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4 janvier 2014 6 04 /01 /janvier /2014 03:56

Enjeux locaux

Premier constat à tirer du sondage Harris Interactive publié par La Gazette jeudi 28 mars dernier, une majorité des Français déclarent que leur vote aux prochaines élections municipales ne constituera pas un jugement à l’égard de l’exécutif. Ce sont les enjeux locaux qui seront déterminant dans la campagne municipale : 90 % des français accordent beaucoup ou assez d’importance aux enjeux locaux dans leur vote aux municipales. Mais ces enjeux locaux pèsent différemment selon l’électorat visé. Ils comptent plus pour le vote des électeurs de gauche que pour les électeurs FN qui « nationalisent » le scrutin.

Personnalisation

Second constat, la personnalité du candidat reste déterminante. Selon le sondage, 78 % des Français déclarent que la personnalité des candidats est susceptible d’influer beaucoup ou assez sur leur vote en mars prochain. Dans cette personnalisation, le maire sortant part avec un avantage. Les maires bénéficiant en effet, en règle générale, de taux de notoriété assez élevés et 64 % des Français déclarent avoir une bonne opinion du maire de leur commune. Les deux tiers des électeurs jugent leur maire honnête, sympathique et compétent. Les scrutins municipaux resteront donc très personnifiés, particulièrement dans les grandes villes, précise le sondage.  

Proximité

La confiance dans les élus locaux a toutefois tendance à s’effriter, celle accordée aux maires enregistre encore une baisse de 4 points sur un an. Les maires souffrent d’un déficit de proximité. Seuls 43 % des Français ont le sentiment que leur maire est proche de leurs préoccupations. Un déficit accentué par le sentiment que les élus sont trop différent d’eux. D’où le souhait exprimé par les français d’un rajeunissement de la classe politique en fixant une limite d’âge maximale pour pouvoir se présenter à une élection (79 % favorables, ou plutôt favorables), d’une féminisation en imposant la parité hommes/femmes (77 % favorables ou plutôt favorables), ou encore d’une plus grande diversité en fixant des quotas de personnes issues de la diversité (45 % favorables ou plutôt favorables).

Attentes de l’électorat

Le sondage Harris Interactive permet de positionner les attentes des citoyens à un an des municipales au regard de la satisfaction associée aux différents domaines d’action des communes et des priorités assignées aux équipes municipales. Les thèmes qui émergent sont assez différents selon les sympathisants de droite ou de gauche.
A droite, les satisfactions sont rares et les attentes sont grandes. Les thématiques à mettre en avant sont celles jugées prioritaires et en même temps qui rencontrent un faible niveau de satisfaction : la sécurité, les dépenses, le développement économique, la circulation et le stationnement. Les thématiques qui enregistrent un plus fort niveau de satisfaction (l’aménagement urbain, l’environnement, les transports) semblent en revanche moins prioritaires aux sympathisants de droite.
A Gauche, les satisfactions sont plus grandes. Environnement, transports mais aussi école, action sociale, maintien des services publics sont autant d’actions prioritaires pour lesquelles la gestion municipale est jugée satisfaisante. Le développement économique, les dépenses et les impôts sont en revanche des sujets prioritaires qui rencontrent un faible niveau de satisfaction.

Finances locales

Baignant dans le débat sur la crise des finances publiques, les citoyens semblent en faire l’un des sujets importants pour les municipales. Selon l’institut de sondage, « Les finances publiques seraient un nouveau prisme de lecture déterminant des citoyens ».
Les finances publiques étaient le 2ème élément le plus déterminant du vote au 1er tour de l’élection présidentielle de 2012 : 38 % des électeurs citaient la lutte contre les déficits et la dette comme un thème de campagne ayant beaucoup compté dans leur vote, juste derrière l’emploi et devant le pouvoir d’achat
Or il semble en être de même pour les municipales. Là aussi les finances apparaissent comme le 2ème élément le plus susceptible de peser dans le choix des électeurs pour le 1er tour des élections municipales de 2014 : 86 % estiment que la gestion des dépenses de la municipalité doit constituer un élément prioritaire, dont 41 % le qualifient même de « tout à fait prioritaire » pour les équipes municipales au cours des prochaines années ; 85 % mentionnent également que les impôts locaux doivent constituer un dossier prioritaire, dont 42 % jugeant qu’il s’agit d’un élément « tout à fait prioritaire ».

Auteur: 

- See more at: http://capcom.cap-com.org/content/%C3%A9lections-municipales-regard-sur-les-attentes-des-citoyens#sthash.uEM4gk9t.dpuf

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4 janvier 2014 6 04 /01 /janvier /2014 03:43

Affrontements entre manifestants et policiers, vendredi 3 janvier à Phnom Penh

MONDE -  le 3 Janvier 2014

 

Cambodge : la répression policière sur les ouvriers du textile fait trois morts

 

 

Des policiers cambodgiens ont fait au moins trois morts en ouvrant le feu, ce vendredi à Phnom Penh, sur des ouvriers du secteur de la confection qui manifestaient contre leurs conditions de travail, dernier épisode violent d'une mobilisation qui dure depuis des semaines pour réclamer des augmentations de salaires.

Les tirs ont eu lieu alors que des milliers d'ouvriers bloquaient une route devant leurs usines et que certains manifestants armés de bâtons, de pierres et de cocktails Molotov se sont opposés aux forces de l'ordre. La police militaire a d'abord effectué des tirs de semonce, avant d'ouvrir le feu directement sur les manifestants, selon un photographe de l'AFP. "Trois personnes sont mortes et deux ont été blessées", a déclaré Chuon Narin, commissaire adjoint de la police de Phnom Penh.

