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25 décembre 2013 3 25 /12 /décembre /2013 16:24
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25 décembre 2013 3 25 /12 /décembre /2013 16:18
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25 décembre 2013 3 25 /12 /décembre /2013 13:26

Souscription pour l'Humanité

Valérie Fourneyron : "Une ligne éditoriale singulière, pertinente"

 

 

Souscription populaire pour l'Humanité et l'Humanité dimanche

La ministre des Sports, de la Jeunesse, 
de l’Education populaire et de la Vie associative avait témoigén de son intérêt pour l'Humanité l'été dernier. Nous republions son témoignage.

"La liberté de l’information et la pluralité de la presse sont des piliers de notre démocratie. Les préserver est une responsabilité collective et je suis attachée à prendre ma part dans cet indispensable combat.

Les menaces qui pèsent sur la pérennité d’un titre de la presse d’opinion, quelles que soient ses orientations philosophiques, culturelles ou politiques, doivent être un sujet de préoccupation pour tous ceux qui ont à cœur de porter leurs convictions et de défendre leurs engagements. Aujourd’hui, en proie à une grave crise financière, l’Humanité est dans la tourmente. Le journal ne peut, pour autant, disparaître de nos kiosques et de nos esprits.

La survie de ce quotidien historique est essentielle pour le maintien du pluralisme de l’information. Loin d’un quelconque formatage, l’Humanité offre un relief particulier à l’actualité. Il reste l’un des rares supports de presse écrite à faire la part belle à l’analyse des politiques de jeunesse, à mettre en perspective, sans misérabilisme et avec acuité, ce qu’est la réalité de la jeunesse contemporaine. À donner la parole régulièrement aux jeunes. Il ne néglige pas l’éducation populaire, ce terreau essentiel de la construction de la citoyenneté. Le titre centenaire entretient aussi une relation particulière avec le sport et ses champions. Fidélité, engagement en matière de lutte contre le dopage, valorisation du rôle sociétal et éducatif du sport, regard qui porte au-delà de la simple performance sont les marques de fabrique d’une ligne éditoriale aussi singulière que pertinente.

Notre société, qui doit s’adapter aux révolutions technologiques et numériques, a tout simplement besoin de ce titre, incarnation de la liberté d’expression depuis des décennies. Je n’oublie pas que c’est dans les colonnes de l’Humanité que se sont exprimées des plumes prestigieuses, comme celles d’Aristide Briand, de Léon Blum, 
de Lucien Herr, de Romains, d’Éluard, de Bernard et de Tolstoï. Les valeurs d’humilité, de solidarité et d’intégrité qui animent ses équipes au quotidien sont intactes. Je salue le dévouement des militants, des bénévoles, qui, inlassablement, assurent la promotion du quotidien. De très belles pages de notre histoire de France ont fait notre bonheur et notre fierté dans les colonnes de l’Humanité. Le paysage médiatique français ne peut en faire l’économie.

Souscription populaire pour l'Humanité et l'Humanité dimanche

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25 décembre 2013 3 25 /12 /décembre /2013 10:27


mardi 24 décembre 2013 par le Bureau National de l’UJFP

Remettre Gaza au coeur de la question palestinienne

Depuis plusieurs semaines, les 1 800 000 habitants de la bande de Gaza assiégée depuis sept ans sont soumis à une nouvelle forme de punition collective, un nouveau cauchemar : l’eau. 
Eaux usées qui remontent des égouts saturés et que les stations d’assainissement en panne de carburant et d’électricité ne peuvent plus évacuer. 
Eaux des pluies diluviennes qui se sont abattues sur la région. Celles, enfin, du Wadi Gaza que les Israéliens semblent avoir libérées d’un barrage de retenue situé en amont de la Bande de Gaza. Aucune information ne filtre sur la situation qui sévit sur ce territoire martyrisé. Rien. Aucun appel à la solidarité populaire en cette période de Noël.

