Overblog Suivre ce blog
Administration Créer mon blog
14 décembre 2013 6 14 /12 /décembre /2013 08:33

congrès du PGE : discours d'ouverture de Pierre Laurent (PCF)

 

Chers camarades,

Chers amis,

Monsieur le Vice-President de Bolivie,

Mesdames et Messieurs les invités,

 

Je voudrais commencer par vous dire la fierté et le bonheur que j'ai, à ouvrir la discussion générale de notre 4e congrès, ici à Madrid.

'ouvertNous sommes fiers d'être de ce côté là, du côté des peuples qui résistent, de ceux qui font battre le cœur de nos sociétés, de ceux qui feront le futur de l'Europe.

 

Nous sommes des combattants. 

Et permettez-moi de rendre hommage à l’un des plus grands combattants du 20ème siècle :  Nelson Mandela.

Il y a eu un très grand hommage international à cet homme exceptionnel. Nous nous en félicitons. Mais ici, avec nos partis, il ne s’agit pas d’un hommage de circonstance. Parce que nous avons été dés la première heure aux côtés de Nelson Mandela et des siens, de l’ANC, du Parti communiste d’Afrique du Sud, de la Cosatu. Nous avons été dès le départ avec les combattants de la triple alliance qui ont permis la victoire contre le régime d'apartheid.

Madiba restera le symbole d’une lutte pour l’émancipation humaine de portée universelle, une lutte collective qui fut et reste celle du peuple sud-africain.

 

***

En Europe, nous sommes dans un moment historique. Notre congrès est très important.

Nous le tenons dans une période de crise du système capitaliste d'une part, et de l’Union Européenne d'autre part. Nous sommes dans une période de bouleversements sociaux économiques et politiques, voire de chaos, dans nos pays comme au plan européen.

Il s’agit peut-être du congrès le plus crucial depuis la création du PGE. Nous devons ces trois jours faire les choix qui feront du PGE un acteur majeur du conflit de classes qui s’intensifie dans l'UE et partout en Europe.

 

A Paris, lors de notre dernier congrès, nous avions décidé d’engager « une nouvelle étape de développement et de rayonnement du PGE ». Nous avons réussi. Notre parti a fait de remarquables progrès en 3 ans. Aujourd’hui, cela ne suffit plus. Notre ambition doit être plus grande encore.

Nous voulons être un acteur majeur du combat politique en Europe, pas de ceux qui regardent de loin, pas de ceux qui pèsent, un petit peu dans un coin. Nous voulons ouvrir le chemin d'une « alternative politique de gauche » à la crise, et pour construire « front social et politique européen » qui pourra en porter les objectifs. Il nous faut unir. Unir et donner confiance à tous ceux qui luttent, confiance en leur pouvoir collectif.

Nous en sommes capables.

C’est donc avec confiance que je veux essayer de vous présenter les grands enjeux sur lesquels, ensemble, nous devrons prendre des décisions.

 

***

En débutant ce 4ème Congrès, je veux enfin saluer le travail de toutes celles et ceux qui ont permi la tenue de ce congrès. Je pense tout particulièrement à nos camarades d’Espagne et de Catalogne. Nous pouvons les applaudir, ils ont fait un remarquable travail.

 

Je veux également saluer la mémoire de toutes celles et ceux qui ont rendu possible les avancées et les progrès successifs du PGE, et qui ne sont plus avec nous aujourd’hui. Je pense singulièrement à deux d’entre eux, notre camarade portugais Miguel Portas et notre camarade allemand Lothar Bisky qui fut le second président du PGE. Tous deux ont beaucoup compté dans l'histoire du PGE. Notre congrès les honorera à juste titre.

 

***

Chers camarades,

 

Je ne reviendrai pas dans cette intervention sur la description de la crise terrible que connaît notre continent. Nous la connaissons tous. Nos documents politiques la caractérisent parfaitement et vous allez en parler dans vos interventions.

 

Je veux plutôt me concentrer sur l'avenir, sur la manière dont nous allons essayer d'offrir un autre futur à l'Europe, à nos peuples, aux jeunes, aux moins jeunes, aux femmes et aux hommes de notre continent. Cela demande des initiatives politiques ambitieuses, qui parfois nous dépassent, à la hauteur des défis colossaux qui sont devant nous. L'enjeu est de permettre une issue progressiste pour les peuples d’Europe.

 

Nous ne sommes pas dans une situation ordinaire. L’UE traverse une crise existentielle. Tous les fondements de la construction européenne, ses traités, sont en cause.

  • La mise en concurrence systématique, au service des seuls intérêts du marché, avec la dérèglementation sociale, le dumping salarial, le chômage de masse et la précarité, l’attaque généralisée contre les systèmes sociaux.
  • La toute puissance des marchés financiers consacrée par le rôle donné à la BCE et son bras armé, la Troïka
  • L’autoritarisme qui confisque de plus en plus de pouvoirs aux peuples et aux Parlements

 

La crise a révélé les tares fondamentales de la construction européenne.

 

Ce n'est pas une crise de la dette. Les dettes publiques ne sont pas le résultat de l’excès des dépenses publiques. Elles sont la facture de la crise capitaliste, que les marchés cherchent à faire payer aux peuples.

 

La réponse austéritaire a tout aggravé. Aujourd’hui, l’Europe est dans une impasse profonde. Et je dirais même, dans une impasse de civilisation.

Les dirigeants européens, enfermés dans leurs dogmes, n’ont pas de vision pour l’avenir de l’Europe. Ils sont en train de tuer l’idée d’une Europe de coopérations et de solidarité.

 

Ils ont choisi les marchés plutôt que les peuples, ils sont chaque jour plus illégitimes !

 

Nous avons à prendre en charge l'avenir de l'Europe pour reconstruire l'espoir populaire.

 

***

 

Le rejet populaire est massif et généralisé.