La mobilisation des ouvriers du textile, qui coïncide avec des manifestations de l'opposition réclamant le départ du Premier ministre Hun Sen, avait déjà conduit en novembre dernier à la mort d'une femme par balle. "Cette fois, ils ont utilisé des fusils", a dénoncé Chan Soveth, du groupe de défense des droits de l'Homme Adhoc, qui était sur place, assurant qu'une dizaine de manifestants avaient été gravement blessés.

Détérioration des conditions de travail selon l'OIT

Les manifestations du secteur textile, crucial pour l'économie cambodgienne, se sont multipliées ces dernières années pour dénoncer les conditions de travail. Les syndicats se plaignent notamment d'évanouissements collectifs, attribués à la sous-alimentation et au surmenage. L'Organisation internationale du travail (OIT) a souligné récemment que les conditions de travail s'étaient détériorées. Au coeur des revendications de cette dernière mobilisation: le passage à un salaire minimum de 160 dollars par mois en 2014. Il est jusqu'ici de 80 dollars et le gouvernement a promis récemment de le porter à 95 dollars dès avril 2014, ce que les syndicats jugent insuffisant. Le secteur textile emploie quelque 650.000 ouvriers, dont 400.000 pour des sociétés qui travaillent pour des grandes marques internationales.

Les ouvriers du textile se sont récemment alliés aux manifestants de l'opposition qui réclament de nouvelles élections, estimant que celles de juillet ont été entachées de fraudes massives. "Nous déplorons ces violences, que nous condamnons avec la plus grande vigueur", a déclaré vendredi le chef de l'opposition Sam Rainsy. "C'est une tentative inacceptable de casser non pas seulement une grève ouvrière, mais c'est une tentative pour casser le mouvement ouvrier dans son ensemble. Et derrière le mouvement ouvrier, de casser le mouvement démocratique qui est en train de se développer au Cambodge", a-t-il ajouté.

L'opposition réclame de nouvelle élection

Le Parti du sauvetage national du Cambodge (CNRP) de Rainsy, qui manifeste quotidiennement dans la capitale, prévoit un grand rassemblement de trois jours à partir de dimanche. Après la "fusillade" de vendredi, "les gens sont certes choqués mais ils sont plus déterminés que jamais à obtenir pour les ouvriers un salaire minimum décent et pour tous les citoyens cambodgiens de nouvelles élections", a insisté Rainsy. Mais l'opposition a revendiqué la victoire et dénoncé un "coup d'Etat constitutionnel". Ses députés boycottent l'Assemblée nationale depuis son ouverture en septembre, notamment pour protester contre le fait que Rainsy, rentré d'exil juste avant le scrutin, n'avait pas été autorisé à y participer. Hun Sen, 61 ans, au pouvoir depuis 1985, a promis d'y rester encore au moins dix ans. Malgré sa croissance rapide, le Cambodge reste l'un des pays des plus pauvres de la planète, et le mécontentement de la population augmente face à l'accaparement des richesses, notamment des terres, par les proches du pouvoir.

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3 janvier 2014 5 03 /01 /janvier /2014 18:16

un peu, beaucoup de MEDEF et un peu, beaucoup de François Hollande

Les vœux de Serge Dassault

Serge Dassault, président du groupe Figaro.

 

Le président du groupe Figaro vous présente ses vœux pour l'année 2014.

chères lectrices, chers lecteurs,

L'année 2013, reconnaissons-le, n'aura pas été une excellente année pour la France ni pour les Français. Alors que le monde entier - Amérique en tête - renoue enfin avec la croissance, notre pays reste à la traîne. Alors que nos voisins européens ont su prendre les mesures de redressement nécessaires, nous laissons filer les dépenses et les déficits. Sourds aux avertissements de l'OCDE, de la Commission européenneou de la Cour des comptes, nous continuons d'emprunter pour nos dépenses de fonctionnement, comme les contrats d'avenir, et d'alourdir le poids d'une dette qui, au train où vont les choses, atteindra bientôt 100 % de notre PIB!

Pour l'heure, les financiers de Bercy, qui ont les yeux fixés sur nos taux d'intérêt, profitent de l'indulgence des agences de notation qui nous conservent notre «double A». Mais la note de la France peut à tout moment être abaissée. Elle le sera si nos déficits continuent de courir et si nous continuons d'ignorer les critères européens (3 % maximum de déficit budgétaire). Or, si la France est dégradée, la hausse des taux d'intérêt entraînera un surcoût de tous nos emprunts, donc de la charge de la dette, ce qui réduira les ressources fiscales et compromettra l'activité économique. C'est pourquoi il est indispensable que la France réduise, au plus vite, ses dépenses et ses impôts.

Il existe une façon simple de réduire la dépense publique : c'est de revenir, sans finasser ni tourner autour du pot, à une durée légale du travail de 39 heures payées 35. L'État pourrait ainsi économiser 21 milliards par an d'allégements sociaux consentis aux entreprises. Plus du quart du déficit budgétaire prévu en 2014: ce n'est pas négligeable! Par ailleurs, un grand nombre de niches fiscales ou sociales privent le gouvernement de plusieurs dizaines de milliards de recettes par an. Même si cela ne doit pas faire plaisir à ceux qui en bénéficient, on doit les supprimer, pour éviter le pire.

Il y faudra du courage. Pour que les Français comprennent et admettent la nécessité de ces mesures, il faut leur dire la vérité et ne pas peindre la réalité en rose, comme l'ont fait jusqu'à présent tous les gouvernements qui se succèdent aux affaires depuis trente ans.

Comme l'a dit Tony Blair: «La bonne politique n'est ni de droite ni de gauche, c'est celle qui marche.» J'ajoute que son succès n'est pas affaire d'idéologie, mais qu'elle repose uniquement sur l'efficacité et la motivation de tous les acteurs économiques.

