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30 décembre 2013 1 30 /12 /décembre /2013 00:03
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Published by bruno fornaciari - dans MEMOIRES - HOMMAGES - SOUVENIRS
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29 décembre 2013 7 29 /12 /décembre /2013 12:32

Impôts 2014 : ce qui va changer

Impôt sur le revenu, TVA, avantages fiscaux, pensions de retraites... les mesures du gouvernement pour le budget 2014 ont été adoptées. 

Une personne consulte son avis d'impôt sur le revenu, le 20 septembre 2010 à Lille (Nord).Une personne consulte son avis d'impôt sur le revenu, le 20 septembre 2010 à Lille (Nord). (PHILIPPE HUGUEN / AFP)Par Agence AFP

Mis à jour le 19/12/2013 | 15:37 , publié le 19/12/2013 | 15:37

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Les principales mesures du projet de budget 2014 adopté définitivement jeudi par le Parlement:

- Après deux années de gel, le barème de l'impôt sur le revenu va de nouveau être indexé sur le coût de la vie. La décote (remise d'impôt) bénéficiant aux premières tranches d'imposition va être élargie de 480 à 508 euros. Coût pour l'Etat: 900 millions.

- Le seuil du revenu fiscal de référence, qui conditionne plusieurs exonérations d'impôts (taxe d'habitation, CSG, redevance audiovisuelle...), va être relevé de 4% pour un coût pour l'Etat d'environ 400 millions d'euros.

- TVA: comme déjà voté l'année dernière, le taux normal va passer au 1er janvier de 19,6 à 20% et le taux intermédiaire de 7 à 10%. En revanche, le taux réduit restera à 5,5% au lieu des 5% prévus.

La TVA sur certains travaux de rénovation thermique des logements (tout comme les travaux induits) et la construction et la rénovation de logements sociaux passe au taux réduit, de même que sur les tickets de cinéma et l'importation des oeuvres d'art. Cette dernière mesure est compensée par un léger alourdissement de la taxation des plus-values sur la vente des oeuvres d'art.

- Quotient familial: son plafond va baisser de 2.000 à 1.500 euros par demi-part, soit un gain budgétaire d'un milliard d'euros.

- Les députés ont maintenu les avantages fiscaux sur les frais de scolarité pour les parents d'élèves du secondaire et d'étudiants que le gouvernement voulait initialement supprimer.

- La majoration des pensions de retraites pour ceux qui ont eu 3 enfants et plus sera désormais fiscalisée. Cette mesure doit rapporter 1,2 milliard d'euros afin de financer les régimes de base des retraites.

- La participation de l'employeur aux contrats complémentaires santé sera soumise à l'impôt sur le revenu. La recette pour l'Etat est estimée à 960 millions d'euros et servira à financer l'élargissement de l'accès à la Couverture maladie universelle (CMU) à 750.000 personnes supplémentaires.

- La fiscalité sur les plus-values des cessions immobilières baisse. La cession d'une résidence secondaire est exonérée d'impôts, depuis le 1er septembre, au bout de 22 ans contre 30 ans. En outre, un abattement exceptionnel supplémentaire de 25% s'applique aux cessions réalisées entre le 1er septembre 2013 et le 31 août 2014. Les abattements pour durée de détention sur les terrains à bâtir seront supprimés mais le régime d'abattement actuel continuera de s'appliquer de façon transitoire aux cessions pour lesquelles une promesse de vente aura été signée avant fin 2013 et avec un acte authentique de vente conclu avant le 1er juin 2014,

- Les entreprises vont bénéficier de 4% de baisse du coût du travail en 2014 via le CICE (crédit d'impôt compétitivité emploi), soit 10 milliards d'euros qui leur seront restitués par l'Etat.

- Le taux de la surtaxe de l'impôt sur les sociétés va passer de 5 à 10,7%. Elle ne s'appliquera qu'aux entreprises réalisant un chiffre d'affaires supérieur à 250 millions et doit permettre de rapporter 2,5 milliards d'euros.

- Nouvelle mouture de "la taxe à 75%": Les entreprises versant des salaires supérieurs à 1 million d'euros paieront directement une taxe exceptionnelle (50%) sur la partie dépassant cette somme, en plus des charges sociales. Cette taxe devrait rapporter 210 millions d'euros par an pendant les deux ans de son existence. Elle sera limitée à 5% du chiffre d'affaire des entreprises, pour diminuer la facture due par le PSG, le club de foot étant potentiellement la société la plus touchée par cette taxe.

- Après la fronde dite "des pigeons", le régime de taxation des plus-values de cessions mobilières a été aligné sur le barème de l'impôt sur le revenu avec des abattements importants et augmentant avec la durée pour "encourager l'investissement à long terme et la prise de risque". Il en coûtera 350 millions à l'Etat en 2014.

- Les députés ont adopté une série de mesures pour lutter contre l'optimisation fiscale des grandes entreprises, notamment pour faciliter les redressements en cas "d'abus de droit".

- Instauration d'une contribution climat énergie (CCE): il s'agit d'augmenter progressivement les taxes intérieures sur la consommation des produits énergétiques polluants, les TIC, en fonction de leurs émissions de CO2. La mesure doit rapporter 340 millions d'euros l'an prochain avant de monter en puissance.

- Le barème du malus automobile est durci avec un abaissement du seuil de déclenchement et une augmentation des tarifs de chaque tranche.

- Création d'un PEA-PME destiné à mieux orienter l'épargne vers les petites et moyennes entreprises.

- La dotation de l'Etat aux collectivités locales va diminuer de 1,5 milliard d'euros mais départements et régions vont pouvoir bénéficier d'un certain nombre de recettes fiscales supplémentaires. Les conseils généraux pourront notamment relever pendant deux ans de 3,8% à 4,5%, soit une augmentation de 0,7 point, le taux des "droits de mutation à titre onéreux" sur les transactions immobilières. La dotation de développement urbain, versée aux communes les plus pauvres, verra son montant accru de 75 à 100 millions d'euros et le nombre des communes bénéficiaires élargi de 100 à 120 communes.

- Le régime de défiscalisation des investissements productifs outre-mer est réformé. Deux crédits d'impôt sont créés, applicables aux investissements productifs et à ceux dans le logement social.

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29 décembre 2013 7 29 /12 /décembre /2013 11:59

 

SOCIAL-ECO -  le 26 Décembre 2013

Profits

Hausse des tarifs bancaires: Les démunis payent les étrennes des banquiers

 

 

La hausse des tarifs bancaires, le 1er janvier prochain, touchera d’abord des services de base, donc les plus modestes. L’Association française des usagers de banque (Afub) appelle ni plus 
ni moins à 
« se révolter ».

Le père Noël des banques n’est passé que pour les riches. Les établissements bancaires vont augmenter leurs tarifs au 1er janvier, et surtout pour leurs prestations de base. Ce sont donc les plus pauvres qui devront payer plus, au point qu’une association de consommateurs appelle à « se révolter ». Dans quatre des principales banques françaises (Caisse d’épargne, Crédit agricole, Société générale et CIC), le prix de la carte à autorisation systématique, la moins chère du marché, augmente bien au-delà de l’inflation, entre 1 % et 3 %. Si son prix est stable à La Banque postale à 28,50 euros par an, elle culmine à 39,15 euros à la banque de l’écureuil. Parallèlement, la carte internationale à débit différé, la plus chère et uniquement utile aux plus riches, reste, elle, stable autour de 45 euros par an.

Les banques impunies

Les virements suivent la même logique. Si tous les établissements les proposent désormais gratuitement sur Internet, ils augmentent à la Caisse d’épargne, à la Société générale et au CIC, pour s’établir à près de quatre euros en moyenne par opération. Sous couvert d’évolution technologique, ce sont là aussi des inégalités qui se creusent. La fracture numérique touche avant tout les catégories fragiles (plus modestes, plus âgés) tandis que les classes supérieures, dotées des derniers outils (Smartphones...), ont beaucoup moins de mal à s’adapter à ces innovations.