Les Gazaouis représentent cette partie de l’Humanité que la communauté internationale a effacée de ses disques durs. 1 800 000 personnes – hommes, femmes, enfants - disparues des écrans, perdues corps et biens par la conscience universelle.

Un crime à l’échelle de la planète que même les appels du porte parole de l’ UNRWA – Chris Gunness – ne semblent émouvoir. Il écrit sobrement : « Toute communauté normale aurait déjà du mal à se relever de cette catastrophe. Mais une communauté qui a été soumise à l’un des plus longs blocus dans l’histoire, dont le système de santé publique a été détruit, et où le risque de maladie était déjà monnaie courante, doit être libéré de ces contraintes provoquées par l’homme pour pouvoir faire face à l’impact d’une catastrophe naturelle de ce genre »
Par « contraintes provoquées par l’homme », entendez par les Israéliens en premier lieu, la communauté internationale ensuite, l’Egypte particulièrement, tous unis dans les responsabilités partagées du crime.

L’année s’achève comme toutes ces années depuis 7 ans, depuis l’opération criminelle de l’hiver 2008/2009, depuis l’attaque de juin 2012. Rien n’est fait par la communauté internationale pour obliger Israël à lever ce blocus inhumain, pour rendre la liberté à cette partie du peuple palestinien martyrisé.

L’année qui débute dans quelques jours est dédiée par les Nations-Unies à la Palestine. 
Une Palestine dont toutes les composantes doivent être à l’esprit de toutes et de tous, nous qui nous réclamons du respect du droit international, du respect du droit du peuple palestinien à vivre libre sur sa terre. La bande de Gaza, ses 1 800 000 habitants – hommes, femmes et enfants – sont partie intégrante de la Palestine, du peuple palestinien, ne peuvent en être exclus.

Aujourd’hui, notre action dans la campagne BDS doit être guidée tout particulièrement par l’exigence de la levée immédiate et totale du blocus de Gaza, de la libre circulation des populations et des biens, sans restriction aucune, de la remise en état par Israël et la communauté internationale des infrastructures détruites.

Mettre Gaza au coeur de notre combat en 2014 !

Le Bureau National de l’ UJFP 
24 décembre 2013

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24 décembre 2013 2 24 /12 /décembre /2013 07:44

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Israël - 1 juillet 2012

Le terrifiant scandale des enfants prisonniers en Israël et Cisjordanie

Par Stéphanie Marthely-Allard

Le ministère des Affaires étrangères britannique vient de publier un rapport explosif de 46 pages intitulé "Enfants en détention militaire" (1) sur la manière dont Israël maltraite les enfants palestiniens. Ce rapport fait suite à une enquête menée par une délégation de 9 avocats britanniques mandatés par le très sérieux "Foreign & Commonwealth Office", le bureau des Affaires Etrangères et du Commonwealth britannique. En réponse aux accusations portées par ce terrible document, le porte-parole de l’ambassade d’Israël à Londres, Amir Ofek, a déclaré que "C’est la faute de l’Autorité palestinienne qui n’est pas capable d’empêcher ces enfants de commettre des délits, ce qui nous oblige à agir de la sorte"...

Le terrifiant scandale des enfants prisonniers en Israël et Cisjordanie

Dans une base militaire israélienne proche de Gaza. Des prisonniers palestiniens, les yeux bandés et les mains liées. Et un enfant au milieu... (photo A. COHEN / REUTERS)
La délégation dirigée par Sir Stephen Sedley, ancien juge à la Cour d’Appel, s'est rendue en Israël et en Cisjordanie du 10 au 17 septembre 2011. L'ancien juge rapporte que "tous les enfants palestiniens sont traités comme des terroristes potentiels" et qu’Israël viole sans cesse la Convention des Nations Unies sur les Droits de l’Enfant" qui interdit les traitement cruels, inhumains et dégradants. 

