camarades, Chers Frères,

Le monde est en peine ! Madiba n’est plus et notre coeur saigne, comme celui de toutes les femmes et de tous les hommes qui estimaient son oeuvre.

La CGT a pris une part décisive en France au cours des années 80 dans la lutte contre le régime d’Apartheid et pour la libération de Mandela des geôles du régime. Notre organisation a soutenu et hébergé nombre de militants de l’ANC, de syndicalistes sud-africains en exil au cours de ces sombres années.

Elle partage avec Nelson Mandela une profonde unité de vue, au fondement de ses combats pour la liberté, l’égalité et la fraternité, pour l’établissement d’une nation arc-en-ciel sur les décombres du système ségrégationniste.

C’est ce qui rend son départ d’autant plus douloureux ; mais cela doit dans le même temps nous donner la force de relever les défis qui honoreront sa mémoire et poursuivront son chemin.

Recevez, Chers Camarades, Chers Frères, Sidumo, Zwelinzima, nos condoléances et le témoignage de notre solidarité indéfectible, coulée dans le ciment des luttes communes.

Thierry Lepaon

Secrétaire général de la CGT

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