Cela suppose, tout d'abord, qu'on ne les accable pas d'impôts et de prélèvements décourageants. Aujourd'hui, les Français crient massivement leur rejet d'une fiscalité dont ils estiment à juste titre qu'elle a dépassé les bornes du supportable. Mais ce n'est pas en leur proposant une «pause» ou une réforme «à prélèvements constants» qu'on leur permettra d'investir et d'augmenter leur niveau de vie! La seule réforme fiscale qui vaille, la seule «remise à plat» qui permettra de ranimer la confiance, et donc la croissance, c'est la baisse des impôts pour tous.

Cela suppose aussi de n'oublier personne, et surtout pas les plus modestes, qui contribuent par leur travail à l'effort collectif. Leur pouvoir d'achat doit être soutenu. Comment? En renforçant, notamment, les mécanismes d'intéressement et de participation. Utilisés, malheureusement sans conviction depuis de Gaulle, ils sont pourtant un excellent moyen de supprimer la lutte des classes dans les entreprises industrielles.

La France doit réduire ses dépenses et ses impôts

Serge Dassault

Concrètement, il suffirait de décider que la réserve de participation est égale aux dividendes distribués. C'est ce qui se passe pour les employés de Dassault Aviation où j'ai institué cette règle depuis plus de vingt ans. Le personnel français perçoit, en plus des treize mois habituels, trois à quatre mois de salaires supplémentaires, en fonction des bénéfices distribués chaque année. «Ce qu'il y a de bien dans votre système, m'a dit un jour un syndicaliste, c'est que nous avons l'impression de ne plus travailler uniquement pour le patron, mais aussi pour nous.»

Évidemment, rien ne sera possible si l'on n'allège pas fortement le poids de la dépense budgétaire. Pour cela, il faudrait commencer par appliquer deux principes simples:

1) Le gouvernement ne doit jamais emprunter pour des dépenses de fonctionnement. Des emprunts qui ne produisent rien et sont impossibles à rembourser autrement qu'en empruntant encore: dans le monde de l'entreprise, cela s'appelle de la cavalerie! La faillite n'est jamais loin. C'est pourtant ce que font tous les gouvernements français depuis François Mitterrand.

2) L'État ne doit jamais payer les impôts et les charges à la place des entreprises ou des contribuables. Ce n'est pas son rôle. Notre mauvaise situation budgétaire et notre dette n'ont pas d'autres origines que ces dépenses et ces aides que nos recettes fiscales ne peuvent pas financer. Résultat, notre dette atteint cette année 93,4 % du PIB avec un déficit de 4,1 %. L'an prochain, le déficit budgétaire devrait être de 82 milliards, soit 3,6 % du PIB… si la croissance atteint 0,9 %, ce qui n'est nullement garanti!

C'est ainsi que notre dette continuera de se creuser chaque année, au rythme de nos déficits budgétaires de l'ordre de 70 à 80 milliards par an! Et comme notre Constitution ne dispose pas, à la différence de celle des États-Unis, du mécanisme (dont nous devrions nous doter!) qui permettrait de plafonner notre endettement, rien ne vient arrêter cette course dramatique. C'est un cercle infernal: chaque année le service de la dette augmente ; comme il est payé par le budget, nos ressources diminuent ; ce que nous ne pouvons compenser que par de nouveaux impôts ou de nouveaux emprunts… qui viennent à leur tour peser sur l'activité et donc l'emploi!

Car, ne nous y trompons pas, la bataille principale est bien celle de l'emploi. Seules les entreprises peuvent réduire le chômage, mais elles n'embauchent qu'en fonction de leur carnet de commandes. Quand ce carnet n'est pas garanti, elles ne recrutent que si elles ont la certitude de pouvoir licencier lorsque le travail est terminé. C'est pour cela qu'il faut, comme en Suède, instituer la flexisécurité. Flexibilité de l'emploi pour les entreprises ; sécurité pour les salariés accompagnés dans leur recherche d'emploi.

Nous voulons vraiment faire reculer le chômage? Faisons donc le choix de la flexibilité en généralisant les CDD non limités ou le contrat de projet, avec embauche pour la durée du contrat. Nous souhaitons vraiment favoriser l'emploi? Relevons les seuils sociaux applicables aux artisans et aux PME, qui bloquent les recrutements à 9 et 49 salariés, et les embauches seront immédiates!

Puisque le gouvernement recherche des idées, en voici deux, bien plus efficaces que tous les contrats aidés - et qui ne coûteraient rien. Pour finir de l'en convaincre, on ne saurait trop lui conseiller de s'inspirer des modèles qui marchent - et qui embauchent - à l'étranger. Quelques exemples devraient retenir son attention:

Au Canada qui, il y a quinze ans, était dans une situation dramatique (déficits, dette, croissance nulle), le premier ministre décida de dire franchement les choses à ses concitoyens. Après une réduction de 20 % de tous les budgets et du nombre de fonctionnaires, le pays a retrouvé le chemin de la croissance et de la prospérité.

En Allemagne, grâce au chancelier social-démocrate Gerhard Schröder et à son plan global d'amélioration de compétitivité des entreprises lancé il y a dix ans, le redressement est tel que le pays bénéficie aujourd'hui d'une situation économique cumulant excédent commercial et excédent budgétaire.

En Angleterre, pays fortement engagé dans la rigueur budgétaire, l'année 2014 s'annonce avec une croissance de près de 3,5 %, et un chômage au-dessous de 7 %. Parmi les mesures de stimulation, l'État a donné la possibilité aux citoyens d'investir jusqu'à un million de livres par an dans des entreprises en bénéficiant d'un avantage fiscal très incitatif. Il a en outre réduit fortement les impôts.

En Russie, devenue libérale après soixante-dix ans de communisme désastreux, a été institué un impôt sur le revenu à taux unique. Une flat tax - 13 % d'impôts sur tous les revenus, quel que soit leur montant - qui a déclenché un mouvement général d'investissement et d'embauches. Cinq pays de l'Union européenne mais aussi dix États des États-Unis l'ont adoptée. Qu'attendons-nous pour, au moins, ouvrir le débat?