 

Jamais encore les politiques de l'UE n’avaient provoqué un mécontentement de l’envergure que nous lui connaissons aujourd’hui, singulièrement dans l’espace jusqu’alors considéré comme son « cœur et sa fierté » : la zone euro. Dans les pays placés sous assistance de la troïka, les mesures draconiennes imposées sur le mode punitif à la population jettent le discrédit sur le modèle européen actuel et les dirigeants qui l’incarnent. Partout, les « pêcheurs en eaux troubles » de l’extrême droite cherchent à exploiter ce rejet. La menace est sérieuse.

 

Des voix s’élèvent alors en faveur du retrait de tel ou tel pays de la zone euro, ce qui aboutirait à plus ou moins court terme, à la dissolution de celle-ci. Ce débat traverse aussi les forces de gauche. Autant nous pouvons comprendre que l’exaspération puisse conduire des citoyens à envisager cette extrémité si la seule perspective est l'austérité ; autant nous considérerions qu’il s’agirait d’une fausse solution, porteuse de graves dangers. Dans le monde impitoyable où nous nous trouvons, elle pousserait les peuples, devenus encore plus concurrents, à se livrer une guerre économique sans merci. Les grands groupes et les états hégémoniques seraient sans doute les seuls gagnants de ce « chacun pour soi ».

 

Pour promouvoir les solidarités et l’esprit coopératif qui nous font aujourd’hui si cruellement défaut, nous pensons que nous avons besoin d’une Union Européenne, radicalement différente, d'une Europe refondée sur d'autres bases.

 

Nous voyons bien le piège qui est tendu : les peuples n’auraient plus qu'un choix. Soit l’enfoncement dans une Union européenne de plus en plus autoritaire, fédérale et anti-sociale, soit le retour au « chacun pour soi » dans la jungle de la mondialisation, voire pire, le retour des concurrences et des guerres, des xénophobies nationalistes.

 

 

La situation dans l’Est de l’Europe est à cet égard préoccupante. Les peuples de ces pays risquent de devenir des otages de l’affrontement des puissances - UE contre Russie - et l'otage d'oligarchies nationales pour le contrôle des ressources et des marchés.

L’UE n’a qu’un modèle à proposer : le libre-échange. Et les pouvoirs en place bien souvent corrompus, ne répondent aux peuples qui veulent s'en sortir, que par la répression des aspirations démocratiques.

Les peuples n’ont jamais vraiment la parole.

 

Notre vision est bien différente. Nous voulons une refondation pour reconstruire une union de peuples et de nations libres souverains et associés. Une union qui coopère pour le progrès social de tous et non pour le profit des plus riches.

 

Pour nous les axes de cette refondation sont clairs :

  • Stopper les politiques d’austérité pour redonner la priorité au développement social, écologique et solidaire, au service public
  • Démanteler la toute puissance des marchés financiers en renégociant partout la dette pour annuler sa partie illégitime et en changeant le rôle et les missions de la BCE pour financer le développement social
  • Remettre le cap sur le progrès des droits humains et sociaux dans toute l’Europe en les faisant partout respecter en les harmonisant progressivement sur le meilleur
  • Reconstruire des échanges justes entre pays européens et avec le reste du monde en bloquant notamment le projet de grand marché transatlantique.
  • Construire une Europe de la paix qui sorte de l’OTAN, engage le désarmement et œuvre à la solution politique et non militaire des conflits.
  • Enfin et surtout, restaurer la démocratie en donnant systématiquement la parole aux peuples sur les décisions structurantes de l’Union européenne et en respectant les souverainetés et Parlements aujourd’hui bafoués.

 

Nous sommes cette Europe là, celle qui rechercher par tous les moyens  l'émancipation humaine !

 

***

 

Alors comment avancer dans cette voie ?

Nous pouvons nous appuyer sur ce que nous avons déjà fait.

 

Le PGE a œuvré à tous les rassemblements nécessaires pour avancer vers la constitution de ce que nous appelons « un Front européen social et politique » de progrès.

 

Le PGE a intensifié ses échanges avec le mouvement social et syndical, mené une politique volontariste qui a coïncidé avec la recherche nouvelle, pour beaucoup de forces sociales, d’interlocuteurs politiques nouveaux.

Nous avons organisé un sommet alternatif à Bruxelles en mars 2012 auquel plus de 200 organisations sociales, syndicales et politiques ont participé.

Nous avons été un partenaire actif de l’altersummit à Athènes en juin 2013.

Je veux également saluer la très significative présence à notre congrès d’Ignacio Toxo et de Bernadette Ségol, respectivement Président et Secrétaire générale de la CES.

 

Nous voulons intensifier notre travail de relations avec toute une série de forces politiques nouvelles en Europe qui cherchent la voie dans leur engagement à gauche. Je pense aux Balkans, aux pays nordiques, à la Grande-Bretagne, aux pays de l’Est. Nous proposons de modifier nos statuts pour créer la possibilité de devenir parti « partenaire » du PGE afin d’élargir encore nos coopérations et notre rayonnement.

Nous avons travaillé à des rapprochements efficaces avec le forum de Sao Paulo et les forces de gauche latino-américaines comme avec les forces de gauche de la Méditerranée. Tout cela est essentiel.

Nous voulons que ce travail d’échanges, de dialogue, soit tourné vers l’action pour la transformation concrète de l’Europe, du monde, de la vie des peuples.

 

***

 

Le PGE n’est plus seulement un carrefour d’échanges politiques, il est un parti de coopérations concrètes, un parti d’action, un parti de propositions, un parti de transformation.

 

Notre document politique comporte deux séries de décisions importantes que je veux souligner.