Durant 42 ans, les enfants palestiniens ont été emprisonné avec les adultes et ce n'est qu'en 2009 qu'apparait la "Military Juvenile Court". Quant aux améliorations prétendument apportées par Israël, "elles sont plus rhétoriques que réelles", ont estimé les rapporteurs. 

En effet, dès 12 ans, on trouve des enfants avec chaînes en fer aux pieds, yeux bandés, mains ligotés dans le dos... Ils sont tirés de leurs lits en pleine nuit et jetés dans des véhicules militaires où ils ont maintenus à plat ventre. Le rapport parle de véritables "tortures" et raconte comment ces enfants subissent également l’isolement dans des cellules de prison, sans presque pouvoir voir leurs parents. "En détention, ils sont privés de sommeil, et maltraités verbalement et physiquement, contraints de signer des aveux qu’ils ne peuvent même pas lire", rapportent les 9 avocats britanniques. Et de rajouter : "Quelle ne fut pas notre choc d’assister à une audition préliminaire dans un tribunal militaire israélien, où un très jeune enfant fut amené revêtu d’un uniforme marron et enchaîné aux pieds", raconte Me Greg Davies.

Le gouvernement britannique a souligné qu’Israël va devoir changer ces méthodes. "Nous sommes préoccupés depuis un moment par ce problème et c’est pourquoi nous avons commandé et financé un rapport indépendant", a fait savoir le porte-parole du gouvernement. La société civile britannique est depuis longtemps mobilisée sur le sujet, le gouvernement ne pouvant faire autrement que reconnaître cet état de fait par ce rapport. Mais il est plus que probable que ce document ne soit suivi d'aucune avancée significative, comme cela a été le cas pour l'ensemble des autres rapports de part le monde traitant de ce terrible sujet.

Le rapport pointe, entre autre, la différence de traitement et de règles concernant les enfants selon qu’ils soient israéliens ou palestiniens : 

- Les enfants israéliens doivent avoir accès à un avocat dans les 48h et ne peuvent pas être emprisonnés avant l’âge de 14 ans. Les parents peuvent les accompagner durant l'audition par les forces de l'ordre et la justice, il est possible de partiellement enregistrer les auditions et les enfants doivent être présentés à un juge dans un délai de 12 à 24h. Ils peuvent être incarcérés sans inculpation pendant 40 jours. La période maximale entre l'arrestation et le jugement final est de 6 mois. Les faits reprochés à ces enfants sont très graves.

- Pour les enfants palestiniens, ils peuvent être incarcérés dès l’âge de 12 ans et détenus 90 jours sans avocat. Durant leurs auditions par la police ou l'armée, aucun  enregistrement audio-vidéo n'est possible, ni accompagnement des parents, ils ont jusqu'à 8 jours pour être présentés à un juge. Ils peuvent être incarcérés sans inculpation pendant 188 jours. La période maximale entre l'arrestation et le jugement final est de 24 mois. Les faits reprochés sont très arbitraires (3).

Il est estimé qu'entre 500 et 700 enfants palestiniens sont emprisonnés chaque année en Cisjordanie . Rien qu'en mai 2012, il était recensé pas moins de 234 enfants prisonniers en Israël (Sources Israëli Prison Service (IPS) et Israëli Army Temporary Detention Facilities). Ils ont droit à 45mn de visite de leurs proches parents tous les 15 jours. Un permis de visite peut être obtenu dans un délai allant de 2 semaines à 2 mois. Les juges militaires israéliens estiment que le risque de récidive est peu important et qu'au contraire, ce traitement leur donne "une bonne chance de mettre le mineur en dehors de toute mauvaise influence"... 

Cette information doit être relayée un maximum afin que le monde entier sache quels traitements inhumains les enfants palestiniens subissent de la part de l'Etat israélien. 