En Chine- eh oui, même en Chine! - Deng Xiaoping a remis au goût du jour le slogan inventé cent cinquante ans plus tôt par Guizot: «Enrichissez-vous par le travail et par l'épargne.» En 1992, il lance: «Plus il y aura de riches, plus le pays s'enrichira.» Aujourd'hui, forts de ce nouvel état d'esprit et de la dynamique de leur économie, les milliardaires chinois sillonnent le monde pour investir. Et, après des années d'expansion à deux chiffres, la Chine connaît encore l'une des plus fortes croissances au monde, à plus de 7 %.

La leçon, à l'inverse, vaut aussi pour nous: moins il y aura de riches en France, plus le pays s'appauvrira ! Si nous voulons renouer avec la croissance, il nous faut urgemment en finir avec cette absurde fiscalité sur le patrimoine que notre pays est le seul à subir. Sous prétexte de «faire payer les riches», elle vide pour ainsi dire le pays par les deux bouts: de ses fortunes et de ses talents. D'un côté, les «riches», ou prétendus tels, ceux dont le crime est d'avoir réussi, de s'être constitué un patrimoine à l'issue d'une vie de travail et d'épargne, sont poussés dehors par une fiscalité spoliatrice. De l'autre côté, les jeunes, diplômés ou non, ceux qui veulent réussir et être récompensés demain de leurs efforts, sont incités à aller tenter leur chance ailleurs, là où le succès n'est pas un délit. En son temps, la révocation de l'édit de Nantes avait ainsi vidé la France de ses esprits les plus entreprenants. On sait ce qu'il lui en a coûté. Aujourd'hui, avec l'impôt sur le patrimoine, ce sont ceux qui portent l'avenir productif et technologique du pays qui s'en vont. Est-il permis d'espérer qu'un jour nous tirerons enfin les leçons du passé?

Pour ma part, je veux toujours y croire. Comme l'an dernier dans ces colonnes, je continue de rêver. Et si notre président s'inspirait de ce qui marche? Chacun peut se tromper, choisir une mauvaise voie qui n'aboutit nulle part, mais il n'est jamais interdit de changer de cap avant qu'il ne soit trop tard. En ce début d'année 2014, tel est en tout cas le souhait que je forme pour la France.

En mon nom, et au nom de tous les journalistes et collaborateurs du groupe Figaro, j'y joins, chères lectrices, chers lecteurs, pour vous, vos familles ainsi que pour tous ceux qui vous sont chers, mes vœux les plus chaleureux de bonheur et de réussite.

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3 janvier 2014 5 03 /01 /janvier /2014 17:38

Dieudonné, l’imposteur raciste, n’est pas l’ami du peuple palestinien

vendredi 3 janvier 2014

Der­niè­rement Dieu­donné a déclaré au sujet de Patrick Cohen, jour­na­liste à France Inter : « Moi, tu vois, quand je l’entends parler, Patrick Cohen, j’me dis, tu vois, les chambres à gaz… Dommage. » Il ne s’agit ni d’une « erreur » ni d’un dérapage. Mais de posi­tions anti­sé­mites clai­rement et déli­bé­rément assumées depuis une bonne dizaine d’années. Les exemples en sont innom­brables.

Dieu­donné n’est pas un simple humo­riste, c’est avant tout un militant poli­tique d’extrême-droite. Et il y a une spé­ci­ficité. Avec une forme d’expression par­ti­cu­lière (humour), un voca­bu­laire pseudo-​​révolutionnaire (anti­système), et une cible du style fas­ciste des années30 (le complot du "pouvoir juif mondial", de la finance mon­diale, de l’axe Israël-​​USA …), Dieu­donné attire cer­taines caté­gories, par­ti­cu­liè­rement dans la jeu­nesse, que le Front national serait inca­pable de mobi­liser.

C’est le cas par exemple quand il fait applaudir le néga­tion­niste Robert Fau­risson par 5.000 per­sonnes au Zenith en 2008. C’est le cas aussi quand il inter­viewe Serge Ayoub, alias Batskin, le chef de l’organisation d’extrême-droite JNR, Jeu­nesses natio­na­listes révo­lu­tion­naires, dis­soute après la mort de Clément Méric. La vidéo se conclut par une poignée de main entre ces deux hommes et une décla­ration « On repré­sente la France d’en bas … on a le même ennemi, c’est une évidence ».

C’est le cas aussi quand il prétend défendre les Pales­ti­niens en déve­loppant des thèses racistes et anti­sé­mites sous le couvert de l’antisionisme. Il détourne ainsi au profit de l’extrême-droite le juste sen­timent d’exaspération face à l’amalgame fait par les sou­tiens de la poli­tique israé­lienne entre anti­sio­nisme et anti­sé­mi­tisme. Il donne prise à tous ceux qui se com­plaisent dans une dénon­ciation sélective des diverses formes de racisme. Il fait le jeu d’Israël et de tous ses sou­tiens qui cherchent à dis­cré­diter voire cri­mi­na­liser toute forme de contes­tation de la poli­tique israé­lienne..

L’AFPS condamne et rejette ces amal­games qui amènent à traîner devant les tri­bunaux en toute igno­minie les mili­tants du boycott citoyen qui dénoncent la poli­tique colo­niale et raciste de l’Etat d’Israël.

L’AFPS condamne et rejette toute ins­tru­men­ta­li­sation de la cause pales­ti­nienne au service de délires com­plo­tistes racistes qui font le jeu de ses adversaires.