 

La première concerne nos campagnes d’action et de propositions. Nous proposons que le PGE mène chaque année des campagnes politiques qui permettent l’appropriation militante et citoyenne de nouveaux objectifs communs. C’était le sens de l’ICE qui nous avions porté sur la création d’une banque ou d’un fonds européen public pour le développement social et écologique. Le refus de la commission européenne d’enregistrer notre demande a révélé la violation autoritaire des droits démocratiques des citoyens européens ainsi que l’intolérance des dirigeants européens néo-libéraux face à toute proposition alternative.

 

Mais il en faudra plus pour décourager ! Ainsi, nous proposons qu’en 2014, nous menions une grande campagne de sensibilisation et d’action pour mettre en échec le projet de grand marché transatlantique. Ce projet est dangereux pour les peuples européens mais aussi pour l'ensemble des peuples du monde. Il faut le révéler le contenu. Nous pouvons gagner et empêcher la signature de l'accord comme l'ont fait nos amis Latino-américains sur l'accord avec les USA. Rien n'est joué.

Nous proposons également d’organiser en mars prochain à Bruxelles un sommet sur la dette pour porter nos propositions dans la campagne des élections européennes. La dette est devenue une arme idéologique pour justifier les politiques d’austérité et d’inégalité. Nous voulons promouvoir d’autres solutions pour stopper l’austérité, financer autrement la relance de l’activité, répartir autrement les richesses. Cette initiative s’adresse à toutes les forces politiques, sociales, syndicales, universitaires, prêtes à travailler avec nous sur ces alternatives.

Enfin, je veux souligner l’importance que nous accorderons aux initiatives prises sur la paix tout au long de cette année consacrée au centenaire de la première guerre mondiale. Je pense notamment à celle que nous tiendrons au début de cette année à Verdun et plus tard à Sarajevo.

 

La deuxième décision concerne le renforcement de notre travail de convergence politique. Le document politique propose l’organisation annuelle d’un « forum européen des alternatives », un nouvel espace politique nouveau, ouvert à toutes les forces politiques, sociales et syndicales qui veulent travailler avec nous. La première édition pourrait se tenir à l’automne 2014 après les élections européennes, dans le nouveau paysage politique qu’elles dessineront.

 

Évidemment, tous nos efforts politiques vont converger d’ici la fin mai 2014 dans la préparation des élections européennes. Dans le contexte de crise aigüe que connaissent l’Europe et l’Union européenne, elles seront décisives et marqueront très probablement des évolutions sensibles des rapports de forces.

 

La situation est instable, elle peut déboucher sur le meilleur comme sur le pire.

 

Si nous savons ouvrir des perspectives de progrès aux forces citoyennes, sociales, politiques qui cherchent une issue alternative dans la solidarité, nos progrès peuvent être importants. Ce doit être notre objectif central : permettre la poussée des forces de gauche la plus forte possible dans chaque pays européens et renforcer avec ces résultats le groupe de la GUE-NGL au Parlement européen. Ce groupe dont il faudra préserver le caractère confédéral, pour lui permettre d’accueillir la diversité des forces anti-libérales et de gauche, est un bien extrêmement précieux. Sa Présidente Gabi Zimmer, prendra la parole lors de nos travaux. Nous la saluons ainsi que tous les députés de la GUE qui sont ici avec nous.

 

Nous voyons les manœuvres en cours pour maintenir, malgré le désaveu populaire, la mainmise du PPE et du PSE sur le Parlement.

Nous voyons aussi le danger de l’extrême droite. La chef du Front national, Marine Le Pen, vient de faire le tour des capitales européennes pour préparer la création d’un groupe d’extrême droite au Parlement. Ces forces brunes vont chercher à surfer sur le rejet de l’Europe.

Les sociaux-démocrates vont chercher à apparaître comme le rempart face à ce danger. Dans une déclaration commune publiée à Berlin le 23 octobre, le SPD allemand et le PS français de François Hollande déclarent : « nous voulons susciter une nouvelle confiance en Europe en faisant campagne pour le changement en Europe, pour une Europe plus démocratique, sociale et durable.  C’est ce que nous souhaitons proposer aux peuples pour les élections européennes de 2014 ».

Dans cette déclaration le PS français apporte son soutien à Martin Shultz pour la présidence de la commission européenne. Mais quel crédit ont-ils quand le SPD est désormais partie prenante d’une grande coalition sous la houlette d’Angela Merkel ? Ils se moquent du monde !

 

L’alternative de gauche, c’est nous qui pouvons la porter avec toutes les forces qui visent comme nous le renforcement de la GUE-NGL. Les axes de notre plateforme programmatique sont une contribution que nous voulons partager avec toutes ces forces.

 

Notre congrès devra également décider si nous présentons, pour mener cette bataille, un candidat à la présidence de la commission européenne. Le conseil des présidents à mis en débat cette question en octobre avec, comme vous le savez, une option pour une réponse positive et une proposition  de nomination, celle d’Alexis Tsipras.

 

Nous déciderons en deux temps. Samedi, en votant sur le principe ou nom d’une candidature portée par le PGE. Dimanche, en désignant notre candidat si notre réponse est positive.

 

Je rappelle quel est l’esprit du Conseil des Présidents et désormais de la très grande majorité de nos partis. Je cite ce que nous disions en octobre en ouvrant la consultation de nos partis :

« Les élections européennes de mai 2014 seront décisives pour donner la parole aux peuples en lutte contre l’austérité. La démocratie est bafouée en Europe. Seuls les marches financiers font la loi. Pourtant, c’est aux citoyens, aux peuples, que doit revenir le pouvoir de décider de l’avenir de l’Europe. Les souverainetés  populaires quotidiennement attaquées doivent être respectés. Le Conseil des Présidents a discuté de la possibilité de présenter un candidat commun à la Présidence de la commission européenne. Le PGE ne croit pas que cette disposition nouvelle soit de nature à démocratiser l’UE. Elle ne masquera pas, comme l’espèrent les dirigeants européens de la troïka, leur autoritarisme. »

