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7 décembre 2013 6 07 /12 /décembre /2013 12:27

Dans la manifestation des salariés de l'AFPA, le 22 novembre 2012, à Paris pour réclamer le soutien de l'Etat, afin de retrouver leur "rôle" dans la formation des chômeurs

SOCIAL-ECO -  le 6 Décembre 2013

Mobilisation

Catherine Mills : "Pour enrayer le chômage, (il faut) rompre avec les dogmes économiques"

L’économiste du PCF, Catherine Mills, souligne la responsabilité des des politiques d’austérité et avance le besoin d’une sécurité sociale de l’emploi et de la formation.

L’Insee vient d’annoncer un taux de chômage au plus haut, au troisième trimestre. Estimez-vous que François Hollande atteindra son objectif d’un inversement de la courbe du chômage dès la fin de l’année ?

Catherine Mills. Non. Le chômage de masse est directement lié aux types de gestion des entreprises mis en place depuis les années 1980. Et dont l’objectif est de baisser la part des salaires dans la valeur ajoutée et d’augmenter la part des profits. Accrochée à une vision libérale qui part du principe que les profits d’aujourd’hui sont les investissements de demain et les emplois d’après-demain. Or, c’est exactement le contraire qui se passe. Cette nouvelle phase de la crise systémique montre la responsabilité des groupes dominants et de la finance dans la nouvelle explosion du chômage. À cela s’ajoutent les réformes mises en place, comme la loi dite de sécurisation de l’emploi qui est une porte ouverte à toutes les vannes de licenciement. Une loi pour la flexibilité qui met en cause les droits des salariés et le licenciement économique. Il y a à la fois la crise économique, les limites de la croissance, mais en même temps, la politique menée. Or, celle conduite par François Hollande, comme toutes les politiques menées en Europe, est marquée par des cures d’austérité et par la réduction du « coût du travail ».

Justement, le gouvernement martèle que le crédit d’impôt aux entreprises va permettre de créer 30 000 emplois…

Catherine Mills. C’est faux. Ce crédit d’impôt aux entreprises de 20 milliards d’euros dès 2014 bénéficie aux entreprises sans aucun critère pour développer réellement la recherche, la formation, l’emploi. Il est basé sur l’idée que le coût du travail est trop élevé. Or, la France n’est pas du tout un pays à hauts salaires. Là où il y a un problème de compétitivité, c’est dans la recherche et dans la formation. Nos salariés doivent être mieux qualifiés. Cet outil n’incite pas à accroître les dépenses de recherche, ne fait pas repartir l’investissement, alors que toute baisse du coût du travail va entraîner une insuffisance de la demande, via le transfert de fiscalité vers les ménages, et un nouveau processus de dépression va s’enclencher. Tout cela est extrêmement grave.

Quelles mesures peuvent être prises immédiatement pour commencer à enrayer la machine à chômage ?

Catherine Mills. Cela nécessite de rompre avec les dogmes économiques actuels. Il y a des mesures immédiates à mettre en place, comme l’augmentation du taux et de la durée d’indemnisation. Il faut aussi entreprendre une réforme complète de la formation professionnelle, afin de la réorienter non pas vers ceux qui sont les mieux formés, mais vers ceux qui sont les moins bien formés et qui en ont le plus besoin. Tout ceci doit s’accompagner d’une réforme de Pôle emploi, pour qu’il joue un rôle d’accompagnement individualisé. Il faut également lutter contre la précarité en sanctionnant les entreprises qui ne joueraient pas le jeu et en modulant à la baisse les cotisations de celles qui convertiraient les emplois précaires en emplois stables. Voici pour l’urgence.

Vous proposez également une loi de sécurisation sociale de l’emploi et de la formation. Quels en sont les grands principes ?