Le peuple pales­tinien n’a aucun besoin de tels faux amis. Notre combat pour les droits nationaux du peuple pales­tinien se fonde sur les prin­cipes uni­versels du droit des peuples. Il suppose le rejet déterminé de toute forme de racisme, d’antisémitisme et d’islamophobie, poisons dan­gereux que nous com­bat­trons sans faiblesse.

Le Bureau national

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3 janvier 2014 5 03 /01 /janvier /2014 16:55
Jeudi 2 janvier 2014

Arabie Saoudite : Accusée de tolérance et d’être proche des laïques, la romancière et écrivaine Saoudienne Balkis MELHEM est assassinée par ses frères.  


 

Un terrible assassinat fratricide a coûté la vie à la romancière et écrivaine Saoudienne Balkis MELHEM.

Assassinée par des membres de sa famille à cause de ses prises de positions tolérantes envers d’autres sectes islamiques et pour être proches des laïques.

Des sources saoudiennes informées certifient l’implication des deux frères de la romancière, ultras-religieux,  dans son meurtre.  Selon des informations sûres, les autorités saoudiennes ont procédé à l’arrestation des auteurs du crime suite à la plainte déposée par le fils de la regrettée auprès du ministère de l’intérieur, accusant ses oncles du meurtre de sa mère. Les autorités qui poursuivent les investigations ont mis à nu la falsification du certificat de décès qui décrit la mort de Balkis comme naturelle tandis que l’acte infâme s’inscrit sur fond d’extrémisme religieux au sein même de la famille.

La défunte, diplômée du département des études islamiques à l’université du Roi Fayçal est enseignante au niveau primaire. Mère de cinq enfants, MELHEM a récemment publié un certain nombre d’articles critiquant la quasi ignorance qui affecte la famille du prophète. Elle a également écrit de nombreux récits et romans littéraires. Il est à noter que son frère cadet et membre d’El-Qaïda. Voilà un article que la défunte a écrit quelques jours avant sa mort; elle dit:

Ils nous ont appris que celui qui n’accomplit pas la prière de groupe à la mosquée est hypocrite!  

Mon père en était un.


Que celui qui fume est un fornicateur! Mon frère Mohamed en est un.
Que celui qui ne porte pas des habits longs ira en enfer! Mon frère Trek en est un.
Que le beau visage de ma mère est une sédition! Mais.. personne ne ressemble à ma mère.
Que ma sœur Mériem qui se complaît à écouter les chansons de Abdel-Halim-HAFEDH  aura sans nul doute du feu moulé dissous dans les tympans. Je dois ajouter qu’elle l’aime, sera-t-elle jugée avec lui? C’est ainsi qu’ils trancheront, j’en ai peur!
Que ma faculté mixte est un lieu de perdition! Pourtant j’y est appris le plus noble des métiers; la médecine.
Que moi-même, passive quant à la promotion de la vertu et à la préservation contre le vice, suis partenaire dans le pêché et passible de la punition!
Que mon amie Salwa, qui m’a invitée à son anniversaire est une mauvaise fréquentation!
Que notre femme de ménage chrétienne est impure!
Que ma collègue chiites est plus pernicieuse que les sionistes!
Que mon oncle instruit est laïque!
Que mon autre oncle, féru de séries égyptiennes est efféminé!


Seulement j’ai découvert que mon père est l’être le plus subtil au monde. Il m’embrassait chaque soir avant de dormir. Il me donnait mon argent de poche chaque fois qu’il partait au travail. Mes frères Mohamed et Tarek ont dépassé ce que j’imaginais pour eux; Mohamed préside une association caritative dans l’une des facultés australienne. Tarek est bénévole dans un centre pour orphelins de la ville, il y enseigne les arts martiaux. Ma sœur Mériem s’est privée de mariage pour nous élever après la mort de notre mère. Ma mère? Elle est ensevelit sous terre avec la satisfaction de mon père. Ma faculté mixte? Elle m’a offert une famille heureuse en me mariant au chef du service de chirurgie d’où j’ai élevé ses trois enfants orphelins de son premier mariage. Quant à mes passe-temps, c’est mon amie Salwa qui était mon échappatoire.

Ensembles, nous avons appris à tricoter et à peindre des boîtes vides pour les vendre aux enchères en faveur des foyers nécessiteux. D’ailleurs,  ma soeur Mériem  dirigeait ce bazar annuel. Notre femme de ménage?  je ne me rappelle que de ses larmes de Crystal,  ce jour là, elle nous a sauvé d’un incendie qui a failli nous dévorer moi et mes frères. Elle s’en est sortie avec des brûlures. Ma collègue Chiite? c’est elle qui m’a secourue lors d’un voyage au zoo. Je suis tombée dans la mare aux canards.  Sans hésiter, elle s’est jetée dedans pour me sauver, elle s’est fracturée le bras. Mon oncle Adnan est un bon joueur de luth. Chaque année, il organise au Caire un dîner caritatif au profit des orphelins. Les invités quittent son cercle remplis de piété.
Il a érigé une mosquée du nom de ma grand-mère paraplégique. Je me demande sans cesse pourquoi ils nous apprennent à haïr les autres?

A quand ce grand cri de protestation des sensés et des romanciers pour dénoncer ces vils assassins? Qui a le droit d’ôter la vie à un être humain? Quand-est-ce que ces obscurantistes auront un cerveau et arrêteront le terrorisme et les assassinats?

Z.Ahmed 

News of Tunisia

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2 janvier 2014 4 02 /01 /janvier /2014 18:46
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2 janvier 2014 4 02 /01 /janvier /2014 18:43

 

Virgilio Peña, en 2008

MONDE -  le 2 Janvier 2014

 

Républicain espagnol et communiste, Virgilio Peña a cent ans aujourd'hui

 

 

Chronique de Jean Ortiz. Humble ouvrier agricole andalou, Virgilio est devenu un "héros" malgré lui, une "estrella" (une star) dit-il en pouffant de rire, grâce à son épopée et au documentaire Rouge miroir (Dominique Gautier et Jean Ortiz). La télé publique andalouse l'a programmé à plusieurs reprises. Le centenaire a une allure, un humour, une verve, une mémoire de jeune homme. Et des idéaux intacts."Toute ma vie j'ai été communiste. Et j'en suis fier."