 

Et nous ajoutions, «  Il n’y a pourtant aucune raison, lors de la campagne électorale, de laisser le monopole de la parole aux forces responsables de la crise. Les peuples, les travailleurs, toutes celles et ceux qui luttent contre l’austérité et pour une refondation de l’Europe doivent avoir un porte-voix. Pour le PGE, cette candidature serait un symbole fort d’espoir pour l’Europe. La Grèce a servi de cobaye aux politiques d’austérité. Mais la Grèce a résisté et résiste encore. Syriza, le parti dont Alexis Tsipras est le Président a su rassembler le peuple grec contre les memoranda barbares et l’autoritarisme et pour un redressement de la Grèce dans une Europe solidaire. La voix d’Alexis Tsipras serait donc celle de la résistance et de l’espoir face aux politiques ultra-libérales et face à la menace de l’extrême droite. Cette candidature pourrait rassembler de nombreux citoyens et de nombreuses forces politiques. »

 

L’heure est maintenant venue de décider. La très grande majorité d’entre nous y sont favorables. Certains partis non, non en opposition à la candidature d’Alexis, mais par hostilité au principe, qui à leurs yeux crédibiliserait une commission que nous jugeons illégitime et anti-démocratique. Nous allons mener au bout ce débat et décider avec l’esprit de rassemblement qui nous caractérise.

 

Dans mon esprit, il est clair que notre décision ne vise pas à s’imposer aux partis qui ne souhaiteraient pas la relayer, ni aux partis de la GUE-NGL non membres du PGE qui ne s’y reconnaîtrait pas. Cette candidature, si nous la décidons, et je le souhaite ardemment, sera mise à la disposition de toutes les forces qui le souhaiteront pour renforcer la lutte anti-austérité et le poids politiques de nos alternatives. Si nous le décidons, il nous faudra afficher de grandes ambitions. Il en ira de notre crédibilité et de celle de Syriza en Grèce.

 

Enfin, il me revient d’évoquer la dernière décision que nous aurons à prendre. Le renouvellement de notre direction. L’élection aura lieu dimanche. Il y a un très large consensus sur la poursuite d’une présidence collective. L’expérience a validé cette innovation du dernier congrès.

Je présenterai demain après le Conseil des Présidents, qui  se réunit ce soir, une proposition nominative de présidence collective. Comme vous le savez, j’ai dit ma disponibilité pour un second mandat et la plupart des membres de la présidence sont également prêts à le faire. Je pense, aux vues des consultations dont nous ferons le bilan ce soir, que nous pourrons nous diriger vers la reconduction d’une équipe dans la continuité. C’est une très bonne chose après un mandat où nous avons progressé ensemble et avant des échéances politiques majeures.

 

Je vous souhaite donc à toutes et tous un très bon travail collectif pour, comme l'a dit Maite Mola, le congrès du futur de la gauche européenne, et le congrès du futur de l'Europe !

 

 

 

Repost 0
Published by bruno fornaciari
commenter cet article
14 décembre 2013 6 14 /12 /décembre /2013 08:14

Pierre Laurent: "Nous ne voulons plus de cette politique d'austérité"

 

 

Voir la vidéo

Extrait du discours de Pierre Laurent après la marche pour la révolution fiscale, ce dimanche 1er décembre à Paris.

"Si nous sommes ici à Paris sachez bien que nous ne sommes pas seuls, il y a eu d'autres rassemblements à Bordeaux, à Toulouse et même à Tulle...
L'heure est à la mobilisation pour imposer une nouvelle politique pour la France.

C'est à nous de repartir en campagne pour rétablir l'espoir, sur les ruines de ce qu'a détruit ce gouvernement qui a oublié ce qu'être de gauche voulait dire.
En 2014 la TVA rapportera plus de 138 milliards d’impôt, alors que l’impôt sur les sociétés ne rapportera plus que 36 milliards d'euros, en baisse de plus de 13 milliards à cause du dernier cadeau fiscal. La seule compétitivité visée, c'est celle des profits et des dividendes.[..]

Qu'on ne compte pas sur nous pour confondre notre colère avec les revendications patronales du zéro impôt. [...] Le rouge que nous avons au cœur, il n'a pas de frontière. Ni bretonne, ni française, ni européenne. C'est le rouge des prolétaires de tous les pays! Au 1er janvier, à l’exception de quelques produits de première nécessité, tout va augmenter. Alors que le pouvoir d’achat est déjà tellement attaqué. Comme si la situation n'était pas déjà insupportable pour ces 8 millions de pauvres.

Il faut dire à Bruxelles, nous ne voulons plus de cette politique d'austérité. Il faut interdire les licenciements boursiers. Ouvrez les comptes des entreprises, révélez le montant des dividendes. Oui, une politique de justice sociale et fiscale est possible dans ce pays, nous créons suffisamment de richesses pour cela ![..] Nous voulons des portiques et des taxes, mais sur les routes de la finance et de l'évasion fiscale !"

Pierre Laurent a conclu lui en citant Aimé Césaire : "j'ai eu, je garde, j'ai le libre choix de mes ennemis. Lepen, elle choisit aussi ses ennemis, l'immigré et l’étranger. Et bien nous, nous croyons en l'unité de l'humanité, c'est bien le sens de l'humain d'abord."

Repost 0
Published by bruno fornaciari - dans PCF-FRONT DE GAUCHE
commenter cet article
13 décembre 2013 5 13 /12 /décembre /2013 12:54

Quel est le but de cette campagne contre l’Humanité ?

l'Humanité 5

Une cohorte déchaînée de la bien pensance radiophonique, en appui de quelques groupuscules de droite, s’attaque violemment depuis quelques jours au Parlement et à l’Humanité.