Catherine Mills. C’est la mesure systémique. Il s’agit de s’insérer dans un processus de sécurisation des parcours professionnels dès la fin de l’obligation scolaire, avec l’idée d’une continuité des parcours pour les salariés mais aussi pour les privés d’emploi. Ce système assurerait à chacune et à chacun soit un emploi, soit une formation pour revenir à un meilleur emploi, avec une rotation d’activités entre emploi et formation, ou des passages d’un emploi à un autre ; cela, avec une continuité des droits sociaux et des revenus garantis. Cette nouvelle sécurité sociale élargie implique des financements nouveaux, au travers d’une hausse des cotisations des employeurs, mais aussi en créant une cotisation sur les revenus financiers des entreprises. C’est une bataille idéologique qui doit être menée, accompagnée par les luttes sociales. La France n’est pas seule en Europe face à l’explosion du chômage. Pour l’éradiquer, cela nécessite une coordination de la politique européenne de l’emploi radicalement différente. On ne peut pas se passer d’une autre construction européenne.

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7 décembre 2013 6 07 /12 /décembre /2013 12:22

Du fond de sa cellule n°28, notre ami Marwan Barghouti, nous adresse spécialement un texte en hommage à Nelson Mandela

Blog Mandela Barghouti

« Votre pays est devenu un phare et nous, les palestiniens, nous hissons les voiles pour atteindre ses rivages »

 

 

Durant toutes les longues années de mon combat j’ai eu l’occasion à maintes reprises de penser à vous, cher Nelson Mandela. Et encore plus depuis ma propre arrestation en 2002. Je songe à un homme qui a passé 27 ans dans une cellule, en s’efforçant de démontrer que la liberté était en lui avant qu’elle ne devienne une réalité dont son peuple allait s’emparer. Je songe à sa capacité à défier l’oppression et l’apartheid, mais aussi à rejeter la haine et à placer la justice au dessus de la vengeance.

 

Combien de fois avez-vous douté de la victoire au bout de ce combat ? Combien de fois vous êtes vous demandé vous-même si la justice pourrait s’imposer? Combien de fois vous êtes vous interrogé sur le silence du monde ? Combien de fois vous êtes vous demandé si votre ennemi n’allait jamais pouvoir devenir votre partenaire ? A la fin vous ferez la preuve de cette volonté implacable qui fera de votre nom l’une des plus brillantes références pour la liberté.

 

Vous êtes beaucoup plus qu’une inspiration. Vous aviez bien compris le jour où vous êtes sorti de prison que vous n’étiez pas seulement en train d’écrire l’histoire mais que vous contribuiez au triomphe de la lumière sur la nuit. Et vous êtes alors resté humble. Et vous portiez une promesse bien au-delà des frontières de votre pays, la promesse que l’oppression et l’injustice seront vaincues et que sera ouverte la voie de la liberté et de la paix. Au fond de ma cellule, je me rappelle sans cesse cette démarche et je poursuis moi-même cette quête, et tous les sacrifices deviennent supportables dans la seule perspective qu’un jour le peuple palestinien puisse accéder aussi à la liberté, à l’indépendance et que ce pays puisse vivre finalement en paix.

 

Vous êtes devenu une icône. Ce qui a permis l’éclat de votre cause et son rayonnement sur la scène internationale. L’universalité pour contrer l’isolation. Vous êtes devenu un symbole pour tous ceux qui croient que les valeurs universelles sur lesquelles vous fondiez votre combat pouvaient rassembler, mobiliser, pousser à l’action. L’unité est la loi de la victoire pour les peuples opprimés. La cellule exigüe et les heures de travail forcé, la solitude et l’obscurité ne vous auront pas empêché de regarder au-delà de l’horizon et de faire partager votre vision. Votre pays est devenu un phare et nous, les palestiniens, nous hissons les voiles pour atteindre ses rivages.