Quand aux adultes, c'est aussi barbare, un rapport vient de sortir sur le sujet et estime que 100% des prisonniers israéliens incarcérés dans les prisons israéliennes subissent des maltraitances psychologiques, physiques et des tortures entre les mains des soldats israéliens. Amnesty International vient d'appeler Israël (2) à libérer ou à juger de manière impartiale tous les Palestiniens emprisonnés sans qu'aucune charge ne soit retenue contre eux dans le cadre de la procédure dite de "détention administrative" qui permet de maintenir derrière les barreaux des suspects sans jugement pendant des périodes de six mois renouvelables.

Que fait la communauté internationale ? Rien de rien, si ce n'est de la poudre aux yeux merdiatiques, laissant Israël organiser un véritable apartheid

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24 décembre 2013 2 24 /12 /décembre /2013 07:29

2013 : les 10 personnalités politiques les plus médiatisées

Réagissez !

Classement 2013 des hommes politiques les plus médiatisés

François Fillon; 6 315,8 UBM © AFP

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Gouvernement doite et extrême droite se taille la part du lion. Il faut noter que JL Mélenchon occupe la 9e place devant Fillon.

"EVIDEMMENT" ni Pierre Laurent secrétaire national du PCF, ni André Chassaigne Pdt du Groupe FDG à l'assemblée Nationale ne bénéficie de cette couverture médiatique. Le pluraliseme est toujours à conquérir.


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24 décembre 2013 2 24 /12 /décembre /2013 07:07

Le chanteur cubano-français Raúl Paz décoré de l’Ordre national du Mérite

raul-pazDiscours de l’Ambassadeur Jean Mendelson :

"Cher Raul Paz.

Je tiens tout d’abord à vous remercier : vous avez choisi une date exceptionnelle à bien des égards pour cette manifestation de reconnaissance et d’amitié. Le 2 décembre est en effet, dans le calendrier révolutionnaire, le 11 Frimaire, et c’est le 11 Frimaire de l’An XIV- 2 décembre 1805 – à Austerlitz que l’armée de la République française, sous les ordres de l’empereur Napoléon, a écrasé les armées quatre fois supérieures en nombre de la coalition contre-révolutionnaire et anti-française.

Je vous savais citoyen français, mais je ne vous savais pas si profondément républicano-bonapartiste…

Non, rassurez-vous, je sais ce que le 2 décembre représente pour vous : le débarquement du Granma, bien sûr, mais aussi une date plus intime dans votre relation avec votre patrie, dont vous direz peut-être un mot vous-même. Et puis, je vous signale que ce jour est aussi l’anniversaire de la création de l’Ordre National du Mérite, il y a exactement 50 ans, par le général de Gaulle, en 1963.

Vous êtes né il y a quelques décennies dans la province de Pinar del Rio, et avez grandi à San Luis, au cœur du meilleur tabac du monde, auprès de parents de formation scientifique, qui voulaient absolument vous voir faire des études « sérieuses ». Mais c’est au contact de la population de ce village que vous avez eu votre première rencontre avec les rythmes, l’improvisation et les sons de la culture musicale populaire de Cuba, et que vous avez reçu en cadeau d’un habitant de San Luis votre première guitare ; vous n’aviez pas 10 ans.

Vous étiez à peine adolescent lorsque le commandant Raùl Castro a visité votre école, et ce jour-là, sous les regards effarés de la direction de l’établissement, vous avez exprimé au ministre de la Défense d’alors vos regrets de ne pas disposer de suffisamment d’instruments de musique. Quelques jours plus tard, l’école recevait un grand nombre de ces instruments ; tel fut votre premier succès public. Cette histoire me rappelle une anecdote semblable, que m’a racontée le pianiste argentin Miguel Angel Estrella, qui reçut d’abord la visite d’Eva Perón, puis un piano comme jamais ce village andin n’en avait vu ; visite d’Evita à l’origine de la double vocation péroniste et artistique de ce grand combattant argentin de la démocratie et de ce grand artiste, aujourd’hui ambassadeur de son pays auprès de l’UNESCO. Voici une idée pour la suite de votre carrière…