 

Pourquoi ? L’Humanité aurait reçu un cadeau de l’Etat qui lui effacerait ses dettes. Rien que ça ! Sans même vérifier de quoi il s’agit exactement, sans même prendre la précaution de nous passer un coup de fil confraternel, une équipée, qui va de Mrs Apathie, Brunet, Morandini et consors, multiplie les chroniques, émissions spéciales, sous-entendus et autre insinuations pour calomnier l’Humanité, souhaiter sa mort tout en accusant l’Assemblée nationale de complicité coupable. Mme Le Pen leur est venue subrepticement en renfort il ya quelques jours. Et voici que de petits groupes liés à des droites extrêmes lancent une pétition demandant à l’Etat de ne pas payer les dettes de l’Humanité. C’est une farce ! Cela fait près de 30 ans qu’on n’avait pas entendu de tels propos haineux à l’encontre de notre journal.

 

S’il s’agissait de critiquer un vote des députés ou un choix gouvernemental, rien de plus naturel en démocratie. Mais c’est de bien autre chose dont il est question qui se résume en un seul slogan à propos de nous : qu’ils crèvent ! Et tant qu’elle y est, toute cette bonne société qui petit-déjeune, déjeune et dîne dans le beau monde, passant d’un média privé à un autre, négociant ses bons salaires chaque année au moment du mercato télévisuel, en vient à crier haut et fort, que c’est toute la presse écrite qui est trop, bien trop aidée. Que des citoyens, des salariés, des petits patrons qui, actuellement souffrent terriblement de la crise, des fins de mois difficiles, du manque de débouchés pour leurs productions ou de la cherté du crédit, soient offusqués par un tel prétendu cadeau, peut se comprendre. Mais il ne s’agit pas de cela. Et je veux m’en expliquer.

 

De quoi s’agit-il ? A la fin de l’année 2000 l’Humanité se trouvait en grave difficulté, proche de la cessation de paiement. Un plan de redressement lourd était décidé à la suite de ma nomination. Il comprenait une sévère restructuration sociale, industrielle et économique, sur laquelle je ne reviens pas ici. Pour la mener à bien, il était indispensable de disposer de prêts relais pour faire face à un certain nombre d’échéances impératives. Avec le directeur financier de l’époque, nous avons rencontré au moins 11 dirigeants de banques importantes. Aucune d’entre elles ne voulait aider une PME dans notre situation ; encore moins une entreprise de presse. Et évidemment, encore moins l’Humanité, journal de la gauche de la transformation sociale et écologique. Face au péril qui menaçait, j’ai du, en désespoir de cause, me tourner vers la banque publique, Banque de développement des PME (BDPME) devenue par la suite OSEO. Celle-ci faisant la même analyse que les autres banques refusait d’accorder quelque crédit que ce soit sans garantie. Me tournant vers la structure du CIRI (Comité interministériel de restructuration industrielle), rattachée à Bercy pour traiter de la situation des entreprises en très grande difficulté, notre dossier est devenu encore plus sensible. Au terme de ce parcours du combattant, les pouvoirs publics ont demandé au CIRI et au Fonds de développement économique et social (FDES) de réétudier l’ensemble de notre dossier. C’est là qu’enfin nous avons obtenu trois lots de prêts étalés sur deux années en lien avec le FDES. Le premier, le 24 décembre 2001 pour une valeur de 1,5 millions d’euros. Nous avons remboursé son capital et ses intérêts, soit  plus de 2 millions d’euros. Un second au mois de mars 2002 pour un capital de 2,2 millions d’euros pour lequel nous avons remboursé au total une somme dépassant les 3 millions d’euros. Un troisième, le 4 avril 2002 dénommé « prêt participatif », aux  taux d’intérêt progressifs, pour une somme de 3,2 millions d’euros. Sur ce prêt, nous avons remboursé environ 20% du capital mais nous payons des intérêts très élevés depuis l’année 2007 puisque pour un emprunt de 3,2 millions d’euros, ils représentent 3,1 millions d’euros. C’est dans ce cadre, et en tenant compte de ces frais financiers exorbitants et pour permettre la reconstitution du capital de l’Humanité que j’ai demandé depuis des années aux gouvernements successifs de reconsidérer notre situation. Tous les gouvernements, sans exception, l’ont toujours admis et sont restés ouverts à nos demandes. En 2009, avait été décidée une solution d’attente transitoire consistant à repousser de 5 ans le remboursement du capital. Mais avec cette formule, les frais financiers ont continué à peser sur notre trésorerie et nos résultats comptables.

 

A la suite de ces différents examens, l’actuel gouvernement a décidé, en toute transparence et au nom du pluralisme de la presse, de proposer au Parlement de nous délivrer de ce fardeau qui, comme pour d’autres petites entreprises, nous asphyxie à cause des frais financiers. Du reste, c’est contre cette logique que l’Humanité, avec le Front de gauche et d’autres, mène campagne contre les coûts du capital et non pour accuser ceux du travail, comme le font quotidiennement nos censeurs médiatiques, bien moins regardant quand il s’agit du cadeau de 20 milliards d’euros fait au grand patronat ou encore des faramineuses retraites-chapeaux. L’Etat n’est en rien spolié puisque les frais financiers dont nous nous sommes acquittés remboursent largement le capital. Il est ici dans son rôle républicain de garant de la démocratie, de la libre expression des opinions et des idées et donc du pluralisme de la presse écrite d’information générale et politique. Un pluralisme bien utile. Nous sommes à un moment où le monde entier, toute la presse, rend hommage et célèbre Nelson Mandela. Nous nous en réjouissons. Mais, nous ne pouvons oublier que l’Humanité a été bien seule pour faire connaître le sort du dirigeant sud-africain qualifié de « terroriste » pour justifier sa détention par le régime d’apartheid. Rappelons également les campagnes d’information et de décryptage de l’Humanité anticipatrices lorsqu’elles montraient que le traité de Maastricht puis celui de Lisbonne conduisaient l’Union européenne et les peuples dans le mur. On pourrait ainsi multiplier les exemples. Faire taire la voix de l’Humanité conduirait à désarmer des forces sociales, syndicales, culturelles de leur action pour l’émancipation humaine. Peut-être est-ce d’ailleurs l’objet des actuelles campagnes ?