Forcément, l’Association française des usagers de banque (Afub) est en colère. Serge Maître, son secrétaire général, ne mâche pas ses mots. « Ce qui est exécrable, c’est que ça va concerner les produits du quotidien, pas des produits exceptionnels (…) mais les virements, les prélèvements, les tenues de la carte bancaire de base. La carte de luxe, elle, est en baisse. » Chargé de mission banque-assurance à l’UFC Que-choisir, Maxime Chipoy, trouve lui aussi « choquant » que « ces évolutions touchent les plus modestes ». Déjà dénoncés par l’UFC en juin 2013, ce sont surtout les « frais de tenue de compte » qui le préoccupent. « Ces nouveaux frais, généralisés à toutes les banques alors que la plupart d’entre elles n’en appliquaient pas encore il y a trois ans, ne renvoient à aucun service identifiable. Cette opacité semble cacher quelque chose et appelle les pouvoirs publics à imposer une transparence dans leur définition. » En 2013, ils étaient de l’ordre de 22 euros par an en moyenne, un chiffre en progression de 56 % (!) par rapport à 2010. Et ils vont encore lourdement augmenter en 2014. Ainsi, la Banque populaire, qui ne les faisait pas payer jusqu’à présent, va ponctionner 1,50 euro par mois au titre de ces frais, pour tous les clients non titulaires d’une convention de relation – donc, à nouveau, les moins aisés.

La loi bancaire votée en juillet dernier par le Parlement entend mieux encadrer les activités et les tarifs. Outre une harmonisation des termes utilisés par les banques, et une plus grande facilité pour changer d’établissement, ce texte « prévoit un plafonnement des commissions d’intervention, prélevées lors d’incidents de paiement et qui peuvent s’accumuler à grande vitesse pour les ménages à découvert », se défend le ministre de l’Économie, Pierre Moscovici. « Ces commissions sont désormais plafonnées pour tous les clients (à 80 euros par mois – NDLR) et, ajoute le ministre, un plafond plus bas s’appliquera aux plus vulnérables », selon des critères qui seront fixés par décret. Jusqu’à présent, les commissions d’intervention rapportaient aux banques françaises plus de trois milliards d’euros chaque année...

Pour autant, le texte n’a pas tenu toutes ses promesses. « Le changement d’établissement bancaire est loin d’être aussi facile qu’annoncé, c’est une grosse lacune de la loi », estime Maxime Chipoy, qui considère que « la galère pour faire transférer un compte joue en faveur d’une impunité des banques ». Serge Maître va plus loin et voit dans cette loi la source même de l’importance des hausses au 1er janvier. « Les appétits tarifaires se déplacent chaque fois que l’on plafonne », estime le responsable de l’Afub, regrettant que la loi n’intervienne pas sur les hausses annuelles. En attendant une « régulation durable des tarifications », il appelle les usagers à « se révolter ». « Ces hausses ne sont pas une fatalité , assure-t-il. Depuis 2009, le banquier qui veut vous imposer sa nouvelle tarification doit vous envoyer sa plaquette tarifaire, mais surtout il doit ajouter une lettre. Et il ne le fait jamais. Nous pouvons donc résister. »

Recherche super-rentabilité désespérément
Contraintes d’augmenter leur niveau de fonds propres et de liquidités, avec la mise en application de la nouvelle réglementation, connue sous le nom de Bâle 3, les banques mettent les bouchées doubles pour retrouver leur rentabilité à deux chiffres d’avant la crise. Et c’est la banque de détail qui devient la vache à lait des banques françaises. Pour accroître leurs performances, elles n’hésitent pas à se restructurer, en supprimant des postes, en fermant des agences, à augmenter leurs tarifs de « tenue de comptes », à multiplier les assurances. Et les résultats sont là. À l’instar de la Société générale, qui affiche une rentabilité groupe avant impôt de 6 %, alors que sa banque de détail affiche 24 % de rentabilité. En moyenne, ce taux s’établit à 14 % pour les banques de détail européennes, selon une étude qui porte sur neuf pays (France, Allemagne, Italie, Russie, Espagne, Suède, Suisse, Turquie et Royaume-Uni).

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29 décembre 2013 7 29 /12 /décembre /2013 10:30

SOCIAL-ECO -  le 27 Décembre 2013

 

Un sursis qui ne sauvera pas les 613 salariés de LFoundry

 

 

Le fabricant aixois de semi-conducteurs LFoundry a été placé jeudi en liquidation judiciaire avec cessation immédiate d'activité ce jeudi par le tribunal de commerce de Paris. Le ministère du Redressement productif a néanmoins arraché un délai supplémentaire de trois mois pour dénicher une offre de reprise crédible.

Comme le craignaient les syndicats, le tribunal de commerce de Paris a prononcé la liquidation judiciaire "sans maintien d'activité", de LFoundry. Les 613 salariés devraient recevoir sous 15 jours ou 3 semaines leurs lettres de licenciement. Malgré un premier refus du tribunal de commerce, le ministère du Redressement productif a annoncé dans la soirée avoir obtenu un sursis de trois mois, qui ne sauvera pas les emplois mais permettra de maintenir l'outil industriel dans l'attente d'un éventuel repreneur.

Ce délai devrait être mis à profit pour confirmer la manifestation d'intérêt présentée le 19 décembre dernier en séance au tribunal par une entreprise californienne de micro-électronique, a souligné le ministère. Cette manifestation d'intérêt, jugée "crédible", avait été assortie d'une demande de poursuite de l'activité pendant trois mois. D'autres repreneurs potentiels pourraient également se manifester durant cette période.

"C'est une aberration!"

"Ce qui nous enrage, c'est qu'on va dépenser 80 millions pour licencier 600 personnes, alors qu'il nous aurait suffi de 25 millions pour pouvoir continuer l'activité, c'est une aberration!", dénonce le délégué Sud Alain Botel de Sud. "On en veut aux Américains d'Atmel (l'ancien propriétaire) de nous avoir vendus à des escrocs et de ne pas avoir su prendre leurs responsabilités en nous aidant à tenir quelques mois, on en veut aux actionnaires allemands de nous avoir pillés, et on en veut aussi au gouvernement qui aurait pu nous aider", a de son côté réagi auprès de l'AFP Patrick Chini, délégué syndical CFDT et secrétaire du comité d'entreprise. Après l'annonce du ministère, Michel Millo, également de la CFDT, a déclaré jeudi soir à l'AFP que "le fait que l'entreprise ne ferme pas encore est une lueur d'espoir, une bonne base, même si nous ne sautons pas de joie car nous serons au chômage très bientôt". Alain Botel estime qu'il faudrait conserver sur place "entre 30 et 50 emplois pour préserver l'activité".

La résistance s’organise

Selon les syndicalistes, "il est hors de question de laisser tomber cette usine qui est viable et a des clients". "Nous avons arrêté la production la semaine dernière alors qu'on lançait de nouveaux produits en fabrication, c'est incroyable". Une assemblée générale des salariés doit avoir lieu vendredi matin à Rousset, sur le site de l’entreprise, pour savoir quelles suites donner à la décision du tribunal de commerce.  « Ils ont entendu parler de Fralib, ils vont entendre parler de nos actions dans les prochaines semaines » a mis en garde Jean-Yves Guerrini, délégué CFDT.

En toile de fond, une affaire d’abus de biens sociaux. Une information judiciaire a été ouverte en octobre dernier par le parquet de Paris pour abus de biens sociaux après la disparition de 20 millions d'euros des comptes de la société: le comité d'entreprise et la CFDT, à l'origine de la plainte, estime que l'argent a été transféré de façon irrégulière vers le groupe allemand en détresse financière. Les salariés considèrent en outre que l'ancien propriétaire Atmel n'a pas rempli ses obligations, ses commandes devant courir jusqu'en 2014 - au lieu de quoi elles ont été accélérées et terminées en 2013 à la demande du propriétaire allemand.