Vos parents, résignés à vous voir suivre une carrière musicale, espéraient au moins que vous vous consacreriez à la musique classique. Mais, après une dernière année scolaire passée à La Havane, pour vous imprégner de l’ambiance musicale et culturelle de la capitale, vous vous présentez au concours d’entrée très sélectif de l’Institut Supérieur d’Art, ISA, dans deux filières : chant et théâtre. Vous avez la malchance d’être admis dans les deux, et vous mettrez plusieurs à mois à abandonner la filière "actuación", même si ce ne sera jamais un choix définitif : en atteste le premier rôle masculin que vous tenez dans le film "Hello Hemingway", et les films tournés au Brésil.

Car vous êtes parti au Brésil puis en Uruguay, avec une autorisation d’absence en bonne et due forme. En Uruguay, vous découvrez l’existence des bourses de la "Schola Cantorum" de Paris, présentez votre candidature et gagnez une bourse : vous voilà en France en 1993, essayant sans succès de dissimuler votre ignorance complète de notre langue française que vous aviez méprisée lorsque l’ISA vous avait inscrit à l’Alliance française (« Cela ne me servira à rien ») et que vous apprenez de force. Une chance exceptionnelle dans votre vie ? Pas évidemment, car vous étiez autorisé à sortir de Cuba pour quelques mois en Amérique latine, et non pour quelques années en France.

En toute innocence, vous aviez espéré expliquer votre situation au consulat cubain de Paris, et la réponse fut celle qu’on imagine : "rentrez d’abord à Cuba, on verra après "… Comment avez-vous pu être aussi naïf et espérer contourner une règle aussi stricte que celle qui régissait alors les autorisations de sortie de Cuba ? En tout cas, vous commencez à Paris un exil non désiré, non voulu, de huit longues années.

C’est à Paris que vous trouvez votre voie : les cafés –concerts," les petits boulots", les créations musicales dans les restaurants parisiens, les groupes constitués avec les amis cubains, le brassage culturel, votre premier concert dans un bar près de la Villette… Mais c’est le moment où arrive en Europe, par la grâce de Wim Wenders, la tornade de Buena Vista Social club. Vous n’êtes alors ni vieux, ni noir, ni musique traditionnelle ; il vous faut imposer votre voie si différente.

Deux rencontres vont, lors d’un concert aux Folies-Pigalle, bouleverser votre vie artistique : celle d’Olivier Lorsac, le célèbre producteur de La Lambada, alors à la recherche de nouvelles sonorités et de rythmes différents, celle de Ralph Mercado, le grand producteur de la musique latino en Europe avec sa maison RMM (Ralph Mercado Musique), qui vont s’associer pour produire en 1998 votre premier disque dans les studios de Gloria Estefán à Miami, qui se vendra là-bas à 100 000 ex. et où vous découvrez la musique cubaine de l’autre côté du détroit.

Mais entre temps, une autre encore plus essentielle, à la Bastille (lieu autrement plus révolutionnaire que Pigalle…), avec Rachèle. C’est à ce moment-là que votre vie pourrait prendre une nouvelle direction, aux Etats-Unis. Mais il vous faudrait pour cela donner des gages politiques à vos parrains musicaux de l’exil cubain de Miami, ce à quoi vous ne voulez pas vous résoudre, ni vous ni Rachèle n’envisagez un tel changement d’existence et d’engagement. On m’a même rapporté que, dans ce refus, le conseil inattendu de Celia Cruz a été précieux.

Toujours est-il que vous choisissez, face à votre perspective de carrière à succès aux Etats-Unis, de garder votre liberté et de retourner en France, où vous signez avec la maison Naïve : label indépendant, liberté de création totale, l’album Mulata en 2003 – vous êtes récompensé par un succès populaire de plus en plus notable, des tournées en France et en Europe, un nouvel album, Revolución, jusqu’à la tête d’affiche dans la salle mythique de l’Olympia en 2005. Entre temps, le contact a été repris, amical, avec l’ambassade de Cuba à Paris.