 

Vous disiez: « Nous savons trop bien que notre liberté n’est pas  complète car il lui manque la liberté des palestiniens.» Et depuis l’intérieur de  ma cellule, je vous dis que notre liberté semble possible parce que vous avez atteint la votre. L’apartheid n’a pas survécu en Afrique du sud et l’apartheid ne survivra pas en Palestine. Nous avons eu le grand privilège d’accueillir en Palestine, il y a quelques mois, votre camarade et compagnon de lutte, Ahmed Kathrada, qui a lancé, à la suite de sa visite, la campagne internationale pour la libération des prisonniers palestiniens de leurs  cellules où une part importante de l’histoire universelle s’écrit, démontrant que les liens avec vos combats sont éternels.

 

Votre capacité à constituer une figure unificatrice et à conduire le mouvement depuis l’intérieur de la prison, d’être confiant dans l’avenir de votre peuple alors que vous étiez vous-même privé de la capacité de choisir votre destin, constituent les marques d’un dirigeant exceptionnel et d’une véritable figure historique. Je salue le combattant de la liberté, le négociateur et faiseur de paix, le commandant militaire et l’inspirateur de la résistance pacifique, le militant infatigable et l’homme d’Etat.

 

Vous avez dédié votre vie à la cause de la liberté et de la dignité, de la justice et de la réconciliation, de la paix et de la coexistence. Beaucoup maintenant honorent votre lutte dans leurs discours. En Palestine nous promettons de poursuivre le combat pour nos valeurs communes, et d’honorer votre combat pas seulement par des mots, mais aussi en dédiant nos vies aux mêmes objectifs. La liberté, cher Madiba, l’emportera et vous y avez contribué au plus haut point en faisant de cette idée une certitude. Reposez en paix et Dieu bénisse votre âme insoumise.

 

Marwan Barghouti, Prison Hadarim, cellule n° 28

 

 

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6 décembre 2013 5 06 /12 /décembre /2013 16:39

«JE SAIS CE QUE L'HUMANITE A FAIT POUR MA LIBERATION et pour faire connaître la lutte contre l’apartheid. Vous étiez le premier média en France à nous témoigner votre solidarité, vous êtes donc les premiers à qui je m’adresse en arrivant à Paris.» Nelson Mandela "Il était tard et je m’apprêtais à quitter le siège de l’Humanité lorsque le téléphone sonna. Le journaliste de permanence répondra, pensais-je, puis, comme guidé par une intuition, je rebroussais chemin jusqu’à mon bureau et décrochais. En ligne, un conseiller de Nelson Mandela avec qui j’étais en relation depuis des années m’informait que le leader de l’ANC récemment libéré recevrait l’Humanité le lendemain matin à 10h au château de la Celle-Saint-Cloud, une résidence de la République française. «Soyez ponctuel», insista-t-il, M. Mandela doit être à l’Elysée à midi. » Bien avant l’heure fixée, Claude Kroës, en charge de l’Afrique à la rédaction de l’Huma, le photographe des bons coups, Jean Texier, et moi attendions devant la porte du château. Les policiers de faction, après avoir consulté je ne sais qui, nous accompagnèrent jusqu’à un salon et disparurent. C’est un homme paisible, souriant, à la taille imposante qui fit irruption dans la pièce. «Je sais ce que l’Humanité a fait pour ma libération et pour faire connaître la lutte contre l’apartheid. Vous étiez le premier média en France à nous témoigner votre solidarité, vous êtes donc les premiers à qui je m’adresse en arrivant à Paris.» Sa main large et forte sur mon épaule rappelait une jeunesse tumultueuse sur les rings de boxe pour amateurs. Et lorsque nous lui demandions, comment devions-nous l’appeler, il répondit tout de go: «Et si vous m’appeliez camarade?» Celui qui venait de passer tant d’années en prison et allait être élu président de l’Afrique du sud se projetait dans l’avenir de son pays en déclarant: «Notre politique est favorable à une Afrique du Sud non raciste, véritablement démocratique et, à cet égard, le mérite personnel sera pour nous le seul critère pertinent. Ce qui signifie que nous sommes prêts à travailler avec tous les groupes nationaux, avec les Noirs et avec les Blancs. »

 

José Fort

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6 décembre 2013 5 06 /12 /décembre /2013 13:25

Allocution de bienvenue prononcée par Georges Marchais, secrétaire général du PCF, le 7 juin 1990, à l’occasion de la visite de Nelson Mandela au siège du PCF.
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Cher Nelson Mandela,
chère Winnie,

chers camarades de l’A.N.C.