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29 décembre 2013 7 29 /12 /décembre /2013 10:19

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  CELUI QUI NE CONNAIT PAS L'HISTOIRE EST CONDAMNE A LA REVIVRE (Karl marx)

Vendredi 27 décembre 2013

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Les statistiques qui viennent d'être publiées fin décembre par Eurostat pour le mois d’octobre 2013 sont terribles.

Elles le sont d'autant plus qu'elles ne peuvent pas être suspectées de noircir le tableau, bien au contraire ! Elles sont en effet produites par un organisme dépendant de la Commission européenne, et elles se fondent sur les données officielles des États-membres qui sont, tout le monde le sait, souvent enjolivées par des trucages méthodologiques (stages parkings et radiations abusives pour faire descendre artificiellement le nombre de demandeurs d'emploi par exemple).

Ces données Eurostat pour octobre 2013 sont les suivantes :

  • Grèce : 27,3 % de chômage officiel pour l'ensemble de la population. Et 54,8 % de chômage pour les jeunes (de 15 à 24 ans).
  • Espagne : 26,7 % de chômage officiel pour l'ensemble de la population ; 57,4 % de chômage pour les jeunes.
  • Croatie : 17,6 % de chômage officiel pour l'ensemble de la population ; 52,4 % de chômage pour les jeunes.
  • Chypre : 17,0 % de chômage officiel pour l'ensemble de la population ; 43,3 % de chômage pour les jeunes.
  • Portugal : 15,7 % de chômage officiel pour l'ensemble de la population ; 36,5 % de chômage pour les jeunes.
  • Slovaquie : 13,9 % de chômage officiel pour l'ensemble de la population ; 31,5 % de chômage pour les jeunes.
  • Bulgarie : 13,2 % de chômage officiel pour l'ensemble de la population ; 28,8 % de chômage pour les jeunes.
  • Irlande : 12,6 % de chômage officiel pour l'ensemble de la population ; 26,0 % de chômage pour les jeunes.
  • Italie : 12,5 % de chômage officiel pour l'ensemble de la population ; 41,2 % de chômage pour les jeunes.

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Ces données statistiques brutes se traduisent dans la vie quotidienne par un appauvrissement et une régression sociale historiques sur l'ensemble du continent européen, sans précédent depuis la crise des années 1930 :

ALLEMAGNE : 1 ALLEMAND SUR 7 EST PAUVRE ET CE TAUX DE PAUVRETÉ VIENT DE BATTRE UN NOUVEAU RECORD

Contrairement à un bobard largement véhiculé par les grands médias français, la situation en Allemagne n'a rien de reluisant.

L'une des raisons pour lesquelles l'économie allemande affiche des résultats macro-économiques relativement satisfaisants, notamment pour le chômage (5,8% de taux de chômage officiel), tient dans les réformes du marché du travail dites "réformes Hartz".

Ces réformes, mises en œuvre entre 2003 et 2005, ont eu pour but de renforcer la lutte contre le « chômage volontaire ». Elles tirent leur nom d'un dirigeant du secteur privé qui les a inspirées au gouvernement "de gauche" du chancelier Gerhard Schröder (SPD) : Peter Hartz, directeur du personnel de Volkswagen, où il avait négocié des accords sur la flexibilité des horaires.

Lequel Peter Hartz - ainsi devenu le maître à penser du gouvernement social-démocrate - démissionna le 10 juillet 2005 à la suite d'une affaire de corruption...

Une belle autorité morale, en effet.

La plus sévère, et la plus impopulaire, de ces réformes est la dernière, appelée Hartz IV, qui limite drastiquement l'indemnisation des chômeurs de longue durée, en particulier pour ceux qui refusent d'accepter des emplois en-dessous de leur qualification. De plus, ces chômeurs peuvent être embauchés à des salaires inférieurs à la convention collective du secteur. D'autres mesures de Hartz IV ont également suscité de vives critiques, comme la possibilité de réduire les allocations d'un chômeur dont les ascendants ou descendants ont des économies.

Ces réformes, jointes au fait qu'il n'y a pas de SMIC (salaire minimum interprofessionnel) en Allemagne ont eu pour effet que les jeunes Allemands, y compris les diplômés de l'enseignement supérieur, se voient désormais obligés d'accepter des emplois sous-qualifiés et payés une misère s'ils ne veulent pas être à la rue.

Ces salaires sont tombés jusqu'à 1 € de l'heure. Et à Berlin, capitale de l'économie prétendument la plus développée d'Europe, certains jeunes accepteraient même de travailler pour pas plus de 55 centimes de l'heure.

Source : http://www.reuters.com/article/2012/02/08/us-germany-jobs-idUSTRE8170P120120208

Résultat de tout cela ?

Le 19 décembre 2013, une fédération qui regroupe environ 10 000 associations actives dans le domaine de l'aide sociale et de la santé a tenu une conférence de presse à Berlin pour révéler que « le taux de pauvreté, à 15,2 %, a atteint un nouveau et triste record en 2012 », en fondant son rapport annuel sur les données de l'institut allemand des statistiques (Destatis).

En Allemagne désormais, 1 personne sur 7 est pauvre ou menacée de pauvreté, avec un revenu inférieur à 60 % du revenu médian et ce taux de pauvreté spectaculaire est en hausse quasi constante depuis 2006.

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[Source : http://www.lepoint.fr/economie/allemagne-la-pauvrete-a-un-niveau-record-19-12-2013-1772677_28.php ]

Cette paupérisation accélérée de l'Allemagne a conduit le SPD à exiger, il y a quelques semaines, la mise en place d'un SMIC à la française comme l'une des conditions à sa participation à la coalition gouvernementale. Le 15 novembre, la chancelière Angela Merkel s'y est en partie résolue en donnant son accord au principe d'un salaire horaire minimum mais qui ne serait pas interprofessionnel comme en France. Elle a même évoqué un montant, en indiquant qu'un « salaire horaire à 8,50 € aura un rôle à jouer » dans le futur. Mais, selon la presse allemande, la CDU aurait obtenu du SPD qu'une telle mesure n’entre pas en vigueur avant 2016 au moins.

Cela n’a pas empêché une levée de boucliers contre la mesure. En particulier, la Bundesbank - la banque centrale allemande qui exerce une sorte de tutelle implicite sur la BCE -, a mis en garde contre le chaos que la création d'un tel salaire minimum provoquerait dans toute les échelles salariales car un sixième des salariés allemands touchent moins de 8,50 euros de l’heure. Selon les instituts économiques, entre 5 et 6,5 millions de personnes seraient en effet concernées.

http://www.challenges.fr/economie/20131118.CHA7155/allemagne-le-spd-impose-a-merkel-le-smic-a-8-50-euros-de-l-heure.html

FRANCE : AVEC 1 MILLION DE BÉNÉFICIAIRES EN 1 MOIS, LES RESTOS DU CŒUR BATTENT UN RECORD D’AFFLUENCE.

C’est un bien triste record qui a été rendu public le 20 décembre 2013. Et tout un symbole. Un mois à peine après l’ouverture de la 29e campagne hivernale, et pour la première fois dans l’histoire de l’association, le cap du million d’inscrits a été franchi.

Source : http://www.rfi.fr/france/20131220-france-un-million-restos-coeur-battent-triste-record-affluence

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GRÈCE : PRÈS D’UN TIERS DES GRECS SONT DÉSORMAIS SANS COUVERTURE SOCIALE.

L'organisation Médecins du monde a révélé, le 9 décembre, que l'explosion du chômage et la récession - pour la sixième année consécutive - ont conduit 30 % de la population grecque à perdre sa couverture sociale, soit trois millions de personnes.