Nouveau bouleversement : de passage en France, Abel Prieto, alors ministre cubain de la Culture, découvre dans le métro les affiches portant quatre mots qui attirent son attention : Raul Paz, Cuba, Olympia, Revolución. Je note au passage qu’en déplacement à Paris, un ministre cubain prend le métro… Il se renseigne auprès de son ambassadeur, va vous entendre et vous voir à l’Olympia, vous lui racontez vos contacts avec l’ambassade, votre séjour en Floride, vos entretiens avec Celia Cruz, votre choix de la liberté qu’a signifié le choix de la France et peu de temps après, vous recevez l’autorisation de revenir, vous êtes de nouveau en paix avec Cuba, ce qui ne va d’ailleurs pas sans angoisse : « Ma musique est profondément cubaine, mais comment sera-t-elle reçue par les Cubains ? ».

En 2008, vous décidez de rentrer et de vivre dans votre pays. L’exil non choisi aura été douloureux, et vous n’oublierez sans doute jamais ce visa arrivé juste trop tard pour revoir votre père avant son décès. Mais la vie réserve aussi de belles surprises. Malgré votre fort désir de Caraïbe, vous aviez refusé la proposition de Rachèle de retourner chez elle, en Martinique : « Je viens de la plus grande des Antilles, tu ne me vois pas m’installer sur ton caillou » ; et vous voici de retour chez vous, avec votre épouse et vos deux garçons français. Je devine l’émotion de ces retrouvailles.

D’autant que, quelques jours après votre retour, les cyclones Gustav puis Ike, parmi les plus violents de l’Histoire des Antilles, ravagent votre région natale.

C’est l’occasion de la naissance d’un nouveau Raul. Que faire ? L’idée surgit de proposer à l’UNICEF, qui l’accepte avec enthousiasme, de mobiliser des artistes français pour collecter des fonds et contribuer à la reconstruction des écoles de l’Occident cubain. C’est l’aventure de ces grands concerts, avec nombre de grands noms de la scène française réunis par Raúl (Yannick Noah, Agnès Jaoui, Florent Pagny), en France dès 2008, puis à Cuba en 2009 : d’abord à Pinar del Rio – vous n’oublierez pas ce moment magique que fut la rencontre des artistes français avec les jeunes élèves de votre école, celle-là même où vous aviez interpellé sans crainte le commandant Raúl Castro, vingt ans auparavant ; puis à La Havane, dans un Karl Marx plein à craquer. Cette belle aventure fait de vous un Ambassadeur de bonne volonté de l’UNICEF.

Monsieur l’Ambassadeur et cher collègue, le ministre des Affaires étrangères a voulu, par cette décoration, saluer tout votre parcours, votre engagement, et surtout ce rôle de pont entre nos deux peuples, nos deux musiques, nos deux cultures si différentes et si proches. C’est avec des techniciens français que vous travaillez en ce moment, à La Havane, à votre prochain disque.

C’est avec la France, où vous retourner plusieurs mois par an, que vous conservez des liens d’amour qui ne contredisent nullement le profond patriotisme cubain qui vous anime. On aime son père et sa mère ; citoyen cubain, mais aussi citoyen français, vous aimez profondément votre mère patrie et votre patrie adoptive, vous servez l’une et l’autre avec un enthousiasme auquel je vais maintenant, très formellement et officiellement, rendre l’hommage de la République française."

Source: Cubarte

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Published by bruno fornaciari - dans MEMOIRES - HOMMAGES - SOUVENIRS
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24 décembre 2013 2 24 /12 /décembre /2013 07:03
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Published by bruno fornaciari - dans EUROPE
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23 décembre 2013 1 23 /12 /décembre /2013 19:47
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23 décembre 2013 1 23 /12 /décembre /2013 19:29

UE-UKRAINE : LA GRANDE MANIPULATION

    wurtz-l-humanite-dimanche          Le refus du Président ukrainien de signer l’accord d’association avec l’Union européenne a déclenché dans ce pays des mobilisations populaires massives: que fait l’UE pour "mériter" cette confiance?