Je suis particulièrement heureux de vous accueillir et de vous souhaiter une fraternelle bienvenue au nom de tous les communistes français. Votre présence dans notre pays, en homme libre, est pour nous une profonde source de joie, de fierté et d’espoir.

C’est une grande joie, parce que vous incarnez la résistance victorieuse au plus odieux des pouvoirs.

C’est un légitime motif de fierté, parce que l’engagement dans le combat pour isoler le régime de Pretoria et mettre un terme aux honteuses complicités dont il bénéficie ici a sauvé l’honneur de la France, berceau des droits de l’homme.

C’est enfin une profonde source d’espoir: l’espoir que la nouvelle étape de la lutte du peuple sud-africain puisse, grâce à la participation directe d’hommes comme vous, Nelson Mandela, comme Walter Sisulu, comme Joe Slovo, comme – bientôt, j’espère – Oliver Tambo et de tous les militants de l’A.N.C., du Parti communiste d’Afrique du Sud et des autres mouvements anti-apartheid, hâter l’heure où votre peuple recouvrera sa liberté et sa dignité.

Des millions de Françaises et de Français partagent ces sentiments. Nous en sommes profondément satisfaits, car ce n’est pas faire preuve d’immodestie que d’y voir un résultat auquel nous avons beaucoup contribué.

Il n’allait pas de soi il y a seulement cinq ou six ans. A l’époque, un sondage d’opinion national, organisé à notre initiative, indiquait qu’à la question « A quel pays pensez-vous le plus quand on parle d’atteintes aux droits de l’homme? », seulement 7% des personnes interrogées répondaient: « L’Afrique du Sud ». Et, parmi dix victimes célèbres de violations des libertés dans le monde, seul un sondé sur cinq vous situait, cher Nelson Mandela, plus des deux tiers des gens ignorant jusqu’à votre nom.

A partir de ce jour, nous n’avons cessé – notre parti, le Mouvement de la jeunesse communiste, notre Comité de défense des libertés et des droits de l’homme – d’intensifier nos efforts et d’élargir nos initiatives pour remonter ce handicap indigne d’un pays comme le nôtre. Ainsi, dès 1985, des dizaines d’écrivains, d’artistes, d’universitaires, de syndicalistes, d’hommes d’Eglise, de personnalités éminentes de tous horizons vous ont, à notre invitation, adressé des lettres que nous avons publiées semaine après semaine. L’Humanité et toute notre presse se sont mobilisées sans relâche pour informer l’opinion sur les crimes de l’apartheid, les relations entre la France et l’Afrique du Sud, les multiples facettes de la lutte du peuple d’Afrique du Sud, parmi lesquelles votre combat exemplaire.

Ainsi, nos élus ont usé de tous les moyens qui sont les leurs pour populariser votre combat et faire grandir la solidarité. On ne compte plus les rues, les ponts, les écoles, les centres culturels Nelson Mandela dans les communes que nous administrons. Des propositions de loi déposées par nos députés et nos sénateurs n’attendent que le feu vert du gouvernement pour être discutées et votées: elles permettraient notamment que la France ratifie enfin la Convention internationale sur l’élimination et la répression du crime d’apartheid, adoptée par les Nations unies en 1973, et qu’elle applique des sanctions globales contre Pretoria. Au Parlement européen, parmi les quelque soixante initiatives anti-apartheid prises ces dernières années par nos parlementaires, je citerai l’organisation de la première visite d’une délégation de l’A.N.C. à cette institution et l’adoption de multiples prises de position officielles condamnant l’apartheid et préconisant des sanctions.