Cette évolution catastrophique a de graves conséquences pour la santé des enfants et des femmes enceintes : de plus en plus d'enfants atteignent l'âge de 2 ou 3 ans sans avoir jamais été vaccinés et les femmes sans protection sociale doivent payer pour les examens et l'accouchement. Conséquence : entre 2008 et 2011, le nombre d'embryons nés morts a augmenté de 21 %, selon l'organisation, qui évoque « une crise humanitaire en Grèce », à laquelle s'ajoute « une bombe sanitaire ».

Source : http://www.lemonde.fr/europe/article/2013/12/09/pres-d-un-tiers-des-grecs-sans-couverture-sociale_3528051_3214.html

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La prétendue « construction européenne » et la suppression du contrôle des mouvements de capitaux sont à l’origine des délocalisations torrentielles des industries européennes vers les pays à très bas coûts de salaires. Il en résulte un appauvrissement généralisé des peuples d’Europe, sur lesquels les Indiens commencent à s’apitoyer.Comme ici l’Hindu Times qui titre sur la pauvreté qui fait des ravages en Grèce et qui provoque des files d’attente pour les soupes populaires.

Ce sont les conséquences, observables à l’œil nu, des articles 32 et 63 du traité sur le fonctionnement de l'Union européenne, qui ont organisé, depuis le traité de Maastricht de 1992, les délocalisations industrielles.

CHYPRE : AIDE ALIMENTAIRE POUR PRÈS DE 6% DES CHYPRIOTES

Après des décennies de croissance alimentée par le tourisme et la finance, l'économie de Chypre a connu deux années de crise économique puis une brutale crise financière. Depuis lors, le taux de chômage, longtemps aux alentours de 5%, grimpe à la verticale : il a atteint un nouveau record à 17% en octobre, et ce n'est pas fini.

Selon un sondage de l'Institut des statisticiens de Chypre, 5,7% de la population, soit 48.000 personnes, dépendent désormais des banques alimentaires qui se sont multipliées à l'initiative de l'église orthodoxe, des municipalités ou de particuliers. Le directeur de la Croix Rouge Takis Neophytou le confirme en indiquant que « depuis mars, le nombre de bénéficiaires chypriotes a explosé. Avant nous avions surtout des immigrants. Aujourd'hui, les Chypriotes constituent 50%. »

Même constat chez l'association de médecins Volunteer Doctors, l'ONG, financée par des dons d'entreprises et de particuliers. Spécialisée auparavant dans les missions humanitaires à l'étranger, elle organise désormais des consultations gratuites dans cinq villes du pays. Selon son dirigeant le Dr George Macriyiannis, « nous soignons 25% d'étrangers, dont beaucoup d'immigrés illégaux, et 75% de Chypriotes — surtout des retraités, des chômeurs, et beaucoup d'enfants. »

 

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Source : http://www.rtbf.be/info/economie/detail_apres-des-decennies-de-prosperite-les-chypriotes-se-tournent-vers-la-charite?id=8163163

 

PORTUGAL : ÉMIGRATION MASSIVE ET ÉCONOMIE DE GUERRE.

Le Portugal est un pays exsangue. Le chômage officiel, qui approchait les 20%, a diminué ces deux derniers trimestres « à la faveur » d’une baisse de la population active. Celle-ci est le fruit d’une émigration de masse dont les flux atteignent, voire dépassent, ceux des années 60 qui avaient vu un grand exode des Portugais, fuyant la misère, la dictature et la guerre coloniale.

Par ailleurs, la moitié des chômeurs ne bénéficie pas d’allocation chômage, et on compte par milliers les exclus du revenu minimum d’insertion, des allocations familiales ou du complément social vieillesse.

Source : http://www.liberation.fr/monde/2013/12/10/economie-de-guerre-au-portugal_965506

 

ESPAGNE : UNE PRÉTENDUE « REPRISE » QUE PERSONNE NE VOIT...

La reprise en Espagne ? Un grand nombre d'Espagnols ne la voit pas. C'est ce qui ressort d'un reportage publié par le site Boursorama, à partir de dépêches de l'AFP :

« C'est bientôt Noël. Mes enfants vont me demander des cadeaux. Je fais comment ? », se désole Esmeralda Inglés venue, sans l'avouer à son mari et à ses enfants, prendre son petit déjeuner dans le centre d'accueil Caliu de Barcelone et chercher de quoi les nourrir.


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Source : http://www.boursorama.com/actualites/la-reprise-en-espagne—un-grand-nombre-d-espagnols-ne-la-voit-pas-1f1de6234193e59438220f18c0385d12

 

ITALIE : LE PATRONAT INQUIET POUR LA COHÉSION SOCIALE.

Le patronat italien a mis à son tour en garde, jeudi 19 décembre, contre les risques de troubles sociaux qui menacent le pays, et ce malgré les signes prétendus d'une sortie de la crise économique.

A propos de « sortie de crise », la Cofindustria, - équivalent du MEDEF français, qui regroupe près de 150.000 entreprises italiennes -, vient de revoir à la baisse ses prévisions économiques, pourtant déjà catastrophiques. Elle table désormais sur une contraction de -1,8% du produit intérieur brut (PIB) cette année, contre un repli initialement prévu de -1,6%.

« Le principal risque réside dans l'éclatement de la cohésion sociale en raison de l'augmentation des manifestations organisées par des groupes qui prônent la désobéissance et le renversement des institutions », a déclaré la branche responsable des prévisions économiques au sein de la Cofindustria.

Source : http://bourse.lesechos.fr/infos-conseils-boursiers/actus-des-marches/infos-marches/italie-le-patronat-italien-inquiet-pour-la-cohesion-sociale-938440.php

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Italie : Face-à-face entre les "Forconi" (manifestants armés de "fourches") et les forces de l'ordre. La situation politique et sociale est explosive en Italie.

 

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CONCLUSION : IL NE FAUT PLUS CROIRE AUCUNE PROPHÉTIE DES EUROPÉISTES.

L'ensemble des pays de l'Union européenne - et plus spécialement de la zone euro - sont en train de vivre un appauvrissement et une régression sociale d'ampleur historique.

La vraie pauvreté, concrète et désespérée, a désormais refait son apparition en Europe. Selon les calculs effectués par Eurostat et le Parlement européen pour 2011, et donc déjà largement dépassés, l'Union européenne compte 500 millions d'habitants, parmi lesquels :

  • 120 millions (24%) sont menacées par la précarité ou l'exclusion sociale,
  • 50 millions (10%) vivent dans un foyer où personne ne travaille,
  • 43 millions (8,6%) n'ont pas les moyens d'acheter de quoi se nourrir convenablement,
  • au moins 4,1 millions (0,82%) sont sans-abri.

Source : http://www.europarl.europa.eu/news/en/news-room/content/20130613STO11729/html/Time-for-action-the-stark-facts-of-poverty-in-Europe

Le chômage n'est pas seul responsable de la pauvreté des Européens. Le sous-emploi en est aussi l'une des principales causes. Les dirigeants d'entreprises, mis sous pression par des actionnaires de plus en plus cupides, exploitent une main-d’œuvre désespérée et prête à accepter n'importe quel type de travail : emplois de mauvaise qualité et sous-payés, « petits boulots » de quelques heures par semaine, « stages » payés une misère que l'on propose aux jeunes diplômés pendant un an avant de les chasser pour leur substituer un nouveau jeune diplômé, etc.

Ainsi, toutes les belles promesses formulées par les partisans de la construction européenne - notamment lors de la ratification du traité de Maastricht il y a 21 ans -, ont été démenties par le monde réel.

Pourtant, et c'est ce qui est peut-être le plus révoltant dans cet effondrement général de tout le continent européen, la même petite clique des européistes continuent leur travail de destruction parce qu'ils verrouillent les médias.

Car enfin ! Ce sont les mêmes responsables politiques et les mêmes prétendus "experts" européistes qui avaient promis aux Français monts et merveilles sur ce qu’allait nous apporter le traité de Maastricht, créant l'Union européenne et l’euro, qui monopolisent encore les plateaux de toutes les télévisions et de toutes les radios pour nous expliquer comment sortir de l'enfer économique et social dans lequel ils ont plongé le continent !