On peut facilement comprendre l’exaspération et la colère de millions d’Ukrainiens à l’égard de leur Chef d’Etat. Dans un pays où règnent une misère de masse et une corruption endémique, M. Ianoukowitch a, comme ses prédécesseurs, entretenu l’espoir de changements prometteurs grâce à une "association" voire , à terme,  une intégration de l’Ukraine à "l’Europe". L’Europe des "28" a beau s’enfoncer dans la crise et connaitre de graves atteintes à la démocratie : vue depuis l’Ukraine d’aujourd’hui, en particulier dans sa partie occidentale, culturellement plus proche que le reste du pays, l’UE continue de fasciner. Au royaume des aveugles…C’est ce rêve que le dirigeant ukrainien a brisé brutalement par sa volte-face de dernière heure, à la veille du Sommet censé le concrétiser.

La question de fond à se poser est: l’"offre" européenne était-elle de nature à répondre effectivement à l’attente des Ukrainiens? La réponse est non. Sur le plan strictement financier, l’ "aide" promise était (et demeure) de 610 millions d’euros, alors que le coût de la seule mise aux normes européennes de toute l’économie que cette manne était censée accompagner est évalué à plusieurs dizaines de milliards ! Plus profondément, l’accord de libre-échange envisagé mettait en concurrence le pot de fer européen et le pot de terre ukrainien, sans égard pour les immenses besoins de développement de cette économie aux abois. Pire: le "programme de réformes" du Fonds Monétaire International auquel l’Union européenne a exigé que l’Ukraine se soumette aurait des conséquences sociales ravageuses sur une société déjà à bout.On frémit en imaginant les effets dévastateurs que pourrait engendrer une nouvelle et cruelle désillusion de masse parmi ces populations s’estimant une nouvelle fois flouées! Mesure-t-on, en effet, la confusion politique qui règne aujourd’hui à Kiev, où non seulement aucun des leaders émergeant des manifestants n’a de programme, mais où est accepté parmi les porte-parole du mouvement le chef du parti Svoboda ("Liberté"…), une faction qui s’appelait jusqu’en 2004…"parti national-socialiste ukrainien" et qui continue de se réclamer de l’ "Organisation des nationalistes ukrainiens" qui s’illustra durant la guerre au côté des criminels nazis ? Que resterait-il, une fois libérés ces vieux démons, de l’ambition affichée par l’UE de contribuer à la démocratisation des institutions ukrainiennes et à la consolidation de l’Etat de droit ?

Reposons dès lors la question essentielle: quel objectif stratégique motive-t-il les dirigeants européens dans leur empressement à attirer l’Ukraine dans l’orbite de l’UE, alors même qu’ils n’envisagent nullement de consentir aux investissements lourds qui seraient nécessaires pour répondre aux attentes, et encore moins d’intégrer dans l’Union un Etat de 45 millions d’habitants au bord du défaut de paiement ? Réponse: créer une "zone tampon" face à Moscou et réduire sensiblement l’influence de la Russie dans l’ancien espace soviétique et, par là même, en Europe et sur la scène internationale. Quitte à diviser l’Ukraine, voire à la déstabiliser; et au risque de provoquer sur le continent des tensions d’une autre époque. Cela ressemble fort à une grande manipulation .

C’est tout le sens du "Partenariat oriental" – lancé en 2009 sur l’insistance des dirigeants polonais-  dont l’accord avec l’Ukraine devait être la pièce maîtresse, mais qui structure la stratégie de l’UE vis-à-vis d’une région englobant le Bélarus, la Moldavie, la Géorgie, l’Arménie et l’Azerbaïdjan! Une tout autre "politique de voisinage" est possible , sans arrière-pensée déstabilisatrice ! La crise ukrainienne doit être l’occasion d’ouvrir franchement ce débat.