Permettez-moi de faire une mention particulière pour le Mouvement de la jeunesse communiste. Par leur mobilisation dans les lycées, les universités, les quartiers, leurs concerts avec les artistes anti-apartheid, leurs multiples initiatives, les jeunes communistes ont contribué à forger une véritable « génération Mandela », comme il y eut naguère une « génération Vietnam ».

Quant aux militants de notre parti, leurs actions – auxquelles est souvent associé le représentant de l’A.N.C. en France, après que le fut notre si regrettée amie Dulcie September – ont aidé à susciter dans notre pays un climat populaire anti-apartheid. L’immense succès de notre campagne pour que vous soit attribué le Prix Nobel de la Paix 1989 en a témoigné. Elle fut lancée au cours du meeting de la Fête de l’Humanité et prolongée huit mois durant. 1.500 personnalités parmi les plus prestigieuses de notre pays y ont pris part à mon initiative, ainsi que des centaines de milliers de gens du peuple, qui ont porté l’insigne Mandela.

Dans ce contexte, il devenait de plus en plus difficile aux dirigeants de notre pays de continuer à justifier le refus des sanctions par le souci, selon les termes officiels alors employés, « de ne pas porter atteinte à l’intérêt national (et de) protéger les intérêts des exportateurs français ». Des mesures furent enfin prises. Nous sommes au regret de constater leur insuffisance. Au moins ont-elles prouvé l’efficacité des sanctions.

A présent, vous êtes libre, ainsi que d’autres militants anti-apartheid. C’est un grand pas en avant. Mais, comme vous ne cessez de le rappeler avec raison, l’apartheid n’est pas aboli; votre peuple n’a pas encore conquis ses droits essentiels; la police et l’armée continuent de tirer et de tuer; des résistants, des patriotes en grand nombre restent en prison ou en exil.

C’est tout cela qui doit cesser. Tant que des changements fondamentaux et irréversibles n’auront pas été arrachés, nous demandons avec insistance que les sanctions ne soient pas levées, mais si possible renforcées. Vous pouvez compter sur nous pour agir en ce sens, tant au niveau de la France qu’à celui de la Communauté européenne, qui doit prochainement fixer sa position à ce sujet.

Cher Nelson Mandela,

Chère Winnie,

Chers camarades de l’A.N.C.,

Dans quelques jours, votre Charte de la Liberté aura trente-cinq ans. Elle demeure d’une brûlante actualité. Tandis que, sur tout le continent africain, l’aspiration à la justice, à la démocratie, à la dignité, ainsi que l’exigence d’un ordre international plus équitable connaissent un essor prometteur, vous mettez tout votre cœur, votre intelligence et votre ténacité à aider votre peuple à se frayer la voie vers sa libération. Les communistes français vous assurent dans ce rude et exaltant combat de leur plus profonde solidarité.
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6 décembre 2013 5 06 /12 /décembre /2013 12:37

L'hommage du PCF à Nelson Mandela

Dès l'annonce de sa disparition, Pierre Laurent a salué, au nom du Parti communiste français, la mémoire de Nelson Mandela. Le PCF appelle, aujourd'hui, les communistes, à un week-end de recueillement et de mobilisation dans tout le pays, pour lui rendre hommage. Sous toutes les formes possibles, saluons l'homme de paix et de combat qu'il fut sans relâche, avec à ses côtés dans la lutte contre l'apartheid et la construction d'une nouvelle Afrique du Sud, l'ANC, le Parti communiste sud-africain et la COSATU.

Un immense portrait de Mandela a été déployé dès ce matin sur la façade du siège du PCF. Un badge d'hommage est édité. Un registre de condoléances est ouvert au siège du Parti communiste français. Demain samedi, un numéro spécial de l'Humanité paraîtra exceptionnellement, dans les kiosques et les marchands de journaux. Le PCF invite ses militants à diffuser largement ce numéro durant le week-end.