Nonobstant leur omniprésence médiatique, quelle crédibilité peuvent encore avoir les Jacques Delors, Valéry Giscard d'Estaing, Michel Rocard, Jacques Attali, Martine Aubry, Michel Sapin, François Bayrou, Nicolas Baverez, Alain Minc, Yves-Thibault de Silguy, etc., qui avaient assuré que l’euro rendrait la France plus compétitive et plus prospère, supprimerait le chômage et les attaques spéculatives ?

Ils devraient raser les murs, la foule des chômeurs devrait les traîner devant les tribunaux pour escroquerie et divulgation de fausses nouvelles, et pourtant ils se pavanent à la télé, comme s'ils n'étaient pour rien dans ce qui se passe ! Non seulement, ils portent l'effroyable responsabilité d'avoir imposé une politique qui a pour effet de détruire l'industrie, l'agriculture, les acquis sociaux et le niveau de vie des peuples d'Europe, mais ils ont en plus le culot sans borne de continuer à prendre la pose du Sage et de l'Expert devant des journalistes payés pour leur faire des courbettes.

Ils nous assurent que sortir de l'Union européenne serait un désastre ? Mais que disent-ils donc du désastre EN COURS ?

Ils nous menacent d’une « attaque spéculative » contre le futur franc ? Mais que disent-ils donc du taux de change de l'euro tellement surévalué qu'il amène la fermeture d'une usine et la perte de 700 emplois industriels par jour ouvrable depuis 7 ans ?

Il serait non seulement absurde, mais criminel, que les Français accordent encore la moindre attention et le moindre crédit aux prophéties mensongères des responsables politiques européistes et des journalistes à leur botte. Nous devons sortir du piège européen au plus vite, point.

François ASSELINEAU

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RAPPELONS-NOUS LEURS PROMESSES, FAITES EN 1992, POUR APPELER LES FRANÇAIS À VOTER OUI AU TRAITÉ DE MAASTRICHT CRÉANT L'UNION EUROPÉENNE ET L'EURO

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« Maastricht constitue les trois clefs de l’avenir : la monnaie unique, ce sera moins de chômeurs et plus de prospérité ; la politique étrangère commune, ce sera moins d’impuissance et plus de sécurité ; et la citoyenneté, ce sera moins de bureaucratie et plus de démocratie. »

Michel Rocard, Ouest-France, 27 août 1992

 

 

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« Le traité d’union européenne se traduira par plus de croissance, plus d’emplois, plus de solidarité. » Michel Sapin, ministre des finances, Le Figaro, 20 août 1992

 

 

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« Si le Traité était en application, finalement la Communauté européenne connaîtrait une croissance économique plus forte, donc un emploi amélioré. »

Valéry Giscard d’Estaing, RTL, 30 juillet 1992

 

 

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« L’Europe, ce sera plus d’emplois, plus de protection sociale et moins d’exclusion. »

Martine Aubry à Béthune, 12 septembre 1992

 

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« La création de cette monnaie européenne n'aura rien d'automatique […]. En outre, chaque État conservera la maîtrise de sa politique budgétaire et fiscale, dans des limites qui ne seront pas plus étroites que celles d'aujourd'hui. » Edouard Balladur 29 avril 1992, Le Monde

 

 

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Le texte ci-dessous fut publié par le quotidien Le Monde le 28 octobre 1997, dans la perspective de l'entrée en vigueur de l'euro, qui fut effective dans les échanges interbancaires le 1er janvier 1999. Cet article collégial se voulait une réponse aux doutes et aux critiques que l'adoption de l'euro continuait à soulever à l'époque dans certaines sphères politiques et économiques.

Avec le recul du temps, ce texte apparaît de plus en plus comme un symbole et un monument de l'arrogance politique et de l'imbécillité technique des élites européistes françaises.

L’EURO, UNE CHANCE POUR LA FRANCE, UNE CHANCE POUR L’EUROPE

Texte publié dans le supplément économique du quotidien « Le Monde » daté du 28 octobre 1997. (Texte intégral)

« L’avènement prochain de la monnaie européenne nous concerne tous : Français et citoyens de l’Union européenne. Et pourtant qu’en savons-nous exactement ? L’Europe, trop souvent présentée comme une abstraction et comme une source de contraintes, va enfin se concrétiser dans notre vie de tous les jours d’ici moins de cinq cents jours.

En effet, dès le 4 janvier 1999, les épargnants se familiariseront avec la monnaie unique : les obligations, la cotation des actions, la valorisation des sicavs et des fonds communs de placement, notamment, seront exprimés en euros. Les prix commenceront à être libellés en euros. Les consommateurs, avant même l’introduction des pièces et des billets (janvier 2002), pourront régler leurs achats dans la nouvelle monnaie sous forme de chèques et de paiements par carte. Les entreprises, en particulier, celles qui ont une activité internationale, pourront basculer tout ou partie de leurs activités (facturation, trésorerie, règlements…) en euros.

L’Union européenne, les États membres et de nombreuses entreprises ont d’ores et déjà engagé les préparatifs pour l’introduction de l’euro. Celle-ci ne constitue pas une fin en soi. Elle cimentera le rapprochement des citoyens européens, auxquels elle offrira davantage de bien-être, de cohésion et de capacités d’action.

Sommes-nous pleinement conscient de la portée de cet évènement ? Mesurons-nous les enjeux et les opportunités engendrés par la réalisation de l’Union économique et monétaire ?

Savons-nous que l’euro apportera :

  • 1. Le complément logique du marché unique. L’Europe a assez souffert des fluctuations de change depuis vingt-cinq ans pour ne pas chercher à fixer irrévocablement les taux de conversion des monnaies des États membres. Ne pas le faire, c’est nous condamner à encourir le risque de crises spéculatives, et à en payer indéfiniment le prix, notamment sous la forme de taux d’intérêts plus élevés.
  • 2. Une référence commune des prix dans les pays appartenant à la zone euro, ce qui développera la concurrence et stimulera les échanges. Elle assurera ainsi des prix attractifs et effectivement comparables pour les consommateurs, dont les choix seront facilités par une offre de services d’une qualité croissante.
  • 3. Une gestion saine des finances publiques. Celle-ci est de toute façon indispensable. Mais coordonnée à l’échelle européenne, elle favorisera la croissance au sein d’un grand marché homogène, facilitera la modération des impôts et des taux d’intérêts bas. Elle bénéficiera aux investisseurs, aux consommateurs et aux entreprises qui pourront ainsi développer la recherche, l’activité et l’emploi.
  • 4. L’élargissement des possibilités de financement des entreprises et de placement de notre épargne dans un marché financier européen de taille mondiale.
  • 5. Une source de simplification et d’économie dans les transactions au sein de l’Union (disparition du risque de change, paiements transfrontaliers moins coûteux…).
  • 6. Une monnaie reconnue qui concurrencera le dollar et le yen. L’euro donnera à l’Europe, première puissance commerciale mondiale, l’expression de sa véritable dimension économique. La Banque centrale européenne assurera la stabilité du pouvoir d’achat tant dans notre vie quotidienne que dans nos placements à l’étranger. L’euro sera ainsi le symbole concret de l’identité européenne et assurera à l’Union européenne une position centrale dans le concert international.
  • 7. Dans une Europe unifiée par l’économie et la monnaie, les citoyens et les entreprises, disposant désormais d’une totale liberté de mouvement, pourront tisser des liens approfondis. Des solidarités nouvelles pourront alors naître dans les domaines sociaux, culturels et politiques. Ainsi se forgera une Europe plus harmonieuse et plus démocratique.