 

Enfin, nos procureurs brandissent devant nous une étude bien commode de la Cour des comptes qui, par de savants calculs, a décrété que l’Humanité est le journal le plus aidé. Qui veut tuer son chien l’accuse de la rage ! Je suis prêt, bien sûr, à produire des chiffres, notamment dans le cadre de débats contradictoires avec nos accusateurs que les stations qui les emploient auront à cœur, j’en suis sûr, d’organiser.

 

La prétendue aide dont bénéficie l’Humanité reste au tiers inférieur de celle allouée à certains confrères. Elle répond tout à fait à ce que prévoit la loi pour les quotidiens à faibles ressources publicitaires. De surcroît, depuis l’année 2000, cette aide a été diminuée de 1 million d’euros qui nous aurait été bien utile.

 

 Autre argument de nos grands maîtres à penser, notre diffusion. Comme si l’Humanité était le seul journal à perdre des lecteurs ! Même si nous ne distribuons aucun journal dans les chaînes d’hôtel, de parking ou dans les premières classes de la SNCF.

 

Je remarque au passage, qu’aucun confrère de la presse écrite qui vit les mêmes difficultés quel’Humanité, n’a ouvert ses colonnes à ces zorros en peau de lapin. S’il en est ainsi, c’est qu’à l’exception de nos amis de La Croix, tous les journaux perdent des lecteurs et aucun ne vit de la vente de ses titres. La diffusion de l’ensemble de la presse payante a diminué de 180% depuis la Libération. Cela ne doit réjouir personne. Affaiblir un organe de presse ou le fermer comme cela a été malheureusement le cas pour France SoirInfomatinLe Matin de Paris ou la réduction de la voilure de La Tribune revient à mettre à chaque fois des centaines de salariés, dont de nombreux journalistes, au chômage. Au-delà, ce sont des milliers de chômeurs supplémentaires dans l’ensemble de la chaîne de production et de distribution des journaux.  Et ce qui se passe depuis plusieurs mois dans le monde entier est inquiétant pour toutes et tous sauf évidemment pour les intégristes, les simplistes populistes et l’extrême-droite qui rêvent d’un peuple asservi sans livre, sans théâtre, sans cinéma, sans maisons de la culture, sans journaux mais peut-être truffé d’écoles privées.

 

Dans un tel monde, toute la presse et la télévision seraient aux mains des puissances d’argent au service d’une pensée unique. Aucun démocrate, aucun républicain qu’il soit de droite ou de gauche ne peut le souhaiter. C’est la question essentielle.  A quelle valeur chiffre-t-on la démocratie, le pluralisme des idées, le débat, l’accès à la culture dans une société ? Evidemment, les forces de l’argent et leurs perroquets n’ont pas encore inventé des agences de notation pour cela. Pluralisme, démocratie, respect mutuel, autant de conditions qui vaillent pour faire société et monde ensemble dans cette période de crise qui bouleverse tout, fracture les vies et déchire les repères.

 

Si nos procureurs ont terminé leur plaidoirie et sont prêts au débat, je suis à leur disposition.

 

Patrick le Hyarick directeur de "l'Humanite"

Repost 0
13 décembre 2013 5 13 /12 /décembre /2013 11:14
Repost 0
12 décembre 2013 4 12 /12 /décembre /2013 23:42


Hommage à Nelson Mandela

Jeudi 12 décembre

Rendez-vous à 18h devant l'Hôtel de ville pour rendre hommage à Nelson Mandela, Citoyen d'honneur de Villejuif depuis 1985.

Sitôt la nouvelle de la dispartition de Nelson Mandela connue, le maire de Villejuif, Claudine Cordillot, au nom de la municipalité, tenait à lui rendre un premier hommage :

"A l'heure où me parvient la nouvelle tant redoutée de la disparition de Nelson Mandela, c'est avec une grande émotion que je me souviens de ce 13 octobre 1993, lorsque Nelson Mandela vint à Villejuif, à la rencontre des habitants de notre ville qui avaient fait de lui dès 1985 son Citoyen d'honneur. Mandela à Villejuif ! Ce symbole vivant de la lutte du peuple d'Afrique du Sud contre l'Apartheid qui avait passé 27 ans en prison, était désormais libre et lors de sa première visite en France, il avait tenu à être parmi nous, à Villejuif : son arrivée au théâtre Romain-Rolland est restée pour moi comme pour tous les Villejuifois présents un moment inoubliable.
Prix Nobel de la Paix, Nelson Mandela allait devenir le premier Président de la nouvelle Afrique du Sud et incarner au plus haut point les valeurs de justice et de paix, de solidarité et de tolérance; son combat et son action nous inspirent aujourd'hui comme elles inspireront tous ceux qui ont à coeur de faire progresser les idées de culture de la paix. Faisons en sorte que son exemple reste vivant !


J'invite Villejuifoises et Villejuifois à rendre un premier hommage à Nelson Mandela, leur Citoyen d'honneur, lors d'une cérémonie à sa mémoire devant notre Hôtel de Ville le 12 décembre 2013 à partir de 18 heures, à l'unisson de tous ceux qui, de par le monde, pleurent sa disparition".