Il appelle tous les militants de la paix, de la liberté et de l'égalité à participer lundi 9 décembre, à 18 heures 30 au siège du Parti communiste français à une grande soirée d'hommage à Nelson Mandela.

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6 décembre 2013 5 06 /12 /décembre /2013 09:10

Le décès de Nelson Mandela nous plonge dans l’immensité d’une tristesse à la mesure de la joie que nous avions éprouvée le 11 février 1990

 

Monde - le 6 Décembre 2013

Nelson Mandela: une œuvre universelle

Par Patrick Le Hyaric, directeur de l'Humanité.


Le décès de Nelson Mandela nous plonge dans l’immensité d’une tristesse à la mesure de la joie que nous avions éprouvée le 11 février 1990. Ce jour là, sur les écrans, nous étions des millions dans le monde à le découvrir. Large sourire aux lèvres et le poing levé, il transpirait la beauté et la bonté. Fier et heureux d’une liberté si chèrement acquise après vingt sept années de bagne à Robben Island puis à Pollsmor. Il nous signifiait ainsi que le combat pour la justice et l’égalité se poursuivait. Ce fut le cas avec cette persévérance inouïe dont il fit preuve pour que se rassemblent sur un même territoire qu’il chérissait tant les ennemis d’hier, parmi lesquels ceux qui l’emprisonnèrent et firent tant souffrir son peuple. Sa vie toute entière est un exemple de ténacité, de volonté, de courage, d’intelligence politique hors du commun.

 

Courage. C’est ce mot qui revient sans cesse à l’esprit à l’évocation de cet homme, de ce militant, de ce chef d’Etat qui donna à la lutte contre le racisme,  contre la ségrégation et la négation de la personne humaine une dimension universelle. Au nom de l’égale dignité de tous les êtres humains, il a déconstruit l’ignoble régime de l’apartheid, se refusant à cultiver la haine et l’esprit de vengeance. Au contraire, sans relâche, il prôna la réconciliation, conscient que toute autre voie conduirait inexorablement à un bain de sang. Mandela, restera un grand maître pour de nombreuses générations. L’un de ces rares hommes qui transcendent une civilisation en lui faisant accomplir un pas de géant.

Alors que le monde entier aujourd’hui pleure «Madiba», notre journal est fier d’avoir été à ses côtés dès les premiers jours. Il n’avait pas manqué de le saluer au lendemain de sa libération par ces mots simples et touchant: «L’Humanité a mené une longue campagne contre l’apartheid et pour ma libération».

 

Nous partageons l’immense peine de ses proches, de ses compagnons de combat, des peuples de l’Afrique du Sud et du continent africain. Ce qu’il avait déclaré lors de sa plaidoirie au mois de novembre 1962, lors de son procès à Prétoria, dépasse la vérité : « Je pense avoir fait mon devoir envers mon peuple et aussi envers l’Afrique du Sud. Je suis sûr que la postérité me réhabilitera », avait-il dit. Au-delà, Nelson Mandela est « l’icône » de notre temps.

Toute la planète est en deuil. L’action, la vie de Nelson Mandela resteront à jamais au fronton de l’humanité.

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6 décembre 2013 5 06 /12 /décembre /2013 08:46

Nelson Mandela, longtemps ignoré avant d'être célébré

 

 

C'est un monde, la chronique de José Fort. Longtemps, Nelson Mandela est resté dans l’anonymat.

Dans les années 1980, la plupart des Français et des Européens ne connaissaient pas son nom. Son combat contre l’apartheid n’intéressait pas les puissants de ce monde. La Première ministre britannique de l’époque, Mme Thatcher,  celle à qui les élus de la droite parisienne voulaient attribuer récemment le nom d’une rue, qualifiait Mandela de «terroriste». Sous la présidence de François Mitterrand, le gouvernement de Michel Rocard refusait de rompre les relations économiques de la France avec le régime raciste de Pretoria. La plupart des gouvernements européens maintenaient des relations cordiales avec le pouvoir sud-africain. Au même moment, la représentante de l’ANC à Paris, Dulcie September, était assassinée près des grands boulevards par des tueurs à la solde du pouvoir raciste.