Tous ces attraits de l’euro sont encore trop mal connus des populations européennes. Or l’adoption réussie de la nouvelle monnaie exige la confiance de tous, ce qui nécessite l’émergence d’un enthousiasme fort, expression d’une adhésion partagée. Il n’est que temps de susciter cette prise de conscience et cette appropriation de l’euro à tous les niveaux. La publication rapide d’un schéma de passage à l’euro pour l’ensemble de la société française constitue, à cet égard, une urgence.

Depuis des siècles, l’Europe a recherché, par des voies souvent éphémères ou condamnables, une unité durable. Elle n’y est jamais totalement parvenue, car les valeurs d’égalité, de liberté et de fraternité n’ont jamais réussi à s’harmoniser durablement dans un cadre pacifique et démocratique.

Aujourd’hui, le traité de l’Union européenne, ratifié par le peuple français en 1992, offre désormais une base solide pour tous les États membres. A travers l’Union économique et monétaire, c’est la société européenne de demain que nous bâtissons ensemble pour nous mêmes et pour nos enfants. Une société fondée sur des valeurs humanistes et une culture à laquelle ont contribué tous les peuples de l’Union européenne. Ne laissons pas passer cette chance !

Des voix s’élèvent encore de temps à autres pour inciter au doute et au rejet. Serons nous prêts à temps ? Une telle union sera-t-elle durable ? L’euro n’est-il pas un facteur de chômage ? Tous ces efforts ont-ils un sens ?

Ces interrogations sont surtout la manifestation d’un manque de confiance en nous-mêmes et dans notre capacité à faire face aux défis du monde d’aujourd’hui.

L’Europe ne retrouvera la voie de la prospérité et du plein emploi que par la mobilisation des énergies et le respect commun de règles de bon sens (saine gestion économique, maîtrise des budgets…). Les efforts consentis hier et aujourd’hui en ce sens feront demain la force de l’Union européenne et assureront durablement notre prospérité ainsi que notre rayonnement dans un monde de plus en plus interdépendant.

Au sein de l’Union, les pouvoirs publics français et allemands notamment déploient une détermination continue pour respecter les échéances de l’Union économique et monétaire.

Il est grand temps que les acteurs économiques et sociaux intensifient leurs travaux d’adaptation pour bénéficier des avantages de cette mutation sans précédent. C’est au prix d’un tel engagement que les citoyens, informés de ces enjeux et de ces attraits, participeront alors positivement à l’émergence de la monnaie européenne. L’euro touchera à bien des aspects de la vie sociale, par exemple le fonctionnement des entreprises, des associations, des administrations et le quotidien du particulier.

Ses bienfaits seront d’autant plus effectifs que les préparations techniques auront été engagées et achevées le plus tôt possible. C’est en levant au plus vite les contraintes du basculement que les banques et les entreprises pourront saisir les opportunités de croissance nouvelle ainsi offertes. Il s’agit d’une course contre la montre dont tous les acteurs doivent être pleinement conscients. C’est une chance mais aussi un devoir que de se préparer au plus vite.

L’euro sera l’un des piliers d’une cohésion nouvelle. C’est un acte de confiance dans l’avenir, un facteur d’espérance et d’optimisme, qui permettra à l’Europe de mieux affirmer sa destinée et d’entrer de plain-pied dans un XXIe siècle fondé sur la paix et la liberté  ».

Signataires :

  • Michel Albert, membre du Conseil de politique monétaire ;
  • Edmond Alphandéry, président d’EDF ;
  • Jacques Attali, conseiller d’État ;
  • Robert Baconnier, président du directoire du Bureau Francis Lefebvre ;
  • René Barberye, président du directoire du Centre national des Caisses d’épargne et de prévoyance ;
  • Claude Bébéar, président d’AXA-UAP ;
  • Jean-Louis Beffa, président de Saint-Gobain ;
  • Christian Blanc, ancien président d’Air France ;
  • Christian de Boissieu, universitaire, économiste ;
  • Jean Boissonnat, journaliste ;
  • Philippe Bourguignon, président du Club méditerranée ;
  • Monique Bourven, président-directeur général State Street Bank SA ;
  • Hervé Carré, directeur des affaires monétaires à la Commission européenne ;
  • Jérôme Clément, président de la Cinquième ;
  • Bertrand Collomb, président de Lafarge ;
  • Paul Coulbois, professeur émérite des universités ;
  • Lucien Douroux, directeur général de la Caisse nationale du crédit agricole ;
  • Jean-René Fourtou, président de Rhône-Poulenc ;
  • Jean-Marie Gorse, président national du centre des jeunes dirigeants (CJD) ;
  • Gilbert Hyvernat, directeur général de la Croix-Rouge française ;
  • Jean Kahn, président de la Commission consultative européenne « racisme-xénophobie » ;
  • Philippe Lagayette, directeur général de la Caisse des dépôts et consignations ;
  • Pascal Lamy, directeur général du Crédit lyonnais ;
  • Jacques de Larosière, président de la BERD ;
  • Daniel Lebègue, vice-président de la BNP ;
  • Robert Léon, gérant de Qualis SCA ;
  • Edmond Malinvaud, professeur honoraire au Collège de France ;
  • Gérard Mestrallet, président du directoire de Suez-Lyonnaise des eaux ;
  • Jean Miot, président de l’AFP ;
  • Thierry de Montbrial, membre de l’Institut ;
  • Etienne Pflimlin, président du Crédit mutuel ;
  • Jean-François Pons, directeur général adjoint à la Commission européenne ;
  • René Ricol, président du Conseil supérieur de l’ordre des experts-comptables (csoec) ;
  • Jacques Rigaud, président de RTL ;
  • Gérard Trémège, président de l’Assemblée des chambres de commerce et d’industrie.
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29 décembre 2013 7 29 /12 /décembre /2013 10:10


Palestine

Un soldat israélien
tire sur une Palestinienne à bout portant

Ali Abunimah


Capture d'écran PalSol

Samedi 28 décembre 2013

Cette vidéo montre les forces de l’occupation israélienne tirant des balles en acier recouvertes de caoutchouc sur une femme palestinienne, Manal Tamimi, depuis une très courte distance. Cette scène choquante de soldats tirant sur des civils non armés s’est déroulée ce vendredi 27 décembre, dans le village de Nabi Saleh, en Cisjordanie, tandis que les forces de l’occupation attaquaient les personnes participant à la manifestation hebdomadaire contre le vol des terres et la colonisation. On voit la jeune Tamimi non armée avançant vers les soldats, leur intimant apparemment de quitter le village. Alors qu’elle approche d’eux, un des soldats la vise à bout portant.

Tamimi a été touchée par quatre tirs de balles caoutchouc acier qui l’ont atteinte aux genoux et aux jambes, et a du être ensuite évacuée vers l’hôpital de Ramallah, selon un communiqué de presse diffusé par le Comité de Coordination pour la Lutte Populaire.

Ce geste ne peut en aucun cas être décrit comme une action de "auto-défense" par les forces de l’occupation dans la mesure où Tamimi ne représente clairement aucune menace.

De plus, les forces de l’occupation étaient alors engagées dans une action offensive : l’invasion de logements palestiniens et de terres privées venant en appui d’un programme continu et systématique de colonisation et de vol de terres – un crime de guerre.

Israël a volé près de 1000 dunums (101 hectares) de terres au village et les colons de la colonie voisine Halamish ont détruit des centaines d’oliviers appartenant aux villageois. 

Dans un incident similaire, en 2011, un soldat israélien avait atteint le jeune Mustafa Tamimi d’un tir de grenade de gaz lacrymogène en pleine tête déclenché à une très courte distance, le tuant. Lina Alsaafin, qui a été témoin de l’assassinat de Tamimi, a raconté l'assassinat dans The Electronic Intifada.