19 décembre 2013 at 7:20 Laisser un commentaire

LE DROIT EUROPÉEN ET LE "DUMPING SOCIAL"

wurtz-l-humanite-dimanche    Pour "re-fonder" l’Europe, il est bon de bien cerner ses fondements actuels , pour mieux les cibler dans les débats comme dans les actions. Exemple très actuel: la directive sur les "travailleurs détachés" de 1996 . Rappelons-en la teneur:  une entreprise établie dans un pays de l’Union européenne (UE) peut "détacher" des travailleurs dans un autre Etat de l’UE pour y fournir un service pendant une période limitée. Dans ce cas, l’entreprise étrangère peut appliquer les règles de son pays d’origine, sauf en ce qui concerne "un noyau dur de règles protectrices clairement définies"pour lesquelles s’applique le droit du travail du pays d’accueil. Dans ce "noyau dur" figure notamment le respect du salaire minimum du pays d’accueil, mais ….pas le versement des cotisations sociales . Celles-ci doivent être payées dans le pays d’origine (soit, selon l’Etat en question, deux voire trois fois moins qu’en France,par exemple.) Le "coût du travail" – qui obsède tant le patronat- sera donc bien moindre pour l’entreprise étrangère que pour ses concurrentes locales. Ce qui encourage naturellement les employeurs du pays d’accueil à accentuer encore leur chantage à l’emploi et les pressions à la baisse des salaires et des "charges" sociales , ou encore à sous-traiter les travaux qui s’y prêtent à des entreprises de pays voisins, aux législations plus douces aux patrons.

Il est beaucoup question de cette directive en ce moment . A Bruxelles, on fait grand cas de la préparation d’une nouvelle directive (annoncée par M. Barroso, le président de la Commission, depuis … 2009 ) visant à améliorer "l’application" de la précédente pour limiter (à la veille des élections européennes) les abus scandaleux qui révulsent légitimement les citoyens. Il faut naturellement suivre de près ces négociations .Toute (éventuelle) avancée, même très partielle , mériterait, le cas échéant , notre soutien. Mais la bataille ne peut s’arrêter là.

Elle doit éclairer les citoyens sur l’imposant arsenal juridique européen progressivement mis en place, et qu’il faut remettre en cause car il "légalise" le "dumping" social par la mise en concurrence des travailleurs et des modèles sociaux . La directive de 1996 sur les "travailleurs détachés"n’est que la partie émergée de cet iceberg . Elle était même censée en être le "garde-fou" grâce à son "noyau dur de règles protectrices" destiné à éviter des explosions sociales.

Le problème de fond, ce sont d’abord les traités, dont tout découle. La "libre circulation des services" est citée dès le traité de Rome en 1957 parmi les "libertés du marché", mais sa réalisation commence réellement à la fin des années 80 avec le "marché unique", puis se poursuit avec Maastricht. La directive "Bolkestein" était directement inscrite dans cette ligne stratégique. Par ailleurs, la Cour de Justice de l’UE s’est lancée , à partir de 1991 ,dans une interprétation de plus en plus libérale des traités, allant jusqu’à autoriser, en 2008, une entreprise de construction polonaise à payer ses ouvriers "détachés" en Basse-Saxe moitié moins que le …salaire minimum en vigueur dans le secteur du bâtiment de ce Land allemand, sous prétexte qu’il ne s’agissait pas d’un SMIC national! Elle a également condamné le Luxembourg pour avoir obligé des entreprises étrangères d’appliquer à leurs "travailleurs détachés" la loi luxembourgeoise qui prévoit l’indexation automatique des salaires sur le coût de la vie!.La directive de 1996 s’avère être un garde-fou qui n’arrête pas les fous …C’est bien pourquoi il faut aller beaucoup plus loin et réorienter en profondeur cette Europe, en visant sa refondation .

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BRUNO FORNACIARI

HPIM3303

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