Virgilio est né le deux janvier 1914, d'un père ouvrier agricole et d'une mère vendeuse de "churros", dans un village emblématique de la province de Cordoba: "Espejo" (en français: "miroir", cela ne s'invente pas), village à la blancheur rebelle, inondé d'oliviers et dominé par le château de la duchesse.
Son père, autodidacte, l'appela Virgile, du nom du poète latin qu'il lisait le soir, couché sur la paille. Lors du soulèvement paysan de 1918, la garde civile le tabassera jusqu'à le laisser "estropié". Il en mourra. Les reîtres bruleront ses livres (Virgile, Hugo...) sur la place du village. 
Très jeune, Virgilio Peña (en espagnol, la "peña", c'est le rocher, cela ne s'invente pas non plus) adhère à la Jeunesse communiste, qui prône "la revolucion social".

Lorsque le 14 avril 1931 est proclamée en Espagne la République, le jeune ouvrier agricole ("jornalero") hisse le drapeau républicain au balcon municipal, "paseo de las Calleras". La République puis le Front populaire améliorent la vie, les conditions, jusque là esclaves, de travail des millions de "sans terre de l'époque". Même si la réforme agraire reste timide...Timide mais insupportable pour les grands propriétaires, les "caciques", l'oligarchie, l'Eglise, l'armée, la banque...

Lorsque le coup de force fascisant (le 18 juillet 1936) ensanglante le pays, le milicien Virgilio participe à la défense de son village andalou, puis rejoint le "bataillon Garcés". Il est aux premières lignes des combats acharnés de Pozoblanco, Villa del Rio, Lopera... L'intervention massive de Hitler et Mussolini, et l'hostilité antirépublicaine des gouvernements anglais et français, vinrent à bout de l'armée populaire.
La suite est connue. Internement honteux dans les camps, appelés "de concentration", du gouvernement Daladier et de la Troisième République: Barcarès et Saint-Cyprien.

En vidéo : un extrait de Rouge miroir de Dominique Gautier et Jean Ortiz

Envoyé à Bordeaux, Virgilio trime dans les vignobles puis à la construction de la "base sous-marine" allemande. Dès le début de 1942, il fait partie des premiers groupes de résistants. Le 19 mars 1943, il est arrêté et torturé par la police française puis livré aux nazis, qui le déportent en septembre 1943 à Buchenwald (matricule 40843), triangle rouge des "terroristes". Dans cet enfer, il organise la résistance du petit groupe d'Espagnols, et partage le même Block que Jorge Semprun. "Le 11 avril 1945, je suis né pour la deuxième fois. La résistance intérieure libère le camp, avant l'arrivée des Américains". Il en sort, la peau sur les os, en juin 1945, et rejoint Pau où il continue le combat antifranquiste avec ces camarades espagnols et français.

A cent ans, le jeune communiste Virgilio ne manque aucune manif, toujours un bon mot de "chispa" andalouse aux lèvres. Il y a des hommes "imprescindibles" (indispensables).

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2 janvier 2014 4 02 /01 /janvier /2014 18:34

Bill de Blasio (à droite), avec sa femme l'écrivaine Chirlane McCray, leurs enfants, et l'attorney général Eric Schneiderman, lors de sa prestation de serment, le 1er janvier.

MONDE -  le 2 Janvier 2014

 

Le nouveau maire progressiste de New York, Bill de Blasio, a pris ses fonctions

 

 

À l'occasion de sa prise de fonction, mercredi 1er janvier, le nouveau maire démocrate de New York, Bill de Blasio, a promis de faire de la plus grande ville américaine une cité "plus juste et plus progressiste", se disant déterminé à y combattre les inégalités. Il succède au milliardaire républicain Michael Bloomberg.

"On nous appelle à mettre fin aux inégalités économiques et sociales qui menacent la ville que nous aimons", a déclaré Bill de Blasio, en prêtant formellement serment comme 109e maire de New York sur les marches de l'hôtel de ville, devant l'ancien président Bill Clinton et plus de 1 000 invités, mercredi 1er janvier 2014. "Notre marche vers une place plus juste, plus progressiste commence aujourd'hui", a déclaré le démocrate de 52 ans résolument à gauche. "Les grands rêves ne sont pas un luxe réservé à quelques privilégiés", a-t-il ajouté, évoquant une ville aux cinq arrondissements "tous égaux. Noirs, blancs, latinos, asiatiques, gays, hétérosexuels, vieux, jeunes, riches, classe moyenne et pauvres".

  • Le portrait de Bill de Blasio (L'Humanité du 7 novembre 2013) :

La personnalité de Blasio, qui habite un modeste pavillon de Brooklyn et revendique un standard de vie se rapprochant de monsieur Tout-le-monde, a pu contraster avec l’image du « personnel politique » traditionnel, souvent plein aux as comme l’était Bloomberg.

Le nouveau maire démocrate, marié à une poétesse africaine-américaine et père de deux enfants de seize et dix-huit ans, a su jouer à fond la carte de sa famille multiraciale, se présentant en défenseur des intérêts des minorités et des plus démunis. S’affirmant « progressiste et fier de l’être », il a dénoncé la politique de fouilles impromptues de la police new-yorkaise qui ciblent surtout les jeunes Noirs et les Latinos. Dans une ville où se côtoient des populations de toutes origines, les citoyens sont très sensibles à la lutte contre les discriminations. Son adversaire, le républicain Joe Lhota (24,3 % des voix), hautain et proche de tous les lobbyistes de Wall Street, constituait, lui, à l’inverse, une sorte de caricature presque parfaite de la vieille « classe politique ».