Les attaques sur Nabi Saleh

Wattan TV a indiqué que trois femmes et deux journalistes ont été blessés lors des attaques israéliennes qui se sont accompagnées de tirs de gaz lacrymogènes, de bombes assourdissantes et de balles caoutchouc-acier. Le Comité de Coordination pour la Lutte Populaire a désigné les deux journalistes comme étant Abbas Momani et Muath Mishal, caméraman pour l’Agence de Presse turque Anadolu. Les forces d’occupation israéliennes ont également aspergé les maisons des villageois de liquide nauséabond.

Ce n’est pas la première fois que les forces israéliennes se font prendre en vidéo en train d’attaquer les villageois de Nabi Saleh, usant parfois de force meurtrière.

Source : Electronic Intifada

Traduction : CR pour ISM

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29 décembre 2013 7 29 /12 /décembre /2013 08:34

 

MONDE -  le 26 Décembre 2013

Allemagne

Energie solaire: stress électrique en Bavière

Allemagneenvoyé spécial. Depuis l’abandon du nucléaire en 2011, la transition énergétique allemande s’appuie sur la production d’électricité photovoltaïque et éolienne. Mais des obstacles s’accumulent et un sentiment d’insécurité gagne du terrain.

Un voyage à travers le sud de l’Allemagne a de quoi réjouir les yeux d’un partisan des énergies renouvelables : partout, panneaux solaires et éoliennes parsèment le paysage. La Bavière se distingue. Championne de l’énergie solaire, ses quelque 400 000 installations totalisent une capacité de production d’électricité photovoltaïque supérieure à celle des États-Unis. Encouragé par les autorités, le mouvement paraît irrésistible. De 3 % de la consommation d’électricité en Bavière en 2009, le photovoltaïque en représente 8 % en 2011. Le gouvernement de Bavière espère encore doubler ce taux d’ici à 2021. À cet horizon, la part de l’électricité aux origines renouvelables devrait atteindre 50 % dans le Land, contre 25 % en 2010.

Particularité allemande, la transition énergétique est menée dans le cadre d’un abandon du nucléaire. Le 6 juin 2011, trois mois après la catastrophe de Fukushima, la chancelière Angela Merkel annonce l’arrêt immédiat de 8 des 17 réacteurs nucléaires ; 
les 9 autres doivent fermer d’ici à 2022. Les énergies renouvelables sont appelées à la rescousse. L’urgence est palpable en Bavière. Le Land cumule les défis et apparaît comme un laboratoire de la transition énergétique. Il compte 
4 des 9 réacteurs nucléaires encore en activité, qui produisent près de 60 % de l’électricité consommée. C’est aussi le Land le plus éloigné des puissantes fermes éoliennes de la mer du Nord. Handicap supplémentaire : les nouvelles lignes à haute tension qui doivent transporter cette électricité vers le sud tardent à se concrétiser. En Bavière, la fermeture d’un réacteur en 2011 a pu être surmontée sans réelle difficulté. Mais plus on approche du prochain arrêt, programmé en 2015, plus l’inquiétude croît. En l’absence de solution de rechange, les doutes s’élèvent sur le bien-fondé de la politique suivie. Le premier constat est celui d’une forte augmentation du prix de l’électricité. En 2013, elle approche les 10 %. La totale libéralisation du marché de l’électricité l’explique en partie. S’y ajoutent les subventions prévues par la loi sur les énergies renouvelables (EEG). L’État fédéral s’engage à subventionner pendant vingt ans les producteurs d’électricité renouvelable : l’aide était de 1,3 cent le kilowattheure en 2009, elle atteint 5,3 cents en 2013. De plus, la loi oblige les distributeurs à acheter en priorité l’électricité produite à partir de sources renouvelables.

Deuxième constat : l’EEG génère des gâchis financiers et technologiques. Par exemple, les producteurs d’électricité éolienne sont subventionnés même quand leurs installations ne sont pas raccordées au réseau. Par ailleurs, la priorité donnée aux énergies renouvelables réduit la rentabilité des centrales à énergies fossiles. Ces dernières voient leur temps de production réduit tandis que leurs coûts d’entretien restent fixes. Ces centrales sont pourtant nécessaires pour garantir l’approvisionnement en électricité quand la production tirée du photovoltaïque et de l’éolien baisse en raison de conditions météorologiques défavorables.

Côté économie, les partisans de la transition énergétique vantent le développement d’une branche industrielle verte dont l’Allemagne occuperait la pointe technologique. Le pari est gagné dans l’éolien, notamment avec Siemens. En matière d’emploi, le nombre de personnes occupées dans les énergies renouvelables a plus que doublé entre 2004 et 2011. Mais les suppressions d’emplois dans d’autres secteurs s’accumulent, notamment dans le nucléaire que Siemens a abandonné. E.ON et RWE, deux des principaux producteurs d’électricité, ont chacun annoncé plus d’une dizaine de milliers de suppressions d’emplois. La filière photovoltaïque, elle, a perdu 30 000 emplois depuis 2011, soit près d’un tiers, en raison de la concurrence chinoise. De surcroît, « les nouveaux emplois sont caractérisés par des salaires, des qualifications, des droits, des taux de syndicalisation nettement moins élevés que dans les secteurs traditionnels de l’énergie », constate Martin Marcinek, directeur de la branche énergie et déchets du syndicat Ver.di en Bavière.

Professeur de physique à l’université de Constance, Gerd Ganteför va plus loin. Selon lui, la transition énergétique pourrait entraîner une diminution du niveau de vie en Allemagne. « Augmenter la part des énergies renouvelables reste acceptable si le prix de l’électricité reste à 150 euros par mois par ménage. En revanche, si l’Allemagne veut atteindre un taux de 60 % d’énergies renouvelables en 2050, alors il en coûtera plus de 500 euros par mois par ménage. Ce sera insoutenable », calcule-t-il.

Mais le plus inquiétant reste sans doute la diffusion d’un sentiment d’insécurité économique. Quelques années en arrière, l’Allemagne jouissait d’un des meilleurs réseaux électriques au monde. « Maintenant nous avons des soucis avec la stabilité de la tension électrique. L’outil de production industriel commence à souffrir, affirme Bertram Brossardt, directeur général de l’Union de l’industrie bavaroise (vbw). Sans solution à ce genre de problème, la transition énergétique devient inacceptable. »

Quid enfin de l’objectif écologique de réduction des émissions de gaz à effet de serre ? Là encore la réponse est négative. Le solaire et l’éolien compensent en partie l’arrêt de centrales nucléaires, mais pas en tout. Le solde est assuré par le charbon au prix d’une hausse des émissions de CO2. Alors que l’Allemagne a réduit de 19,4 % ses émissions de CO2 entre 1996 à 2011, elle a envoyé 2,2 % de gaz à effet de serre supplémentaires dans l’atmosphère en 2012. Explication : pour compenser l’arrêt de 8 réacteurs, le pays a augmenté sa consommation de charbon de 4,3 %. La transition énergétique allemande révèle ainsi un paradoxe écologique majeur.

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28 décembre 2013 6 28 /12 /décembre /2013 20:53

 

CULTURE -  le 27 Décembre 2013

Cinéma

Le Loup de Wall Steet: rire mordant contre les loups… de la Bourse

 

 

Le Loup de Wall Street, de Martin Scorsese. États-Unis. 3 heures.Une comédie foisonnante dans laquelle Martin Scorsese et son acteur Leonardo DiCaprio pulvérisent l’univers boursier à grand renfort
 de cinéma.

Dès les séquences d’installation, l’implacable satire à laquelle va se livrer Martin Scorsese au travers de la jungle boursière se place sous les signes conjugués du spectaculaire et de l’obscénité, guidés par une incroyable énergie cinématographique. Soit Jordan, « le loup », Belfort (Leonardo DiCaprio), fait comme un rat dans un costume à deux mille dollars, célébrant l’apogée de la firme de traders qu’il préside par un lancer de nains entre les bureaux. Stratton Oakmont pèse ses cinquante millions, apogée d’un périple de voracité dont rien ne nous sera épargné, par les talents conjugués du cinéaste, du scénariste Terence Winter et d’acteurs fabuleusement habités de leurs rôles. Autant de personnages, à très peu près, engloutis corps et âme dans une addiction à l’argent, au fric, au pognon, révélant derrière le lion qui sert d’emblème à leur société des bienveillances de crotales à l’égard de leurs congénères et du reste du monde.