 

Repost 0
Published by bruno fornaciari - dans MEMOIRES - HOMMAGES - SOUVENIRS
commenter cet article
12 décembre 2013 4 12 /12 /décembre /2013 23:36
Repost 0
Published by bruno fornaciari - dans MEMOIRES - HOMMAGES - SOUVENIRS
commenter cet article
12 décembre 2013 4 12 /12 /décembre /2013 17:07
 

Les élu-e-s Front de gauche PCF-GU-AC refusent les hausses de tarifs et de la TVA et veulent de nouvelles ressources pour les transports et le pass Navigo unique

zoneuniqueMercredi 11 décembre, au Conseil du STIF, les élu-e-s Front de gauche et communistes refuseront l’augmentation des tarifs pour les usagers, conséquence de la hausse de la TVA sur les transports. Nous proposerons également un vœu pour demander d’appliquer aux transports en commun le taux réduit de TVA, à 5,5%.

À quelques jours du budget de la Région, nous réaffirmons notre ambition de mettre en place le pass Navigo unique au tarif de la zone 1-2. Nous portons cette proposition depuis 2004, puis avec toute la majorité régionale depuis 2010. Cette année, nous proposerons un nouveau pas cette année avec le dézonage du pass Navigo pendant toutes les vacances scolaires.

Nous refusons à la fois de renoncer à cet engagement ou de le faire financer par les usagers et les collectivités. La zone unique est une mesure de justice sociale : elle ne peut se faire au prix d’une augmentation des tarifs, ou de moins de services publics. Ce d’autant plus que des milliers de Francilien-ne-s vivent la galère au quotidien à cause d’incidents et de pannes multiples.

Ce sont bien les entreprises qui doivent davantage contribuer aux transports, à travers le versement transport. Ce sont elles qui bénéficient de leur amélioration ; elles aussi qui paieront moins de contribution aux forfaits de leurs salarié-e-s avec la mise en place du pass unique. Il est donc juste et légitime qu’elles y contribuent.

Dans les jours qui viennent également, Laurence Cohen, sénatrice et administratrice du STIF, défendra un amendement à la loi de finances rectificatives pour harmoniser le taux du versement transport en Île-de-France.Cette modification des taux permettrait de dégager 800 millions d’euros par an, et ainsi de financer la zone unique au tarif de la zone 1-2 et de renforcer l’offre de transport.

Cette proposition est défendue par toute la majorité régionale mais refusée jusque là par les parlementaires socialistes. Nous espérons qu’ils et elles soutiendront cette fois cette proposition dans l’intérêt des Francilien-ne-s.

Alors que le Grand Paris est sur les rails, il est temps de mettre fin à des zones tarifaires injustes ! Une seule Région, un seul tarif, un seul versement transport !


Repost 0
Published by bruno fornaciari - dans REGIONS
commenter cet article
12 décembre 2013 4 12 /12 /décembre /2013 13:32

Si les peuples d’Europe ne se lèvent pas, les banques ramèneront le fascisme

Mikis THEODORAKIS

Alors que la Grèce est placée sous tutelle de la Troïka, que l’Etat réprime les manifestations pour rassurer les marchés et que l’Europe poursuit les renflouements financiers, le compositeur Mikis Theodorakis a appelé les grecs à combattre et mis en garde les peuples d’Europe qu’au rythme où vont les choses les banques ramèneront le fascisme sur le continent.

Interviewé lors d’une émission politique très populaire en Grèce, Theodorakis a averti que si la Grèce se soumet aux exigences de ses soi-disant « partenaires européens », c’en sera « fini de nous en tant que peuple et que nation ». Il a accusé le gouvernement de n’être qu’une « fourmi » face à ces « partenaires », alors que le peuple le voit comme « brutal et offensif ». Si cette politique continue, « nous ne pourrons survivre (…) la seule solution est de se lever et de combattre ».

Résistant de la première heure contre l’occupation nazie et fasciste, combattant républicain lors de la guerre civile et torturé sous le régime des colonels, Théodorakis a également adressé une lettre ouverte aux peuples d’Europe, publié dans de nombreux journaux... grecs. Extraits :

Notre combat n’est pas seulement celui de la Grèce, il aspire à une Europe libre, indépendante et démocratique. Ne croyez pas vos gouvernements lorsqu’ils prétendent que votre argent sert à aider la Grèce. (…) Leurs programmes de « sauvetage de la Grèce » aident seulement les banques étrangères, celles précisément qui, par l’intermédiaire des politiciens et des gouvernements à leur solde, ont imposé le modèle politique qui a mené à la crise actuelle.

Il n’y pas d’autre solution que de remplacer l’actuel modèle économique européen, conçu pour générer des dettes, et revenir à une politique de stimulation de la demande et du développement, à un protectionnisme doté d’un contrôle drastique de la Finance. Si les Etats ne s’imposent pas sur les marchés, ces derniers les engloutiront, en même temps que la démocratie et tous les acquis de la civilisation européenne. La démocratie est née à Athènes quand Solon a annulé les dettes des pauvres envers les riches. Il ne faut pas autoriser aujourd’hui les banques à détruire la démocratie européenne, à extorquer les sommes gigantesques qu’elles ont elle-même générées sous forme de dettes.

Nous ne vous demandons pas de soutenir notre combat par solidarité, ni parce que notre territoire fut le berceau de Platon et Aristote, Périclès et Protagoras, des concepts de démocratie, de liberté et d’Europe. (…)

Nous vous demandons de le faire dans votre propre intérêt. Si vous autorisez aujourd’hui le sacrifice des sociétés grecque, irlandaise, portugaise et espagnole sur l’autel de la dette et des banques, ce sera bientôt votre tour. Vous ne prospérerez pas au milieu des ruines des sociétés européennes. Nous avons tardé de notre côté, mais nous nous sommes réveillés. Bâtissons ensemble une Europe nouvelle ; une Europe démocratique, prospère, pacifique, digne de son histoire, de ses luttes et de son esprit. Résistez au totalitarisme des marchés qui menace de démanteler l’Europe en la transformant en Tiers-monde, qui monte les peuples européens les uns contre les autres, qui détruit notre continent en suscitant le retour du fascisme.

http://www.centpapiers.com/theodorakis-si-les-peuples-d%e2%80%99europe...