Le vote en faveur du nouveau maire à la carrure de « quarter back » du football américain (1,95 m) permet aux démocrates de reprendre la main à New York après vingt ans de règne républicain. Surfant sur l’aspiration à la rupture, Blasio a répété durant sa campagne qu’il entendait augmenter les impôts des plus riches pour financer l’école maternelle pour tous les enfants dès quatre ans et construire des dizaines de milliers de logements sociaux. Des signaux plus contradictoires plaident toutefois pour un peu de réserve dans l’enthousiasme à l’égard de Blasio qui doit une partie de sa carrière au clan Clinton. Il fut l’un des principaux conseillers de Bill et constitue toujours, à New York, un soutien sans faille d’Hillary… La très faible participation (moins d’un électeur new-yorkais sur quatre s’est déplacé) est aussi, de fait, un incontestable handicap. Reste maintenant à juger sur pièces le nouveau maire.

 Par bruno Odent


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30 décembre 2013 1 30 /12 /décembre /2013 09:54

 

MONDE -  le 28 Décembre 2013

 

Le modèle Allemand, une imposture, dans "On n'arrête pas l'éco"

 

 

Ce samedi matin, l'équipe d'On n'arrête pas l'éco, sur France Inter, partageait ses coups de cœurs. Le modèle allemand, une imposture, de Bruno Odent, en faisait partie. Chef de la rubrique Monde à l’Humanité et germaniste, son ouvrage est un travail pédagogique utile pour tous ceux qui ne désespèrent pas de la possibilité de réorienter l’Union européenne.

  • La critique de Jean-Paul Piérot sur le livre

Qui a oublié l’argument répété ad nauseam sur les plateaux de télévision, lors des débats de la campagne de l’élection présidentielle française de 2012 ? « En Allemagne… » Berlin était devenu la nouvelle Rome de l’empire eurolibéral, avec à sa tête Angela Merkel « über alles ». Nicolas Sarkozy a usé et abusé de sa proximité affichée avec la chancelière, sans pour autant bouder son prédécesseur, le social-démocrate Gerhard Schröder, le père des réformes libérales du début des années 2000. Mais plus récemment, à Leipzig, lors de la cérémonie du 150e anniversaire de la social-démocratie allemande, François Hollande a rendu un hommage appuyé aux réformes « courageuses » de l’ancien chancelier connu sous le sobriquet de « camarade des patrons ».

Rétablir la vérité sur le « modèle » allemand s’imposait, alors que la prégnance de Berlin pèse sur le cours de la politique de l’Union européenne – le peuple grec en vit l’amère expérience – et que notre voisin oriental est à son tour dans une campagne électorale, avec le renouvellement du Bundestag, le 22 septembre prochain. Le livre de Bruno Odent répond efficacement à cette attente. L’auteur, qui dirige le service international de l’Humanité, par ailleurs germaniste, connaît bien la société allemande. Il réalise là un travail pédagogique utile au débat politique, qui s’adresse à celles et ceux qui ne désespèrent pas de la possibilité de réorienter l’Union européenne.

On ne peut comprendre les débats qui agitent l’Allemagne d’aujourd’hui sans revenir sur les singularités de son histoire économique et sociale depuis l’avènement du premier Reich allemand, en 1870. Paradoxalement, c’est Bismarck, l’homme fort de la Prusse puis premier chancelier du Reich, qui introduit des lois sociales jusqu’alors inexistantes pour s’opposer à la montée en puissance d’un mouvement ouvrier influencé par les idées de Marx. Cette sorte de compromis visant à garantir la paix sociale en intégrant le mouvement ouvrier se prolongera, après 1945, en Allemagne occidentale, avec la cogestion (Mitbestimmung) et une plus grande indépendance des industries vis-à-vis des marchés boursiers. Le capitalisme rhénan a obtenu d’incontestables succès – chômage faible, salaires les plus élevés d’Europe, ouvriers bien formés…

Le livre rappelle les conditions de la réunification. « C’est la première fois qu’un pays développé et tout ce qui en constitue les structures sont aussi rapidement détruits pour être remplacés quasiment du jour au lendemain par le système de l’État voisin », résume Bruno Odent. Un chiffre illustre l’ampleur du gâchis provoqué par cette annexion opérée par la force du Deutsche Mark : le nombre d’emplois industriels sur le territoire de l’ex-RDA chute de 2 millions en 1991 à 762 000 en 1993. La réunification va coûter très cher : plus de 2 000 milliards d’euros de transferts sociaux jusqu’à aujourd’hui. Lourde addition pour les salariés et retraités allemands et pour les Européens.

Le modèle rhénan sera vigoureusement attaqué par le gouvernement de Helmut Kohl puis, plus systématiquement encore, par Gerhard Schröder, chancelier social-démocrate élu en 1998 après avoir fait campagne sur le slogan du « nouveau centre ». L’ère Schröder sera marquée par une série de lois – les lois Hartz –, véritable arsenal destiné aux démontages sociaux. La plus tristement célèbre, dite « Hartz IV », réduit à un an la durée des indemnités de chômage et instaure les « jobs à 1 euro ». L’auteur dresse le bilan de la décennie Schröder-Merkel, marquée par l’extension de la pauvreté, la paupérisation des seniors, un affaiblissement marqué de la cohésion sociale, une crise démographique qui va crescendo.

L’ouvrage se conclut par une réflexion sur l’avenir d’une construction européenne mise en danger par les pressions exercées par Berlin, rattrapé par la crise, pour imposer son propre modèle. Pourtant, note l’auteur, « le besoin de construction européenne est plus fort encore aujourd’hui qu’au lendemain de la Seconde Guerre mondiale », et de citer « les défis sociaux, la protection de l’environnement, le climat, les partages scientifiques et techniques ». Une invitation à débattre et à réfléchir aux moyens d’empêcher les eurolibéraux, et pas seulement à Berlin, de conduire l’Europe dans le mur.