Peu fréquentable

Nelson Mandela était à l’époque un personnage peu fréquentable pour les gouvernements de droite et socialiste européens. Le Parti communiste français, seule formation politique, les jeunes communistes, l'Humanité, menaient campagne pour la libération de Nelson Mandela et la mobilisation contre l’apartheid. Manifestations devant l'ambassade sud africaine durement réprimées, fêtes de l'Huma, affiches, tracts, numéros spéciaux del’Humanité avec  Mandela comme drapeau. Ceux qui n'ont rien fait pour la libération de Mandela et se complaisaient dans des relations complices avec le régime raciste sud-africain ont depuis célébré à la «people» celui qui symbolise un combat qu'ils n'ont jamais partagé. Nelson Mandela ne se faisait aucune illusion sur l’hypocrisie de beaucoup des gens célèbres qui venaient jusqu’à lui. Il acceptait ce rituel indiquant discrètement: «Il faut passer par là pour le bien de notre pays.»

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6 décembre 2013 5 06 /12 /décembre /2013 08:09


Mandela : « le symbole de la lutte pour l'émancipation humaine nous a quittés » (Pierre Laurent)

 

 

C'est avec une très grande tristesse que j'apprends le décès de Nelson Mandela. Un grand homme nous quitte. Nelson Mandela restera à jamais le symbole de la lutte pour l'émancipation humaine, une de ces figures universelles qui marquent l'histoire. Face à un régime d'apartheid qui niait la dignité humaine et avait érigé le racisme et l'humiliation en système, il n' a jamais plié. Cela lui coûta 27 ans de bagne, mais le mena à la présidence de l'Afrique du Sud. Avec ses compagnons de l'ANC, dans l'alliance indéfectible avec le Parti communiste sud-africain et la Cosatu, il se fixa et atteignit l'objectif qui paraissait insensé d'unir tout son peuple sous la bannière de la Charte de la Liberté. Toute la destinée d'un peuple s'est incarnée en lui.

Madiba fut le premier président de sa nation élu au suffrage universel et non-racial. Les communistes français s'honorent d'avoir contribué dès le premier jour et sans relâche à ce qui devint un puissant mouvement de solidarité internationale aux côtés de cette marche vers la liberté du peuple sud-africain.

 

La lutte contre l'apartheid, jusqu'au boycott, et pour la libération de Nelson Mandela ont profondément marqué l'histoire du Parti communiste français. Elle a, personnellement, été le terreau de mes engagements de jeunesse. De l'occupation de l'Ambassade d'Afrique du Sud, entièrement repeinte en noir pour crier la honte de ce régime, aux grandes manifestations parisiennes, en passant par la douleur de l'assassinat à Paris de Dulcie September, le PCF et les jeunesses communistes ont été de tous les combats.

Hier, la libération de Madiba et de tout le peuple sud-africain était une victoire pour l'ensemble du genre humain. Aujourd'hui, le deuil des Sud-Africains est celui de l'humanité toute entière.

 

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5 décembre 2013 4 05 /12 /décembre /2013 17:59

 

 