Ce monde des « pue-la-sueur » dans lequel « personne n’a envie de vivre ». Le film s’appuie sur le récit livresque du véritable Jordan Belfort, multimillionnaire à vingt-six ans dont l’ascension viendra se crasher contre un mur de lois qui ne se soucient pas forcément de morale. Même les fameux « marchés » ne survivent qu’au prix d’un ordre qui écarte les têtes brûlées avant de se cramer les ailes en escadrilles. Marché du vent, du rien, d’une économie de la « fugacité » qui ne profite qu’aux profiteurs et laisse hors champ les champs de ruines qu’elle induit, présents en permanence de n’être pas figurés. Ainsi le déclinera en tout cynisme Mark Hanna (Matthew McConaughey, impérial), premier mentor du jeune Belfort quand celui-ci n’était encore qu’un « jeune con cupide », selon ses propres mots, qui, en voix off, seront tenus au fil du film comme une ligne de basses, en l’occurrence de tréfonds. Belfort intègre les codes tribaux, la drogue comme un indispensable étai à qui arnaque son prochain sans entraves, le sexe comme une décharge, des plaisirs de sphincters en relâchement d’où exploseront un jour baraques à blindes d’hectares, yachts et hélicoptères, prostituées à échelles de tarifs, le tout dûment chiffré jusqu’à l’épouse trophée (Margot Robbie) qui elle n’a peut-être pas réalisé une affaire en or.

De Billy Joel en passant par Plastic Bertrand

Pour ce qui est du rock and roll, Scorsese le confie à la bande-son, de Billy Joel à Madness en passant par le Ça plane pour moi de Plastic Bertrand. Belfort avait commencé menu. Trader chez Rothschild, le krach de 1987 lui ferme le clapet mais n’entrave pas ses appétits. De petites sociétés se montent, qui fourguent à de modestes épargnants les bulles bas de gamme non cotées. Le ratissage de ses économies de plombiers rapporte en revanche de grosses commissions. Avec une bande d’escrocs au petit pied de sa connaissance, un frère d’armes, Donnie Azoff (Jonah Hill), Belfort prendra son envol de prédateur vers des paradis artificiels où sentiment rime avec Satan. Quand le FBI, incarné par l’agent Patrick Denham (Kyle Chandler), fourrera son nez dans les trous, les millions iront se faire blanchir ailleurs, chez l’un de ces banquiers suisses corrompus joué par Jean Dujardin. Mauvaise pioche. Une seconde partie du film, à sa moitié, décrira la descente en flammes de Belfort disjoncté aux quaaludes, drogue jadis psychédélique, en deux paliers, l’ensemble toujours regonflé de scènes de bravoure. De cette dépravation de plus en plus mécanique et compulsive, de ses champs lexicaux et visuels fondés sur l’expression « fuck » (baise) qui en résume tout, Scorsese nous offre une intense jubilation, de vrais fous rires aux larmes, une exultation contagieuse. Les deux dimensions de l’écran semblent cadrer à celles d’un billet de mille, fausse monnaie en libre circulation.

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28 décembre 2013 6 28 /12 /décembre /2013 20:41

Mario et Ida de la MOI, s'associent à la douleur de la famille de Fernand Tuil qui vient de nous quitter, et à celle de ses amis et camarades.

 

Fernand était à l'époque responsable à l'immigration dans sa fédération du PCF de l'Oise où il nous accueillait toujours avec chaleur et fraternité. Il participait activement et régulièrement à la commission nationale du CC.  

 Fernand était un homme généreux  et dévoué, dont le dynamisme était empli d'humanité. Fidèle à son  Parti il se jeta tout entier dans le soutien au peuple palestinien martyrisé.

Nous garderons de lui  le souvenir ému du camarade et de l'ami sincères.

Nous présentons nos condoléances attristées à son épouse et à sa famille.

 

Mario et Ida Fornaciari

ancien responsable de la commission immigration du comité central du PCF

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28 décembre 2013 6 28 /12 /décembre /2013 18:24
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POLITIQUE -  le 27 Décembre 2013

Parlement

2013 au Parlement : le PS tourne le dos au changement

 

 

Au Parlement, la majorité, sous l’injonction du gouvernement, a mis en œuvre, loi après loi, une politique sociale- libérale qui répond aux critères austéritaires de Bruxelles mais qui désespère largement l’électorat de gauche.

Cette année 2013, par touches successives, le gouvernement a mis en place une politique sociale-libérale. Celle à laquelle ne s’attendaient pas les Français qui, en mai 2012, avaient voté François Hollande en espérant le changement après des années de sarkozysme.

Certes, il y a eu, au printemps 2013, la loi en faveur du mariage pour tous. Seule loi contre laquelle la droite a mobilisé l’opinion et pour laquelle l’ensemble de la gauche s’est battue. Elle marque un progrès de notre société. De même que celle contre le cumul des mandats et la transparence de la vie publique après le scandale Cahuzac. Certes, il y a eu aussi une loi très timide contre la fraude fiscale qui ramènera, dans les caisses de l’État, quelques-uns seulement des 50 milliards d’euros détournés… Mais, pour le reste, le bilan est des plus préoccupants. Cela explique le désaveu des Français vis-à-vis de la majorité gouvernementale.

Ainsi, dès février, il y eut la loi dite de « séparation et de régulation des activités bancaires ». Elle devait distinguer les activités spéculatives des investissements. Étant trop limitée, elle n’empêchera nullement les banques de spéculer avec l’argent des Français. Les banquiers en rient encore. En avril, la loi dite faussement de « sécurisation de l’emploi » remet gravement en cause le Code du travail au nom de la compétitivité. Depuis, des patrons s’engouffrent dans la brèche pour imposer des baisses de salaires, pour mettre à bas des acquis sociaux. Le Front de gauche s’y est opposé. Mais, déjà, des élus écologistes s’abstenaient, ainsi que 35 députés PS. En novembre, la gauche gouvernementale va plus loin que Sarkozy en 2010 sur les retraites. Non seulement elle allonge la durée de cotisation à 43 ans – pour les salariés nés après 1972 – mais elle repousse, de fait, l’âge de départ à la retraite à taux plein à 67 ans. Par la même occasion, elle ponctionne, par diverses taxes, les salariés et les retraités… et pas le patronat. Une fois encore, les élus Front de gauche s’opposent et les écologistes s’abstiennent comme 11 élus PS lors du vote définitif.

En décembre, la loi de finances 2014 – en droite ligne du traité européen Sarkozy-Merkel voté par la majorité PS en novembre 2012 – met en œuvre, à grande échelle, l’austérité. Quinze milliards d’euros de baisse des dépenses publiques sont programmés, ainsi qu’une augmentation de la TVA au 1er janvier qui prendra 6,5 milliards d’euros dans la poche des Français. Mais les patrons se verront confirmer les 20 milliards d’euros de crédit d’impôt compétitivité (Cice). Enfin, l’Assemblée vient de voter la loi sur les métropoles qui met fin à la décentralisation, fragilise l’avenir des communes et éloigne les citoyens des lieux de pouvoir.

Le bicamérisme méprisé. L’enthousiasme de la gauche lors de la conquête historique du Sénat en 2011 a vécu. La courte majorité (6 voix) qu’elle y détient, mais surtout sa diversité, l’obligerait à y chercher des compromis. Mais le gouvernement préfère la méthode du passage en force au débat. En 2013, plus du tiers des projets de loi adoptés (hors traités internationaux) l’auront été contre l’avis du Sénat, la Constitution prévoyant que le dernier mot revienne à l’Assemblée.

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BRUNO FORNACIARI

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