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30 décembre 2013 1 30 /12 /décembre /2013 09:23

 

SOCIAL-ECO -  le 27 Décembre 2013

Bourse.

Les retraites dorées des patrons du CAC 40

 

 

En piochant dans les résultats 
financiers des groupes du CAC 40, les scandales sur les retraites chapeaux et les indemnités de départ sont monnaie courante. Le système est rodé afin d’inciter les dirigeants à contenter les actionnaires.

Avec 2 millions par an de retraite provisionnés pour Franck Riboud par le groupe Danone, près de 48 000 euros versés par mois à Thierry Desmarest, ancien patron de Total… Les 21 millions d’euros mis de côté par PSA pour son PDG sur le départ, Philippe Varin, ne sont pas une erreur de casting. Un système élaboré de rentes, d’indemnités et de privilèges existe au sein du CAC 40. Il vise à inciter ses dirigeants à tout faire pour que leur groupe crache le maximum de dividendes pour les actionnaires.

Total fonctionne à robinet ouvert

Franck Riboud, PDG du géant mondial du yaourt, devance tous ses confrères du CAC. S’il était remplacé au débotté à la tête du groupe, il pourrait avoir droit, selon les dispositions adoptées par l’entreprise et ratifiées en assemblée générale, à une indemnité de départ, certes soumise à des conditions de performance, mais qui pourrait aller jusqu’à 6 millions. Par ailleurs, lors de son départ en retraite, il pourrait percevoir une retraite chapeau annuelle de l’ordre de 2 millions d’euros !

Au 31 décembre 2012, la part du montant total de l’engagement du Groupe Danone au titre des retraites des dirigeants de l’entreprise est de 64,9 millions d’euros, équivalant à plus de 2 % de la totalité des salaires versés par le groupe en 2012.

La retraite chapeau n’est ni un parachute doré ni une indemnité de départ. Réservée aux cadres dirigeants des entreprises, elle est versée en complément de la retraite légale, sous forme de rente pendant la durée de la retraite du bénéficiaire, pour permettre à ce dernier de préserver un niveau de vie pas trop différent du sien pendant son activité. La rente du PDG est en général calculée sur la base de ses trois derniers salaires (primes comprises) quand le commun des salariés doit, lui, produire ses 25 meilleures années. Les salariés versent des cotisations pour leur retraite, pas les PDG qui encaissent sans payer.

Le code de bonne conduite Afep-Medef, refondu en juin 2013, recommande pour sa part de plafonner les retraites supplémentaires à 45 % du revenu de référence, ce qui fait déjà beaucoup. Mais, évidemment, ce texte, pourtant pas très rigoureux, n’a rien de contraignant.

Le groupe Total fonctionne lui aussi à robinet ouvert. C’est ainsi que Thierry Desmarest, PDG du groupe jusqu’en 2012, a pu bénéficier d’une retraite de 575 290 euros par an, soit 47 941 euros par mois. Christophe de Margerie, qui lui a succédé, aura droit au moment de son départ en retraite à une indemnité de 810 250 euros et à une pension annuelle pouvant aller de 755 477,10 à 1 366 405,60 euros par an (soit de 62 956,43 à 113 867,12 euros par mois).

Dans les rapports financiers annuels

Pour Henri de Castries, président du directoire de chez Axa, l’indemnité de départ pourrait aller jusqu’à 4 540 306 euros. Par ailleurs, les cadres dirigeants d’Axa bénéficient d’un régime de retraite supplémentaire qui s’ajoute à celui des salariés « normaux ».

Ce sont là quelques exemples piochés au hasard de la consultation de rapports financiers annuels publiés par les cracks du CAC et qui n’ont rien d’une nouveauté. Avant même les révélations sur la retraite chapeau de Philippe Varin, PDG de Peugeot, les scandales sur les indemnités de départ astronomiques, les rentes viagères mirobolantes et les rémunérations extraordinaires versées par les grands groupes du CAC 40 à leurs dirigeants ont été nombreux.

On se souvient notamment que l’ancien PDG de Carrefour, Lars Olofsson, demeuré seulement un an à la tête du groupe, avait perçu une indemnité de départ de 1,5 million d’euros. Que Maurice Lévy, du groupe Publicis, alors président du lobby des grandes entreprises privées, avait eu droit à un bonus de 16 millions d’euros.

Comment expliquer une telle gabegie ? Les rémunérations versées, les avantages accordés à ces dirigeants sont le plus souvent sous condition. Pour toucher le maximum, ils doivent impulser une gestion de leur groupe permettant de dégager la rentabilité financière la plus élevée, une masse de dividendes suffisamment importante pour satisfaire la cupidité des gros actionnaires.

Retraite moyenne à 1 547 euros. Des dizaines de millions d’euros que touchent les patrons 
du CAC 40 à l’heure de la retraite, les salariés lambda 
sont loin du compte quand sonne la fin de leur carrière. 
Aussi, d’après une étude de l’Insee datant du 24 avril 2013, 
le niveau de vie annuel médian des Français âgés de 65 ans 
et plus s’élèverait, à 18 560 euros (1 547 euros par mois). 
Les femmes sont particulièrement désavantagées. 
Fin 2012, le revenu moyen d’une femme à la retraite 
(de 65 ans et plus) et ayant eu une carrière complète atteignait péniblement les 1 196 euros ; pour celles qui ont eu une vie professionnelle avec des arrêts, cette moyenne baisse 
à 777 euros par mois. Les hommes s’en tirent mieux avec 
une moyenne de 1 790 euros par mois pour des carrières complètes, contre 1 489 euros pour les autres.

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BRUNO FORNACIARI

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