Le PCF a décidé de s’engager fortement dans la commémoration du centenaire de la Première Guerre mondiale.
Notre parti est né de la tradition révolutionnaire française, de la Révolution d’octobre 1917 et du rejet de laguerre. Il était donc naturel que nous prenions une séried’initiatives en cette année 2014. Au mois de novembre, lors de son déplacement dans le Pas-de-Calais – cette terre marquée à jamais par les blessures de la grande guerre – Pierre Laurent a rappelé combien le combat pour la paix était constitutif de l’engagement communiste. Il a évoqué à cette
occasion le combat du PCF et d’autres organisations pour que « les fusillés pour l’exemple » soient réhabilités.
Le discours de François Hollande qui a ouvert le centenaire est à ce sujet loin de nous satisfaire. Aussi entendons-nous que la propo- sition de loi déposée en ce sens en janvier 2012 par le groupe communiste soit débattue et votée.
La commémoration de la Première Guerre mondiale ne sera pas pour nous le moyen de célébrer une nouvelle Union sa- crée comme l’a fait le Président de la République. Notre com- mémoration sera au contraire l’occasion de rendre compte des causes de la grande boucherie : impérialisme, colonialisme, nationalisme, course aux armements, et d’affirmer l’actualité du combat pour la paix.
Le 17 décembre, nous organiserons une grande soirée Henri Barbusse avec exposition de documents originaux, projection de films, lectures par des comédiens de textes de l’écrivain pacifiste, débat et prise de parole du secrétaire national du PCF. Au mois de mai, nous inaugurerons une exposition de plus de 300 planches originales de la bande dessinée de Tardi Putain de guerre et nous organiserons une grande rencontre avec Die Linke et le PGE, nous soutiendrons tout ce qui se fera autour de Jean Jaurès notamment par le journal l’Humanité.
Nous souhaitons aussi que les fédérations du PCF se saisissent de la commémoration pour prendre des initiatives populaires, car il est nécessaire qu’en cette année de déferlement commémoratif une parole critique soit entendue partout dans le pays.
Frédérick Genevée

membre du CEN du P

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5 décembre 2013 4 05 /12 /décembre /2013 16:32

Décembre

D'un retournement l'autre

D'un retournement l'autre

Cie Ultima Chamada

Lessivés par la crise des désormais célèbres « subpraïmes » (sic), les banquiers s’apprêtent à sonner à la porte de l’État pour lui demander de mettre la main au porte-monnaie… avant que le résultat de leurs acrobaties ne fasse exploser les dettes publiques et ne conduise à la rigueur. Pour tous ? Pour tous les autres qu’eux…

D’un retournement l’autre est une pièce caustique et surprenante, en quatre actes et en alexandrins, qui met en scène et en ironie les mécanismes qui ont conduit à la crise financière mondiale. En croquant des personnages hauts en couleur tout autant qu’en responsabilités, Frédéric Lordon rend limpides les rouages financiers les plus complexes.

Evénements liés

Banquiers : ils avaient promis de changer
Réforme fiscale : impôt et justice sociale

Distribution

 

Texte Frédéric Lordon
Mise en scène Luc Clémentin
Recherche sonore Coraline Janvier
Régie Mathieu Bouillon

Avec Simon Bellahsen, Arnaud Caron, Gérald Cesbron, Olivier Horeau, Benoît Morvan, Loïc Risser, Alain Veniger, Luc Clémentin, Dorothée Lorthiois (chant lyrique) et Alexandre Javaud (piano)

 

Fiche auteur

Frédéric Lordon étudie les logiques du capitalisme, des marchés financiers et de leurs crises. Collaborateur régulier du Monde diplomatique, il participe également au Mouvement des Économistes Atterrés, qui vise à lutter contre les fausses vérités économiques largement diffusées.

La compagnie Ultima Chamada, créée en 2005 et dirigée par Luc
Clémentin, développe ses créations autour de deux axes : les
problématiques politiques et sociales contemporaines et l’association du texte et de la musique.

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Avis de la presse

« C’est fort, drôle, édifiant et étourdissant, pour qui s’intéresse à ce que l’actualité charrie quotidiennement. Saluons cette performance théâtrale inédite et la virtuosité de ce scénario ahurissant mais terriblement réaliste ! »
Pariscope

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Liens

Mentions diverses

Production Compagnies Fractal Julia et Ultima Chamada
Soutien Conseil Régional d’Île-de-France dans le cadre de l’aide à la permanence artistique

Théâtre

Sam|14|Déc 20h30

Tarif B

Durée 1h10

RÉSERVATION
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BRUNO FORNACIARI

HPIM3303

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