Repost 0
Published by bruno fornaciari - dans SOLIDARITE INTERNATIONALE
commenter cet article
12 décembre 2013 4 12 /12 /décembre /2013 13:12

Le CICE manque sa cible

C'en était trop pour le conseiller de général de Saône-et-Loire. "Michel-Edouard Leclerc se paie un coup de pub en déclarant qu’il ne va pas répercuter la hausse de TVA. Il oublie de dire que le taux de TVA ne bougera pas pour les produits de première nécessité qui représentent l’essentiel du chiffre d’affaires des enseignes du groupe", rappelle-t-il. Avant de glisser sur le CICE. "Il oublie de dire que les enseignes Leclerc seront largement les grandes bénéficiaires du Crédit d’impôt pour la compétitivité et pour l’emploi (CICE) qui va alléger le coût du travail pour toutes les entreprises de France. On estime ainsi que la grande distribution va engranger avec le CICE la somme de deux milliards d’euros. Pour Leclerc, le gain réalisé n’est pas encore connu car il a refusé de transmettre cette information à la Représentation nationale."

Le député socialiste admet en creux que cette belle niche fiscale de 20 milliards d'euros accordée par le gouvernement Ayrault aux entreprises, et ce sans contre-parties, manquait son but, qui est de soutenir les secteurs d'activité en prise avec la compétition mondiale.

Augmenter les salaires

Thomas Thévenoud poursuit avec raison: "On espère qu’il (M.E. Leclerc) en profitera pour augmenter les salaires dans ses magasins, embaucher de nouveaux collaborateurs ou mieux payer les producteurs agricoles locaux qui se plaignent régulièrement d’être pris à la gorge par la politique tarifaire menée par Leclerc. Avec une progression en 2012 de plus de 7% et un chiffre d’affaires de 32 milliards d’euros, Leclerc a donc largement les moyens de passer les fêtes de fin d’année au coin du feu." On aimerait que le gouvernement, soutenu par le député Thévenoud, fasse de même en soutenant le pouvoir d'achat des Français en donnant un coup de pouce au Smic et en effectuant une véritable réforme fiscale redistributive.

                      _________________________________________________________________

Un peu de schysophrénie tout de même chez de ce député qui soutient la politique gouvernementale austéritaire tout en en critquant certains effets.

Repost 0
Published by bruno fornaciari - dans ACTUALITES
commenter cet article
12 décembre 2013 4 12 /12 /décembre /2013 08:53

UNION LOCALE CGT

9 bis rue Denfert Rochereau

79100 Thouars

05.49.66.45.26 ulcgt.thouars@wanadoo.fr

Thouars le 11 Décembre 2013.

Travailleurs détachés : Enfin un pas en avant !

Un compromis a pu être trouvé le 9 décembre entre les ministres du Travail des différents pays de l’Union

Européenne sur la question des travailleur-e-s détachée-e-s. C’est une bonne nouvelle.

Deux types de questions étaient à régler :

1. faire en sorte que les salariés détachés soient déclarés, alors qu’aujourd’hui moins d’un sur deux l’est.

2. faire en sorte que les abus et fraudes des employeurs soient sanctionnés et cessent, alors qu’aujourd’hui ils ne

font que se développer, le « noyau dur des garanties sociales » prévu par la directive de décembre 1996 n’étant

trop souvent pas respecté : salaire non payé, salaire minimum pas respecté, maximum de durée du travail

dépassée, conditions d’hébergement inacceptables…

Les nouvelles dispositions de contrôle des entreprises et l’instauration d’une certaine responsabilité solidaire des

donneurs d’ordre, devraient permettre de mieux respecter les droits des salariés détachés et donc de diminuer la

concurrence entre tous les salariés.

Mais il est illusoire de penser que seuls ces contrôles externes pourront assainir la situation. Il est indispensable

que les organisations syndicales et les représentants du personnel disposent de plus de droits, notamment de

pouvoir simplement avoir le droit d’entrer dans les entreprises et les chantiers et pouvoir rencontrer les salariés

détachés, être informés du contenu des contrats de travail en amont de l’arrivée de ces salariés… Et s’il s’avère

qu’il y a fraude au détachement, c’est l’ensemble des règles du pays d’accueil qui doivent s’appliquer au salarié.

Il ne faudrait pas oublier que ce sont les employeurs d’ici qui emploient ces salariés à ces conditions-là, ce sont

bien les donneurs d’ordre d’ici qui décident des appels d’offre et donc des prix et des délais qui ne permettent

pas l’application des règles sociales de notre pays !

Tout n’a donc pas, et loin s’en faut, été gagné hier : la responsabilité solidaire par exemple ne concerne que le

secteur du BTP et seulement le sous-traitant de niveau 1. C’est notoirement insuffisant. Tous les secteurs sont

concernés, et particulièrement le travail temporaire, les transports, l’agriculture…

Reste la question importante de la différence de cotisations sociales payées par l’employeur selon que son salarié

a un contrat signé en France ou hors de France, dans un pays où les garanties sociales sont plus faibles qu’ici.

Cette question ne dépend pas de la directive détachement. La CGT va s’adresser dans la toute prochaine période

aux ministères concernés avec une proposition visant à en finir avec cette « distorsion de concurrence »

organisée.

Un pas dans la bonne direction a été franchi. La CGT restera totalement attentive, mobilisée et force de

propositions pour les prochaines étapes le vote du parlement européen prévu en février prochain et la

transposition française ultérieure du texte. La règle doit être simple : c’est l’égalité de traitement entre les

salariés, quels que soient leur origine et leur statut, qui doit être appliquée !

Repost 0
Published by bruno fornaciari - dans ACTUALITES
commenter cet article

BRUNO FORNACIARI

HPIM3303

Recherche

Texte Libre